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03/03/2016

Entrevue #24 : Georges Feltin-Tracol, auteur de Éléments pour une pensée extrême

Entrevue #24 : Georges Feltin-Tracol, auteur de Éléments pour une pensée extrême

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1) Cercle Non Conforme : Georges Feltin-Tracol, on vous connaissait comme étant un stakhanoviste métapolitique via vos nombreuses publications (Europe Maxima, Réfléchir & Agir, Synthèse Nationale, Salut Public, vos ouvrages, etc.) mais on ne vous savait pas boxeur ! En effet, dès l’avant-propos de votre nouveau recueil, Éléments pour une pensée extrême, vous assenez des coups de poing ravageurs à la « Manif pour Tous » et à cette néo-coagulation libérale-conservatrice de tendance catholique. Et, pour ne rien arranger à votre cas, vous citez de manière positive, À nos amis, du Comité invisible… Cette entrée en matière n’est-elle pas en réalité le constat qu’il n’y a pas, ou plus, d’esprit révolutionnaire à droite et qu’il faut par conséquent chercher ce dernier à l’extrême gauche ?

Georges Feltin-Tracol : Apparenter le Comité invisible à l’extrême gauche me paraît maladroit, car cette équipe anonyme provient de l’ultra-gauche, bien plus intelligente que les derniers débris du gauchisme. Éléments pour une pensée extrême se place de manière implicite sous le patronage de Julius Evola et de Guy Debord. Une association explosive ! Il existe pourtant entre l’œuvre du Baron et celle du dernier Debord, en particulier après l’assassinat mystérieux et jamais résolu de son ami et éditeur Gérard Lebovici en 1984, des points de vue similaires…
Certes, l’ultra-gauche rêve du chaos tandis que la « droite révolutionnaire » propose l’Ordre par le renversement des valeurs surgi du désordre permanent cher aux libéraux. Si Éléments pour une pensée extrême se réfère et cite À nos amis ainsi que les études de L’Internationale, c’est parce qu’ils proposent des analyses intéressantes. La curiosité intellectuelle est toujours à l’affût. C’est une chasse bien singulière.

2) C.N.C. : Éléments pour une pensée extrême prolonge Orientations rebelles et L'Esprit européen entre mémoires locales et volonté continentale, ouvrages dans lesquelles vous avez pour « coutume » de dédier quelques pages, dans une partie intitulée « Figures », à certains esprits européens. Dans le présent recueil, le lecteur retrouvera notamment un portrait de Maurice Bardèche, auteur qui semble avoir une importance toute particulière à vos yeux sachant que vous lui avez déjà consacré un opuscule, ainsi qu’un article dans un récent numéro des « Cahier des Amis de Robert Brasillach ». Représenterait-il, en ce qui vous concerne, un « pont » entre, d’une part, une droite nationale nombriliste et essoufflée et, d’autre part, une droite « identitaire » tournée vers l’Europe ?

GF-T : Cet hommage à Maurice Bardèche est à l’origine une recension de la sympathique biographie de Francis Bergeron parue chez Pardès en 2012. Cet opuscule et une belle émission, n° 124, de « Méridien Zéro » consacrée à Bardèche (24 décembre 2012) m’incitèrent à reprendre et à achever Bardèche et l’Europe.
Oui, Maurice Bardèche est un passeur entre un certain nationalisme francocentré et une vision non-atlantiste, non-démocratique bourgeoise de la construction européenne. Ses fulgurances géopolitiques remontant aux années 1950 impressionnent encore aujourd’hui. Mieux que Jean Monnet pour qui l’« Europe » ne peut se bâtir qu’à partir de l’économie et de la technique et à la différence de Denis de Rougemont qui considérait que seules la culture et l’éducation réaliseraient l’unité continentale, Maurice Bardèche défend une construction européenne proprement politique en privilégiant la défense et la diplomatie. Cette orientation délaissée reste encore virtuelle. Toutefois, on y viendra tôt ou tard.

3) C.N.C. :  À vous lire, la France est morte et enterrée depuis fort longtemps. De sa dépouille serait née la République française, tyrannie laïciste, niveleuse, et multiculturelle/multiculturaliste, ayant l’idéologie des droits de l’homme comme catéchisme. Vous lui opposez une Europe « polyculturelle » dans laquelle la France pourrait renaître, non plus comme projet politique universel mais comme projet politique identitaire. En quoi le multiculturel est-il universel et le « polyculturel » identitaire ? Une France adepte de l’idéologie du « même » où les identités et particularismes s’effacent dans l’unité n’est-elle pas en définitive préférable à une France, certes, pleinement polyculturelle et identitaire mais fracturée ?

GF-T : Je ne partage pas l’idolâtrie républicaine. Le Monde du 30 janvier 2013 se réjouissait que trois jours plus tôt, des manifestants favorables à l’homoconjugalité défilassent avec des slogans tels « Nous avons tous deux mamans, la République et la laïcité ». Me vient alors une forte envie de double matricide…
Je suis plus nuancé à propos de la « mort de la France ». Je soutiens la thèse « gallovacantiste » ou « francovacantiste ». Contrairement à Jean-Pierre Chevènement pour qui « la République est l’identité moderne de la France (L’Express, 22 - 28 juin 2011) », j’estime que la République représente un corps étranger qui parasite et épuise la France, la défigure, la tue lentement.
Les républicains la conçoivent comme une étape vers l’Universel. Si Régis Debray défend une res publica virile, ce qui est sympathique, les autres entérinent une conception multiculturaliste. Mot politiquement correct pour désigner le fait multiracial, « multiculturalisme » est par lui-même un terme ambigu puisque, en réalité, la République et sa misérable laïcité qui pourchasse de lourdes amendes les musulmanes voilées, ne favorisent pas la pluralité des cultures : elles imposent au contraire une pseudo-culture unitaire marchande genre rock coca. La République hexagonale veut fondre toutes les races (qui bien sûr n’existent pas) dans un vaste creuset métisseur afin de créer un non-être républicain sans la moindre attache charnelle. Maintenant, cet idéal pourri se combine avec l’idéologie gendériste si bien que le non-être républicain devrait être asexué, voire franchement androgyne.
Au « multiculturel », j’oppose le polyculturalisme, concept forgé par le sociologue Michel Maffesoli dans Le temps des tribus (1988). Emmanuel Todd a raison de relever, dans L’Express (du 27 mars 2013) que « la France est d’une telle hétérogénéité que cela justifierait l’intervention de l’État afin qu’il tienne compte des différences et des complémentarités entre les territoires. […] Si [la France] a une diversité de type impérial, sa taille reste tout à fait ordinaire. Elle est petite à l’extérieur et grande à l’intérieur ». Dans Pourquoi la France, Jean Cau disait la même chose en 1975. Coexistent dans le même cadre politique des peuples d’origine celte, basque, latin, germanique, nordique, grecque et même slave. Polyculturalisme signifie donc reconnaître et valoriser toutes ces cultures vernaculaires européennes. C’est un « cosmopolitisme » enraciné européen positif. C’est ici que se trouve l’authentique diversité : l’âme européenne se décline en une multitude de variantes qui proviennent du même fond anthropologique. La France historique incarne cette variété européenne que la République laïcarde et maçonnique entend effacer. L’ethnocide est, hélas ! bien avancé. Les actuelles « fractures françaises » résultent d’une part de la cohabitation forcée de populations autochtones avec des masses allogènes sans cesse croissantes, et, d’autre part, d’un hyper-individualisme démentiel, parfait combustible à l’ultra-libéralisme. Contre le « tout à l’égo » parcellaire, l’unification (in)culturelle obligatoire et la fragmentation identitaire-communautariste, prenons un autre chemin : celui de la subsidiarité et de la prise en compte des rapports agonaux (l’agon est le conflit encadré, limité et réglé).

4) C.N.C. : « La République gouverne mal mais se défend bien » disait Anatole France. Vous aviez déjà démontré la validité de cette maxime dans En liberté surveillée. Réquisitoire contre un système liberticide et vous poursuivez ce même travail dans Éléments pour une pensée extrême. Dans le domaine publique, le citoyen est encadré à divers niveaux par des lois liberticides (lois Pleven et Gayssot, abus dans le cadre de l’état d’urgence) et il en est de même dans la vie privée (interdiction de la fessé, intrusion et dérive législative au sein même du couple). En définitive, Jean Robin (sur Enquête et Débat) n’aurait-il pas raison quand il affirme, envers et contre tous, que nous vivons dans un pays communiste (cf. « Bistrot Libertés » n° 9 sur TV Libertés) ?

GF-T : Je me méfie quand on emploie certains termes pour qualifier notre époque. L’anticommunisme est révolu ! Le Mur de Berlin est tombé depuis un quart de siècle. La restriction considérable des libertés en Occident, en Europe et en France n’est pas une démarche communiste; c’est surtout une entreprise libérale. En effet, contrairement à ce que croient les libertariens et les anti-libéraux superficiels, le libéralisme a besoin d’un État très fort et directif afin d’écraser toutes les entraves à sa logique marchande. Mâtiné de féminisme extrême, d’idéologie métisseuse, de rejet des différences ethno-culturelles et des traditions, le libéralisme 2.0 entend s’occuper de l’homme de sa naissance jusqu’à son décès au nom d’un soi-disant bien-être… payant ! Hippolyte Taine affirme que la République rêve d’un homme « né orphelin et mort célibataire ». Nous y sommes ! Ce zombie consommateur - producteur doit fumer chez lui son cannabis quotidien et regarder une télé mortifère pour l’esprit. Demeurent toujours les 5 % de rebelles, de récalcitrants et de réfractaires, possible grain de sable.

5) C.N.C. : Dans l’article « L’heure d’éteindre les Lumières », vous retracez l’histoire de ce courant de pensée et vous finissez sur une réflexion non-conforme de l’idée de démocratie appliquée. À une époque où les mots perdent de leurs sens et où le peuple se méfie du concept de démocratie, n’est-il pas plus judicieux de parler de « souveraineté populaire » ? Vous préconisez entre autre un vote qualitatif et un vote familial. Êtes-vous, à l’instar de Julien Langella, favorable à la votation dès 16 ans ?

GF-T : Qu’est-ce que la souveraineté ? Pour reprendre la célèbre phrase de Carl Schmitt, « est souverain celui qui décide de la situation exceptionnelle » et peu importe que son pouvoir provienne de l’hérédité, de l’élection ou de la nomination. La souveraineté est populaire à la base avec la pratique du tirage au sort, la révocation permanente des mandats et le recours fréquent aux référendums locaux à partir de projets concrets (Voulez-vous que votre commune construise a - une bibliothèque, b - un centre aéré pour migrants, c - une maison de retraite, d - des places de stationnement ?). Au sommet de l’État, la souveraineté est aristocratique avec une élite - un Ordre politico-mystique cher à Julius Evola et à Dominique Venner - soucieuse de diplomatie, de défense et de macro-économie. Ces différentes souverainetés se complètent pleinement dans le cadre d’un État organique.
Julien Langella propose avec raison le droit de vote à 16 ans. Je vais plus loin que lui puisque je soutiens le suffrage familial naguère réclamé par le FN jusqu’en 2007. Jusqu’à leur majorité, le père ou la mère bénéficierait aussi du vote de leurs enfants. La citoyenneté se baserait sur la stricte application du droit du sang, après une révision totale des naturalisations sur cinquante ans et en interdisant toute binationalité (hormis pour les autres Européens). S’y ajouteraient un revenu de citoyenneté dont la perception rendrait le vote obligatoire, et un « revenu familial » (ou parental ou maternel) destiné aux seules familles nombreuses européennes. Il va enfin de soi que la politique familiale, et plus largement démographique, suivrait les excellents principes édictés par le Dr Alexis Carrel.

6) C.N.C. : À de nombreuses occasions vous faites référence à des penseurs, collectifs ou politiciens d’extrême gauche tel Mao Tsé-Toung ou l’inter-collectif d’ultra-gauche, L’Internationale; on vous connaît aussi un penchant certain pour les théories de Guy Debord ou les écrits du groupe de Tarnac, qui serait le fameux Comité invisible. Georges Feltin-Tracol serait-il « rouge-brun » ?

GF-T : Le terme « rouge - brun » apparaît en 1993 lors d’une campagne de presse déclenchée par L’Événement du Jeudi et Le Canard enchaîné scandalisés qu’Alain de Benoist soit invité à une conférence organisée par une revue proche du PCF. Venue de Russie où les nationalistes et les communistes constituent une alliance nationale-patriotique contre le calamiteux Eltsine, l’expression s’adapte à l’Hexagone et vise aussi L’Idiot International de Jean-Edern Hallier qui publie Édouard Limonov. Certains belles âmes se sont récemment offusqués que l’économiste souverainiste de gauche Jacques Sapir évoque contre l’euro un front de libération nationale qui s’étendrait jusqu’au FN. Cette proposition n’est pas nouvelle. En mai 1993, le journaliste à Libération et militant syndicaliste, Jean-Paul Cruse, signait dans L’Idiot International « Vers un front national » qui cherchait à réunir les souverainistes des deux rives. Parmi les rédacteurs figurait un certain Alain Soral…
Je relève que l’ultra-gauche annexe volontiers des penseurs honnis par les bien-pensants. Pour preuve irréfutable, les interprétations intéressantes de Carl Schmitt, le plus grand théoricien du droit du XXe siècle. Par ses emprunts, y compris critiques, l’ultra-gauche glisse vers nous. Bienvenue chez les réprouvés, les gars !
Plus je vieillis et plus je regarde avec intérêt la Corée du Nord qui tient tête à la supposée « Communauté internationale ». À tout prendre, je préfère être « rouge-brun » plutôt que « tricolore ».

7) C.N.C. : Toujours au sujet de l’extrême gauche, les critiques contre le système capitaliste-mondialiste exprimées par des figures issues de cette famille de pensée (Michéa, Clouscard, Debord, Costanzo Preve) rencontrent un succès certain parmi des penseurs, historiens des idées ou revues venant initialement de la fameuse Nouvelle Droite ou/et des mouvements alter-européens à tendance nationaliste-révolutionnaire. Hélas, on constate que cette ouverture à « gauche » s’accompagne la plupart du temps d’un abandon de l’aspect bio-ethnique de la question dite identitaire au profit de son pendant culturel. Défendre une conception ethnique des peuples serait-elle incompatible avec une critique radicale de la société marchande ?

GF-T : Il est exact que certains récusent toute la part ethnique de leur combat dans l’espoir secret de se faire bien voir de leurs « nouveaux amis » (et d’être ensuite publié dans leurs périodiques). Contester de manière radicale la société marchande qui renie toute ethnicité tangible et défendre toutes les identités sont en fait indissociables. Certes, on peut se focaliser sur l’aspect bio-ethnique ou sur l’aspect culturel, mais n’oublions jamais que l’homme demeure un être bio-culturel (ou, pour faire moins simple, bio-ethno-culturel) qui dépend des interactions complexes de l’expérience personnelle, de l’inné héréditaire et de l’acquis obtenu par les nombreux champs morphiques (cf. Rupert Sheldrake, La Mémoire de l’Univers, Le Rocher, coll. « L’Esprit et la Matière », 1988).

8) C.N.C. : Le respect des identités des peuples nécessite a fortiori une réflexion quant à leurs environnements immédiats, leurs patries charnelles et la structure politique la plus adaptée à leurs particularismes et aux défis du XXIe siècle. En ce qui vous concerne vous plaidez pour une politique dite de « grands espaces civilisationnelles ». Pouvez-vous nous expliquer ce concept ?

GF-T : Par « grand espace civilisationnel », je me réfère au concept mis à l’honneur par Carl Schmitt. L’État-nation que je distingue de l’État - permanence du politique dans les relations humaines collectives - perd sa cohérence en raison de la funeste coexistence multiraciale. Les nationalistes considèrent la nation comme le point d’équilibre entre l’Universel et le particulier. Pour ma part, la meilleure médiation possible entre ces deux données demeure l’Empire au sens évolien du terme. Je n’en dis pas plus, car Éléments pour une pensée extrême revient sur ce sujet.

9) C.N.C. : L’État-nation n’est plus de taille face aux blocs continentaux que représentent ces « grands espaces civilisationnelles ». Pour ce qui est de l’Europe, on vous sait partisan d’un Empire européen. Où vous situez-vous entre les concepts de « grand espace civilisationnel », d’Eurosibérie défendu par Guillaume Faye et d’Europe-Nation proposé par Jean Thiriart ?

GF-T : Les concepts d’Eurosibérie et d’Eurasie font l’objet d’une conférence, « Eurosibérie ou Eurasie ? Ou comment penser l’organisation du “ Cœur de la Terre ” » mise en ligne sur Europe Maxima, le 22 juin 2014. L’Eurosibérie est à mes yeux un mythe mobilisateur. Mais la Russie a-t-elle un destin européen comme la France l’a ? Il y a vingt ans, je le pensais péremptoirement. Maintenant, je suis plus sceptique. Quant à l’Europe-Nation chère à Thiriart, ses limites spatiales ont sans cesse évolué, de l’Islande aux frontières de l’URSS, puis en intégrant l’Union Soviétique, la Turquie, voire, à la fin de sa vie, toute l’Afrique du Nord (je mentionne longuement ces fluctuations territoriales dans « La reconfiguration du monde en “ grands espaces ” » paru dans Orientations rebelles). L’Europe selon Thiriart serait pire que le mal. Suivons Maurice Bardèche et bâtissons sur les ruines fumantes de l’Union pseudo-européenne de Bruxelles une Confédération alter-européenne, compétente en matière de défense, de diplomatie et en macro-économie ! Cela suppose néanmoins que l’OTAN se dissolve au préalable. Brûlons donc des cierges pour un véritable isolationniste accède à la Maison Blanche en novembre prochain !

10) C.N.C. : Que cela soit à un niveau continental ou à un niveau local avec les BAD (Bases autonomes durables), l’autarcie semble être à vos yeux, si ce n’est une solution, au moins une ligne qui, dans le désordre global actuel, permettrait aux peuples de traverser un interregnum à l’allure de tempête de l’histoire. Le concept de « société ouverte » de Karl Popper, ce n’est pas trop votre truc…

GF-T : On trouvait déjà dans Orientations rebelles un texte intitulé « Pour la société fermée », d’où mon appréciation positive de la Corée du Nord d’autant qu’elle a renoncé depuis 1999 au communisme pour un souverainisme intégral. L’avenir appartient aux sociétés fermées. Mais, en s’inspirant de la figure traditionnelle du yin et du yang, il faut aussi veiller à maintenir une légère part d’hétérogénéité interne. La fermeture ne signifie pas claustration.

11) C.N.C. : Au-delà de la pensée, quels sont selon vous les éléments pour une action extrême ?

GF-T : Évacuons d’entrée l’action directe. L’échec retentissant de la « Manif pour Tous » démontre le caractère légaliste et donc moutonnier des participants. Saluons au contraire les actions énergiques des éleveurs, des Corses, des syndicalistes d’Air France, voire des gens de voyage à Roye et à Moirans. Une convergence des secteurs sociaux en lutte serait formidable, mais elle ne se produira pas, suite à l’obstruction des syndicats institutionnels et à la myopie politique des manifestants. Quant à notre camp, ce n’est pas le trahir que d’affirmer qu’il n’est pas prêt.
Il doit en priorité se former, acquérir « des munitions plein la tête » pour reprendre l’excellent titre de Bastien Valorgues qui a recensé dernièrement Éléments pour une pensée extrême sur Europe Maxima, c’est-à-dire consulter livres, revues et sites amis, suivre les formations et les conférences organisées, participer aux ballades et aux entraînements sportifs entre militants, rejoindre des associations de soutien scolaire, de défense d’écologie locale et de patrimoine, rencontrer les artisans et recueillir leurs savoir-faire. Obtenir dans le cadre familial un jardin potager et le cultiver. Toutes ces modestes actions passent sous les radars du Système. Profitons-en ! Sous le Second Empire, les républicains misaient sur un comportement exemplaire et la convivialité. Reprenons cette attitude et soyons patients !

• Propos recueillis par Donatien.

25/12/2015

Entrevue du C.N.C. #23: La réalisatrice Cheyenne Carron

IL Y A DU PIALAT OU DU BLAIN CHEZ CARRON

Le non-conformisme au cinéma a un nom : Cheyenne Carron !

Jolie jeune femme, Cheyenne Carron pourrait bien devenir une future égérie du cinéma français... ou plutôt d'un cinéma français. Celui qui ne se résigne pas au fatalisme de la mièvrerie subventionnée ! Il y a du Maurice Pialat ou du Gérard Blain dans les films de Cheyenne Carron. Sa sensibilité à fleur de peau est sa meilleure arme pour pallier le cruel manque de moyens dont bénéficient ses longs-métrages. A l'occasion de l'édition d'un coffret de 6 DVD comprenant l'intégrale de sa filmographie, Cheyenne Carron a eu l'exquise gentillesse de répondre aux questions du Cercle Non Conforme. Retrouvez également la critique de son avant-dernier long métrage, L'Apôtre, dans la chronique à paraître demain sur 7 films à voir ou à revoir sur la Foi catholique.

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Le CNC - Bonjour Cheyenne, puisque tous les lecteurs du Cercle Non Conforme ont bien évidemment été parfaitement sages au cours de l'année 2015, il n'y aucune raison que votre coffret de 6 DVD contenant l'intégrale de votre filmographie ne figure pas sous le sapin de Noël. L'occasion pour ceux qui n'auraient pas encore vu vos films de se familiariser avec votre œuvre. De votre premier long-métrage Sans Limite à Patries, comment envisagez-vous votre évolution cinématographique?

Cheyenne Carron - Mon premier film était une pure catastrophe… Quant au dernier il semble être apprécié. Entre les deux, 15 années qui se sont écoulées. De sacrifices, de sueur et de discipline. LF Céline, disait « Lorsqu’on écrit, il faut mettre sa peau sur la table ». C’est ce que j’ai fait et je crois que ça porte ses fruits, car je progresse dans mon travail.

Le CNC - La violence passionnelle dans Sans limite, la difficulté de croire en Dieu dans Extase, l'adultère et le mensonge dans Ne nous soumets pas à la tentation, l'adoption et la quête identitaire dans votre film semi-autobiographique La fille publique, la prostitution, la mélancolie, la condamnation à mort également dans vos courts-métrages..., peut-on pour autant parler de cinéma désespéré ?

Cheyenne Carron - Les sujets sont graves et peut-être désespérés, comme l’est parfois ce monde dans lequel nous vivons, mais dans la plupart de mes films, la fin est chargée d’espérance et d’humanité.

Le CNC - Extase évoque pour la première fois dans votre filmographie le sujet de la foi. Cette foi catholique qui vous est chevillée au corps. Que signifie être catholique pour vous dans cette France du Troisième millénaire ?

Cheyenne Carron - Etre Catholique, c’est être un combattant, un être en quête de Vérité.
Chaque époque à ses épreuves, dans notre temps, les ultras-laïcards, les Islamistes sont véritablement en guerre contre les Chrétiens. Mais nous, Catholiques, ne baissons pas l’échine. Nous leurs faisons face. Pour ma part, je le fais modestement avec mes films.

Le CNC - L'Apôtre et Patries constituent des jalons dans votre carrière et vous font aborder des thèmes non-conformistes. Qu'est-ce qui a déterminé cela ? Pourquoi avoir choisi les thèmes de la conversion d'un musulman au catholicisme et le racisme anti-blanc ?

Cheyenne Carron - J’ai fait L’Apôtre en souvenir de la sœur de mon prêtre qui a été assassinée dans mon village par un musulman. Et en hommage à ce prêtre qui a tendu la main à la famille du tueur. J’avais 19 ans lorsque ça s’est passé. Ce saint anonyme qu’était mon prêtre méritait bien un film pour que jamais on ne l’oublie.
Patries, je l’ai fait car le racisme anti-blanc existe en France, et aucun film n’en parle. Mais ce film parle aussi de l’importance pour tous les êtres de préserver leur enracinement et leur identité.
Je suis une fille de la DDASS, j’ai vécue 19 ans pupille de l’Etat, et moi je sais ce que c’est le drame de ne pas avoir d’enracinement véritable.

Le CNC - Avez-vous conscience d'explorer des thèmes sulfureux honnis par le politiquement correct ? N'avez-vous pas peur que ses prises de position vous nuisent ?

Cheyenne Carron - Pas du tout. Je traite simplement des sujets de mon temps.

Le CNC - Tandis que le Cercle Non Conforme tente modestement de faire votre promotion, un autre CNC (Centre National du Cinéma) vous accuse de ne pas respecter la chronologie des médias. Et puisque le hasard fait bien les choses, c'est très exactement après le tournage de votre long-métrage sur le racisme anti-blanc. Qui veut pas la peau de Cheyenne Carron ?

Cheyenne Carron - Je pourrais jouer les victimes, mais dans le fond ça ne serait pas correct. Le CNC est simplement fait de petits fonctionnaires qui obéissent à leurs petites lois et qui n’ont pas de véritable amour pour le cinéma. S’ils avaient une véritable passion pour cet Art, ils n’emmerderaient pas une petite réalisatrice comme moi qui fait ses films avec des bouts de ficelles.

Le CNC - Justement, comment fait-on du cinéma sans bénéficier d'aucune subvention ?

Cheyenne Carron - On s’entoure de techniciens et de comédiens pour qui le cinéma n’est pas qu’un divertissement, mais un moyen de délivrer un message à la société.

Le CNC - Une presse, pourtant peu suspecte de complaisance à l'égard du cinéma non-conforme vous considère pourtant comme une étoile montante du cinéma français. Comment expliquez-vous cela ?

Cheyenne Carron - Il me semble qu’on peut parler de tous les sujets, même les plus complexes, ou sensibles, si on le fait avec justesse, humanité, et sans manichéisme, on touche les gens peu importe de quel bord ils sont.

Le CNC - Quels sont vos futurs projets ?

Cheyenne Carron - Je suis en préparation de mon prochain film, La Chute des Hommes, qui racontera l’histoire d’une jeune Chrétienne prise en otage par des Djihadistes.
Et je termine l’écriture d’un nouveau scénario qui s’intitule La Morsure des Dieux. Cette histoire raconte le parcours d’un agriculteur français qui se bat pour sauver sa petite exploitation. Ce film parlera aussi de l’amitié Pagano-Chrétienne.

Le CNC - Cheyenne Carron, quelle est la question que personne n'a encore eu la bonne idée de vous poser ?

Cheyenne Carron - Votre vie personnelle, ça se passe comment ?... Et là je répondrais : un enfer 

Le CNC - Cheyenne Carron, merci !

Cheyenne Carron - Merci à vous !

 

Filmographie :

2001 : A une madone (court-métrage)
2005 : Sans limite
2009 : La charité romaine (court-métrage)
2011 : Ne nous soumets pas à la tentation
2012 : La Fille publique
2014 : L'Apôtre
2015 : Patries

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

18/09/2015

Entrevue du C.N.C. #22: La Hongrie face aux "migrants" avec Romain

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Entrevue du CNC #22: la Hongrie face aux « migrants »

Cette entrevue sur la situation hongroise a été réalisée le 16 septembre 2015 avec Romain, vieux camarade du C.N.C. parti vivre à Budapest. Le lecteur pourra constater combien la différence entre nos deux pays est importante tant politiquement que culturellement.

 

1-Le Cercle Non Conforme: Le premier ministre hongrois, Viktor Orbán, est extrêmement critiqué par ses homologues européens pour sa fermeté vis-à-vis des « réfugiés ». On critique également la police hongroise qui aurait des méthodes trop musclées. Est-ce réellement le cas et cette fermeté est-elle visible au quotidien?

L'acharnement des médias occidentaux est assez étrange puisque la police hongroise a une attitude plutôt calme, professionnelle et respectueuse vis à vis des clandestins. Très certainement parce que qu'elle est soumise à des consignes bien strictes, qui visent à ne pas envenimer davantage les relations déjà bien dégradées entre Orbán et ses « partenaires » européens. Lorsque la gare était bloquée par la police pendant plusieurs jours, ils étaient parfois 300 ou 400 à attendre sur le parvis de celle-ci (et environ 4000 dans un diamètre d'un kilomètre), en plein cagnard et à siroter des bières. Du coup, quand ils s’énervent, qu'ils balancent des projectiles et crient « Allah akbar », les CRS essayent malgré tout de se poser en médiateurs (Ils étaient beaucoup moins conciliants durant le match Hongrie-Roumanie, où ce fut une tournée générale et gratis de gaz au paprika pour tout le monde...). En revanche, la police ne les laisse pas quitter les « zones de transits » installées par le gouvernement qui sont généralement les abords des gares. Cela qui permet de préserver le reste de la ville.

2-Le Cercle Non Conforme: Certaines photographies et vidéos font froid dans le dos et on se dit que la situation est extrêmement préoccupante. Qu’en est-il réellement ? Que voit-on dans les rues ? Comment se comportent les « migrants » ?

Étant donné que la majorité des personnels est consignée dans ces zones dites de transit, nous gardons 95% de Budapest beau, paisible et agréable. En revanche, les 5% restants sont littéralement devenus en peu de temps des bidonvilles, aussi désagréable pour les yeux que pour le système olfactif ! Mais les emplacements de ces zones n'ont pas été choisi au hasard, puisqu'elles se situent dans des endroits de la ville très fréquentés des Hongrois. Stratégie du gouvernement pour confronter et sensibiliser la population aux méfaits de l'immigration clandestine.
Le flux migratoire a vraiment débuté courant mars 2015. A cette époque, ils baissaient les yeux et étaient plutôt discrets. Maintenant, ça n'est plus la même musique. Ils sont beaucoup plus nombreux donc ils commencent à prendre leurs aises. Entre les vols à l’étalage de manière « naturelle » et les troubles à l'ordre publique répétés, on distingue beaucoup plus leurs caractères vindicatif et méprisant à l’égard de l'Européen. Ce sont plutôt eux maintenant qui essayent de nous faire baisser les yeux. En vain...

 

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Protestation après l'annonce de la fermeture de la gare de l'Est (Budapest)

3-Le Cercle Non Conforme: Comment la population hongroise vit-elle l’arrivée de ces hordes qui déferlent sur son sol ? Les Hongrois résistent-ils d’une manière ou d’une autre ou se contentent-ils d’appuyer l’action des autorités ?

La situation hongroise est assez difficile à déchiffrer puisque tous les jours les choses sont en mouvement. Du côté des migrants, du gouvernement ou du peuple. Une certitude: les Hongrois sont sous le choc ! Tout ceci est tellement soudain et brutal que la plupart d'entre eux sont bouche-bée. En 2012, il y eu 2157 demandes d'asile en Hongrie. 18 900 en 2013, 43 777 en 2014, et 65 415 rien qu'entre janvier et juin 2015. A savoir que le phénomène s'est largement intensifié durant la période estivale. Le chiffre a été multiplié par plus de 60 (en rythme annuel) en 3 ans pour un pays de 10 millions d'habitants; c'est considérable. Aujourd'hui, le nombre de personnes ayant franchi illégalement la frontière hongroise depuis le 1er janvier est de  221 363. Ce problème les impacte beaucoup, et l'immigration est devenu un véritable sujet de société. Bien qu'il y ait une petite troupe de gauchistes financés par des ONG qui donnent des vivres, des vêtements et même des chargeurs de téléphone portable aux migrants illégaux, les gens normalement constitués sont franchement inquiets pour l'avenir. Depuis le 15 septembre, l'ensemble de la frontière serbo-hongroise est fermée, gardée par l'armée et selon la nouvelle réglementation hongroise, toute intrusion ou tentative d'intrusion à travers le grillage entraînera jusqu'à trois ans de prison (cinq ans s'il y a dégradation matérielle de l’installation). De plus, une nouvelle loi devrait être votée au parlement le 21 septembre. Elle pourrait notamment élargir les compétences de la police et de l’armée. Grâce à ce projet de loi, le gouvernement aura le droit de décréter un « état de crise » en rapport direct avec l’immigration et un nouveau statut permettant des interventions spéciales. La police pourra aussi rentrer n’importe où, sans avoir à demander d'autorisation. L’armée aussi sera visée par cette nouvelle réforme. Si le texte est voté, les militaires pourront utiliser leurs armes dans l’enceinte du pays, sans qu'il n'y ait une situation de guerre. En principe, les soldats seront autorisés à tirer à balles réelles à la frontière en cas d’actes de violence de la part des clandestins, ils auront l’autorisation de blesser mais pas de tuer (tir sur zones non létales). Donc pour le moment, les actions populaires sont plutôt disctes car Orbán fait le nécessaire. Il y avait une manifestation prévue le 19 septembre par le HVIM qui est un mouvement politique hongrois proche du Jobbik. Cet événement qui devrait réunir 3000 personnes à été annulé par les organisateurs afin que l’État puisse concentrer toutes ses forces policières pour défendre la frontière. Un communiqué du HVIM explique que "Nous représentons l'ordre, pas l'anarchie" et il est conclu par “[...] tenez vous prêts à montrer qu'on fera payer cher à ceux qui veulent s'en prendre à notre pays". C'est un sujet tellement important que tous s'accordent à dire ici que tant que le parti au pouvoir fait le boulot, laissons nos divergences politiques de côté et ne lui mettons en aucun cas des bâtons dans les roues (NDLR: Voir par exemple le communiqué des clubs de supporters de football du pays: " (...) nous sommes prêts à être mobilisés. Nous attirons l'attention du Président de la République hongroise János Áder, sur le fait que plusieurs milliers de supporters entrainés et prêts pour le combat attendent les ordres! Sur ordre, nous irons défendre la frontière, avec ou sans armes. En cas de besoin, nous sommes mobilisables partout, sur n'importe quelle partie du territoire national."). Par contre, Viktor Orbán n'a pas le droit à l'erreur !

hongrie2.jpg

La gare de l'Est occupée (Budapest)

4-Le Cercle Non Conforme: Récemment, on a beaucoup parlé en Europe de cette journaliste hongroise ayant fait des croche-pieds à des « migrants ». Nous savons qu’elle a été limogée, ce qui prouve qu’en Hongrie aussi, la bien-pensance est de mise mais quelles ont été les réactions de l’opinion publique ?

« Elle lui a fait un croche pied, c'est pas bien, il ne faut plus recommencer. Mais bon, le contexte était stressant et chacun à le droit à sa part de connerie. » C'est un peu le sentiment général ici. Ensuite, le fait qu'elle fut limogée est, je pense, purement utilisé pour des raisons d'image politique étant donné que la chaîne qui l'employait est le média de prédilection du Jobbik (1er parti d'opposition qui se situe à la droite d'Orbán). Finalement tout le monde sait qu'elle a été virée, mais tous savent aussi que personne ne lui a craché à la gueule. Par contre, cette histoire était très bonne pour notre message puisque la chaîne susnommée à été piratée par des islamistes tunisiens qui menacent « d’exécuter la famille du rédacteur en chef » et de « faire péter les locaux de N1TV ».

5-Le Cercle Non Conforme: Observe-t-on, pour le Hongrois typique, une radicalisation face à l’Union Européenne et à la menace d’une subversion migratoire ?

Un jour, une veille dame qui avait connu la république socialiste hongroise disait que l'URSS, c’était pas la joie, mais que l'UE, c'est encore pire. Tous ont pu remarquer dans le passé que plus la Hongrie fut attaquée de face, plus elle se fusionna. Les Ottomans s'y sont cassés les dents, les Habsbourg et l'Union Soviétique aussi. Là, on ne parle pas de la puissance militaire du Liechtenstein... Alors quand le peuple hongrois entend Merkel et Fabius les menacer, ça les fait doucement sourire. Il y a en ce moment des migrants qui forcent les postes frontières du sud, et j'ai pu voir sur internet que des patrons de bistro offrent toutes les consommations gratos aux militaires et policiers hongrois qui sont sur place. C'est un peuple très fier, soudé et totalement indépendant qui refuse catégoriquement que quelqu'un leur dicte ce qu'ils ont à faire. Ils voient ça comme une entrave à leur autonomie, et s'opposent radicalement à ce que leur pays soit modifié par le biais de cet exode incessant des peuples du sud, et souillé de l'autre côté par Bruxelles et les gouvernements ouest-Européens. Le questionnaire qu'Orbán a fait parvenir dans tous les ménages révèle que 80% des gens estiment que « La politique de l'UE a échoué en matière d'immigration et de terrorisme [...] » et que 4 personnes interrogées sur 5 pensent que « Le gouvernement hongrois doit prendre des mesures plus fermes sur la question de l'immigration face à la politique laxiste de l'Union Européenne ». Il faut aussi souligner que c'est un pays plus libre, donc un tavernier ou un commerçant peut aisément empêcher les clandestins de pénétrer dans son établissement sans que personne ne vienne pleurnicher et hurler au racisme et à la discrimination. Le bon sens populaire, l'unité nationale et la logique sont encore de mise en Hongrie.

NB: Si la situation hongroise vous intéresse et vous préoccupe, je vous recommande vivement de suivre la page Facebook « Hongrie Actuelle ».

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Addentum: Les clubs de supporters de foot de Hongrie ont fait une déclaration commune :

"Des hordes de l'Islam radical attaquent notre pays, attaquent l'Europe. Ils veulent des mosquées à la place des églises et des tchadors à la place des jupes. Et nous la liste de leurs exigences culturelles est longue. Il faut défendre notre pays et défendre de nouveau l'Europe, comme nous l'avons fait pendant mille ans. Même si on ne nous remercie pas pour ça. Les problèmes de politique intérieure ( avec la police, les magistrats, tel ou tel parti, les roitelets du scanner corporel, les usuriers de la carte, etc.) sont mis de côté et nous sommes prêts à être mobilisés. Nous attirons l'attention du Président de la République hongroise János Áder, sur le fait que plusieurs milliers de supporters entrainés et prêts pour le combat attendent les ordres! Sur ordre, nous irons défendre la frontière, avec ou sans armes. En cas de besoin, nous sommes mobilisables partout, sur n'importe quelle partie du territoire national. Ce pays ne sera pas un califat, ici les immigrés ne feront pas sauter le métro! Nous nous préparons à la défense du pays, et si l'ordre vient, alors nous combattrons. XXXI. article de la Constitution hongroise "(1) Tout citoyen hongrois a le devoir de défendre la patrie."

18/08/2015

Entrevue du C.N.C. #21: Guillaume Lenormand

Entrevue #21: Guillaume Lenormand

gl.jpgDe retour du Donbass, Guillaume Lenormand a accepté de répondre à notre entrevue. Il nous a semblé intéressant d'avoir son point de vue sur différents éléments du conflit, mais également des éléments de son parcours. Avant son départ, Guillaume avait rédigé quelques articles pour le Cercle Non Conforme et nous avions pris l'habitude de relayer certaines de ces contributions issues de son blog personnel. Bien que nos chemins aient divergé par la suite, Guillaume n'a jamais manifesté d'hostilité à notre égard, et inversement. C'est naturellement que nous lui ouvrons de nouveau nos colonnes.

1) Le Cercle Non Conforme. : Peux-tu te présenter rapidement pour nos lecteurs. Quel était ton parcours militant et intellectuel avant ton engagement au Donbass ?
 
Guillaume Lenormand : J'ai eu la chance de grandir sans télé, ce qui m'a obligé à beaucoup lire. J'ai fait une année d'étude d'arts à l'école Emile Cohl à Lyon, et une licence d'Histoire à l'Université de Rouen. Parallèlement, je dessinai sous le pseudo de "Krampon" et j'ai milité successivement chez les identitaires, au Parti de la France, à 3eme Voie et à la Fraternité Nationaliste Normande.

2) Le C.N.C. : Au commencement de la crise ukrainienne, nous avions publié une tribune libre dans laquelle tu avais développé ta vision du Maïdan, vision en divergence avec les positions que nous avons développé par la suite. Cette position et tes vues de l’époque t’ont conduit à un engagement direct pour les séparatistes du Donbass. Peux-tu développer les raisons de ton engagement ? Qu'est-ce qui t'a incité à franchir le pas, à passer du clavier au fusil, la politique ? Le goût de l’aventure ?

G. L. : J'ai toujours voulu faire la guerre, mais je voulais choisir mon combat, donc l'armée française et son esprit déplorable, hors de question. Avec le recul, j'aurai peut être quand même du y passer quelques années, c'est important pour le CV quand on se porte volontaire. Du reste, les raisons de mon engagement ont survécu: je suis plus que jamais persuadé qu'il y a eu au Donbass, une "révolte contre le monde moderne", une résistance authentique d'une partie de la population contre le pillage de leur terre par des intérêts apatrides. Ils ont refusé l'humiliation et le "sens de l'histoire" qui nous est imposé aujourd'hui, non plus par les marxistes, mais par les mondialistes. Pour moi, le Donbass, c'était un peu les ch'tis et les électeurs du FN qui prennent les armes contre l'UMPS... Pour le meilleur et pour le pire.  Passer à l'action était naturel. Je ne suis pas particulièrement courageux, mais je hais le faux, le vide, les paroles inconséquentes. Autrefois, tous les jeunes européens partaient en guerre à un moment ou autre. Mes grands-parents ont tous vécu la guerre, en Algérie, en Indochine ou en Europe. C'est une chose normale.

3) Le C.N.C. Quel bilan tires-tu de cet engagement sur le plan personnel et militant ? Pourquoi as-tu quitté Unité Continentale ? As-tu le sentiment d'avoir servi des intérêts nébuleux, éloignés des idées que tu défendais initialement au début de ton engagement?

G. L. : Le bilan est trop vaste pour le résumer ici. Politiquement, j'étais au départ totalement sur la ligne d'Unité Continentale. Je les ai quittés car ils devenaient le contraire de ce pourquoi je m'étais engagé. L'esprit caporaliste de l'armée régulière française y régnait, agrémenté de paranoïa et de machinations diverses. Ils isolaient les volontaires, confisquaient l'argent et les téléphones, s'en prenaient à ceux qui voulaient partir, voulaient tout contrôler.  Sur le terrain, ils étaient totalement incompétents. Ils refusaient les bonnes occasions de se battre, ou au contraire, montaient des missions suicide sans queue ni tête. Ils se mettaient également les Russes à dos. Moi j'étais venu me battre, pas faire de la com.  Me battre pour le peuple du Donbass, pas pour une clique de Français. Me battre pour devenir un homme libre. Unité Continentale était devenu une prison. En Février, quand je l'ai quitté, presque tous les Français m'ont suivi à Donetsk, ils en avaient marre aussi. On s'est ensuite dispatché dans différentes unités.

4) Le C.N.C. : Que penses-tu du rouleau compresseur médiatique pro-Kremlin et de la poutinolâtrie qui sévit dans la mouvance nationale, toi qui a été volontaire sur place ? As-tu le sentiment, malgré le fait que tu aies choisi l'autre camp, que les nationalistes ukrainiens ont pu être injustement traités médiatiquement par beaucoup de camarades (ou prétendus tels) ?

G. L. : Je suis devenu assez allergique à la propagande en général, qu'elle soit de mon camp ou de l'autre. Elle est tellement grossière, tellement incantatoire...  La propagande est "le faux", ce contre quoi je me bats, et ce contre quoi tout chrétien doit se battre. On me dira sûrement que je suis trop idéaliste. Je comprends les raisons de certains nationalistes ukrainiens qui se battaient contre nous. La propagande néo-stalinienne niait rabiquement toute fierté nationale pour ces peuples satellites de l'URSS. "Nazis, nazis", mot répété ad Nauseam. Il n'y avait aucune distanciation, aucune volonté de comprendre l'ennemi. Pour vaincre, il faut comprendre. J'avais envie de foutre mon poing dans la gueule de certains "politruks" de notre camp, car leur triomphalisme et leur incapacité à se remettre en question ont été la source de nombreux problèmes militaires et politiques.
Heureusement, tout le monde ne tombait pas dans le mensonge et le fanatisme. Il y avait également des soldats déterminés, mais calmes et justes, comme le commandant Mozgovoï. Lui, ne confondait pas le peuple ukrainien avec ses oligarques véreux. Il voulait une révolution "pour tous". Igor Strelkov était également un de ceux-là, je suis bien placé pour le savoir.

5) Le C.N.C. : Tu vas prochainement publier un livre, quels en seront la teneur et l'objectif ? Quel est le public visé ?

G. L. : Je suis parti à l'origine pour 4 ou 5 mois et j'ai finalement passé un an à l'étranger. Il y a eu des situations rocambolesques, tragiques et incroyables, de nombreux personnages hauts en couleurs... Je me suis dit que cela méritait d'être écrit, car c'est indéniablement une aventure moderne (pour ceux qui croient que l'aventure n'est plus possible en ce monde). Il y a aussi énormément de rumeurs et de bruits qui courent sur ce que nous aurions fait ou non. Même si l'on ne me croira pas forcément, je veux livrer "ma version". J’espère que ce bouquin servira à long terme de référence et de témoignage pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de cette guerre des volontaires étrangers: historiens, passionnés. Évidemment, je ne renie pas mes idées et j'imagine que seul un éditeur "ami" acceptera de le publier.

6) Le C.N.C. :  Fort de cette expérience, vas-tu poursuivre ton engagement, sous une forme ou sous une autre en France, ou souhaites-tu tourner une page et en écrire une nouvelle loin du militantisme, de la politique et de la guerre ?

G. L. : Joker. 

7) Le C.N.C. : Merci Guillaume de nous avoir accordé cet entretien. Souhaites-tu ajouter quelque chose ?

G. L. : C'est moi qui vous remercie. Hauts les cœurs et mort aux cons !

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Crédit photo : novorussia.today

03/08/2015

Intervista #20: Adriano Scianca, responsabile degli affari culturali di Casapound

3538526960.jpg1) Cercle Non Conforme : Grazie Adriano di aver accettato questa intervista. Può presentare il suo percorso militante e intelletuale ai nostri lettori ? Puo' dirci com'é diventato Responsabile degli affari culturali di Casapound e in cosa consiste il suo lavoro?

Adriano Scianca : Il mio percorso militante è molto semplice, dato che prima di entrare in CasaPound non ho avuto altre esperienze politiche di alcun genere. Ho cominciato a frequentare questo gruppo umano da semplice simpatizzante, percependone istantaneamente la forza, l'energia e anche la lungimiranza programmatica e ideologica. Dopodiché ho via via aumentato l'intensità del mio impegno e del mio coinvolgimento. Il mio percorso intellettuale è ovviamente più complesso e passa per una forte identificazione giovanile con la dottrina di Julius Evola e poi, in seguito, per un avvicinamento alle tesi della Nouvelle Droite francese e a quelle di Giorgio Locchi, questo geniale intellettuale italiano che ha vissuto per tanti anni a Parigi. Essere responsabile culturale di Cpi significa occuparsi di organizzare conferenze nella nostra sede principale, a Roma, ma anche coordinare quelle che si svolgono in tutte le sedi d'Italia, nonché curare tutto ciò che riguarda la formazione, l'informazione e la comunicazione dei militanti di Cpi.

2) C.N.C. : Com'é stato accolto il libro Casapound, una terribile belleza è nata in Italia e in Europa ? Secondo Lei, questo libro ha reso piu' forti la fama e la dottrina di Casapound?

A. S. : Che il libro abbia giovato alla fama o alla dottrina di CasaPound è in effetti la mia speranza. Quanto alla sua accoglienza, devo dire che in Francia è stata più vibrante che in Italia. Da noi è stato molto letto soprattutto fra i militanti, del resto ho fatto presentazioni quasi in ogni sede di Cpi. Solo in Francia, tuttavia, esso ha generato un vero dibattito, anche con toni piuttosto accesi. Questo perché il vostro Paese ha un rapporto differente con la cultura e anche negli ambienti identitari si dà grande importanza alle formulazioni dottrinarie.

3) C.N.C. : In Francia Casapound è vista come un movimento sociale il cui fondamento è un progetto metapolitico (radio, musica, estetica, ...). Quest'impulso é dovuto in particolare a ZetaZeroAlfa e al suo leader, Gianluca Iannone. Che cosa pensa dell'azione culturale realizzata finora da questo movimento ?

A. S. : Credo che l'attività culturale di CasaPound sia indubbiamente un successo. In pochi anni abbiamo organizzato un centinaio di conferenze solo a Roma (a cui vanno aggiunte le tante fatte nel resto d'Italia), alcune delle quali hanno occupato le prime pagine dei giornali nazionali. Siamo stati i primi in Italia a ospitare e dare la parola ai greci di Alba Dorata, ostracizzati purtroppo anche da molti movimenti nazionalisti europei. Siamo stati l'unico movimento nazionalista in Europa a confrontarsi – restando fermo sulle sue posizioni – con un ex terrorista comunista come Valerio Morucci (protagonista del rapimento e dell'uccisione dello statista democristiano Aldo Moro) o con le associazioni omosessuali. Abbiamo ricevuto nelle nostre sedi parlamentari di tutti i partiti, intellettuali di ogni opinione. Abbiamo fatto conferenze su autori non scontati, come Kerouac o Bukowski. Oltre al mio libro, vanno poi citati i due (un saggio e un romanzo) che a Cpi ha dedicato Domenico Di Tullio, nostro avvocato e amico. E ancora, i libri su CasaPound scritti da studiosi, sociologi, giornalisti, quasi sempre di sinistra.

4) C.N.C. Al colloquio dell'Istuto ILIADE, ha parlato del monte Palatino, un « importante luogo europeo ». Secondo Lei, esistono altri luoghi nella città di Roma in cui si sente vibrare l'anima europea, dei luoghi che custodiscono nostra memoria ancestrale ?

A. S. : Essendo a tutti gli effetti una città sacra, Roma è disseminata di luoghi questo tipo. Dovendo citarne uno possiamo parlare dell'Ara pacis, l'altare dedicato da Augusto nel 9 a.C. alla Dea Pace, originariamente posto in una zona del Campo Marzio consacrata alla celebrazione delle vittorie. Monumento evocativo, oggi purtroppo ingabbiato in una orribile architettura moderna, che dimostra plasticamente l'incapacità del nostro tempo di predisporsi alla custodia della sua migliore eredità. In chiave profana mi fa piacere anche ricordare gli interi quartieri che recano l'impronta dello stile fascista: dall'Eur al Foro Italico fino alla Città Universitaria.

5) C.N.C. : Il futurismo è un soggetto ricorrente nel mondo di Casapound, come lo spirito d'avanguardia. Come definirebbe l'avanguardia culturale per il XXI-esimo secolo ?

A. S. : È difficile stabilire gli esatti contorni di un'avanguardia prima che essa prenda corpo. Possiamo però individuare alcune sue possibili caratteristiche. L'avanguardia del XXI secolo dovrà essere caratterizzata dal pensiero forte, dovrà avere un contatto con l'elementare, con l'essenziale. Sarà un pensiero vitalistico e costruttivo. Il suo compito principale sarà quello di ripensare l'identità europea, che non può limitarsi alle solite immagini di Stonehenge e del Partenone greco, deve dire qualcosa ai giovani di oggi e soprattutto di domani.

6) C.N.C. : Nel parco del Pincio, si vedono i busti di molti personaggi famosi della storia italiana ed europea, Se dovesse parlare di uno solo di questi personaggi, quale sceglierebbe e perché?

A. S. : Dovendo sceglierne uno solo parlerei di Niccolò Machiavelli, che oggi viene ritratto come il teorizzatore di un cinismo politico alla House of Cards, mentre in realtà fu un buon patriota, sostenitore delle virtù repubblicane e dell'eredità romana. Machiavelli ha parlato della necessità di riconoscere l'autonomia del politico secoli prima di Carl Schmitt, e ha sognato un'Italia libera e sovrana molto tempo prima che la nostra nazione trovasse unità e indipendenza.

7) C.N.C. : Secondo Lei, quali sarebbero i dieci libri che ogni europeo dovrebbe avere nella sua biblioteca ideale?

A. S. : Premesso che elenchi di questo tipo sono sempre arbitrari e in qualche misura “simbolici”, provo a formulare un elenco che rispecchi in qualche modo la mia sensibilità:

1) Omero, Iliade e Odissea; 2) Virgilio, Eneide; 3) Friedrich Nietzsche, Così parlò Zarathustra; 4) Martin Heidegger, L'autoaffermazione dell'università tedesca; 5) Giorgio Locchi, Wagner, Nietzsche e il mito sovrumanista; 6) Jean Raspail, Il campo dei santi; 7) Alain de Benoist, Come si può essere pagani?; 8) Filippo Tommaso Marinetti, Mafarka il futurista; 9) Ezra Pound, Cantos; 10) Dominique Venner, Un samurai d'Occidente.

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20/07/2015

Entrevue #21 : "Adriano Scianca, responsable culturel de CasaPound Italia"

 Entrevue du C.N.C. #21 : "Adriano Scianca, responsable culturel de CasaPound Italia"

scianca.jpg1) Le Cercle Non Conforme : Merci Adriano d'avoir accepté cet entretien. Pouvez-vous présenter votre parcours militant et intellectuel à nos lecteurs? Comment êtes-vous devenu le responsable des affaires culturelles au sein de Casapound et en quoi consiste cette fonction?

Adriano Scianca : Mon parcours militant est très simple, car avant d'entrer à CasaPound je n'ai eu absolument aucune autre expérience politique. J'ai commencé à fréquenter ce mouvement en tant que simple sympathisant, en prenant immédiatement conscience de sa force, de son énergie ainsi que de la clairvoyance de son programme et de son idéologie. Ensuite j'ai  amplifié au fur et à mesure mon engagement et mon implication.
Mon parcours intellectuel est évidemment plus complexe, je suis passé par une forte identification de jeunesse à la doctrine de Julius Evola et puis, dans un second temps, par une découverte des thèses de la Nouvelle Droite française et de celles de Giorgio Locchi, ce génial intellectuel italien qui a longtemps vécu à Paris.

Être le responsable culturel de CPI [CasaPound Italia] consiste à superviser l'organisation des conférences de notre section principale, à Rome, mais aussi à coordonner celles qui se déroulent dans toutes les sections d'Italie, et enfin à s'occuper de tout ce qui à trait à la formation, à l'information et à la communication entre les militants de CPI.

2) Le C.N.C. : Comment a été reçu l'ouvrage Casapound, une terrible beauté est née en Italie et en Europe ? A l'heure actuelle peut-on dire que cet ouvrage a contribué à fortifier l'image et la doctrine de Casapound ?

A.S. : J'espère en effet que le livre a contribué à l'image et à la doctrine de CasaPound. Quant à sa réception, je dois dire qu'en France elle a été plus marquée qu'en Italie. Chez nous il a été beaucoup lu surtout par les militants, et du reste j'ai fait des présentations dans quasiment chaque section de CPI. Il n'y a toutefois qu'en France que ce livre a généré un véritable débat, parfois de manière assez virulente. C'est parce que votre pays a un rapport différent à la culture et aussi parce que les milieux identitaires donnent une grande importance aux discours doctrinaux.

3) Le C.N.C. : Casapound est perçu en France comme un mouvement social adossé à un projet métapolitique (radio, musique, esthétique, …). ZetaZeroAlfa et son leader, Gianluca Iannone, sont pour beaucoup dans cette impulsion initiale. Quel bilan tirez-vous de l'action culturelle du mouvement depuis son origine ?

A. S. : Je crois que l'activité culturelle de CasaPound est sans aucun doute un succès. En peu d'années nous avons organisé une centaine de conférences rien qu'à Rome (auxquelles il faut ajouter toutes celles faites dans le reste de l'Italie), et certaines d'entre elles ont occupé les premières pages des journaux nationaux. Nous avons été les premiers en Italie à recevoir et à donner la parole aux Grecs d'Aube Dorée, hélas ostracisés comme d'autres mouvements nationalistes européens. Nous avons été l'unique mouvement nationaliste en Europe à faire face – tout en restant fermes sur nos positions – à un ancien terroriste communiste comme Valerio Morucci (auteur de l'enlèvement et de l'assassinat de l'homme d'Etat démocrate chrétien Aldo Moro) ou aux associations homosexuelles. Nous avons accueilli dans notre local des parlementaires de tous les partis, des intellectuels de toutes opinions. Nous avons fait des conférences sur des auteurs surprenants comme Kerouac ou Bukowski.
En plus du mien, je renvoie aussi aux deux livres (un essai et un roman) que Domenico Di Tullio, notre avocat et ami, a dédié à CPI. Et enfin aux livres sur CasaPound, écrits par des étudiants, des sociologues, des journalistes, quasiment toujours de gauche.

4) Le C.N.C : Lors du colloque de l'Institut ILIADE, vous êtes intervenu pour vous exprimer au sujet du mont Palatin, un « haut lieu européen ». Y a-t-il pour vous d'autres lieux dans la ville de Rome où vibrent l'âme européenne et notre plus longue mémoire ?

A. S. : Étant à tout point de vue une ville sacrée, Rome est parsemée de lieux de ce type. Si l'on doit en citer un, nous pouvons parler de l'Ara Pacis, l'autel dédié à Auguste en 9 av. JC à la déesse de la Paix, originellement situé dans une zone du Champ de Mars consacrée à la célébration des victoires. Monument évocateur, aujourd'hui malheureusement mis en cage dans une horrible architecture moderne, qui démontre de façon plastique l'incapacité de notre époque à  sauvegarder son meilleur héritage. D'un point de vue profane, j'ai plaisir à rendre hommage aux quartiers entiers qui portent l'empreinte du style fasciste : de l'EUR au Forum Italique jusqu'à la Cité Universitaire.

5) Le C.N.C. : Le futurisme est une référence qui revient fréquemment dans l'univers de Casapound de même que l'esprit d'avant-garde. Comment définiriez-vous l'avant-garde culturelle pour le XXIeme siècle ?

A. S. : Il est difficile de fixer les contours exacts d'une avant-garde avant qu'elle ne prenne corps. Mais nous pouvons déterminer certaines de ses caractéristiques possibles. L'avant-garde du XXIeme siècle devra être caractérisée par une pensée forte, elle devra être en lien avec l'élémentaire, avec l'essentiel. Ce sera une pensée vitaliste et constructive. Son objectif principal sera de repenser l'identité européenne, qui ne peut plus se limiter aux seules images de Stonehenge et du Parthenon grec, elle doit dire quelque chose aux jeunes d'aujourd'hui et surtout de demain.

6) Le C.N.C. : Dans le parc du Pincio, nous pouvons admirer de nombreux bustes de personnages célèbres de l'histoire italienne et européenne, si vous deviez vous référer à un seul des personnages présents dans ce parc, lequel serait-il et pourquoi ?

A. S. : Si je dois en choisir un seul je parlerai de Nicolas Machiavel, qui est aujourd'hui dépeint comme le théoricien d'un cynisme politique à la House of Cards, alors qu'il fut en réalité un bon patriote, partisan des forces (virtù) républicaines (romaines NDT) et de l'héritage romain. Machiavel a parlé de la necessité de reconnaître l'autonomie du politique plusieurs siècles avant Carl Schmitt, et a rêvé d'une Italie libre et souveraine bien avant que notre nation trouve l'unité et l'indépendance.

7) Quels seraient pour vous les dix livres incontournables de la bibliothèques idéale de tout européen ?

Étant donné que les listes de ce type sont toujours arbitraires et dans une certaine mesure « symboliques », je vais essayer d'établir avec une liste qui reflète en quelque sorte ma sensibilité :

1) Homère, l'Iliade et l'Odyssée ; 2) Virgile, l'Enéide ; 3) Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra; 4) Martin Heidegger, L'auto-affirmation de l'université allemande ; 5) Giorgio Locchi, Wagner, Nietzsche et le mythe surhumaniste ; 6) Jean Raspail, Le camp des Saints; 7) Alain de Benoist, Comment peut-on être païen ?; 8) Filippo Tommaso Marinetti, Mafarka le futuriste ; 9) Ezra Pound, Cantos ; 10) Dominique Venner, Un Samouraï d'Occident.

Traduction : Aymeric

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