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24/09/2016

7 films à voir ou à revoir sur Cuba

Quasi toutes anciennes possessions espagnoles, rien ne prédestinait les Îles Caraïbes à bénéficier d'un tel prestige chez nos contemporains européens. Pas les meilleurs, peut-être, on le concèdera. Plus que la Jamaïque et le reggae, plus que les Bahamas et son tourisme de luxe, plus que les Îles Caïmans et son opacité financière, plus que la République Dominicaine et sa Mecque des couples fraichement mariés et bientôt divorcés, plus que toutes les autres et surtout de Haïti, Cuba est très certainement l'île bénéficiant de la plus grande sympathie. Le communisme exotique de Fidel Castro et d'Ernesto Guevara, passé à la postériorité sous le surnom du Che, y aura largement contribué. Toute l'île garde la mémoire du souvenir révolutionnaire, qu'il semble lointain néanmoins, par des milliers de fresques, il est vrai remarquables, disséminées ça-et-là sur les murs des villes et campagnes. La Havane ou le Belfast latino! Symbole de l'antiaméricanisme aux Amériques, l'île avait avant cela conquis son indépendance contre l'occupant espagnol lorsqu'éclatait la Guerre de dix ans qui démarra en 1868. Indépendance relative. Les Etats-Unis ne manquèrent pas, à leur habitude, d'intervenir dans la lutte pour l'auto-détermination de l'île pour mieux l'occuper de 1898 à 1902, puis de 1905 à 1909. Les Américains définitivement chassés au début du 20ème siècle, l'ingérence américaine ne cessa pourtant guère jusque 1934 et plus tard, plus officieusement, jusque l'arrivée au pouvoir de la guérilla castriste le 1er janvier 1959 qui déchoit le dictateur Fulgencio Batista. Très tôt reconnu diplomatiquement par les Etats-Unis, Castro demeurait l'objet de toutes les convoitises américaines, alliées à plusieurs milliers de cubains anticommunistes qui avaient pris le soin de fuir l'île. La nationalisation des avoirs étrangers est le prétexte du misérable débarquement de la Baie des Cochons du 17 au 19 avril 1961. Si l'embargo est décrété par les Etats-Unis, la première puissance mondiale renonce à toute intervention militaire quand bien même elle craint l'alignement progressif de Cuba sur le bloc soviétique. Cuba aurait d'ailleurs pu devenir un nouveau Sarajevo lorsque le dépêchement par la Russie sur l'île de trente-six missiles nucléaires, l'année suivante, faillit plonger le globe dans la Troisième Guerre mondiale. Progressivement, les relations entre Cuba et la puissance américaine se normalisent autant que le bloc de l'Est vacille et que la santé de Castro décline. Cuba, c'est aussi une série de clichés qui courent du cigare au rhum en passant par le mambo et le cha-cha-cha ou les automobiles américaines hors d'âge qui défilent dans La Havane. Bien évidemment, le cinéma cubain ou sur Cuba privilégia les bouleversements sociaux qui ne manquèrent pas de radicalement transformer la société lorsqu'elle entreprit sa mutation d'une société traditionaliste sud-américaine pour s'adapter au dogme marxiste. Mais il n'est pas aisé de s'extirper de son identité latine, quand bien même l'on souhaite contribuer à l'émergence de l'Homme nouveau. Mal connu en France, le cinéma cubain mérite pourtant que l'on s'y attarde à bien des égards. Et l'on y découvre une société attachante un peu en-dehors du temps...

 

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ADIEU CUBA

Titre original : The Lost city

Film américain d'Andy Garcia (2005)

1958 à Cuba. L'île vit sous le régime autoritaire et militaire de Batista. La contestation gronde dans les champs de canne à sucre et dans la jungle de la chaîne de montagnes orientale. Emmenées par le duo Castro et le Che, les guérilleros du Mouvement du 26 juillet se préparent à une irrésistible avancée sur la capitale havanaise. C'est justement à La Havane que Fico Fellove dirige El Tropico, le plus élégant cabaret de la ville. Soucieux de n'être impliqué dans aucun tumulte tandis que ses frères et amis se déchirent, Fellove n'entend que mener le combat de l'amour pour conquérir le cœur d'une femme. Mais en des temps aussi troublés, il n'est pas aisé d'observer la plus stricte neutralité. El Tropico va devenir, malgré son propriétaire, un lieu de toutes les passions révolutionnaires...

Acteur passé derrière la caméra pour la première fois avec cette réalisation, Garcia prend le risque de se lancer dans le projet ambitieux de la reconstitution d'une grande fresque familiale s'étendant de la fin de la dictature militaire à l'exercice du pouvoir par les rebelles communistes. Né à La Havane en 1956, Garcia ne connut son île que les cinq années qui précédèrent l'exil de toute sa famille en Floride. Pari risqué donc que son enfance meurtrie prenne le pas. Adieu Cuba sonne comme une thérapie et le cinéaste ne laisse le soin à personne d'interpréter le rôle principal. L'écriture du scénario par l'écrivain anticastriste Guillermo Cabrera Infante ne fait pas mystère d'un certain anticommunisme coloré de belles nuances dans un film dénonçant les légitimes aspirations progressistes du peuple vite trahies par la nature tyrannique du régime soutenu par Moscou. L'œuvre présente une tendre et nostalgique évocation d'un Cuba disparu auquel Garcia demeure plus fidèle qu'à Fidel. Malgré une certaine indolence et un trop grand académisme, le cinéaste y met toutes ses tripes et transforme l'essai.

 

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LES AVENTURES DE JUAN QUIN QUIN

Titre original : Aventuras de Juan Quinquín

Film cubain de Julio Garcia Espinosa (1967)

Juan Quin Quin est un ancien sacristain. Avec Jachero, les deux amis sont inséparables. Sa vie? Il la gagne en exerçant les professions les plus improbables, parmi lesquelles, enfant de chœur, clown, montreur de fauves, démonstrateur de foires, torero ou dans des combats de coq. Dans ce Cuba mené par le régime autoritaire de Batista, les deux originaux ne cessent de se heurter aux autorités policières. Alors décident-ils de rejoindre les forces révolutionnaires castristes. Loin d'être motivés uniquement par une parfaite adhésion aux thèses progressistes de la Révolution, les deux compères sont surtout séduits par l'opportunité de continuer leurs pérégrinations de saltimbanques. Quin Quin est nommé chef d'une bande de guérilleros combattant dans les montagnes. Plus anarchiques qu'anarchistes mais rétifs à toute discipline, les menées révolutionnaires de nos compères ne se révèlent guère couronnées de succès...

S'inspirant du roman Juan Quin Quin en pueblo mocho de Samuel Teijoo, Garcia Espinosa, castriste convaincu, livre un curieux western picaresque qui constitue l'un des fleurons du vieux cinéma cubain. Il est vrai que cette comédie violente offre de belles images de la ruralité cubaine. Par ailleurs, le réalisateur ne manque pas d'imagination en faisant figurer à l'écran des bulles, à la manière de la bande dessinée, dans lesquelles le spectateur lit les pensées des protagonistes. Si ces intentions sont louables, le film paraitra néanmoins confus, irrégulier et maladroit à bien des égards. On rit quand même en maintes occasions.

 

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CHALA, UNE ENFANCE CUBAINE

Titre original : Conducta

Film cubain d'Ernesto Daranas (2014)

Chala est un jeune adolescent de douze ans aussi débrouillard qu'espiègle. Elevé par une mère manquant d'amour pour sa progéniture, l'éducation est évidemment assez lâche. Chala est ainsi livré à lui-même dans La Havane de notre époque mais ne manque jamais de prendre soin de sa mère alcoolique et toxicomane. Pour rapporter quelque argent au sein du foyer, l'enfant élève des chiens de combat. Il aurait tôt fait de devenir un voyou sans le soutien que lui témoigne son institutrice sexagénaire Carmela qui veille sur toute sa classe avec la même dévotion que sur ses propres enfants. Chala a également l'âge des premiers émois amoureux. Sa camarade Yeni est l'heureuse élue. Grâce à elles, l'adolescent semble finalement gagner un droit chemin. Mais Carmela est bientôt terrassée par une crise cardiaque. Sans son ange gardien, Chala doit faire face seul aux services sociaux qui veulent l'enfermer dans une maison de correction...

Daranas livre un très intéressant métrage doté d'une incroyable énergie douce-amère et désinvolte à l'image de son jeune héros! L'énergie du film, c'est en cela que le réalisateur prend totalement le contre-pied du sombre mélodrame. Film magnifiquement servi par le duo de personnages principaux. Profitons-en pour leur tirer un coup de chapeau tant il n'est pas impossible qu'on ne les retrouve guère sur les écrans français: Armando Valdes Freire en Chala et Alina Rodriguez en l'institutrice bourrue et emplie de compassion. Au-delà de ce duo, c'est Cuba qui est le troisième personnage principal. Cuba qui ne s'en sort plus d'une Révolution agonisante oppressant l'île de sa tentaculaire bureaucratie. Cuba, le Paradis coco-latino plongé aussitôt dans la misère, ne parvenant pas à gommer les différences de classe. Aux séides du régime font face la pauvreté des cubains, l'abandon de la jeunesse et de ceux sombrés dans la marginalité. De belles images enfin... A voir !

 

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FRAISE ET CHOCOLAT

Titre original : Fresa y chocolate

Film cubain de Tomás Gutiérrez Alea et Juan Carlos Tabio (1991)

1979, Diego est un homme cultivé menant une vie de bohême dans la capitale. Diego aime profondément son île, sa culture et... les hommes. David, lui, est tout le contraire. Il est étudiant en sciences sociales et hétérosexuel fraichement désavoué en amour. Sa courtisée en a épousé un autre. Il est, en outre, adhérent aux Jeunesses communistes. A la terrasse d'un glacier, Diego et David se rencontrent par hasard. Bientôt invité par l'artiste, le révolutionnaire découvre un univers qui lui est étranger et étrange. S'ils se revoient, c'est surtout parce que David soupçonne le bohême de dissidence et est chargé de l'espionner. Petit à petit, les deux hommes vont apprendre à se connaître dans un curieux jeu de dupes. Et le militant gay ne tardera pas à tomber amoureux de son espion. Quant à David, il devine que leurs oppositions de vues ne sont pas un obstacle à une amitié naissante bien qu'il refuse plus si affinités. A plus forte raison, Nancy la prostituée voisine de Diego gagne le cœur de l'étudiant...

Inspiré de la nouvelle El Bosque, el lobo y el hombre nuevo de Senel Paz, le duo de réalisateurs livre un film dans lequel un militant gay initie un étudiant communiste aux plaisirs interdits. Nullement ceux de la chair mais bien la littérature et les arts conspués par le régime castriste. En retour, le révolutionnaire pénètre dans un univers épicurien qui remet progressivement en question l'orthodoxie de son idéal politique. Le film ne manqua pas de créer la polémique dans un Cuba oscillant entre un machisme traditionnel et une homophobie encouragée par le pouvoir qui affirme l'homosexualité comme contre-révolutionnaire dès 1965. Nul militantisme gay dans ce film ouvertement anticastriste et constituant un pamphlet contre l'intolérance, l'œuvre ne sombre pas pour autant dans la caricature mièvre et se laisse agréablement regarder.

 

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MEMOIRES DU SOUS-DEVELOPPEMENT

Titre original : Memorias del subdesarrollo

Film cubain de Tomás Gutiérrez Alea (1968)

La junte militaire de Batista vient de s'effondrer une année plus tôt à La Havane. Sergio Carmona Mendoyo voit d'un mauvais œil ce changement de régime. Sa famille d'extraction bourgeoise désormais émigrée à Miami depuis la confiscation de la totalité de leurs biens, l'intellectuel décide de ne pas quitter son île natale. L'avènement d'un régime communiste entraîne de nombreux bouleversements politiques et économiques. Sergio ne se sent décidément guère à l'aise, tiraillé qu'il est entre la dictature militaire qui ne recueillait guère ses faveurs et l'échec de la justice sociale du nouveau pouvoir qu'il a tôt fait de deviner. Peut-on être heureux à Cuba? Sergio se livre à une forte introspection et entreprend la rédaction de ses mémoires dans lesquels il passe en revue son passé et ses amours avec son ancienne femme et Elena, son nouvel amour. C'est avec cette dernière qu'il semble retrouver quelque bonheur. Mais refusant de l'épouser, Sergio se voit dénoncé aux autorités par la famille de la jeune femme...

Sergio est-il le cubain par procuration que Gutiérrez Alea aurait pu être ? Lui-même, issu d'une famille bourgeoise ayant fui l'installation de Castro? En tout cas, le roman original d'Edmundo Desnoes semble avoir été écrit pour lui. A travers le prisme de son héros, c'est l'histoire sociale de ces quelques années remuée de fond en comble qui intéresse le cinéaste qui procure à cette œuvre une remarquable mise en scène. Tourné en plein temps fort du castrisme et influencé par le néo-réalisme italien, pays dans lequel le réalisateur séjourna deux années durant, les Mémoires de Gutiérrez Alea demeurent l'un des documents sociopolitiques les plus intéressants sur le castrisme. Quasiment tombé dans l'oubli bien que considéré comme le chef-d'œuvre du cinéma cubain, le film renaît grâce à une restauration financée par... George Lucas, pourtant peu suspect de sympathie pour cette Guerre des Etoiles rouges ! Il serait dommage de bouder son plaisir et de ne pas le voir désormais.

 

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LA PREMIERE CHARGE A LA MACHETTE

Titre original : La Primera carga al machete

Film cubain de Manuel Octavio Gómez (1969)

La tension monte en ce mois d'octobre 1868 dans la province d'Oriente. La puissance espagnole ne le sait pas encore mais vient de débuter une guerre longue de dix années. Un avocat et gros propriétaire terrien, Carlos Manuel de Cespedes, est l'organisateur de la rébellion visant à bouter la domination hispanique hors de l'île. Retranchés dans la ville de Bayamo, les indépendantistes opposent une résistance héroïque aux deux colonnes expéditionnaires espagnoles dépêchées dans le sud-est de l'île par le gouverneur Francisco Lerchundi. Face à la supériorité en hommes et en armes de l'occupant, les guérilleros cubains adoptent diverses techniques d'embuscade. Pour palier le manque de fusils et de poudre, c'est bientôt à la machette que les rebelles cubains affronteront les détachements de l'armée coloniale...

La première guerre d'indépendance de Cuba est un épisode héroïque totalement méconnu en Europe. Gómez a-t-il vu La Bataille de Culloden, réalisé par Peter Watkins, cinq années plus tôt? En tout cas, le réalisateur cubain utilise avec talent l'anachronisme de la mise en scène et la caméra portée à l'épaule pour offrir une consistance plus immersive, un peu à la manière d'un film tourné par un reporter de guerre, utilisant l'interview pour mieux faire comprendre au spectateur le déroulé du combat. Cinéaste documentaire avant de passer à la fiction, Gómez maîtrise parfaitement l'art de la mise en scène historico-journalistique. A ce titre, l'interview du gouverneur soucieux de mâter toute révolte nationaliste constitue un petit bijou. Film des plus intéressants donc, notamment, de par son exotisme latino. En revanche, ceux qui auront déjà visionné le Culloden de Watkins déploreront un goût amer de copié-collé, pour ne pas dire de plagiat...

 

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RETRATO DE TERESA

Film cubain de Pastor Vega (1979)

La Havane à la fin de la décennie 1970. Teresa occupe le poste de chef d'équipe dans une entreprise textile dans laquelle elle est également déléguée syndicale et médiatrice culturelle. Rentrée du travail, c'est une autre journée qui commence avec l'intégralité des taches domestiques à accomplir, trois enfants et Ramón, un mari ombrageux qui reproche à son épouse le temps passé hors du foyer qu'il considère mal entretenu. Egoïstement, il refuse l'engagement révolutionnaire de Teresa au service du peuple. Un soir et une énième dispute conjugale, Teresa décide que les choses au sein du foyer doivent changer. Surtout, elle apprend l'infidélité de son époux. Ils se séparent et Ramón se prend en main en montant une petite entreprise. Ramón échoue dans la reconquête de son épouse, ne parvenant jamais à comprendre que les temps ont changé et qu'elle aussi veut sa part d'indépendance...

Affirmant son désir de justice et d'égalité sociale, le communisme cubain ne parvint jamais tout à fait à s'affranchir du machisme propre aux sociétés d'Amérique latine. Ainsi de Teresa plus révolutionnaire que féministe, constamment reléguée par un époux, lui, plus traditionaliste que révolutionnaire, à son rôle de femme au foyer. En démontrant l'incompatibilité de ces couples dont les vies seront désormais radicalement modifiées par la révolution triomphante, Vega livre un film empreint d'une très grande sobriété qui refuse le pamphlet. C'est un premier long-métrage réussi pour le réalisateur qui brosse une magnifique galeries de portraits, à commencer bien entendu par celui attachant de Teresa, brillamment interprété par Daisy Granados. Film malheureusement inédit en France.

Virgile / CNC

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

22/09/2016

Le destin de l'Europe s'est-il joué à Gettysburg ?

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Le destin de l'Europe s'est-il joué à Gettysburg ?

Voilà une bien curieuse question!... Comment et pourquoi l'avenir du Vieux continent aurait-il pu être radicalement transformé dans cette paisible bourgade de l'Etat de Pennsylvanie, fut-elle le lieu de la plus célèbre bataille de la Guerre de Sécession ?

Tenter d'y apporter quelque réponse ne serait que pure spéculation. Mais la question mérite d'être posée.

Le présent article n'a pas la prétention de dresser un minutieux détail de la fameuse bataille qui se déroula du 1er au 3 juillet 1863. Le lecteur intéressé se reportera aux ouvrages de Lee Kennett, de même qu'au Blanc Soleil des vaincus de Dominique Venner que les Editions Via Romana ont eu l'heureuse idée de rééditer, enrichi d'une préface d'Alain de Benoist.

Après les victoires confédérées d'Antietam, Perryville et Fredericksburg et celle de Chancellorsville en mai, Gettysburg constitue le dernier verrou de l'armée des Etats-Unis, dont une nouvelle défaite autoriserait l'enlèvement, par les troupes confédérées, des grandes cités septentrionales de Washington et Philadelphie, puis New York et Boston. Que serait devenue la Nation américaine si le drapeau confédéré avait triomphé sur le Stars 'n' Stripes ? On peut sereinement juger que l'Histoire géopolitique des Etats-Unis en eût été profondément modifiée. Et ainsi, le destin de notre Vieille Europe.

Car Gettysburg constitue une incompréhensible défaite de l'armée de Virginie du Nord, dont le commandement est assuré par le général Robert Lee, face à l'armée du Potomac, dirigée par le général George Mead. Malgré une faible infériorité numérique, la victoire semble acquise à Lee l'Invincible. C'est sans compter sur le talent tactique du général nordiste John Buford qui parvient à imposer le choix du terrain au profit des troupes Unionistes. Tournant décisif de la Guerre de Sécession, Gettysburg consacre le Stalingrad des Confédérés qui perdent une large part des territoires acquis au cours des derniers mois. La bataille fut, en outre, la plus coûteuse en vies humaines dans chaque camp.

Quelques mois plus tard, en novembre, le président Abraham Lincoln rend hommage aux combattants des deux camps dans un célèbre discours prononcé sur les lieux mêmes de l'affrontement. La guerre terminée, l'heure est à la construction du lieu de mémoire de l'un des sites majeurs de l'Histoire des Etats-Unis d'Amérique.

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Le voyageur qui se trouverait sur la côte Nord-Est des Etats-Unis aurait tort de ne pas faire un détour par cette charmante petite ville qui se situe à une heure de route de la Maison blanche. Toute la bourgade vit bien évidemment du souvenir de la bataille mais évite l'écueil de sombrer dans la "Disneylandisation". Antiquaires militaires de tous les conflits, bouquinistes et magasins souvenirs de qualité avec une prédominance nordiste, même Picsou y perdrait quelques plumes et dollars...

Voyager, c'est aussi déguster ! Si la gastronomie américaine ne mérite guère que l'on s'y attarde plus, il sera conseillé d'oser (et le verbe n'est pas trop fort) franchir la porte du Hunt's Café et commander un cheesesteak. Le regarder, c'est déjà accuser deux kilos supplémentaires sur la balance mais Dieux que c'est bon !

C'est le ventre plein qu'il vous sera permis d'effectuer les trente kilomètres du circuit remarquablement aménagé reliant l'ensemble des sites de la bataille. Et que cela est impressionnant de voir cette immense plaine de plusieurs dizaines de kilomètres carrés constellée de centaines de monuments à la gloire de chaque brigade de chaque Etat. Difficile d'accorder son attention à tous mais la vue est impressionnante.

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Gettysburg, c'est aussi le symbole d'une histoire assumée. Le grandiose monument du général Lee est le plus majestueux des centaines d'autres à la gloire des Confédérés. Contraste saisissant quand on analyse les rapports de la France à sa propre histoire et à ses Réprouvés ; le Maréchal Pétain en tête dont le nom n'est plus honoré que par le village du Moule en Guadeloupe, quand douze villes américaines lui dédient une rue ou une avenue.

Ainsi, Gettysburg serait le trait d'union d'une Nation américaine qui a parfaitement digéré sa guerre civile. Et pourtant...

La Guerre de Sécession a cessé, ça c'est sûr ?

Polémique sur le drapeau Sudiste, le Waterloo de la liberté de penser au pays d'Oncle Sam

Lorsque Obama ne tient plus la Barack, c'est toute la société multiraciste américaine qui s'enflamme. Si les tensions raciales aux Etats-Unis n'avaient jamais complètement disparu, l'accession d'Obama à la présidence en 2008 ne manqua pas de les exacerber.

Sous les feux des projecteurs, nul Ku Klux Klan moribond, ni quelque mouvement suprémaciste condamné à une existence marginale... Non ! Oussama ben Laden désormais mort et offert au tumulte des flots, c'est un drapeau sur lequel se concentrent toutes les attentions de la bien-pensance occidentale.

Identifié au Klan et au souvenir de l'esclavagisme, le drapeau sudiste, dont les onze étoiles figurent les onze Etats confédérés, est la cible de nombreuses polémiques qui traversent l'Atlantique et sont relayées jusqu'en Occident comme une actualité internationale majeure. L'Etat du Mississipi qui arbore le drapeau confédéré comme emblème officiel est montré du doigt. Idem le sénat de Caroline du Sud sur lequel flotte la bannière étoilée du Sud. On a l'actualité qu'on mérite !

Il fallait bien un incident pour asseoir définitivement la revanche des minorités sur le Sud. Le 17 juin 2015, à Charleston, en Caroline du Sud justement, Dylann Roof, âgé de 21 ans, ouvre le feu dans une église noire de la ville. La fusillade fait 9 morts et consacre la condamnation définitive du Dixie Flag.

Cité par son porte-parole Eric Schultz, Obama indique que la bannière confédérée conserve toute sa place aux Etats-Unis... dans un musée. Sous la pression, l'Etat de Caroline du Sud met son drapeau dans sa poche.

Bien loin de faiblir, les tensions grandissantes font couler le sang. Le 24 juillet 2015, à Oxford dans le Mississipi, Anthony Hervey, homme noir de 49 ans et défenseur infatigable du drapeau confédéré, voit son véhicule percuté par un autre bondé de jeunes afro-américains. L'embardée de l'automobile tue Hervey sur le coup. Cinq jours plus tard, à Columbus dans l'Ohio, trois hommes blancs sont poignardés et une femme reçoit une balle dans le cou devant leur maison qui arbore le drapeau honni. Le 15 août, à l'université d'Austin au Texas, des groupes de pression obtiennent le retrait de la statue de l'ancien Président des Etats confédérés, Jefferson Davis. Le 16 octobre, à Bradenton, en Floride, un afro-américain tire à trois reprises sur un véhicule arborant un autocollant sudiste sur le parking d'un supermarché. Le 30 décembre, le cimetière confédéré de Raleigh est profané. Les exemples pourraient être multipliés à l'infini. Curieusement, les nouvelles se noient en mer et ne parviennent pas aux rédactions françaises...

Gettysburg, un passé qui ne passe plus ?

L'essayiste Martin Peltier a récemment trouvé 20 bonnes raisons d'être anti-américain. La Nation, passée maître dans l'art de la subversion en vue d'asservir le reste du globe, conservait quelques traits séduisants pour qui a traîné ses guêtres au pied des gratte-ciels d'Oncle Sam et autour des majestueuses maisons coloniales d'Oncle Ben's. Son travail de mutilation quasiment achevé, les Etats-Unis semblent bien déterminés à se saborder eux-mêmes dans leur démente vision eschatologique judéo-protestante.

Et les espoirs que place la frange réactionnaire et droitarde européenne dans la candidature du new yorkais Donald Trump semblent bercés des illusions d'une Europe incapacitante dans le choix de son avenir qui se joua autant sur la verte plaine de Gettysburg que chaque jour sur notre Vieux continent.

Donald Trump, on dirait le Sud... Mais le temps dure longtemps...

Virgile / CNC

Texte paru à l'origine dans Livr'arbitres #20 (site; notre revue de presse ici)

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

 

20/09/2016

Regard sur l'Actu #31: L'Europe saignée par l'oligarchie et les migrants

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Regard sur l'Actu #31:

L'Europe saignée par l'oligarchie et les migrants

Le divorce entre les peuples d'Europe et leurs dirigeants est une réalité bien connue. L'actualité ne fait encore une fois que le confirmer.

Les "migrants" encore et toujours

Les mois passent et l'invasion de l'Europe par les pseudo-migrants continue de plus belle. Qui s'en étonnera ? Seuls les idiots pouvaient penser que ceux qui l'ont promue allaient reculer. L'oligarchie mondialiste n'abandonnera jamais son dessein profond: la destruction de l'Europe comme puissance et celle de ses peuples. Ecoutez-les! Il faut en accueillir toujours davantage mais surtout les répartir le plus largement possible afin que plus aucun endroit de ce continent ne soit épargné. Le pape François vient d'ailleurs (encore une fois) de se poser en champion des migrants, lui qui, exemplaire, va héberger au sein du Vatican deux familles! Son dernier appel est sans équivoque :

"Que chaque paroisse, chaque communauté religieuse, chaque monastère, chaque sanctuaire d'Europe accueille une famille"

Oligarchie catholique et oligarchie mondialiste main dans la main pour nous détruire; nous avons l'habitude. Le financier apatride Georges Soros, qui nous voue une haine rabique comme chacun sait, vient encore de débloquer 500 millions de dollars pour les "besoins spécifiques des migrants, des réfugiés et des communautés d'accueil". "Je vais investir dans des start-up, des sociétés établies, des initiatives sociales et des activités fondées par les migrants et les réfugiés eux-mêmes" explique ce grand ami de l'humanité (qui cherche en outre d'autres investisseurs dans son projet afin d'accélérer notre déclin).

Heureusement, les faits sont têtus et l'opinion publique européenne n'est pas entièrement dupe de la situation. Cologne ou Calais sont deux noms qui parlent bien plus qu'un long discours. De plus, on n'en finit pas de découvrir l'ampleur de la manipulation que le Système a ourdie. Dernier exemple que j'ai relevé : de pauvres migrants qui ont quitté leur pays d'origine à cause des inhumaines persécutions qu'ils y subissaient y retournent pourtant... pour y passer leurs vacances ! On vient en Europe se poser en victime (ça marche toujours!), profiter du pognon (normal, on y obtient tout!) tout en retournant de temps à autre au soleil. La vie est belle.

« Selon une enquête de l'hebdomadaire allemand Die Welt am Sonntag, des réfugiés enregistrés en Allemagne, et à ce titre bénéficiaires d'allocations, feraient de courts séjours dans leurs pays d'origine. On note parmi ces destinations la Syrie, l'Irak et l'Afghanistan. Autant de pays dont certains ressortissants obtiennent le statut de réfugié en Occident compte tenu des dangers et des persécutions dont ils pourraient être victimes en y vivant. »

Pour contrer l'invasion, les initiatives fourmillent de plus en plus. De simples citoyens ou associations (à l'image du LiEn ou de l’association des maires « ma commune sans migrants » présidée par Steeve Briois) font un utile travail local pour saper le projet mondialiste; à un niveau supérieur, ce sont les pays d'Europe de l'Est qui, au sein de l'UE, tentent de combattre la marée humaine de pseudo-réfugiés. La Bulgarie, soutenue par la Hongrie, va ainsi bientôt doter sa frontière avec la Turquie d'une clôture de barbelés de 259 kilomètres! Victor Orban le dit clairement : c'est là que se joue « l'avenir de l'Europe » et non à Bruxelles !

 

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La Scandinavie trahie par ses élites

L'avenir de l'Europe ne semble pas non plus se jouer en Scandinavie... à en juger de la sombre situation d'un pays comme la Suède, dictature multiculturelle encore pire que ce que nous connaissons en Europe de l'ouest. Je reprends ce qu'en dit le site breizatao:

« Ce laboratoire à ciel ouvert a absorbé jusqu’à la dernière goutte le poison de la psychopathie gauchiste: ethno-masochisme, féminisme pro-musulman, athéisme nihiliste, invasion migratoire du tiers-monde, etc. L’élite au pouvoir dans ce pays est lancée dans la destruction totale de la Suède comme nation historique. »

En témoigne ce clip issu d'une organisation caritative alliée au gouvernement afin de tuer la Suède à petit feu. On y voit « la nouvelle société » dans toute sa splendeur tolérante et ethnodestructrice.


En Norvège ? C'est le roi qui prend la direction des opérations pour liquider son pays et son héritage. Face à un gouvernement conservateur qui a pris des mesures afin de lutter contre le flot migratoire, Harald V a déclaré combien il les aimait, lui, les migrants et les étrangers (et les homosexuels!):

«Les Norvégiens sont aussi des immigrés originaires de l'Afghanistan, du Pakistan, de la Pologne, de la Suède, de la Somalie et de la Syrie», a martelé le roi, avant d'ajouter, laissant peu d'ambiguïté quant à son parti-pris en faveur de l'ouverture du pays aux migrants : «Notre "chez-soi" est là où notre cœur est. Il ne peut pas toujours se situer à l'intérieur des frontières d'un pays.»

Plus globalement, le suzerain a affirmé que les Norvégiens étaient notamment «des femmes qui aiment les femmes, des hommes qui aiment les hommes», mais aussi des personnes qui «croient en Dieu, en Allah, en tout et en rien».

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Les animaux à la rescousse !

La seule barrière à l'installation des hordes de réfugiés serait-elle la défense de l'environnement ? Enfin, tout dépend de quel environnement l'on parle... A Steinfort, paisible bourgade du Luxembourg peuplée de 5000 âmes, doit se construire un village d'accueil pour migrants depuis quelques mois... mais, horreur !, des chauve-souris intolérantes (et en plus protégées!) vivent sur l'emplacement de ce futur Calais luxembourgeois ! Une association locale a ainsi réussi à faire retarder les travaux en demandant une étude environnementale afin de protéger les chauve-souris qui, il est vrai, sont chez elles!

Restons chez nos amis les volatiles et écartons-nous de notre sujet de base en évoquant cette belle initiative qui nous vient des Pays-Bas. Pour lutter contre le fléau représenté par les drones, la police néerlandaise a choisi une méthode archéofuturiste : les aigles! « Les animaux seront appelés à la rescousse quand les drones poseront un danger pour la population, lors d'un événement particulier, comme une visite d'État, ou s'ils volent trop près d'un aéroport. » Il serait stupide de ne pas les utiliser  car « les aigles voient les drones comme des proies et l'interceptent en vol avant d'aller se poser là où ils se sentent en sécurité, le drone toujours entre leurs serres »... Une centaine de policiers va être entraînée au maniement de l'oiseau impérial et des pays comme la France ou l'Allemagne seraient déjà intéressés pour imiter cette idée novatrice.

La France toujours au top !

Je ne pouvais pas terminer cet article sans évoquer la grandeur de notre pays par le biais de François Hollande. Celui-ci, détesté et raillé par toute la France (et une bonne partie du monde), n'en souffre pas le moins du monde dès qu'il est jugé par ses pairs. En effet, la fondation américaine Appeal of Conscience lui a décerné le titre d' «homme mondial de l'année» et a loué « son leadership dans la sauvegarde de la démocratie et de la liberté dans un moment d'attaques terroristes et pour sa contribution à la stabilité et à la sécurité mondiales ». Traduisons. L'oligarchie le félicite pour avoir été un infatigable agent de l'anti-France et un serviteur zélé du projet mondialiste et droit-de-l'-hommiste. Mais, que savons-nous de cette fondation qui le décore de si belle manière ? Appeal of Conscience a été:

« Fondée en 1965 par le rabbin Arthur Schneier, survivant de la Shoah et rabbin de la Park East Synagogue de New York, la fondation Appeal of conscience promeut "la paix, la tolérance, et la résolution des conflits ethniques". »

On comprend mieux.

Rüdiger / C.N.C.

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14/09/2016

Chronique de livre : Alexandre Mendel "La France Djihadiste"

 

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Alexandre Mendel, La France Djihadiste

(Editions RING, 2016)

 

Impossible d'échapper à l'actualité, ou plus exactement à la réalité, en ce qui fut la période estivale de 2016. Après l'attentat du 14 juillet, il n'y eut quasiment pas un seul jour en Europe sans une attaque ou un attentat... L'Allemagne et la France commençaient à payer lourdement le prix d'une immigration-invasion de masse qui, en plus de nous remplacer, apporte avec elle l'islamisation de notre continent (des rayons halals dans les supermarchés aux terroristes islamiques en passant par le « fameux » burkini). Tout ceci n'est cependant qu'un début, et ce n'est pas La France Djihadiste d'Alexandre Mendel qui nous contredira…

Alexandre Mendel est journaliste, sa plume, il l'a notamment exercée dans Valeurs Actuelles. Sa spécialité est le travail de terrain, ce qu'on a coutume d'appeler le journalisme d'investigation. Etant donné le sujet abordé ici c'est un réel plus, bien que l’entreprise soit risquée. Ce dernier s'est d'abord intéressé aux départs pour la Syrie et son vivier français, la ville de Lunel dans l’Hérault. Sans doute, ses attaches régionales et familiales y sont pour quelque chose.... Au fur et à mesure de ses recherches se dessine un portrait sans concessions, mais réaliste, d'une France que certains ne veulent tout simplement pas voir (ou n'en soupçonnent qu'à peine l'existence).

Alors, quelle est-elle cette France djihadiste ? A première vue, et sans minimiser la dangerosité des célèbres « déséquilibrés », elle ne se compose pas de moudjahidines féroces, n’en déplaise aux « néo-croisés ». En effet, il ne faut pas regarder du côté du prophète – dans tout ce qu’il a de belliqueux – mais plutôt du côté de la CAF et du CCAS du coin. Cas-sociaux, petits trafiquants ré-islamisés et paumés constituent le gros des départs pour la Syrie. Leur point commun ? Etre, pour la grande majorité, des enfants d’immigrés. Profils de déracinés nourris à l’occidentalisme plus qu’avec les versets du Coran, ces joyeux drilles rendent désormais la monnaie de leur pièce à tous ces bisounours droit-de-l’hommiste qui les ont traités en victimes pendant tant d’années… Ce n’est donc pas tant le coran qui est à l’origine des nombreuses conversions à l’islam radical -et aux départs pour la Syrie- mais plutôt le monde moderne. Déracinement identitaire, manque de verticalité et crise du sens ont fait beaucoup de mal. Sur ce dernier sujet, ce sont souvent des imams autoproclamés ou des organismes politico-religieux comme les Frères Musulmans qui l’exploitent, voire parfois des services de renseignements…

La France Djihadiste mérite d’être lu et médité. C’est une enquête très bien ficelée qui, au final, dresse un bilan plutôt inquiétant du rapport entre la France et l’islam radical. Car ce n’est pas tellement le message des prêches ou même les attentats qui, en soi, sont préoccupants ; c'est avant tout l’ampleur du phénomène, le nombre de candidats au Djihad, de terroristes, de loups solitaires etc. Mais est-ce si surprenant quand on sait que les gouvernements successifs ont laissé s’installer des enclaves ethnico-religieuses, ces fameuses No go-zones, si bien que l’on peut dorénavant parler d’un maillage territorial conséquent ? Et puis qu’en est-il de tous les musulmans qui ne se reconnaissent ni dans l’islam radical, ni dans les « valeurs de la République » ? Où étaient-ils lors des manifestations pour Charlie Hebdo ? Sont-ils descendus dans la rue après le 13 novembre ? Poser la question c’est déjà y répondre et, dans la perspective d’une « guerre civile » ethnico-religieuse, un tel silence est pesant. Mais dans un pays (de) soumis, est-ce si surprenant ?

Donatien / C.N.C.

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10/09/2016

7 films à voir ou à revoir sur le Gestaporn

Le premier, Wilhelm Reich, médecin psychanalyste autrichien, avait, dès 1933 dans son ouvrage La Psychologie de masse du fascisme, établi un lien entre les fascismes et la sexualisation du désir organique insatisfait des masses, faisant tendre ces dernières vers l'autoritarisme. Aussi, Reich écrivait-il que "Le désir inconscient de bonheur sexuel et de pureté sexuelle, s'ajoutant à la peur simultanée de la sexualité normale et à l'horreur de la sexualité perverse, ont résultat l'antisémitisme sadique fasciste. " Alors frigides, frustrées, coincées que ces dizaines de millions d'hommes et de femmes qui épousèrent les théories de l'Homme nouveau ? Déjà peu débattues dans les années 1930, les théories de Reich sombrent bientôt dans l'oubli. Remilitarisation de la Rhénanie, rapprochement de l'Allemagne et de l'Italie, constitution d'un bloc contre les forces de l'Axe, poursuite de la percée japonaise en Mandchourie, le conflit mondial se profile inévitablement dont la Guerre d'Espagne constitue le hors-d'œuvre. 1945, le monde panse ses plaies béantes et l'heure n'est plus aux discussions frivoles... 1976, un film sorti sur les écrans fait l'effet d'une bombe. Pier Paolo Pasolini vient de commettre son chef-d'œuvre, Salò ou les 120 journées de Sodome. Epousant partiellement les vues de Reich, Pasolini entend dénoncer le fascisme italien par la mise en image de sévices et tortures psychologiques et sexuels dont le régime abusait secrètement selon le génial cinéaste. Nombre de réalisateurs érotiques italiens, au talent plus modeste que ceux-là, flairent la juteuse rentabilité et se lancent dans la réalisation de films pour adultes alliant sexe, violence et fascisme. Le Gestaporn est né ! Plus connu sous le nom de Nazisploitation, ce sous-genre du cinéma érotique va connaître ses heures de gloire de 1976 à 1978. Certains réalisateurs s'étaient bien essayés au genre dès les années 1960 mais sans parvenir à créer une mode cinématographique. Ainsi de Werner Klingler, dès 1961, avec Les Fiancées d'Hitler, mais encore Lee Frost en 1969 avec Love Camp 7 et Ilsa, la louve des S.S. de Don Edmonds qui devance Salò de quelques mois. En tout, un peu plus d'une vingtaine de films, majoritairement produits par la société Eurociné en Italie, France et aux Etats-Unis, dans lesquels le national-socialisme sert surtout de prétexte à la présentation d'irréprochables poitrines en même temps que les réalisateurs rivalisent pour montrer au spectateur voyeur les scènes de tortures les plus obscènes. Films à petit budget, il n'était pas rare que plusieurs réalisations soient tournées en même temps afin que soient mieux supportés les coûteux frais de location d'uniformes et engins militaires. Lorsque les mêmes acteurs jouent des rôles similaires dans plusieurs films produits simultanément, il n'est guère étonnant que les cinéastes se soient parfois emmêlés les bobines. Et lorsque ces films ressortaient sur les écrans quelques mois plus tard sous un autre nom, là, c'est au tour du spectateur de s'emmêler les pellicules. Il n'est pas rare qu'un spectateur achète un billet pour un film déjà visionné quelques mois plus tôt! Voilà qui apprendra à celui soucieux de tendre à l'exhaustivité du genre. Bien évidemment, d'aucuns ne manquèrent pas de considérer l'érotisme nazi comme moralement douteux, et ce, au sein même du monde du cinéma B, pourtant avare de commentaires sur le mauvais goût... De là à considérer que les cinéastes de Gestaporn aient voulu faire l'apologie des régimes fascistes, il y a un grand pas de l'oie... Certains Etats refusent d'ailleurs toujours la distribution de ces films. Il est certain que le Gestaporn ne ravira pas les nostalgiques et doit être regardé comme un objet de curiosité...

 

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BORDEL S.S.

Film français de José Bénazéraf (1978)

A Paris pendant l'Occupation, une maison de tolérance de haute tenue devient le lieu de débauche de prédilection d'officiers S.S. Les prostituées entendent bien jouer un rôle supérieur au simple écartement de cuisses. Usant de la confidence sur l'oreiller, les filles renseignent secrètement la Résistance. La situation devient désespérée sur le front de l'Est tandis que les craintes de l'ouverture d'un nouveau front après un débarquement allié se précisent. Les sujets d'indiscrétion ne manquent pas. Wilhem est l'un de ces soldats parmi les plus imprudents et fidèles de la maison. Epris de la belle Amélia, la fille de joie mène le jeune officier également par le bout du nez. Wilhem devine bien que sa galante dame répète aux ennemis du Reich ses confessions. Mais il est amoureux...

Brigitte Lahaie, alors brune, dans un rôle, évidemment déshabillé et à l'aube de sa carrière dans ce moyen métrage réalisé par l'un des pontes du film pornographique français. Le film ne tomba pas dans l'oubli grâce à la future carrière de la star du X français des décennies 1970 et 1980 bien qu'elle ne tienne pas encore le haut de l'affiche. Evidemment, les dialogues sont rares et les scènes explicites sont privilégiées. La réalisation de Bénazéraf réserve néanmoins quelques passages intéressants notamment dans la structuration psychologique étonnamment mesurée des personnages masculins. Des efforts sont également consentis à la mise en scène et au déroulement de l'intrigue. Cela est plutôt rare pour ce type cinématographique. La bande son est également satisfaisante. A réserver aux amateurs avertis du genre...

 

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LE CAMP DES FILLES PERDUES

Titre original : Lager SSadis Kastrat Kommandantur

Film italien de Sergio Garrone (1976)

Retenues dans un camp de prisonniers à la fin de la Seconde Guerre mondiale, des jolies jeunes femmes subissent d'ignobles sévices. Tandis que certaines sont destinées à devenir prostituées ou génitrices d'enfants aryens, d'autres sont vouées à toutes sortes d'expériences. Le commandant du camp et colonel S.S. von Kleiben fut jadis castré par une jeune fille qu'il venait de violer. Cherchant à se faire greffer un nouveau sexe, Kleiben sélectionne ceux de ses plus beaux officiers. Soucieux de s'assurer de la valeur sexuelle du membre, le commandant teste les éventuels donneurs sur les prisonnières qui, de plus en plus nombreuses, emplissent le camp....

Egalement sorti sous le titre Horreurs nazies mais encore Sadisme S.S. L'évocation des camps de concentration dans lesquels les prisonnières servent d'esclaves sexuelles ou sont l'objet d'expérimentations terrifiantes dont on peine à comprendre la finalité sont des thèmes phares du genre. S'il s'agissait de condamner les exactions nazies tel que Garrone s'en targue, la dénonciation est bien mince et s'efface rapidement devant le spectacle dénudé et lubrique. Le réalisateur satisfait surtout la volonté voyeuriste du spectateur. Et le film ne recule devant aucun plan sanglant et sexuel dès les premières minutes. L'histoire est invraisemblable mais évidemment, là n'était pas l'objectif. Pas très original, on devine un film avec un budget famélique réalisé à la va-vite.

 

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LA DERNIERE ORGIE DU TROISIEME REICH

Titre original : L'Ultima orgia del Terzo Reich

Film italien de Cesare Canevari (1976)

Un homme au volant de son véhicule écoute à la radio le déroulement d'un procès pour crime de guerre. C'est dans les ruines d'un camp concentrationnaire qu'il retrouve une femme. Ils font l'amour. Flash-back. Lisa est une jolie jeune femme blonde. Mais parce qu'elle est juive, Lisa Cohen est envoyée dans un camp de concentration dirigé d'une main de fer par le commandant S.S. Conrad von Starker. La prisonnière, responsable de l'extermination de l'ensemble de sa famille, se résigne à sa propre mort. Contre toute attente, Starker tombe éperdument amoureux de la jeune juive et se refuse à assister à la mort prématurée de Lisa. Au moins pour quelques temps. Car le sadique Starker entend bien tuer à petit feu, en la torturant tant physiquement que psychologiquement, la jeune femme qui semble endurer la souffrance au-delà de tout entendement...

Bourreaux S.S., Des Filles pour le bourreau, La Séquestrée des S.S., faites votre choix ! Et encore, nous ne les citerons pas tous. Canevari prend le pari de compliquer l'intrigue en racontant l'histoire de Lisa en flash-back. Reprenant les codes du mythique Portier de nuit de Liliana Cavani, Canevari joue la carte de l'immoralité jusqu'au bout. Le couple qui s'unit dans le camp en ruines est bien sûr l'ancien commandant et la prisonnière juive qui témoignera d'ailleurs en faveur de son bourreau au tribunal et lui fera éviter la condamnation à mort. Suggérant plus qu'il ne montre, la réalisation comporte quelques séquences d'anthologie alliant sadomasochisme, anthropophagie, torture, infanticide, scatophagie et autres. Beaucoup d'autres... D'un érotisme moindre et plus sombre et froid que les autres films de Gestaporn, le scénario peut exprimer une intrigue mieux ficelée. La mise en scène et le jeu des acteurs sont également soignés. Louables intentions qui ne parviennent pas à masquer de lourdes faiblesse et une forte platitude.

 

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ELSA FRAULEIN S.S.

Film français de Patrice Rhomm (1976)

L'année 1943, les troupes du Reich ont le moral au plus bas. Afin de revigorer ses officiers supérieurs, Adolf Hitler, conseillé par le Major Müller, entreprend d'envoyer sur le front un train pourvu d'armes particulières. Point de mitrailleuses ou de pièces d'artillerie mais de jolies jeunes femmes destinées au repos des guerriers. La colonel S.S. Elsa Ackermann est la commandante du convoi et poursuit, en réalité, une toute autre mission. Dans son train truffé de micros, la Fraulein S.S. s'assure de la vigueur combattante des officiers en plus de les satisfaire sexuellement. Ceux qui manifestent quelque lassitude ou sentiment défaitiste et complotiste sont éliminés inexorablement. Tandis que le train s'apprête à pénétrer le territoire français, la Résistance entend détruire le convoi à tout prix. Liselotte Richter, l'une des filles de joie, renseigne d'ailleurs les rebelles. De la traitresse tombe amoureux Franz Holbach, interprète du convoi d'origine alsacienne et ancien amant d'Elsa. Revenu du front soviétique, Franz n'est guère plus le national-socialiste convaincu qu'il fut...

Huis clos ferroviaire opposant une maquerelle national-socialiste fanatique à son ancien amant revenu de son idéal en même temps que de l'horreur du front. Erotisme et violence font bon ménage à l'aide d'un scénario relativement travaillé, en tout cas bien plus que dans les autres films de Nazisploitation. Il n'évite pourtant pas les lourdeurs et longueurs. On regrettera presque qu'il s'agisse d'un film érotique tant l'idée scénaristique est séduisante. Les scènes dénudées, pourtant moins nombreuses, nuisent bien évidemment à une parfaite exploration du scénario. Certains considéreront que Rhomm défend malgré lui une certaine vision apologétique et jusqu'au-boutiste du national-socialisme. Elsa Fraulein reprend le même thème que Train spécial pour Hitler d'Alain Payet, en tournage simultanément, et auquel il est infiniment supérieur. Quelques risibles incohérences néanmoins inhérentes au genre. Charmantes en revanche que Patrizia Longo et Malisa Longo en Elsa Fraulein qui fait passer l'envie de rester accroché aux Porte Mantaux...

 

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ILSA, LA LOUVE DES S.S.

Titre original : Ilsa, she wolf of the SS

Film américain de Don Edmonds (1975)

Lentement mais inexorablement, la défaite du Reich se dessine. L'officier S.S. Ilsa est la diabolique gardienne d'un camp de concentration mixte isolé dans la campagne allemande. Ilsa sélectionne impitoyablement les dernières arrivées. Certaines travailleront jusqu'à l'épuisement fatal. Pour les autres, ne souffrant aucune pitié, elle soumet ses détenues aux expériences pseudo-médicales les plus ignobles. Son objectif ? Démontrer scientifiquement que les femmes supportent la douleur plus facilement que le sexe opposé. Sur tous les fronts, les armées allemandes refluent tandis que les renforts manquent cruellement. En démontrant la puissance d'endurance des femmes en matière de souffrances, rien ne devrait s'opposer à ce qu'elles prennent aussi le chemin de la première ligne de front pour sauver le Reich. Les hommes ne sont pas logés à meilleure enseigne. Sont ainsi émasculés ceux incapables de satisfaire les pulsions et fantasmes de la Louve...

Après Elsa, Ilsa endosse l'uniforme de la S.S. sadique et brutale qui prend un malin plaisir à torturer et exercer sa domination sexuelle. Anti-Emmanuelle, elles figurent de curieuse représentations d'un univers tortionnaire pourtant largement masculin. Certainement, est-on autorisé de penser qu'Ilsa tire son prénom d'Ilse Koch, célèbre pour sa cruauté, et épouse de Karl Koch, premier commandant du camp de Buchenwald. En revendiquant les honneurs de la guerre pour les femmes, Ilsa fait même montre d'un certain féminisme et demeure partisane de la guerre totale chère à Joseph Goebbels. Preuve, s'il en est besoin, de la maigreur des budgets consentis à ces réalisations, les décors d'Ilsa sont ceux utilisés par un soldat allemand peu prompt à émoustiller notre louve en la personne de Papa Schulz... Bref, on rit plus que nous ne sommes effrayés ou choqués. Il est le premier film d'une tétralogie au sein de laquelle même le grand Jésus Franco s'est compromis.

 

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NATHALIE DANS L'ENFER NAZI

Film français d'Alain Payet (1977)

En pleine Seconde Guerre mondiale, un officier allemand est assassiné par des partisans dans un village soviétique et tous les habitants arrêtés en représailles. Parmi eux, Nathalie Baksova est une jeune médecin ukrainienne antifasciste. La Résistance parvient à intriguer en favorisant son transfert à la forteresse de Stillberg en Pologne et lui confier une mission de la plus haute importance. La jeune femme est chargée, par son chef Vassili, d'y retrouver la trace d'une espionne anglaise prénommée Ingrid Vassering. Détenue à la forteresse qui tient lieu de bordel, Nathalie subit les avances de Helga Horst, la directrice des lieux, aussi tyrannique que sadique. C'est au contraire dans les bras du bel officier allemand Erik Müller que Nathalie s'abandonne. La Résistance, elle, prépare l'offensive finale pour s'emparer du château. Avec l'aide de Müller, Nathalie doit veiller à se préserver de la tyrannie de Helga...

Egalement sorti sous le titre Nathalie rescapée de l'enfer. La forteresse place l'intrigue, enfin l'intrigue..., dans un conte de Roméo et Juliette transposé en plein camp de concentration avec la jolie et vaillante princesse antifasciste Nathalie confrontée à une vilaine sorcière nazie et sauvée par le prince charmant nazi Müller. D'un érotisme soft, d'une violence également atténuée par rapport aux productions transalpines, la réalisation de Payet reprend tous les codes du genre et tous les poncifs aussi. C'est kitsch au possible et parfois réussi. Affirmons néanmoins qu'il s'agit là de l'un des meilleurs du genre. La scène d'ouverture qui figure des combats entre soldats allemands et partisans soviétiques a au moins le mérite de recueillir le minimum de crédibilité nécessaire. Et on y retrouve Patrizia Gori !

 

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SALON KITTY

Film franco-italo-allemand de Tinto Brass (1976)

La Seconde Guerre mondiale embrase l'Europe depuis quelques mois. Les autorités du Reich manifestent le souhait de gérer intégralement le Salon de Madame Kitty, le plus cossu des bordels berlinois. Plus que satisfaire la libido des dignitaires fréquentant les lieux, les services de sécurité du régime voient une excellente occasion d'espionner ambassadeurs étrangers, financiers, hommes d'affaires et autres officiers allemands succombant aux charmes des plantureuses teutonnes. Chargé de diriger secrètement le salon, Helmut Wallenberg, capitaine S.S. arriviste, s'emploie à sélectionner les plus jolies filles convaincues de la grandeur du national-socialisme. Les prostituées militantes remplissent leur mission à la perfection et la surveillance est couronnée de succès. En tombant amoureuse d'un officier de la Luftwaffe hostile au Führer, Margharita se compromet. Sa trahison rejaillit sur toutes les autres filles...

Réalisateur de films à petit budget jusqu'alors, Brass prend une toute autre envergure lorsque sort son Kitty, deux ans avant son chef-d'œuvre Caligula. Pasolini est entre temps passé par-là... Long-métrage bénéficiant de moyens conséquents, Brass reconstitue à la perfection le décor du Berlin des années 1940. Excellant dans la démesure dépravatrice, Brass offre une hallucinante scène de partouze à but pédagogique et militant mais n'en disons rien de plus. Maîtrisant sa mise en scène et un goût certain pour le décorum, Brass fut suspecté de se vouloir un héritier décadent de Leni Riefenstahl par une certaine bien-pensance outrée de tant de provocation. Accusation bien entendu à tort. Dominant tout le casting, Helmut Berger est impeccable dans son rôle d'officier parvenu. D'un érotisme assez osé et battant en brèche tous les tabous, l'on apprend que le sexe mène aussi à la trahison. Ce salon sent le souffre! Le fleuron du genre malgré quelques longueurs dans sa deuxième partie.

Virgile / C.N.C.

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07/09/2016

Chronique de livre: Greg Johnson "Le Nationalisme Blanc, interrogations et définitions"

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Greg Johnson, Le Nationalisme Blanc, interrogations et définitions

(Akribéia, 2016)

Y a-t-il une Amérique que nous pourrions aimer ? La réponse est oui. L’Amérique profonde, héritière de la culture sudiste (dans ce qu’elle a donné de meilleur bien sûr). L’Amérique du deuxième amendement de la Constitution évidemment, celle qui garantit à tout citoyen américain de pouvoir porter des armes. Certains films, certaines séries valent le détour, et que dire du rock n’roll ! Politiquement, les choses se gâtent nettement. Certes le phénomène Trump risque de rabattre les cartes mais qu’en est-il des sphères néo-droitières et identitaires (« ethnonationalistes » dirait-on chez les anglo-saxons) ? Loin des clichés à la American History X, des gens sérieux tel que Greg Johnson travaillent sans relâche à la défense d’une vision du monde que nous partageons de part et d’autre de l’océan atlantique.

Greg Johnson est le responsable des éditions Counter-currents et du site du même nom. Titulaire d’un doctorat en philosophie, il a à son actif plusieurs ouvrages tels que Confessions of a Reluctant Hater (2010), Truth, Justice & a Nice White Country (2016) ou encore New Right versus Old Right & Other Essays, traduit sous le titre Le Nationalisme Blanc, interrogations et définitions et édité par les éditions Akribeia. Le présent recueil a pour but de : « promouvoir une « nouvelle-droite américaine, que je [l’auteur] conçois comme un mouvement plus particulièrement métapolitique, visant à poser les fondements intellectuels et culturels d’une vraie politique nationaliste blanche en Amérique du Nord, afin que nous puissions finalement établir un foyer ou des foyers blanc(s) sur ce continent ». Le terme de « nouvelle-droite » n’est évidemment pas anodin car Johnson est fortement influencé par la Nouvelle Droite française, Alain de Benoist et Guillaume Faye en tête. Viennent s’ajouter des influences plus « classiques » telles Julius Evola, René Guénon, Savitri Devi, Aristote et des compatriotes comme Kevin MacDonald ou William Pierce.

La défense de la race blanche est au cœur de la démarche de l’auteur dont le leitmotiv tient en une phrase : « Notre nation est notre race ». Greg Johnson croit que la préservation de notre race – ici sur le continent nord-américain – est une cause acceptable car foncièrement morale. C’est un argument, ou plutôt un angle d’approche, assez original pour nous autres européens (de France). On peut retrouver ce genre d’argument dans la critique qu’émet Arthur Kemp, auteur de Bâtir le foyer blanc, lorsque ce dernier affirme dans son livre Qu'est ce que l’Ethnonationalisme (chroniqué ici) que le racisme est une faute morale. Un autre sujet au cœur du recueil de Johnson est le développement d’un mouvement métapolitique, cette fameuse « Nouvelle-Droite Américaine », dont le but serait la formation d’une communauté où les meilleurs éléments auraient pour fonction de faire pencher l’opinion du côté du nationalisme blanc. Si Greg Johnson se positionne le plus souvent pour quelque chose, il n’hésite pas à se positionner contre. Ainsi il ne faut pas s’étonner de le voir critiquer une certaine communauté organisée très influente aux Etats-Unis, à l’instar de la France d’ailleurs. Parmi les essais figurant dans ce recueil, certains traitent de l’héritage pesant d’Adolf Hitler et du régime national-socialiste, et bien sûr, de la sacro-sainte Shoa. Sont évoqués également les rapports entre élitisme et populisme, la figure de Carl Schmitt, etc. Mais le plus intéressant reste cette autocritique sans concessions du milieu « ethnonationaliste » blanc américain. Johnson tape là où ça fait mal : « […] les troubles de la personnalité comme le narcissisme et les maladies mentales comme la dépression et la bipolarité sont surreprésentés dans nos rangs. […] je souhaite simplement observer que même si le nationalisme blanc est, en théorie, anti-égalitaire et élitiste, en pratique les nationalistes blancs ont tendance à ménager et même à promouvoir des individus qui sont mentalement et physiquement déficients et malsains ». A bons entendeurs…

Le Nationalisme Blanc, interrogations et définitions est l’une de ces lectures qui, sans être vraiment révolutionnaire par son contenu, demeure plaisante, tout en ayant le mérite de rappeler certains fondamentaux. Il faut, bien entendu, garder à l’esprit que cet essai s’adresse à la base à un public nord-américain. Néanmoins, les luttes contre l’Europe de Merkel d’un côté et contre les Etats-Unis d’Obama de l’autre sont sensiblement les mêmes. Nous avons donc, nous « ethnonationalistes » nord-américains et européens, à apprendre de nos expériences communes.

Donatien / C.N.C.

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