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06/01/2016

Dernière parution des éditions du Rubicon : Claude Huet "Etat des lieux, la vérité sur le monde de la rue"

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SDF pendant 10 ans, Claude Huet est un rescapé du monde impitoyable de la rue. Il jette sur celui-ci un regard sans complaisance, fait de témoignages et d'anecdotes aussi tristes que révoltants.
Mais bien plus encore, cet essai est le fruit d'analyses et de réflexions personnelles d'un homme qui connaît son sujet.
Sans se soucier du qu'en dira-t-on, il expose crûment la sordide réalité de la vie des SDF, leurs sentiments, leurs peurs, leurs difficultés au quotidien. Il souligne les nombreux dysfonctionnements et le mépris au sein des structures censées venir en aide aux plus démunis, ainsi que l'inaction coupable de nos dirigeants. Loin des institutions, à partir de sa connaissance de la psychologie des sans-abris, Claude émet de nombreuses propositions dont l'application serait d'utilité publique et aiderait nos SDF à s'en sortir.
 
Une partie des bénéfices des ventes de ce livre ira à l'association de Claude Huet, SOS Sans-Abris.

127 pages

Prix : 13,90€ (frais de port inclus)

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04/01/2016

Acca Larenzia (Rome, 07.01)

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Journée de la Fierté Parisienne (09/01/16)

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22/12/2015

Sortie TRACE Bretagne: Randonnée dans le Val de Loire (17.01)

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03/12/2015

Traduction française du compte-rendu de Mikael Skillt du septième édition du colloque « Idées identitaires » de Stockholm (07/11/2015)

Septième édition du colloque « Idées identitaires », Stockholm, 7 novembre 2015.
Compte-rendu du Suédois Mikael Skillt, ancien sniper et instructeur du bataillon « Azov »,  représentant de son « Corps Civil ».

Mikael Skillt.jpgPour la septième reprise, le colloque « Idées identitaires » s’est tenu à Stockholm.

Cette année, l’accent était mis sur la crise migratoire et le retour des vraies forces de droite.

Ce 7 novembre, de nombreuses personnes venues de l’Europe entière se sont retrouvées dans une salle en plein centre de Stockholm pour écouter un vaste panel de conférenciers politiques.

À mes yeux, deux des plus intéressants étaient le Letton Ravis Zeltits et le Français Guillaume Faye qui sont connus pour tenir respectivement des positions pro-Ukrainiennes et pro-Russes.

Le meeting a commencé en retard, aussi ai je pu rencontrer mon compatriote Daniel Friberg et converser avec lui de son avis sur le conflit russo-ukrainien et de son nouveau livre, « The Real Right returns ».

Il m’a expliqué qu’il serait erroné de réduire son positionnement à un point de vue strictement « pro-Russe » ou « pro-Ukrainien », étant donné qu’il se considère avant tout comme « pro-Européen » et qu’il appréhende positivement toute force qui soutient l’idéal d’une Europe libre et indépendante, libérée du libéralisme destructeur et du globalisme impérialiste qui tentent actuellement de prendre le contrôle de tous les pays de notre continent. Comme il n’avait pas trop de temps, nous n’avons pas pu approfondir et décidé de remettre ça à plus tard. Nous avons aussi touché un mot de son livre récemment publié chez Arktos, « The Real Right returns », un livre que j’espère bientôt traduit en ukrainien, qui explique comment les tenants de la gauche font la guerre, dans le cadre de la société moderne, pour nous imposer leur propre agenda libéral socialiste. Mais le livre de Friberg ne doit pas être seulement considéré comme un guide théorique de décryptage des tactiques de la gauche, mais aussi comme un manuel pour les contrecarrer concrètement.

Après cette discussion est venu le temps de s’asseoir et d’écouter les interventions.

La première fut celle de Daniel Friberg qui a inauguré les réjouissances pour sa première prestation en public. Il avait le tract et je peux parfaitement le comprendre. Mais la force de ses convictions lui a permis de surmonter ça. Il a parlé de la crise migratoire et de la manière dont les migrants sont utilisés comme une force contre l’Europe. Pour rendre ça plus clair, il a montré au public un film qui décrivait les comportements des migrants qui cherchent à rentrer en Europe. La violence de ces soi-disant « réfugiés » ne pouvait laisser planer aucun doute sur les horreurs qui attendent l’Europe si rien ne change. Mais Friberg n’est pas un prêcheur d’apocalypse, aussi nous a-t-il rassuré sur le fait que le combat contre le système peut se révéler victorieux et qu’il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour qu’il en soit ainsi, au prix de sa vie si nécessaire. Il a achevé son allocution avec une phrase puissamment symbolique que la plupart des nationalistes ukrainiens pourront comprendre après avoir combattu sur la ligne de front : « Que l’hydromel coule à flot au Valhalla, parce que j’en aurai besoin si j’échoue ici bas ».

Après la forte prestation de Friberg est venu un personnage qui suscitait particulièrement mon intérêt, le pro-Russe Guillaume Faye. Son propos recouvrait le même sujet que l’intervenant précédent. Pour parler sans détour, je dois admettre que ma première impression de Faye fut celle d’avoir affaire à un dingue : ses gestes étaient excessifs et le ton employé me dressait le tableau d’un vieil homme passablement dérangé. Il parla d’une Europe apocalyptique où nous cesserions d’exister à cause de politiciens empreints de haine d’eux-mêmes, désignant de fait ceux qui ont la détestation de leur propre héritage. Son long exposé le conduisit à revenir à plusieurs reprises sur les causes du libéralisme et de l’immigration de masse. La réponse de Faye consistait en une maladie mentale qualifiée d’ « ethno-masochisme ». Après avoir parlé du présent, il revint en arrière dans le temps et montra que l’on pourrait contrer ce phénomène, ce qui l’amena à l’avenir et à la solution, celle d’un nouvel état et d’une collaboration entre pays, une solution appelée « Eurosibérie ». La raison pour laquelle il ne soutenait pas le projet « Eurasie » réside dans le fait que ce dernier incorpore l’héritage de la Horde d’Or. Pour Faye, le principal sauveur des Européens ne pouvait être que la Russie. De plus, selon lui, non seulement l’Europe, mais aussi l’Amérique du Nord ne pourraient assurer leur salut qu’en se joignant à la Russie, en tant que gardienne d’une ancienne culture et d’un vieil héritage. Et c’est à ce moment que j’ai cessé de porter attention au discours de cet homme, que l’âge avait visiblement fini par rendre dément. L’exposé s’acheva par quelques questions, et l’une d’entre elles demandait si Faye soutenait les actions de Poutine dans le monde entier. La réponse fut d’une clarté cristalline : « Je soutiens Poutine pour la plupart de ses actions ». Cette réponse ne me fit plus douter que j’avais tout simplement affaire à un pro-Russe stipendié de plus. Cela devint même plus clair après les conférences, quand après s’être enivré, il se mit à insulter tout le monde, y compris des organisateurs de l’événement.

Après la pause vint le moment pour le peintre talentueux Markus Andersson de prendre la parole sur la manière dont le libéralisme déploie son agenda sur la scène artistique en assurant le replacement de nos valeurs traditionnelles européennes.
L’exposé ne fut pas très long, mais très intéressant dans nombre de ses aspects, en particulier pour moi en tant qu’Européen qui vit en Ukraine, dans la mesure où je peux clairement mesurer les différences lorsqu’elles se présentent à moi.
J’espère inviter Markus en Ukraine pour parler davantage sur le sujet dans la mesure où le pays possède une scène très vivante dans laquelle l’histoire et la culture cosaques connaissent un regain d’attention et de faveur. Le point principal sur lequel il attira l’attention était que les libéraux propulsaient l’art perverti dans les demeures à la mode les plus réputées pour l’instituer en norme, et, de ce fait, en expulser les peintres traditionnels, ne leur laissant d’autre choix que de produire à leur tour un art compatible avec l’agenda des libéraux, ce qui revient à tuer les valeurs traditionnelles en Europe. Nous pouvons clairement constater que ce processus a bien démarré en Europe, une tendance dont personne ne veut être témoin en Ukraine.

Le conférencier suivant, Björn Herstad,
Aborda le thème de la lutte contre le monde moderne d’un point de vue chrétien. Pour lui, le combat se mène d’abord en soi en faisant siennes les valeurs chrétiennes et en vivant en communion avec Dieu. Mais, même pour des païens, cet exposé contenait des points valables comme le fait de se débarrasser soi-même de ses « péchés » et de ses comportements obsessionnels, ce que je ne peux que pleinement soutenir en tant que nationaliste et païen.

Ensuite, ce fut le tour d’un inconnu pour moi, Lars Holger Holm, dont la personnalité attira mon attention alors qu’il entrait en scène. Son allocution était basée sur son livre « Bitch State » qui narre une histoire satirique au sujet de l’état féministe de Suède. Il offrit une radiographie intéressante de la scène féministe dans laquelle de respectables politiciens et lobbyistes font tout ce qui est possible pour ruiner notre histoire européenne et mettre toutes les erreurs commises sur le dos des hommes en tant que dirigeants des nations. Lors de son propos, il eut l’occasion de lancer quelques petites piques remarquées à la Russie et cela devint plus évident plus tard lorsque Holger acclama le discours de Raivis Zeltits avec moult applaudissements et clameurs. Ce fut surtout un exposé enlevé et distrayant qui provoqua de nombreux rires malgré le sérieux de son sujet ayant trait à la féminisation de l’Occident.

À ce moment, j’étais plutôt fatigué d’écouter toutes les interventions, mais c’était désormais au tour de celui que je ne pouvais supporter de manquer.
Ravis Zeltits s’est révélé être un jeune et brillant politicien, un activiste nationaliste et un des opposants les plus résolus aux pro-Russes en Lettonie. Il a, lui aussi, mis l’accent sur la crise migratoire, mais avec un détour. Il a commencé avec la Nouvelle Europe, une Europe plongée dans le chaos où rien n’est semblable à ce que nous avons eu l’habitude de connaître. Prenant en compte les agresseurs tout autour de nous, la Russie à l’est et les pays concernés au Moyen-Orient, il en est venu à dire comment nous devions transformer nos mouvements pour survivre à ces défis sans perdre notre identité en tant qu’Européens et comment nos organisations doivent chercher des alliés loyaux, à l’heure où les cartes géopolitiques sont en train d’être redistribuées, à la fois sur les champs de bataille et dans les parlements. Puis Ravis est allé plus loin avec le voisin agressif qu’est la Russie et a noté que les Lettons considèrent le nationalisme ukrainien comme un phare à suivre dans les âges sombres.
Il m’a semblé que le public de ces conférences était grosso modo divisé en moitié pro-Russe et moitié pro-Ukrainien, après avoir entendu deux personnes soutenant deux camps opposés dans le conflit russo-ukrainien, ce qui est un peu plus en faveur de l’Ukraine que je ne l’aurais espéré. Après que Raivis ait regagné son siège juste devant le mien, je me suis présenté à lui brièvement alors que le dernier intervenant était sur le point de se présenter. Nous avons décidé de discuter davantage après le dernier exposé.

Celui-ci fut prononcé par John B. Morgan, directeur des éditions « Arktos » et il a parlé de cette maison d’édition dont il a assuré le développement depuis ses débuts. Il a commencé par réagir aux bobards propagandistes distillés contre « Arktos » qui s’efforcent tour à tour de la faire passer pour communiste, libérale, pro-Russe ou sioniste. John a rendu parfaitement clair qu’il n’en était rien, qu’il était seulement question d’une maison d’édition intéressée à publier des ouvrages destinés à contrer le système libéral globalisé. Ainsi, il a déclaré ne pas refuser de publier un auteur l’ayant contacté et se situant dans cette perspective. John nous a donné un aperçu unique de la manière dont « Arktos » est passée d’une affaire locale à une entreprise multinationale qui possède des bureaux dans plusieurs pays et est désormais contactée par des partis conservateurs provenant de différentes parties du continent européen.

À l’issue de ces interventions, tous furent libres de faire connaissance et de se féliciter. Et je dois dire que j’ai rencontré de nombreux participants qui avaient entendu parler de la lutte de l’Ukraine contre l’agression russe et la soutenaient, ce qui m’a réellement surpris dans la mesure où beaucoup de nationalistes convaincus en Scandinavie soutiennent pleinement la Russie et considèrent l’Ukraine comme une contrée libérale sans intérêt.
Ici, j’ai remarqué quelque chose de différent, et de nombreux contacts positifs ont été pris pour l’avenir. J’ai revu Raivis Zeltits. Nous nous sommes assis et avons devisé pendant près de deux heures, à propos de la guerre en Ukraine, des pro-Russes en Lettonie et de la nécessité de la coopération entre organisations. Nous avons décidé d’inaugurer une coopération entre la sienne en Lettonie et les nôtres en Ukraine. Nous avons dû nous séparer et nous dire au revoir. Raivis m’a demandé de transmettre ses plus vifs encouragements aux courageux nationalistes qui combattent pour la liberté de l’Ukraine, ce que j’ai promis de faire le sourire aux lèvres.
Au moment où je rédige ce compte-rendu, il me tarde d’assister à une prochaine conférence politique en Europe, pour avoir l’occasion de contrer la propagande de l’Occident, de l’Est et de la gauche libérale.

Mikael Skillt

(traduit de l’Anglais par Pascal Lassalle pour le CNC)

Article original : http://reconquista-europe.tumblr.com/post/134262068586/id...

Site des éditions « Arktos » : http://www.arktos.com/

Site de Daniel Friberg et John B. Morgan où l’on peut notamment visionner des vidéos des interventions : https://www.righton.net/

16/11/2015

Du côté des nationalistes russes pro-ukrainiens et anti-Poutine…

Du côté des nationalistes russes pro-ukrainiens et anti-Poutine…

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Le 11 octobre dernier s’est tenue à Kyiv une conférence inaugurale de l’organisation nationaliste Russe « Centre Russe ».

Cette toute nouvelle structure regroupe plusieurs douzaines d’émigrés politiques qui ont dû fuir la répression dans leur pays et qui combattent dorénavant l’agression initiée par Vladimir Poutine dans l’est de l’Ukraine.

Le simple fait que cette organisation nationaliste russe ait été créée à Kyiv, main dans la main avec les nationalistes Ukrainiens, constitue en soi un signal politique fort.

Au moment même où le régime de Poutine fomente une guerre fratricide à l’est et que les ploutocrates capitalistes se servent de l’Ukraine pour marchander avec les anciens agents du KGB en Occident, nous,les ethno-nationalistes blancs, avons choisi la troisième voie – celle de la coopération et de la solidarité nationale.

L’événement a débuté dans la salle de l’hôtel de ville et s’est poursuivit dans la plus grande salle de conférence du pays, celle de l’agence de presse UNIAN.

Les organisateurs ont porté un soin particulier à la symbolique utilisée pour cette première rencontre.

Ainsi les participants ne pouvaient pas ne pas remarquer la présence des drapeaux russe et ukrainien dans la salle qui accueillait l ‘événement.

L’ouverture de la cérémonie se fit au son de l’hymne national Ukrainien mais aussi avec la « Chanson patriotique » de Mikhaïl Glinka, qui fut l’hymne national russe de 1991 à 2000, après quoi il fut remplacé par le vieil hymne soviétique lors de l’avènement de Poutine à la présidence.

Mis à part la présence des drapeaux nationaux, les auditeurs de la conférence purent également observer le logo créé pour cette nouvelle organisation : un drapeau à fond bleu orné d’une épée et d’un cercle, tous deux de couleur blanche.

ua5.jpgLes racines de ce symbole antibolchevique sont vieilles d’un siècle car ce dernier fut utilisé durant les années trente par les militants de l’organisation « Idée Blanche » fondée par un officier tsariste des gardes blancs, Viktor Larionov. L’objectif principal de cet « Idée Blanche » était alors de libérer la Russie de la tyrannie bolchevique.

Au cours de la conférence de presse qui suivit, les fondateurs du « Centre Russe » ont souligné que l’organisation poursuivrait des objectifs à la fois d’ordre local et général.

Les objectifs locaux se concentreront sur l’aide légale à fournir aux réfugiés politiques russes qui ont dû fuir les persécutions dans leur pays, mais également au soutien à apporter aux volontaires russes engagés dans les rangs des formations armées ukrainiennes. Malgré sa désignation, le « Centre Russe » est, bien entendu, prêt à apporter son aide, non seulement aux volontaires Russes, mais aussi aux Bélarussiens et tous autres volontaires européens se battant du côté Ukrainien.

En ce qui concerne les buts plus généraux, le « Centre Russe » mettra en œuvre toute l’aide possible à destination de l’opposition politique en Russie, tâchera de renforcer son influence parmi la population russe et de préparer le terrain pour de futurs projets d’actions et de manifestations au sein même de la Fédération de Russie.

Cela fait presque un siècle que le peuple ethnique russe ne possède pas sa propre patrie. Les Russes, dépouillés de leur terre natale après la révolution bolchevique de 1917, n’ont pu reprendre leur pays à la fin des années 90, lorsque Poutine – un héritier direct du système soviétique- est arrivé au pouvoir.

Le désir de revanche et de reconquête de leur pays amena les volontaires russes à se battre contre la bête rouge en de multiples occasions au cours vingtième siècle et ce dans plusieurs partis d’Europe, notamment en France, en Pologne et en Serbie. Dans l’Espagne du général Franco victorieux, les Russes représentaient une brigade entière au sein des forces armées nationalistes. Au cours de la Seconde guerre mondiale, les volontaires russes représentaient la majorité des volontaires étrangers engagés dans la Wehrmacht. La création de l’armée de libération russe (ROA) du général Vlassov fut le moyen d’expression du peuple russe quant à sa volonté de reconquérir sa terre natale. Aujourd’hui, soixante-dix ans après, les Russes créent, à nouveau et toujours depuis l’étranger, des organisations d’opposition visant à reconquérir leur terre et certains d’entre eux ont bravé la répression du régime pour défiler lors de la récente « Marche Russe » du 4 novembre dernier à Moscou avec des banderoles appelant à la fin de la guerre fratricide en Ukraine.

Rencontre avec un de ces Russes qui se battent pour l’Ukraine, Artiom « Essenine ».

ua2.jpg« Je crois que je ne pourrai jamais retourner chez moi », déclare Artiom Chirobokov, tête baissée, alors qu’il parcourt le sol poussiéreux de Ukraine orientale.

« Le régime de Poutine sait que je suis ici. Ils connaissent mon nom. » Cela fait plus d’un an que Chirobokov, originaire de Samara dans le sud de la Russie, participe à la guerre qui fait rage en Ukraine de l’est.

Ce nationaliste russe, tout juste âgé de vingt-et-un ans, a pris les armes au sein du bataillon Azov, une unité de volontaires pro-ukrainienne et ultra nationaliste qui combat les forces séparatistes dans l’est du pays.

« Dès le commencement de ma vie d’adulte, j’ai considéré le régime de Poutine comme un régime anti-russe, un régime qui va à l’encontre du peuple » explique Artiom dans ce qui fut sa maison pendant un an, c’est à dire l’une des casernes d’Azov, située à Marioupol.

Il parle à voix basse, son regard fatigué tranche avec son apparente jeunesse. Il arbore sur son bras gauche un tatouage en noir et blanc représentant un squelette. Celui-ci est orné de quelques mots de son auteur favori, Serguei Essénine, un poète lyrique Russe du vingtième siècle. « Il fut un grand Russe » dit-il, pendant qu’il montre le tracé du dessin avec son doigt. Artiom avait essayé auparavant de rejoindre des organisations anti-Poutine dans sa ville natale mais sans succès : ils n’en existait tout simplement pas. « En Russie il est quasiment impossible de devenir un vrai activiste et d’exprimer son opposition au régime» se plaint-il, « c’est pourquoi j’ai senti que je devais aller en Ukraine. »

L’endroit où se tient maintenant Artiom était à l’origine un complexe touristique, désormais transformé en caserne improvisée, qui avait appartenu à l’ancien président Viktor Ianoukovytch. Ce dernier avait été évincé du pouvoir lors de la dernière phase des manifestations de la place Maidan qui eurent lieu en février 2014 et s’était enfui en Russie. L’endroit est à présent méconnaissable.

Concernant les convictions politiques défendues par Artiom, tout ce qu’il l’intéresse est la chute du gouvernement de Poutine. De par sa citoyenneté Russe il n’a pu rejoindre l’armée Ukrainienne, celle-ci n'acceptant alors uniquement que ses nationaux ; il décida par conséquent de rejoindre une unité composée de volontaires. La majorité des volontaires qui croisèrent sa route venaient de l’est du pays, là où le Russe, sa langue maternelle, est couramment employé contrairement à l’Ukrainien. Pour lui, rejoindre le bataillon Azov était un choix naturel.

Il se met à rire lorsqu’on lui demande ce que cela fait de combattre des volontaires russes du camp adverse. « Les Russes qui combattent au côté des séparatistes ne sont pas vraiment Russes ; ce sont en fait des vatniks (terme dépréciatif pour désigner l’ « homo sovieticus », NDT) à la mentalité bien soviétique. Je n’ai pas l’impression de me battre contre les miens » affirme-t-il.

Les parents d’Artiom sont morts peu de temps après son arrivé en Ukraine. Dorénavant, la seule personne de sa famille à résider en Russie est sa grand-mère. « Elle a une mentalité de vatnik. Des types des services secrets se sont fendus d’une petite visite, histoire de la questionner à mon sujet », indique-t-il, « du coup elle me suspecte de faire des choses illégales. »

Comme il ne craint plus pour la vie de ses parents, Artiom se sent désormais capable de parler librement de ses activités en Ukraine.

ua3.jpgCependant, il doit admettre qu’il est inquiet. Le gouvernement Ukrainien s’active à réduire le pouvoir des bataillons de volontaires, à l’image du régiment « Azov », en intégrant ces hommes dans l’armée régulière. S’il n’acquiert pas la citoyenneté Ukrainienne, il craint d’être renvoyé en Russie et de subir indubitablement des persécutions de la part du gouvernement russe. « Je veux devenir citoyen ukrainien, j’en ai besoin, mais le gouvernement semble y faire obstacle » explique-t-il, son visage enfantin affichant un regard triste. « Ils n’arrêtent pas de me dire tout va bien, tu es le bienvenu ici , mais rien ne se passe. Pourtant je risque ma vie pour ce pays en étant au front. Je risque ma vie en combattant, et maintenant après tout ce que j’ai fait, la seule chose que je demande est que la citoyenneté ukrainienne me soit accordée. J’en ai besoin. »

Le 17 octobre dernier, il avait manifesté avec nombre de ses frères d’armes, russes ou bélarussiens notamment, devant l’Administration présidentielle à Kyiv pour rappeler au gouvernement sa promesse d’octroyer la nationalité ukrainienne aux ressortissants étrangers qui versent leur sang pour la défense du sol sacré de la patrie et une alternative aux systèmes oligarchiques toujours en place dans leurs patries d’origine et d’adoption.

Cinq jours plus tard, lors d’une cérémonie nocturne au décorum renvoyant à la droujina slavo-varègue de la Rou’s Médiévale, il avait rendu hommage aux combattants d’Azov morts au champ d’honneur, avec ses camarades du régiment.

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Olena Semenyaka (avec le concours de Donatien Bleugée et Pascal Lassalle pour l’adaptation et la traduction).

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

N.B. : Programmée avant les attentats du vendredi 13 novembre, nous avons décidé de maintenir la publication de cette information ce lundi. Nous reviendrons ultérieurement sur l'actualité française récente.