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06/01/2015

Traduction: L’Institut Tavistock : Projet de stratégie pour la santé mentale (1940)

L’Institut Tavistock : Projet de stratégie pour la santé mentale (1940)

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L’Institut Tavistock, rejeton de Wellington House, département de la propagande de guerre du gouvernement britannique, est probablement l’organisation qui fit le plus de dégâts dans la civilisation occidentale depuis un siècle. Les multiples « bienfaits » de cette organisation remplie d’ingénieurs sociaux fêlés parlent pour eux : Commission Creel, MK ULTRA et ses diverses branches (NAOMI, OFTEN, et le terrifiant MONARCH [1]), conférences Macy et création de la cybernétique, contre-culture, New Age, Ère et Conspiration du Verseau, LSD, la liste est sans fin. A ce jour, seuls John Coleman et Daniel Estulin ont écrit à son sujet, et de nombreuses informations sont exposées dans les diverses publications de l’Executive Intelligence Review de Lyndon LaRouche.
Dans le texte qui suit, John Rawling Rees, alors directeur de l’Institut Tavistock, expose sans fard sa volonté d’infiltrer toutes les structures d’un pays et d’influencer l’opinion en secret : « Soyons tous, désormais et très secrètement, ‘la Cinquième colonne’ ». Notons que cet homme, qui eut pour élève Henry Kissinger au SHAEF (Supreme Headquarters Allies Expeditionary Force, Etat-major suprême des forces expéditionnaires alliées), opéra comme théoricien en chef du Bureau de Guerre Psychologique de l’armée britannique et fut le premier président de la Fédération Mondiale de Santé Mentale (World Federation of Mental Health), inaugurée en 1948 par des représentants de Tavistock.
En complément, voici un article de David Christie initialement publié sur le défunt site Mecanopolis et qui traite du sujet :
http://web.archive.org/web/20130618081839/http://www.meca...
 

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Texte original : Strategic Planning for Mental Health, Colonel John Rawling Rees, Mental Health, Vol. 1, N° 4, octobre 1940.

Il serait difficile d’imaginer une époque plus insolite ou plus pénible pour notre exposé que celle que nous vivons actuellement. Je crois que certaines gens pensent que les Sociétés qui, en temps de guerre, consacrent du temps et de l’attention à des sujets comme celui que je vais exposer se prennent pour Néron ; je désapprouve ce jugement. En cette heure, nous devrions plus que jamais réfléchir sur là où nous en sommes et élaborer des projets pour gagner la guerre et mettre en place, avec fermeté, des travaux sur la santé mentale pour le futur.

Les réflexions que je développe dans cet article pourront sembler hasardeuses, mais mes premier et dernier points traitent de l’actuelle situation que traverse notre pays. Notre propre équilibre mental, notre vision et notre bon sens pratique n’ont jamais été mis à l’épreuve comme aujourd’hui. Si nous voulons faire notre part durant la période de la guerre, nous devons être sûrs de maîtriser notre propre peur, nous devons nous assurer que quoiqu’il nous arrive individuellement, l’esprit de vrai et de progrès qui réside dans chaque chose ne puisse jamais être endommagé ; si nous croyons fermement à cela, nous pouvons sereinement mener des travaux le plus loin possible, et démontrer que la santé mentale est une réalité. Tournons à présent notre intérêt et peut-être quelques-unes de nos qualités énergiques vers ce vaste problème de santé mentale – comme étant l’une des aventures contemporaines – et voyons ce que nous pouvons personnellement planifier et réaliser.

Nombre de personnes ayant écrit sur cette question de la santé mentale ont formulé des objectifs précis. Je n’essaierai pas d’en faire de même avec une précision analogue, mais il semble évident que chacun d’entre nous souhaiterait faire quelque chose afin de rendre notre race plus audacieuse, plus adaptable, plus heureuse et, si possible, plus intelligente. Je ne ferai qu’effleurer l’aspect réparateur de notre travail. La médecine, de toute façon, s’est bien trop consacrée à réparer et rafistoler les gens. La vraie Médecine du futur sera largement prophylactique ; dans notre champ d’étude, l’élément important est sans aucun doute de souligner les aspects positifs de la santé mentale plutôt que de se concentrer sur la mauvaise santé. Des trois branches majeures de la psychiatrie – pour les déficients mentaux, les psychotiques, et les neurotiques – la troisième est probablement la plus importante à l’échelle nationale, et ici la prophylaxie est bien plus importante que le traitement ; en fait, elle constitue la seule voie vers une solution ultime de ce problème médico-sociologique particulier.

Nous pouvons désormais appuyer à juste titre notre point de vue en ce qui concerne le bon développement de la psyché humaine, bien que notre connaissance dans ce domaine demeure incomplète. Nous devons viser à ce qu’elle imprègne chaque activité éducationnelle de la vie nationale : primaire, secondaire, universitaire et éducation technique sont toutes concernées par les diverses étapes du développement de l’enfant et de l’adolescent. Ceux qui fournissent l’éducation, les principes sur lesquels ils se fondent, et les gens sur qui ils travaillent, doivent tous faire l’objet de notre intérêt, car une éducation qui ignore les principes de bon sens – qui ont nettement évolué au cours de ces dernières années – sera susceptible d’être de valeur inégale. La vie publique, la politique et l’industrie devraient toutes être dans notre sphère d’influence. Il n’est besoin que de peu d’imagination pour voir les améliorations qui pourraient être réalisées dans chacune.

Plus particulièrement depuis la dernière Guerre Mondiale, nous avons beaucoup œuvré pour infiltrer les diverses organisations sociales de tout le pays ; et, tant dans leur travail que dans leur positionnement, nous pouvons clairement voir combien les principes pour lesquels notre Société et d’autres se battirent dans le passé sont désormais acceptés comme faisant partie du régime de travail ordinaire de ces divers corps. Ceci est comme ce devrait être, mais pendant que nous nous en félicitons, ne nous reposons pas sur nos lauriers et gardons en tête que l’ampleur de la tâche qui nous attend est encore plus grande. De la même manière, nous avons mené une attaque utile à l’encontre d’un bon nombre de professions. Les deux plus faciles furent bien entendu l’enseignement et l’Église : les deux plus difficiles sont le droit et la médecine. Quiconque dont la mémoire ne remonte ne serait-ce qu’à une douzaine d’années ne pourra que réaliser à quel point le changement est important dans l’esprit des professionnels, tandis qu’indubitablement d’autres, visionnaires, verront combien il nous reste à accomplir.

Si nous voulons infiltrer les autres activités sociales et professionnelles, je pense que nous devons imiter les régimes totalitaires et mettre en place une activité de type cinquième colonne ! Si de meilleures idées sur la santé mentale viennent à progresser et se diffuser, alors nous, les représentants, perdrons notre identité. Je veux dire par là que nous n’apporterons pas une aide suffisamment efficace si, lorsque nous parlons au nom du Conseil national ou de tout autre corps, nous n’adoptons pas une approche plus subtile adaptée aux circonstances particulières du moment. Cela n’aurait vraiment aucune importance si personne n’entendait parler de ce Conseil à partir du moment où le travail est fait. Soyons tous, désormais et très secrètement, « la Cinquième colonne ».

En même temps toutefois, aucune raison ne nous proscrit, en tant qu’individus et par petits groupes, de faire usage d’une approche pleinement ouverte de la question de la santé mentale. Nous nous sommes tous trouvés en contact avec des hommes et des femmes concernés par les divers aspects de la vie dont je viens de faire état, et la plupart d’entre nous pourraient constituer de petits groupes pour discuter de manière informelle de ces sujets ; en-dehors de cela, des corps ou comités bien définis de personnes intéressées par chacun de ces champs de travail, convaincues que cela valait la peine de travailler sur leurs problèmes spécifiques et leurs propres projets, devront se développer. Tandis que le bureau central peut parfois apporter son aide à un tel projet, seul notre labeur acharné en tant qu’individus fournira la dynamique pour de telles activités.

Dans ce domaine comme dans tout autre, nous devons anticiper et prévoir les événements aussi loin que possible. Nous fûmes souvent trop irréguliers dans notre travail et je pense que nous avons besoin d’un projet de propagande sur le long-terme. Le temps est fini où nous devions nous excuser de diriger l’intérêt des gens vers les questions de santé mentale. Désormais, pratiquement tout le monde est prêt pour de telles idées. Ils l’étaient avant la guerre, et c’est aujourd’hui encore plus le cas. Je doute de la sagesse d’une attaque directe sur l’état actuel des choses ; même en temps de guerre, cela soulèverait quand même de l’opposition, tandis qu’une approche plus insidieuse suggérant que quelque chose de meilleur est nécessaire – « pourquoi n’essaierions-nous pas ceci ou cela » – est plus susceptible de réussir. Le processus évolutif est essentiellement Britannique, et je pense que nous devrions en faire l’un des fondements de notre projet de propagande.

Le Parlement, la presse et les autres publications sont les moyens les plus sûrs pour diffuser notre propagande, et cela requiert la réflexion et le travail de chacun d’entre nous pour se mettre en place. Les parlementaires qui sont membres du corps médical sont toujours prêts à aider avec un quelconque programme de campagne bien pensé qui est clairement pour le bien du pays, mais nous ne devons pas nous limiter à eux. Le Parlement compte beaucoup d’hommes dynamiques tout à fait disposés, lorsqu’ils sont bien informés sur les questions ainsi que sur les questions complémentaires, à formuler des demandes, et à donner suite personnellement pour s’assurer que ces questions d’importance soient convenablement traitées. Je vis toujours dans l’espoir qu’un jour nous puissions amener les Parlementaires à se soumettre à des tests de personnalité et de performance, car je suis sûr qu’en faisant cela ils pousseraient ensuite tous les autres Parlementaires à suivre la même routine, et nous pourrions avoir par la suite l’opportunité de l’étendre à la fonction publique ! [2]

Par le passé, nous avons sporadiquement tenté de fournir un service de presse qui puisse donner des informations sur des questions d’actualité et expliquer aux journalistes, et à travers eux expliquer au public, le sens de divers phénomènes qui sont des « sujets brûlants » dans notre presse quotidienne. Aujourd’hui – en tant que groupe – nous faisons preuve de trop peu de vivacité et d’enthousiasme sur la question d’aider la presse et d’ainsi influencer notre époque. Chacun de nous lit les journaux mais nous sommes souvent trop inertes pour passer à l’action sur les questions qui devraient de toute évidence être examinées, qu’elles soient sur la politique, l’administration locale, les affaires sociales ou les décisions de justice. Qu’il s’agisse des questions religieuses ou de la vie familiale, tous ces sujets se lisent dans la presse quotidienne, et certains d’entre eux nous intéressent. La politique de la presse, comme celle de la BBC, est influencée par la taille de son courrier des lecteurs. Même si nos lettres ne sont pas publiées, elles produiront tout de même leur effet sur l’esprit éditorial, et certaines d’entre elles seront sûrement publiées et feront ainsi réfléchir les gens. Nous ferons mieux là encore de rester secrets et de ne pas mentionner ce Conseil ni aucun autre corps, mais simplement d’écrire ou de parler en tant qu’individus. Ne parlons pas d’Hygiène Mentale (avec des lettres majuscules) ; nous pouvons toutefois écrire sans danger en parlant de santé mentale et de bon sens. Lorsque nous écrivons, il est important de se rappeler que sous-estimer quelque chose sera plus efficace que de la surestimer.

Votre attention ne doit pas se cantonner à la presse quotidienne ; il y a en effet de nombreux journaux hebdomadaires et mensuels et de presse spécialisée, or il est en principe plus aisé d’avoir des articles, billets, commentaires ou lettres dans ceux-ci que dans la presse quotidienne. De plus, ils sont lus avec plus d’attention que cette dernière.

johnrawlingsrees-tavistock.jpgJe voudrais nous voir aller plus loin que ces questions élémentaires et planifier une campagne pour faire en sorte que certains éléments et certaines idées importantes soient mises en valeur par des romanciers célèbres dans leurs livres. Priestley, Morgan, Walpole, et de nombreux autres dont les livres suscitent l’intérêt – même le Dr Cronin – pourraient être disposés à coopérer. Je ne suggère pas, bien sûr, qu’ils devraient écrire des romans de propagande – ce serait surprenant que ceux-ci soient diffusés, mais dans une histoire humaine ordinaire il serait facile de donner de l’importance à un point de vue, et la construction graduelle d’une série de telles focalisations étalée sur plusieurs années serait le type de propagande le plus solide. Ce Conseil a récemment coopéré à des expériences avec des films [3] : la même idée fut soulignée que ce medium ne peut transmettre qu’un élément au public. Ceux qui parmi vous connaissent les livres et leurs auteurs, ainsi que les films et leurs réalisateurs, pourraient mettre au point une stratégie sur le long-terme du bon type de propagande.

J’ai dit plusieurs fois que je crois que nous devrions être prudents sur la mention de notre Conseil ou de tout autre corps qui pourrait être vu comme poursuivant un but particulier. Beaucoup de gens n’aiment pas être « sauvés », « changés » ou remis en bonne santé. J’ai toutefois le sentiment que les termes « performance et économie » produiraient un meilleur effet car il n’y a que très peu de gens réfractaires à ces deux propositions. Je me suis même demandé si nous ne devrions pas avoir une filiale nommée le Bureau de la Performance Sociale (Social Efficiency Board) avec M. Bevin ou quelqu’un du même genre comme président ! Il me semble qu’en s’intéressant aux questions nationales, à l’administration locale et aux affaires sociales, nous renforcerions nos bases si nous soulignions constamment notre intérêt pour la performance et l’économie ; nous pourrons certainement « vendre » la santé mentale sous ces dénominations aussi bien que sous d’autres.

Oldham et Bristol, et peut-être un ou deux autres lieux, ont leurs propres comités ou conseils pour la santé mentale, et c’est je crois, une décision très sensée. Le Gouvernement de ce pays se décentralise de nombreuses façons avec la guerre, et pour notre travail spécifique je crois que plus nous pourrons étendre la responsabilité, meilleure sera notre progression. Ces questions d’esprit et de perspectives humaines sont suffisamment vitales et intéressantes pour attirer en tout lieu des groupes d’hommes et de femmes intelligents qui endosseront une fonction dans les conseils ou comités locaux. Tirons des enseignements du groupe d’Oxford et faisons des réceptions le week-end ; à travers tout le pays nous avons des gens à notre portée : étudiants en médecine, enseignants, journalistes, fonctionnaires, responsables syndicaux, et toute sorte d’autres personnes, que nous pourrions faire se rencontrer et parmi lesquelles nous devrions trouver des gens sensés et équilibrés qui pourraient diriger des activités locales. Pourvu que nous ayons une telle personne stable dans un groupe je serais ravi de lui en confier la direction. Nous faisons tous des erreurs, et cela ne fait aucun doute qu’il faille lâcher des briques mais dans l’ensemble cela susciterait l’intérêt du bon genre et ferait avancer notre cause.

Dans cet article, j’ai simplement effleuré ce vaste domaine de la politique. En quelques points, j’espère avoir stimulé les gens pour qu’ils pensent à bien d’autres, et plus particulièrement ceux auxquels ils ont en particulier le pouvoir de donner suite. Je souhaiterais conclure avec une attention renouvelée sur le fait que chacun de nous en tant qu’individus porte une grande responsabilité pour la santé mentale de la nation, aujourd’hui durant la guerre, demain dans un meilleur futur à venir. Nous avons besoin de vision et de courage. Nous ne devons pas nous limiter à des projets et être de simples théoriciens, mais nous devons aussi faire des expériences, et il est important de se rappeler qu’en des temps comme ceux que nous connaissons actuellement, il est bien plus facile de diffuser des idées sensées ou, si vous voulez, d’enseigner avec plus de tranquillité que jamais auparavant. « Tout repose sur moi » est un assez bon slogan, et « Vas-y » de M. Morrison est l’un des autres dictons dynamiques du moment. Nous pouvons tous deux nous les appliquer dans le champ de recherche spécifique qui nous occupe.

Traduction pour le Cercle Non Conforme: Thibault Philippe
 
[1] N.d.T. : Le lecteur pourra se rapporter à toute la symbolique Monarch (du nom du papillon Monarque) dans les clips vidéos du tittytainment de l’industrie « musicale ». L’excellent site MK Polis a publié des debunking particulièrement éclairants : http://mk-polis2.eklablog.com/analyse-de-quelques-clips-blockbusters-explicites-p635639
 
[2] N.d.T. : Mentionnons qu’en 1945, John Rawling Rees écrivit The Shaping of Psychiatry by War. Il y écrivait notamment souhaiter des troupes de choc, une armée de psychiatres qui pourrait mettre en place des méthodes de contrôle politique.
 
[3] N.d.T. : Rappelons ici que les frères Disney participèrent à la production de films de propagande durant la Deuxième Guerre Mondiale, supervisés par le Committee for Morale, lui-même contrôlé par Tavistock.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

23/12/2014

Reawakening of the nations or reawakening of the people? by Arnaud de Robert (spokesman of M.A.S)

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Dear comrades, before I speak about the subject that concerns us today, I would like to salute and thank the organizers of this meeting for this outstanding event. Their perseverance, their serenity and their will are the proof that when we want we can.

I also would like to salute the comrades from the European delegacies who show by their presence their bond for the creation of the Great Europe as we all do here.

Finally I would like to salute all of you, comrades and militants from MAS or any other organizations, active supporters, secluded fighters who often had to travel to find in this meeting the necessary force to keep fighting.

Reawakening of the nations or reawakening of the people?

When the organizers talked to me about the subject of this meeting – the reawakening of the nations – I forced myself to observe the signs of this reawakening by reviewing the actuality from a great number of European countries.

Two strong facts came out from this brief analysis:

First observation: electorally speaking we obviously notice a raise of the national, patriotic and anti-EU movements. I won’t expand on the important doctrinal variability of those movements; neither will I expand on the existence of some hostility between those movements, or between their leaders which led to the impossibility for these very leaders to create a parliamentary group at the European Parliament.

I’d rather stress the other important electoral fact which is the outburst of abstention which became a popular and brutal form of illegitimacy towards the oligarchic power.

Importantly, I want to point out the second observation, the most meaningful to me. I named it the “retaliation of the people”.

Indeed we can observe everywhere that the electoral protest doubles up as a diffuse and multiform popular protest, yet profound and at a large scale.

Through a multitude of local initiatives which are usually created because of the violent coercion of the financial and economic crisis, our French and European compatriots organize new forms of active solidarity. Projects sprout everywhere, sometimes in unexpected ways and reveal a certain vitality that we underestimated and still do…

We who are involved and are furious activists, we have a habit of standing for our people but we condemn at the same time the apathetic, brainwashed, sheep like and consumerist nature of the latter.

Thinking this way leads us sometimes to shift the blame for our own failure on the assumed stupidity and passivity of our fellow citizens. “What can you do, they just don’t get it”, and “they are blind”… It is so easy and so convenient!

But this is an important mistake of appreciation. In spite of the destructive power of the steamroller that is the consumer society, the truth is that the European people were able to preserve an instinctive form of intelligence, therefore a potential of regeneration.

During recent years our fellow citizens and especially the one amongst the poorest began to realize the utter disinterest of the oligarchy. Since they are abandoned because they are not considered economically interesting, they organize by necessity and then find out they don’t need politico-financial oligarchy to do it by themselves.

Facing powerless public structures in collusion with banks and run by “authorized representative of the capital” according to Karl Marx’s famous expression, the suffering people find in themselves the source for the start of a response.

We are rather witnessing a reawakening of the people more than a reawakening of the nations. The economic crisis generated a complete disruption of the social structures and a distribution of our population.

For the hipsters, the rich, the oligarchs, the active minorities and to the migrants turned into stars, big high-tech cities became globalized Babel towers.

For the victims of the crisis, the low-income white people or the “toothless” as the ridiculous scooter driver from the Élysée Palace says (French president François Hollande), only  remains the big sink estate (when not occupied), the outlying suburbs and some more or less abandoned rural areas. This enormous and quiet exodus is an absolute sociological revolution of our territories and it must draw our attention. The sudden and surprising rise of the FN results (regardless of what one might think of the party) during the European elections in the West of France – once was a mission land - is an obvious indicator.

The forgotten people from peripheral territories and abandoned by the state, but burdened by taxation and harassment (isolation, forced proximity with immigrant masses) find themselves obliged to find solutions for themselves, and promote the emergence of new modes of organizations that lead to resumption of power and sovereignty.

Not seeing them is to miss out on a fighting leverage. Not engaging with our compatriots in this process is to miss revolutionary spirit and above all, to miss a historic opportunity to spread our ideas.

We had this habit consisting of thinking of ourselves as the legit owners of a revolt based on speech and acts (Sort of unjustified self-promotion we have in common with a part of the far left movements).

But once again History surprises us and the “red caps movement” (anti-tax movement born in Brittany), workers' cooperatives, farmers organize themselves to sell their crops to Degrowth initiatives, localism militants, environmental and anti-consumer, an entire segment of our people reacts and sometimes unknowingly builts the tools for the force of opposition.

I would even say, and say that the ZAD (Zone defense action) is part of this global movement. I have no sort of sympathy for dreadlock-bearing clowns dancing before the police, but I admit I have even less sympathy for the law enforcement that is basically the watchdog of the System.

Anyway, in these ZAD instead of commies, we should find people like us because we are the first defenders of our land.

So, why them? Why not us?

The truth is I think we spend too much time to denounce and lament and not enough time analyzing and building. And few follow when we do that.

There are serious and clever people among the far left movements. They provided a clear account about the liberal enemy already and drew interesting conclusions. We obviously do not share all of their conclusions. They want chaos; we want this chaos to turn into the creation of a new order. This will always separate us when it comes to the final purpose, however this must not prevent us from thinking that some points within their analysis are right.

Including the designation of the enemy.

Lately we are fed with footages of bloodthirsty, converted bearded kids and we are told that they are the great danger. One tries to use these jihadists as a diversion as we were naturally gifted of a primal and stupid racism towards these turban-wearing lunatics. It is obvious that the system sees radicals, nationalists, European identity militants as a bunch of rednecks yelling “nigger” at every turn.

False innocents but true hypocrites at the same time, the mass media tend to hide the fact that forty years of defilement of France and forty years of psycho-cultural orgy, global exoticism, holy human rights dogma along with consumerist neurosis and increasing pauperization did not produce nice globalist citizens but that in fact society turned kids into zombielike freaks. A society they hate and want to avenge themselves from by opting for the only “verticality” they could find among the sink estates towers: Islam.

I do not buy this pretty story told by the system. I do not buy this new kind of mandatory obscenity which consists of fantasizing about the “bearded bad guy”. The time we were afraid of the boogeyman is long gone, especially when the boogeyman is an invention of the american-zionist power.
Islam is a mean used by the oligarchy to destroy European people but so are economic and social violence, historical and civilizational amnesia or the replacement of population by immigration. Islam is not the enemy.

Who is our enemy then? You do know that our enemy has always been the same. He has several names like Jean-Claude Junker, Macron, Rothschild, Lehmann Brothers, IMF, ECB, the Bank, credit, salary… But sometimes he has none. It does not matter. We will name him Neo-liberalism, but you can call him System, the Matrix, wild capitalism, ultra-liberalism… He is our worst enemy because we underestimate his destructive capacity, his subtlety and fierceness.

He manifests himself everywhere through a global offense against European countries. There is no conspiracy since everything happens before our eyes. A worldwide liberal authoritarianism is developing since the Reagan years. This attack is unceasing and has numerous faces. It created a new stateless aristocracy and a faceless hyper class which runs the capital market, the Medias, the economy and politics. This hyper class uses its powerful influence to enrich itself at the real economy and peoples’ expense.

It is anti-national since it pledged allegiance to atlanticists, Zionists and petro monarchies. This hyper class hates the Nation and does its best to destroy it. This hyper class leads a total war against peoples through economic, financial, ideological, psychological and state security measures.

This ultra-liberal offense is brutal and invisible but also supported by the conformism coming from the obedient media. That’s why it is hard to see it as a real and immediate threat, and why it is easier to focus on a bunch of bearded freaks. On the other hand its insidious work consisting of corrupting the European peoples’ spirit is a real but slow process.

What is the goal? It is really simple, concrete and direct: the rich get richer and the poor get even poorer in spite of the states’ sovereignty. On a global scale the liberal offense calls the class struggle again but this time in a vertical way, from the strong to the weak. If necessary this war may become real like the conflicts in Syria, in Iraq, in Afghanistan, in Kosovo or Eastern Europe. If these conflicts are means to satisfy private interests (energetics profits or political domination) they are also legitimized by the so called war on terror born as a result of 9/11.

Crisis, conflicts, wars, disasters are in fact the most efficient means for the oligarchy to impose economic measures that would not be accepted in a normal and stable situation.
Profits are privatized and financial losses are nationalized. In fact, neoliberalism is not a form of liberalism but an authoritarianism of the rich. The enemy has imposed his authority by the Parliament of the European Union against the popular will of the referendum.

This authoritarianism justifies itself thank to the mass coverage and it uses the psychological weapon before the economic one making it a mortal enemy. The media are used by the oligarchy to impose a war against the mind thank to a permanent tension strategy. Sovereignty and patriotism are destroyed since those concepts are always assimilated with the far right danger or the ghost of fascism.

Neutralization of popular sovereignty is achieved by the ongoing management of a carefully maintained chaos. Capitalism imposes its order thank to the wildings of Capital and the scum of the suburbs. In this sense, MAS denounces immigrants as the protective forces of the capital and the best allies of the oligarchy. They create chaos and our freedom is suppressed.

The sovereignty, whether it is economic, commercial or industrial, is destroyed because of European treaties elaborated by Wall Street. TTIP negotiations (this gigantic euro-atlantic market will turn Europe into the economic backyard of the USA) are the proof of the utter submission of our European rulers to their American masters and allies.

European political leaders squander resources and heritage of the people for the sole benefit of the markets and their structures (WTO, ECB, IMF, Euronext, NYSE ...). What stands before us is a continuum of ultra-liberal authoritarian management which is happening worldwide. This continuum has as main objectives the digestion of Europe to prevent the emergence of its power.

This is why it is also important not to fall into the sovereignism and stato-national ideologies traps. If we defend ourselves alone, on our own, encamped in a posture of national pride, we will die alone. If we join forces and our initiatives, we have a chance to form a block large enough to offer a credible alternative and to fight effectively.

The two major strategies that were used in the 19th and 20th century have shown their limits. The frontal opposition strategy of armed opposition has been repeatedly crushed in blood and has produced thousands of martyrs for paltry results.

The dialectic strategy, that of electioneering, allows substantial gain awareness for our ideas, but when you play by the enemy’s rules, you should not expect to win. In this sense, the election is a necessary but not sufficient weapon. And there is a lifetime between elections.

It is a fact that the oligarchic system is technically victorious. Its control means are colossal. He expects us to be good little soldiers, fake rebels but real idiots. He also expects us to response to his provocations by xenophobic right-wing and conservative reactions. So he can validate his favorite religious dogma, that of the vile beast that threatens "democracy."
So the question is simple: will we continue to serve as useful idiots to our enemies? For how long shall we be used as alibi to the system?

No, clearly not. It is time to propose a total political alternative and a determined opposition to the System as well. Our Greek and Italian comrades show us the way ahead. It is our duty to establish, coordinate and disseminate new realistic and functional initiatives. It is our duty to encourage the resumption of popular sovereignty, helping the people to break free from this cannibal and predatory monster called capitalism.

This requires certain sacrifices such as leaving our cozy ghetto to resume the dialog with our citizens. Because today who knows us? Who hears us? It is the others, our enemies, who talk for us.
We must leave the dusty and backward-looking positions of the dispute and the lament to project ourselves into the battle. No sterile and incapacitating nostalgia, but the will to put ourselves back in movement and to embody a dynamic radicalism.

Everything is ours and waits to be taken back. Dissidence is organizing and action requires us to join it. It will happen with or without us. We must not deprive ourselves of any battleground, social, ecological, industrial action, association, education, culture, art ... It is the same for any form of struggle even if sometimes it demands the use of force.

The omnipotence of the system obliges us to build an organic network to work out a way to get our compatriots out of the Capital’s financial prisons. We must invest microcredit, solidarity banks, and mutual aid societies. We need to create economic activity for our own people in a cooperative and solidary way. We need to regain independence from the system. Militant movements should not be the receptacles of the dispute anymore but the “launching sites” of specific realistic projects. It is not necessary to think big. Associations and individuals around us are developing initiatives that you can join or influence or even be inspired by. Active and effective militancy is local, what’s the best battleground if not our everyday life?

The Mouvement d’Action Sociale (social action movement) has been working modestly for several years in the development of these initiatives and the implementation of these projects. We have achieved several successes; yet there is still a lot of work. That is why all of us must get to work. Our combined skills and our common will make the difference.

And since this world is political, we must have on all issues an uncompromising but constructive attitude.

As Aristotle said "Tolerance and apathy are the last virtues of a dying society."

The motto is opposition, proposal and action.

Thus, on an immigration level, we must reply to the foreign violence but especially advocate remigration through balanced partnerships with countries of origin.

Internationally speaking we need more than ever to defend a strong European position that is a third lane position. Europe is an object of desire, but it is not to be divided, taken nor sold.

We must raise the black banners of revolt, calling for the legitimate anger of the people and blow the winds of history again. We must do this in our neighborhoods, our cities and our countryside. We must act in France and Europe.

We don’t have a choice.

The war for our people is critical in many ways. As a culture, as a people and as a race we have to win this war or disappear.

So, let us take part into the great uprising of the people, and because there is no fate but will, we shall be the builders of the new order.

Tomorrow belongs to us!

Thank you.

Arnaud de Robert, M.A.S spokesman

Note: Any possible reproduction of this content must mention the source (Cercle Non Conforme).

Translation: Weisthor