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01/01/2015

Bonne année 2015 !

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Fondé le 28 octobre 2011 par quelques camarades, le Cercle Non Conforme a réellement débuté ses activités au mois de mars 2012. Nous avons achevé en 2014 notre troisième année complète.

Celle-ci fut particulièrement intense. Nous avons entre autres activités organisé une conférence par trimestre. En début d'année nous recevions Jean-Claude Rolinat sur l'Afrique du sud et Nelson Mandela, puis en avril, à la suite d'une manifestation, nous organisions une soirée de solidarité européenne avec les camarades de l'association culturelle Zenit (Rome/Belgique). En juin, Robert Steuckers venait présenter ses dernières recherches sur la révolution conservatrice allemande et, en novembre, nous co-organisions la venue de Laurent Ozon, responsable du Mouvement pour la Remigration. Nous avons aussi participé à de nombreuses initiatives et publié un grand nombre d'articles. En cette fin d'année, nous enregistrons les meilleurs chiffres de consultation de notre blog depuis son ouverture.

Cela n'aurait pas été possible sans la détermination de nos militants et de tous nos contributeurs extérieurs, tous bénévoles, et sans le soutien de tous ceux qui nous ont relayé, soutenus et bien sûr sans votre fidélité.

En 2014, un certain nombre de nouveautés sont apparues comme les regards sur l'actu ou les articles de réflexion sur l'écologie. Nous avons également poursuivi le travail entamé précédemment : analyse politique, critique sociale, chroniques, réflexions militantes et entrevues. Nous remercions particulièrement tous ceux qui ont répondu à nos entrevues, Pierre Antoine du cercle des Non-Alignés, Famine de Peste Noire, Vincent Vauclin de la Dissidence Française ou Andreas d'Aube Dorée. Nous avons également accrus nos liens avec nos camarades européens : belges, italiens, grecs et chypriotes et participé à la deuxième journée familiale et militante de Nieppe dont le Mouvement d'Action Sociale était co-organisateur.

En 2014, nous avons également célébré le premier anniversaire du sacrifice rituel de Dominique Venner. Nous étions présents à Paris pour assister à ce très bel hommage et aux discours de Bernard Lugan, de Javier Portella, de Carlommano Adinolfi, d'Alain de Benoist et de Philippe Conrad qui auront marqué l'assemblée. Nous prenons part également à l'Institut Iliade, que nous soutenons et dont nous allons relayer les activités et les réflexions. Nous avons également couvert le procès de Varg Vikernes, le 3 juin, conformément à ce nous vous annoncions.

Cette année a également été marquée par des débats houleux au sujet de la crise russo-ukrainienne, débats auxquels nous avons participé avec modération sur le blog mais qui nous auront permis d'affirmer une ligne radicale et populaire d'avant-garde à l'instar des camarades de Zentropa. Nous pensons néanmoins que les passions sont mauvaises conseillères et le Cercle Non Conforme a, sur tous les sujets, de Dieudonné à Zemmour, en passant par la crise ukrainienne, le Front National ou le barrage de Sivens, adopté une distance critique, pas toujours comprise, mais qui est notre marque de fabrique. Nous formons avec l'émission de radio Méridien Zéro un duo de plus en plus complémentaire.

Loin des passions juvéniles, des calculs politiques et du dogmatisme, le Cercle Non Conforme continue de suivre sa voie. Notre phare continuera à apporter un éclairage et nous vous espérons encore plus nombreux sur le blog mais aussi, et surtout, à nos conférences !

Bonne année 2015 !

A l'abordage, et pas de quartier !

Le Cercle Non Conforme

Tableau: Joseph Vernet, Un Port au clair de lune, 1787

Cette œuvre de Joseph Vernet (1714-1789), peintre français, représente le port de Naples. En 1753, sous le règne de Louis XV, Joseph Vernet est chargé de peindre un grand nombre de ports français parmi lesquels Bordeaux, Marseille ou La Rochelle. Par la suite il exécutera un grand nombre de tableaux, dans une veine plus romantique, représentant entre autre des ports européens sous la tempête ou sous un clair de lune. C'est dans ce cadre qu'il peint le port de Naples en 1787. Joseph Vernet est considéré comme un des plus grand peintre du monde maritime et offre de solides sources pour l'histoire maritime par ses représentations de ports, de bateaux et de phares. Le C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

 

27/11/2014

Chronique d'exposition: Exposition saint Louis - Paris

Exposition saint Louis – 8 octobre – 11 janvier 2014

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La Conciergerie, Paris

Organisée conjointement par les Monuments Nationaux, le musée du Louvre et la BNF à l’occasion du 800ème anniversaire de la naissance du roi Louis IX, l’exposition sobrement intitulée « Saint Louis » qui se tient à la Conciergerie jusqu’au 11 janvier s’articule autour de trois thèmes majeurs : l’image du souverain à travers les siècles, qui invite à faire la part des choses entre le roi et sa légende ; l’exercice du pouvoir royal et l’association entre royauté et religion ; la floraison artistique, enfin, qui caractérise la période du règne de Louis IX.

L’exposition s’ouvre sur une série de toiles du XIXe siècle, période pendant laquelle la popularité de saint Louis est très importante. Les épisodes réels ou romancés de son règne permettent tour à tour d’exalter la souveraineté monarchique ou l’idéal républicain. À l’image d’Épinal du souverain idéal rendant la justice sous le chêne de Vincennes fait pendant une très émouvante série d’artefacts contemporains, tels que cette chemise de lin, encore maculée par endroits de taches du sang de Louis IX – on se souvient de ce que le terme de « discipline » pouvait revêtir de réalité sensible lorsqu’il était formulé par un confesseur attitré – ou cette série de manuscrits enluminés, parmi lesquels on peut admirer le psautier dans lequel Blanche de Castille apprit à son fils à lire.

La deuxième partie de l’exposition est consacrée aux images symboliques qui reflètent le pouvoir royal. On y retrouve des enluminures présentant le rite capétien du couronnement, quelques somptueux plats de reliure d’évangéliaires, dont l’iconographie peut être rapprochée du combat que le roi mène en Terre sainte, ou encore ce bas-reliefs où l’on associe le roi à un personnage biblique : c’est en effet probablement sous les traits de Louis IX qu’apparaît le plus jeune des rois mages sur un fragment sculpté du jubé – aujourd’hui détruit – de la cathédrale de Chartres. Fait particulièrement appréciable, l’exposition permet aussi de contempler quelques-uns des plus beaux ivoires sculptés du XIIIe siècle, ainsi que des fragments de vitraux que l’on n’a décidément pas souvent l’occasion de pouvoir admirer d’aussi près.

Les derniers espaces de l’exposition sont consacrés au développement des arts figurés au cours du XIIIe siècle. La tendance est au raffinement, à l’élégance et même à une certaine forme de dépouillement, de façon assez paradoxale d’ailleurs si l’on songe à la somptuosité des matériaux employés - cuivre ou argent doré pour les châsses et plats de reliures, émaux champlevés, ivoires, etc. L’une des principales forces de cette dernière partie de l’exposition, à mon sens, est d’avoir su mettre en lumière les connexions entre la création artistique et les courants de pensée qui s’affirment à l’époque. Ainsi l’influence de l’ordre franciscain est-elle sensible dans la redécouverte des formes du monde et de la nature, comme l’atteste l’attention particulière portée à l’anatomie d’un marmouset en pierre sculpté, ou du groupe de la Descente de croix en ivoire du musée du Louvre, dont la délicatesse du traitement et la grâce infinie ne cesseront jamais de nous émouvoir.

Ne manquez surtout pas de coupler votre visite de la Conciergerie avec celle de la Sainte-Chapelle, cet écrin merveilleux que fit bâtir saint Louis pour accueillir les reliques de la Passion, vendues par l’empereur de Constantinople Baudouin II au très pieux souverain. Si l’intérieur de l’édifice, défiguré par les destructions et restaurations successives, ne présente guère d’intérêt, l’incroyable ensemble de vitraux de la chapelle haute de cet édifice, fraîchement restauré, mérite, lui, toute votre attention. Que vous soyez féru d’art médiéval ou simplement curieux d’en savoir davantage sur l’un des plus importants souverains de la dynastie capétienne, cette exposition édifiante, au contenu très varié et didactique, aura certainement de quoi vous séduire.

Lydéric

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

http://www.monuments-nationaux.fr/fr/actualites/a-la-une/bdd/actu/1764/exposition-saint-louis/

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Richard Fleury, 1808, La déférence de saint Louis pour sa mère, Arenenberg, musée Napoléon

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Psautier dit de saint Louis, fin XIIe siècle, Leyde, bibliothèque de l'université

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Reliure du premier évangéliaire de la Sainte-Chapelle

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Descente de croix c. 1260-1280, ivoire, Paris, musée du Louvre

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Sainte-Chapelle, chapelle haute

18/11/2014

Les corsaires de Méridien Zéro!

Travail réalisé par Di Ane (qui répondra prochainement à une de nos entrevues).

29/09/2014

Les Nanas et l'art dégénéré

La France est un pays où l’Art compterait et serait apprécié à sa juste valeur. Pensez… L’exposition « Moi, Auguste, empereur de Rome » au Grand Palais, a réalisé à peine 100 000 entrées. Mais on espère bien que l’exposition Niki de Saint Phalle, pour laquelle Le Figaro Magazine s’enthousiasme vivement dans son numéro du weekend dernier, fera bien plus ! Le Grand Palais a été réquisitionné pour l’occasion ! Quand on aime, on ne compte pas et ce, même dans la France « en crise » !

Il faut dire que Niki de Saint Phalle rentre parfaitement dans les canons de l’Art officiel, elle qui était une cosmopolite fanatique.  La rétrospective qui lui est consacrée vous permettra de découvrir 200 des « œuvres », enfin des créations, de cette boulimique de l’art poubelle qui en a réalisé des milliers… Malheureusement, deux de ses « œuvres » phares : son Arche de Noé et son Golem que l’on trouve à Jérusalem ne pouvaient être déplacés pour l’occasion ! Mais vous pourrez vous délecter de ses « nanas » !

Voyez ci-dessous certaines des perles de cette « féministe radicale mais aussi activiste antipatriarcale » (victime d’inceste durant sa jeunesse) qui « créait comme on manifeste » pour reprendre Le Figaro Magazine qui tombe en pâmoison devant ces « sculptures extraordinaires, colorées » aux « personnages fantastiques ».

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Une véritable ôde à la féminité…

 

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Le transport sécurisé d’une seule de ces horreurs peut aller jusqu’à 100 000 euros !

 

Inutile de faire le critique d’art à la con. Y a rien à dire. Ce sont juste des sculptures pourries réalisées par une femme dont l’esprit était tout sauf sain. Oser nous dire que cela rend hommage à la féminité est quand même d’un culot éhonté ! Ça rend plutôt hommage à la pâte à sel de maternelle à la sauce maladie mentale, oui ! Qui oserait dire que cela est artistique ?

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Honnêtement... la Joconde ne fait pas le poids!

 

L’art d’une société et d’une époque en dit beaucoup sur celles-ci, sur leurs valeurs, leurs manières de se voir et de se concevoir. L’art officiel que le système promeut et impose rejette tout ce qui fait que l’Art est Art. Point de beauté, de transcendance, d’harmonie, d’équilibre ou de grandeur ! Non ! A la place, vous avez la laideur, la déformation, les tares, le délire d’esprits malades et déracinés dont toute création serait artistique pour la simple et bonne raison que c’est de la « création ». Hop ! Finis les Praxitèle, Titien ou Breker qui plaçaient leurs œuvres sous le signe de la perfection ! Place à Chagall, Oppenheim et Shelomo Selinger ! Un changement qui n’est pas qu’artistique, vous en conviendrez avec moi...

Et pendant ce temps, la BNF (Bibliothèque Nationale de France) lance une souscription publique, oui, vous avez bien lu, afin qu’elle puisse acquérir un manuscrit royal datant de la renaissance : Description des douze Césars avec leurs figures (détails ici)! On fait appel à vous car la BNF n'aurait pas les moyens de payer... Et pour cause ! En France, le blé injecté dans la "culture" est majoritairement utilisé pour subventionner des expositions d'art dégénéré du genre de celle de Niki de Saint Phalle, des artistes exotiques ou des associations de gauchistes illuminés. De nombreux châteaux menacent ruine et "on" a déjà vendu une bonne partie du patrimoine du pays, les églises y passant même ! Donc franchement, acheter un manuscrit datant de l'époque barbare où il n'y avait ni télés ni Iphones, faut pas déconner! La culture française officielle est bien à l’image de la société d’aujourd’hui et des calamiteux personnages qui se sont souvent succédés en tant que ministres de leur culture : bobos hallucinés ou/et dégénérés aux mœurs sexuelles infamantes.

Rüdiger / C.N.C

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13/03/2014

Kostas Mavrakis, Pour l’Art. Eclipse et renouveau

Kostas Mavrakis, Pour l’Art. Eclipse et renouveau

http://www.librairietequi.com/I-Grande-6629-pour-l-art-eclipse-et-renouveau.aspx

Malgré des nom et prénom assez peu communs et que l'on aurait tôt fait d'oublier, Kostas Mavrakis gagne à être connu pour cette étude sur l’Art et surtout sur ce qu’il appelle le « Non-Art ».

 

Peintre à ses heures, l'auteur est docteur ès philosophie et arts plastiques, et maître de conférences. Il a enseigné par le passé à Paris VIII, dans le département de philosophie. En somme, c’est un intellectuel et un plasticien qui a le mérite d'avoir vogué des deux côté de la barrière : dans la pratique (avec la peinture (d'ailleurs la couverture de ce livre est de lui)) et dans la théorie.

 

Laissons d’abord l’introduction de cet article au septième de couverture de l’ouvrage, qui définit clairement ce qu’est (ou plutôt n’est pas) le « non-art » :

 

« L’art contemporain n’est ni art ni contemporain. Ce syntagme fait occuper la place de l’art tout court par le non-art. Une rhétorique habile est déployée pour présenter comme arriéré ou réactionnaire quiconque ne s’en laisse pas conter car les intérêts à ménager sont considérables. Comment et pourquoi s’est accomplie cette résistible ascension de la barbarie ? Le joug que celle-ci exerce ne peut être secoué en murmurant dans son coin que le roi est nu. Aucune nouveauté n’apparaîtra sans notre concours actif. Il faut réfuter le relativisme avant-gardiste en débusquant les sophismes subjectivistes, nominalistes, historicistes qui en constituent le soubassement. Ce discours justifie le n’importe quoi en invoquant l’impossibilité de dire ce qu’est l’art. Kostas Mavrakis en donne pourtant une définition qui englobe ses métamorphoses depuis le commencement du monde. Il établit à cette occasion qu’il n’y a pas d’art sans critique, ni de critique sans critères. Ainsi sont posées les pierres angulaires d’une esthétique générale et d’une esthétique picturale afin de frayer le chemin du renouveau.

On le voit, Kostas Mavrakis ne se limite pas à déplorer la maladie qui ronge et désarme notre civilisation, il en dégage les causes et en fournit les remèdes ou, du moins, les outils conceptuels nécessaires à leur recherche. S’il est vrai, comme le disait Dostoïevski, que le monde sera sauvé par la beauté, il importe aujourd’hui plus que jamais de s’engager pour l’art. »

 

Concrètement, l'histoire de l'Art, depuis les fresques murales jusqu'au XIXe siècle et le début du XXe siècle, est un art contraint, limité, réglé. Quelque soit l'époque, la région du monde, l'auteur et la personne qui commandait la représentation en question, l'œuvre d'art était liée à une ligne de conduite précise et un souci de réalisme.

Dans la Grèce Antique, par exemple, on représentait une scène mythique voire religieuse ou un homme d'état prestigieux sinon très riche, et l'artiste se devait d'être le plus proche possible de la réalité physique. Sculpture, peinture, tous les modes de représentation existants étaient alors utilisés.

On retrouve plus ou moins le même schéma dans les siècles qui suivent, en changeant juste le nom, la forme et le fond de la religion (ou l'idéologie) attachée à l'époque et à la société dans laquelle se mouvaient l'artiste et la personne qui avait commandé l'œuvre.

En fin de compte, l'Art était irrémédiablement attaché à des codes. Et une œuvre d’art était celle qui arrivait à se jouer des codes tout en ne s’en éloignant pas de trop, et qui arrivait à procurer du plaisir au spectateur.

Les formes artistiques peuvent changer, l'essence de l'art reste la même. Tout artiste, qu'il soit littéraire ou plastique, sait que le but premier des arts est de plaire, de procurer du plaisir.

Pour reprendre Kostas Mavrakis :

« Lorsque Leibniz définit le beau :"pulchrum est cuius contemplatio jucunda est", il ne dit pas autre chose que saint Thomasd'Aquin :"pulchra dicuntur quae visa placent". PourLessing il va également de soi que "le but final des arts [...] est le plaisir". Kant s'exprime d'une manière très proche quand il dit que le "goût est la faculté de juger [...] par la satisfaction ou le déplaisir", tout commeWittgenstein qui a écrit : "le beau est ce qui rend heureux". » (page 182).

Ils sont encore nombreux, les grands noms des Arts, à déclarer que le plaisir est ce qui fait l'Art (Molière, Poussin, Delacroix, et même Sartre).

 

Ainsi, pour rentrer au cœur du sujet centré sur l’existence et la diffusion d’un non-art, il faut revenir un petit siècle en arrière, au "tournant de 1910".

Aux environs de cette date s'opère "un glissement de terrain" qui « emportera la civilisation occidentale, dont l'art est une composante ». A cette date, le nihilisme culturel et la volonté de détruire l'art sont ouvertement exprimés (voir le poète Marinetti dans le Figaro de 1909 qui dit qu'il "faut coûte que coûte être original", que "l'art ne peut être que violence, cruauté, injustice", ou qu' "une automobile de course [...] est plus belle que la victoire de Samothrace" (pages 51-52)).

Les avant-gardes, les Dadaïstes et le modernisme transforment l'art "d'avant" en un bouillonnant mélange d'objets quelconques (voir l'urinoir envoyé au Salon des Indépendants de N.Y. par R. Mutt en 1917 avec la déclaration suivante "l'artiste peut être n'importe qui, l'œuvre n'importe quoi"). Les courants artistiques qui suivirent cette date charnière sont connus et représentatifs de cette transformation : l'Abstrait, le pop-art, le "nouveau réalisme", etc.

A défaut de limites, de règles, la Liberté prend racine dans l'Art et, sans bornes, sans soucis esthétique, il devient impossible de pouvoir comparer, juger, critiquer l'art. Cet art ne signifie plus que ce que son auteur "veut qu'il lui signifie, ni plus ni moins" (comme le dirait le chat d'Alice au pays des merveilles, Humpty Dumpty, à propos de la signification des mots qu'il emploie (page 66)).

L'art, ou plutôt le non-art, peut donc devenir tout et rien à la fois, tout dépend de ce que les critiques artistiques auto-proclamés décident.

 

« De surenchère en surenchère, la suppression de toutes les caractéristiques de l'œuvre d'art aboutit très rapidement à des objets ou des absences d’objets tels que des bouts de ficelle, un tas de charbon ou de feuilles mortes, (...). Parvenu à ce point zéro, le principe de ces pratiques se transforme en son contraire. Comme il n'y a plus rien à soustraire, leur dynamique s'épuise. Leur idole était le "novum", elles sont désormais au régime de la répétition. La différence que cultive chaque "artiste" est désormais trop indifférente pour valoir comme innovation. A la révolution dans la civilisation qu'annonçaient les avant-gardes de jadis, s'est substitué le conservatisme le plus intolérant. A la subversion de tous les codes, a succédé un code unique purement négatif que l'Etat sanctionne et subventionne » (page 69).

 

L'art est devenu redondant, sans surprise, multiforme, il se veut social, sacré, militant et tolérant, pensant et subversif, profond et se jouant de toutes les règles.

Ce non-art est aussi aidé de ses "connaisseurs" qui n'hésitent jamais à jouer la carte du "le néophyte ne pourrait pas comprendre" pour faire vivre ce non-art. Ce dernier en est d'ailleurs arrivé à un point où sa période de gloire vient de sa publicité, de son advertising. Ce qui est amusant, puisque paradoxale, c'est de voir les artistes en plein dans le non-art, très nombreux (trop nombreux même, puisqu'il y a une véritable saturation d'artistes), critiquer cette capitalisation des œuvres. Souvent, d'ailleurs, on considère que l'artiste qui ne vend pas est un artiste déchu au talent incompris. Puis il vend. Et, on se rend compte après que c'était pas terrible. Ce positionnement de l'Etat français face à son art conduit, à leur insu ou non, les musées et les commissaires d'exposition à exposer des bouses, magnifiquement emballées par les connaisseurs mais incompréhensibles auprès du grand public forcément profane, qui seront très rapidement oubliées.

Le non-art c'est donc de la subversion jetable en série. Mais, qui donc oserait critiquer cela en ayant en tête que "le modernisme est un devoir" ?

 

En somme donc, Kostas Mavrakis, en reprenant les mots du sociologue Roger Caillois disant que "tout art participe d'une civilisation", dresse via cette étude rigoureuse du non-art un tableau de notre civilisation.

Se rangeant auprès des nombreux penseurs parqués vulgairement par les milices de la pensée-dominante sous le sigle des "nouveaux réactionnaires", K. Mavrakis lance une énième mise en garde face à cette décadence de la société, et propose quelques solutions entrevus dans la revue dirigée par Alain de Benoist Krisis (n° 19 novembre 1997), dont voici le sommaire :

 

Art / Non-art ?

 

Kostas Mavrakis, Penser le modernisme

Misère de la critique, entretien avec Jean-Philippe Domecq

Jean Baudrillard, Illusion, désillusion esthétiques

Modernité contre avant-garde, entretien avec Jean Clair

L’ethnisme, un avenir pour l’avant-garde, entretien avecBen

Jean-Joseph Goux, Les monnayeurs de la peinture

Louis Védrines, Notes sur la peinture

De la fin de la « mimésis » à l’esthétisation du monde, entretien avec Remo Guidieri

Alain de Benoist, Image interdite, image exaltée. Iconoclasme et religion

Architecture traditionnelle et démocratie culturelle, entretien avec Léon Krier

Gérard Zwang, Dix raisons pour ne pas devenir baroque

Michel Marmin, Musicalement correct ? Brève réponse à Gérard Zwang

Le texte : Oswald Spengler, Musique et arts plastiques

 

Ce tir groupé face aux modernistes provoqua d’ailleurs beaucoup de bruit dans le "milieu", et les attaques traditionnelles de ces gens-"là" volèrent donc un peu partout dans les journaux (Alain de Benoist "accusé" d'être de mêche avec Le Pen, Baudrillard qui se fait sermonner par Philippe Dagen dans Le Monde, Kostas Mavrakis, par le même auteur, critiqué parce qu'il aurait "flirté" avec des idées nazies puisqu'ayant expliqué que l'art "nazi" était plus créatif que l'art des pays démocratiques de l'époque, etc.).

 

Encore une fois, donc, on se retrouve face à face avec le lien d'acier qui unit "marchands, fonctionnaires culturels et maîtres des médias", et les nombreux anathèmes qui ponctuent les conflits avec cette Union Sacrée.

L'Art est plus que jamais au centre des préoccupations, et son histoire un objet de pouvoir incroyable.

 

Aristide pour le Cercle Non Conforme

 

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

08/03/2014

Le futurisme selon Marinetti

Le futurisme selon Marinetti

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 « La littérature ayant jusqu’ici magnifié l’immobilité pensive, l’extase et le sommeil, nous voulons exalter le mouvement agressif, l’insomnie fiévreuse, le pas gymnastique, le saut périlleux, la gifle et le coup de poing »
(Filippo Tommaso Marinetti, le Manifeste du futurisme)

Filippo Tommaso Marinetti, né à Alexandrie d’Égypte en 1876, est décédé à  Bellagio – le 2 décembre 1944. Marinetti, poète, écrivain et dramaturge italien, est notamment connu pour avoir fondé le mouvement futuriste, la première avant-garde historique italienne du XXème siècle. De 1905 à 1909, Marinetti dirige la revue milanaise Poesia, dont il est le fondateur. La revue se distingua pour avoir osé proposer en Italie certains auteurs symbolistes français et belges encore inconnus. Puis, en 1909, elle devint le premier organe officiel d’un nouveau mouvement poétique: le futurisme.

La naissance du mouvement

Le futurisme fut fondé par Filippo Tommaso Marinetti à Paris en 1909, année où le Figaro publia le premier Manifeste du futurisme. Ce manifeste reprenait des éléments idéologiques empruntés à Nietzsche, Bergson, Sorel, D’Annunzio, Zola et d’autres encore. Le premier aspect de ce mouvement fut la rébellion explicite et le refus total de la culture présente et de la tradition, qui s’exprimèrent dans la volonté de destruction de tout ce qui appartenait au passé. Le futuriste se sentait donc projeté en avant et vivant « déjà dans l’absolu » et n’entendait d’aucune façon tourner son regard vers le passé. Une autre caractéristique propre au futurisme était son agressivité, son exaltation de la violence, qui portait à déclarer : « nous voulons exalter le mouvement agressif… la gifle et le coup de poing », jusqu’à arriver à la glorification de la violence extrême, c’est-à-dire de la guerre, considérée la « seule hygiène du monde » dans le sens où, provoquant des millions de morts, elle pourrait ainsi libérer le monde d’une grande partie de la pourriture humaine. Les futuristes eurent ensuite une vision exaltée du progrès qui s’exprima dans l’admiration de la machine, entendue aussi bien comme instrument de la production industrielle que comme machine automotrice, dont la caractéristique la plus enthousiasmante était la vitesse. Ainsi, ils purent d’un côté s’adresser à la « vibration nocturne des arsenaux » et de l’autre déclarer qu’une automobile de course, « avec son coffre orné de gros tuyaux » (les tuyaux chromés qui acheminent les gaz d’échappement du moteur) est plus belle que la Victoire de Samothrace. En observant le monde du travail, ils comprirent aussi l’imminence d’un choc violent entre capitalisme et forces organisées du prolétariat et ils se dirent prêts à chanter « les grandes foules agitées par le travail, le plaisir ou la révolte » car « il n’y a plus de beauté que dans la lutte ». En anticipant certains aspects du squadrismo fasciste, ils proclamèrent le mépris du danger. Marinetti représenta la figure de proue d’un groupe d’écrivains et d’artistes qui trouvèrent à Paris le point de rencontre de leurs expériences, de leurs idées et de leurs inquiétudes. L’attitude commune aux futuristes de la mouvance italo-française est une vitalité exaspérée, se traduisant en un refus de la tradition classique, de l’illuminisme et du romantisme.

C’est en 1909 que Marinetti publia sur les pages du quotidien français le "FIGARO" le manifeste futuriste :

1. Nous voulons chanter l’amour du danger, l’habitude de l’énergie et de la témérité.

2. Le courage, l’audace et la révolte seront les éléments essentiels de notre poésie.

3. La littérature ayant jusqu’ici magnifié l’immobilité pensive, l’extase et le sommeil, nous voulons exalter le mouvement agressif, l’insomnie fiévreuse, le pas de course, le saut mortel, la gifle et le coup de poing.

4. Nous affirmons que la splendeur du monde s’est enrichie d’une beauté nouvelle : la beauté de la vitesse. Une automobile de course avec son coffre orné de gros tuyaux tels des serpents à l’haleine explosive … une automobile rugissante qui semble courir sur la mitraille est plus belle que la Victoire de Samothrace.

5. Nous voulons célébrer l’homme qui tient le volant dont la tige idéale traverse la Terre, lancée elle-même sur le circuit de son orbite.

6. Il faut que le poète se prodigue avec ardeur, faste et splendeur pour augmenter la ferveur enthousiaste des éléments primordiaux.

7. Il n’y a plus de beauté que dans la lutte. Aucune œuvre d’art sans caractère agressif ne peut être considérée comme un chef-d’œuvre. La poésie doit être conçue comme un assaut violent contre les forces inconnues pour les réduire à se prosterner devant l’homme.

8. Nous sommes sur le promontoire extrême des siècles! … Pourquoi devrions-nous nous protéger si nous voulons enfoncer les portes mystérieuses de l’Impossible ? Le Temps et l’Espace mourront demain. Nous vivons déjà dans l’absolu puisque nous avons déjà créé l’éternelle vitesse omniprésente.

9. Nous voulons glorifier la guerre – seule hygiène du monde -, le militarisme, le patriotisme, le geste destructeur des anarchistes, les belles idées pour lesquelles on meurt et le mépris de la femme.

10. Nous voulons détruire les musées, les bibliothèques, les académies de toute sorte et combattre le moralisme, le féminisme et toutes les autres lâchetés opportunistes et utilitaires.

11. Nous chanterons les foules agitées par le travail, par le plaisir ou par l’émeute : nous chanterons les marées multicolores et polyphoniques des révolutions dans les capitales modernes ; nous chanterons la ferveur nocturne vibrante des arsenaux et des chantiers incendiés par de violentes lunes électriques, les gares goulues dévorant des serpents qui fument, les usines suspendues aux nuages par des fils tordus de fumée, les ponts pareils à des gymnastes qui enjambent les fleuves étincelant au soleil comme des couteaux scintillants, les paquebots aventureux qui flairent l’horizon, les locomotives à la poitrine large qui piaffent sur les rails comme d’énormes chevaux d’acier bridés de tubes et le vol glissant des avions dont l’hélice claque au vent comme un drapeau et semble applaudir comme une foule enthousiaste.

C’est en Italie que nous lançons ce manifeste de violence culbutante et incendiaire, par lequel nous fondons aujourd’hui le Futurisme parce que nous voulons délivrer l’Italie de sa gangrène d’archéologues, de cicérones et d’antiquaire…

Article écrit par Vincent Maes de l’Association Culturelle Zenit (Belgique)

Source: Association culturelle ZENIT

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Portrait de Marinetti, par Enrico Prampolini, 1924-1925