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17/05/2016

La Révolution sera verte ! ou le salut par la terre : Perspectives

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La Révolution sera verte ! ou le salut par la terre

Perspectives (2ème partie)

Notre premier article avait pour but de présenter plusieurs modèles actuels -notamment Cuba-pouvant nous apporter quelques clés sur les bienfaits apportés par un retour à la terre dans une optique révolutionnaire (par rapport aux chimères de la production-consommation mondialiste actuelle). Cette seconde partie présentera plusieurs idées susceptibles de concourir à une réflexion sur le besoin impérieux d'une Révolution verte dans un pays comme la France. Il va sans dire que les pistes de réflexion qui suivent ne prétendent pas apporter la solution à tous les maux dont nous souffrons.

Indépendance et nouveau modèle

En premier lieu, nous avions souligné à quel point le renouveau dans la manière de cultiver (l'agriculture urbaine, dont le développement apparaît essentiel dans notre époque d'urbanisation à outrance) et la recherche de la qualité semblaient fondamentales. Nous devons nous adapter à un monde qui a changé. En effet, l'agriculture n'est plus ce qu'elle a toujours été... Cela fait des décennies que les manières de produire et de consommer ont été cadrées par une course effrénée au rendement, au profit, au business. On a industrialisé l'agriculture comme pour mieux la vider de son essence. L'agriculteur actuel est pris à la gorge par une cohorte de parasites mondialistes (UE, Monsanto etc) qui n'ont comme seul dessein que de l'asservir dans des buts marchands où toute morale est absente. Résultat : le suicide de tant de ces travailleurs de la terre dont le nombre ne cesse de décroître avec les années (environ 900.000 aujourd'hui alors qu'ils étaient encore 4 millions il y a 50 ans). Le constat est tristement simple : aujourd'hui, tout est maltraité, trafiqué, transformé, empoisonné, nié : la terre, les graines, les animaux, les hommes.

Pour nous, il est donc urgent de repenser le mode (mais surtout la manière) de production afin de nous affranchir au plus vite de la tutelle mortifère que le Système nous impose également sur ce sujet primordial. Il en va de notre survie. Le XXIe siècle sera celui de la surpopulation démentielle -il l'est déjà- mais nous n'avons encore rien vu. Les Européens doivent retourner à la terre s'ils veulent perdurer et ne pas laisser les rennes de leur destin à ceux qui veulent les voir crever (par idéologie ou profit).

Les modèles présentés dans la première partie de l'article montrent que tout est encore possible. Cuba, grâce à ses centaines de milliers d'exploitations agricoles urbaines (crées en seulement 20 ans!) est en route vers l'autonomie alimentaire ! Face aux dangers actuels et futurs, un Etat sage serait celui qui chercherait à s'affranchir de la tutelle mondialiste des marchés et à recouvrer son autonomie, donc sa souveraineté. Ceci est une évidence.

Afin de faire face à toutes sortes de problèmes liés aux approvisionnements et pour ne plus dépendre de la grande distribution (la seule à proposer, aujourd'hui, des réserves de nourriture pour quelques jours), on a vu comment des villes telles que Lisbonne ont entamé des programmes d'indépendance alimentaire. Si toutes les villes d'importance sont capables de subvenir, elles-mêmes, aux besoins de leurs habitants et si elles peuvent en outre réagir rapidement à tout souci alimentaire non prévu, le pari est gagné : elles sont autonomes. Et si elles le sont, c'est parce qu'inévitablement, elles ont favorisé la production (et donc la consommation) locale. Elles ont fait travailler leurs terres et donc leur région. Ville et campagne deviennent complémentaires et non antagonistes. Le lien est rebâti.

Quels gains pour la société ?

Le retour à la terre est un projet révolutionnaire par son aspect éminemment inactuel. Ne vivons-nous pas en une époque où l'on considère peu ou mal l'agriculteur, son travail, son mode de vie ? Ne raille-t-on pas le « bouseux », le « ringard », l' « arriéré » entre une collation au Starbucks et un tweet sur la dernière émission de Hanouna ? La politique agricole de la France et ceux qui la mènent (ou la soutiennent) nous confirment bien cette impression. Et tous les zombies du Système également. Allez demander à un « homo festivus » ce qu'il en pense de la terre et de l'agriculture. Vous serez servis...

Cette haine de la terre et, finalement, de tout ce qu'elle représente (le lien avec la nature, la vie, les racines...) a participé au meurtre des sociétés traditionnelles ou de ce qu'il en restait. L'homme de l'époque de la Révolution industrielle a quitté la terre, le village et la communauté pour aller travailler dans des villes grises où il a perdu, peu à peu, son âme. Lui et les générations qui ont suivi ont été gagnés par toutes les tares du monde moderne : perte d'identité et de toute spiritualité, individualisme, parasitisme... Pour imager et simplifier, on pourrait dire que nos sociétés doivent devenir plus vertes et moins grises (le gris représentant ici à merveille le monde libéral et cosmopolite).

Plus de trois quarts des français vivant en ville, il est impérieux qu'ils soient les cibles de la Révolution verte... d'où l'agriculture urbaine qui présente, en plus de tout ce que l'on a évoqué plus haut, un bon nombre de perspectives intéressantes :

  1. Tout le monde peut, en principe, participer. Jeunes et moins jeunes ; chômeurs, « actifs » ou retraités... Par ce biais, les gens peuvent, grâce au travail commun, se connaître, se côtoyer, recréer des liens, s'entraider. Voilà un bon moyen pour lutter contre l'hyper-individualisme qui a pourri la vie de nos « sociétés » qui n'en sont plus réellement. Nous sommes arrivés à une situation si critique d'atomisation du corps social qu'il faut urgemment penser aux manières de recréer de la communauté. Travailler la terre peut, en conséquence, permettre un certain réenracinement pour bien des personnes.

  2. L'adage dit qu'il n'y a de richesse que d'hommes... Effectivement, des bras, nous n'en manquons pas ! Chômeurs, retraités ou bonnes volontés peuvent servir un objectif commun. Et que dire des millions d'assistés ne faisant strictement rien et dégénérant de génération en génération ? On pourrait enfin les mettre au travail et les revaloriser en tant que personnes et en tant que membres de la communauté. On les soustrait à la télé et on les oblige à donner, chaque semaine, un peu de leur temps pour cultiver dans leur quartier ou dans leur ville. Finies les aides sans contrepartie qui tombent de la naissance à la mort ! Tu veux être aidé ? D'accord, mais tu fais ta part du boulot et tu cesses d'être un parasite pour tout le monde. En plus, tu pourras bénéficier du fruit de ton travail en nature. Cela t'aidera à sortir de ta totale dépendance vis à vis de l'Etat. N'oublions pas non plus que l'oisiveté est la mère de tous les vices. Il faut donc réoccuper des millions de personnes. Là encore, la terre nous semble être un moyen des plus sains pour faire sortir de l'impasse une partie de notre population. La richesse qui sera créée à cette occasion sera multiforme : personnelle, communautaire, nationale.

  3. Dans une époque de technique, il serait stupide de la rejeter. Si elle est bien utilisée, elle permettra des innovations dans les cultures, une meilleure production, une augmentation de la qualité et des pratiques. Les gens qui travailleront ensemble apprendront les uns des autres. Assistés de quelques spécialistes (comme à Cuba), des cultivateurs novices peuvent rapidement faire des merveilles.

  4. Les possibilités sont, pour ainsi dire, infinies. Les villes ont des tas de terres inutilisées ou pouvant être valorisées par une activité agricole. Nous renvoyons une fois encore à notre premier article. Cultiver permet de se réapproprier l'espace proche et de ne plus être un étranger dans son propre environnement.

  1. Il convient de choisir un système d'exploitation qui bénéficie d'abord à ceux qui travaillent la terre (paiement du travail en nature, constitution de coopératives...). Cependant, les gens des alentours doivent pouvoir venir se ravitailler à bas coût en produits de qualité. L'argent ainsi récolté pourra permettre d'amortir les coûts mais aussi d'innover si besoin est.

  2. Le changement apporté pourrait modifier en profondeur les habitudes et les modes de vie urbains. Il permettra aux jeunes et aux générations suivantes de ne plus être coupés de la terre nourricière et de pouvoir se débrouiller seuls grâce à ce qu'ils auront appris.

Beaucoup de modalités seraient à discuter mais les quelques pistes que nous présentons méritent, selon nous, réflexion. Elles peuvent être retravaillées, corrigées et complétées.

Il y a cependant fort à parier que des initiatives telles que celles que nous avons présentées vont continuer à se développer partout en Europe. Il ne faut pas laisser à nos ennemis le bénéfice de monopoliser la question. Nous devons y réfléchir mais également agir quand il le faut et ne pas hésiter à soutenir et participer aux initiatives de bon sens. Le sujet traité ici bouleverse les clivages politiques et peut plaire à tout le monde. Ce type de projet est des plus rassembleurs... cela tombe bien, c'est une des clefs pour bâtir un futur meilleur pour notre peuple !

Rüdiger et Ann / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

16/05/2016

Haro sur la liberté éducative !

 Haro sur la liberté éducative !

école maison.jpgEric Ciotti, député du parti « Les Républicains » à l'Assemblée Nationale et président du département des Alpes-Maritimes a soumis avec d'autres députés une proposition de loi visant « à renforcer l’encadrement des établissements privés hors contrat et à limiter les possibilités de dérogation à l’obligation scolaire ». En clair, Eric Ciotti souhaite renforcer le contrôle des établissements hors contrats et conduire à une interdiction progressive de l'école à la maison. Les autres députés signataires font pour la plupart parti de la « Droite forte », une branche du parti « Les Républicains » qui souhaite avoir un discours plus musclé sur les « valeurs » et la « sécurité » pour berner les électeurs français et les détourner du vote Front National.

Les motifs invoqués dans la proposition de loi sont clairs : « la déscolarisation d’un nombre croissant d’enfants, surtout des filles, pour des motifs d’ordre essentiellement religieux d’une part, et la multiplication d’écoles privées hors contrat prônant un islam radical, d’autre part. » Cette proposition de loi viserai donc à contrôler la propagation de l'islam dit radical sur notre territoire.

Rendez-vous compte, toujours selon la proposition de loi, il y aurait en France 300 établissements hors contrats confessionnels (non précisés) pour 1300 établissements au total, soit 23%, et 4 000 à 5 000 élèves dans des écoles hors contrats musulmanes sur 56000 élèves au total soit entre 7,1% et 8,9% ...

Mais ce n'est pas tout « le second objet de cette proposition de loi est de limiter les possibilités de dérogation à l’obligation scolaire.

En 2010-2011, en France, 18 818 enfants étaient instruits à domicile, dont 5 063 en dehors d’une inscription réglementée au Centre national d’enseignement à distance (Cned). Cela représente une augmentation de 54,6 % en trois ans. »

Là aussi le motif invoqué est la crainte de voir de plus en plus d'enfants scolarisés dans la famille pour échapper à une école qui dispense les « valeurs de la République » au profit d'un embrigadement politique ou religieux.

C'est donc toujours au nom d'une minorité de musulmans vivant en France « hors la France » qu'on se propose de restreindre la liberté de la majorité des Français. Qu'en sera-t-il des autorités chargées comme en Alsace et en Moselle de délivrer les autorisations lorsque des catholiques souhaiteront ouvrir une école hors contrat pour faire échapper légitimement leurs enfants à l'embrigadement post-moderniste de la théorie du genre par exemple ? Vont-elles bloquer les écoles catholiques au principe que celles-ci s'opposeraient aux « valeurs de la République » qui sont régulièrement modifiées par la gauche au gré de ses lubies ?

L'augmentation de 54,6% des scolarisations à domicile hors CNED ne viennent-elles pas plutôt de la crainte des parents de voir leurs enfants confrontés à des programmes idéologiques et à une violence scolaire de plus en plus forte (harcèlement, racket, « bolossage », etc...) plutôt qu'à un renforcement de l'islamisme ? De plus en plus de parents se tournent en effet vers les établissements privés sous-contrats, les établissements privés hors contrat ou l'école à la maison. La politique laxiste, démagogique et anxiogène de Mme Vallaud-Belkacem y est sûrement pour beaucoup plus que la progression de l'islam « radical ». Progression qui est d'ailleurs massive au sein même du système scolaire public sans qu'aucune solution ne soit proposée aux enseignants, derniers remparts de la République, pour empêcher les dérives lors de l'adolescence.

Les tentations autoritaires et sécuritaires du LRPS au prétexte de la menace islamiste se multiplient : prolongation de l'Etat d'urgence, interdiction des manifestations, couvre-feu, arrestations arbitraires sans lien avec le terrorisme, contrôle d'internet, usage du 49-3, usage abusif de décrets pour imposer la réforme du collège et désormais volonté d'aller en l'encontre de la liberté éducative.

La droite emboîte le pas à une gauche liberticide et à un souhait déjà exprimé par Najat Vallaud-Belkacem qui n'aime pas l'enseignement privé, qu'il soit sous contrat ou non, d'ailleurs et qui souhaite réintégrer de force les enfants scolarisés dans le cadre familial.

Une politique volontariste d'expulsion du territoire national des salafistes et des Frères Musulmans, organisation interdite dans de nombreux pays, serait par exemple une politique bien plus efficace à même de protéger nos enfants et nos concitoyens sans entamer une énième fois les libertés chèrement acquises par le peuple Français. Cela ne fait que démontrer une fois de plus que l'immigration menace nos libertés et que trop de liberté à l'extérieur conduit à moins de liberté à l'intérieur. Pour les Français c'est la double peine systématique : on leur impose une immigration dont ils ne veulent pas, puis on réduit leurs droits à cause des effets de cette immigration.

Jean/C.N.C.

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05/05/2016

Pavillon noir : De l'unité comme chimère.

Chronique du 04 avril 2016 :: " De l'unité comme chimère"

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Relire notre article sur le sujet : Unité et diversité: nature, culture et politique

Regard sur l'actu #26 : En mai, fais ce qu'il te plaît

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 Regard sur l'actu #26 : En mai, fais ce qu'il te plaît

Le SIEL leur est tombé sur la tête

Démarrons ce Regard sur l'actu par une note légère. C'est avec amusement et stupéfaction que j'ai vu le SIEL (pour Souveraineté Identité et Libertés), un organe proche, mais pas trop, du FN, fondé par Paul-Marie Couteaux et dirigé désormais par Karim Ouchikh, rendre hommage au corps expéditionnaire russe de la Première Guerre mondiale. Quelle drôle d'idée. La publication s'accompagnait d'un commentaire tout aussi déroutant : « Le SIEL a rendu hommage au corps expéditionnaire russe lors de la première guerre mondiale, saluant ainsi une amitié Franco-Russe pluriséculaire. ». Une amitié franco-russe pluriséculaire. Rien que ça ! Allez dire ça à la famille Bonaparte... Ajoutons qu'il n'y a jamais « d'amitié » entre des Etats mais uniquement des intérêts. Les Britanniques eux-mêmes surent s'allier en temps voulu avec les Russes alors même que toute la géopolitique anglo-saxonne est construite sur l'opposition à l'Eurasie, au heartland... Mais ce n'est pas tout... ce que ne dit pas non plus la publication du SIEL, c'est que le corps expéditionnaire russe a fini par se mutiner ! Pour ma part en terme d'amitié franco-russe pluriséculaire, je préfère retenir les chefs français qui cuisinaient à la cour du Tsar... Quand on est patriote, mieux veut célébrer l'exportation de ses savoir-faire... non ?

Rififi au FN, fidélité vs discipline ?

Le rififi autour des députés européens Bruno Gollnisch et Marie-Christine Arnautu n'en fini plus de diviser. Ces cadres historiques du FN sont priés de démissionner du Bureau politique pour avoir été au 1er mai avec Jean-Marie Le Pen, exclu du parti. Très rapidement la « droite nationale » s'enflamme et condamne Marine Le Pen qui punirait les deux cadres pour leur « fidélité » au menhir. L'argument invoqué du côté du mouvement à la flamme est la discipline du parti : nul ne peut se rendre dans un rassemblement où sont exprimés des idées hostiles au FN et à sa présidente.

La fidélité ? Pour ma part je pense que nous devons fidélité d'abord aux idées, et non aux hommes, qui n'en sont que des vecteurs, à un moment donné. Ce que nous devons aux hommes c'est la loyauté, ce qui est différent. Enfin, ce n'est peut-être pas trop demander que de respecter les règles d'un parti politique qui vous aide à croûter au quotidien dans différents mandats électoraux. On viendra nous parler de fidélité le jour où les élus « fidèles à Jean-Marie » abandonneront leur poste de députés européens ou de conseillers divers en soutien à l'ancien président du FN... Il ne paraît pas ubuesque de considérer qu'il est malvenu de se retrouver à un rassemblement politique hostile à votre propre mouvement. On n'empêche personne de garder ses amitiés en privé, en revanche tout ce qui se fait publiquement devient un acte politique.

Alors certes, MLP est sûrement très autoritaire et l'occasion a fait le larron... mais ni plus ni moins que lorsque son père pratiquait lui même l'exclusion de cadres brillants pour des motifs similaires et qu'il qualifia toute une génération qui voulait faire triompher les idées nationales de "félons".

Priez pour elle...

Le 1er mai fut également l'occasion d'une sortie de Sophie Montel sur le féminisme et l'avortement. Toujours en pointe dans cette stratégie de séduction de la gauche, une partie du FN ne semble pas mesurer qu'elle joue avec des allumettes à côté d'un baril de poudre. Car bien évidemment, c'est à Marine Le Pen, qui n'a probablement rien demandé, qu'on va sommer de « s'expliquer » sur ce qu'est la ligne du FN à ce sujet. On doute que Marion Maréchal, Nicolas Bay ou Pascal Gannat soient vraiment raccord avec leur collègue frontiste...

A l'heure de la submersion migratoire, est-il vraiment prioritaire de « sanctuariser l'avortement » ? Il n'était en tout cas pas vraiment nécessaire de ramener ce sujet dans le débat public, surtout quand on est une élue du FN, premier parti chez les catholiques, faut-il le rappeler... Ce n'est pas en envoyant des signaux à une gauche ataviquement hostile au FN que le parti remportera les prochaines échéances électorales. Il faut bien au contraire rassurer sur les « valeurs » et notre identité à l'heure où elles sont malmenées jusque dans le sanctuaire de la nation qu'est l'école (théorie du genre, islamisation). Les Français ont d'autres préoccupations que les questions sociétales argumentait-on à l'époque de la Manif pour tous. Il en va alors de même pour l'avortement...

La démographie reste, quant à elle, un sujet majeur, sur lequel nous ne pourrons faire l'économie de prises de positions fermes, quoique iconoclastes.

Lieux communs …

La figure montante de la droite dite « réactionnaire », Eugénie Bastié, journaliste au FigaroVox, a dû s'expliquer sur l'avortement qu'elle a qualifié « d'homicide ». Mais enfin braves gens comment une « jeune femme » peut-elle avoir des positions aussi réacs et aussi proche de Marine Le Pen, donc des vilains pas beaux ? Car c'est bien connu, quand on est jeune, on est forcément cool et progressiste ! Progressiste c'est à dire d'accord avec la gauche culturelle. Cela va de soi.
Marie-Anne Soubré, une chroniqueuse des Grandes Gueules sur RMC, va même jusqu’à rétorquer à notre Zemmour féminine qu'« on reviendrait dix siècles en arrière ! ». Ah oui, ça nous avait manqué, le lieu commun historique ! 10 siècles, soit 1000 ans, ça nous ramène en plein Moyen Âge ! Et oui cette période obscure où les gens sentaient mauvais, où il pleuvait tout le temps, où il y avait de la boue partout et où les femmes n'avaient aucun droit ! (C'est amusant cette description me fait plutôt penser à l'Angleterre capitaliste du XIXeme siècle, allez savoir pourquoi...). Le Moyen Âge, époque terrible où l'on brûlait les gens pour leurs opinions et où l'Eglise, très très méchante, nous empêchait de penser (bon le fait que la plupart des universités naissent au Moyen Âge comme celle de droit de Bologne, de médecine de Montpellier et évidemment la Sorbonne à Paris relève du hasard). Non vraiment y a pas à dire, la tonalité du débat public est de haute tenue, pleine de nuance et de savoirs...

Le scénario banal de la révolution spectacle

Le 1er mai, à l'issu des jérémiades quotidiennes de Nuit Debout, les habituels casseurs sont venus ... casser. Outre les questions qu'on peut naturellement se poser pour savoir qui ils sont : black bloc, policiers en civils, racailles, il faut surtout s'intéresser aux réactions prévisibles : les gentils de gauche expliquent que la violence « c'est vraiment pas bien », les supers révolutionnaires de gauche vont vous expliquer « que c'est le seul moyen de se faire entendre » et les gens de droite de vous dire que « l'extrême-gauche, c'est vraiment des gens violents » et surtout « qu'il n'est pas normal qu'il y ait des casseurs alors qu'on est en plein Etat d'urgence ». Bien que tout cela ne soit pas tout à fait faux, au final chacun joue sa participation. Le mec de gauche « occupe une place » en mode « Indignados » ou « printemps arabe », le casseur casse avec sa cagoule et son sweat noir made in Bangladesh et le mec de droite veut le retour à l'ordre et se délecte des vidéos de CRS cuirassés tabassant « une gauchiste » ...

Ce scénario, joué mille et une fois, se répète inlassablement comme si personne ne parvenait à sortir du rôle qu'on lui a assigné. A chaque fois les mêmes manifs qui ne servent rien avec les mêmes casseurs qui ne servent à rien avec les mêmes CRS qui tapent dans le tas pour rien et les mêmes discours politiques de retour à l'ordre pour rassurer les Français sur le fait que l'Etat fait son travail. Et puis les mêmes discours de l'opposition sur « l'inaction du gouvernement » et des souverainistes sur « la faillite de l'Etat » et les mêmes journalistes qui racontent les mêmes choses : anciens 68tards devenus les barons du Paris branché qui revivent par procuration leurs jeunes années et plumitifs de droite qui nous expliquent que les gauchistes sont une menace pour la France.

Il est peut-être le moment d'inventer autre chose …

Jean/C.N.C.

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03/05/2016

Souveraineté ou identité ? Sapir vs Le Gallou

Charles de Meyer recevait Jacques Sapir, économiste, directeur de l’École des hautes études en sciences sociales, écrivain et Jean-Yves Le Gallou, président de Polémia, écrivain, sur le thème : « Quelles solutions pour la France ? »


01/05/2016

Attaquer, oui, mais en tête !

Attaquer, oui, mais en tête !

gabriele.jpgQue l’Institut Iliade non seulement existe, mais qu’il soit en unissant dynamisme et qualité, réussissant à impliquer des effectifs importants (ainsi, plus de mille participants payants lors d’une réunion tenue en avril 2016), est l’une des meilleures nouvelles de ces dernières années.

Une nouvelle tellement bonne que, dans l’édification du projet européen tripartite (think-tank, existentialisme militant et écomomie) que j’anime, j’ai tenu à affirmer immédiatement une volonté de collaborer de manière organique et dans le respect mutuel.

Iliade a, entre autres qualités, celle de concentrer les meilleures énergies et de leur donner une visibilité meilleure que celle qu’elles ont dans leur pays d’origine ou en Europe, comme c’est le cas pour l’Autrichien Philip Stein, dont le texte, résumé dans Il Primato nazionale, qui exprime une thèse que nous pourrions qualifier de “rupture”, mais recoupant pleinement la ligne d’Iliade, sera publié en France dans la revue Krisis, très proche d’Alain de Benoist.

Thèse de rupture, disions-nous, que l’on pourrait résumer de la façon suivante : “C’en est assez des nationalismes du passé ; construisons l’Europe !”

Je partage la critique que Stein fait aux souverainistes nationaux-populistes et qui recoupe parfaitement celle qu’a présenté, lors de la dernière rencontre de Polaris, le 23 mars 2016 à Milan, Gérard Dussouy, auteur de Fonder l’Etat européen contre Bruxelles, édité en Italie par Controcorrente. Non seulement je partage cette critique, mais, en somme, je pousse un soupir de soulagement en remarquant que tout ce que j’affirme depuis 2002, souvent seul contre ceux qui m’entourent, est en train de s’imposer.

Et si c’est en train de s’imposer, c’est pour trois raisons :

La première provient du fait qu’une certaine Foi est toujours présente, je dirais une Fidélité à l’Idée qui enflamma les peuples et les guerriers durant un court siècle, une Idée qui s’appela Europe et ne pourra jamais s’appeller autrement.

La seconde est que les forces réactionnaires, comme à chaque fois, manquent de hauteur et de perspectives, parce que l’Histoire nous enseigne que l’on ne revient jamais en arrière et que chaque tentative pour la bloquer se révèle un accélérateur de la décadence. Il ne faut pas chercher à la bloquer, mais à en changer le signe. Telle est la leçon qui revient régulièrement depuis l’époque de César, alors que chaque Sainte-Alliance, quant à elle, lorsqu’elle veut restaurer le passé, ne sert en fait que les intérêts des Rothschild.  De sorte que, qui joue contre l’UE -que personne n’entend ici défendre-, comme ceux qui s’opposaient à Napoléon, ou comme la droite anti-mussolinienne, se retrouve immanquablement à chanter sur une partition du CFR dans le choeur des banques anglo-américaines.

Enfin, il existe un troisième motif, souvent non avoué, parce que l’on craint de plus en plus d’utiliser des termes faisant référence aux racines, qui veut que, dans les rapports démographiques actuels et avec les continuelles menaces biologiques, on ne peut trouver la force de faire face que si on la recherche dans la profondeur des temps, dans les origines, dans nos racines, soit autant dans le Mythe que dans la préhistoire. Une force ancestrale que l’on retrouve, dès lors que le passé renoue avec l’avenir.

Cela signifie-t-il qu’il faille en finir avec l’esprit du Risorgimento, avec l’italianité, avec la Nation ? Absolument pas, puisque la démarche proposée est au contraire la seule qui, à mon avis, soit en mesure de faire renaître ces valeurs, assassinées il y a soixante-treize ans. La Nation n’est pas seulement le fait de frontières, et moins encore d’institutions, qu’elle précède largement. L’italianité est identifiable au moins huit siècles avant l’Unité et, si l’on va plus au fond, on ne réussit pas à définir exactement quand elle a commencé à se manifester, exprimant une version gréco-méditerranéenne du protogermanisme latin et une interprétation de la Romanité qui fut, et est, synonyme de Ius, d’Imperium, de Civilisation et d’Europe.

Dans l’ère des satellites, qui ont produit l’effet “temps zéro”, qui ont imposé un nouveau Nomos à la géopolitique dont il a bouleversé les canons, dans l’ère de la mondialisation et de l’explosion démographique, il est impossible de concevoir une quelconque souveraineté sans adosser celle-ci à un espace vital, à une force démographique coordonnée dans le cadre d’une unité militaire, monétaire et fiscale, mais aussi et surtout à la maîtrise d’une gestion satellitaire. Par conséquent, si l’on doit parler de souveraineté, on doit aussi lui donner des fondements solides, ce qui n’est possible que dans une dimension européenne.

Le point à souligner est que, en construisant l’Europe, nous devrons prendre garde d’abandonner les préjugés démocratiques du fédéralisme et du consensus intergouvernemental. On n’est pas ici dans un système d’équivalence généralisée : le poids historique et matériel de chaque composante n’est pas le même que celui d’une autre. Par conséquent, nous devrons être conscients que, pour révolutionner l’Europe dans le bon sens, il faudra le faire en s’appuyant sur les vocations éternelles et stables. La construction de l’Europe autour de l’axe romano-germanique, où la conscience de Rome (celle de l’Antiquité, et non celle d’aujourd’hui) apporte la lumière à la vitalité germanique, demeure, encore et toujours, notre presqu’unique espoir de survivance. Un axe qui prend sa source dans cette philosophie grecque que la Romanité s’est appropriée. Et qui doit s’affirmer sous une forme qui, ni fédérale, ni du XIXème siècle, se situe pleinement dans la logique de l’Imperium, laquelle sous-tend une unité indestructible, en même temps que la pleine autonomie des peuples, en dehors de toute référence à des institutions formelles. C’est ainsi que, dans la conception impériale, l’indépendance des individus, des communautés, des régions et des nations en vient à être exaltée. A tout ceci, j’ai dédié un essai de la collection Orientations et Recherche, appelé justement L’Europe, qui répond de manière systématique aux questions qui se posent concernant la façon de bâtir un programme et d’agir en conséquence, ainsi que le premier des Cahiers Lansquenets, justement appelé Imperium, traduit en quatre langues.

Enfin, il n’y a que l’Europe impériale qui nous restituera aussi l’Italie.

Pour toutes ces raisons, en m’appuyant sur les directions majeures définies par Stein et Dussouy, et avant eux par Drieu La Rochelle, Adriano Romualdi et Jean Thiriart, j’invite à cesser d’attaquer l’Allemagne et de la confondre avec l’ensemble de l’UE. Elle est, en effet, la seule puissance qui puisse nous permettre de réaffirmer notre droit à survivre et, pourquoi pas, à dominer, et représente également le seul point sur lequel pourrait s’appuyer un levier visant à nous émanciper de la tutelle des Etats-Unis, bien plus que la Russie, laquelle, tout au plus, cherche à se débrouiller dans le chaos actuel, et qu’il faudrait convaincre, voire même contraindre, d’être un prolongement de l’Europe plutôt que le garant de l’équilibre d’un nouveau Yalta.

Cela ne signifie pas que nous ne devions renoncer à combattre la technocratie de l’UE, avec cette excuse que -ne le répétez pas à Salvini et à la Meloni- l’on pourrait trouver bien pire ; au contraire, cela doit nous conduire à nous enrôler vraiment pour la ligne de front, à révolutionner l’Europe et à chasser ceux qui, tels les “prétendants” de l’Odyssée, banquettent à proximité d’Aix-la-Chapelle. Etant précisé que, ce n’est pas en lui disant “Non” que l’on combat ce que l’on refuse, mais en affirmant autre chose, non pas, notons-le bien, comme une alternative éventuelle, mais comme la seule solution possible. Et laisser ce soin à d’autres reviendrait à leur laisser le choix de la réaction.

D’où mon choix sur le plan symbolique : alors que presque tous mettaient un “X” sur le drapeau de l’UE, comme on le fait pour un panneau “Défense de fumer”, j’ai fait dessiner un autre drapeau, où les étoiles forment une croix celtique.

Pour attaquer, oui, mais en tête !

 

Gabriele Adinolfi

Source : fr.gabrieleadinolfi.eu