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04/08/2014

Le couple franco-allemand doit-il faire chambre à part?

Le couple franco-allemand doit-il faire chambre à part?

Les résultats des Européennes ont montré un véritable euroscepticisme dans certains pays. Bien que nous soyons heureux de ce (modeste) sursaut des Européens contre la technocratie capitaliste euro-atlantiste, il pose tout de même la question de l’avenir de notre continent. Soyons clairs, nous sommes initialement des défenseurs de l’Europe carolingienne, celle dont rêvait aussi Bonaparte, et qui fut à l’origine de l’Europe des 6. Le « repli national » n’est donc pas pour nous la solution optimale. C’est à la limite un truc d’Anglais de se replier sur son île et d’œuvrer à saborder toute puissance continentale européenne. Le rôle de la France, c’est d’être le cœur politique de l’Europe, comme c’est le cas depuis de nombreux siècles. La France se doit donc de « penser l’Europe ».

Du rêve à la réalité, il y a un pas, donc soyons pragmatiques. Aujourd’hui il parait évident qu’il n’existe aucun couple Franco-allemand, on aura beau le fantasmer, dessiner des cartes de la Grande Europe sur Paint ou photoshop, la réalité est évidente, comme c’est malheureusement le cas depuis maintenant 150 ans, la France et l’Allemagne ne parviennent pas à agir de concert, à ne pas se vampiriser. Le couple franco-allemand ne vit que dans le spectacle médiatique fait des sourires hypocrites de leurs chefs d'états respectifs. Par ailleurs, combien de Français parlent l'allemand et combien d'Allemands parlent français? Il faut donc envisager la constitution de l’Europe sur des bases neuves, ou pas.

La France doit retrouver sa place, celle d’une grande nation d’Europe. La France a plusieurs forces. Tout d’abord elle dispose de la deuxième ZEE du monde (espace maritime), ce qui est essentiel vis-à-vis des Etats-Unis et de la Chine. De plus, elle est aussi un carrefour, un passage obligé entre l’Europe du nord et celle du sud et l’isthme de tous les trajets partant de l’est vers l’ouest. Enfin, elle est une puissance agricole (la première d’Europe). La France est aussi, intrinsèquement, une « mini Europe ». Il suffit par exemple de voir la diversité du bâti, entre les maisons en briques du nord, qui rappellent la Belgique voisine ou l’Angleterre, les grandes maisons en pierre du Pays-Basque ou les maisons au crépis chaud du sud méditerranéen qui rappellent l’Espagne ou l’Italie. La France ne peut donc pas aller contre l’Europe, au risque de renier une partie d’elle-même. C’est en s’appuyant sur ses forces (il y en a d’autres) qu’elle pourra se permettre de revenir ensuite vers l’Allemagne. La France se positionne aujourd'hui comme le seul pays capable de construire une autre Europe.

Dans l’état actuel des choses, il faut réfléchir sur quelles bases constituer l’Europe. Une idée, qui n’est pas neuve mais pourrait être pertinente me traverse l’esprit régulièrement : Diviser l’Europe actuelle en deux grandes familles et organiser des rapports bilatéraux entre la France et l’Allemagne. D'un côté une "union/confédération latine", de l'autre une "union/confédération germanique".

1004122-Charles_Maurras.jpgL'union latine est déjà un projet évoqué par Charles Maurras, qui lui même mentionne que cette idée a été défendue par des "révolutionnaires": Mazzini ou Victor Hugo. C'est d'ailleurs un projet qui a eu une actualité dans la deuxième moitié du XIXe siècle à la suite de l'unité italienne et des relations établies avec le Second empire.

La France pourrait coopérer avec l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Wallonie et disposerait de son importante ZEE. La France serait ainsi le moteur de cette union latine, ouverte directement sur deux mers et un océan et pouvant compter sur les territoires ultra-marins. Cette union latine disposerait d’une monnaie en rapport avec ses atouts économiques comme l’agriculture et le tourisme et pourrait aussi développer des technologies maritimes et s’engager sur la voie de la protection des océans. Elle serait un passage obligé pour le commerce international, en raison de son contrôle sur Gibraltar et le rail d’Ouessant et dispose de plusieurs villes portuaires comme Gênes, Marseille-Fos, Barcelone, Bilbao ou le Havre. Elle pourrait donc lourdement taxer les produits d’Asie de l’Est et du sous-continent indien, favorisant ainsi le développement d’un tissus de PME et engageant une forme de démondialisation. Elle aurait aussi en charge la lutte contre l’immigration et la coopération avec le Maghreb. Elle pourrait aussi être un partenaire de certains pays d'Amérique latine hostiles à la doctrine Monroe.

Bundesarchiv_Bild_183-R68588,_Otto_von_Bismarck.jpgLa "confédération germanique" quant à elle rappellera la situation avant l'unité allemande, à l'époque où celle-ci était dominée principalement par l'Autriche. Les prussiens ayant affaibli la position de l'Autriche, il reviendrait très naturellement à l'Allemagne rhénane de mener cette confédération. D'autant que la réunification n'est pas encore totalement réussie.

L’Allemagne est la maîtresse de la Mitteleuropa, son espace géostratégique et économique comprend la Baltique, une partie du Danube et les pays de l’Europe orientale. Ainsi l’Allemagne pourrait structurer un espace de coopération avec l’Autriche, la Flandre, les Pays-Bas, la République-Tchèque et le Danemark. Je préfère ne pas trop élargir pour définir une union resserrée. Elle serait en tête dans l’industrie de qualité, la recherche ou les énergies « vertes »*. Cet espace aurait le contrôle sur le Rhin, le Danube et bénéficiait des grands ports comme Rotterdam ou Anvers.

L’établissement de ces deux grandes unions ou confédérations pourrait ensuite permettre la mise en place de rapports d’égal à égal entre la France et l’Allemagne, entre les latins et les germains, entre une Europe ouverte sur les mers et une Europe continentale, entre une Europe agraire et une Europe plus industrielle (ce qui n’exclue pas l’existence d’agriculture du côté de l’union allemande et d’industrie dans l’union latine). Bien sur tout cela relève de la fiction et il faudrait passer au-dessus de certaines blessures historiques, comme celle entre la France et l’Espagne ou celle entre l’Allemagne et la République-Tchèque qui serait le seul état "slave" de cette confédération, à moins que la Pologne s'y joigne. Pourtant ce serait dans l’immédiat la meilleur façon de sortir de la crise que traverse l’Europe en repositionnant les deux grands pays sur leur espace géopolitique naturel et en coupant l’Europe en deux grandes zones économiques structurellement différentes.

Ces deux unions œuvreraient ensuite pour une politique internationale commune, ou du moins, non divergente. Ce qui pose par exemple la question d‘un partenariat avec la Russie, beaucoup plus simple à réaliser pour l’Allemagne que pour la France mais qui garantit le fameux axe "Paris-Berlin-Moscou" sur des bases équitables. L’Angleterre quant à elle serait repliée sur son île et chercherait à favoriser le libre-échange avec les Etats-Unis, comme elle l’a toujours fait. L’union latine serait sa principale concurrente sur les mers.

A travers ce modeste article, qui relève de la prospective fictionnelle, j’ai cherché à proposer une sortie de crise possible pour résoudre les problèmes que nous traversons : difficultés monétaires, austérité en Europe du sud (particulièrement en Italie), immigration, asphyxie économique, absence de protectionnisme, absence de politique étrangère, relations avec la Russie, résistance à l’impérialisme anglo-américain, riposte économique et géostratégique à la Chine et à l’Inde. Peut-être que certaines personnes bien placées seront à même de soulever cette idée, pas neuve, mais qui pourrait retrouver une actualité.

Jean/C.N.C

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

NB: ces considérations n'entrent pas en conflit avec des volontés localistes, auto-gestionnaires ou décroissantes qui peuvent aussi nous préoccuper. Ces dernières sont essentiellement le produit d'une politique intérieure alors que cet article concerne simplement la politique extérieure.

21/07/2014

Les vacances dont tu ne veux pas…

Les vacances dont tu ne veux pas…

Partir en vacances coûte cher, tout le monde le sait et de nombreuses personnes ne peuvent s’offrir ce luxe. Ceux qui partent ne sont pas tous à mettre sur la même échelle et, malheureusement, les destinations qu’ils choisissent en disent souvent beaucoup sur leur mode de vie et leur condition sociale. Les riches se retrouvent entre eux à Saint-Tropez ou au Touquet tandis que les gens plus modestes choisissent plutôt Berck ou le Grau-du-roi. Ce n’est donc pas durant les congés au soleil que l’on sort de son milieu, ou très rarement tout du moins.

C’est malheureux à dire mais les beaufs restent entre beaufs pour passer des vacances de beaufs. Ils sont ceux qui ont toujours été dédaignés par les plus aisés qui leur laissent les miettes tant au niveau des destinations que des activités. Seulement, on conviendra que le fait de se complaire de miettes n’est pas une option de rêve... La condition sociale d’un individu n’est pas une finalité et elle ne devrait pas, à priori, guider tous ses choix. Or, si l’on regarde les choses telles qu’elles sont, on ne peut que se désoler du contraire et constater que la classe des prolétaires dépeinte par Orwell dans 1984 existe belle et bien… et se complait dans son existence de pacotille.

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Faire un tour dans les stations balnéaires prisées par les beaufs est le meilleur moyen de s’en rendre compte. Les zombies (qui sont les mêmes que ceux du centre commercial dont nous avons parlé ici) réagissent de manière similaire, mécanique, programmée. Ils sont accoutrés de la même manière, ont les mêmes expressions bovines sur leurs visages aux yeux las et sans flamme. Ils ont les mêmes activités : la plage, les salles de jeux, la pétanque et, le soir venu, la balade dans des rues remplies d’échoppes minables proposant camelote estampillée « été », sucreries diverses et babioles soi-disant régionales. La vulgarité y est omniprésente. Les filles maquillées comme des voitures volées ne font, après tout, que suivre l’exemple de génitrices tentant encore de mettre en valeur autant que faire se peut leurs formes grasses et fatiguées à l’aide d’ignobles vêtements moulants aux coloris fluos. Même les petites filles ne sont pas épargnées dans cette course à la féminité bon marché dictée par la pub’ et les concours de petites miss qu’elles fréquentent parfois durant l’année. Quant aux hommes, ils ne dépareillent pas : short de plage, marcel et bedaine ; les fils préférant tenter de singer les rappeurs noirs qui sont leurs seules idoles…

Dans cette atmosphère se nouent les rencontres entre zombies, amicales ou amoureuses. Elles n’influeront en rien sur la vie des uns et des autres car tous sont conditionnés par un Système qui ne leur a laissé que la médiocrité tant dans leur existence que dans leurs vacances. D’ailleurs, ils ne veulent pas vivre autre chose. Alors que les congés devraient être l’occasion de voir du pays, de se cultiver différemment et de prendre du bon temps autrement, ils ne sont souvent que la partie estivale d’une vie sans objectif et régulée par des modèles mortifères qui ne relèguent les individus qu’à être des moutons doublés de consommateurs de pacotille. L’esclavage a quand même évolué, il a 5 semaines de congés par an aujourd’hui.

Rüdiger / C.N.C

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19/07/2014

Regard sur l’actualité (2)

Regard sur l’actualité (2)

Condamnation d’Anne-Sophie Leclère : une injustice manifeste

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Anne-Sophie Leclère, ancienne candidate FN aux municipales à Rethel a été condamnée à 9 mois de prison ferme et 50000 euros d’amendes. A cela s’ajoute la condamnation à 30000 euros du FN, sans qu’on sache trop bien pourquoi. Que ce soit clair, et ce n’est pas pour faire amende honorable, je trouve ce genre de montage photo parfaitement stupide, mais un partage Facebook justifie-t-il une telle condamnation ? A l’évidence non. Mme Leclère est une commerçante, française de souche et électrice FN. Elle représente ses millions d’anonymes, ses « petits », ses « sans grades », ses vaches à lait qui en prennent plein la gueule mais doivent la fermer, dont les maladresses sont toujours durement sanctionnées. Justice anti-populaire. Justice de classe. Justice communautaire également. Une justice en Guyane, par des guyanais pour une guyanaise. Tout ça au nom des « valeurs de la république »... Et si au lieu des « valeurs », on commençait par rappeler à nos républicains patentés des principes : l’indivisibilité de la république qui oblige à l’uniformité du droit et à l’égalité devant la loi, et l’indépendance de la justice. Pas sur que ces principes fondamentaux de leur république aient été respectés… y a comme un arrière-goût de vengeance et de justice politique vous ne trouvez pas ?

Affrontements lors des manifestations pro-palestiniennes …

Un autre sujet a créé quelques remous sur la toile : les affrontements en marge des manifestations pro-palestiniennes rue de la Roquette. Voila plusieurs jours qu’à coup d’analyses basées sur des videos et des photos, certains essayent de savoir qui sont les plus méchants entre les pro-palestiniens et la LDJ. Bien que je comprenne la volonté de dénoncer la collusion entre certaines milices communautaires et les autorités "républicaines", je ne sais pas pour vous, mais je trouve cela assez secondaire. En temps que « crétin du pays réel » je suis surtout préoccupé par la radicalisation des deux factions dans mon pays. Je doute que les nervis des deux camps mettent autant d’ardeur à sauver la France et l’Europe. Par contre je vois qu’en France, en 2014, on peut s'affronter en pleine rue pour défendre des causes qui n'impactent pas directement le peuple Français. Ici encore, j’ai comme un goût amer quand je vois que le moindre militant "nationaliste" subit des foudres de la justice sans retenue et sans la moindre preuves tangibles, qu’on défonce la porte d’un père de famille survivaliste sans aucun motif valable, sur la base de simples rumeurs et qu’on colle 9 mois ferme à une commerçante française du pays réel pour un partage Facebook parce qu’elle a le malheur d’avoir été au FN. Donc je le dis sans ambages : la France n’est pas un champs de bataille où doivent s’exporter des conflits étrangers, un point c’est tout.

… et communautarisation de la société

Quand je parle de radicalisation, ce n’est pas innocent. On connaissait les juifs engagés dans Tsahal comme l’inénarrable Arno K., on a maintenant des pro-palestiniens qui déambulent tranquillement avec le drapeau islamiste (comme par exemple le drapeau noir frappé de la profession de foi en blanc) sans que la presse ne prenne la peine de le mentionner ou de s’en étonner, alors qu'elle est prompt à exagérer le moindre symbole dès que c'est dans notre bord politique. Peut-être que cela serait trop gênant quand on sait que tout le gratin de la gauche morale et anti-raciste manifeste avec eux…. Que les choses soient claires là aussi, j’ai débuté en partie ma prise de conscience politique très jeune en raison du conflit israélo-palestinien, j’ai toujours été favorable à la cause palestinienne et je considère aujourd’hui que ce qui se passe à Gaza est indigne, mais là encore on ne peut que renvoyer dos à dos les (ultra) sionistes et les islamistes: nous n'avons pas à choisir. Je suis favorable à ce qu’on soutienne les gazaoui et à une politique arabe au Moyen Orient dans la plus grande tradition française, mais mon avis sur le sujet ayant peu de chance de faire évoluer la situation sur place, je m’en tiendrais simplement à refuser de cautionner des alliances contre-nature avec le pire des deux camps et je vois surtout que la France se communautarise à grand pas. On peut le déplorer ou s‘en féliciter, la question n’est pas là, c’est juste un fait et il serait temps d’arrêter de se mettre des œillères.

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Les primes des footballeurs pour Gaza : intox

La coupe du monde a encore été source de nombreuses intox. Pour faire un lien avec le sujet précédent, la grosse intox vient des « dons à Gaza » qui concernerait l’équipe d’Algérie. Diffusion virale de l’info, reprise dans des médias « sérieux », tweets, commentaires Facebook et puis… rien. Des communiqués sont venus démentir rapidement l’info concernant l’équipe d’Algérie, les propos de l’attaquant Islam Slimani ayant été déformés. Mais comme une fois n’a pas suffit, rebelote avec Mesut Özil, le meneur de jeu de l’équipe d’Allemagne d’origine turque. Là encore, rédaction d’articles creux et puis encore un démenti. En réalité le joueur a versé une partie de ses primes à un orphelinat brésilien. Cette intox est emblématique de la façon dont circule l’info aujourd’hui, y compris chez les "dissidents" et dans la "réinfosphère" : une rumeur, un propos mal interprété et la viralité du web fait le reste. Ajoutez à cela l’incompétence journalistique, le besoin de buzzer, la capacité pour les uns et les autres de voir le monde comme ils aimeraient qu’il soit et non comme il est, et vous avez tous les ingrédients des « hoax », des « fake » et autres intox en tout genre. Cet avertissement doit conduire à une règle d’or : pas de commentaires à l’emporte pièce sur des faits non établis.

A la fin, c’est l’Allemagne qui gagne

Autre mensonge grossier : l’Allemagne devrait sa réussite au multi-culturalisme. En fait c’est un faux débat porté par des gens dont la connaissance du monde du football est limité. D’une part c’est un fait que les équipes ethniquement européennes réussissent globalement mieux que les autres (Espagne, Italie, Allemagne et même… Argentine), ensuite c’est oublier que le multi-culturalisme de l’équipe d’Allemagne est assez relatif avec trois joueurs d’origine extra-européenne (Boateng – Ghana, Özil – Turquie et Khedira – Tunisie). Cependant, pour éviter de tomber a contrario dans un essentialisme réducteur, il est important de souligner que l’homogénéité ethnique est une condition nécessaire mais non suffisante. Il est impossible de mettre de côté les choix de la fédération allemande de football en matière de développement car les progrès de la Nationalmannschaft vont de paire avec les progrès des clubs, la modernisation des stades, de nouvelles politiques de formation, la priorité donnée au jeu collectif et technique, le tout porté par une Allemagne puissante économiquement. Aussi, si on analyse les résultats en coupe du monde, l’Allemagne est bien placée à chaque compétition et a souvent eu le malheur de tomber sur le futur vainqueur ; Brésil en 2002 en finale, Italie en 2006 en demi-finale et Espagne en 2010 en demi-finale. C’est presque valable pour l’Euro, l’Allemagne est battue en finale en 2008 par l’Espagne et en demi-finale par l’Italie (qui finie 2e) en 2012. En réalité le foot allemand est (était ?) avec le foot espagnol le meilleur d’Europe depuis une dizaine d’année et il se base d’abord et avant tout sur un projet de jeu, sur l’intelligence, le collectif et la technique utile. L’Allemagne n’a que faire du « mulikulti », elle intègre dans son collectif les joueurs allogènes qui adhèrent à son projet, les autres n’étant pas sélectionnés. L’Espagne a fait pareil, en intégrant à chaque compétition un joueur brésilien (Senna puis Diego Costa). Il faut tout simplement se rendre à l’évidence : les équipes de foot 100% homogènes n’existent presque plus en Europe mais souvent les joueurs ne sont sélectionnés que si ils le méritent et que si ils ne dénaturent pas le projet collectif, un moindre mal?

Jean/C.N.C

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Soutenir Anne-Sophie Leclère: Solidarité pour tous

Soutenir Gaza : Solidarité Identités (en italien)

17/07/2014

Coca-Cola: entre boycott et alternatives locales

Coca-Cola: entre boycott et alternatives locales

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La filiale espagnole de la marque Coca-Cola a annoncé un énorme plan social le 22 janvier 2014, prévoyant la fermeture de quatre usines et le licenciement de plus d’un millier de salariés. Peu concernée par la terrible crise systémique espagnole et le taux de chômage endémique ibérique, la grande firme internationale Coca-Cola n’a pas fait dans le détail.
 
La réponse ne s’est pas faite attendre. D’abord de manière assez classique avec une grève et des manifestations, puis de façon plus originale avec un appel au boycott des produits de la marque, comme l’indique un article du site internet de Courrier International en date du 18 juin 2014. Le slogan des salariés espagnols de Coca-Cola, patriotique et social, est éloquent : « Si Madrid ne fabrique plus de Coca-Cola, Madrid n’en boira plus. ». Une belle démonstration de patriotisme économique par la base, puisque les états européens sont défaillants à protéger leurs économies des circonvolutions des groupes prédateurs venus d’outre-Atlantique.
 
On pouvait douter du succès d’une telle initiative dans une Europe américanisée accro aux boissons gazeuses et trop sucrées du géant américain. Et pourtant, la consigne a été largement suivie par le peuple espagnol, et particulièrement dans les régions du centre (Vieille Castille, La Manche, Estrémadure et Madrid). Le journal espagnol El Economista a révélé que les ventes de la marque avaient diminué de moitié en Février, par rapport aux chiffres de l’année 2013. Il s’agit même de la plus grosse chute jamais enregistrée par la marque ! Le boycott a donc porté un dur coup à cette entreprise hégémonique, au combien symbolique de la globalisation sans visage. Un coup durable car les experts estiment même que les ventes ne devraient pas remonter avant 2017, ce dont on peut se réjouir franchement.
 
Quelle meilleure arme contre ces entreprises américaines apatrides qui licencient dans notre Europe en crise que de boycotter leurs produits ? C’est le seul langage qu’ils peuvent comprendre, et puis ne sommes-nous pas suffisamment compétents pour produire nous-mêmes des boissons gazeuses de qualité plus respectueuses de la santé (et tout aussi addictives) ?

L’idée des manifestants espagnols est donc brillante car d’une efficacité redoutable. Imaginons une telle chose à l’échelle européenne, ce serait un moyen de nous faire respecter, de montrer que nous ne sommes pas de dociles moutons de panurge prêts à acheter tout ce que l’on nous demandera. Nous devons montrer toute notre opposition à la laideur et à l’infamie qu’ils nous imposent, mais le faire réellement plutôt qu’en protestant dans le vide. Voilà donc une bonne initiative, mais elle ne saurait être durable en raison de la nature même du capitalisme contemporain qui génère des pseudo-besoins désormais si ancrés dans nos comportements quotidiens qu’ils nous semblent naturels.  Annihiler l'"envie de Coca", ou plus généralement l'envie de marques, est impossible à grande échelle dans le monde contemporain.

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Jean Baudrillard, grand observateur de l’aventure américaine, trouva dans « La Société de Consommation », une exacte définition pour l’horizon de l’homme contemporain : « homo oeconomicus ». Il précise cette notion comme « fossile humain de l’âge d’or, né à l’ère moderne de l’heureuse conjonction de la Nature Humaine et des Droits de l’Homme, est doué d’un intense principe de rationalité formelle qui le porte : 1- A rechercher sans l’ombre d’une hésitation son propre bonheur ; 2- A donner sa préférence aux objets qui lui donneront le maximum de satisfactions. Tout le discours, profane ou savant, sur la consommation, est articulé sur cette séquence qui est celle, mythologique, d’un conte : un Homme, « doué » de besoins qui le « portent » vers des objets qui lui « donnent » satisfaction. Comme l’homme n’est jamais satisfait (on le lui reproche d’ailleurs), la même histoire recommence indéfiniment, avec l’évidence défunte des vieilles fables ».
 
Le sociologue français conceptualise un homme de besoins, un homme qui a le « droit » de « satisfaire » à ses besoins. Les « besoins » dont il s’agit, ne sont pas d’ordre naturel comme manger ou dormir à l’abri, mais bien des « besoins » d’ordre symbolique et répondant à des critères de confort annexe ou à l’hédonisme ludique. En somme, nous sommes infantilisés, tels le chien de l’expérience de Pavlov nous voulons notre Coca car son gout est étudié pour nous plaire. Et il n'est pas réaliste de penser pouvoir supprimer tous ces pseudo-besoins aux peuples d’Europe. Qui en « révolte contre le monde moderne » pourrait se priver de facebook ou n’a jamais déjeuné sur le pouce au Mac Donald ? Il nous faut d’abord faire notre examen critique et comprendre que loin d’être des personnalités extraordinaires hors du monde et de ses tentations, nous sommes, nous aussi, pleinement parties prenantes de ce monde moderne que nous critiquons.

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Alors plutôt que de lutter frontalement contre un ennemi plus fort, nous devons nous adapter et pratiquer l’aïkido, c’est à dire retourner sa force de séduction contre lui même, produire des ersatzs de meilleur qualité que les produits de consommation de masse qu’ils nous imposent. Le but est de contourner ce système. Coca-Cola jouit d’une situation quasi monopolistique sur son secteur de marché malgré les initiatives de boissons régionales comparables, tel le « coca » breton Breizh-Cola, ces boissons n’arrivent pas encore à bousculer comme il le faudrait le géant américain mais elles doivent plus que jamais être soutenues. Elles donnent du travail aux européens vivant en zone rurale, elles font aussi travailler les agriculteurs locaux, enfin, et peut être plus important, elles affirment un enracinement local défiant l’autorité centrale. La lutte contre le TAFTA et le TISA passe par plus d’intelligence économique et d’innovation, au delà d’une future mise au pas de la finance spéculative qui n’est pour l’instant qu’un vœu pieux. Dans le Lot un brasseur produit la bière Ratz (je vous la recommande), après deux années de galères noires, il exporte désormais son produit dans tout le grand sud ouest sans le soutien d’aucune grande chaîne de distribution.

A nous désormais, de trouver les clés pour proposer une alternative au modèle consumériste imposé. Une troisième voie qui soit ancrée dans le présent tout en rejetant les manifestations les plus creuses et nihilistes du monde moderne. Nous ne sommes pas des réactionnaires, nous sommes des hommes d'action.

Frédéric de Grimal/C.N.C

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12/07/2014

Regard sur l'actualité

Regard sur l’actualité…

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Varg Vikernes condamné

Comme c’était à craindre, le musicien norvégien Varg Vikernes a été condamné à 6 mois de prison avec sursis et 8000 € d’amendes par la 17 e chambre correctionnelle. Pour nous qui suivons cette affaire depuis le départ, nous ne pouvons qu’être atterrés par une telle décision qui ne repose que sur du vent et les discours emphatiques des professionnels de l’indignation. C’est en tout cas la démonstration que la justice n’a plus comme raison d’être que de punir les récalcitrants au projet libéral mondialiste. Espérons simplement que cette décision n‘en entrainera pas d’autres et que Varg Vikernes pourra désormais tranquillement élever ses poules et planter ses salades en Corrèze. Et composer de la musique.

Une institutrice assassinée….

Fabienne Terral-Calmès, 34 ans, a été assassinée par une dénommée Rachida, qui aurait des troubles psychiatriques. Combien y a-t-il chaque année de professeurs qui sont agressés par des parents « mécontents » ? Entre enfant roi, déficience psychiatrique, dénigrement de la profession, citoyen-client et un zeste de déterminisme culturel, il n’est pas bien compliqué de se douter que nombreux sont les drames dont on ne parle jamais comme ces jeunes enseignantes molestées à qui l'on demande de garder le silence… L’omerta est devenue la règle dans l’Education nationale et il faut attendre des drames comme celui-là pour se dire que peut-être ce n’est pas un métier facile et que quelque soit aujourd’hui le lieu où l'on enseigne, on peut se faire agresser.

… et une régularisation à la clef

Edifiant aussi, le profil de cette enseignante qui œuvrait à la régularisation d‘une famille africaine. Et c’est ainsi qu’en sa mémoire, la régularisation a été acceptée. Moins d’insécurité mais toujours autant d‘immigration. C’est ça le programme et c’est pour ça qu’on devrait agir ? Cette affaire est la preuve qu’on peut-être victime de la violence quotidienne sans que cela ne conduise à une prise de conscience sur l’immigration. Si les deux sujets peuvent être liés, il faut être prudent lorsqu’on aborde l’un et l’autre. Lier la sécurité et l’immigration, cela peut aussi faire le jeu de la droite sécuritaire et de l’immigration choisie. C’est aussi mettre sur le tapis le contrôle de la population (caméra, etc…). Nous, on ne veut pas plus de flics, plus de caméras, plus de répression contre tout ce qui trouble la quiétude des « bons Français », on veut la remigration.

Femmes, viols et violences

A la suite des agressions dont ont été victimes des jeunes femmes, j’ai lu un chiffre édifiant, en France il y aurait 75000 viols par an et pas loin de 200000 tentatives ! Une femme se ferait violer en France toutes les 7 ou 8 minutes ! Ces chiffres sont particulièrement inquiétants et nous concernent tous. Cela sans compter les agressions multiples et répétées, les insultes et tous les comportements grossiers et outranciers dont sont victimes les femmes. Qu’il y ait certaines femmes avec des comportements inappropriées, c’est un fait, mais il faut arrêter de nous faire croire que les victimes sont forcément des « chaudasses qui l’ont bien cherché ». En réalité de tout ça, les femmes en parlent peu, souvent par crainte d’être jugées ou qu’on les culpabilise. Il faut à l’inverse être à l’écoute de sa femme, de ses filles ou de toute personne de votre entourage, et vous verrez que pour certaines femmes c’est un véritable enfer quotidien. Pour conclure, il me semble aussi qu’il est impossible d’avoir certaines attitudes vis-à-vis des femmes quand on prétend être un militant de la cause européenne. Réfléchissez-y.

Le sport pris en otage

C’est une grande habitude, les événements sportifs sont l’occasion d’une intense propagande dont les sportifs sont parfois les relais zélés. Au Brésil, tout a été fait pour retarder l’échéance. Cette pitoyable équipe du Brésil, la plus mauvaise jamais vue dans l’histoire de ce pays, aura tout de même atteint les demi-finales pour occuper les esprits. « Samba », « capoeira », « soleil », « plage » nous ont été vendus pour un tableau bien clichesque de ce pays dont la réalité est pourtant moins glorieuse : misère, épuration sociale, police militaire, police privée, manque de perspective pour la jeunesse, déforestation, OGM, … il concentre le pire de la mondialisation. Nous saluons son élimination et nous espérons de grandes et belles révoltes populaires dans ce pays. Nous espérons aussi que nos adversaires se rendront compte que les campagnes anti-racistes de la FIFA ne sont là que pour masquer son mépris des luttes populaires et de l’exploitation des travailleurs. C’est l’illustration éclatante que l’anti-racisme est un combat pour tartuffes alors que le vrai combat est toujours le même : contre l’oligarchie mondialiste qui assassine  les peuples.

Les affaires de l’UMP

Pendant que le foot occupe les esprits (26 millions de téléspectateur pour France – Allemagne d’après un dernier chiffre). L’UMP se déchire sous fond de magouilles en tout genre. Un tel niveau de magouilles n’a d’ailleurs me semble-t-il jamais été vu. On parle aussi d’une dette de 75 millions d’€. Une paille, en somme. Cette affaire ne fait que démontrer, et au fond les politiciens de droite, comme de gauche, le savent, les limites du système. Non seulement les sommes utilisées pour pérenniser leur pouvoir, leurs intérêts et donc leur système sont de plus en plus fortes pour des résultats peu reluisants mais cela traduit également l’impossibilité d’une démocratie véritable puisque seuls les plus riches (et non les plus avisés ou les plus talentueux) et ceux à qui l'on veut bien prêter peuvent faire de la politique. Ce système conduit donc inévitablement au copinage, aux collusions, aux conflits d’intérêts, … je ne sais pas comment font encore les électeurs pour voter pour ces partis, mais je ne peux pas rationnellement envisager que cela va pouvoir durer encore longtemps. Si l’argent a pu être source de mobilité sociale (parce que le système y avait un intérêt) il est aujourd’hui facteur de sclérose de la société.

Jean / C.N.C

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

10/07/2014

Unité et diversité: nature, culture et politique

Unité et diversité: nature, culture et politique
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Le rapport entre la diversité et l’unité est un classique des débats philosophiques, politiques, scientifiques ou religieux. Nos représentants valorisent par exemple la diversité en même temps qu’ils vantent l’unité nationale républicaine.

Ainsi la république française est « une et indivisible », le slogan de l’Union européenne n’est autre que « Uni dans la diversité », telle personnalité politique appelle à « l’unité de la gauche », là où d’autres prônent « l’union des droites », « l’unité des nationaliste » ou même « l’unité des dissidents ». Le christianisme ou l’islam veulent réaliser l’unité spirituelle de l’humanité, diffusant la croyance en un seul dieu qui a pris la place de plusieurs dieux. Les hommes ont pu se questionner, dès la plus lointaine antiquité sur l’unité ou la diversité du divin.

Si on observe la nature, c’est évidemment la diversité qui apparaît. Diversité des formes, des couleurs, des tailles, des textures. Diversité des fonctions. Diversité des être vivants, des habitats, des organisations sociales, des modes de reproduction. La « nature » est diverse. Mais elle est comprise dans un « tout », la planète Terre, qui est unique. L’humanité aussi est diversifiée, les types ethniques, les couleurs de peau, de cheveux, d’yeux, les tailles, les façons d’habiter, de percevoir le monde, les langues, la cuisine, la musique, les religions, les philosophies, l’organisation sociale, ici aussi nous sommes face à une grande diversité. La diversité est naturelle, la diversité est humaine et le temps, comme l’espace, produisent toujours plus de diversité. Ainsi le latin a donné naissance à un grand nombre de langues par exemple. En changeant d’échelle, nous pouvons aussi constater la diversité au sein de l’Univers : diversité des planètes, des corps célestes, par exemple.

L’unité c’est le contenant, la diversité c’est le contenu. L’univers contient les planètes et les corps célestes, la Terre contient la faune et la flore, et l’humanité se divise en différentes ethnies ou cultures. Ce ne sont que des exemples. Au sein de ses entités la question du rapport entre la diversité et l’unité se pose également. En effet, chaque personne est différente. Les hommes ont donc cherché dans leur processus de socialité à unifier, de la famille à l’empire en passant par la cité ou le royaume.

En effet le rapport entre l’unité et la diversité ne peut faire l’économie de la question de la complémentarité, de la solidarité, de l’entraide et de la coopération. La diversité est un système qui permet la pérennité du vivant. La mort elle-même s’inscrit comme une nécessité pour le bon fonctionnement du vivant. Que ce soit la complémentarité entre espèces et même entre la faune et la flore, la solidarité entre des êtres vivants, l’entraide au sein d’une communauté ou la coopération entre deux groupes sociaux, tout cela participe à la continuité du vivant, mais aussi à l’évolution. Contrairement à un cliché qui voudrait que le plus fort survit et que le plus faible meurt, il serait plus logique de constater qu’il existe une multitude de formes d’adaptations et d’évolutions. Ainsi un troupeau de gnous est en mesure de mettre en déroute un lion, mais un gnou isolé risque de servir de repas au roi des animaux. La force de l’un réside dans ses capacités physiques et son instinct de prédateur, là où les autres survivent grâce à la solidarité du groupe. Les lions peuvent eux-mêmes répondre à cette stratégie par leur propre solidarité de groupe. Ainsi la diversité permet la mise en place d’une société organique, au même titre que chaque organe a une fonction dans notre corps, chaque personne peut avoir sa fonction dans une société et chaque être vivant sur Terre. Cette société organique a toutefois dans le cas des êtres humains conscience d’œuvrer pour le « Tout » matérialisé par l’Etat.

C’est donc l’Etat qui historiquement réalise l’unité dans les sociétés humaines par nature diversifiée. Nous pourrions trouver un certain nombre d’exemples tout à fait édifiant. Le Pharaon, l’Empereur romain, le roi absolu sont par exemple des figures qui incarnent l’État et sont garantes de l’unité. Nous pourrions songer également au Pape dans l’Église catholique qui est la figure unitaire de l’Église alors qu’il est possible d’être catholique de différentes façons. Les différentes institutions, liées ou non à l’État, ont toujours pour objectif de favoriser l’unité, ainsi l’État doit favoriser l’unité des citoyens, l’Église, celle des croyants. Cela sans pour autant nier leur diversité. Pour faire simple, si la diversité est un fait de nature et de culture, l’unité est politique. C’est l’action politique qui favorise l’unité d’un groupe humain à travers des institutions. La diffusion de l’écriture, les lois ou la conscription sont autant d’éléments vecteurs d’unité. Le fait de partager la même langue, les mêmes lois et de servir militairement la même entité politique ont pour effet de créer l’unité. Ainsi, bien que l’unité soit le fruit de l’action politique, elle nécessite aussi souvent un ennemi, contre le lequel s’agrège la communauté. Chez les animaux, l’attaque du lion va nécessairement créer une solidarité entre les gnous qui n’existerait pas dans un contexte de paix. Il en est de même pour les communautés humaines, c’est dans l’adversité qu’elles prennent conscience de leur unité, c’est ce qui explique aussi le communautarisme et la forte solidarité qui règne chez les minorités. Ainsi en 1914-1918, des mouvements totalement opposés ont proclamé « l’union sacrée » contre l’Allemagne. Cela implique également souvent la désignation d’un ennemi intérieur, celui qui va gêner cette unité, comme par exemple le pacifiste en 1914. Ainsi en politique, un libéral-libertaire considèrera le nationaliste comme un facteur de désunion, empêchant l’unité de l’humanité dont il rêve, là où le militant nationaliste et identitaire identifiera souvent le libéral-libertaire, ou toute communauté constituée comme un facteur de désunion de la nation. On songera ici aux quatre états fédérés de Maurras. Les deux camps répondent donc au même schéma de pensée bien que leurs opinions et leurs idées diffèrent et sont en réalité le produit d’un jeu d’échelle.

Schématiquement, le militant anarchiste, hostile à l’État, aura tendance à rejeter ce qui nuit à la diversité, là où le nationaliste, souvent étatiste, n’a généralement que le mot « unité » à la bouche. Pourtant les deux démarches sont totalement compatibles, il est possible d’avoir une unité politique tout en ayant une diversité culturelle. Il ne faut pas pour autant en conclure qu’il serait possible d’avoir un « gouvernement mondial » préservant la diversité culturelle du monde, et ce pour une raison essentielle, les formes politiques sont propres aux différentes cultures. C’est ce qui rend l’unité politique d’ethnies et de cultures trop différentes impossible. Les formes d’unités sont donc elles-mêmes diversifiées, ce qui pourrait paraître paradoxal. C’est donc au nom de la diversité qu’il faut combattre tout projet mondialiste, les institutions étant souvent incapables d’accepter la diversité. L’absolutisme royal, le jacobinisme, le nazisme, le stalinisme ou le mondialisme ne brillent pas par leur volonté de bâtir avec la diversité, ils se sont construits contre la diversité.

La diversité en politique porte un nom : le fédéralisme. C’est un moyen de réconcilier la diversité, qui est un fait de nature et de culture avec l’unité qui est une nécessité politique. C’est pour cela qu’il ne faut être ni totalement anarchiste, ni totalement étatiste. L’Europe (ou la France) de demain aurait besoin d‘un État qui garantisse l’unité politique, mais elle aurait autant besoin de communautés autonomes et de garantir la diversité culturelle qui a toujours fait la force du continent. La renaissance italienne n’est pas la renaissance française ni la renaissance allemande ou hollandaise, par exemple. Le fédéralisme est d’ailleurs incompatible avec le totalitarisme, ce qui évacue toute accusation allant dans ce sens. Le fédéralisme est peut-être, paradoxalement, le meilleur garant de l’unité, car les communautés ont besoin d‘être respectée dans leur diversité pour accepter de donner une part d’elle-même à un ensemble unitaire selon le principe de subsidiarité.

Ce modeste exposé peut aussi nous conduire à envisager que « l’unité des nationalistes » n’est pas une impérieuse nécessité. C’est au contraire la diversité des mouvements politiques et des initiatives qui permet la richesse du militantisme, des débats et des façons de conquérir les cœurs et les esprits. La seule unité qui pourrait exister serait soit conditionnée par un homme d’exception, soit conditionnée par le combat. Mais il faut au contraire se satisfaire de la diversité, qui est le signe d’un dynamisme, mais aussi, on a tendance à l'oublier, de traditions politiques différentes, parfois antagonistes, qui ont chacune quelque chose à apporter. C’est aussi le signe de différentes stratégies d’adaptation, de survie et d’évolution. Cette diversité est tout simplement le fruit d'une adaptation différente à l'environnement social et politique. Il ne faut pas se leurrer sur le fait que certaines conceptions de la France, de l’Europe et du monde meurent et que d’autres naissent.

Jean/C.N.C

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