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30/05/2013

Méridien Zéro #146: "Sommes-nous au bord du précipice?"

Ce vendredi, Méridien Zéro reçoit Pierre Jovanovic qui revient d'un tour d'Europe qui lui a permis de prendre la mesure des souffrances et du degré d'exaspération des peuples du vieux continent.

A la barre, Gérard Vaudan accompagné d'Eugène Krampon.

A la technique, lord Tesla.

pierre jovanovic, civilisation, fin d'un système, finance internationale

DIFFUSION DE L'EMISSION LE VENDREDI 31 MAI


          

28/05/2013

Message des Antigones aux Femen

Message des Antigones aux Femen

Source: Les Antigones

25/05/2013

La triade homérienne, par Dominique Venner

La triade homérienne

Pour les Anciens, Homère était « le commencement, le milieu et la fin ». Une vision du monde et même une philosophie se déduisent implicitement de ses poèmes. Héraclite en a résumé le socle cosmique par une formulation bien à lui : « L’univers, le même pour tous les êtres, n’a été créé par aucun dieu ni par aucun homme ; mais il a toujours été, est et sera feu éternellement vivant… »

 

1. La nature comme socle

 

Chez Homère, la perception d’un cosmos incréé et ordonné s’accompagne d’une vision enchantée portée par les anciens mythes. Les mythes ne sont pas une croyance, mais la manifestation du divin dans le monde. Les forêts, les roches, les bêtes sauvages ont une âme que protège Artémis (Diane pour les Romains). La nature tout entière se confond avec le sacré, et les hommes n’en sont pas isolés. Mais elle n’est pas destinée à satisfaire leurs caprices. En elle, dans son immanence, ici et maintenant, ils trouvent en revanche des réponses à leurs angoisses :

 

« Comme naissent les feuilles, ainsi font les hommes. Les feuilles, tour à tour, c’est le vent qui les épand sur le sol et la forêt verdoyante qui les fait naître quand se lèvent les jours du printemps. Ainsi des hommes : une génération naît à l’instant où une autre s’efface » (Iliade, VI, 146). Tourne la roue des saisons et de la vie, chacun transmettant quelque chose de lui-même à ceux qui vont suivre, assuré ainsi d’être une parcelle d’éternité. Certitude affermie par la conscience du souvenir à laisser dans la mémoire du futur, ce que dit Hélène dans l’Iliade : « Zeus nous a fait un dur destin afin que nous soyons plus tard chantés par les hommes à venir » (VI, 357-358). Peut-être, mais la gloire d’un noble nom s’efface comme le reste. Ce qui ne passe pas est intérieur, face à soi-même, dans la vérité de la conscience : avoir vécu noblement, sans bassesse, avoir pu se maintenir en accord avec le modèle que l’on s’est fixé.

 

2. L’excellence comme but

 

A l’image des héros, les hommes véritables, nobles et accomplis (kalos agatos), cherchent dans le courage de l’action la mesure de leur excellence (arétê), comme les femmes cherchent dans l’amour ou le don de soi la lumière qui les fait exister. Aux uns et aux autres, importe seulement ce qui est beau et fort. « Etre toujours le meilleur, recommande Pelée à son fils Achille, l’emporter sur tous les autres » (Iliade, VI, 208). Quand Pénélope se tourmente à la pensée que son fils Télémaque pourrait être tué par les “prétendants” (usurpateurs), ce qu’elle redoute c’est qu’il meurt « sans gloire », avant d’avoir accompli ce qui ferait de lui un héros à l’égal de son père (Odyssée, IV, 728). Elle sait que les hommes ne doivent rien attendre des dieux et n’espérer d’autre ressource que d’eux-mêmes, ainsi que le dit Hector en rejetant un présage funeste : « Il n’est qu’un bon présage, c’est de combattre pour sa patrie » (Iliade, XII, 243). Lors du combat final de l’Iliade, comprenant qu’il est condamné par les dieux ou le destin, Hector s’arrache au désespoir par un sursaut d’héroïsme tragique : « Eh bien ! non, je n’entends pas mourir sans lutte ni sans gloire, ni sans quelque haut fait dont le récit parvienne aux hommes à venir » (XXII, 304-305).

 

3. La beauté comme horizon

 

L’Iliade commence par la colère d’Achille et se termine par son apaisement face à la douleur de Priam. Les héros d’Homère ne sont pas des modèles de perfection. Ils sont sujets à l’erreur et à la démesure en proportion même de leur vitalité. Pour cette raison, ils tombent sous le coup d’une loi immanente qui est le ressort des mythes grecs et de la tragédie. Toute faute comporte châtiment, celle d’Agamemnon comme celle d’Achille. Mais l’innocent peut lui aussi être soudain frappé par le sort, comme Hector et tant d’autres, car nul n’est à l’abri du tragique destin. Cette vision de la vie est étrangère à l’idée d’une justice transcendantale punissant le mal ou le péché. Chez Homère, ni le plaisir, ni le goût de la force, ni la sexualité ne sont jamais assimilés au mal. Hélène n’est pas coupable de la guerre voulue par les dieux (Iliade, III, 161-175). Seuls les dieux sont coupables des fatalités qui s’abattent sur les hommes. Les vertus chantées par Homère ne sont pas morales mais esthétiques. Il croit à l’unité de l’être humain que qualifient son style et ses actes. Les hommes se définissent donc au regard du beau et du laid, du noble et du vil, non du bien ou du mal. Ou, pour dire les choses autrement, l’effort vers la beauté est la condition du bien. Mais la beauté n’est rien sans loyauté ni vaillance. Ainsi Pâris ne peut être vraiment beau puisqu’il est couard. Ce n’est qu’un bellâtre que méprise son frère Hector et même Hellène qu’il a séduite par magie. En revanche, Nestor, en dépit de son âge, conserve la beauté de son courage. Une vie belle, but ultime du meilleur de la philosophie grecque, dont Homère fut l’expression primordiale, suppose le culte de la nature, le respect de la pudeur (Nausicaa ou Pénélope), la bienveillance du fort pour le faible (sauf dans les combats), le mépris pour la bassesse et la laideur, l’admiration pour le héros malheureux. Si l’observation de la nature apprend aux Grecs à mesurer leurs passions, à borner leurs désirs, l’idée qu’ils se font de la sagesse avant Platon est sans fadeur. Ils savent qu’elle est associée aux accords fondamentaux nés d’oppositions surmontées, masculin et féminin, violence et douceur, instinct et raison. Héraclite s’était mis à l’école d’Homère quand il a dit : « La nature aime les contraires : c’est avec elle qu’elle produit l’harmonie. »

 

Dominique Venner

Source: Du Haut des Cimes

24/05/2013

Méridien Zéro #145: In memoriam Dominique Venner

dominique venner

DIFFUSION DE L'EMISSION LE VENDREDI 24 MAI

21/05/2013

Entretien de Gabriele Adinolfi aux Non-Alignés: "L’Imperium contre l’Empire"

L’Imperium contre l’Empire

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Gabriele Adinolfi est l’auteur de Pensées Corsaires, abécédaire de lutte et de victoire et de Nos belles années de plomb en français, ainsi que de Nuovo Ordine Mondiale et Quel domani che ci appartienne. Il est aussi l’auteur de deux documents politiques d’importance : Le api e i fiori et Sorpasso neuronico. Il dirige le centre Polaris, think tank qui travaille dans les domaines de la géopolitique et des relations internationales, principalement au niveau méditerranéen et européen.

 Figure éminente de la droite radicale italienne, cofondateur de l’organisation Terza Posizione brisée par la répression du système dans les années 70, exilé politique en France pendant vingt ans, il est l’un des initiateurs du renouveau de la droite radicale italienne, notamment par son implication auprès du mouvement d’orientation alter-nationale et sociale : Casapound Italia.

 Réalisé en parallèle de la conférence commune avec Alain Soral à Nice de mars 2013, cet entretien est le cinquième que nous accorde notre camarade italien Gabriele Adinolfi. Si certaines thématiques ont déjà pu être traitées lors de la conférence ainsi qu’au cours du dîner militant avec la section d’E&R Nice, d’autres sont ici creusées plus en profondeur.

 Après avoir évoqué en profondeur le modus operandi et les raisons de la stratégie de la tension qui ensanglanta l’Italie des années 70, Gabriele Adinolfi développe ensuite les bases de ce qu’on a longtemps appelé le nationalisme européen. Nationalisme européen qui pose comme idée centrale de sa vision du monde que la seule dimension valable pouvant permettre aux nations européennes de peser à l’échelle de la mondialisation et d’œuvrer à l’émergence d’un monde multipolaire reste la dimension continentale. La dimension européenne et carolingienne.

 L’élaboration d’une Europe-puissance autonome et solidaire étant la seule perspective permettant, à terme, de contrer l’Europe ploutocratique de Bruxelles et l’impérialisme « otanien ». Idée tant civilisationnelle que géopolitique face aux périls qui nous guettent et qui insiste sur l’impérieuse nécessité de dépasser les querelles de clocher intra-européennes. Ceci afin de nous consacrer à la seule tâche qui doit vraiment compter pour nous : le salut et la transmission du dépôt sacré de la civilisation européenne dont la France – plus ancienne nation organisée d’Europe – est l’héritière privilégiée et comme le centre de gravité avec l’Allemagne. Héritage qu’elle ne pourra réussir à sauver seule. Ainsi une Europe réellement carolingienne – comme la voulait De Gaulle à l’origine – organisée en cercle concentrique d’intégration progressive comme la conceptualise Henri De Grossouvre par exemple, avec comme partenaire privilégié une Russie émancipée de l’Occident, pourrait constituer à terme les bases d’un nouveau « nomos de la terre ». Cette alliance eurasiatique étant la crainte fondamentale de l’impérialisme thalassocratique anglo-saxon depuis toujours.

 Alors Europe-puissance ou indépendance nationale totale sur un modèle souverainiste façon Asselineau ? Protectionnisme européen ou (et) souveraineté nationale ? Le débat reste ouvert pour nous et nous publierons prochainement des articles de fond sur ces thématiques.

 Une question nous hante cependant : pourquoi les nationalistes français devraient-ils s’interdire une réflexion de fond sur la question fondamentale d’une Europe alternative ? Surtout dans la mouvance alternationale dans laquelle nous nous vantons de n’avoir aucun tabou. Des initiatives comme la coopération sud-américaine promue par le Venezuela de Chavez ou encore la coopération eurasiatique souhaitée par la Russie de Poutine ne constituent-elles pas l’exemple qu’il ne peut y avoir d’émancipation nationale sans coopération continentale ? N’était-ce pas aussi le souhait de la Libye de Kadhafi par exemple ? Pourquoi en parallèle d’un nécessaire panafricanisme ou panarabisme les alternationalistes français ne pourraient-ils pas, avec leurs camarades européens, concevoir un paneuropéisme qui leur soit propre et qui serait comme l’antithèse exacte de l’idéologie actuelle de Bruxelles et de l’oligarchie ? L’idée européenne n’est-elle pas à l’origine, la fille aînée de Verdun et du deuil terrible de la guerre civile européenne de 14-18 ? Cette idée, qui hier était promue par la fine fleur de l’intelligence française anticonformiste de Céline à Drieu La Rochelle, pourquoi devrions-nous la laisser aux ploutocrates et aux libéraux ?

 Nous traçons ici, avec Gabriele Adinolfi, des pistes de réflexion sur ces questions géopolitiques fondamentales mais aussi sur d’autres comme par exemple l’essence et la mystique du mondialisme et les alternatives populaires imaginables face au chaos organisé et à l’émergence d’un État mondial des multinationales. Autant de thèmes déjà évoqués et creusés longuement au cours de nos précédents entretiens réalisées avec Gabriele depuis le début des Non-Alignés. L’ensemble de ce travail vidéo constituant une base de réflexion essentielle sur ces questions fondamentales de notre temps et pour notre avenir.


Source: Les Non-Alignés

19/05/2013

Plaidoyer pour un nouvel homme moral, par Ramoucho

Plaidoyer pour un nouvel homme moral

feu de camp.jpgIl ne fait nul doute aujourd’hui que la désintégration de l’homme arrive à son apogée. Nous nous accordons désormais unanimement sur le fait que la situation semble condamnée, que le point de non-retour pour l’homme des temps modernes est atteint. Nous vivons vraisemblablement l’une des dernières phases de la dégénérescence humaine : celle où il n’y a plus d’espoir. L’homme n’est plus un malade mais devient un véritable mourant. Tout ce que la morale ou les mœurs saines avaient lentement dompté est parti en lambeaux depuis déjà longtemps et n’a épargné ni la personne, ni la famille, ni la patrie, ni les valeurs les plus hautes. La raison humaine libre, indépendante, autonome et capable par ses seules forces de reconstruire un monde nouveau sans avoir recours à l’expérience du passé, a voulu violenter la nature et forcer le Destin. Tous les instincts mis en action se sont inéluctablement usés à la tâche. Dorénavant, plus rien ne supporte l’homme qu’un faible instinct, impuissant à porter le poids dont il est chargé.

Mais s’il périt et doit périr, gardons à l’esprit que l’homme éternel ne meurt pas et ne peut pas mourir. Aussi longtemps que la mort terrestre n’aura pas eu lieu et tant qu’il y aura des hommes dans le monde, la résurrection sera possible : les lois de l’être sont invincibles. On ne change point la nature humaine ; l’étincelle transcendante qui luit en elle ne peut pas être étouffée car ce qui est, est. Un type d’homme meurt et c’est un homme nouveau qui naîtra si nous le souhaitons. Pour que l’homme moral ressuscite, il faut un effort qui ne dépend que de nous. Il faut que l’homme s’applique à revivre et à réincarner sa nature concrète d’homme, esprit et vie étroitement unis, raison et volonté plongés dans de nobles et impérieuses nécessités. Tout est donc à refaire. Il est véritablement urgent de renouer avec les traditions morales et sociales les plus éprouvées : le respect des préceptes du Décalogue et la reconnaissance de Dieu – pour les chrétiens –, le sentiment familial, la pudeur, la charité, l’obéissance, l’amour de la patrie, la vénération des êtres qui nous dépassent, la spiritualité de l’âme et la distinction entre le bien et le mal pour ne citer qu’eux. De même, c’est par les plus simples et les plus élémentaires valeurs naturelles qu’il faudra recommencer. Parmi ces valeurs, il n’en est aucune qui soit plus profonde et qui touche plus au fondement ontologique de l’être que l’affirmation de soi-même. Il ne s’agit pas ici d’une prise de conscience, ni moins encore d’un étalage vaniteux de soi-même, ni d’une sincérité presque toujours suspecte. C’est en premier lieu d’une spontanéité qui rejette délibérément le camouflage, le masque, la duperie, le mensonge intérieur qu’il est question et d’autre part de la reconnaissance de ce que l’on est réellement, c’est-à-dire de l’humilité, le jaugeage exact de notre personne. Le monde moderne considère l’humilité comme une faiblesse, une défaillance de la vie, un refus d’être. Elle est justement le contraire : elle ne consiste pas en effet à opérer sur soi une soustraction ontologique, à se diminuer et à se soumettre au laminage d’un ascétisme antinaturel, mais à remplir exactement sa capacité réelle telle qu’elle est donnée à chaque instant de l’existence.

Suite à ce propos, il parait alors opportun d’affirmer que la moralité n’est moralité que si elle est vécue et qu’elle exige de nous d’incarner notre nature humaine. Cette incarnation ne peut être que progressive, allant de bas en haut, selon le rythme propre à toute croissance naturelle. Il est plus que jamais temps de retrouver cette part d’authenticité qui sommeille en nous. Ainsi rejaillira la flamme de nos âmes qui brûlent.

Ramoucho

Source: article paru pour « Le rat libéré », journal mensuel du GUD LYON, numéro 3 – mai 2013.