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14/06/2015

Sortie TRACE Normandie: Randonnée, Bivouac, Vie en forêt (27-28.06.2015)

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12/06/2015

Méridien Zéro #236: "De la lutte des classes à la lutte des places"

Ce vendredi, Méridien Zéro s'exile dans le nord de la France. L'équipe du Cercle Non Conforme anime une émission sur la géographie : importance de l'analyse spatiale, de la maîtrise de l'espace et retour aux territoires. Géographie, territoires, ressources, démographie, mondialisation, aménagement du territoire, urbanisme, localisme... les thèmes abordés seront nombreux.

A la barre Jean Terroir, accompagné d'Arnaud Naudin, d'Aristide Martin et de Lyderic à la technique.

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Bibliographie indicative :

Ouvrages / essais :

Epistémologie de la géographie :

CLAVAL, Paul,
Epistémologie de la géographie, Paris, Armand Colin, 2007

LACOSTE, Yves, La géographie, ça sert d'abord à faire la guerre, Paris, Découverte, réed. 2012

Géographie et milieu :

BERQUE, Augustin, Écoumène, Introduction à l’étude des milieux humains, Paris, Belin, 2000

DARDEL, Eric, L'homme et la Terre, Nature de la réalité géographique, Paris, Éditions CTHS, 1990

Géographie sociale :

LUSSAULT, Michel, De la lutte des classes à la lutte des places, Paris, Grasset, 2009

LUSSAULT, Michel, L'homme spatial, Paris, Seuil, 2007

LUSSAULT, Michel, L’Avènement du Monde. Essai sur l'habitation humaine de la terre, Paris, Seuil, 2013

Géopolitique, mondialisation et mobilités:

ALLEMAND, Sylvain, ARSCHER François, LEVY Jacques, Les Sens du mouvement. Modernité et mobilités, Paris, Belin, 2005

CARROUE, Laurent, La planète financière, capital, pouvoirs, espace et territoires, Paris, Armand Colin,  2015

CHAUPRADE, Aymeric, Chronique du choc des civilisations : Du 11 septembre 2001 à la guerre de Syrie, actualité, analyses géopolitiques et cartes pour comprendre le monde d'aujourd'hui, Paris, Éditions Chronique,‎ 2013

CHAUPRADE, Aymeric, THUAL, François, Dictionnaire de géopolitique, Concepts, Etats, Auteurs, Editions Ellipses, 1999

DOLLFUS, Olivier, La mondialisation, Paris, Presses de Sciences Po, 1997.

GRATALOUP Christian, Géohistoire de la mondialisation, le temps long du monde, Paris, Armand Colin, Paris, 2010

JOSEPH, Isaac, Itinéraire d’un pragmatiste. Autour d’Isaac Joseph, Paris, Economica, 2007

SAPIR, Jacques, La démondialisation, Paris, Seuil, 2011

SASSEN, Saskia, La ville globale : New York, Londres, Tokyo, Descartes & Cie, 1996.

Essais sur le territoire et l'aménagement / Aménagement du territoire / Urbanisme :

CLERGEAU, Philippe, Une écologie du paysage urbain, Editions Apogée, 2007

DAVEZIES, Laurent, Le nouvel égoïsme territorial, le grand malaise des nations, Paris, Seuil, 2015

ESTEBES, Philippe, L'égalité des territoires, une passion française, Paris, PUF, 2015

GUILLUY, Christophe, La France périphérique, comment on a sacrifié les classes populaires, Paris, Flammarion, 2014

GUILLUY, Christophe, Fractures françaises, Bourrin, 2010

GRAVIER, Jean-François, Paris et le désert français, 1947

HAENTJENS, Jean, La ville frugale, Limousin, FYP Editions, 2011

LE VIGAN, Pierre, La banlieue contre la ville, La Barque d'Or, 2011

YVES, Jean, VANNIER, Martin, La France, aménager les territoires, Paris, Armand Colin, 2009

Ecologie, localisme, décroissance, critique de la technique :

CHEYNET, Vincent, Décroissance ou décadence, Vierzon, Editions « le pas de côté », 2014

DEBRY, Jean-Luc, Le cauchemar pavillonnaire, Montreuil, L'Echappée, 2012

ELLUL, Jacques, Le Système technicien, Cherche midi, réed. 2012

GEORGESCU-ROEGEN, Nicholas, La décroissance : entropie, écologie, économie, trad. Jacques Grinevald et Ivo Rens, Sang de la terre 1995, 1979

LATOUCHE, Serge, L'âge des limites, Mille et une Nuit, 2012

LATOUCHE, Serge, Le pari de la décroissance, Paris, Fayard Pluriel, réed. 2010

NAESS, Arne, Ecologie, communauté et style de vie, trad. Charles Ruelle, Paris, Editions MF, 2009

OZON, Laurent, France, les années décisives, BIOS, 2014

TURKLE, Sherry, Seuls ensembles, De plus en plus de technologies de moins en moins de relations humaines, L'Echappée, Montreuil, 2015

Philosophie :

DELEUZE, Gilles, GUATTARI, Félix, Le lisse et le strié, Milles Plateaux, Paris, Minuit, 1980

SLOTERDIJK, Peter, Sphères I, Bulles, Frankfurt-am-Main, Suhrkamp, 1998

SLOTERDIJK, Peter, Sphères II, Globes, Frankfurt-am-Main, Suhrkamp, 1999

SLOTERDIJK, Peter, Sphères III, Ecumes, Frankfurt-am-Main, Suhrkamp, 2004

Articles :

LATOUCHE, Serge, LE CARBONEL, Guillaume, NAUDIN, Arnaud, "Serge Latouche : "la décroissance n'a pas à se situer sur l'échiquier politique", fr.novopress.info, 2014

LE CARBONEL, Guillaume, "La décroissance pour les nuls", cerclenonconforme.hautetfort.com, 2015

LE CARBONEL, Guillaume, "Ecologie politique et combats locaux", cerclenonconforme.hautetfort.com, 2014

FELTIN-TRACOL, Georges, "Villes - banlieues, un constat accablant", europemaxima.com, 2012

GRIMAL (de), Frédéric, "Coca-Cola:entre boycott et alternatives locales", cerclenonconforme.hautetfort.com, 2014

MARTIN, Aristide, "Chronique de livre: Eric Dardel et l'homme et la Terre", cerclenonconforme.hautetfort.com, 2014

RAFFESTIN, Claude, "Pourquoi n’avons-nous pas lu Éric Dardel", Cahiers de géographie du Québec, vol. 31, n° 84, 1987, p. 471-481

SOLEIL FIXE, "
L'archipel humain (1/3) : Titans et effondrements", cerclenonconforme.hautetfort.com, 2014

SOLEIL FIXE, "L'archipel humain (2/3) : La Grandeur des petits", cerclenonconforme.hautetfort.com, 2014

SOLEIL FIXE, "L'archipel humain (3/3) : ce qui est en haut est comme ce qui est en bas", cerclenonconforme.hautetfort.com, 2014

STOCK, Mathis, "Les sociétés à individus mobiles : un habiter poly-topique ? L'exemple des pratiques touristiques ", Espacestemps.net, Textuel, 2005

TERROIR, Jean, "Chronique de livre: Laurent Davezies, le nouvel égoïsme territorial", cerclenonconforme.hautetfort.com, 2015

TERROIR, Jean, "Chronique de livre: Jean-Luc Debry, le cauchemar pavillonaire", cerclenonconforme.hautetfort.com, 2015

TERROIR, Jean, "La France du localisme.", cerclenonconforme.hautetfort.com, 2015

TERROIR, Jean, "Chronique de livre: Christophe Guilluy, La France périphérique, comment on a sacrifié les classes populaires", cerclenonconforme.hautetfort.com, 2014

TERROIR, Jean, "Chronique de livre: Laurent Ozon, France les années décisives", cerclenonconforme.hautetfort.com, 2014

TERROIR, Jean, "Chronique de livre: Vincent Cheynet, Décroissance ou décadence", cerclenonconforme.hautetfort.com, 2014

Outil :

LEVY, Jacques, LUSSAULT, Michel, Dictionnaire de la géographie et de l'espace des sociétés, Belin, Paris, 2009

10/06/2015

Commentaires non-conformes sur le débat entre M. Onfray et E. Zemmour : quand le buzz nuit à la confrontation

Commentaires non-conformes sur le débat entre M. Onfray et E. Zemmour : quand le buzz nuit à la confrontation

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Vendredi 5 juin à Nice, Le Point a cru marquer le coup en organisant un débat basé sur la possibilité ou non de débattre en France, autour de deux intervenants marquants et polémiques : Michel Onfray et Eric Zemmour. Le débat était animé par Franz-Olivier Giesbert.

Si l'affiche semblait alléchante, le bilan du débat est plus que mitigé. D'une part parce que l'échange entre Onfray et Zemmour fut assez court (une heure environ) mais d'autre part parce qu'il fut pollué par le cabotinage inutile de Giesbert, qui s'est cru autorisé à nous faire un numéro de clown un tantinet grotesque, et surtout par le comportement du public. Ce public, constitué principalement de seniors, s'est plus comporté comme une foule de supporters que comme une assemblée de spectateurs écoutant et laissant parler les intervenants ; sifflant, huant ou applaudissant comme au spectacle. A tel point que Giesbert et surtout Onfray ont été obligés de faire la leçon à ce public... Onfray rappelant même qu'avant de donner son avis sur tout et n'importe quoi, il était nécessaire de lire à la source. On voit là les limites du débat et de la pensée en public où les gens viennent pour la foire à l'égo et au service de leur narcissisme. A l'image de l'involution pathétique des commentaires sur Internet. Ensuite, on aurait pu se passer du trop long passage au début portant sur la Une du « Point » consacré aux Arabes.

S'agissant de l'islam et des arabes, on peut même penser que cette partie du débat qui a donné le plus de spectacle inutile mais surtout qu'elle était convenue car c'est le thème qui crée le plus de crispations. Si Giesbert a défendu la Une en expliquant que le dossier est plus nuancé, ce qui est fréquent dans la presse grand public, Zemmour quant à lui est resté fidèle à sa ligne notamment quant à la lecture littéraliste de l'islam sur laquelle repose l'Etat islamique. Onfray pour sa part a tenu à faire – fidèle en cela à son rôle de philosophe – preuve de mesure et de nuance (comportement qui peut également s'expliquer en ces temps de lynchage dont il est lui-même victime). Ce moment du débat, un peu trop long à mon goût, démontre surtout qu'il est difficile de débattre de sujets qui tiennent désormais de la crispation et de l'invective, voire de la monomanie, et non de l'analyse poussée et réfléchie... Au final un débat assez politiquement correct, bien loin des prétentions « non-conformes » qui ont fait la fierté de FOG dans cette première partie.

C'est en fait avec l'Europe et Mai 68 que l'on a pu assister enfin à des échanges nettement plus intéressants entre Onfray et Zemmour, les sujets étant moins glissants. Sans oublier ce grand moment où Onfray s'est permis d'expliquer à Giesbert que non Proudhon n'était pas un libéral (avec de belles charges contre les « commerciaux » qui dirigent les maisons d'édition). Le philosophe a également rappelé que d'après lui l'Etat ne peut être totalement un adversaire quand il permet une société plus libertaire (autour du texte de Proudhon « Théorie de la propriété »)... et à nous engager à nous positionner selon la tradition philosophique française, plutôt que sur la tradition allemande moins nuancée.

Échanges intéressants entre le girondin Onfray et le bonapartiste Zemmour, qui se rejoignent pour dénoncer l'Union européenne qui est l'ennemie de notre Europe. Sur le passage du débat portant sur ce sujet nous donnons raison à Zemmour quand il affirme d'une part que le projet européen est au départ le vieux rêve démocrate-chrétien de la restauration impériale européenne (autour d'un Bonaparte et ou d'un Charles Quint) à laquelle s'opposait l'Europe des Nations de De Gaulle mais surtout, d'autre part que ces modèles sont morts et que désormais on a une non-Europe qui se fait l'agent du libéralisme. De quoi conforter nos projets alter-européens.

Divergences quant à Mai 68, où Onfray défend certaines évolutions issues de ce « mouvement », alors que Zemmour, fidèle à la ligne restauratrice qu'il développe dans « Le suicide français » y voit la base de tous nos maux. Au sujet de Mai 68, il aurait été heureux que le débat durât plus longtemps pour y voir ou non la fameuse influence des campus américains dont parle Zemmour en particulier la French Theory. Si l'on doit faire la synthèse de ce passage, à mon sens le plus intéressant du débat, je dirais que je partage en grande partie des analyses d'Onfray (j'y reviendrai plus tard dans une chronique consacrée à Mai 68 et surtout à l'après Mai 68) mais avec quelques heureuses corrections apportées par Zemmour. En gros, la partie étudiante et bolchevique de Mai 68 est bel et bien une accélération de la modernité en France (ce qui explique pourquoi beaucoup d'acteurs de Mai 68 sont devenus les représentants du système libéral actuel et de la superclasse mondiale) mais il existe pendant Mai 68 et après des éléments de critique du système techniciste et productiviste, une volonté de revenir aux communautés, de mettre en place l'autogestion, etc. ; préfiguration des thèmes que nous défendons à l'heure actuelle. Thèmes qui sont même pour nous prioritaires.

Au final un débat sans véritables solutions. S'il faut en retirer in fine un élément essentiel c'est la conclusion toute stoïcienne de Michel Onfray qui est une incitation à ne pas baisser les bras mais à agir pour une vie plus digne déjà pour soi : « Cette civilisation est morte; il reste à peu près ce qu’Épicure faisait à l'époque où il ouvre son jardin, c'est-à-dire de dire le bateau coule mais il reste la possibilité d'être dans un salut personnel, c'est-à-dire d'être droit, d'être debout et de dire le nihilisme ne passera pas par moi. »

Arnaud / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.


EXCLUSIF. Onfray-Zemmour : le débat inédit ! par LePoint

07/06/2015

Ici le régiment Azov - Entrevue d'Olena Semenyaka pour "Le Harfang"

ICI LE REGIMENT AZOV

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Dans le conflit ukrainien, il est clair que la bataille de l’information a été gagnée par les séparatistes pro-russes. Utilisant les médias sociaux et les médias en ligne alternatifs comme tremplin, les separatists ont réussi à présenter leur vision des choses et leurs revendications. La presse nationaliste francophone relaie depuis le début du conflit les écrits et comptes-rendus des forces de Novorussia. Les nationalists ukrainiens sont quant à eux rarement entendus et leur discours est souvent retransmis via les lentilles déformantes des médias de masse. C’est donc pour pallier ce manque flagrant que nous avons interrogé Olena Semenyaka, la coordinatrice du projet « Reconquista Azov », membre du service de presse du Régiment Azov, un régiment international combattant les rebelles russes.

Le Harfang – Pourriez-vous vous présenter ainsi que le Régiment Azov dans lequel vous opérez ?

olena.jpgOlena Semenyaka – Je suis une historienne de la philosophie, une membre du Club traditionaliste ukrainien et une adepte de la révolution conservatrice, particulièrement d’Ernst Junger. J’ai dû reporter ma thèse, car en tant qu’activiste de la droite ukrainienne, je dois mettre mes connaissances et mes contacts internationaux au service de ma nation. Mes agréables découvertes, mais également mes déceptions vous seront dévoilées dans le texte.

La base du Régiment Azov est constituée de la plus vieille formation paramilitaire, « Patriote d’Ukraine », et se réfère idéologiquement à ’Assemblée sociale-nationale. Lorsque les manifestations de Maidan débutèrent, les dirigeants Andriy Biletskyi et Oleh Odnorozhenko furent emprisonnés par le régime de Victor Ianoukovitch. Mais les membres de Patriote d’Ukraine étaient parmi les combattants de rues les mieux formés et prirent part aux affrontements avec les forces de l’ordre. Une des victoires de Maidan fut la libération de tous les prisonniers politiques, dont les dirigeants de cette organisation qui prirent immédiatement la tête de cette jeunesse passionnée. Ils formèrent le Corps Noir, une unité de combattants vêtus de noir qui se lança dans une guérilla contre les séparatistes pro-russes et les occupants. Ils durent improviser pour les armes et durent souvent se servir des armes saisies lors de combats.
Il faut savoir que le cœur du mouvement nationaliste s’est toujours trouvé dans l’est de l’Ukraine, dans la ville de Kharkiv plus exactement. Ce fut une énorme surprise pour les séparatistes de voir leurs voisins russophones diffuser des vidéos promettant de se débarrasser du chauvinisme qui afflige leur ville, ruinant ainsi la propagande du Kremlin à propos de la « junte russophobe » et des « rebelles de Novorussia ». En mai, les « petits hommes noirs », véritables contrepoids aux « petits hommes verts » russes, sortirent de l’anonymat et devinrent le Bataillon Azov, un bataillon spécial placé sous l’égide du ministre des Affaires intérieures. Sa première victoire fut la libération de la ville de Marioupol, ce qui empêcha les Russes de créer un corridor continental vers la Crimée. Le haut niveau de discipline, de dévouement et d’efficacité du bataillon fut apprécié du gouvernement et à l’automne, le bataillon devint un régiment de la Garde nationale d’Ukraine, ses effectifs passant de 400 à 1 200 et étant maintenant approvisionné en armes lourdes.

La propagande du Kremlin dépeint le régiment comme une organisation « nazie », terme qui signifie « russophobe », mais plusieurs Russes servent dans ses rangs. La seule force russophobe dans ce conflit est le gouvernement russe. Le régiment est également composé de Suédois, de Biélorusses, de Croates, d’Italiens, de Géorgiens, dont le souhait d’obtenir la citoyenneté ukrainienne a récemment été accordé par le gouvernement qui leur a simplifié le processus. Le Régiment Azov continue de défendre la région de Marioupol où il est très respecté par les habitants, surtout après que la ville ait été bombardée par les séparatistes le 24 janvier, bombardement qui causa 30 morts et 117 blessés. Le régiment a participé aux batailles près de Maryinka et de Ilovays. De plus, en février, il a mené la seule opération victorieuse de l’armée ukrainienne en reprenant le village de Shyrokyne que les forces pro-russes tentent de reprendre en vain.

Il serait pourtant erroné de considérer le Régiment Azov comme une formation uniquement militaire. Les principes de l’Assemblée sociale-nationale furent réinterprétés, améliorés et adaptés aux défis actuels. Le Corps Civil du Régiment Azov, qu’on pourrait voir comme le noyau d’un parti politique futur, est présent à travers le pays. Plusieurs supporteurs d’Europe ont déjà visité ses locaux à Kiev et collaborent à différents niveaux. La ligne idéologique pourrait se résumer par le terme de Reconquista, un terme ayant sa propre logique de développement : aujourd’hui l’Ukraine, demain le Rus’ (révolution en russe) et l’Europe entière (ce qui signifie restaurer la volonté européenne dans toutes les sphères de la vie et réaliser le dernier souhait de Dominique Venner).

H – Plusieurs informations contradictoires ont circulé dans les médias à propos des manifestations de Maidan. Quelle fut la motivation des nationalistes qui y prirent part ?

OS – Le conflit opposant le régime de Ianoukovitch et les nationalistes au début de Maidan avait débuté avant Maidan avec la répression contre l’organisation nationaliste « Tryzub », qui devint par la suite le noyau de Secteur Droit, le cas monté de toutes pièces des « terroristes de Vasylkivsky », l’emprisonnement d’Andriy Biletskyi, commandant du Régiment Azov, et d'Oleh Odnorozhenko, professeur en histoire, héraldiste et responsable du personnel au Régiment Azov, la suppression de l’histoire nationale et de la culture, la corruption et la mise en place d’un état policier. Ces réalités étaient celles de l’Ukraine pré-Maidan et furent la raison pour laquelle les nationalistes se joignirent aux manifestations et virent la présence d’un million d’Ukrainiens dans les rues, après le passage à tabac d’étudiants par l’unité spéciale de police Berkout, comme une opportunité de renverser le gouvernement. Sans détermination, sans expérience de combat, sans dévouement et sans coordination, les forces nationalistes n’auraient pu l’emporter.

H – Les médias de masse présentèrent souvent les manifestations de Maidan comme étant des manifestations d’appui au projet d’adhésion à l’Union européenne (UE), organisation considérée par de nombreux nationalistes comme néfaste pour les nations la composant. Pourquoi donc ce désir de joindre l’UE ?

OS – Il faut dire que les manifestations de Maidan n’étaient pas des manifestations pro-UE. Avant le début de la guerre avec la Russie, nombre d’Ukrainiens idéalisaient l’UE comme étant le summum de la civilisation et représentant un niveau de vie plus élevé. L’échec de l’accord avec l’UE, qui n’est même pas dû à Ianoukovitch, fut le déclencheur de l’expression de la grogne populaire contre le régime en général. Si aujourd’hui plusieurs citoyens ukrainiens supportent de façon inconditionnelle l’UE, c’est dû à l’ignorance et au travail des médias de masse et des fonds internationaux, mais la réalité les rattrape : les relations amicales entre l’UE et Poutine malgré les sanctions, les dénonciations européennes envers le nationalisme, les demandes de Bruxelles pour faire de l’Ukraine une fédération, ce qui signifierait sa partition, et l’absence d’aide concrète politique et militaire alimentent le désillusionnement et les déceptions face à l’UE.

Il faut aussi ajouter que bien que Ianoukovitch soit considéré comme une marionnette de Poutine, il n’était en aucun cas antioccidental ou anti-UE. Tout comme en Russie, la rhétorique antioccidentale n’est qu’un écran de fumée destiné à camoufler la vente du pays aux intérêts occidentaux en continuant de faire croire qu’ils « se relèvent de leurs cendres ». Tous les hauts dirigeants ukrainiens, de même que les Russes, gardent leurs fonds dans des banques occidentales, envoient leurs enfants étudier à l’étranger, alors la confrontation avec l’Occident n’est que de la fiction populiste qui justifie l’expansion territoriale comme en Crimée. C’est le régime de Ianoukovitch qui a initié l’intégration à l’UE et c’est la force spéciale « Berkout », opposée aux « pro-occidentaux » de Maidan, qui protégea la tentative de parade gaie organisée par le maire de Munich. Donc les sympathies pro-européennes exprimées lors de Maidan n’étaient qu’une première tentative des Ukrainiens de se sortir du joug post-communiste des oligarques capitalistes qui fleurissent en Ukraine et en Russie.

H – Les Ukrainiens ne font-ils pas le sale boulot des Américains en minant l’influence des Russes dans une région du globe qui leur était proche ?

OS – Ce n’est pas parce que deux pays sont géographiquement rapprochés qu’ils coexistent pacifiquement pour autant et ça, les voisins de la Russie impérialiste le savent mieux que quiconque. Les ambitions impérialistes de la Russie moderne sont particulièrement dangereuses, car elle sont souvent en opposition totale avec les traditions culturelles et étatistes de la Rous’ de Kiev et de son successeur direct, l’Ukraine. La Grande principauté de Moscou, qui émergea après Kiev, fut renommée Russie par Pierre 1er en 1721 seulement et resta sous la domination de la Horde d’or jusqu’à 1480, adoptant un modèle de gouvernement absolutiste asiatique et d’après les eurasistes eux-mêmes. C’est donc pourquoi parmi les séparatistes pro-russes, qui sont en fait des nouveaux arrivants, on retrouve des Tchétchènes, des Bouriates, des Ossètes et d’autres peuples de la pseudo fédération russe qui suivent les hordes du Kremlin, force anti-russe.

L’Ukraine qui, durant des siècles, dut lutter sur deux fronts notamment avec Bohdan Khmelnytskyi fit l’erreur d’accepter un protectorat russe, initialement supposé n’être qu’une alliance militaire avec le Traité de Prereïaslav en 1654, mais ce fut plutôt le début de l’assaut russe contre la souveraineté et la culture ukrainiennes dès la première révolte cosaque contre l’oppression polonaise. À partir de là, on assiste à une russification et à une réécriture impérialiste de l’histoire ukrainienne, notamment durant la période de l’Empire russe et de l’Union soviétique. Même si les Ukrainiens ont participé à l’Union soviétique, les trois Holodomor (famines créées artificiellement) sont difficiles à oublier. Ce n’est pas pour rien que beaucoup d’Ukrainiens considèrent la question de souveraineté comme étant la souveraineté face à Moscou. La Russie néo-bolchévique et impérialiste répond avec une guerre anti-ukrainienne et tente d’imposer une historiographie niant nos traditions conservatrices étatistes, affirmant que l’Ukraine n’est capable que de révoltes anarchistes contre le gouvernement et niant l’état de nation à l’Ukraine qui est le berceau des peuples slaves, présentant notre nation comme un projet occidental visant à miner les intérêts russes. Alors les fantasmes sur « le sale boulot des Américains » relèvent de la propagande anti-ukrainienne du Kremlin.

De plus, c’est vraiment symptomatique des gens de droite actuels qui oublient le voile de patriotisme dont s’est drapé le bolchévisme et qui aident aujourd’hui un des co-fondateurs du Nouvel ordre mondial, la Russie, successeur de l’URSS, à diviser le plus grand pays européen, pays qui est en train de vivre une renaissance nationale. Heureusement, beaucoup de pays européens qui appartiennent à l’axe géopolitique nord-sud (Lituanie, Pologne, Géorgie et même Bélarus, supposé dépendre de la Russie) nous aident à regagner notre territoire national et notre souveraineté. Il y a aussi des Russes qui considèrent l’Ukraine comme la Rous’ originelle et souhaitent vaincre la Horde d’or du Kremlin et libérer leur pays d’origine.

H – Comment expliquez-vous que des politiciens occidentaux s’opposant au nationalisme dans leurs pays supportent les nationalistes ukrainiens ?

OS – Ils supportent l’image médiatique de l’Ukraine pro-UE et ne connaissent rien de notre histoire ou de la complexité des aspirations de ceux qui ont participé aux manifestations de Maidan, qui avaient le potentiel pour devenir une véritable révolution nationale, une révolution qui fut interrompue par l’annexion de la Crimée par la Russie. De plus, ils ne supportent pas l’Ukraine par des actions concrètes, car l’Ouest ne souhaite pas une Ukraine forte et indépendante. Cela relève de la lutte entre deux entités mondialistes pour leur sphère d’influence.

H – Les troupes de l’OTAN sont présentement impliqués dans cette région, le Canada ayant récemment envoyé des troupes pour former les soldats ukrainiens. Etes-vous équipés par l’OTAN et les soldats occidentaux combattent-ils à vos côtés ?

OS – Même si les citoyens canadiens et particulièrement la diaspora ukrainienne ont beaucoup aidé en envoyant des denrées alimentaires et des fonds, l’aide occidentale est fortement exagérée par les médias qui souhaitent apaiser les citoyens. Les Etats-Unis ont envoyé de l’aide financière et un peu d’aide militaire, mais leur attitude est plutôt passive, alors les frappes préventives russes contre une ingérence américaine ne sont qu’une façon de camoufler les vieilles ambitions impérialistes de la Russie. En ce moment, des instructeurs américains forment des soldats ukrainiens, mais ils n’ont aucun impact sur le déroulement de la guerre. Le Régiment Azov a ses propres instructeurs et volontaires étrangers, alors ça ne change rien à nos capacités.

H – Le Donbass est ethniquement russe. Notre organisation croit en l’auto-détermination et au respect des droits ethniques. Pourquoi vous opposez-vous donc à l’indépendance de ces républiques russes ?

OS – L’affirmation de départ est fausse; même après des tentatives de colonisation, le Donbass compte un grand nombre d’Ukrainiens et de pro-Ukrainiens, même si ceux-ci sont ethniquement russes. Après la victoire de Maidan, plusieurs de l’unité « Berkout », des politiciens pro-russes et des activistes russes, s’enfuirent au Donbass pour préparer une contre-offensive contre l’État ukrainien. C’est un des mythes du Donbass russe. Les activités des « petits hommes noirs », ainsi que la tranquillité et les sympathies pro-ukrainiennes observées dans les villes supposément russes libérées par les soldats ukrainiens au printemps dernier comme à Kharkiv, Odessa, Marioupol, Mykolayiv, prouvent que la source de violence et d’oppression est la Fédération russe et non la « junte » ukrainienne. De plus, les confessions de l’ancien leader militaire de Novorussie Igor Strelkov (Guirkine) à propos du référendum illégal de Crimée, durant lequel les troupes russes obligèrent les députés à voter en faveur de l’annexion, montrent que le référendum du Donbass, qui n’a pas atteint le quorum, fut une farce. Cela explique pourquoi l’armée russe n’occupe aujourd’hui que la Crimée, les villes de Lougansk et Donetsk ainsi que quelques villages avoisinants, alors que l’objectif initial de Novorussie était d’englober la moitié de l’Ukraine.

Il faut aussi garder en tête que les territoires qui furent connus sous le nom de Nouvelle Russie ne furent pas donnés à l’Ukraine par la Russie, mais au contraire furent volés au Cosaques ukrainiens. Sur toutes les cartes, atlas et traités, ces territoires étaient identifiés comme la Zaporoguie jusqu’en 1775.

Finalement, j’aimerais attirer votre attention sur les récents appels de Dmitry Dyomouchkine, président de la plus importante organisation nationaliste russe, qui s’adressait aux nationalistes du reste du monde. Dans cet appel, ils demandent aux nationalistes de faire preuve de solidarité et de ne pas appuyer Poutine. Dyomouchkine, qui a été fouillé par le FSB pour une huitième fois, rappelle que le gouvernement russe actuel emprisonne même les nationalistes loyaux au régime (« Il faut une permission pour aimer Poutine »). Les nationalistes russes rappellent aussi les politiques économiques et immigrationistes anti-russes prisent par la Fédération russe et souligne que la défense des droits des Russes d’Ukraine n’est qu’un mythe cynique : l’annexion de la Crimée et la guerre au Donbass ont eu un impact négatif sur les Russes de ces territoires, divisent les Ukrainiens et les Russes et menacent l’unité slave. Alors les nationalistes québécois qui sentent que les Ukrainiens ont raison sont tout à fait justifiés. Espérons que cette entrevue permette de clarifier les choses pour tout le monde.

Source:

Par Rémi TREMBLAY

LE HARFANG , magazine de la Fédération des Québécois de souche, vol 3, NO. 5, juin/juillet 2015.

05/06/2015

Méridien Zéro #235: "Pour la jeunesse, contre les vieux !"

Ce vendredi, Méridien Zéro reçoit Julien Langella pour évoquer son ouvrage sur la jeunesse, un manifeste écrit au nom des Anciens ! L'ouvrage est publié par nos camarades des Editions du Rubicon et nous vous invitons bien évidemment à le leur commander.

Les Editions du Rubicon, 21 rue de Fécamp 75012 Paris

Courriel : leseditionsdurubicon@yahoo.fr

www.leseditionsdurubicon.com

A la barre, PGL et à la technique, JLR.

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02/06/2015

L'obligation de penser le monde qui vient et d'enterrer celui qui passe.

90825017.jpgQue l'on s'arrête un temps sur la politique française : on n'y trouvera que de la com. Les choses qui encore se font, se font, à la limite, à l'échelon local – à l'échelon, dirons-nous, communautaire. Pour le reste, c'est à dire au niveau national, il n'y a qu'une stricte application des élans de l'époque, laquelle obéit à une décomposition progressive de tous les acquis des siècles. Le Parti Socialiste au pouvoir, à la suite de l'UMP, détricote les fondamentaux de la France que nos grands-parents et parents ont connu : éducation, symboles, fonction publique, identité, autorité, culture, centralisation, etc. Cette politique effective de déconstruction semble être la seule possible au pouvoir, comme si elle obéissait à des impératifs qui appartiendraient à un déterminisme historique obligatoire d'intermède entre deux siècles. Quand à ceux qui briguent le pouvoir national, les Républicains et les Frontistes, leur rhétorique consiste à vouloir, justement, restaurer. Les uns et les autres veulent « restaurer l'autorité de l'Etat », « appliquer la laïcité telle qu'elle fut pensée en 1905 », « retrouver notre souveraineté nationale », « revenir à l'assimilation », quand il ne s'agit pas de « retrouver notre monnaie nationale » etc. Or, la politique des « re » est pure tautologie d'une nostalgie qui trouve, bien sûr, ses clients et ses électeurs en démocratie. Mais en fin de compte, il ne s'agit que de « com », car s'il peut être pratique de s'adresser à la foule des inquiets qui abondent toujours en périodes historiques  intermédiaires, et de s'adresser à eux à travers une redondance d'appels au passé, il n'en demeure pas moins qu'aucune politique pérenne ne peut se fonder exclusivement sur des « re ». Les exemples historiques – de Sylla, qui voulut refaire la Rome républicaine et aristocratique, à De Gaulle, qui voulut restaurer la France – montrent toujours que ces intentions ne peuvent être que passagères, et que les civilisations, comme les nations et comme les siècles, obéissent toujours à la maxime d'Héraclite : on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. Or, l'Histoire est le fleuve par excellence.

Résumons :

1 – Nous vivons une période historique intermédiaire qui bientôt va finir, raison pour laquelle la déconstruction des fondamentaux de la France (déconstruction qui, en vérité, a déjà commencé il y a 1 ou 2 siècles) s'accélère particulièrement en ce moment.

2 – Nous entrons progressivement dans un nouveau siècle, avec ses propres conditions, temporalités, impératifs et nécessités.

3 – Les hommes politiques au pouvoir ne font qu'accompagner, consciemment ou non, cette décomposition du temps passé. Quant à ceux qui n'y sont pas, ils ne font qu'appeler à sa restauration qui jamais ne viendra, ou, au mieux, que pour un temps très court, comme les derniers soubresauts d'un mourant.

4 – Les intellectuels actuels n'ont comme seul objet de pensée la destruction du monde qu'ils connaissaient. C'est pourquoi le monde de l'intelligence passe tout entier « à droite », parce qu'il s’aperçoit du carnage et du changement mais se contente, comme les politiques, à le pleurer.

5 – La nécessité pour les intellectuels et les politiques d'aujourd'hui est plutôt de penser le monde de demain pour y projeter des volontés. Finis les « re » : il faut vouloir dans les nouvelles conditions possibles qui se mettent en place petit à petit.

J'imagine que tout ceci est très dur à avaler, car cela fait fi de nos affects et de notre tendresse pour un monde qu'il y a peu nous touchions encore. Pourtant, si l'on veut échapper au règne de la com et/ou de l'impuissance politique, il nous faudra faire le deuil d'un certain nombre de choses pour penser les meilleurs solutions afin d'en préserver d'autres.

J'ajoute qu'il ne s'agit pas là d'un fatalisme pessimiste ; au contraire : plutôt que de perdre son temps dans des combats perdus, une envie impérieuse d'affronter le monde qui vient.

Julien Rochedy

Source: Rochedy.fr