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19/11/2016

La solidarité ukraino-polonaise a validé avec succès l'idée du nouveau nationalisme

La solidarité ukraino-polonaise a validé avec succès l'idée du nouveau nationalisme

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La marche annuelle  de l’indépendance polonaise (Marsz Niepodległości) a lieu traditionnellement le 11 novembre à Varsovie et dans tout le reste du pays, attirant des douzaines de nationalistes d’autres pays qui visitent la Pologne en tant que cœur battant de la volonté nationaliste pour tout le continent.
Les invités venus d’Ukraine ne faisaient pas exception cette année, en dépit de tensions ravivées entre les deux pays en raison de plaies mémorielles non refermées (les événements de Volhynie en 1943-NDT).
Les attaques variées s’en prenant aux symboles du globalisme moderne et du déni gauchiste de l’identité nationale, comme l’arc-en-ciel géant au centre de Varsovie ou l’ambassade russe, sont devenues la marque de fabrique de la marche de l’indépendance polonaise.
Cette année, certains ont fait une tentative d’enrichir cette liste avec une provocation anti-ukrainienne, qui est, au final tombée à l’eau du fait d’une saine et prompte réaction des nationalistes polonais sur le terrain.
Il n’a pas été surprenant d’apprendre que cette provocation avait été l’œuvre d’une organisation plutôt marginale, la Narodowa Wolna Polska (NWP) qui, dirigée par Damian Bienko, défend des positions clairement pro-Kremlin, soutient les pseudo-républiques séparatistes de la « LNR » et de la « DNR » dans l’est de l’Ukraine et collabore avec le parti polonais pro-Poutine « Zmiana ».
En mai 2016, le leader de ce dernier, Mateusz Piskorski, a été mis en détention par l’Agence de Sécurité Intérieure Polonaise sous l’accusation de collaboration avec les service de renseignements russes.
Il n’est pas moins évident que Moscou a un intérêt particulier à tout faire pour raviver des tensions ethniques entre Polonais et Ukrainiens et empêcher ces pays de s’allier dans le cadre de l’Intermarium.
Au cours du défilé festif, des membres du NWP ont commencé par fouler aux pieds un drapeau ukrainien avant de le brûler.
Par « une étrange coïncidence », plusieurs journalistes de télévision, présents sur les lieux, ont filmé la scène et la vidéo a été largement diffusée par les médiats ukrainiens et russes.
L’ambassade d’Ukraine a envoyé une note de protestation au gouvernement polonais qui a condamné les auteurs de ce geste.
Mais ce n’est pas la fin de l’histoire : de véritables nationalistes polonais sont venus au contact des organisateurs de cette action infâmante et les ont sommés de s’expliquer.
Sans réponse convaincante de la part des « agitateurs » anti-ukrainiens, les nationalistes ont décidé de leur donner une petite leçon.
Ainsi, les « activistes », se sont retrouvés dans une position horizontale imprévue sur les rives de la Vistule comme cela est expliqué dans une lettre envoyée aux médiats ukrainiens par des nationalistes autonomes polonais.
Dans celle-ci, il est précisé que les actions passées de Bienko, comme le fait de brûler un drapeau rouge et noir de l’UPA (Armée Insurrectionnelle Ukrainienne-NDT), ont provoqué de l’embarras et de la désapprobation, y compris dans les rangs des patriotes polonais ayant d’ordinaire une opinion tranchée sur la lutte des nationalistes ukrainiens.
Dans tous les cas, il est clair désormais que les droitistes chauvinistes et pro-Poutine, ceux qui, en particulier, essayent de créer la discorde entre Ukrainiens et Polonais lors des manifestations publiques, auront à assumer physiquement les conséquences de leurs actes.
De même également pour ceux qui répandent en ligne leurs calomnies anti-ukrainiennes.
Pour évoquer brièvement la préhistoire de cet incident, il est nécessaire de préciser que le Parlement polonais (Sejm) a adopté le 22 juillet 2016 une résolution visant à reconnaître le conflit ethnique en Volhynie pendant les années 40 en tant que génocide contre la population polonaise, perpétré par un symbole de la lutte de libération nationale ukrainienne, dirigé en premier lieu contre l’URSS, l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens (OUN) et l’Armée Insurrectionnelle Ukrainienne (UPA), sans tenir compte du fait que des civils ont été tués des deux côtés, et principalement par des civils eux-mêmes.
Les Ukrainiens s’étaient rebellés contre les politiques anti-ukrainiennes des autorités polonaises sur les terres ethniquement ukrainiennes (polonisation et implantations de colons polonais notamment-NDT). Le NKVD soviétique avait déclenché des opérations anti-polonaises, mises ensuite sur le dos de « partisans ukrainiens », les organisations polonaises Armia Krajowa et Wolność i Niezawisłość avaient mené des actions conjointes avec l’UPA ukrainienne contre les Soviétiques.
Des ordres directs de tuer les Polonais rédigés par les leaders de l’OUN-UPA manquent à l’appel ou sont discutés par les historiens.
Personne ne se souvient de « l’opération polonaise » perpétrée par le NKVD en 1937-1938 contre la nation polonaise ( en fait, le nettoyage ethnique des populations polonaises au sein des républiques soviétique d’Ukraine et de Biélorussie, qui a débouché sur l’exécution de 111 000 personnes ) et ainsi de suite.
Il va sans dire que plusieurs nationaliste et patriotes ukrainiens ont requis une réaction symétrique de la part du gouvernement ukrainien, ce qui a seulement pour effet de perpétuer ce cercle vicieux.

C’est pourquoi le mouvement Azov, représenté à la fois au sein de la marche et à la conférence organisée la veille, le 10 novembre, par la communauté métapolitique « Niklot » a opté pour une autre stratégie, celle de la solidarité des mouvances néo-nationalistes.
Le parti politique « Corps National », créé sur les bases du Mouvement Azov, ne confond pas les questions de mémoire et de justice historique avec les impératifs relatifs à l’unité des nationalistes.
Il ne laissera pas les premières compromettre l’idéal d’une Europe unie et de sa première étape à l’est, l’Intermarium.

Vous pourrez entendre sur la vidéo la présentation des réalisations du régiment Azov et de l’ensemble du mouvement nationaliste ukrainien, par Vlad Kovaltchouk, un porte-parole prometteur qui s’est exprimé au nom du Mouvement Azov pendant la conférence. Son allocution avait été précédée par celle de Sébastien Manificat, qui exprimait le point de vue italien en tant que représentant bien connu de la CasaPound Italia.

La réaction des nationalistes polonais aux provocations anti-ukrainiennes durant la marche et leur connection rapide avec les médiats et les communautés nationalistes ukrainiennes démontrent que des conférences comme celle-là, ainsi que les actions de réconciliation polono-ukrainiennes menées par le Corps Civil Azov, visent juste.
Faisons en sorte que cela devienne la règle pour tous les nationalistes européens qui doivent se focaliser aujourd’hui sur ce qui unit, pas ce qui nous divise, pour la cause de notre lutte commune en faveur de la Grande Europe.

Le (nouveau) nationalisme contre les chauvinismes !

Olena Semenyaka

(Traduit par Pascal Lassalle)

Source : Europe Reconquista

16/11/2016

Des marches russes anti-Poutine ont eu lieu sur tout le territoire de la Fédération de Russie

Des marches russes anti-Poutine ont eu lieu sur tout le territoire de la Fédération de Russie

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En cette date traditionnelle du 4 novembre, des Marches Russes et des cortèges solidaires se sont tenus dans 14 régions.

Dans l’ensemble, la Marche Russe de 2016 s’est déroulée sous l’égide de slogans reflétant la volonté d’obtenir la démission de Poutine et de son gouvernement, ainsi que la fin de la répression politique.

Les slogans principaux entendus étaient les suivants :

  • « À bas l’occupation, liberté pour la Nation russe ! »

  • « Supprimez le 282 ! »

  • « Russe, réveille-toi, Russe, bats-toi ! »

  • « Pour les droits et la liberté du peuple russe ! »

  • « La fierté russe est plus forte que la répression ! »

Localement, on a pu noter d’autres slogans comme :

  • « Les hôpitaux ferment, les Russes sont en voie d’extinction »

  • « À bas le système guébiste »

  • « La Russie, c’est l’Europe » (et non l’Eurasie !-NDT)

Et bien d’autres.

La Marche Russe a eu lieu à Moscou, Novossibirsk, Iékatérinbourg, Toula, Vologda, Pskov (là-bas sans aucun signes et emblèmes, à cause de l’arrestation d’un des organisateurs).

Des actions de solidarité on été aussi organisées à Ijevsk, Sosnogorsk, Krasnodar, ainsi qu’en Crimée et à Chypre.

À Moscou, les participants à la Marche Russe se sont écriés :

« Poutine et Medvedev, dégagez ! », « Nous échangeons Belov contre Serdioukov et Demouchkine pour Poutine », « La Russie, c’est l’Europe, liberté pour les prisonniers politiques ! », « À bas le pouvoir du KGB », « Les Russes sont contre la guerre avec l’Ukraine ! », « Nous en avons assez de supporter. Révolution. L’armée avec le peuple, arrêtez de servir les bâtards. Assez de voler le peuple », « Un pays russe pour les Russes. Supprimez l’article 282. Arrêtez de nourrir les terroristes ! ».

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Il est intéressant de remarquer qu’à Moscou, cet événement a été mis en place à 90% par une nouvelle génération de nationalistes, les organisateurs des marches précédentes ayant été, soit arrêtés, soit forcés de fuir la Fédération de Russie (généralement en Ukraine-NDT).

Par-dessus tout, les leaders nationalistes ont estimé que le bilan de cette action était positif, lorsqu’on tient compte du niveau énorme de répression politique et d’une atmosphère générale de peur.

Ils ont souligné que les nationaliste ont à nouveau démontré qu’ils constituaient une force politique indépendante et inébranlable, qui doit être prise au sérieux.

Comme l’a déclaré le secrétaire du Comité central pour l’organisation Vladimir Basmanov : « Aujourd’hui, il est devenu clair que la résistance russe est bien vivante et que la lutte continue ».

Traduction française par Pascal Lassalle

Sources :

http://reconquista-europe.tumblr.com/post/152806327416/anti-putin-russian-marches-2016-were-held-all-over

http://rmarsh.info/novosti/russkij-marsh-2016-16-regionov-fotoobzor.html

 

 

26/10/2016

Création d’un parti politique par le mouvement Azov et « Marche de la Nation », le 14 octobre 2016 à Kyiv, Ukraine

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Création d’un parti politique par le mouvement Azov et « Marche de la Nation », le 14 octobre 2016 à Kyiv, Ukraine

Le 14 octobre 2016, journée du défenseur et du guerrier traditionnel de l’Ukraine, s’est tenu à Kyiv le congrès inaugural du parti politique du mouvement AZOV, le Corps National (Natsional’niy Korpous).

Fondé sur la base du Corps civil AZOV, il unit les vétérans du régiment AZOV, des patriotes et des militants.



Andriy Biletskyi, fondateur et premier commandant du régiment AZOV, député à la Verkhovna Rada (Parlement), a été élu à l’unanimité chef du parti par 292 délégués venus de toutes les régions de l'Ukraine.

Levko Loukianenko et Myroslav Symtchytch, anciens prisonniers des camps soviétiques et vétérans de la lutte pour l'indépendance, ainsi que le célèbre écrivain ukrainien Vassyl Shkliar, entre autres auteur du livre « Sur le chemin glorieux du régiment AZOV », ont célébré l’émergence de la nouvelle force nationaliste devant les participants du congrès.

Le musicien Arseniy Bilodoub, chanteur du célèbre groupe Sokyra Peruna, au nom du Secteur Droit (Praviy Sektor), a souhaité bonne chance au Corps National et a souligné que les organisations nationalistes ukrainiennes entretenaient des liens de camaraderie, non des relations de rivalité.

Le régiment AZOV était représenté à la tribune en la personne de son commandant par intérim qui a précisé que le nouveau parti défend les intérêts supérieurs de l'Etat et de tous les soldats ukrainiens qui se sont battus et ont donné leur vie pour l’Ukraine : leur objectif n'a jamais été la capitulation, presque signée par les autorités ukrainiennes actuelles.

Avant la présentation du programme du parti, une vidéo qui retraçant l’histoire du mouvement AZOV a été projetée. Ensuite, les délégués ont approuvé le programme et la charte du Parti.

Dans son discours salutaire, Andriy Biletskyi, le chef du Corps National, a souligné ce qui suit : « Nous ne devons pas devenir le parti des mots, mais celui des actes. Assez de mots. L'Ukraine a besoin d’actes ».

Le premier principe tiré de la présentation du programme soulignait la nécessité de mettre en place l'Union Baltique-Mer Noire (Intermarium).

L'Occident, les Etats-Unis en particulier, a trahi l'obligation de défendre l'intégrité territoriale du pays au nom du mémorandum de Budapest conclu par l’Ukraine en échange de sa renonciation aux armes nucléaires.

Au lieu de développer un bloc géopolitique composé des alliés naturels régionaux de l'Ukraine, le gouvernement ukrainien et le président se mettent littéralement à genoux face à la communauté internationale, en demandant l'aide.

Ainsi, la priorité de la défense de l'Ukraine résiderait dans la restauration de son potentiel nucléaire, de ses capacités de production dans le domaine de l’aéronautique et des missiles balistiques, ainsi que dans la création de puissantes forces armées composées d'une armée professionnelle fondée sur un système contractuel et une armée de défense territoriale.

En outre, serait créée une Légion étrangère professionnelle visant à protéger les intérêts ukrainiens sur la scène internationale.

"Nous avons la connaissance en interne de la situation sur le front, ce qui nous met ainsi en mesure d'assurer la victoire de l'Ukraine", a déclaré le représentant du parti.

Dans le domaine de la politique étrangère et de défense ont été suggérées les étapes suivantes:


- La dénonciation unilatérale du traité d'amitié de 1997 entre l'Ukraine et la Russie.


- La reconnaissance de la Fédération de Russie, en tant que puissance belligérante et agresseur, ceci à tous les niveaux de la politique mondiale et de la diplomatie internationale.


- Le rétablissement des relations diplomatiques avec la Russie seulement après la désoccupation de la Crimée et du Donbass, ainsi que le paiement de réparations par la Russie.

- La légalisation du droit à l'autodéfense armée en Ukraine.

En outre, ont été mis en évidence les points économiques pour permettre de conférer à l’Ukraine le statut d'un super état : au lieu de brader les restes de l'héritage soviétique et d’offrir des ressources naturelles à bas prix à l'Ouest ainsi que des produits semi-finis, l'Ukraine devrait mettre en œuvre de nouveaux projets mondiaux sur la base de son immense potentiel dans les domaine scientifique et de l’éducation.

Elle devrait tirer parti de sa position géopolitique, de sa situation de corridor, de son sol riche, ainsi que de ses autres ressources naturelles.

Le temps du nationalisme économique est venu : l'Ukraine devrait mener la Quatrième révolution industrielle dans des domaines comme les technologies de l'information, les biotechnologies, l’énergie, les transports, le complexe militaro-industriel et l'agriculture.

L'économie de l'Ukraine doit être mixte : le Corps National suggère la nationalisation des branches stratégiques de l'économie et en même temps un soutien maximal aux entrepreneurs privés dans le reste du champ économique, national et étranger, avec la réduction du fardeau de la fiscalité en particulier.

La modernisation rapide de l'économie ukrainienne suppose la mise en place d’un Fond d'investissement national.

L’autarcie énergétique serait basée sur le développement rapide de l'industrie nucléaire et thermonucléaire.



En politique intérieure, en ce qui concerne la structure du gouvernement, l’accent est mis sur la place tenue par un puissant leader national qui serait à la fois le commandant en chef et la tête du pouvoir exécutif.

Simultanément, sa responsabilité personnelle serait garantie par une procédure stricte de mise en accusation.

La même chose vaut pour les fonctionnaires qui doivent être prêts au rétablissement de la peine de mort comme mesure exceptionnelle pour trahison et détournement de fonds publics.

Les juges et les représentants des forces de l'ordre devraient être élus sur une base régionale.

De plus, la majorité des questions sociales devrait être discutée lors de référendums locaux.

La décentralisation, la liquidation de la brueaucratie et de la corruption pourraient être, entre autres, réalisées grâce au recours à un mode de gouvernement électronique.

Force, Prospérité et Ordre sont les grands principes qui résument le programme du parti.



Le congrès a réuni des délégués étrangers en provenance d'Europe occidentale, centrale et orientale (Pologne, Lettonie, Croatie, Grèce, Italie, Allemagne).

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La célébration du congrès du parti et du Jour des Défenseurs de l'Ukraine par le Corps National s’est conclue par la massive « Marche de la Nation «  ayant réuni de plus de 10 000 personnes avec la participation du Secteur Droit (Praviy Sektor), de C14 et d'autres formations nationalistes qui ont rejoint le cortège, avec de nombreux habitants de Kyiv.

La marche, qui a duré 3 heures, était accompagnée par les hymnes de fameux chanteurs patriotes ukrainiens.

Elle a démarré au pied de la statue de la Mère Patrie pour traverser le centre historique de Kyiv jusqu’à la place Sainte Sophie et le monument de Bohdan Khmelnytskyi.

L’arrêt le plus long fut effectué dans la rue Hroutchevskyi où, il y a plus de 2 ans, au cours de l’hiver 2014, sont morts des héros de la Centurie Céleste.

Les leaders des mouvements organisateurs de la marche ont déposé des gerbes de fleurs à la mémoire de ceux qui sont tombés, pour honorer leur mémoire et celle des soldats ukrainiens de la guerre en cours.

« La paix, après la victoire », pouvait-on lire sur une des bannières brandies par les participants.

Aussitôt arrivés à destination, ces derniers ont pu écouter les discours des chefs d’organisations qui ont mis l’accent sur deux points principaux.

Ils ont envoyé tout d‘abord un message très clair au gouvernement ukrainien : « Nous avons battu le pavé pour montrer aux autorités que nous ne lâcherons rien et que nous sommes prêts à entreprendre des actions décisives au cas où elles trahiraient l’Ukraine et le peuple ukrainien ».

Ensuite, ils ont souligné l’impératif de la solidarité entre organisations nationalistes qui ont uni leurs forces au cours de la marche et sont prêtes à former un front politique commun.

« La force est dans l’unité » a souligné Andriy Biletskyi, le leader du « Corps National » et de l’ensemble du Mouvement Azov.

La marche s’est achevée avec la récitation collective de la prière du nationaliste ukrainien, un rite traditionnel du Mouvement Azov.

Olena Semenyaka

(traduction française effectuée par Björn Sigwald et Pascal Lassalle)

Toutes les photos à la source: http://reconquista-europe.tumblr.com/

25/07/2016

Le mouvement AZOV organise la conférence inaugurale du Groupe d’Assistance pour le Développement de l’Intermarium

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Les 2 et 3 juillet 2016, dans la ville de Kyiv, s’est tenue à l’initiative d’Andriy Biletskyi, leader du Mouvement AZOV, député à la Verkhovna Rada d’Ukraine et premier commandant du régiment AZOV, la conférence inaugurale du Groupe d’Assistance pour le Développement de l’Intermarium.

Pour la première fois, de nombreuses initiatives civiles ukrainiennes et internationales qui cherchent à constituer un vecteur alternatif d’intégration européenne ont atteint une dimension concrète et un certain stade de développement.
Les pays d’Europe centrale et orientale ont ainsi obtenu de réelles perspectives pour unir leurs capacités de faire face aux situations stratégiques envisageables dans un avenir proche.
Des délégués venus de toute la région concernée ont participé activement à ces deux jours de conférences, en particulier de Pologne, du Bélarus ou des pays baltes, avec des représentants gouvernementaux et des organisations de volontaires qui soutiennent l’Ukraine, comme l’ONG « Vaba Ukraina » (« Ukraine Libre ») d’Estonie.
Ces états, aux côtés de l’Ukraine, sont des candidats pressentis pour intégrer en tant que membres l’Union Baltique-Mer Noire, en constituant son noyau fondateur.
Cependant, les représentants de Croatie et de Slovaquie (le parti “Slovenská pospolitost - Národná strana” ) n’ont pas été les participants les moins enthousiastes à cet événement, démontrant que la seconde étape d’intégration en tant qu’Union Adriatique-Baltique-Mer Noire, n’est pas une perspective si éloignée.
En plus de cela, des experts dans le domaine de la coopération militaire (participants à la conférence et invités venus de Suède et de Géorgie) ont montré que les pays partenaires potentiels de l’Intermarium sont véritablement dignes de ce projet, à la différence des partenaires occidentaux soit disant « gardiens de la paix ».
Enfin, s’est esquissé dans un horizon encore bien éloigné, la possibilité de disposer d’alliés au sein de la Fédération de Russie, avec le projet d’autonomie de la région de Kaliningrad, connue pour son importance stratégique dans le domaine nucléaire.

Malgré le fait que le groupe qui assure la promotion du développement de l’Union Baltique-Mer Noire et qui rassemble des délégations nationales diverses soit issu d’une initiative de la société civile, des attachés militaires appartenant aux missions diplomatiques des pays clés de la région (Pologne, Hongrie, Roumanie et Lituanie) ont pris part aux travaux en tant que membres honoraires du Bureau de la Conférence et exprimé le souhait de poursuivre la coopération avec les délégués et le Mouvement AZOV.

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La journée du 2 juillet

Précisément, les discours de bienvenue d’Andriy Biletskyi, leader du Mouvement AZOV et des attachés militaires ont ouvert la première journée de l’événement, soulignant le sérieux des intentions des organisateurs.
Une présentation générale du projet Union Baltique-Mer Noire par Mykola Kravtchenko, responsable du bureau directeur du Corps Civil AZOV a suscité un grand intérêt avec des douzaines de questions posées par l’assistance et les journalistes.
Les réponses et les commentaires détaillés ont montré que les travaux des groupes de travail se sont déployés dans différents domaines clés comme la défense et la coopération militaire, l’économie et l’énergie, la géopolitique, la science, l’éducation et la culture.
La coopération Baltique-Mer Noire dans le domaine de la défense a représenté un gros morceau vu qu’elle rencontre les attentes principales des pays de la région, à savoir la mise en place d’un système de sécurité régionale, après que les garanties de paix en Europe aux regard des lois internationales et l’inviolabilité des frontières des états souverains, notamment dans le cadre du Mémorandum de Budapest, se soient révélées bien illusoires.

La série d’interventions faite par les « Azoviens » ( Olexandr Alforov, Andriy Diatchenko ) dans ce domaine était très attendue, étant donné la réelle expérience militaire gagnée par les combattants ukrainiens et étrangers, tout d’abord dans le bataillon, puis dans le régiment exemplaire de la Garde AZOV, au cours de la guerre de nouvelle génération menée par la Fédération de Russie dans le Donbass.
La contribution du mouvement AZOV à la sécurité militaire et informationnelle, non seulement de l’Ukraine, mais de l’ensemble de la région, a constitué les arguments les plus persuasifs en faveur de la viabilité du Groupe d’Assistance au Développement de l’Intermarium basé à Kyiv. Giorgi Kouparachvili, à la tête de l’école militaire Evhen Konovalets a, en particulier, reçu un assez grand nombre de propositions dans le domaine de la défense, après qu’il ait parlé d’un système régional unifié d’enseignement militaire sur la base d’une coopération ukraino-géorgienne.

Le point de convergence pratique de la conférence a aussi été confirmé par la section suivante dédiée aux perspectives d’une auto-suffisance énergétique pour la région et de la construction d’un espace économique commun en Europe centrale et orientale.
L’invité venu du Bélarus, l’expert du site d’analyse « Belarus Security Blog », Zmicier Mickiewicz, a révélé les possibilités de coopération militaro-industrielles dans la région, notamment en ce qui concerne les productions conjointes de matériels, avec l’exemple d’une réelle interaction entre les industries de défense bélarussienne et ukrainienne, après l’éclatement de la guerre en Ukraine de l’est, ceci en dépit de la politique officielle du pouvoir de Minsk.
Mariusz Patey, un participant actif à l’ensemble des journées venu de Pologne, directeur de l’Institut du professeur Roman Rybarski, a discuté des moyens envisageables pour une coopération économique gagnant-gagnant pour la région, à partir de la mise en place de fonds communs d’investissement pour restaurer le vieux projet de pipeline « Sarmatia » qui reliait les villes d’Odessa et de Brody, ce qui impliquait de déboucher sur la ville de Plock (déjà liée à la ville polonaise de Gdansk).

Le traitement inégal de l’Europe centrale et orientale, de la part des leaders officieux de l’Union européenne, à savoir l’Allemagne et la France, pour la résolution des questions économiques, a été abordé à la lumière de l’Union Baltique-Mer Noire, clairement envisagée comme une alternative géopolitique à l’Union Européenne dans le cadre du dernier volet de la conférence consacré sur la coopération régionale concernant les domaines de la géopolitique, des sciences, de l’éducation et de la culture.
Il est de plus évident que la crise de l’UE, exacerbée par la question des réfugiés qui a abouti symboliquement au Brexit, encourage à accélérer les efforts dans la perspective d’un Commonwealth Baltique-Mer Noire, uni non seulement par une sécurité et des intérêts économiques communs, mais aussi par une commune compréhension des valeurs culturelles et de la destinée historique.

Le succès rencontré par la Croatie pour la défense de son identité culturelle en dépit des tendances globalisatrices propres à l’UE fut le sujet développé par le journaliste croate Leo Maric, événement inscrit dans le contexte du partenariat Adriatique-Baltique-Mer Noire initié par le président de l’état croate, Kolinda Grabar-Kitarovic.
Les activités de ce même partenariat et les derniers développements géopolitiques de cette zone, à la fois les atouts et les risques de cette quête pour une telle alternative, furent l’objet de l’allocution de la lituanienne Gintare Narkeviciute.
Dans le cadre des sessions qui ont conclu cette première journée, Taras Osaulenko, député à la Rada, organisateur du premier Forum Baltique-Mer Noire qui s’était tenu l’année dernière à Kyiv et directeur de l’ONG « Initiative Internationale de Soutien à l’Ukraine », a lui aussi pris la parole, ce qui constitue la meilleure preuve de la consolidation des forces civiques aspirant à l'émergence naturelle d’une union géopolitique pour l’Ukraine et la région entière, dans le contexte des défis actuels liés à la sécurité commune.

Les exposés tenus par d’autres participants ukrainiens comme Olexandr Maslak, Olena Semenyaka, Edouard Yourtchenko ou Sviatoslav Vychynskyi, ont mis clairement en évidence le fait que la feuille de route de « l’euro-intégration » défendue par l’actuel gouvernement était artificielle et inopportune.
Cette première journée du 2 juillet s’est tenue dans la salle de conférence de l’hôtel Radisson Blu.

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La journée du 3 juillet

Le lendemain, c’est au quartier général du Corps Civil « AZOV » que se sont déroulés des travaux, non moins importants, auxquels ont assisté, parmi d’autres, les responsables des structures de jeunesse de plusieurs partis politiques et mouvements nationalistes de la zone Baltique-Mer Noire.

Un grand nombre de thématiques ont été abordées au cours de travaux intensifs par de nombreux délégués venus de Lituanie, de Pologne, de Croatie, du Bélarus et de Russie, du système politique de l’Intermarium comme union géopolitique aux manières spécifiques de résister à la guerre de l’information menée par les lobbies du Kremlin en Europe centrale et orientale.

Il est intéressant de préciser que l’on ne s’est pas contenté de discuter d’une résistance commune à la menace russe, mais que des avancées historiques positives ont été faites dans le domaine des relations internationales débouchant sur la mise en place d’une étroite coopération entre nationalistes ukrainiens et polonais d’une part, entre nationalistes polonais et lituaniens d’autre part. L’Union Baltique-Mer Noire en tant qu’idée supranationale de l’alliance des pays d’Europe orientale recèle de vastes réserves d’énergies créatives précédemment gaspillées dans des débats inutiles au sujet des contentieux du passé, qui promettent d’être utilisées pour des projets fructueux éditoriaux, touristiques et même gouvernementaux à même dans les domaines de la coopération culturelle, universitaire et scientifique, de favoriser le dépassement des tensions ethniques entre les pays de la région.

Etaient donc présents pour cela Mindaugas Sidaravicius responsable de la branche jeunesse du parti « Union Nationaliste Lituanienne », qui est une organisation autonome, Witold Dobrowolski, , directeur du magazine nationaliste polonais « Szturm », Michal Orzechowski, journaliste du site « Solidarité mondiale » de Varsovie, un représentant de « L’Avant garde Balte de la Résistance Russe » (BARS) qui suggère une alliance de la région de Kaliningrad avec la future Union Baltique-Mer Noire, Mariusz Patey, Leo Maric et Zmicier Mickiewicz déjà présents la veille ainsi qu’Andrei Kouznetsov, rédacteur en chef du portail d’information #Orange et leader de l’organisation politico-militaire « Armée Insurrectionnelle Russe « (RPA), Denis Vikhorev et Alexei Levkine, représentants du « Centre Russe », la plateforme de coordination des nationalistes russes anti-Poutine en exil à Kyiv, favorable à une unité pan-européenne plutôt qu’à une intégration eurasiatique, qui se présente désormais comme un fervent soutien de l’idée de l’Intermarium sur le territoire de la Fédération de Russie.
Ces derniers avaient préparé pour tous les participants une brochure d’information traitant de la folie que constitue le revanchisme néo-soviétique en Russie.
Aux côtés de la délégation ukrainienne, ces nouveaux visages ont décidé de rendre effective la création d ‘une plateforme commune d’information pour un programme d’actions visant à promouvoir le projet Intermarium aux échelons locaux, nationaux et européens.

En sus, un film spectaculaire au sujet des deux années écoulées de renaissance nationale et de lutte menée par le peuple ukrainien contre l’envahisseur russe, avec des exemples de réalisations du Mouvement « AZOV » a été présenté aux participants qui ont pu également recevoir des publications réalisées par « Orientyr », la première maison d’édition fondée par les combattants et les volontaires de la nouvelle guerre de libération nationale.

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Andriy Biletskyi sur le BREXIT et l'Intermarium

Pour terminer, nous pouvons mentionner des propos tenus quelques jours avant cet événement par le leader du Mouvement « AZOV », Andriy Biletskyi , interrogé par la chaîne de télévision ukrainienne « Espresso »:

Il doit être clair pour tous que le côté obscur de la mondialisation est constitué par les migrants et le terrorisme qui hantent le monde entier, de la Turquie et du Liban, qui en ont souffert récemment, jusqu’à Paris et Londres. Le meilleur remède à ça réside dans l'existence d'un puissant état-nation. Ce qui a constitué, une des principales motivations du Brexit.

L’Union Européenne se fissure. Ce n’est pas l’Europe, c’est une institution bureaucratique, et ses jours sont comptés. Toutes ces impressions ne sont pas le seul fait des Britanniques. Oui, c’est une île qui a toujours eu sa propre politique et un caractère national singulier.

Cependant, à présent, l’ensemble de l’Europe est en train d’opérer un virage conservateur et penche vers les partis nationaux. C’est ainsi, ces tendances anti UE gagnent du terrain dans toute l’Union Européenne.

L’Ukraine devrait penser très positivement.
Nous n’aurions soi-disant aucune alternative au processus de Minsk comme le déclarent les autorités, et aucune alternative à l’euro-intégration. De la même façon que Yanoukovytch montrait l’Union Douanière proposée par Moscou comme un fait accompli.
Cela a un sens de créer nos propres projet et vecteur géopolitiques. Actuellement, on trouve d’excellentes opportunités et tendances pour un tel objectif : les quatre de Visegrad, le projet Intermarium, l’Union Baltique-Mer Noire, qui sont largement discutés dans les pays baltes et en Pologne.

De manière assez remarquable, de longs articles analytiques sur cette perspective de l’Union Baltique-Mer Noire ont même été publiés dans les médiats d’Etat du Bélarus de Loukachenko. Et seule l’Ukraine persiste à garder le silence au niveau étatique et ne soulève pas ce sujet à quelque échelon que ce soit !
Les Britanniques ont fait leur choix et c’est leur droit. Maintenant, nous devons faire le nôtre. Selon moi, il est temps de forger l’identité est-européenne et le Commonwealth Baltique-Mer Noire."

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Fin juin, Biletskyi déclarait également :

« Nous devons revoir complètement notre doctrine de politique étrangère. L’UE se désagrège et c’est un fait accompli. Le Royaume-Uni est le troisième pilier de l’UE au même titre que la France et l’Allemagne. Il ne la soutient plus désormais.
Entre-temps, lorsque Petro Porochenko nous aura amené au sein de l’UE, il n'y restera plus que l’Albanie, la Roumanie et la Bulgarie.
Maintenant, le salut de l’Ukraine, et c’est ce que nous n’avons cessé de répéter, est d’arrêter de compter sur des alliances et des intérêts extérieurs. Nous devons être guidés seulement par nos propres forces et intérêts. Nous devons nous appuyer sur notre propre bloc et non sur un autre qui se désagrège ou porte un projet ouvertement impérialiste comme celui de l’Union Douanière (eurasiatique) de Poutine.

La priorité dans l’agenda de l’Ukraine doit être d’ériger son propre bloc régional. Le temps de l’Union Baltique-Mer Noire est venu. Il est temps de bâtir en Europe orientale le bloc au sein duquel l’Ukraine pourra jouer un rôle moteur de pivot.

Les politiciens ukrainiens actuels ont choisi le modèle suivant de comportement, celui d’être un satellite de l’Union européenne. Ils disent vouloir restaurer nos capacités et notre puissance militaires, alors qu’en fait, ils comptent avant tout sur les sanctions. Ils tuent nos soldats sur le front, mais en réalité, ils attendent que Bruxelles, Washington et Paris fassent pression sur la Russie. Ils choisissent la position du vassal et il est clair que le vassal, comme un bon serviteur, est bouleversé lorsque son maître rencontre des difficultés. C’est la spécialité de nos politiciens. Ils ne se comportent pas comme des acteurs indépendants, mais comme les gouverneurs d’une zone donnée. Des protagonistes officiels plus importants peuvent les autoriser à gouverner. Yanoukovytch se voyait conférer son pouvoir par la Russie, Porochenko par l’Occident, mais en aucun cas par l’Ukraine. Aussi, il s’inquiète comme le vassal dont le seigneur fait face à des problèmes.

Notre gouvernement montre une ignorance absolue des réalités politiques et de la vie au sein de l’UE, alors qu’il impose une propagande pro-UE, même pas pro-occidentale, extrêmement active. Toutes les chaînes de télévision, tous les journaux et autres moyens de communication ont pour tâche de promouvoir l’absence d’une alternative à l’UE comme choix de l’Ukraine en matière de politique étrangère. Je ne cesse de le répéter : ceci est un mythe. Il n’y a aucune chance que l’Ukraine intègre l’UE dans les 30, voire les 50 prochaines années. Durant ce laps de temps, il est très possible que l’UE s’effondre d’elle-même et cesse d’exister, beaucoup plus que prévaloir et dominer en Europe. Il n’y a aucune chance de l’intégrer. Nous entendons constamment que nous n’en sommes pas éloignés, que cela arrivera demain ou après-demain, etc.

Nous avons vu le référendum qui s’est tenu aux Pays-Bas. Le Royaume-Uni a même déjà quitté l’UE. La crise de l’Euro et les processus qui ont cours là-bas sont terribles, comme la crise des migrants qui les met au bord du gouffre. Mais le gouvernement ou les médias pro-gouvernementaux ne le disent pas.
Soit directement, soit par l’entremise des oligarques, ils prétendent qu’il n’y a pas d’autre alternative à l’UE.

Les seuls alliés de l’Ukraine, ce sont le peuple ukrainien, l’armée et la marine ukrainiennes. Nous devons oublier certaines orientations de politique extérieure sur lesquelles nous n’avons aucune prise. Nous devons mettre en place les nôtres en la matière. Il y a actuellement des facteurs géopolitiques, militaires, économiques et migratoires qui menacent l'ensemble des peuples d’Europe orientale. Ceux-ci ont une destinée commune et doivent affronter des dangers communs. C’est une configuration parfaite pour favoriser leur union. Tout d’abord sur le plan militaire, puis vers la constitution d’un bloc géopolitique ou d’une confédération. Il est grand temps de créer un bloc Baltique-Mer Noire, au lieu de penser à intégrer des structures à moitié moribondes.

Olena Semenyaka et Pascal Lassalle (traduction et adaptation pour le C.N.C.)

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

17/03/2016

Kyiv et Moscou, la main dans la main

Kyiv et Moscou, la main dans la main

La répression à l’encontre du Régiment Azov dans les prisons édifiées à Yalta

En dépit de l’attentisme quasi-général de l’armée régulière ukrainienne, le régiment à destination spéciale Azov a repris en force l’action sur le terrain depuis environ deux semaines [NDLR : mi-février], réduisant en miettes les espoirs russo-américains de l’acceptation tiède et passive d’une trêve hautement désavantageuse, particulièrement en regard des conquêtes territoriales obtenues sur le terrain par les soldats ukrainiens.

Dans la vidéo référencée ci-après, Andriy Biletskyi, commandant d’Azov, militant national-révolutionnaire historique, plusieurs fois détenu et persécuté par le régime d’occupation anti-ukrainien, explique la tactique opérationnelle qui a permis de développer l’offensive (https://www.youtube.com/watch?v=J_gc30Kp0Zs).

En optant pour une action soudaine et rapide, Azov a mis au pied du mur aussi bien le gouvernement de Kyiv que les séparatistes.
En août dernier, en effet, les représentants du gouvernement ukrainien, d’une part, et ceux des entités séparatistes (« République populaire de Donetsk » et « République populaire de Louhansk »), d’autre part, s’étaient mis d’accord sur un plan de démilitarisation du village de Chyrokyne. Biletskyi et les dirigeants militaires du régiment, forts du soutien de l’opinion publique ukrainienne, protestèrent immédiatement contre cet accord inique pour l’Ukraine et proposèrent Debaltseve comme centre de démilitarisation. Chyrokyne se trouve en effet dans une position idéale pour qui veut frapper les centres militaires « azoviens ». Des hauteurs, il est en effet possible pour les séparatistes de bombarder Marioupol -conquise, il y a un an, par les soldats de Biletskyi, au prix de pertes importantes- ainsi que d’autres zones à l’évidence stratégique pour Azov, comme on a pu effectivement le vérifier ces derniers mois.

C’est dans ce contexte qu’a été conçue l’offensive actuelle du bataillon national-révolutionnaire ukrainien, qui est pour l’instant victorieuse sur toute la ligne et a reçu l’approbation de la société civile ukrainienne.

Pour Azov, cette offensive n’est pourtant qu’une partie d’un plan stratégique visant à la reconquête de la Crimée elle-même.

Depuis des mois, et ce n’est pas par hasard, Azov, avec d’autres mouvements nationaux-révolutionnaires ukrainiens, a organisé des défenses fixes aux frontières avec la Crimée, en protestation contre le gouvernement de Kyiv, qui continue à entretenir des relations économiques et politiques avec la puissance russe, occupante et impérialiste ; dans le même temps, des manifestants ont empêché l’entrée en Crimée de camions transportant en principe des médicaments et denrées alimentaires en provenance de Russie, et ont bloqué des voitures qui s’apprêtaient à entrer à Simferopol et transportaient des séparatistes, alors que ceux-ci auraient dû être détenus, pour cause de massacres de la population civile ukrainienne. Il convient également de noter que les Ukrainiens sont particulièrement opprimés et maltraités dans la Crimée sous occupation russe.

C’est ainsi que, la semaine dernière, le SBU (Services de Sécurité de l’Ukraine, issus de l’ex-KGB - NDT) a arrêté Stanislav Krasnov, chef de la branche criméenne d’Azov. L’accusation retenue contre lui est totalement fantaisiste, puisque l’on parle carrément de collaboration avec le FSB poutiniste !

Stanislav, né à Simferopol, a été un volontaire du bataillon OUN, constamment en première ligne contre l’envahisseur durant la bataille de Pisky, dans la région du Donetsk.

En même temps que Stanislav, on a également arrêté sa fiancée, Oksana, militante de longue date dans le camp national-révolutionnaire ukrainien et également présente dans toutes les manifestations de protestation en faveur de la Crimée ukrainienne.

Le 28 février, le Corps Civil d’Azov a organisé une journée de soutien à Stanislav et Oksana, et, bien entendu, de dénonciation des actions du SBU.
Sur les murs du tribunal ont fleuri des inscriptions comme : « SBU trahison ! », flanquées du trident ukrainien ou de l’emblème adopté par Azov qui rappelle à certains la rune du loup, symbole d’identité sacrale et d’une communauté de soldats qui, pour le régiment, lutte et se sacrifie quotidiennement (nombreux sont en effet, les camarades volontaires de chaque pays d’Europe, dont énormément de citoyens russes, à être tombés sur le front ).
Biletskyi s’est également dépensé en première ligne pour obtenir la libération immédiate de deux militants.

Des messages et actes de solidarité concrète sont venus et continuent d’affluer de tous les milieux nationaux-révolutionnaires européens, de la Russie à l’Espagne.

Federico Martino

(traduit de l’italien par Yves G. pour le CNC et publié initialement par sur le site NoReporter.org, animé par Gabriele Adinolfi, le 3 mars 2016).

Lien vers l’article original : http://www.noreporter.org/index.php?option=com_content&view=article&id=24028:kiev-e-mosca-mano-nella-mano&catid=6:conflitti&Itemid=16

16/11/2015

Du côté des nationalistes russes pro-ukrainiens et anti-Poutine…

Du côté des nationalistes russes pro-ukrainiens et anti-Poutine…

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Le 11 octobre dernier s’est tenue à Kyiv une conférence inaugurale de l’organisation nationaliste Russe « Centre Russe ».

Cette toute nouvelle structure regroupe plusieurs douzaines d’émigrés politiques qui ont dû fuir la répression dans leur pays et qui combattent dorénavant l’agression initiée par Vladimir Poutine dans l’est de l’Ukraine.

Le simple fait que cette organisation nationaliste russe ait été créée à Kyiv, main dans la main avec les nationalistes Ukrainiens, constitue en soi un signal politique fort.

Au moment même où le régime de Poutine fomente une guerre fratricide à l’est et que les ploutocrates capitalistes se servent de l’Ukraine pour marchander avec les anciens agents du KGB en Occident, nous,les ethno-nationalistes blancs, avons choisi la troisième voie – celle de la coopération et de la solidarité nationale.

L’événement a débuté dans la salle de l’hôtel de ville et s’est poursuivit dans la plus grande salle de conférence du pays, celle de l’agence de presse UNIAN.

Les organisateurs ont porté un soin particulier à la symbolique utilisée pour cette première rencontre.

Ainsi les participants ne pouvaient pas ne pas remarquer la présence des drapeaux russe et ukrainien dans la salle qui accueillait l ‘événement.

L’ouverture de la cérémonie se fit au son de l’hymne national Ukrainien mais aussi avec la « Chanson patriotique » de Mikhaïl Glinka, qui fut l’hymne national russe de 1991 à 2000, après quoi il fut remplacé par le vieil hymne soviétique lors de l’avènement de Poutine à la présidence.

Mis à part la présence des drapeaux nationaux, les auditeurs de la conférence purent également observer le logo créé pour cette nouvelle organisation : un drapeau à fond bleu orné d’une épée et d’un cercle, tous deux de couleur blanche.

ua5.jpgLes racines de ce symbole antibolchevique sont vieilles d’un siècle car ce dernier fut utilisé durant les années trente par les militants de l’organisation « Idée Blanche » fondée par un officier tsariste des gardes blancs, Viktor Larionov. L’objectif principal de cet « Idée Blanche » était alors de libérer la Russie de la tyrannie bolchevique.

Au cours de la conférence de presse qui suivit, les fondateurs du « Centre Russe » ont souligné que l’organisation poursuivrait des objectifs à la fois d’ordre local et général.

Les objectifs locaux se concentreront sur l’aide légale à fournir aux réfugiés politiques russes qui ont dû fuir les persécutions dans leur pays, mais également au soutien à apporter aux volontaires russes engagés dans les rangs des formations armées ukrainiennes. Malgré sa désignation, le « Centre Russe » est, bien entendu, prêt à apporter son aide, non seulement aux volontaires Russes, mais aussi aux Bélarussiens et tous autres volontaires européens se battant du côté Ukrainien.

En ce qui concerne les buts plus généraux, le « Centre Russe » mettra en œuvre toute l’aide possible à destination de l’opposition politique en Russie, tâchera de renforcer son influence parmi la population russe et de préparer le terrain pour de futurs projets d’actions et de manifestations au sein même de la Fédération de Russie.

Cela fait presque un siècle que le peuple ethnique russe ne possède pas sa propre patrie. Les Russes, dépouillés de leur terre natale après la révolution bolchevique de 1917, n’ont pu reprendre leur pays à la fin des années 90, lorsque Poutine – un héritier direct du système soviétique- est arrivé au pouvoir.

Le désir de revanche et de reconquête de leur pays amena les volontaires russes à se battre contre la bête rouge en de multiples occasions au cours vingtième siècle et ce dans plusieurs partis d’Europe, notamment en France, en Pologne et en Serbie. Dans l’Espagne du général Franco victorieux, les Russes représentaient une brigade entière au sein des forces armées nationalistes. Au cours de la Seconde guerre mondiale, les volontaires russes représentaient la majorité des volontaires étrangers engagés dans la Wehrmacht. La création de l’armée de libération russe (ROA) du général Vlassov fut le moyen d’expression du peuple russe quant à sa volonté de reconquérir sa terre natale. Aujourd’hui, soixante-dix ans après, les Russes créent, à nouveau et toujours depuis l’étranger, des organisations d’opposition visant à reconquérir leur terre et certains d’entre eux ont bravé la répression du régime pour défiler lors de la récente « Marche Russe » du 4 novembre dernier à Moscou avec des banderoles appelant à la fin de la guerre fratricide en Ukraine.

Rencontre avec un de ces Russes qui se battent pour l’Ukraine, Artiom « Essenine ».

ua2.jpg« Je crois que je ne pourrai jamais retourner chez moi », déclare Artiom Chirobokov, tête baissée, alors qu’il parcourt le sol poussiéreux de Ukraine orientale.

« Le régime de Poutine sait que je suis ici. Ils connaissent mon nom. » Cela fait plus d’un an que Chirobokov, originaire de Samara dans le sud de la Russie, participe à la guerre qui fait rage en Ukraine de l’est.

Ce nationaliste russe, tout juste âgé de vingt-et-un ans, a pris les armes au sein du bataillon Azov, une unité de volontaires pro-ukrainienne et ultra nationaliste qui combat les forces séparatistes dans l’est du pays.

« Dès le commencement de ma vie d’adulte, j’ai considéré le régime de Poutine comme un régime anti-russe, un régime qui va à l’encontre du peuple » explique Artiom dans ce qui fut sa maison pendant un an, c’est à dire l’une des casernes d’Azov, située à Marioupol.

Il parle à voix basse, son regard fatigué tranche avec son apparente jeunesse. Il arbore sur son bras gauche un tatouage en noir et blanc représentant un squelette. Celui-ci est orné de quelques mots de son auteur favori, Serguei Essénine, un poète lyrique Russe du vingtième siècle. « Il fut un grand Russe » dit-il, pendant qu’il montre le tracé du dessin avec son doigt. Artiom avait essayé auparavant de rejoindre des organisations anti-Poutine dans sa ville natale mais sans succès : ils n’en existait tout simplement pas. « En Russie il est quasiment impossible de devenir un vrai activiste et d’exprimer son opposition au régime» se plaint-il, « c’est pourquoi j’ai senti que je devais aller en Ukraine. »

L’endroit où se tient maintenant Artiom était à l’origine un complexe touristique, désormais transformé en caserne improvisée, qui avait appartenu à l’ancien président Viktor Ianoukovytch. Ce dernier avait été évincé du pouvoir lors de la dernière phase des manifestations de la place Maidan qui eurent lieu en février 2014 et s’était enfui en Russie. L’endroit est à présent méconnaissable.

Concernant les convictions politiques défendues par Artiom, tout ce qu’il l’intéresse est la chute du gouvernement de Poutine. De par sa citoyenneté Russe il n’a pu rejoindre l’armée Ukrainienne, celle-ci n'acceptant alors uniquement que ses nationaux ; il décida par conséquent de rejoindre une unité composée de volontaires. La majorité des volontaires qui croisèrent sa route venaient de l’est du pays, là où le Russe, sa langue maternelle, est couramment employé contrairement à l’Ukrainien. Pour lui, rejoindre le bataillon Azov était un choix naturel.

Il se met à rire lorsqu’on lui demande ce que cela fait de combattre des volontaires russes du camp adverse. « Les Russes qui combattent au côté des séparatistes ne sont pas vraiment Russes ; ce sont en fait des vatniks (terme dépréciatif pour désigner l’ « homo sovieticus », NDT) à la mentalité bien soviétique. Je n’ai pas l’impression de me battre contre les miens » affirme-t-il.

Les parents d’Artiom sont morts peu de temps après son arrivé en Ukraine. Dorénavant, la seule personne de sa famille à résider en Russie est sa grand-mère. « Elle a une mentalité de vatnik. Des types des services secrets se sont fendus d’une petite visite, histoire de la questionner à mon sujet », indique-t-il, « du coup elle me suspecte de faire des choses illégales. »

Comme il ne craint plus pour la vie de ses parents, Artiom se sent désormais capable de parler librement de ses activités en Ukraine.

ua3.jpgCependant, il doit admettre qu’il est inquiet. Le gouvernement Ukrainien s’active à réduire le pouvoir des bataillons de volontaires, à l’image du régiment « Azov », en intégrant ces hommes dans l’armée régulière. S’il n’acquiert pas la citoyenneté Ukrainienne, il craint d’être renvoyé en Russie et de subir indubitablement des persécutions de la part du gouvernement russe. « Je veux devenir citoyen ukrainien, j’en ai besoin, mais le gouvernement semble y faire obstacle » explique-t-il, son visage enfantin affichant un regard triste. « Ils n’arrêtent pas de me dire tout va bien, tu es le bienvenu ici , mais rien ne se passe. Pourtant je risque ma vie pour ce pays en étant au front. Je risque ma vie en combattant, et maintenant après tout ce que j’ai fait, la seule chose que je demande est que la citoyenneté ukrainienne me soit accordée. J’en ai besoin. »

Le 17 octobre dernier, il avait manifesté avec nombre de ses frères d’armes, russes ou bélarussiens notamment, devant l’Administration présidentielle à Kyiv pour rappeler au gouvernement sa promesse d’octroyer la nationalité ukrainienne aux ressortissants étrangers qui versent leur sang pour la défense du sol sacré de la patrie et une alternative aux systèmes oligarchiques toujours en place dans leurs patries d’origine et d’adoption.

Cinq jours plus tard, lors d’une cérémonie nocturne au décorum renvoyant à la droujina slavo-varègue de la Rou’s Médiévale, il avait rendu hommage aux combattants d’Azov morts au champ d’honneur, avec ses camarades du régiment.

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Olena Semenyaka (avec le concours de Donatien Bleugée et Pascal Lassalle pour l’adaptation et la traduction).

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

N.B. : Programmée avant les attentats du vendredi 13 novembre, nous avons décidé de maintenir la publication de cette information ce lundi. Nous reviendrons ultérieurement sur l'actualité française récente.