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23/11/2016

Le système de santé en Russie

Le système de santé en Russie

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François Fillon compte supprimer 500000 fonctionnaires, va-t-il viser la fonction publique hospitalière et s'inspirer du système de santé à deux vitesses de son "ami" Vladimir Poutine ?

Depuis 2010, l'assurance maladie est obligatoire. Mesure libérale si il en est, elle a permis de décharger l'état d'une partie des coûts de santé. Cependant, cette mesure n'a pas été suivie de réformes structurelles. L'espérance de vie stagne, ce qui, de l'aveu même de Poutine, est une "une honte". De fait, si les salaires de médecins (notamment dans l'oblast de Moscou) ont été revalorisé, cela ne s'est pas accompagné d'investissements sur l'équipement. Car dans ce domaine, comme dans d'autres, le régime Poutine a hérité des réformes de l'ère Eltsine. A-t-il changé la teneur de ces réformes ? Si la gratuité des soins médicaux subsiste et figure dans la Constitution, les prémices de son démantèlement apparaissent en 1998. Depuis, et à aucun moment, le processus n'a été remis en cause. Au contraire, il a été accéléré. Le programme de développement socio-économique datant de 2002 prévoyait une extension du secteur privé. A partir de 2005, l'accès aux médicaments gratuits a été supprimé pour une trentaine de millions de Russes. Les compensations, ridiculement basses, pourtant garanties par le gouvernement fédéral, s'élèvent à 8$ par personne et par mois...

La proportion de fonds publics qui sont alloués à la santé représente seulement 7% en 2014 du produit intérieur brut, contre 10% en Europe de l’Ouest, alors même que plusieurs problèmes prennent des proportions ahurissantes. A titre de comparaison, la France est à 11%, alors que des pays comme l'Equateur ou le Chili émargent dans les mêmes proportions que la Russie (source: http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SH.XPD.TOTL.ZS)

Si la consommation excessive d'alcool s'apparente à un suicide à petit feu, un autre problème sanitaire atteint une ampleur inquiétante: les morts du Sida. On meurt 40 fois plus du sida en Russie qu'en France, pour une population 2,1 fois supérieur. Environ 1 millions de personnes sont touchées par la maladie (source: http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SH.XPD.TOTL.ZS). Évidemment, cela reste des données officielles... Pourquoi une telle épidémie alors que le Sida recule dans la majeure partie des pays développés ? Tout simplement à cause de la toxicomanie et les pratiques sexuelles à risque.

Car oui, en Russie, l'avortement est un moyen de contraception normal, au contraire du préservatif, avec tous les risques que cela implique. En effet, la Russie est l'un des pays les plus libéraux en la matière, on y avorte 2 fois plus qu'aux Etats-Unis !! (source: https://fr.rbth.com/chroniques/2013/03/29/les_femmes_russ...). Sur 1000 femmes en âge de procréer, on compte 50 avortements en Russie contre 20 aux Etats-Unis. Sur la toxicomanie, difficile d'avoir des chiffres fiables tant les autorités veulent minimiser le problème, mais nous pouvons apprendre dans un article de RBTH que 8 millions de russes subissent une cure de désintoxication chaque année (https://fr.rbth.com/ps/2013/03/14/la_mortalite_liee_aux_d...).

Sur ces deux problèmes, la Russie aurait besoin d'une politique réaliste et résolue, plutôt que de cacher ces problèmes sous le tapis. Problèmes qui, évidement, ont un impact important sur la démographie et l'économie du pays.

Oui le système de santé est sous tension. En témoigne les manifestations dans les différents hôpitaux en octobre 2015 que se sont bien gardés de relater Russia Today. Un programme de modernisation prévoyait en effet la suppression de 14000 postes... À Moscou seulement, près de 9500 employés médicaux ont perdu leur emploi en 2014. À l’échelle nationale, ce chiffre est estimé à environ 90.000 travailleurs. Encore une fois, l'impact sur la mortalité est conséquente, d’après la Chambre d’audit de la Fédération de Russie, 18.000 décès survenus à l’hôpital auraient un lien avec les réductions de personnel. Le ministère de la Santé a même proposé à un moment de créer des "médecins Skype" afin de remplacer les milliers de postes. En conséquence, les consultations ne durent que 5 minutes maximum par patient, alors qu'une consultation en gynécologie, n'excède pas 15 minutes, paperasserie comprise. (http://www.equaltimes.org/russie-medecins-et-patients-au?...)

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D’ailleurs, les élites ne s’y trompent pas. Lorsque la maitresse de Poutine doit accoucher, elle le fait en… Suisse. (https://www.letemps.ch/suisse/2015/03/13/dulcinee-vladimi...)

En conclusion, si la constitution russe garantit l'accès gratuit aux soins médicaux pour tous, dans les faits, on frise la galéjade. Il y a, en réalité, deux accès aux soins:

- les cliniques privées pour les classes supérieures

- les files d'attente et les hôpitaux vétustes pour les autres.

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Dans un pays où le salaire minimum est de 130€ par mois, réclamer la souscription à une assurance maladie est une gageure. L'objectif du programme de modernisation voulant porter l'espérance de vie à 75ans en 2020 semble un vœu pieu... D'un autre coté, une centaine milliardaires détiennent 30% du pays. On est loin de l'image d'anti-libéralisme... Nombreux sont ceux qui vont se faire soigner à l'étranger, comme les retraités qui travaillent pour payer leurs traitement. Est-ce ce genre de modèle que l'on veut vraiment? Il n'est pas question de l'OTAN, des Etats-Unis et de géopolitique ici....

Ben / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

Note : l'auteur de l'article, Français, a vécu en Russie et en Ukraine.

20/11/2016

La Grèce attaquée !

La Grèce attaquée !

grèce attroupement.jpgCes derniers jours nous avons assisté à de véritables scènes de guerre ethnique dans les îles grecques de l'est de la mer Égée et notamment celle de Chios qui voit, depuis presque déjà deux ans, arriver sur son sol des milliers de clandestins musulmans originaires de plusieurs pays d'Afrique et d'Asie (pour seulement une infime minorité de Syriens ou Irakiens, eux-mêmes de sexe masculin et de religion musulmane dans leur grande majorité). Même si ce n'est pas la première fois que les prétendus réfugiés se livrent à des actes de vandalisme, cette fois-ci les épisodes ont pris une tournure particulièrement violente avec des agressions répétées de leur part contre les maisons et les propriétés des habitants, au cri de ralliement désormais incontournable et sans ambiguïté d'Allâhu Akbar!

Depuis l'éclatement de la crise migratoire et le déferlement de nouvelles masses de ressortissants du « Tiers monde », et surtout de sa partie musulmane, sur l'Europe, les habitants des jolies îles grecques, lieux de vacances favoris pour un grand nombre d'Européens chaque été, se trouvent confrontés à une sombre réalité qui dépasse toute imagination : arrivées quotidiennes d'embarcations de misère pleines de migrants qui finissent parqués dans des centres de rétention préparés à la hâte, émeutes ethniques récurrentes, dégradations matérielles, actes visant à intimider la population locale, scolarisation dans les établissements publics d'enfants de migrants n'ayant aucune notion de langue grecque. Ces dernières sont imposées par le gouvernement grec contre la volonté des parents d'élèves et malgré leurs protestations de plus en plus virulentes.

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Il s'agit en réalité d'images tendant malheureusement à devenir aujourd'hui banales comme dans les autres pays euro-méditerranéens. Mais dans cette extrémité insulaire et maritime de l'Europe, aux faibles densités démographiques et à deux pas d'une Turquie en plein renouveau islamique, le séjour prolongé de nombreux groupes de migrants musulmans constitue une véritable bombe à retardement. Soutenus par une pléthore d'ONG aux financements souterrains et encouragés par les tièdes réactions du gouvernement gauchiste de SYRIZA, ces masses finiront trop ou tard par former de puissantes enclaves et une éventuelle réaction forte des populations autochtones risquerait d'entraîner une intervention turque qui prendrait comme prétexte la protection de "communautés musulmanes persécutées". Ce n'est certainement pas un hasard si, voici seulement un mois, Erdogan a remis en question les dispositions du traité de Lausanne qui détermine les lignes de partage frontalières entre les États grec et turc, afin d'évoquer la nécessité d'une récupération de territoires chrétiens et européens autrefois occupés par l'Empire ottoman, notamment des îles égéennes et la Macédoine grecque avec la ville de Thessalonique. Loin d'être de simples propos à destination interne ou servant à nourrir une surenchère de chauvinisme face à l'opposition kémaliste, les allégations d'Erdogan révèlent en fait l'existence d'une vraie stratégie expansionniste de la part de la nouvelle Turquie islamiste et éclairent sous un jour nouveau les évolutions concernant le déferlement migratoire sur l'Europe.

Il est encore peu connu en Europe de l'ouest que depuis des décennies la Turquie, administrations kémalistes comprises, poursuivait, et continue toujours à le faire, une politique provocatrice de violation systématique des eaux et de l'espace aérien helléniques à l'est de la mer Égée et qu'elle ne cesse de contester la souveraineté de la Grèce dans ces territoires qu'elle appelle improprement "zones grises". Étant donné le précédent de l'intervention militaire à Chypre en 1974 et l'occupation de la moitié environ de cette île historiquement et très majoritairement grecque, on pourrait craindre une réitération de cette démarche, en mer Égée cette fois, dans des conditions de crise migratoire aggravée et avec un État grec complément déliquescent à cause de la crise et de l'action dissolvante de la gauche au pouvoir. En 1990, le Président turc d'alors, islamiste modéré, Turgut Özal, avait dit à propos des différents de son pays avec la Grèce qu'il suffirait d'envoyer chez les Grecs "quelques deux millions de migrants" pour en finir avec eux; et à cette menace en passe actuellement de se concrétiser, on doit ajouter l'existence au nord-est de la Grèce (région de Thrace de l'ouest) ainsi que dans d'autres pays de la péninsule d'Aimos (nom antique de ce qu'on appelle aujourd'hui les Balkans) de minorités turco-musulmanes démographiquement prolifiques et prêtes à servir de cinquièmes colonnes à l'impérialisme néo-ottoman.

Un scénario de type Kosovo serait ainsi à craindre dans le sud-est de l'Europe, en attendant cette "partition", dont parle pour la France François Hollande, qui risque de survenir au cœur même du continent, dans d'innombrables endroits allogénisés et islamisés par des décennies d'inconscience et de dormition des Européens! La situation d'aujourd'hui ressemble à s'y méprendre à celle du XVe siècle: depuis cette époque lointaine, et pourtant par tant d'égards si proche, à aucun autre moment l'Europe n'a été si affaiblie, si désunie, si abaissée et jamais ses ennemis séculaires ne se sont montrés si arrogants, si agressifs et si sûrs d'eux.




Des clandestins algériens lancent des fusées éclairantes sur les maisons des riverains à Chios.


Des clandestins algériens incendient des propriétés à Chios.

Basile Cérialis / C.N.C.

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17/11/2016

Chronique de la haine gauchiste ordinaire

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Chronique de la haine gauchiste ordinaire

L'élection de Donald Trump et les commémorations du 13 novembre auront révélé une nouvelle fois la nature du gauchisme culturel qui nous oppresse.

Entre les appels au meurtre, les agressions et autres réactions et propos tous plus délirants les uns que les autres, les petits soldats zélés du totalitarisme gauchiste se sont montrés particulièrement en forme ces derniers jours. En France évidemment, on ne parle que d'agressions contre les "minorités" par de prétendus partisans de Donald Trump.

Outre-Atlantique, le choc de la victoire de Trump a pourtant permis d'ôter les masques : manifestations violentes pour s'opposer au résultat d'une élection démocratique, hypothèse de sécession de la Californie multi-culturelle et post-moderne, agressions contre des électeurs de Trump, appel au viol de la femme du nouveau président (Rape Melania), voilà quelques exemples des réactions « normales » de l'autoproclamé camp du bien. Des « anti-capitalistes » financés par le milliardaire Georges Soros. En France, un chroniqueur appelle tranquillement à l'assassinat de Trump, un autre à raser Versailles, une ministre réclame le contrôle d'internet, dernier espace de liberté, et les membres des Eagles of Death Metal sont interdits d'entrée au Bataclan où ils ont pourtant été la cible, un an plus tôt, des islamistes. Là aussi, tout est normal pour le camp du bien.

Il ne faut pas s'étonner de ce type de réactions, c'est souvent quand ils se sentent menacés que les gens montrent qui ils sont vraiment. Ce sont des réactions de défense, souvent épidermiques. Le vent tourne et de nombreux signaux vont dans le sens d'une révolution culturelle en notre faveur. Demain nous appartient.

Le Cercle Non Conforme

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11/11/2016

Novembre 2016: Retour à Verdun

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Novembre 2016: Retour à Verdun

 

Le début du mois de novembre est rythmé par une série de célébrations consacrée aux défunts.

C’est la période des morts.

Est-ce une coïncidence historique ou un hasard du calendrier qui fit retentir les derniers fracas de la Première Guerre mondiale en cette morne fin de matinée du 11 novembre 1918 ? Les historiens s’échinent depuis à connaitre l’identité du dernier emporté de ce conflit de quatre ans.

Un Canadien ? Un Français ? Un Allemand ? Nul ne le saura jamais vraiment. Au combat, le chaos est maître et, en ce 11 novembre 1918, on se battit jusqu'à la dernière minute.

Ce qui est certain, en ce matin d’automne 18, c’est que plus de 15 millions d’individus ont disparu des courbes démographiques. Essentiellement en Europe. Les enfants, petits-enfants et arrières petits-enfants de ces morts ne verront pour la plupart jamais le jour, faute de géniteurs.

Inutile de détailler les chiffres. Ils sont ahurissants. L’Europe d’août 1914 était au comble de sa puissance et de sa vitalité. En novembre 1918 c’est un immense champ de ruines truffé de croix.

Les conséquences de cette guerre sont incalculables, et l’écho de cette faillite européenne se répercute de génération en génération jusqu‘à nous. Beaucoup a été dit sur ce sujet.

Mais plutôt que de disserter longuement sur la révolution bolchévique, le traité de Versailles ou encore la grippe espagnole, prenons notre bâton de pèlerin et partons arpenter le champ de bataille de Verdun.

 

Si on veut être fidèle, autant arriver par la route de Bar-le-Duc. La fameuse RN1916, aujourd’hui déclassée en départementale. « Via Sacra ». Antichambre du théâtre de Verdun. Sas de mise en condition du combattant chahuté à l’arrière d’un camion Berthier. Cette route était, côté français, le cordon ombilical de la bataille. C’est par là qu’arrivait la boustifaille et la chair fraiche (là on compte en centaines de milliers d’hommes), les obus et les cartouches (et là on compte en dizaines de millions de coups). On se laisse guider par les sucres blancs à sommets rouges surmontés d’un casque Adrian. Ils rythment chaque kilomètre jusqu’à Verdun. On comptera 56 bornes. En 1916 un camion passait sur la route de pierres concassées toutes les 14 secondes. Aujourd’hui le macadam a recouvert les gadins qui avaient été jetés à l’époque à la pelleté pour entrenir une chaussée défoncée par les flux continus.

La ville de Verdun n’est pas belle. Jolie, plus sûrement. La cité semble endormie. C’est le tourisme mémoriel qui fait vivre la région. La cathédrale, imposante et témoin de hauts faits, vaut néanmoins le détour, ainsi que les bords de Meuse. La Porte-Chaussée, vestige des temps médiévaux, fait miroiter ses créneaux dans les légères ondulations du fleuve. Car oui, la Meuse est un fleuve.

On visitera les galeries de la citadelle, qui jouèrent un rôle crucial dans les évènements fameux de 1916. C’est ici que fut choisi le cercueil du Soldat Inconnu. Un lien mystérieux unit Verdun et l’Arc de Triomphe.

Un imposant monument trône au cœur de l’ancienne cité épiscopale. Un genre de temple austère en pierres embossées. Une composition architecturale sentant bon le solennel et le massif. Des degrés s’élèvent vers une sorte d’obélisque tronquée au sommet duquel contemple, lourd et puissant, un guerrier intemporel. La pointe de son épée, qui fait songer doucement à un film d’animation nippon, repose la pointe en bas. Le guerrier a triomphé. Il s’agit du « Monument à la Victoire et aux soldats de Verdun ». Il regarde vers l’est, vers les Hauts-de-Meuse et la ceinture fortifiée de la ville dont les forts avancés se situent à environ 6 ou 8 kilomètres.

Douaumont. Vaux. Souville. Des noms aujourd’hui oubliés mais qui durant plusieurs décennies sonnèrent comme des mythes à l’oreille des Français. Comme des mythes cauchemardesques et glorieux. C’est « là-haut », sur les plateaux au dessus de la ville qu’il faut se rendre pour contempler les lieux du drame et se lancer dans une trépidante enquête médico-légale. Ou alors dans une longue et contemplative méditation sur le sens de la guerre et de l’Histoire. Chacun y trouvera son compte.

On monte par une route sinueuse, le long des pentes de Belleville. On pénètre alors dans l’énorme forêt domaniale. Les bois, constitués principalement d’essences de pins, prennent vite des atours nordiques. On se prend à songer aux loups et aux grandes chasses d’antan.

 

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Le carrefour de la chapelle Sainte-Fine, sous le fort de Souville. Lieu de l’ultime poussée allemande en juillet 1916.

 

La voiture défile. Par la fenêtre on sent que cette forêt est « différente ». Les panneaux indicateurs, au carrefour de la chapelle Sainte-Fine, ne donne que des directions de monuments et d’ouvrages militaires. « Fort ». « Ossuaire ». « Mémorial ». « Casemate ». « Boyau ». Autant de mots abscons et barbares à l’heure de la fibre et des habitats thermo-régulés par l’intermédiaire de la domotique.

En prenant la peine de scruter le sol, vers le bas des troncs qui longent la route, on remarquera le caractère insolite de la géologie locale. Mais d’où viennent donc ces trous ? Ces milliers de trous ?

En réalité il y en a des millions, de ces boursouflures, rien que dans ces sous-bois des Hauts-de-Meuse. Lors des deux premiers jours de la bataille (les 21 et 22 février 1916) les Allemands firent chauffer les tubes de leurs canons en décochant plus de deux millions de tirs. Mais la bataille dura 298 jours de plus.

Du 77mm, du 105mm, du 130mm, du 150mm, du 210mm, du 305mm, du 390mm et gardons le meilleur pour la fin ! Vous reprendrez bien, cher monsieur Dupond, d’un de ces supers obus de 420mm, de plus d’une tonne, tiré par notre gentille et si grosse « Bertha » ! Nous pouvons, si vous le souhaitez, vous l’expédier directement chez vous, à plus de 10 kilomètres.

Et oui ! Verdun, c’est le paradis du canon, le Valhalla de la balistique et des gros calibres. Le terrain porte les traces de ces joyeuses ripailles de 300 jours où s’entremêlèrent les trajectoires courbes et tendues, les tirs de harcèlements et de contrebatteries.

Aujourd’hui, le ciel, moins grondant et parfois azur, est traversé à 30.000 pieds par les liners et à 200 pieds par les drones des passionnés de la bataille. De temps en temps des hélicoptères de l’ALAT viennent manœuvrer au dessus de la zone, histoire de rappeler la mainmise du ministère de la défense sur la plupart des sites du coin.

Ici, en 1916, le courage ne se mesura que rarement à la pointe des baïonnettes. La norme de l’héroïsme consistait plus simplement à tenir sa position dans les entonnoirs et à attendre qu’un projectile vienne vous débusquer. C’était le « job ». Un job qui durait 4, 5, parfois 6 jours avant que la relève assurée par la « noria » ne vienne prendre sa part au festin de gloire. Boue, poussière et fracas. Plus de tranchées tant le calcaire fut retourné et chamboulé. Leitmotiv à Verdun : « Le canon conquiert, le fantassin occupe ». Le « taf » fut le même pour les feldgrau d’en face.

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Carte montrant la zone des principaux combats, sur la rive droite de la Meuse. Les formes noires sont des forts.

 

Reprenons notre pérégrination depuis le carrefour de la chapelle Sainte-Fine. C’est là, sur les pentes du fort de Souville, aujourd’hui livrées aux promeneurs, à côté du monument du lion tué, que l’ultime avancée allemande du 11 juillet 1916 fut stoppée.

On tourne à gauche, direction Douaumont.

On passe devant une belle bâtisse en pierres lisses et dorées auxquelles on a adjoint récemment des furoncles de verres fumés. C’est le Mémorial de Verdun. Un musée contenant des fonds exceptionnels. Le tout a été remanié pour le centenaire. L’exposition est bien faite, étudiée comme une scénographie foisonnante. Marrant cette habitude qu’ont les muséographes de ne jamais définir de réels sens de visites. Le passionné amateur de militaria, tout comme le néophyte ne maîtrisant rien de l’art militaire, pourront y trouver leur compte. Il y a là de quoi faire lâcher son smartphone à un ado de 14 ans.

Au dernier étage, des écrans tactiles proposent une visite virtuelle du champ de bataille. Il faut faire attention, chronophagie assurée. Des relevés LIDAR ont été effectués sur l’ensemble de la région, à des fins archéologiques. Et là, vous pouvez les voir sur la carte, les millions de boussouflures générés par les impacts…

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Image LIDAR d’une partie du champ de bataille. Chacune des centaines de protubérances correspondent à la trace d’impact d’un obus.Le parallélépipède au centre est le fort de Douaumont, enjeu majeur de la bataille de 1916.

 

Frisson horrifique et angoissé.

Putain. C’est le seul mot de la langue française qui veut bien sortir.

Dans les bois de Verdun le regard ne peut embrasser que quelques mètres carrés de terrain. La cartographie, c’est de la sorcellerie. On capture l’image d’un sol, on le réduit à une échelle donnée et on le couche sur un bout de papier. Une carte peut inviter au voyage et au rêve. Ici, elle donne des frissons, savant mélange d’orgueil et de terreur pour les hommes qui arpentaient ce bout de territoire cent années auparavant. Territoire couché ici en 2D sur un écran, le tout dans un environnement où règnent l’air conditionné et la lumière crue des néons.

 

On quitte le Mémorial, on continue vers Douaumont.

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Fleury, là où furent trouvés les restes de 26 poilus en 2013.

 

On traverse le village de Fleury, commune « morte pour la France ». Il ne reste rien. Rien de rien. On a édifié ici une mignonne petite chapelle consacrée à Notre-Dame de l’Europe. Ça laisse méditatif. Un parcours d’allées permet de passer là où se dressait le bourg de 400 âmes. On circule entre les sapins noirs. Des plaques indiquent l’emplacement de telle ou telle bâtisse.

Dans un coin, on trouve un tronc sculpté à l’effigie d’un poilu montant la garde. A ses abords immédiats furent trouvées en 2013 les dépouilles de 26 soldats français. Des touristes Allemands étaient tombés sur un fémur. Ironie du sort.

Combien sont-ils autour du village à dormir ou à monter la garde sous les racines, les pommes de pins et la mousse ? Au moins le coin est-il plutôt calme et les gars ensevelis ici voient-ils passer les beaux animaux de la forêt.

Des battues sont régulièrement organisées pour réguler les populations. Alors tout le quartier se met à retentir de cris, de sonneries de rabatteurs et de claquements de carabines. L’espace d’un instant, on pourrait presque s’y méprendre. Un siècle auparavant des sonorités similaires emplissaient l’air des lieux. Les aboiements des chiens en moins. Les explosions d’obus et les rafales de mitrailleuses en plus.

Entre le carrefour de Souville et Fleury il n’y a que 500 mètres. Sur ces 500 mètres les Allemands lancèrent des attaques terribles en juillet 1916, voulant tenter le tout pour le tout suite au déclenchement de l’offensive des Alliés sur la Somme. Les Français reprirent le terrain perdu les semaines suivantes. Des semaines pour 500 mètres.

Là où nous marchons les hommes tombèrent non par centaines mais par milliers.

Ici chaque lieu, chaque trou, chaque caillou, prends une dimension écrasante. Il est des endroits sur terre où beaucoup d’hommes moururent en peu de temps. On peut songer aux camps du XXème siècle ou encore aux bombardements atomiques sur un Japon déjà en ruine. Mais ces lieux ne portent pas la charge émotionnelle liée au combat. Là-bas les hommes moururent en victimes. Ici ils moururent la baïonnette au bout du fusil. Ça change tout, absolument tout.

Ce champ d’horreur marmité et bouleversé est aussi un champ de gloire.

Chaque recoin du terrain, chaque ouvrage fortifié, a fait l’objet d’une lutte âpre et impitoyable. Ici la toponymie, un peu comme en montagne, prend un sens spécial. Le terrain est en quelque sorte sanctifié. En tout cas sanctifié tant qu’il existe des hommes pour se souvenir et nommer. Que vaut en effet l’abri de la Poudrière ou l’ouvrage de Froideterre pour qui ne peut et surtout ne veut pas comprendre ? La densité d’un terrain n’existe que par l’exercice de la mémoire. Et ici on n’est pas à Austerlitz ou Solférino. Ici c’est le combat de l’homme contre l’obus et les gaz. Une lutte surhumaine, comme on en avait jamais vu auparavant. Les boucheries de plein-pré d’août et septembre 1914, pourtant plus sanglantes encore que Verdun, ne pouvaient laisser deviner la nature que prendrait la guerre deux ans plus tard.

Waterloo c’est environ 50 000 pertes militaires en une journée, tous camps confondus et tous types de pertes confondues (morts, blessés, prisonniers, disparus). Verdun c’est plus de 3000 à 4000 pertes de moyenne par jour, tous camps et tous types confondus. Mais ça durera 300 jours. A Verdun on se balance des projectiles de 400mm sur la tête. Les hommes qui sortirent de ce creuset étaient plus qu’admirables. Ils avaient traversé une épopée.

De ces efforts gigantesques et de ces conditions extraordinaires, les deux belligérants en tirèrent une admiration réciproque. En 1940, l’état-major allemand était terrorisé à l’idée d’affronter les « vainqueurs de Verdun ».

Pour mesurer le tournant que fut cette guerre sur le plan moral, on peut se tourner vers l’épopée presque homérique du fort de Vaux, à trois kilomètres vers le nord-est de Fleury, au-delà du bois Fumin. Là, début juin 1916, se jouèrent des évènements grandioses et tragiques.

Le fort de Vaux n’est pas bien grand. Un pâté semi-enterré tout en maçonnerie et béton qui fait environ 150 mètres de longueur sur 100 de large. La structure fut édifiée à la fin du XIXème siècle et renforcée régulièrement jusqu'à l’entrée en guerre. Edifié sur les hauteurs du village de Vaux et faisant face à l’étendue doucement plate de la plaine de Woëvre, ce fort était une des composantes de la ceinture fortifiée de Verdun.

Aujourd’hui on dirait un décor romantique en style rocaille. Le béton défoncé par la cordite donne parfois des effets surprenants.

Les Allemands s’étaient rendus maître du village en contrebas dès le mois de mars. En juin ils lancèrent une attaque brusquée et sautèrent sur les hauteurs depuis le bourg ruiné. Ils coiffèrent le fort et entreprirent de l’investir.

La garnison française se composait d’éléments disparates placés sous la conduite énergique du commandant Raynal. Ils étaient décidés à tenir le fort jusqu’à l’extrême limite de leurs forces. Et ils le firent. Néanmoins, un léger problème se présenta… le bombardement incessant fissura les cuves bétonnées contenant les réserves d’eau du fort. La garnison de plus de 600 hommes tombe à sec. De plus, les Allemands, pistolet au poing et lance-flamme en tête, sont parvenus, avec une grande audace, à se frayer un passage à travers l’un des couloirs d’accès de la fortification.

Les Français aménagent des chicanes de pierres. On se balance de la grenade et des gaz de combat. Les blessés et les morts s’entassent des les locaux, crevant littéralement de soif. On lèche la pierre chaude des murs pour chercher quelques molécules d’eau.

Raynal tente de communiquer avec l’extérieur, malgré l’étau qui se resserre sur lui. Il fait envoyer des signaux optiques vers le fort de Souville et envoie des coureurs. Surtout, acte célèbre, il expédie son dernier pigeon nommé « Vaillant ». Ce dernier, lourdement gazé, parviendra à porter l’ultime message du commandant avant de périr aveuglé et brulé. Une plaque apposée aujourd’hui sur la façade défoncée de l’ouvrage rend honneur à ces volatiles extraordinaires que sont les pigeons voyageurs. Parfois des colombophiles viennent faire des démonstrations au fort de Vaux. Les tréteaux et les panneaux explicatifs ont remplacé les caisses de munitions et les sacoches bourrées de grenades

Finalement la garnison française est contrainte à la reddition. Les Allemands présentent les armes, mérite rare réservé aux ennemis respectés. Les soldats enfiévrés qui sortent hagards de l’horreur ne songent qu’à deux choses : boire et dormir.

Ils ont tenu plus de 6 jours dans les enfers.

Raynal est conduit à l’état-major allemand qui mène les opérations sur Verdun. Le prince héritier de la couronne, le Kronprinz, le fils de l’empereur Guillaume II, lui remet en main propre un sabre d’honneur et le congratule quant à la conduite admirable de sa garnison.

Qui aujourd’hui, en 2016, pourrait se représenter cette scène splendide et riche de sens ? Un chevalier vainqueur honorant un chevalier vaincu mais héroïque…

C’est cela Verdun. Les chevaliers sous les obus.

Les obus de 1916 ont malheureusement tué bien trop de chevaliers. Or notre temps aurait bien besoin d’hommes de la trempe du commandant Raynal ou du Kronprinz.

 

Quittons Vaux et Fleury, et avançons plus avant vers Douaumont.

La route est tracée au cordeau et fend la masse des arbres empourprés d’automne. Les feuillus s’apprêtent à perdre leurs parures. Ils prennent des teintes parfois grandioses. Veulent-ils-nous rappeler les flots de sang versés là où s’enfoncent leurs racines ?

On arrive à un carrefour. Devant, une belle pelouse. Propre, nette, coupée à ras. Décor irréel après la forêt et ses vestiges de cratères. On ne peut s’empêcher de penser au parc de Marne-la-Vallée et à ses impeccables gazons. Où est Mickey ? Puis on porte le regard plus haut, et on comprend que ce n’est pas le château Disney qui s’élève au sommet de la pente douce.

C’est l’Ossuaire de Douaumont.

Nouveau lieu d’importance. Un lieu de l’après bataille, un lieu de mémoire. Et là on retrouve à nouveau du dense et du terrible à hautes doses. En effet, les ossements vénérables de 130 000 soldats reposent dans les souterrains de cette grande coque renversée. La structure, d’un blanc-rosé, est surmontée d’un phare d’une cinquantaine de mètres. Ce dernier fait songer à la gare ferroviaire d’une ville de province. En réalité c’est une lanterne des morts. Parfait pour un mois de novembre.

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Intérieur de l’Ossuaire de Douaumont.

 

« Le train en partance pour l’Enfer est attendu quai des Mémoires Oubliées et desservira les gares du Mort-Homme, de la Côte 304 et du bois de Caures. Des averses de shrapnells sur les voies risquent de nous retarder. N’oubliez pas vos stahlhelm. Bon voyage vers l’Enfer ! »

Devant s’étalent, dans un alignement parfait, 16 142 tombes, soit l’effectif complet d’une bonne division d’infanterie. Le parallèle avec les nécropoles américaines est évident, mais ici la « French touch » rend les choses moins aseptisées. Les cyprès sont légèrement moins biens taillés. C’est mieux ainsi, on a pas l’impression de faire tache.

Des cars chargés de scolaires et de retraités en vadrouilles passent régulièrement, à faible vitesse. On devine que des clichés se prennent à bout de bras, derrière les vitres teintées des véhicules bariolés. Les collégiens aiment à galoper entre les tombes, sous l’œil complaisant de leurs profs d’Histoire-Géo. Un énorme parking vide enserre l’Ossuaire.

On identifie un carré musulman, pierres tombales tournées vers La Mecque. Sur un des latéraux de cette immense aire, un énorme mur bardé de signes en hébreu et de l’autre un petit temple islamique. La bâtisse musulmane sent le neuf. Les temps changent. On parle moins de combat et d’héroïsme stoïque que de paix et de repentance.

Le monument semble assumer sa dimension quasi ferroviaire. Les blasons de centaines de villes françaises et étrangères garnissent sa façade. On cherche une ville connue, souvenirs de passages.

Vers l’arrière, du côté du parking, des lucernaires permettent de distinguer les bas-fonds du bâtiment. Ils reposent là. Des milliers de crânes, de fémurs, de tibias, de radius et de cubitus. Memento Mori. Français et Allemands réunis.

On monte les gradins et on passe la porte voûtée. Pierres polies et gravures. Des milliers de noms recouvrent les parois, comme des ex-voto. Tout est rosé par les carreaux rouges filtrants la lumière extérieure. Sur les côtés de la longue nef on trouve des blocs massifs de granit rouge indiquant l’emplacement des cuves à ossements. La toponymie indique la provenance des morts. « Ravin ». « Côte ». « Bois ». « Vaux ». « Thiaumont ». « Douaumont ». On est allé les chercher jusqu’aux confins du champ de bataille, dans les Eparges, au sud-est et en Argonne, à l’ouest.

La guerre c’est les hommes et le matériel. C’est souvent la force morale. Mais on oublie trop la géographie et les cartes. Si on meurt pour prendre cette côte ou occuper ce fort, c’est qu’il y a une bonne raison.

Justement, du haut de la lanterne mortuaire un panorama permet d’embrasser de quelques regards l’ensemble de ce terrain aujourd’hui couvert d’arbres. Le cirque de Verdun. On grimpe un escalier de béton gris avant d’arriver sur la plateforme. En contrebas, les petites croix blanches posées sur le billard vert font penser à une prouesse de maquettiste. De telles vues… Un rêve d’artilleur.

 

Quittons l’endroit, parquons l’auto sur cette étendue de goudron digne d’un centre commercial et marchons vers la clé de la bataille : le fort de Douaumont.

Cette fortification, bien plus vaste que Vaux, est bâtie sur la plus haute élévation de la région, à près de 390 mètres. Cette position lui confère un rôle d’observatoire majeur. Il pointe vers le nord. Un « Seré de Rivière » (type de fortification du nom de l’ingénieur éponyme) édifié fin XIXème pour ceinturer Verdun. Il fut remanié à maintes reprises afin de répondre aux évolutions rapides de l’artillerie. Le 21 février 1916, au moment de l’offensive allemande, il était quasiment vide et désarmé. Il tomba trois jours plus tard, sans se défendre. Il faudra plus de 100 000 pertes françaises pour le reprendre, dixit le général Pétain.

En quittant l’Ossuaire, on oblique vers le nord-est, laissant au nord la Tranchée des Baïonnettes et Thiaumont. La route est bordée à gauche par une crête douce couverte de sapins où sont implantés de petits abris d’intervalles, comme l’ouvrage Adalbert. En constatant les dégâts, on se rend compte que la moindre fortif’ permanente était un véritable aimant à obus. C’était aussi des îlots dans la tempête où les gars des deux camps pouvaient se permettre de poser le barda pour quelques heures et ronquer un coup. On pouvait y installer un PC, un poste de secours, y stocker quelques vivres et munitions, préparer des attaques, etc.

La route est longée à droite par un vestige de tranchée. Creux sinueux de 50cm de profondeur d’où dépassent des morceaux de bois aux airs fantomatiques. C’est la tranchée de Londres. Ne manque que le smog et on y serait presque. Elle zigzague entre les troncs. En fait ce sont plutôt les troncs qui zigzaguent autour d’elle. Cette tranchée fut creusée par les Français après la grande bataille de 1916 afin de pouvoir sécuriser les relèves et les approvisionnements du fort repris. Ce dernier est un peu plus haut, en avant.

Une tranchée à Verdun… chose rare et précieuse en 1916. A Verdun il n’y a pas réellement de tranchées. Seulement des entonnoirs, reliés à la va-vite, et quelques boyaux. Le dur consiste en quelques forts écrasés sous des dizaines de milliers d’obus.

La route décroche légèrement vers la gauche et grimpe d’un coup. On débouche sur une sorte de vaste esplanade. Les arbres sont au loin désormais. On peut contempler une large étendue de ciel lorrain. Sans le savoir nous venons de grimper sur le fort. Le décor qui se présente ici s’apparente à Vaux, mais en plus grand. Béton caillouteux et herbe verte. On dirait une carrière abandonnée mise un peu en ordre. Les couleurs françaises, allemandes et européennes flottent au sommet de la structure ravagée. Sur la « façade », des plaques commémoratives bronzées signalent au visiteur que le fort fut repris le 24 octobre 1916. Il était resté huit mois en possession des armes allemandes.

On pénètre, comme à Vaux, par une petite porte qui ne paye pas de mine. On arrive dans une casemate transformée en hall d’accueil. Guichets et objets souvenirs. La lumière électrique jaune donnerait presque un air chaleureux à l’endroit. Mais sur le mur du fond, une inscription d’époque en langue française donne la vraie couleur : « S’ensevelir dans les ruines du fort plutôt que de se rendre ».

Ça, c’est un putain de programme. Un programme des temps jadis.

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Le dédale fantomatique du fort de Douaumont.

On visite les lieux. On est en novembre. La mort est là, c’est une évidence. Ce fort sent la mort. Nombreux furent ceux qui périrent dans ses entrailles, sous les coups de butoir des obus lourds. Les stalactites poussent partout. Parfois courts et grossiers, souvent effilés et élégants. Les sentiments éprouvés ici frisent le fantastique. Un éclairage étudié renforce ces impressions. Les pas se font plus lents, les respirations plus courtes. Parfois le pied tape, sans le vouloir, dans une grille de fonte oxydée. Sonorités terribles et sursauts automatiques.

Un guide passe dans la coursive, conduisant un groupe de scolaires. Il n’a pas le look prof d’Histoire. Il porte un long manteau noir et un chapeau à larges bords. Un spécialiste de la chose militaire, c’est une évidence. Peut-être un ancien officier, au vu de son maintien.

Il parle, au milieu du couloir. Les jeunes, des lycéens, arrivent à se taire. Ils écoutent.

« Dans cette casemate murée se trouvent les corps de plusieurs soldats français. Ils ont été tués en février 1916 par des projectiles allemands de 420mm, tirés depuis la forêt de Spincourt. Voici une description de ce qui se passait ici, lors des grands bombardements : les cloches observatoires, sur les hauts du fort, constataient les lueurs de départ de coups et avertissaient les fonds par l’intermédiaire d’un signal sonore spécifique. Les hommes disposaient alors de quelques dizaines de secondes pour se rassembler dans les abris profonds, sous le merlon ouest, près des citernes d’eau. Les projectiles étaient munis de fusées à retard et n’éclataient pas à l’impact. Ils pénétraient la couche de terre et entamaient le béton avant de détoner. C’était les vibrations qui étaient captées en premier par les sens. En effet, les ondes se déplacent plus vites dans les solides. Les vibrations remontaient par les chevilles et les entrailles. Au bout de trois ou quatre impacts successifs des réactions physiologiques pouvaient s’observer sur les hommes. Crises d’angoisse et de folie, qui duraient plusieurs secondes avant de disparaître. Surtout lors du vol des projectiles que l’on savait arriver de manière imminente par l’intermédiaire des observatoires. Maintenant, si vous le voulez bien, nous allons poursuivre vers l’aile ouest afin de visiter le cimetière allemand. Plus de 600 soldats sont enterrés dans deux casemates scellées du fort de Douaumont ».

Il accentue sur le « AU » de Douaumont. Ça sonne « Douhautmont » dans sa bouche.

Le groupe part en silence visiter les jeunes teutons emportés par l’explosion d’une réserve de munitions mal tenue en mai 1916.

En quittant les couloirs du fort on revient dans la casemate d’accueil.

Les dés à coudre, les mugs et les posters sonnent bizarrement dans l’enceinte de Douaumont. On referme une petite porte noire ou est inscrit en belle écriture attachée : « Celui qui se moque du passé n’est pas digne du futur ».

Jacques Thomas / CNC

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09/11/2016

Une nouvelle révolution atlantique ?

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 Une nouvelle révolution atlantique ?

 
La victoire de Trump s'inscrit dans une dynamique d'ensemble de l'Occident que nous allons tenter de décrypter.

Les « révolutions atlantiques »

A la suite de Jacques Godechot auteur de La Grande Nation en 1956, de Robert R. Palmer avec The Age of Democratic Revolution en 1959 et 1964 puis des Atlantic Studies s'affirme le concept de « révolutions atlantiques ». Il s'agit d'une approche globale des mouvements d'idées et des révolutions de la deuxième moitié du XVIIIeme siècle qui permet d'appréhender les bouleversements aux Amériques et en Europe comme un phénomène commun.

En effet, outre les Lumières, véritable phénomène européen qui s'exporte aux Etats-Unis notamment via Jefferson (ambassadeur en France sous Louis XVI), le monde occidental subit de nombreux bouleversements autour de 1780/1790. Les deux principales révolutions, américaine (1774-1783) et française (1789-1799) auxquelles on peut ajouter celle des Caraïbes dès 1791 puis d'autres révolutions, inachevées, en Belgique (1786-1791) ou en Pologne (1791-1794) ou même l'échec aux Provinces-Unies de la révolte contre le Stadhouter (1783 – 1787).

Aux Etats-Unis et en France, les deux révolutions ont une certaine proximité. Elles mobilisent toutes les deux une symbolique et des préoccupations issues de l'Antiquité gréco-romaine comme l'affirmation du citoyen, idéal du propriétaire terrien (1) qui doit être un soldat et un acteur de la vie publique. Toutes deux excluent les femmes de la citoyenneté. Le député montagnard Amar proclamera même devant la Convention le 30 octobre 1793 : « En général, les femmes sont peu capables de conceptions sérieuses. [...] Nous croyons donc qu'une femme ne doit pas sortir de sa famille pour s'immiscer dans les affaires du gouvernement. ». Plus tard, Bonaparte, dans le Code Civil, placera le père au centre du foyer et les femmes seront considérées comme mineures. Les Noirs aux Etats-Unis et les étrangers en France, terre d'invention de la « nation », sont aussi exclus de la citoyenneté.

Si, dans le monde protestant, les révolutions sont plutôt lockienne (de John Locke) ou hobbesienne (de Hobbes) et centrées sur les libertés individuelles, en France celle-ci sera plutôt rousseauiste et centrée sur les libertés collectives. De là le fédéralisme d'un côté et le jacobinisme de l'autre.

On le comprend, depuis les Grandes Découvertes initiées par les Portugais puis par les Espagnols, l'Europe a basculé vers l'Atlantique et cette « mer occidentale » est le théâtre sur lequel s'est joué une partie de notre histoire comme l'atteste l'exemple des « révolutions atlantiques ».

Du 9 novembre au 9 novembre

Le 9 novembre 1989, les habitants de Berlin-est font une brèche puis franchissent le mur de Berlin. C'est alors un vent de liberté qui souffle en Occident et, avec la fin de l'URSS en 1991, c'est la fin du bloc de l'est et du communisme dont il subsiste toutefois quelques scories comme en Corée du Nord ou quelques nostalgies comme en Russie. Fukuyama publie en 1992 La fin de l'histoire ou le dernier homme. L'idée d'un monde en paix, unifié et uniformisé par le libre-échange sous le regard paternaliste des Etats-Unis fait alors son chemin.

Oui mais voilà, la mondialisation heureuse est en réalité depuis 25 ans un cauchemar qui n'a profité qu'aux 1% les plus riches et à une caste d'oligarques et d'apparatchiks qui a su s'entendre avec ces 1%. Le reste ? Ils n'ont plus que la consommation et la société du spectacle pour seul horizon. Endettement, chômage, délocalisation, précarisation, violence, communautarisme, terrorisme, sans oublier le basculement vers le Pacifique, le quotidien des sociétés occidentales s'est profondément dégradé depuis 1991 et l'influence des puissances occidentales a progressivement diminué. Le chaos multiethnique sous fond d'économies arasées par la finance et les pays asiatiques.

A l'international, si quelques puissances émergentes tirent leur épingle du jeu c'est au détriment des conditions de travail, de l'environnement ou des populations autochtones comme les nombreuses populations amérindiennes menacées en Amérique du sud ou les minorités ethno-confessionnelles décimées au Moyen-orient (Chrétiens, Yezidis). Les conflits pour les ressources n'ont fait que s'accroître pour nourrir la bête de la consommation et enrichir quelques privilégiés occasionnant des guerres à répétition en particulier au Moyen-Orient mais aussi en Afrique. Aujourd'hui, la mer de Chine est un territoire explosif du fait des prétentions chinoises.

L'idéologie mondialiste s'est diffusée partout via les médias, le cinéma et la terreur politique : aux Etats-Unis, un propos jugé offensif peut vous valoir une diffusion publique sur Youtube par un.e cinglé.e qui prétend défendre les « minorités » ethniques et sexuelles. Le politiquement correct est omniprésent, les grosses entreprises pratiquent la discrimination positive, vous pouvez être traqué chez vous ou sur votre lieu de travail si vous refusez l'utopie multiculturelle de la mondialisation heureuse.

Voila ce que le peuple des Etats-Unis a envoyé valser le 9 novembre 2016.

Une nouvelle révolution atlantique ?

Après la constitution du groupe de Visegrad, la victoire volée au FPÖ en Autriche, les hauts scores du Front National, le Brexit, voilà que les Etats-Unis portent Trump à la plus haute fonction sur un programme assez clair : rendre l'Amérique grande à nouveau. Comment ? Et bien en s'attaquant à la finance, à l'immigration illégale ou au terrorisme islamiste. Le fera-t-il ? Difficile à dire. Mais ce n'est pas important, comme au XVIIIème siècle, car malgré les différences évidentes entre l'Europe et l'Amérique, l'Occident bat en rythme autour des mêmes préoccupations. Cocus de la mondialisation, menacés dans leur identité, les classes moyennes et populaires blanches, pour la plupart, ont entamé un processus de reprise en main du pouvoir, de rejet de l'oligarchie, de la défense de leurs pays d'un même pas. Le FPÖ, le FN, le Brexit ou Trump sont autant un symptôme qu'un baromètre, à l'instar de ce que fut le « printemps-arabe » dans l'ère civilisationnelle arabo-islamique.

Si Christophe Guilluy parlait de « France périphérique », on pourrait désormais parler « d'Occident périphérique » tant les cartes électorales se ressemblent. Les grandes métropoles multiethniques et les territoires gagnants de la mondialisation soutiennent systématiquement les candidats du Système (Vienne, Paris, Londres, New-York, Los Angeles, etc...) là où les territoires des périphéries et des marges voient leur électorat soutenir massivement les candidats « anti-Système » ou anti-establishment. Même un milliardaire comme Trump car il représente le capitalisme entrepreneurial national et non le capitalisme financier international. Si ce phénomène était isolé à la seule France, on pourrait en tirer des conclusions nationales, mais aujourd'hui, ce n'est plus possible. La victoire de Trump, c'est la victoire des « petits blancs » de l'Amérique oubliée. La victoire de ceux qui en ont marre de subir la culpabilisation en plus du déclassement et de la criminalité.

Dans les années 60 les Occidentaux battaient en rythme autour de la libération des mœurs, du rock n' roll ou des revendications politiques contre la guerre du Vietnam, désormais ils ont des inquiétudes en lien avec les différentes formes d’insécurités : économique, sociale, culturelle ou identitaire. N'en déplaise aux anti-occidentalistes et aux anti-américains primaires, l'Occident fonctionne comme un organisme. Aujourd'hui c'est un organisme qui se défend. La victoire de Trump est donc bien plus significative pour nous que la main mise de Poutine sur la Russie. Pourquoi ? Car Poutine est dans la tradition russe de l'impérialisme tsariste d'origine eurasiatique là où Trump porte une contestation de la mondialisation dans son cœur, les Etats-Unis. La Russie a une histoire très différente de l'Occident sur le plan politique et son rythme lui est propre. L'Angleterre, les Etats-Unis ou la France sont des piliers de la civilisation occidentale (telle que déterminée par Huntington). La victoire de Trump valide donc au moins symboliquement nos orientations récentes sur la Russie et l'Occident.

L'imprévu dans l'histoire ?

Dominique Venner était un passionné de l'histoire des Etats-Unis et il avait bien vu qu'il existait deux Amériques. Mais peut-on pour autant affirmer que l'imprévu dans l'histoire vient de l'élection de Trump ?

Le développement du numérique a beaucoup contribué à ce phénomène, au même titre que l'imprimerie avait pu favoriser le développement de la Réforme au XVIeme siècle qui était un mouvement d'émancipation de Rome assez classique chez les populations germano-nordiques. Perçu comme un moyen de connecter l'humanité, internet a au contraire accentué le phénomène de tribalisation en regroupant les utilisateurs par groupes d'intérêts. Les mouvements patriotes, identitaires et populistes ont su tirer profit d'internet qui permet de contourner la presse officielle, acquise à la mondialisation, par le biais des medias de réinformation. L'imprévu dans l'histoire porte peut-être un nom : Julian Assange. Les révélations de Wikileaks ont grandement aidé Trump, bien qu'évidemment aucun média traditionnel n'en ait parlé. Cela vient en tout cas appuyer une idée que j'ai depuis longtemps et qui déplaira à une partie de notre lectorat, les hackers sont plus utiles que des bataillons de militants impuissants. La victoire de Trump scellera par exemple probablement le sort du TAFTA, ce que n'aurait permis aucun collage d'affiche et aucune manifestation.

La victoire de Trump illustre un phénomène assez récurent : l'homme qui porte les aspirations de son époque et bénéficie des nouvelles méthodes de communication. Même si cela pourra paraître caricatural, reconnaissons que l'excommunication de Luther ne l'a jamais empêché d'impulser la Réforme, car il pouvait s'appuyer sur la création de l'imprimerie dans des territoires qui lui étaient favorables. De la même façon, les mandats d'arrêts contre Julian Assange n'ont pas pu empêcher l’œuvre de Wikileaks. La « nouvelle opinion publique occidentale » est désormais une réalité et elle a peut-être conquis la première puissance mondiale. Il ne s'agit pas ici de voir Trump comme le héraut d'une révolution quelconque, mais d'analyser le phénomène comme un événement de l'histoire immédiate dans le temps long historique.

Une question se pose désormais : la France sera-t-elle à la hauteur de son histoire dès 2017 ?

Jean / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

Relire notre article : Trump sans l'aimer ?

Notes :

1 Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, article 2 : « le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression. »

Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, article 17 : « la propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé [...]»

07/11/2016

L'européiste

 

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L'européiste

Encore plus ringard que le chauvin "patriote" de base : l' « européiste » (comprenez pro-UE) convaincu.

Quand les agriculteurs de son pays crèvent en vendant de la merde pesticidée à perte, l'européiste suit année après année le grand spectacle de la PAC de la même manière qu’il suivrait une partie de jeu de stratégie sur son Mac.

Quand l'européiste signe plein de bons sentiments et de la main gauche une pétition pour sauver 15 emplois d'une entreprise industrielle, il tamponne de la main droite l'inscription de 15 Chinois dans ton école d'ingénieurs.

Quand l'européiste lève des fonds pour sauvegarder la chrysomèle de l'asclépiade dans son habitat naturel et qu'il acclame le député qui a osé faire retirer le Roundup de la vue des jardiniers du dimanche pour 6 mois, il soutient l'agriculture productiviste, le TAFTA et le CETA.

Quand l'européiste réfléchit à la manière légale d'augmenter le salaire du routier polonais de quelques euros pour limiter l'impact du dumping social, il fait venir 2 millions d'immigrés par an en Europe.

Quand l'européiste pinaille sur l'augmentation de la TVA dans la restauration, il regarde avec indifférence les multinationales présentes sur son sol se soustraire aux impôts tout en se félicitant de l'incroyable attrait économique de l'UE pour les grandes entreprises.

Et quand un attentat aura touché une centrale électrique, l'européiste sera toujours en train de discuter de l'écartement des bornes des prises électriques pour la nouvelle norme EN.

Le summum est atteint quand l'européiste se rend compte de sa futilité. Il affirme alors qu'il faut "rajeunir l'Union Européenne", que cette union est trop "éloignée des préoccupations des gens" et qu'il faut réfléchir à un "nouveau mode de fonctionnement".

Il se donne alors pour mission de changer tout ça, réunit quelques personnes importantes autour de lui (un délégué de promo par exemple) et réalise un Power Point qu'il présentera devant le parlement des jeunes où tout le monde verra en lui le nouveau Schumann.

Puis il recommencera sa masturbation intellectuelle après chaque nouvelle élection, après chaque échec de référendum européen, après chaque étude d’opinion.

Aux européistes pro-UE, que vous soyez jeunes ou moins jeunes, chrétiens ou laïcs, libéraux ou « social-démocrates », écologistes ou productivistes; votre projet est mort quelles que soient les idées toutes plus révolutionnaires les unes que les autres que vous y apporterez.

Les millions d'Africains et d'Asiatiques que vous importez n'en ont rien à faire de vos pinailleries. Lorsque vous comprendrez que le jour où vous aurez éventuellement réussi à faire interdire l'utilisation du colorant bleu dans le Canard WC vous n'aurez plus d'eau courante dans vos chiottes, il sera trop tard.

Vos chinoiseries n'intéressent que vous. Vous êtes ringards et presque déjà oubliés (oui, même vous qui avez déjà présenté votre Power Point pour révolutionner le fonctionnement de l’Union). Le Brexit, le groupe de Visegrad et la montée inexorable des partis « eurosceptiques » sont là pour vous le rappeler.

L'Europe, la vraie, se fera dans la solidarité concrète et guerrière entre les peuples. Elle sera avant tout populaire et supranationale.

Elle s’étendra de l’Islande à la Grèce, du Portugal à la Finlande, sans distinction de PIB, de salaire moyen ou du pourcentage de plombiers dans la population. Et plus personne ne fera l’affront de se demander si la Suisse, l’Ukraine ou la Norvège en font partie.

Votre Europe représente le passé. L’Europe à venir, notre Europe, sera impériale ou ne sera pas.

Vinzenz K. / C.N.C.

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