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09/02/2014

Entretien avec Lucien Cerise par Novopress


Lucien Cerise est l'auteur de Gouverner par le chaos.

29/01/2014

Entrevue du CNC #8 : Pierre-Antoine, responsable du cercle Les Non-Alignés - Troisième partie

Entrevue du CNC #8 : Pierre-Antoine, responsable du cercle Les Non-Alignés 

Troisième partie

7) Quels sont les radios, les revues et les blogs que vous écoutez ou lisez régulièrement et pour quelles raisons ?

Sur Internet

Comme tout le monde je lis les grands sites de la mouvance nationale comme Egalité et Réconciliation, Fdesouche, puis les sites plus petits mais d’orientation métapolitique comme le vôtre, scriptoblog ou encore Polémia. Evidemment les sites des mouvements politiques mais aussi les sites des journaux du « système ». Pour certains dossiers, ou juste pour savoir ce qu’ils pensent de nous et surtout afin de connaitre ce qu’ils veulent faire penser à la population. Une fois que l’on a identifié que les médias sont en fait le second pouvoir et non pas le quatrième, qu’ils sont en fait directement l’extension de la finance internationale et son instrument idéologique sur les populations, on comprend toute l’importance de la guerre cognitive, de l’ « infoguerre », du « Soft-power ».
(Sur ce thème : http://www.egaliteetreconciliation.fr/L-Empire-invisible-...)

Des sites comme Eurosynergies et toutes ses ramifications proches ou lointaines ou encore Theatrum Belli, nos amis de Metamag entre autre. En Italien, aussi comme : Noreporter, Il Dissidente, Centrostudilaruna. J’en découvre régulièrement, je viens par exemple de découvrir par un ami Atala.fr ainsi que « Thuleanperspective ». Deux sites qui explorent des champs d’investigation passionnants et encore assez inédits sur nos origines les plus lointaines. Il y a aussi toute la galaxie des sites catholiques traditionalistes comme Laportelatine, le site de la FSSPX, ou encore Eschaton.ch, Sodalitium etc. Toute la galaxie aussi des sites chrétiens orthodoxes. Ces derniers m’intéressant particulièrement pour tout ce qui touche à une part fondamentale de notre identité européenne, ce que l’on peut appeler l’orient européen. Grand Est-européen qui est un poumon de vitalité ethnoculturelle à connaître et préserver et auquel se ressourcer pour les européens de l’ouest non encore totalement américanisés.

Ceci dit de mémoire et parmi une multitude de sites pouvant participer de notre combat métapolitique et métaculturel au sens large. A l’heure actuelle, et de plus en plus, ce qu’il faut arriver à maitriser en priorité avec internet c’est la dissémination de l’information et l’éclatement du savoir. Il y a autant de site que d’acteurs sociaux ou intellectuels. Il est impossible d’arriver à tout explorer. L’éclatement du savoir est un phénomène de fond de notre époque que plus personne ne semble arriver à juguler dans notre société : ni église, ni parti, ni lobby, ni think-tank, cela même avec les meilleures intentions du monde. J’use pour ma part, dans cette mer gigantesque et houleuse, d’un critère et d’une boussole : la capacité de discernement et la volonté d’arriver à terme à une synthèse qui aille dans le sens de notre vision du monde. Le critère de discrimination des connaissances dont j’use est simple : nous combattons pour une vision du monde « alter-européenne », le critère premier c’est la centralité de la civilisation européenne. Tout ce qui est européen est nôtre. Tout ce qui est bon pour la civilisation européenne est bon pour nous. Tout ce qui parle de la civilisation européenne parle de nous. Je ne suis sûr de rien mais je suis sûr de cela.   

L’information, le savoir, la culture ne sont pas neutres, le seul moyen d’arriver à se mouvoir dans ce chaos apparent c’est d’avoir une vision du monde comme outil de discrimination des contenus proposés. Dans le monde s’affrontent, se combattent, se mélangent, se rejettent ou disparaissent les visions du monde et les idéologies. Arriver à se hisser jusqu’à une capacité de synthèse et de vision est le critère de discernement principal de la guerre cognitive qui domine les sociétés humaine de ce début de XXI ème siècle. Tout se joue d’abord au niveau des représentations avant que de se déchainer en passions collectives si les peuples en sont encore capables.

Globalement, nous sommes entrés dans l’âge de l’information depuis les années 70.  L’arrivée d’internet dans les années 90 et sa centralité dans la vie sociale aujourd’hui est un bouleversement majeur que l’on est obligé de chevaucher et que l’on peine à appréhender totalement. Cela ouvre des perspectives incroyables. Une bataille se jouera bientôt entre deux visions de cet outil : la vision unipolaire américano-centrée de l’internet ou bien celle que défendent les acteurs non-alignés de l’infoguerre comme la Russie, celle d’un internet multipolaire indépendant des Etats-Unis. Notre site « Les Non-Alignés » se situent bien évidement résolument dans la deuxième perspective.

Dans les années à venir nous ferons toujours plus évoluer notre média. LNA participe à son niveau et avec ses moyens dissidents à l’élaboration en cours des contre-médias et de ce que j’appelle la « réinfosphère ». Il y a un chantier gigantesque à développer en direction de la formation à distance par internet entre autre choses ou bien encore dans la production de contenus de qualité. Je pense que dans les prochaines années on verra des médias alternatifs devenir de vraies puissances culturelles et économiques. Nous ne sommes qu’au début d’une révolution à laquelle LNA participe pleinement à son modeste niveau. Principalement en se situant au centre de toutes les perspectives de dissidence cognitive. Se tenir au centre, avoir un centre, est comme toujours la priorité. On voit déjà la capacité qu’ont eue Dieudonné ou E&R à générer une économie alternative viable en matière de contre-culture. Déjà d’autres acteurs émergent comme Méta-TV ou bien des projets de télévisions identitaires. On est au début d’une révolution et d’une redistribution des rôles au niveau culturel et métapolitique. L’horrible couvercle de mal-être et de pessimisme organisé qui pèse sur la culture française et européenne depuis notre enfance finira par sauter, j’en suis persuadé. Nous le ferons sauter. Tous les courants contre-culturels qui ont contribué à nous former de manière souterraine vont bientôt ressortir au grand jour. Déjà en Grèce des élus d’Aube Dorée sont des « black-métalleux » ( !), déjà en France Dieudonné et Soral deviennent des phénomènes de masse, déjà en Italie la culture de la droite radicale est la principale culture alternative organisée. La « circulation des élites » c’est maintenant ! Et ça va faire très mal aux oligarchies médiatiques. Il faut tout faire pour contrecarrer le nihilisme culturel en cours et le remplacer progressivement par notre vision du monde, par ce que nous sommes et n’avons jamais cessé d’être.  

Le grand défi face à l’éclatement des informations et des connaissances réside dans la capacité de discernement et de synthèse. Celui ou ceux qui sauront produire des médias qui projettent avec autorité - et non plus de manière anarchique et désorganisée - du contenu métapolitique, ceux-là gagneront la guerre de l’information et renverront « ceux qui nous nient » dans les cordes pour longtemps. Les « effacistes » de notre mémoire et les « remplacistes » de notre substance ethnoculturelle comme les appelle J-Y Le Gallou.

C’est d’ailleurs l’une des clefs du succès d’E&R et d’Alain Soral que de proposer un contre-média synthétique qui regroupe une foule de contenus divers sous un label autoritaire qui confère une légitimité : E&R et Kontre Kulture. Passer ses nuits et ses journées à rechercher sur le web tout le contenu intéressant a ses limites. Il faut des récepteurs-émetteurs de ce contenu qui le trient et le synthétisent pour un public plus large et avec une ligne éditoriale souple mais ferme. Ce que font E&R ou Fdesouche.

Autoritaire comme la télévision, cela pour une foule qui se cherche de nouveaux de nouveaux cadres de vie, de nouveaux coachs, de nouveaux maîtres (dans le cas du public de Soral par exemple).

Notre spécificité avec LNA se situe là aussi : nous visons quant à nous à former des hommes libres et différenciés, donc forcément moins nombreux. Nous produisons du contenu exigeant mais accessible dans le sens d’une orientation métapolitique de cette vaste nébuleuse de contestation réticulaire que l’on appelle « dissidence ». Nous reconnaissons à chacun ses réussites et ses succès, ceux de la dissidence autour du couple principal Dieudonné / Soral et ses satellites principaux : Hillard, Drac etc. Comme nous reconnaissons aussi très bien les échecs ou les retards pris par notre camp : celui de l’Europe spirituel et ethnique. A nous, ethno et alter-européens d’être à la hauteur des enjeux d’aujourd’hui. Si vraiment demain nous appartient comme chante l’un de nos hymnes de foi et de combat.

Nous, militants alter-européens, inspirons-nous de cela pour diffuser nos idées et propager notre vision du monde et notre conscience au-delà de nous même, à destination de ceux qui sauront s’y reconnaître.

Sur papier et radio

Je lis régulièrement « Eléments », la « NRH », « Nouvelle Ecole »,  « Rébellion », « la Décroissance », « Réfléchir et Agir », « Terre et Peuple », ou plus confidentielles comme « Tabou ». Je lis aussi « Causeur » quand je tombe dessus chez un ami et d’autres revues « néocons » quand on me le prête … J’aime aussi prendre connaissance des revues scientifiques ou des publications universitaires quand je vais dans les bibliothèques publiques ou universitaires. Dans l’ensemble j’essaye d’avoir une vision panoramique dans mes lectures, ce qui n‘est pas forcément évident, au vue du temps et de l’argent nécessaire pour cela. Pendant plusieurs années, et quand internet n’avait pas encore pris cette ampleur démesurée, je lisais avec intérêt : la lettre d’Emmanuel Ratier ou celle de feu Pierre de Villemarest. Lectures Françaises et d’autres revues catholiques plus confidentielles. J’ai beaucoup lu quantité de revues plus anciennes trouvées chez les bouquinistes et les libraires. J’insiste sur l’importance de fréquenter les librairies et les bouquinistes. Pas en rat de bibliothèque mais en chercheur avisé et afin de faire vivre ces lieux de vie intellectuelle et de sève spirituelle de notre combat. Personnellement sans la Librairie du Paillon à Nice et tous les libraires fréquentées depuis des années en France ou ailleurs je n’aurais pas appris le quart sur les sujets qui m’intéressent. Internet est un outil fondamental, mais la vraie formation intellectuelle, on ne la trouve que dans la lecture profonde,  silencieuse et non artificielle du livre et de la solitude. Sans compter les rencontres ou les discussions que l’on peut avoir dans ces lieux de vie. Mais certains préfèrent enrichir juste Amazon et se croire omniscient devant leur pc et ses bribes d’information, vitales mais éclatées. Il n’y a que l’investigation théorique qui peut conférer à l’esprit une capacité réelle de mettre en faisceaux organisés des connaissances éparses.  

Je lisais aussi les revues « traditionnelles » plus confidentielles telles « Politica Hermetica », « Antaios », « Sol Invictus ». C’est ici l’école guénonienne ou gnostique de droite que j’appréhende avec la méfiance nécessaire mais qui recèle des choses intéressantes. Je lis aussi ce qui me tombe sous les mains en Italien, là, peut-être même plus encore qu’en France, la fréquentation des libraires radicaux, ésotéristes, politiques etc a contribué à ma formation politique. L’importance militante et communautaire de la formation intellectuelle est validé par la place qu’occupe la librairie « la Testa di Ferro » dans la galaxie Casapound. En Italien je lis régulièrement la revue que dirige Gabriele Adinolfi : « Polaris » ainsi que la revue « Arthos » du professeur Renato Del Ponte, professeur de latin et lettres, ami d’Evola et directeur du Centro Studi Evoliani.

Sinon pour ce qui est de la radio j’écoute évidemment Méridien Zéro, mais aussi France Culture parfois. Certaines émissions de fond sont riches d’enseignements, on constate même une évolution intéressante de personnes comme Michel Onfray qui s’y exprime. D’autres émissions, comme une entendue récemment sur Sade et son idéologie, sont intéressantes à écouter à rebours des intentions de ceux qui les produisent, pour étudier la généalogie de la subversion.

Plus globalement votre question pose la question de la culture. Je considère que ce qu’on appelle le « soft-power » est actuellement le champ de bataille le plus important pour nous. Avec bien-sûr toutes les tentatives faites pour retisser du lien communautaire entre européens.

Le Soft-power est l’arme qu’il nous faut employer de toutes nos forces tant que cet outil nous est accessible. Car ce n’est pas nous qui élaborons les outils technologiques qui périodiquement remodèlent le paysage socio-culturel dans lequel il nous faut vivre de gré ou de force. A chaque époque les plus intelligents des nôtres ont su s’adapter pour réussir ou juste continuer d’exister. C’est assez désagréable pour moi d’être coincé derrière son ordinateur, de même je préfère écrire sur papier que de taper sur un clavier et m’abimer la vue sur écran rétro-éclairé. Reste qu’à notre époque c’est un passage obligé même s’il nous faut garder le contact avec le réel, savoir couper les machines pour retrouver ses amis en vrai.  

C’est tout le sens de notre site-réseau : Les Non-Alignés. Au départ j’étais surtout un activiste de terrain qui essayait de valider ses idées dans le réel du politique et du social au travers d’actions concrètes comme l’aide aux pauvres (qui est toujours une chose à faire comme le fait le MAS) ou par le combat directement politique : tractage, affichage, élections etc. Constatant la déperdition d’énergie de ces pratiques, nécessaires pour la cohésion des groupes, mais assez inefficaces pour mobiliser les post-humains qui se terrent derrière leurs ordinateurs, je me suis orienté vers l’influence cognitive avec mes faibles moyens. Nous arrivons en revanche à pallier à l’absence de moyens par les liens humains et la philia militante, choses que nos adversaires n’auront jamais malgré tout leur argent.

Le combat idéologique, le combat pour la vision du monde reste le combat prioritaire. Ses formes et ses moyens changent selon les époques et les circonstances mais l’affrontement multiséculaire contre « ce » et « ceux qui nous nient » reste le même.

Savoir lire et apprendre, savoir se former.

Permettez-moi de finir par une digression sur le pourquoi de la formation culturelle et la nécessité de l’étude et de la lecture sans excès.

Je lis régulièrement mais comme un exercice, je n’ai pas le culte du livre en soi, c’est pour moi un moyen et non pas une fin. Je ne lis presque jamais de romans. Je lis pour comprendre et appréhender directement certaines connaissances vitales pour « théoriser » au sens de « voir » comme le pensaient les philosophes de l’antiquité. Rien ne remplace la contemplation de la nature ou le contact aux autres. Mais la solitude forcée de la pensée et de l’écriture est une discipline nécessaire afin de ne pas se disperser, voir de se dissoudre dans les activités militantes. Comme la prière, la lecture méditative rassemble et recentre. Une vraie lecture est toujours source de polarité et de recentrage sur l’essentiel.

Je pense que les meilleurs lettrés sont les hommes de guerre ou de prière qui méditent, comme César, St Paul ou Marc-Aurèle. Eux n’écrivaient pas pour écrire, mais par nécessité intérieure : défendre et propager leur foi ou leur vision du monde, ou plus extérieure : l’explication et la théorisation de leur action et de leur expérience.

Pour autant j’apprends chaque jour la nécessité de la première fonction et le rôle crucial et polaire des « oratores ». Mais ceux-là ne sont pas juste des érudits ou des lettrés, mais des porteurs de l’axe du monde comme Dante ou Platon. On voit beaucoup de personnes à l’heure actuelle, avec la possibilité des moyens techniques contemporains, vouloir « devenir » écrivain et même tenter d’écrire ou de se faire éditer. C’est bien souvent dérisoire. Je ne sais plus qui a dit « l’écriture est un état pas une activité », je crois que c’est exact. Il ne faut pas vouloir devenir écrivain mais être écrivain. « On devient orateur mais on nait poète » disait-on chez les romains. Mais qu’est-ce qui donne un poids ou un sens réel aux mots ? Les épreuves de la vie que l’on affronte silencieusement en se dotant d’un destin qui en vaille la peine. On écrit le mieux dans les à côtés d’une lutte importante. Que valent les mots sans le sang, la chair et l’esprit qui vont avec et les sous-tendent, les vivifient ?

Yukio Mishima, et aussi un célèbre chef d’Etat allemand du milieu du XXème siècle, disaient qu’il ne fallait pas écrire avant trente ans car avant cela notre vision du monde n’est pas encore assurée ni complètement formée. A notre époque et compte-tenu du rallongement du temps de la vie et de l’ « adulescence »  qui se prolonge, on pourrait pousser cette barrière à quarante ans je pense. Cela ferait un bon tri de ce qui se publie dans notre mouvance déjà … Il faut écrire à côté d’une lutte importante ou se taire, cela tous les grands hommes du passé nous l’ont enseigné.

8) Quels sont à votre avis les grands défis à venir pour la France et l’Europe ?

Ce qu’on pourrait décrire de manière générale comme un processus de « dé-civilisation » : la dé-spiritualisation et l’athéisme matérialiste sous toutes ses formes, l’indifférence en face de la beauté de la vie et de la nature de manière générale.

L’absence d’amour, de philia, d’humanité et d’honneur dans la cité. L’émancipation de la femme et la fin des familles traditionnelles. Les familles décomposés, l’idéologie du désir, le féminisme. L’acceptation programmée et organisée de la laideur dans l’urbanisme et nos cadres de vie contemporains. La subversion sous-culturelle américano-sioniste.

Tout hurle, partout autour de nous et constamment, la laideur sans nom d’une cité contemporaine sans âme ni sens. Plus globalement ce que l’Eglise traditionnelle appelle : la culture de mort. L’occident au sens étymologique d’ « occidens » et « occidere » : ce qui tombe, ce qui chute mais aussi ce qui tue, ce qui occis. Là où le soleil se couche, là où tout meurt, là où nous sommes actuellement : à la minuit d’un enfer de confort, d’un goulag soft et mental. De notre société de consommation nécrophage et putréfiée. Et cette chose inouïe qu’est l’effacement de la culture face à la technique jusque dans l’intimité des foyers et des familles. Et l’indifférence sidérante, voir l’accompagnement de ce processus par tant de nos contemporains zombifiés, possédés, dénaturés, hypnotisés. L’épaisseur de la bêtise crasse organisée par tous les canaux de la sous-culture de masse américano-sioniste. Sous-culture de masse qui est la source première du « grand remplacement » avec le planning familial mondial comme refusent de le voir trop des contempteurs du changement de population.

La dénatalité, la grande catastrophe. La cause première du « grand-remplacement » étant l’avortement institutionnalisé d’Etat et pas l’ « Islam », qui au pire n’est qu’une conséquence de quarante années d’immigration organisée et de dénatalité planifié par l’Etat laïque si chère à Christine Tasin et ses amis. Islam qui est même, du côté musulman, une réaction populaire des masses non européennes et non assimilables au monde moribond que défendent justement Riposte Laïque, les occidentalistes et la droite parlementaire.

Pour autant, l’optimisme historique doit rester notre boussole intérieure, car l’âme et l’esprit sont plus forts que la mort comme nous l’enseigne le Christianisme traditionnel sous ses formes catholiques et orthodoxes.

La vie est certes dénaturée mais elle est toujours là pour nous contenter comme un don de Dieu.

9) Etes-vous plutôt favorable à la restauration de la souveraineté de la France ou bien aspirez-vous à un effacement des Etats-nations au profit d’une authentique Europe puissance ?

Le problème principal est de savoir où se situerait une possibilité d’orienter l’avenir dans un sens qui soit le nôtre à minima. Sur le papier l’idée de rompre avec l’Union dite « Européenne » peut apparaître juste, voire même morale compte tenu de la nature toujours plus clairement « libéral-totalitaire » de l’UE. Mais est-ce vraiment réalisable ? Et avec qui ? Seul ? En déclenchant des sécessions étatiques en cascade ? Qui suivrait ? N’est-ce pas aller dans le sens d’une balkanisation de nos territoires encore plus féroce ? Si l’on analyse froidement la nature du pouvoir « globalitaire » en place, je pense que l’on arriverait plutôt à la conclusion qu’il faudrait tenter de concevoir une sorte de super lobby « alter-européen » orienté vers la coopération eurasiatique face à l’actuelle orientation atlantiste de nos « élites » actuelles.

Mais là encore avec quels moyens ? Avec quels partenaires vraiment fiables ? Depuis quelle position de puissance ?

Le problème de l’Europe va être au centre de tous les débats avec l’entrée prochaine dans l’Union Transatlantique. Si on couple cela avec les 47 pays (820 millions de citoyens ! …) qui sont censés participer du conseil de l’ « Europe » on voit bien qu’on est cerné de tous côtés … Alors de quel côté veut-on que penche l’Europe de demain : vers l’Amérique ou l’Eurasie ?

Le grand mensonge de l’Union Européenne c’est la subversion du projet alter-européen et carolingien qu’ont pu avoir certaines élites européennes dans les années trente puis ensuite de l’idée que s’en faisait le général de Gaulle par exemple. Subversion par un projet sans mesures ni limites qui n’a plus aucun rapport avec l’idée même d’Europe. Ce projet n’étant plus que l’un des étages de l’appareillage mondialiste dans lequel l’oligarchie planétarisée tente d’enserrer les nations et les peuples présents sur ce qui n’est pour elle que la péninsule de l’Eurasie. « Europe » c’est pour elle, au mieux, un simple dénominateur géographique, au pire la subversion et l’inversion de toutes les valeurs pérennes de notre civilisation sous le nom même de cette civilisation. Quel tour admirable de sorcellerie ! Quel enchantement terrible qui enserre celle que nous aimons de toute nos forces : « Europa », la déesse-princesse en dormition dont chacun de nous est un peu le paladin qui lui voue sa vie et rêve de la réveiller afin de la voir vivante et belle à nouveau.  

Cette vaste question dépasse en fait largement le cadre d’un simple entretien, c’est l’une des questions actuelles principales. Dans les prochains mois nombre des productions des Non-Alignés seront relatives à cette question géopolitique, civilisationnelle et existentielle.

L’« Europe », c’est pour nous une histoire, une vision du monde et un état d’esprit spécifique appartenant à des peuples particuliers : les peuples ethno-européens d’origine. Peuples que j’appelle pour ma part : peuples « natifs-européens ».

Comme on parle de « native-americans » pour parler des peuples amérindiens d’origine. Nous sommes les autochtones de l’Europe au sens noble, et nous le resterons toujours, même en minorité chez nous. Comme les indiens d’Amérique restent pour toujours, dans la mémoire humaine, les habitants originaux des Etats-Unis.

Peut-être prochainement minoritaire sur notre habitat d’origine, nous serons forcés d’adopter une dénomination commune nous différenciant de manière stricte des autres « européens » peuplant nos territoires historiques. Territoires mités par l’immigration-invasion et le « grand remplacement ». J’ai longtemps réfléchi à comment désigner ce qui nous unis et je me suis heurté à la centralité de notre nativité d’origine face au grand mélange qu’est le monde contemporain.
Ce qui donne sens à toute nos représentations, à toute notre vision du monde en tant qu’identitaire européen peut-être résumé par cette notion de peuples « natifs-européens ».

Du temps où je militais au Bloc-Identitaire je me suis souvent interrogé sur ce qui pourrait nous définir au mieux car je trouvais que le terme d’identitaire n’était pas encore assez précis pour nous désigner et constituait plus une définition en creux.
On parle aussi de crise « identitaire » et je cherchais une définition plus directe, plus culturelle et spirituelle encore que politique. J’ai découvert qu’un camarade avait eu, lui, de son côté, l’idée de cette dénomination d’ « alter-européens », ce qui est très juste mais ne pose notre identité que comme une alternative au projet mondialiste actuel. Je cherchais pour ma part une définition plus exacte et profonde de ce que nous sommes, quelque chose qui aille au cœur de notre être et je pense l’avoir trouvé : nous sommes des « natifs-européens ».  

Comme dit au début de notre entretien (partie 1) je suis en train d’écrire un texte de fond sur la thématique de l’identité européenne. Ce sera un peu la somme de notes accumulées en marge de mon engagement politique. J’y développe l’idée suivante qui est comme le fil conducteur de l’ouvrage : nous sommes des peuples actuellement menacés dans leur existence même comme tant d’autres de part le monde mais peut-être plus que les autres. Cela principalement parce-que, à un moment donné de notre histoire (cela s’est fait par étapes), notre civilisation a commencé de servir de véhicule a un projet d’arraisonnement et de changement de la nature et du monde. Projet fou de civilisation terminale (issue de la pétrification de notre culture comme disait Spengler) qui a besoin pour se propager d’épuiser jusqu’à la trame ce que nous sommes et qui est bien proche d’y parvenir. Projet qui nous utilise et nous consomme bien plus qu’il ne nous sert contrairement à ce que pensent les occidentalistes.

Ce texte s’appellera justement : « Nous, Natifs-Européens ». Il tracera les contours de ce qui pourrait être un projet de redressement identitaire et spirituel face aux menaces de fond actuelles. J’y dresserai aussi un panorama de ces menaces ainsi que leur brève généalogie historique et métaphysique. On ne devrait pas parler ainsi de son travail en cours mais, comme nous tous, je suis toujours plus précarisé, j’ai donc tendance à faire passer ce travail de synthèse après l’urgence de la lutte. En parler à mes camarades me donne déjà l’obligation de le terminer …

Je dois donc arriver à me persuader qu’écrire c’est militer afin de m’y atteler. C’est tellement dur de rester assis quand on brûle d’en découdre … C’est pour cela aussi que j’aime assez la forme des entretiens LNA avec les personnalités de notre mouvance. Cela donne une allure plus active à notre enquête sur l’époque et cela mobilise les énergies de notre réseau LNA en plus de poser les problèmes sur le fond avec des spécialistes de ces problèmes.

LNA est une tentative de synthèse métapolitique vivante et active en temps historique réel … Rien que ça !

11) Nous vous laissons le mot de la fin.

Plus personne ne peut réellement penser vaincre de manière directe un pouvoir désormais polymorphe et transnational. Pouvoir qui se caractérise par sa liquidité, son omniprésence « bienveillante » sécuritaire et surtout par son intrusion dans tous les aspects du quotidien des habitants de « cosmopolis », la cité universelle. Face à l’ubiquité du contrôle social et anthropologique de ce que l’on peut à bon droit appeler : la « monoforme », la plupart des oppositions sont condamnées à rester de pures postures de compensation ou de témoignage sans ancrage concret dans le réel. Pour autant que ce « réel », au sens aristotélicien, soit encore atteignable par-delà les filtres apposés entre l’homme et son environnement naturel.

Matérialisé jusque dans l’urbanisme et le décor des lieux de son existence, le contrôle social et anthropologique de la vie et des sentiments de l’homme est désormais difficilement dépassable même avec la meilleure volonté du monde. Nous sommes tous esclaves et prisonniers d’une matrice antinaturelle qui a pris lieu et place de notre environnement normal en s’appuyant sur les faiblesses des systèmes anthropologiques et politiques du passé, ceux dans lesquels nos ancêtres vivaient bon-gré, mal-gré. Les hommes et femmes contemporains, désemparés et déboussolés se heurtent au mur de leur cage psychosociale en tentant de se conformer toujours plus aux injonctions de bonheur individualiste que leur assènent le libéralisme et le matérialisme. Ils essayent d’être heureux seul ce qui est impossible, ce qui constitue de fait une injonction contradictoire. Ils essayent d’être heureux lors même qu’il n’existe de vrai bonheur qu’enraciné dans une famille ou une communauté. Ils essayent d’être heureux lors même que les conditions même du bonheur véritable disparaissent et s’évaporent comme neige au soleil. Un peu comme les « sim’s » - ces automates stupides d’un jeu vidéo des années 2000 - ils tournent sur eux-mêmes dans leur monde interchangeable ikea et n’ont plus d’autres repaires que ceux que leur donnent les programmateurs sociaux et les démiurges de notre monde vide.

Monde vide que l’on opposera bien-sûr au « monde plein » que connaissait et vivait le naturaliste suisse Robert Hainard ou le grand veneur Venner. Monde plein dont l’accès secret s’éloigne toujours plus de notre portée à mesure que progresse la monoforme du non-être, l’arraisonnement de notre territoire, de notre sang, de nos esprits.  

Faire la généalogie de ce processus déborderait là encore le cadre de cet entretien.

Mais remarquons que malgré l’enfumage médiatique permanent, une contestation grandissante apparaît en maint endroit du globe, puisque la lutte antimondialiste et alternationale est de fait à notre époque, globalisée. Même si encore confuse et contradictoire - et surtout sans projet alternatif opératoire réel -  cette contestation - avec en France par exemple le phénomène Dieudonné - est déjà un phénomène remarquable compte tenu des moyens disproportionnés dont disposent nos ennemis.

On tachera donc, compte tenu de nos faibles moyens, de tacher d’orienter au mieux cette contestation par des vues et des analyses les plus justes possibles.  

2013 : année de la contestation radicale

Remémorons-nous quelques évènements survenus cette année et fin 2012.
Mouvement anti-dette et anti-usure « occupy wall-street » aux Etats-Unis. Montée électorale soudaine d’Aube Dorée, mouvement national-populiste ouvertement paramilitaire et anti-mondialiste dans une Grèce sous curatelle euromondialiste. Quoique l’on pense de ce mouvement et de son « style » un peu rétro, son interdiction et la décapitation du mouvement aura forcé le pouvoir oligarchique à montrer sa véritable nature anti-démocratique à tout un peuple amenant et amenant toute une partie du peuple grec à soutenir un mouvement nationaliste radical (pas le FN !). Victoire éclatante du « Grillo » et des députés de sa formation sur des thématiques anti-banque et anti-usure.
Là encore, quelles que puissent être les réticences bien fondées sur ce mouvement très confus aux revendications et références souvent contradictoires : entre souverainisme de gauche et démocratie participative mondiale ! A Rome encore, l’an dernier, 8000 italiens dans les rues manifestant avec Casapound sur des thématiques d’indépendance nationale et d’identité avec le mouvement le plus indépendant de la péninsule italienne.

En France, Dieudonné et Soral plus soutenus que jamais, un Front-National qui commence à percer le cordon « sanitaire-républicain », une contestation devenue nationale face à l’aéroport de Notre Dame des Landes, plus d’un million de personnes dans les rues de Paris contre les lois contre l’ordre naturel et la vie.

Enfin la mort volontaire d’un historien français reconnu en signe d’opposition métaphysique au génocide planifié des peuples européens.

Ça n’est que le story-telling du système qui nous fait perdre le fil de la révolte universelle et alternationale qui gronde partout. Demain l’alternationale sera le genre humain aimerait-on dire !

Là encore, un début d’agitation et de contestation sur des thématiques de fond encore inimaginable il y a quelques années sur cette échelle. Les forces profondes de la nation, congelées par quarante années de société de consommation américaine vont-elles se réveiller et rejeter le cancer idéologique qui la mine ? Je pense que oui mais à une échelle de temps qui n’est malheureusement pas forcément celle du temps personnel, il va donc falloir faire preuve d’endurance et de ténacité, toutes deux vertus viriles que l’on ne nous a plus enseignées à dessein.

Tous ces évènements, avec comme arrière fond géopolitique : l’opposition à l’ingérence en Syrie, la victoire géopolitique et diplomatique de la Russie face au bellicisme de l’impérialisme américain. Bellicisme jusqu’ici univoque et ininterrompu depuis la fin de l’union soviétique, ici pour la première fois contré par  une puissance non-alignée. Un retournement stratégique inédit et admirable sur la base du droit international et du désarmement. Droit international classiquement utilisé depuis la fin de la guerre froide pour saper tout pouvoir aux velléités de souveraineté et d’indépendance face à l’ordre unipolaire des multinationales. Victoire de la souveraineté et du droit face à la déstabilisation et à l’ingérence.

Victoire aussi sur le discours jusqu’ici sans alternatives depuis la fin de la guerre froide qui voulait que les « sociétés ouvertes » soient forcément progressistes et émancipatrices face à des pouvoirs stato-nationaux forcément archaïques, passéistes et répressifs. On constate aujourd’hui toujours plus que les masques tombent sur les fondements totalitaires de la société marchande et de son hubris.

Là où a cours l’alliance des traditions encore debout avec des pouvoirs politiques séparés mais protecteurs des identités et des religions, comme en Russie ou en Syrie, on voit reculer les deux formes complices de la subversion contemporaine que sont le fondamentalisme et le libéralisme, le puritanisme et la licence généralisée. La pornographie conjuguée à la répression forcenée du désir. L’ordre des marchands du temple et celui des pharisiens hypocrites : évangélistes, islamistes ou talmudistes. Tous unis dans l’exécration de la mesure, de l’équilibre et de l’ordre naturel de la vie. Tous unis dans l’exécration de l’Europe.  

Autant d’évènements politiques et métapolitiques survenus en l’espace d’une année à peu près. Événements qui mis bout à bout nous donne une année 2013 bien différente du tableau que l’on tente de dépeindre au travers des médias de masse.  

Événements qui montre que tout n’est peut-être pas encore joués et que, ne serait-ce que pour l’honneur si ce n’est pour la victoire, on a encore quelques beaux coups à tenter en s’amusant un peu …

Il n’ait pas de fatalité qui ne puisse être brisée par notre foi et notre volonté. Je crois à une levée de héros qui se dresseront dans le crépuscule de l’âge de fer qui est le nôtre, à l’orée du retour du soleil. Le soleil invaincu qui marche à nos côtés depuis toujours et pour toujours. Ce soleil invaincu ami de l’Empereur.

Oui, j’y crois toujours ! Oui, je ne suis pas un « adulescent » mais comme un éternel adolescent  je continue d’être croyant !

Il nous faut tenir coute que coute, contre vents et marrées. Il nous faut apprendre à résister, apprendre à endurer, et en résistant devenir des résistants. Que résister devienne notre vraie nature et combattre notre vrai rythme de vie. Que l’avenir nous trouve simples et fiers comme hier, comme toujours. A jamais idéalistes !

Dans le monde mais pas « du » monde dit l’Evangile.

Nous sommes les croisés de notre avenir, le jeune européen chemine vers son destin. Quoi qu’il arrive demain lui appartient.

Pierre-Antoine P, janvier 2014, pour le Cercle Non-Conforme.

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Lire la première partie.

Lire la deuxième partie.

13/01/2014

Entretien avec Jacques Philarchein (questions préparées par Guillaume Lenormand pour RN76).

Entretien avec Jacques Philarchein

1)RN76 ; Jacques Philarchein, bonjour. Pourriez-vous, à l’intention de nos lecteurs, vous présenter et nous résumer votre parcours intellectuel, idéologique et politique ?

Bonjour, je suis, comme beaucoup d'enseignants, issu de la gôche. Entendons-nous bien, je n'étais pas particulièrement prédisposé au gauchisme, mais le poids du gauchisme est tel dans l'enseignement que je devins gauchiste, en quelque sorte, sans m'en apercevoir. Puis, conscient que le gauchisme n'était qu'une posture, cachant un grand vide intellectuel, je suis devenu plus tard syndicaliste à FO ; le syndicalisme a l'avantage d'être plus précis, plus légitime, et de mobiliser une vraie culture juridique et sociale. Cela dit, à l'occasion de mon expérience syndicale, j'ai pu mesurer la perversité en même temps que la servitude volontaire des enseignants. Ces enseignants que je défendais bénévolement n'avaient strictement aucune reconnaissance ; les mêmes qui accusaient les syndicats d'être ripoux (même si ce n'est pas entièrement faux) passaient leur temps à me demander des renseignements techniques ou de plaider leur cause, sans prendre de carte bien entendu ! Puis je suis devenu patriote, lassé des positions immigrationnistes, sans-papiéristes et sans-frontiéristes de tous les syndicats, y compris le mien. Cela étant, mon patriotisme a considérablement changé de forme entre 2010 et aujourd'hui !

2)RN76 : Vous êtes intervenu lors des Assises contre l’Islamisation en 2010. Rapidement et clairement, pour quelle(s) raison(s) avez-vous rompu, depuis, avec Riposte Laïque ?

Oui, j'ai fait une intervention très hostile à la bobocratie, et à l'immigrationnisme d’État. Par voie de conséquence, je m'y alarmais de la poussée de l'islam en France. Après avoir travaillé pour Riposte, j'en suis parti récemment, étant proche des idées d'Alain Soral, penseur détesté par beaucoup de rédacteurs de Riposte. Vers la fin, certains de mes textes étaient systématiquement refusés, il suffisait que je parle de quenelle ou d'Alain Soral, que j'affiche une position plutôt pro-Palestiniens, ou encore que je cite Kemi Seba ou le Sheikh Imran Hosein, pour que les autres rédacteurs (pas tous, cela dit) me traitent de tous les noms sur notre liste de diffusion. J'en avais marre de faire des articles qui passaient à la corbeille. Je suis parti. Ma conférence conjointe à Nancy avec mon ancien « patron » Pierre Cassen fut mon dernier partenariat avec Riposte.


3)RN76 : Riposte Laïque est-il une incarnation d’un néo conservatisme à la française ou est-ce plutôt une réaction épidermique des français sincères face à l’islamisation, sans fond idéologique solide?

Au début, je ne savais même pas ce qu'était le néo-conservatisme. J'ai compris par la suite qu'il s'agissait d'une sorte de doctrine mondialiste américano-centrée, selon laquelle le monde se partagerait entre un axe du Bien et un axe du Mal composé de pays voyous, souvent musulmans. Un truc vachement manichéen ! Je me suis alors aperçu que les néo-conservateurs appelaient « voyous » tous ceux qui contrariaient les intérêts immédiats des USA, et plus généralement de l'oligarchie mondialiste. Les néo-conservateurs, crispé sur une exaltation de la culture « judéo-chrétienne », en réalité judéo-WASP, et volontiers islamophobes, sont les mêmes qui financent ou soutiennent des islamistes dès lors que ceux-ci servent leurs intérêts, ou ce qu'ils croient être leurs intérêts. En clair : une gigantesque arnaque idéologique, assortie de milliers de morts. L'islam, vu par les néo-conservateurs, est tantôt diabolique, tantôt super-sympa, en fonction des intérêts du moment !

En ce qui concerne Riposte, il est clair qu'il y a des rédacteurs sionistes et mêmes des néolibéraux, ils ne s'en cachent d'ailleurs pas. Il y a donc une forme de néoconservatisme latent à l’intérieur de Riposte : soutien à l’État d'Israël, et faible contestation de la géopolitique des États-Unis d'Amérique. Cela dit, Riposte soutient également Bachar el Assad et Poutine, mais déteste l'Iran. Tout cela est bien ambigu. Cela a valu à Riposte un lectorat, je le crois, assez important, composé, comme vous le dites, de Français sincères. Le problème, c'est que les Français sincères ont aussi de la sympathie pour Soral et Dieudo. Les positions viscéralement hostiles de Riposte à l'encontre de ces deux personnage vont, à mon avis, affaiblir la crédibilité de Riposte Laïque et de Résistance républicaine.

4)RN76 : A RN76, nous parlons souvent de « récupération » du milieu patriote et d’infiltration de celui-ci par des thématiques qui permettraient de lui ôter toute dimension révolutionnaire et de le ramener dans le giron de la « droite forte ». Ainsi, la critique de l’immigration massive (qui mène à la contestation du modèle économique capitaliste et mondialiste) est peu à peu évacuée au profit d’une obsession de l’Islam (permettant de mobiliser pour la défense de «l’occident »). Dans quelle mesure pensez vous (ou non) que cette récupération soit réelle et planifiée ?

Vous avez tout résumé dans cette phrase : « La critique de l’immigration massive (qui mène à la contestation du modèle économique capitaliste et mondialiste) est peu à peu évacuée au profit d’une obsession de l’Islam. » Je pense que le mondial-Système est suffisamment intelligent et pervers pour infiltrer et manipuler sa contestation ultime qui est le national-patriotisme. On parle à longueur de pages du méchant islam, et tout le reste passe à la trappe. Je me souviens d'une phrase de l'abbé de Tanoüarn : « Le pire ennemi de la France, ce n'est pas l'islam, c'est elle-même. » C'est ce que j'ai également dénoncé dans mes articles sur l'homme-masse, sur la servitude volontaire et le nihilisme occidental. Je suis le rédacteur de RL qui a le moins écrit sur l'islam et le plus sur les Français de souche non-musulmans, dont j'ai systématiquement dénoncé l'aveuglement, la complaisance et la perversité individualiste. En salle des profs, je suis entouré de zombis. La quasi-totalité de mes collègues est encore en extase devant la politique du gouvernement. L'une d'elle me disait : « Bon, d'accord, la France ne va pas très bien. Mais quand même, Hollande, il est plus beau que Sarkozy. » je vous laisse apprécier le niveau de cette analyse politique, émanant d'une enseignante d'économie et de sociologie ! Autre fait : dans ma petite ville de 12 000 habitants où est mon lycée, il y a peu d'élèves arabo-musulmans, et ils sont généralement disciplinés et ont de bons résultats. Les « branleurs » et les fouteurs de m... sont les petits FDS, des « chavs » individualistes, qui ne prennent pas une note, et bénéficient de toutes les impunités. C'est dire la complexité de notre époque... Du reste, ces « chavs » ressemblent beaucoup à leurs professeurs, à la fois leurs victimes et leurs complices. L’Éducation Nationale est en état de mort cérébrale. Ce ne sont en aucun cas les musulmans qui ont provoqué cette mort cérébrale ! La France s'est tuée elle-même. Regardez aussi toutes ces affaires où les pouvoirs publics prennent des décisions destinées à éviter « d'offenser certaines communautés » (interdiction des sapins de Noël, par exemple), alors même que ces « communautés » n'ont souvent rien demandé. La France n'est pas victime de l'islam, mais de son propre suicide. Certes, je ne nie pas que des milieux islamistes impérialistes puissent être tentés de bénéficier de ce suicide. En religion, comme en politique, la nature a horreur du vide.

Les médias qui, comme Riposte, insistent davantage sur l'islam que sur le nihilisme occidental risquent ainsi, de facto, de faire le jeu du Système.

 

5)RN76 . Pour nous l’ennemi est clairement le libéralisme (économique ou civilisationnel), qui a la particularité de pouvoir s’incarner dans des domaines idéologiques très éloignés les uns des autres. Croyez-vous qu’en réponse, le nationalisme et la révolution puisse dépasser les concepts de droite ou de gauche ? Qu’en pensez-vous ?

Je dirais que le mondial-Système est un libéral-libertarisme. Il y a un libéralisme sauvage en économie, et un libertarisme tout aussi sauvage au niveau des moeurs puisque, désormais, la délinquance et le crime sont exaltés et non réprouvés. Mais libéral-libertarisme est encore un mot insuffisant, car insistant trop sur la notion de liberté. En réalité, ce mondial-Système est extrêmement dirigiste et répressif. Par certains côtés, je préférerais qu'on parle en économie d'un libéral-étatisme (l’État sert à cogner sur les petits, salariés, fonctionnaires ou patrons, pour favoriser les gros, hauts-salariés, hauts-fonctionnaires et grands patrons) et au niveau sociétal d'une anarcho-tyrannie (l’État tyrannise les honnêtes gens tout en favorisant l'impunité la plus sauvage en matière de crimes et de délits). Aujourd'hui, par exemple, Valls entre en guerre contre notre humoriste national Dieudonné ; Esteban et Samuel sont en prison pour s'être défendus, comme tant d'autres ; Nicolas Bernard-Busse a été incarcéré parce qu'il n'était pas d'accord avec le gouvernement ; moi-même je suis un futur délinquant de la pensée ; et pendant ce temps, magouilleurs, escrocs, tortionnaires, violeurs, casseurs, cogneurs bénéficient de toutes les largesses d'une magistrature aux ordre. J'ai d'ailleurs dans l'idée que ce système anarcho-tyrannique (terreur contre les dissidents et les braves gens, et protections inouïes à l'endroit de la racaille) est le propre de bien des révolutions. Pour cette raison, je me méfie du concept de révolution, fût-elle nationale. A la limite, je préfère le concept de restitution, de dévolution, de restauration même, mais dans un sens assez large. Les gauchistes disent eux-aussi : « Il faut faire la révolution ! » Je préfère « Il faut retrouver nos valeurs ! » Bien évidemment, j'en ai conscience, ce ne sont que des mots... J'ajoute qu'en astronomie une révolution complète est un retour à la position initiale !

6)RN76 : En temps que nationalistes, nous pensons que dans un pays, la religion tient le rôle de ciment social et que l’absence de religion (destruction du catholicisme français) fragilise la cohésion sociale, tout en créant un vide qui appelle à être comblé (ce qui expliquerait le succès de l’Islam salafiste prosélyte en France). En temps que marxiste, quel est votre point de vue sur cette question ?

Je ne suis pas « marxiste », mais « marxien », « marxiste » est une simplification rhétorique. Mon « marxisme » consiste surtout en une conscience très claire de la captation de la plus-value et de l'exploitation économique, qui n'est pas un mythe. Pour cette raison, je n'apprécie pas non plus l'infiltration des milieux nationalistes par de petits capitalistes magouilleurs et anti-sociaux. Par principe, je défends les petits patrons, mais je sais qu'il en existe d'indignes, comme il existe aussi un grand nombre de salariés indignes, ceux-là même du reste qui font régner la terreur en entreprise et harcèlent leurs propres collègues. L'écroulement du niveau moral de la population amène à ce genre de chose. Et Ortega y Gasset a raison de rappeler que « l'homme-masse » est partout, quelle que soit sa position dans la lutte des classes. Riche, pauvre, exploiteur, exploité, savant, ignorant, homme, femme, vieux, jeune : l'immoralité, l'individualisme, l'effondrement culturel, la néo-barbarie des mœurs, toute l'échelle sociale est polluée, du sommet jusqu'à la base, d'un côté à l'autre, par ces vices structurels de notre société, qu'Ortega y Gasset voyait poindre chez les Espagnols je-m'en-foutistes des années 20-30, qui le payèrent d'ailleurs d'une guerre civile.

En ce qui concerne « l'opium du peuple », j'ai suffisamment lu Hervé Ryssen pour me demander si Marx vise le christianisme ou s'il ne viserait pas plutôt sa religion d'origine qui est le judaïsme. On trouve d'ailleurs la même incertitude quant à la critique freudienne de la religion comme névrose collective. Cela posé, mon opinion sur la religion est nuancée. Je reste convaincu que toutes les doctrines, sans exceptions, religieuses ou non-religieuses, peuvent être infiltrées, détournées, récupérées, déformées, triturées dans tous les sens pour servir les intérêts d'une oligarchie mondialiste, disons-le satanique. Toutes les doctrines, y compris bien entendu le christianisme. Qu'on soit sédévacantistes comme M. Livernette, je crois, ou non-sédévacantiste, comme M. Ploncard d'Assac, on reconnaîtra aisément que le gauchisme pontifical actuel n'est pas le fin du fin en matière de sagesse chrétienne ! Je ne suis nullement un spécialiste de la papauté, mais à chaque fois que je tombe sur des propos du pape, je les trouve vides, bien vides... et très bisounours. Une fois, je lis un truc : le pape condamne la violence en Syrie, et l'emploi du gaz... Et cela s'arrête là. Aucune analyse des différents camps qui s'affrontent. Je sais bien que la théologie et la géopolitique sont deux sciences différentes, mais enfin, on conviendra que c'est un peu court comme position... Cela me fait penser aux droits-de-l'hommistes maçonniques qui pensent que la guerre, c'est très vilain, et qu'il faut agir pour la paix dans le monde et la démocratie...

Je suis donc favorable à une restauration de la pratique religieuse chrétienne en France. Mais pour cela, il faut deux conditions, l'une externe, politique, et l'autre interne, au sein même du religieux. Politiquement, cette restauration ne pourra advenir que lorsque le pouvoir politique protégera sincèrement les lieux de cultes chrétiens, notamment catholiques, en France, et coopérera à une politique active de soutien aux Chrétiens persécutés dans le monde. Le christianisme pourrait donc, de ce point de vue, redevenir une sorte de religion d’État (encore que le concept de « religion d’État » reste pour moi assez flou). D'un point de vue religieux, il faudra promouvoir une caste de prêtres qui soient de grands lucides, qui sachent faire preuve de connaissances et de virilité intellectuelle, loin des prêtres-bisounours d’aujourd’hui. Je crois que la Foi et la Raison ne s'opposent pas dans le christianisme (mais je ne suis pas théologien) : malheureusement, aujourd'hui, on n'a ni l'une ni l'autre, ni la virilité intellectuelle, qui permettrait d'allier des deux. Nous avons besoin de prêtres qui appellent un chat un chat, et non pas de pâles fantômes qui se contentent de bêler que nous sommes tous frères d'un bout à l'autre de la planète. Ne jamais froisser personne, ne jamais même froisser la gauche, voilà à quoi en sont réduits nos prêtres ! Je me rappelle d'une conversation dans un vide-grenier avec un curé de gauche de ma connaissance, habillé en civil ; « J'ai viré nationaliste », lui dis-je, par provocation... Il m'a regardé d'un air effrayé, à croire qu'il avait vu le diable !

7)RN76 : Nous reprochons régulièrement à nos camarades nationalistes d’être trop romantiques, de n’avoir qu’une vision essentiellement culturelle de la politique. En revanche, la gauche marxiste a souvent été aveugle face aux problèmes civilisationnels du fait de son matérialisme et de sa limitation à la seule grille de lecture économique et sociale.
Pensez-vous qu’une synthèse soit possible, comme l’ont tenté Georges Valois, Ernst Niekitsch, Jan Thiriart ou, pour certains, Alain Soral
?

Je vais vous décevoir, je ne suis qu'un inculte, à part Alain Soral, je n'ai pas vraiment fréquenté tous ces auteurs que vous citez. C'est d'ailleurs typique des anciens gauchiste qui ont perdu dix ou vingt ans de leur vie à lire les âneries du Système. J'envie la culture gigantesque de certains nationalistes originels ! Il m'est donc impossible de faire un exposé de spécialiste sur la question. Mais sur la ligne générale, c'est vous qui avez raison. Le nationalisme ne saurait transiger sur la question sociale, sous peine de redevenir un faux-nez du capitalisme cynique et oligarchique. Pour cette raison, le nationalisme doit étudier le monde du travail, et manifester de l'empathie pour lui, y compris avec une grille d’analyse marxienne. Le nationalisme n'appartient pas à la haute bourgeoisie, fût-elle intérieure, même si celle-ci n'est pas à mépriser, puisque ses intérêts s'opposent à ceux de la bourgeoisie comprador transnationale et apatride, la plus riche et la plus cynique de toutes. Pour cette raison un certain socialisme et un certain nationalisme doivent s'unir. Gauche du travail, droite des valeurs, le slogan est bon, je me réjouis qu'il soit entendu. Un nationalisme totalement anti-social est une contradiction dans les termes, puisqu'il livrerait le peuple, et donc la nation, à une bourgeoisie cynique et oppressive. Cela me rappelle une caricature où l'on voit un capitaliste cynique déclarer, en fumant un cigare, je crois : « Je suis un bon Français, puisque, dans toute ma vie, je n'ai embauché, exploité et licencié que de bons Français ! » Pour cette raison, il faut soigneusement éviter les alliances avec les faux-nez patriotiques de la droite mondialiste, notamment tous ces mouvements issus de l'UMP, qui sont à la droite mondialiste ce que Mélenchon est à la gauche mondialiste : une instance de rabattage des voix sur les partis du Système. Je laisse de côté la question du FN ; je crois qu'il existe au moins 5 ou 6 FN à l'intérieur du FN, des tendances les plus sincèrement nationalistes aux tendances les plus crypto-systémiques.

8) RN76 Avez-vous l’intention de continuer à vous engager politiquement et idéologiquement ? Si oui, dans quelles directions ?

Je suis, disons, un peu fatigué... Je reste un militant patriote, et je suis disponible pour des interventions, des conférences. Mais faire de la politique dans un parti, c'est une chose que je ne sais pas faire. Je suis déjà une personne publique en tant que fonctionnaire de l’Éducation nationale. Je ne vous cache pas que j'ai quelque envie de rester un peu en retrait. Cela dit, on peut évoluer. Je deviendrai peut-être politicien un jour, allez savoir...

9) RN76: Rapidement, que souhaitez-vous concrètement pour l’avenir politique de notre pays ?

L'urgence a mon avis est de rétablir la sécurité et de mettre fin à la politique d'inversion des valeurs, d'impunité et de protection des criminels par les institutions. Il faudrait que la France redevienne souveraine et qu'elle rompe aussi avec la culture immigrationniste, qui aggrave les problème sans toutefois les créer (les problèmes ont comme origine l'inversion des valeurs, l'immigration elle-même n'étant qu'un facteur aggravant, fût-il très aggravant). Cela dit, toute cette « restauration » repose sur une seule chose : il faut que la masse cesse de consentir et de pratiquer l'aveuglement volontaire, comme mes collègues en salle des profs qui ne savent rien, absolument rien de l'actualité, ce qui est un comble pour des gens qui disent à leurs élèves : « Informez-vous » ! Même l'oligarchie, si puissante soit-elle, n'est pas à l'origine directe de nos problèmes ; le problème est le consentement, encore très majoritaire, de la masse, de l'homme-masse. Récemment, Vincent Reynouard a publié une vidéo sur ce thème, son allocution prononcée à la Fête des patriotes en septembre 2013, intitulée « Être inaccessible au découragement ». Il y tient le même discours qu'Ortega y Gasset, et près d'un siècle plus tard. J'ai toujours été effaré, autant chez les enseignants que dans d'autres couches de la populations, de l'ampleur du consentement au Système. J'ai moi-même écrit un article intitulé « La France crève parce qu'elle est un peuple de victimes consentantes ». La minimisation systématique des faits-divers criminels, notamment, est une constante des conversations quotidienne. Des supplices, des viols, des horreurs en tout genre deviennent de simples « échauffourées »... Pendant ce temps, les protestataires sont désignés comme « fascistes », y compris s'ils ont eux-mêmes subi des horreurs. Le Français-masse n'éprouve aucune empathie pour ses compatriotes, et se croit intouchable. En clair : excusez-moi, mais c'est un con, un con qui touche le fond de la connerie, et en même temps un salaud, au moins un salaud passif. Le plus dur des combats, c'est donc le combat contre nous-mêmes. Personne ne peut dire si nous le gagnerons un jour. J'espère que vous me pardonnerez ce pessimisme, et le mépris indéfectible que j'éprouve pour mes compatriotes-masse, pour les foules, pour les bouffeurs de chips devant la télé comme je les appelle (je tiens cette expression de Pierre Hillard). Je l'ai écrit des tonnes de fois : le pire ennemi du Français de souche, c'est le Français de souche, ce « barbare vertical » dont parlait Ortega y Gasset en stigmatisant, quant à lui, l'Espagnol moyen débile et fêtard des années 20-30.

10) RN76: Pour terminer, pouvez-vous nous donner en quelques lignes votre définition personnelle de la France, et de ce qu’est être français ?

Être Français, c'est refuser d'être aveugle sur la France. Je vous renvoie aux développements précédents. Les Français, de souche ou de branche, qui se complaisent dans l'aveuglement et la bassesse, ne sont que des hommes-masse. L'homme-masse est international (et mondialiste).

11) RN76: Nous vous remercions sincèrement du temps que vous nous avez accordé et nous espérons vous recroiser au cœur de ce combat perpétuel qu’est le nationalisme révolutionnaire et social.

Non, c'est moi qui vous remercie d'avoir invité un tout petit intellectuel comme moi à s'exprimer sans faux-semblants. A très bientôt de vous lire ou de vous écouter.


Source: RN76

08/01/2014

L'affaire Dieudonné: l'arbre qui cache la forêt de l'offensive contre internet

L'affaire Dieudonné: l'arbre qui cache la forêt de l'offensive contre internet

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« Car, si personne ne bouge, c’est la pensée (…) qui sera étouffée ».

Que Manuel Valls, qui aura passé toute la trêve des confiseurs à ostraciser Dieudonné, s’affirme, « par [s]a femme, lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël » et qu’il soit « fier de faire partie d’un gouvernement qui veut bâtir une amitié forte avec Israël », nul ne le contestera puisqu’il l’a maintes fois affirmé, par exemple le 22 juillet 2012 à Strasbourg. Qu’il espère supplanter Jean-Marc Ayrault à Matignon à la faveur de ses dernières gesticulations, très médiatiques mais dérisoires au regard de sa défaite contre la criminalité et de son triste bilan de la Saint-Sylvestre (trois personnes assassinées à l’arme blanche et 1067 véhicules incendiés malgré le déploiement de 53.000 gendarmes et policiers) est une évidence. Mais le ministre de l’Intérieur réussira-t-il, grâce à sa circulaire du 6 janvier, à faire interdire par les préfets les spectacles de celui qu’il qualifie de « petit entrepreneur de la haine », « raciste et antisémite », obsédé par la  « haine du juif » jusqu’à faire « l’apologie de la Shoah» ? Pas impossible si les nervis de la Ligue de défense juive provoquaient des troubles à l’ordre public susceptibles de faire annuler la tournée de Dieudonné en province. Rappelons que la LDJ est une organisation interdite aux Etats-Unis et même en Israël pour son extrémisme mais qu’elle est protégée chez nous en haut lieu et par la gens Klarsfeld qui, à l’abri de ses Légions d’honneur (Madame est Grand-Croix et Monsieur Grand Officier), doit cornaquer ce mercredi à Nantes une manifestation hostile. (CG)

Un prétexte à la « normalisation » du Web

Encore qu’il s’agirait, si M. Valls parvenait à ses fins, d’une scandaleuse atteinte à la liberté d’expression doublée d’une atteinte encore plus monstrueuse à la liberté du travail – en application servile de la loi nationale-socialiste sur le Berufsverbot ou disqualification professionnelle, loi jugée scélérate à l’époque –, la question est peut-être secondaire et va bien au-delà du cas du seul Dieudonné M’Bala M’Bala – dont on peut penser ce qu’on veut, y compris du mal. C’est la liberté d’expression de millions d’internautes français qui est menacée.

Le conflit s’était envenimé au fil des mois entre le journaliste Patrick Cohen, anchorman des matinales de France Inter qui avait dressé en mars une liste noire des individus nauséabonds, dont Dieudonné, à ne jamais inviter sur les antennes du service public, et l’humoriste ; ce dernier avait lancé en décembre, dans son théâtre parisien de La Main d’Or, une phrase provocatrice mais étrangement ambiguë : « Quand je l’entends parler, Patrick Cohen, j’me dis, tu vois, les chambres à gaz… Dommage. » Voulait-il dire par là « dommage que les chambres à gaz n’aient jamais existé » ou, au contraire – ce qui prouverait du moins que cet « antisémite » n’est nullement révisionniste, « dommage qu’elles n’existent plus » ?

Peu importe. Dès lors, la machine s’emballa et d’autant plus que, simultanément, le footeux antillais Nicolas Anelka, dont les multiples incartades verbales et le refus obstiné de chanter La Marseillaise quand il jouait d’aventure en équipe de France ne gênaient personne, célébrait d’une « quenelle », posture prétendument néo-nazie, le but qu’il venait de marquer outre-Manche pour son nouveau club de West Bromwich Albion. La photo blasphématoire, dédiée à « [son] ami Dieudonné », ayant fait le tour du monde (et des cités ethniques), le prétexte était tout trouvé pour passer aux choses sérieuses. Soit, sovietico more, la « normalisation* » d’Internet, cet insupportable espace de liberté où peuvent s’étaler toutes les opinions et, plus grave, toutes les contestations des dogmes les mieux établis.

Une répression « légitime »

Car cette offensive couvait depuis plusieurs mois et, dès le 26 septembre dernier, sur le site Boulevard Voltaire, Jean-Yves Le Gallou avait accusé l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), « bras armé du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) », de revêtir « l’habit du censeur » en se plaçant « en tête des tentatives de censure d’Internet : poursuites de blogs, poursuites de commentateurs, poursuites de réseaux sociaux ».

Comme pour donner raison au fondateur de Polémia, le CRIF publiait le 13 octobre contre la « Fachosphère  du Net » une philippique de son spécialiste des médias Marc Knobel qui déplorait : « Certes, des associations antiracistes ont engagé des procédures afin de s’opposer à ces marchands de haine ; toutefois, pourquoi s’en remet-on en ce domaine au seul dévouement (sic) de ces associations ? La lutte contre le racisme et l’antisémitisme sur Internet n’incombe-t-elle pas AUSSI aux pouvoirs publics ? »  Le 17 octobre, toujours sur le site du CRIF, le même exhortait donc le gouvernement à appliquer dans toute sa rigueur la législation muselant « l’Internet de la haine », car « les restrictions à la liberté d’expression peuvent être considérées comme légitimes pour lutter contre le racisme », y compris dans les « nouveaux médias ». « Si le droit à la liberté vaut pour Internet, les restrictions à celle-ci s’appliquent également. Internet n’étant qu’un instrument et non un but en soi, il ne peut être tenu pour affranchi des lois nationales et internationales », théorisait M. Knobel.

Un président et un gouvernement aux ordres…

Message reçu. Accueillant le 16 décembre à l’Elysée Roger Cukierman, président du CRIF, à l’occasion du septantième anniversaire de ce lobby, le chef de l’Etat lui déclarait notamment : « Quand vous avez des choses à dire, Monsieur le Président, vous les dites et vous les dites librement, franchement, sincèrement, bruyamment et nous vous écoutons**. »

Rien d’étonnant, dans ces conditions, si, deux jours plus tard, les députés saisis d’une proposition de loi inspirée des préconisations de la pourtant très institutionnelle Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) sur la nécessité d’étendre aux blogueurs la protection dont bénéficient les sources des journalistes, rejetaient ce texte ; et si, dans la foulée, la « Dieudosphère », considérée à tort ou à raison comme le fer de lance de la « Fachosphère », se retrouvait sous la mitraille qui, prenons-en le pari, ne s’arrêtera pas à cette seule cible. « Haine sur Internet : la guerre est déclarée », triomphait donc le 3 janvier Daniel Makonnen, responsable de la communication de la LICRA, ravi de l’imminente mise au pas du Web.

Car, si « la Toile » s’est aussitôt enflammée devant la menace d’asservissement et d’épuration, on n’a noté du côté des humanistes homologués ni réserves ni scrupules mais au contraire une acceptation béate de la machine de guerre gouvernementale, un lâche soulagement devant le « courage » de l’équipe Ayrault qui s’apprête à faire voter un projet de loi étendant les possibilités de capter les données numériques, véritable « Patriot Act » à la française instaurant une sourcilleuse censure et incitant à la délation. 

…et une Intelligentsia complice des éradicateurs

Défenseur des démocrates ukrainiens en lutte contre le tyran Poutine comme il l’avait été des honorables républicains libyens contre l’immonde Kadhafi, Bernard-Henri Lévy tresse ainsi des lauriers au petit Jdanov de la Place Beauvau, initiateur de la nouvelle « ligne générale » :

« Il y a un moment où […] il est du devoir de la parole publique de dire. Valls l’a fait, Valls a eu raison. Il n’y a rien de commun, rien, entre le travail d’un humoriste dont la liberté d’expression et donc de provocation est effectivement sacrée, et l’entreprise d’un agitateur néonazi qui fait ouvertement campagne sur des thèmes qui ne sont pas des opinions mais des délits. »

Cette opinion est partagée par Bertrand Delanoë qui, abandonnant la mairie de Paris dans l’espoir d’un maroquin ministériel, doit donner des gages. Dieudonné étant pour lui « quelqu’un qui fait l’apologie de crimes contre l’Humanité et qui par ses propos porte atteinte à la dignité humaine, il doit être combattu avec toutes les rigueurs de la loi ». Et surtout avec la force injuste de la loi.

Ce qui tombe bien puisque, tout aussi acharnée, Mme le Ministre délégué à l’Economie numérique Fleur Pellerin – Coréenne naguère adoptée par un couple français, cas également du camarade Jean-Vincent Placé, le gourou des Verts – s’est félicité de la possibilité « de faire condamner toute personne propageant des propos racistes sur les réseaux sociaux » : « Aujourd’hui, la Justice a les moyens techniques de faire appliquer les décisions et c’est ce qu’il faut faire, y compris dans le cas de Dieudonné », déclarait-elle le 31 décembre, sûre que sa collègue à la Justice Christiane Taubira, si indulgente aux FEMEN profanatrices de tant de nos églises et aux auteurs de crimes crapuleux, se montrera intransigeante à l’encontre des déviants idéologiques.

Un modèle démocratique : la Chine populaire !

Mais la palme de l’inconscience ou, si l’on préfère, du cynisme, revient sans doute à l’éthéré dandy qui sert de directeur à L’Express. Participant aux Grandes Gueules sur RMC le 3 janvier, Christophe Barbier proclamait ainsi : « Internet n’est pas un no man’s land. Internet est un champ d’impunité, mais ça se régule aussi, Internet. Entre nous, hein, les Chinois y arrivent bien. Si les dictatures y arrivent, il faut que les démocraties y arrivent aussi ! »

Quatre-vingts ans après le pamphlet de Paul Nizan, Les Chiens de garde (de l’ordre établi), sortait en 2012 un documentaire politique, Les Nouveaux Chiens de garde inspiré du livre éponyme de Serge Halimi. Christophe Barbier y était durement étrillé pour sa défense de la « mondialisation heureuse » et de l’idéologie dominante. On aurait pu croire qu’après son ode, digne d’un Garde rouge, à la répression, le personnage serait durablement tricard des plateaux. Tout au contraire, il était deux jours plus tard l’invité d’honneur du 19/20 de France 3 où il exalta l’ardente obligation d’une « pédagogie mémorielle » car « on ne peut pas rire de tout », proclame celui qui se présente comme « un esprit libre ». Détail savoureux : M. Barbier, normalien controversé car, recalé au concours d’entrée rue d’Ulm, il n’en aurait suivi les cours qu’en auditeur libre et ne possède d’ailleurs qu’une maîtrise d’histoire, a tourné dans Doutes, un film de son épouse, Yamini Kumar-Cohen (elle-même directrice de la communication chez Hermès), censé fustiger le… « Politiquement Correct » !  Ce qui l’autorisait évidemment à réclamer, il y a deux ans déjà dans L’Express, « un droit mondial du Web ».

Un tel droit, également exigé par Ariel Wizman, son confrère de Canal+, qui réclamait le 28 novembre la création d’une « police du Net », selon lui « égout de la pensée », mène, on le sait, à l’alignement déjà observé par les « médias en servitude » et heureux de l’être, mais furieux de voir leurs certitudes, leurs oukases et leur magistère battus en brèche par de simples citoyens.

En 1984, la suspension de la nouvelle radio NRJ, dont la puissance d’émission brouillait toutes les antennes voisines, avait jeté dans la rue trois cent mille jeunes et forcé le pouvoir socialiste à reculer. L’enjeu est aujourd’hui bien plus important. Car, si personne ne bouge, c’est la pensée, dont a si peur M. Wizman, qui sera étouffée.

Camille Galic le 06/01/2014

Notes:

(*) « Normalisation » : tel avait été l’euphémisme choisi en août 1968 par Michel Debré, alors ministre des Affaires étrangères de Charles De Gaulle, pour qualifier l’envoi des blindés soviétiques ayant pour mission de mater le « printemps de Prague ».
(**) Souligné par nous.

Source: Polémia

Conférence du Cercle Georges Sorel (Ile de France)

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A la Cambuse , local MAS Ile-de-France

contact/réservations : cerclegs@yahoo.fr

La Guerre des Monnaies : la Chine & le nouvel ordre mondial

La Guerre des Monnaies : la Chine & le nouvel ordre mondial

(Éditions Le Retour aux Sources, 2013).

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Avant-propos de Jean-François Goulon :

Traducteur de Eustace Mullins, Les Secrets de la Réserve Fédérale & auteur de Le Conflit Israélo-Palestinien
(Éditions Le Retour aux Sources, 2010).

b_goulonapp.jpgLa guerre des monnaies, la guerre de l’or et, en général, la guerre financière que se livrent les grandes puissances est une réalité très ancienne. On peut en tracer l’origine aux débuts de la mondialisation… lorsque la drachme égyptienne subit une hyperinflation aux IVe et au Ve siècle. L’Égypte, assujettie à l’Empire romain, avait décidé de ne pas adosser sa monnaie à l’or ou à l’argent. Rome, dans le même temps, sortit progressivement de l’étalon-or et –argent, en réduisant la teneur en métaux précieux de sa propre monnaie… jusqu’à ce qu’elle ne vaille plus rien ! L’Empire romain, qui avait conquis quasiment toutes les terres connues, finit par s’effondrer.(1)

Dans une période plus récente, coïncidant avec l’industrialisation en Amérique du Nord et en Europe, la guerre des monnaies s’est déroulée dans un contexte de lutte acharnée entre plusieurs empires, d’abord en Europe, puis dans le Nouveau Monde, de l’autre côté de l’Atlantique, où les anciennes puissances européennes jetèrent d’immenses forces dans la bataille. La France des Lumières défendait sa vision d’un «ordre nouveau » basé sur l’idée qu’elle se faisait de la démocratie, et l’Angleterre, devenue maîtresse des océans à la fin du XVIe siècle, succédant à la République de Venise, voyait là l’occasion d’étendre son Empire « sur lequel le soleil ne se couche jamais ». Les Allemands, eux, louaient à la Couronne britannique une armée de mercenaires…

L’auteur Song Hongbing commence son récit avec la formation d’une nouvelle dynastie, des roturiers, qui deviendront grâce à un plan minutieusement élaboré la nouvelle aristocratie trans-européenne avant de se retrouver au cœur de l’oligarchie financière mondiale, communément appelée « les banquiers internationaux ». Cette nouvelle dynastie, opérant dans l’ombre des grandes puissances européennes dont elle tirait toutes les ficelles est le clan Rothschild.

Cette histoire, alors totalement inconnue en Chine avant la parution de « Currency Wars », est au contraire assez bien documentée en Occident. En effet, après être parvenu à séduire le richissime et puissant Prince de Hesse-Cassel, dont il deviendra l’agent de change officiel, Mayer Amschel Rothschild (alias Bauer) déploiera ses tentacules – ses cinq fils – sur toute l’Europe, et imposera rapidement sa maison bancaire dans les principales places financières européennes, à Londres, Paris, Vienne, Milan et Francfort. Ces cinq tentacules sont représentés sur le blason des Rothschild par les cinq flèches qui s’échappent des serres de l’Aigle, image parfaite de la souveraineté, qui symbolise la conquête et l'instinct de puissance.

On pourrait croire que c’est donc en Europe que la dynastie des Rothschild va se construire, pas à pas, sur fond de guerres napoléoniennes, et ainsi accumuler une fortune gigantesque. Mais ce serait vite oublier que le patriarche, Mayer Amschel, a établi les fondations de son édifice sur la Guerre d’Indépendance en Amérique du Nord, en louant à la Couronne britannique 30 000 mercenaires allemands, qui ne parviendront d’ailleurs pas à maintenir l’Amérique dans L’Empire britannique.

Dans son récit, Song Hongbing, démontre par le menu comment cette oligarchie naissante avance sur plusieurs fronts des deux côtés de l’Atlantique, à pas masqués, en déployant partout ses agents secrets. Le premier coup de maître, c’est Nathan, le fils du patriarche, qui l’assènera à Londres, en mettant génialement la main sur la Banque d’Angleterre. Nathan venait d’inventer la guerre financière, où les armes sont l’asymétrie de l’information, la manipulation et l’intimidation. Ses frères ne sont pas en reste, James conquerra la France et Salomon l’Autriche. L’Europe étant désormais entre les mains des Rothschild, la génération suivante aura fort à faire outre-Atlantique pour imposer sa domination.

Après les deux tentatives ratées de créer une banque centrale privée aux États-Unis, l’auteur nous entraîne dans l’histoire secrète de la création de la Réserve Fédérale, en 1913, puis dans celle des plus grandes catastrophes du XXe siècle, la Grande Dépression et les deux guerres mondiales. Si les grandes conquêtes à travers l’Histoire ont toujours été exécutées dans des massacres épouvantables, la conquête financière du monde moderne n’a non seulement pas dérogé à la règle, mais l’a perfectionnée au fil des plans les plus diaboliques élaborés par ces nouveaux conquistadors.

Pas à pas, Song Hongbing nous immerge dans l’histoire contemporaine, la guerre de l’or, celle du Vietnam, puis la fin de l’étalon-or qui finira d’imposer le dollar comme unique devise de réserve mondiale. La marche inexorable de la finance internationale, suivant un axe Londres/Wall Street, finit par plonger le monde dans le plus grand chaos financier de l’Histoire : la crise de 2008.

L’auteur, qui était alors consultant de haut niveau auprès de Fannie Mae et de Freddie Mac, au cœur de la tourmente des prêts immobiliers « subprime », se trouvait aux premières loges pour observer la cupidité sans bornes du monde de la finance. S’il avait déjà compris le risque systémique que la planète tout entière encourait alors, ses recherches lui ont fait découvrir qu’une autre guerre, bien plus dangereuse et effroyable, se livrait dans les coulisses. La guerre des monnaies, où, plus exactement, maintenir coûte que coûte l’hégémonie des États-Unis sur le monde et empêcher la Chine de leur ravir la première place économique mondiale.

Song Hongbing a d’abord voulu alerter les autorités chinoises de l’immense danger qui pointait à l’horizon et menaçait de réduire à néant tous les efforts déployés par la Chine moderne visant à offrir à ses quelques 1 milliard et demi d’habitants un niveau de vie comparable à celui des Occidentaux. Publié en mai 2007, son livre, « Currency Wars », a connu très vite par le bouche à oreille un immense succès dans l’Empire du Milieu. Il a alimenté et alimente toujours les conversations de millions de Chinois… jusque dans les rangs les plus élevés du pouvoir, au sein même du Comité Central du Parti Communiste Chinois. Wang Qishan, alors vice-premier ministre chinois du conseil d’État, en charge des affaires économiques, aurait même ordonné à ses collaborateurs de le lire…

L’impact de « Currency Wars » a été tel que l’ancien président de la Fed, Paul Volcker, cité à plusieurs reprises dans ce livre, a dû s’expliquer sur une chaîne chinoise sur la nature privée de la Réserve Fédérale, et a répondu que si tel est effectivement le cas, les téléspectateurs chinois ne doivent pas en tirer n’importe quelle conclusion… Le fait qu’un ancien président de la banque centrale américaine soit amené à communiquer sur la vraie nature de « sa Fed », apporte, s’il en fallait, une preuve supplémentaire que « Currency Wars » contient bien des révélations pour le moins explosives !

« La guerre des monnaies » est avant tout une somme impressionnante de références incontournables. Au fil des chapitres, l’auteur nous fait découvrir beaucoup d’auteurs essentiels, peu connus en France ou jamais traduits en français. Il résume magistralement les passages essentiels de leurs oeuvres qui appuient cette thèse d’un complot international. Le lecteur découvrira non seulement les écrits de Frédéric Morton, Des Griffin, Ron Chernow, William Engdhal et beaucoup d’autres, mais aussi l’oeuvre incontournable de Ferdinand Lips, cofondateur de la Banque Rothschild à Zurich, La Guerre de l’Or. Bien sûr, Eustace Mullins et Les secrets de la Réserve Fédérale, y tient une place importante. Mais Song Hongbing ne se contente pas de reprendre les grandes lignes de ces auteurs indispensables, il décrypte également les écrits de Henry Kissinger ou de George Soros, deux acteurs incontournables des crises majeures, qui dans le déclenchement de la guerre du Vietnam ou qui dans la spéculation monétaire qui a balayé l’Est asiatique en 1997.

L’ouvrage se termine en forme de recommandation aux autorités chinoises et trace les grandes lignes que la Chine devrait adopter pour établir sa monnaie nationale, le renminbi, comme future devise de réserve mondiale. Il semble que sept ans après la parution de ce premier volet de la Guerre des Monnaies, Song Hongbing ait été entendu, puisque la Chine n’a cessé depuis d’accumuler des réserves d’or – elle est aujourd’hui classée cinquième, après la France et devant la Suisse, avec 1054 tonnes d’or.

En mars 2013, la Chine s’annonçait prête à riposter en cas de « guerre des monnaies »...

(1) Voir L’effondrement des sociétés complexes, de Joseph Tainter (Le Retour aux Sources, 2013).