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15/12/2014

Entrevue du C.N.C. #11: Andreas (Aube Dorée) sur l'histoire et l'actualité de Chypre

Andreas est Chypriote. Il est assistant parlementaire d'Aube Dorée au parlement européen de Bruxelles. Il fait également partie du National Popular Front (ELAM), parti politique chypriote très proche d'Aube Dorée.

On l'a vu récemment intervenir pour Aube Dorée au congrès du GUD "Le réveil des nations". Il nous a accordé une entrevue exclusive afin que le public français puisse mieux connaître la situation de Chypre, pays dont la partie nord a été envahie par la Turquie en 1974.

NB: Certains sigles ont été laissés intentionnellement en anglais.

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1) Peux-tu donner un aperçu à nos lecteurs de l’histoire de Chypre jusqu’à 1974 ?

Je vais commencer mon propos par une rétrospection historique de manière à bien faire comprendre le contexte au lecteur. Chypre est une île grecque, et ce depuis 4000 ans au moins. Pas un endroit séparé du reste de la Grèce mais un organe vital qui interagit et coexiste avec le reste de l’Hellénisme. Jusqu’en 1191, l’île fit partie de l’Empire Byzantin. L’année suivante, elle fut conquise par Richard Cœur de Lion puis connut par la suite un nombre important de souverains. Les Templiers, Guy de Lusignan, les Vénitiens, les Ottomans et les Britanniques dirigèrent l’île avec violence et noyèrent dans le sang toutes les tentatives de résurrection des Grecs.

Le 1er avril 1955 marqua le début d’un autre combat pour la liberté, l’auto-détermination et l’union avec la Grèce. L’Empire britannique était un ennemi supérieur en nombre et disposait de dizaines de milliers de soldats à Chypre… face à une guérilla révolutionnaire qui, pendant les 4 ans de conflit, n’aligna que quelques centaines de combattants. Sous la direction du Colonel Grivas, fier dirigeant nationaliste, l’EOKA (National Organisation of Cypriots Fighters) remporta une victoire écrasante sur les britanniques. Cependant, les forces politiques de Chypre et de Grèce trahirent cette victoire et le but premier qui était de parvenir à l’union ne put se réaliser. A la place, nous nous sommes compromis avec un Etat soi-disant « redevable ». Un pays comprenant des enclaves sous domination britannique et un gouvernement obligé de prendre des turcs au parlement, dans des postes ministériels ou en tant que vice-président. Un Etat avec des forces armées turques et des officiers de police turcs.

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Cet Etat et sa constitution étaient voués à l’échec. C’est donc sans surprise qu’à la suite de la mutinerie de la minorité turque de 1963, un autre conflit armé éclata. D’un côté, les turcs qui se séparèrent de la vie publique de l’île, s’isolèrent dans des enclaves 100% turques et formèrent leurs propres petits gouvernements. De l’autre le gouvernement chypriote qui essayait d’appliquer la loi. A cette époque, un bon nombre de vétérans de l’EOKA et d’autres volontaires mirent sur pied leurs propres milices afin de protéger leurs quartiers et lieux d’habitation des turcs.

La violence continua encore 10 ans. Cette période fut marquée par des bombardements de l’armée de l’air turque, par des gains et des pertes de territoires des deux côtés avec comme conséquence l’impossibilité à la République de Chypre d’imposer sa souveraineté sur l’île. L’invasion ne prit donc pas seulement place en 1974 mais déjà avant. Elle était bien planifiée et aidée par l’OTAN. Elle était déjà achevée avant 1974. L’invasion de 1974 marqua le zénith de l’expansionnisme turc qui imposa de fait un nouveau statu quo pour la « Grèce du sud ».

2) Tu es originaire de Chypre. Comment est la vie là-bas (d’un point de vue tant ethnique et culturel qu’économique et social) ?

La vie à Chypre à partir de 1974 et donc de la destruction du Mouvement National par le gouvernement a dramatiquement changé. 200.000 Chypriotes sont devenus des réfugiés dans leur propre pays, 4.000 d’entre eux sont morts et 1619 disparurent (aujourd’hui encore, nous n’avons aucune information sur le sort qui fut celui de la majorité d’entre eux). Le Chypriote a vu sa maison prise par les colons turcs, a vu son pays labouré par des mains étrangères et a vu ses efforts de toute une vie disparaître en quelques heures. Le nouveau Chypriote a commencé à ne vivre que pour le présent, n’a plus eu d’intérêt à vouloir bâtir le futur et acquérir la liberté. Il s’est noyé dans la prospérité amenée par le dollar qui lui a fait oublier son pays et ceux qui étaient morts pour le défendre. Il a laissé sur place un miracle économique similaire à ceux de l’Allemagne et du Japon après 1945. Il est devenu un consommateur, un matérialiste exhibitionniste et un xénomaniaque fanatique.

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3) Comment réagit la population face à l’occupation turque? Quels sont les contacts entre les Chypriotes et les occupants ? Comment est-il possible de résister ou de combattre l’occupation aujourd’hui ?

Année après année, la population ne prêta plus attention à l’occupation et considéra le statu quo comme acquis. Une minorité sera cependant toujours là pour combattre. Cette minorité eut à certains moments le pouvoir de raviver les réflexes patriotiques de la population et d’en faire une éruption volcanique. Ce fut le cas en 1996 avec la marche motocycliste contre l’occupation qui commença à Berlin et finit sur les barricades et la zone-tampon de Chypre. Deux cousins, Tasos Isaak et Solomos Solomou, le payèrent de leur vie. Le premier fut battu à mort par les Loups Gris et le second fut tué par balles alors qu’il escaladait un mât de la zone occupée afin d’en retirer le drapeau de la honte (voir vidéo). De temps en temps, le mouvement contre l’occupation déclencha des actions et réactions mais le manque de cohérence idéologique, les motivations personnelles ainsi que les forces de division marquèrent de leur ombre la seule résistance.


Il est possible de résister. Nous tenons notre destin en main car nous sommes en mesure de détruire notre futur ! Et si nous pouvons détruire quelque-chose, cela signifie que nous pouvons également le contrôler. La résistance doit venir de l’intérieur. Pour commencer, nous devons rejeter et considérer comme faux tout ce qui a été dit. Voyez-vous, l’histoire de Chypre est enseignée afin de créer des esprits faibles. Tout y est changé et les héros sont désignés comme des traîtres. En conséquence, le premier pas à faire est d’apprendre notre histoire. Le second est d’établir à nouveau un système scolaire helléno-centré qui créera des Grecs non seulement par le sang mais également par l’esprit.

L’éducation est la priorité. Pendant près de 800 ans, nous avons été détachés du corps national. Nous avons toutefois gardé notre identité, nos traditions et notre dialecte archaïque unique. Si nous savons qui nous sommes et d’où nous venons, nous pourrons maitriser notre destin.

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4) Quelle est l’opinion des Chypriotes sur: l’ONU, l’OTAN et l’Union Européenne?

Il n’existe aucune confiance dans ces organisations. Les Chypriotes se sentent trahis par elles toutes mais pour des raisons différentes. Ces raisons sont bien sûr en lien avec notre problème national. Après la vague de violence de 1963, un détachement de l’ONU (UNFICYP) fut envoyé à Chypre. Depuis, il est prouvé par des dizaines d’incidents que l’UNFICYP a été une base de support non-officielle pour les turcs. Par ailleurs, la manie de l’UE de vouloir « régler » le problème chypriote sur la base d’une confédération bilatérale prouve encore qu’elle ne souhaite simplement que légitimer les conséquences de l’invasion.

L’OTAN a toujours œuvré de concert avec la Grande-Bretagne et la Turquie contre les Grecs. L’accession de Chypre à l’UE était basée sur un mensonge : que Chypre serait libérée à nouveau. Les politiciens ont promu le mensonge suivant : Chypre occupée équivaudrait à une partie du sol de l’UE qui serait occupé, il n’y aurait donc aucune chance que l’UE puisse accepter une occupation d’une partie de son sol par un tiers parti. Le désenchantement de ceux qui avaient cru ce mensonge et voté en conséquence commença rapidement. Ces gens considèrent par ailleurs que l’UE est responsable de la crise économique que connaît Chypre aujourd’hui.

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5) En tant que membre d’Aube Dorée et du National Popular Front, peux-tu nous donner les positions officielles de ces structures sur Chypre et la Turquie ?

Aube Dorée et le National Popular Front réclament la mise en œuvre de la doctrine de l’espace de défense commun entre Chypre et la Grèce. En plus des espaces économiques communs liant les deux Etats, cela équivaudrait à une union entre l’île et la Grèce. Maintenant que le gaz dans l’espace économique commun de Chypre est un sujet d’intérêt international, la Grèce –et non Israël- serait le pays qui garantirait l’intégrité de Chypre. Les avions F16 grecs, et non ceux de l’armée de l’air israélienne, seraient stationnés à l’aéroport de Pathos à Chypre.

Parler maintenant d’une union totale est hors de propos. Nous devons d’abord recouvrer la souveraineté dans nos pays et leur redonner force et indépendance. Toute précipitation serait vouée à l’échec. Un voyage d’un millier de kilomètres débute toujours par un pas. Notre rêve le plus cher est de voir la nation grecque réintégrée mais la raison ne nous fait pas perdre de vue que toutes les conditions actuelles sont contre nous. Nous ne pouvons nous permettre en tant que nation une autre catastrophe du même acabit que celle d’Asie Mineure. Cela sonnerait notre glas.

6) Le 10 novembre, la situation à Chypre fut le sujet d’une grande manifestation au parlement de Bruxelles. Que peux-tu nous en dire ?

Au Parlement Européen, chaque jour, ils parlent des violations des Droits de l’Homme en Afrique, des réfugiés d’Iraq et de Libye, des conflits en Somalie et au Soudan. Alors nous essayons de leur montrer qu’ils sont eux-mêmes des réfugiés européens, qu’il y a des violations des Droits de l’Homme en Europe, qu’il existe des zones de conflits en Europe. Nous n’y sommes pas allés pour mendier leur pitié. Nous y sommes allés par devoir. Ce devoir que nous avons envers nos morts, notre histoire et nos descendants. C’est un devoir patriotique d’accomplir cette tâche.

Dans notre stratégie, les campagnes d’information sont vitales. Et ce, même si les dirigeants des Etats ne sont pas touchés. L’essentiel étant que les gens ordinaires puissent nous entendre lorsque le sujet les intéresse.

Une armée qui réussit se caractérise par trois éléments : organisation, discipline et morale. Pour nous, voir des gens intéressés par nos problèmes et voulant nous aider délivre un message fort aux Chypriotes. N’oubliez pas qu’en 1996, dix-mille Chypriotes étaient dans les rues, dans la zone tampon et sur les barricades, mus par un mouvement symbolique qui a pris naissance à Berlin avec la participation d’Européens qui soutenaient notre cause.

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7) Que faire pour ceux qui veulent soutenir les Chypriotes? Participer à l'European Solidarity Front for Cyprus peut-être ?

La chose la plus importante, à ce moment, est l’information. La population Européenne ignore tout des problèmes de Chypre donc il est crucial pour nous de le diffuser à travers le monde. Et la prochaine étape est de faire pression sur leurs gouvernements par des actions, des manifestations et par n’importe quel accès aux médias afin de les forcer ou essayer de les forcer à faire changer la politique de leurs pays envers Chypre.

Evidemment, nous supportons toutes les initiatives destinées à nous soutenir. En conséquence, nous accordons notre soutien total à l’European Solidarity Front for Cyprus. Certaines choses sont plus importantes que nos mouvements et nous-mêmes.

8) Comment vois-tu le futur proche de la Grèce et de Chypre?

Je vois une Grèce glorieuse dans une Europe libre. Nous gagnerons car nous ne pouvons nous payer le luxe de perdre.

Le Cercle Non Conforme (traduction par Rüdiger et Ann)

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

24/07/2014

English translation of the PESTE NOIRE interview for Cercle Non Conforme

English translation of the PESTE NOIRE interview for Cercle Non Conforme Famine en-tête

1) C.N.C: What conclusions have you gathered so far in your career with Peste Noire? Do you think you’ve made any mistakes, or have things in fact gone pretty much as you would have expected?


Famine: Musically there were some failures, successes, some unlistenable and average bits; but I will always be proud of having gotten stuck in with the real action, of throwing myself in the arena even if sometimes things were a bit rushed/sloppy, when many old comrades had made great compositions without the patience, the will, the pugnacity of a pack leader and the global vision of an architect that would have allowed them to go forward as a team against physical obstacles and the egocentric, pain-in-the-arse musicians that are always trying to take all the credit without understanding anything of your approach or your universe. You must find the few good people in this little pond we call Black Metal and have no qualms about cutting out the dead wood. Nothing should hinder you, not a pair of tits, not gossip, not hard times nor the bitchy reviewers who enjoy the perversion of destroying two years work with a few lines of text. After a long day’s work recording L’Ordure à l’état Pur I learnt that Saturday night that my father had died in a motorbike accident. The Sunday morning I was in the studio recording. That’s a musician. I especially made some ‘constructive errors’ and some ‘strategic errors’ mainly related to studio production, and to the point forcing myself to play with people I didn’t like and in fact wanted to strangle, but whom I needed, or with scam labels and concert organisers. I regret nothing as I did what I did with what I had and with what I was entitled to require at the time in order to make a name for myself, as they say. Today I no longer suffer from these problems due to increased recognition achieved from around the time Ballad was released. Instead I have more choices; my acolytes are handpicked according to their skills and from their common spirit. I’ll never forget that at the start when I didn’t have a dime and lived in a region where Black Metallers were as common as coppers in a French suburb, it was a tall order to find a producer. I got suckered into selling the rights of my first two albums against a Lilliputian compensation that I never saw in return for recording in a pro studio, because the producer was a sound engineer and also a false friend. I accepted that his label didn’t go through SACEM [A French professional association collecting payments of artists’ rights and distributing the rights to the original songwriters] to avoid him being unfairly taxed, and to allow him to save money I took the risk of not being protected by this organisation, in the naive confidence of the pseudo-principles of the Black Metal underground and of a verbal agreement between men. He took advantage of the situation and didn’t pay me the microscopic fee that we agreed on (0.50 EUR per CD divided by four once the first thousand units were sold) when these early albums were doing very well, telling me that he needed that dough to repress my CDs, which is what I wanted above all. Without this abusive deal I could do little with no funds, and we were stuck with the hidden defects and chicaneries of the few producers we could find during that period. Playing with a fully capitalist principle: whoever has the funds to press your CDs and the gear to record you – basically the Capital, without which you can do nothing – make them available for you and then reap the fruits of your labour. One mustn’t cry, it’s the rules, when you haven’t got a cent or someone to borrow gear from, this is the only way to start, or you have to stop your projects if you aren’t a rich kid. And when I speak of the defects of the only producers that we could find at the time, the sound of the second album Folkfuck Folie for example was literally annihilated, particularly the vocals, because the ‘sound engineer’/producer in question didn’t know what he was doing, combining two pre-amps on the vocals, which gave the impression it was recorded in a 15 miles tunnel when in fact I had the same vocal power as on the first album La Sanie de Siècles, and I had wrecked my voice for a crappy result. The main mistakes therefore: 1) working with rapacious producers and labels (the most recent example of this is my unfortunate transatlantic deal with the Canadian label Transcendental Creations/La mesnie Amérique (R.I.P 2011-2013) https://www.facebook.com/lamesnieherlequin#!/lamesnieherlequin/photos/a.283688441779625.1073741828.283675498447586/318070788341390/?type=1&theater) 2) Accepting having to make compromises with the rare musicians that were available even though they understood nothing of my world, and who (due to their overbearing egos) wanted to run the band and make it the next METALLICA; and tolerating the input of another with regard to my production which I always wanted rusty, analogue, outdated and filthy, when the studios only understand/master clean and sanitised sounds (I’m not talking about the sound engineer for L’Ordure who really earned his bread). At least I acted and released five albums despite the often unfavourable material and human circumstances that came my way. I haven’t opened my mouth or shown off on the net by sticking up loads of photos on Facebook before actually working. Too many poseurs in Black Metal today act as rock stars in Ray-Bans after having posted their GuitarPro songs on Soundcloud. They’ve got patches, t-shirts of their group before having proven themselves. Their only motivation is the illusion of fame. Their place is in the Air Guitar contests. They forget that we began as soldier-monks when nobody knew this style, when it was ultra-obscure and it didn’t attract chicks. When we ourselves were ashamed by this style, this ugly gargoyle style, and we had to hide in order to practise it, irresistibly. I never played this music as a hobby or for narcissism. I feel that the only thing that matters for these ponces today, now that BM is more popular, is to waddle on stage in front of twenty people as if they were Axl Rose. I call it the Big Brother syndrome: wanting to be famous from sitting on the sofa; posing without working. There aren’t many musicians now who really work in the shadows at their instruments or at having a distinctive playing style; these kids learn to play primitive styles like DARKTHRONE’s and BATHORY’s and stop there, whereas in my time we hurt our fingers at 13 years old on the three Ms (MAIDEN, METALLICA, MEGADETH). More worrying, there are less and less artists who think about their music before playing it, who have an experience, who experiment with new forms such as those who forged Industrial and Batcave in the 80s, less and less Black Metallers who really build an inner world such as was the case for NUIT NOIRE (two brothers who hiked a lot at night before thinking about learning to play and form a band to reflect what they felt during those sojourns), DARVULIA and CELESTIA did back in the day, groups that I started with and regardless of their quality, had their own universe and a unique thing to say. I’m talking about a time that those under 20 cannot know about. With a few exceptions, the nowadays French scene is full of clones, copycats, embittered reviewers and butthurt forum users whose main hobby is killing off the rare groups which have the balls to be at the forefront of the genre and who do not know the effort that goes into composing, creating a world, managing a group, recording and making a living from a genre that is judged and hurriedly categorised from their soft armchair. To me these useless people have the same form as those football supporters who are blobs of gelatine and insult and judge the professional players who have a supreme physical fitness when they miss a goal. You are spiritual look-alikes to French sports journalist Pierre Ménès. Look well at your soul in this fucking mirror:

 

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[Check the clash between Joey Barton and Pierre Ménès: http://www.lephoceen.fr/infos-om/decla/tweet-clash-menes-barton-ca-continue-barton-menes-ca-envoit-du-lourd-sur-twitter-111012]

You are parasites. Impotent meatballs. And I am Usain Bolt, Alexei Yagudin. Keep a fair perspective. Or show us what you can do musically. From experience, the most vehement shit-talkers are also those who release the smelliest turds. Always ask yourself: ‘Where are you talking about? What did you do? What is your legitimacy? What are your high deeds?’ to paraphrase the horrible Arno Klarsfeld [French lawyer]. And concerning the errors that sprung from the naivety of youth that allowed labels and concert organisers to bend me over under the guise of the Underground being not a business but a free passion of love and spring water, friendship and consensual sodomy, whereas Black Metal has never been so profitable as it is today (I run my own label, so I know here what I am talking about), today I operate independently and no one, apart from the French state, will make more money from my music than myself. It also concerns the concerts we are now preparing hard for at the moment. Being exploited on the back of my own baby [KPN] is an error that I will never commit during the rest of my career. Otherwise you’ll have to deal with him:

Ardraos

Click here to read more: La Mesnie Herlequin

L'entrevue en Français. ICI

10/06/2014

Entrevue du C.N.C. #10: Vincent Vauclin

Entrevue du C.N.C. #10: Vincent Vauclin

Vincent Vauclin est le fondateur et le coordinateur national de la Dissidence Française, mouvement   fort intéressant avec qui nous partageons nombres d'analyses. Cette entrevue permettra au lecteur de mieux connaître la Dissidence Française ainsi que Vincent Vauclin, qui a déjà publié deux livres ("Cendres" et "Putsch") que nous avions recensés il y a quelques mois.  

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1. Le C.N.C.: Qu’est-ce qui, dans votre parcours personnel, vous a amené vers vos positions actuelles et vous a poussé à vous engager sur un plan politique ?

V.V.: A l'instar de nombre de camarades issus de l'extrême-gauche, mon cheminement suit plusieurs étapes : la base, c'est la prise de conscience de classe. C'est-à-dire la prise en compte des facteurs socio-économiques et des convergences d'intérêts qui impliquent un rapport de force constant entre exploiteurs et exploités. 

La suite logique, c'est l'analyse du système de domination, de la superstructure du capitalisme contemporain, et des rouages du processus d'aliénation qui permettent son hégémonie : à ce stade, l'influence de certains anarchistes fut pour moi assez déterminante, et la lecture du pamphlet L’insurrection qui vient marqua véritablement un tournant. 

Dès lors, je me situais dans une démarche militante qui impliquait déjà la formation d'une avant-garde révolutionnaire destinée à créer les conditions du « grand soir » insurrectionnel durant lequel les masses inverseraient le rapport de force.

C'est à cette époque que la contestation contre la réforme des retraites de Sarkozy prenait de l'ampleur : les premiers blocages de dépôts de carburant s'amorçaient et je voyais là une occasion à saisir. Avec enthousiasme, j'ai participé à cette mobilisation qui, au bout de deux semaines, donnait déjà des résultats encourageants : pénurie générale de carburant, manifestations, files d'attente aux stations d'essence, ambiance tendue, gouvernement discrédité etc... La gauche radicale était en effervescence, on sentait qu'une brèche s'était ouverte. Et puis rien. Les syndicats majoritaires (la CGT en tête) lâchèrent les travailleurs aux moments précis où la situation pouvaient enfin basculer. Les raffineries reprirent progressivement leurs activités, les derniers foyers de contestation furent balayés par les CRS, et le gouvernement Sarkozy sortit renforcé de cet épisode en bénéficiant in extremis du soutien officieux des centrales syndicales majoritaires. 

Ces événements catalysèrent ma compréhension de la réalité des rapports de forces et, surtout, de leur complexité. Dès lors, j'abandonnais la lecture simpliste et inefficiente de l'orthodoxie marxiste. Je comprenais le leurre que constituais « le mythe du grand soir », et celui de la bienpensance cosmopolite véhiculée par l'internationalisme gauchiste, caution morale de la politique immigrationiste du Capital. Les partis et syndicats d'extrême-gauche, des mouvements révolutionnaires ? Non, des rouages, parmi d’autres, de la machinerie capitaliste, intégralement sous contrôle, endoctrinant, noyautant et neutralisant tout élan contestataire. L'oligarchie, un simple ensemble d'intérêts économiques interdépendants ? Non, une caste communautaire qui travaille activement à la dissolution de la France, non seulement sur le plan économique, mais également et surtout sur le plan social, moral, culturel, et ethnique. La gauche libérale et la droite financière sont les deux mâchoires d'une même tenaille qui se referme sur notre civilisation. La subversion morale précède la domination du Capital. L'anéantissement des structures traditionnelles de notre pays fait le lit de sa dissolution ethnique. C'est la lutte finale, camarades ? Certes, mais certainement pas celle que vous croyez...

 

2. Le C.N.C.: Vous êtes le fondateur de la Dissidence Française. Pouvez-vous présenter votre mouvement à nos lecteurs et en dégager les objectifs fondamentaux ?

V.V.: La Dissidence Française est le mouvement de riposte radicale à l’idéologie libérale et cosmopolite. C’est une force qui se construit depuis plus de trois ans maintenant, et qui poursuit une action à la fois militante et métapolitique en ouvrant des fronts nouveaux. Notre organisation formule une synthèse des différents courants de ce que l’on pourrait appeler la mouvance « dissidente » ou « non-conforme », rassemblant ainsi des centaines de militants issus d’horizons divers, qui partagent une même vision du monde, une même intransigeance, et une même énergie qui s’exprime dans un activisme soutenu, tout particulièrement contre ce que nous appelons « le Régime », c’est-à-dire la république des partis, des loges et des lobbies. 

Concrètement, nous avons déjà mené des centaines d’actions dans près de 40 départements : tractages, collages d’affiches, déploiements de banderoles, actions « coup de poing », manifestations, maraudes solidaires pour les SDF et précaires etc… Et tout ça, de façon autonome : la Dissidence Française n’a pas de compte bancaire, et n’a donc jamais réclamé un seul euro de don ou de cotisation à ses militants et sympathisants.

Parallèlement, nous développons une communication hyperactive sur internet et notamment sur les réseaux sociaux, nous adaptons notre communication aux exigences d’aujourd’hui, nous formulons continuellement une critique positive de la mouvance dissidente et des tendances régressives qui s’y manifestent, nous tissons des liens avec la plupart des organisations non-conformes et participons aux dynamiques de convergence contre le mariage gay, l’idéologie du genre, la pression fiscale et migratoire, le traité transatlantique et la mainmise des lobbies communautaires sur les institutions françaises et européennes. 

 

3.  Le C.N.C.: Quelles sont les formes de militantisme les plus adaptées à notre époque selon vous ? L’importance accordée aux visuels, et à l’image en général, que l’on retrouve dans votre mouvement est-elle une composante de votre manière de militer ?

V.V.: Le monde Spectaculaire-Marchand dépense chaque année des dizaines de milliards d’euros en publicités et autres campagnes marketing. Ce n’est pas pour rien. Au-delà de l’impact immédiat de ces campagnes sur les consommateurs, qui sont ainsi quotidiennement incités à se tourner vers telle ou telle marque, tel ou tel produit, il est évident qu’un tel conditionnement remplit une fonction politique et « culturelle », inoculant insidieusement l’idéologie dominante au corps social, façonnant jour après jour cet homme-masse, éternel esclave de toutes les tyrannies, sur le consentement tacite duquel repose l’ensemble du totalitarisme moderne. On notera d’ailleurs la teinte systématiquement « politiquement correcte » des campagnes publicitaires, surtout lorsque celles-ci se drapent d’un caractère subversif pour cibler, par exemple, la jeunesse : il s’agit toujours de faire l’apologie de la transgression morale, du métissage, du mondialisme, de l’antifascisme, de la « tolérance » et de je ne sais quelle autre connerie gauchisante. 

Nous ne pouvons donc tout simplement pas faire l’impasse sur la communication. La forme importe autant que le fond, et c’est la raison pour laquelle nous consacrons effectivement beaucoup d’énergie pour forger une communication à notre image : virale, jeune, efficace, avant-gardiste, dotée de ses propres codes, etc. L’idée étant de renverser, en notre faveur, « l’asymétrie communicationnelle » qui prévaut aujourd’hui. Plus clairement, le message que nous devons faire passer est le suivant : contrairement à ce qu’ils prétendent, les ringards, les moralistes, les conformistes, ce sont eux. L’avenir, la jeunesse, le changement véritable, c’est nous. Et c’est par le militantisme que nous entendons incarner et donc « vitaliser » ces principes.

 

4.  Le C.N.C.: La Dissidence Française prône l’abstention, pourquoi ? Le vote FN n’est-il cependant pas un bon indicateur – certes imparfait – pour appréhender le ras-le-bol du Français de base face au Système ? 

V.V.: Nous refusons tout simplement d’apporter notre onction démocratique à des institutions qui ne disposent d’aucune légitimité. Prenons un exemple récent : le référendum sur le Traité Constitutionnel Européen qui fut organisé en 2005. Les Français ont voté à 55% « Non ». Moins de 3 ans plus tard, le traité identique est pourtant ratifié par les parlementaires UMPS. Est-ce normal ? Est-ce acceptable ? Peut-on faire comme si cette forfaiture n’avait pas eu lieu ? Non. Quand on connait les implications considérables de la ratification de ce Traité pour notre pays, c’est tout simplement scandaleux et inadmissible. Par principe donc, nous refusons de participer à cette mascarade. Puisque le match est truqué d’avance, nous n’irons pas sur le terrain. Et considérons donc que les institutions « représentatives » ne représentent pas le peuple Français, et qu’en conséquence les scrutins qu’elles convoquent sont illégaux. L’abstention, c’est donc une façon de priver de priver le Système de son carburant électoral, de tarir la seule source de légitimité sur laquelle il peut compter. Si, comme nous, l’on considère que la « république française » n’est ni une république (puisqu’elle ne sert pas le bien commun, la res publica), ni Française (puisqu’elle est inféodée à des intérêts étrangers à ceux du peuple Français), il n’y a qu’un seul choix possible : celui de l’entrée en dissidence, de la rupture. En clair : l’abstention est un choix politique, sans doute le plus radical qui soit.

Pour répondre à la seconde partie de votre question, je dirais que le Front National est effectivement le thermomètre d’un ras-le-bol général, et que ses scores reflètent d’abord le rejet du « politiquement correct » véhiculé par les médias de masses et l’ensemble des partis parlementaires. Pour autant, je ne crois pas une seconde à un changement par les urnes, ni à une victoire décisive du Front National dans les années qui viennent. 

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5. Le C.N.C.: Dans le monde moderne, l’ennemi est partout autour de nous, sur un plan institutionnel, culturel, politique, social, national et international. Cela amène de nombreux résistants à ne pas savoir où réellement frapper, perdus face à une entité aux innombrables facettes. Que leur conseilleriez-vous d’attaquer en priorité ? 

V.V.: Notre narration collective nous échappe. La barbarie moderne s’appuie d’abord sur une vision du monde innervée des illusions qui sont quotidiennement inoculées au corps social et plongent la société dans un état de stase psychotique propice à son délitement. C’est un phénomène « kaléidoscopique » qui altère la perception de la réalité par nos contemporains et conditionne l’ensemble de leurs attitudes et comportements, introduisant des représentations éphémères qui se succèdent l’une après l’autre sans cohérence apparente. Le regard affûté y distinguera cependant des constantes qui ne relèvent pas du hasard mais bien d’un projet totalitaire. Cet état d’hébétude relève en effet d’une stratégie élaborée, socio-psychologique, de manipulation et de neutralisation (on parle « d’ingénierie sociale », de « Tittytainment »). L’avancée souterraine et métastatique de la subversion résulte de cette stratégie systémique d’immunosuppresion, et c’est la raison pour laquelle rien ne pourra être accompli en l’absence d’une décontamination identitaire préalable et d’une désintoxication idéologique radicale. C’est donc sur le front de la catharsis que nous devons d’abord nous mobiliser, c’est sur le champ de bataille de l’expiation collective que nous devons combattre, contre les propagandes de tous bords, contre l’ensemble des déviations modernes, contre ce que Philippe Muray appelait « l’Empire du Bien ». Qu’ils nous qualifient de racistes, de misogynes, de fascistes, d’antisémites, de réactionnaires, d’homophobes, d’intolérants, de tout ce qu’ils veulent : cela ne présente absolument aucun intérêt, car ils ne nous jugent qu’à l’aune de leurs néo-principes frelatés qui, tôt ou tard, seront purement et simplement démentis par le réel. 

 

6. Le C.N.C.: Quelle est votre position sur l’immigration et les populations d’origine extra-européenne présentes sur notre sol ? 

V.V.: Avant la fin de ce siècle, si rien ne change, les Européens seront pour la première fois minoritaires sur leur propre territoire. Céder sur le terrain de la sémantique ou du politiquement correct, c’est déjà capituler, alors soyons clairs : nos sociétés se sont vues imposer un modèle multiculturel qui, in fine, conduira vraisemblablement à la marginalisation puis à l’extinction de la race blanche. Il ne s’agit pas d’un « délire d’extrême-droite », mais des projections officielles de l’ONU. C’est d’une logique implacable : d’un côté, les oligarques encouragent des politiques de dénatalité ciblant les Européens de souche (apologie de l’avortement, des déviances homosexuelles et « transsexuelles », idéologie du genre, propagande antifamiliale etc.), de l’autre, ils font entrer chaque année des dizaines de millions d’allogènes en Europe et encouragent le métissage au nom du « vivre-ensemble ». Concrètement, on appelle ça un génocide. Nous ne l’accepterons pas. Nous sommes clairement opposés à l’immigration de masse, et défendons l’idée d’une politique concertée, mais urgente, de remigration des populations extra-européennes, condition sine qua non de la préservation de notre identité ethno-culturelle. D’une manière ou d’une autre, nous redeviendrons maîtres chez nous, car il n’est pas envisageable que nous laissions la France et l’Europe, matrices des formes les plus supérieures de civilisation, sombrer dans le chaos du cosmopolitisme niveleur, du métissage global et du mondialisme uniformisant. 

 

7. Le C.N.C.: Votre dernier livre « Putsch » a beaucoup fait parler de lui et nous ne reviendrons pas sur sa thèse (voir pour cela notre chronique et cette entrevue vidéo). Il a suscité un certain nombre d’objections, en particulier dans le texte « Il n’y aura pas de putsch ». Qu’avez-vous à répondre aux objections qui vous ont été faites ?

V.V.: Paru en septembre 2013, mon livre a anticipé la révolte de l’Armée Française avec 8 mois d’avance. Et je remarque que la plupart de mes détracteurs se font désormais beaucoup plus discrets, car plus le temps le passe et plus l’actualité semble me donner raison. Mon postulat de départ est le suivant : tôt ou tard, l’Armée Française sera amenée à jouer un rôle déterminant dans le dénouement de la crise profonde dans laquelle s’enfonce notre pays. En publiant Putsch, j’ai lancé un défi aux forces armées en prenant ouvertement position pour un coup d’état militaire, c’est-à-dire pour l’option la plus radicale qui soit. Car il faut distinguer le putsch au sens strict, c’est-à-dire le renversement complet et brutal du Régime, par la destitution de François Hollande, la suspension de la constitution, l’instauration de la loi martiale et la mise en place d’un gouvernement provisoire de salut public, et le putsch au sens large, qui englobe différentes formes de révoltes martiales, aux portées et aux implications plus limitées, et qui peuvent constituer plusieurs paliers vers un putsch intégral. 

En mars 2013, l’Armée fit sauter Jérôme Cahuzac (qui, alors ministre du budget, entendait réduire drastiquement le budget de la Défense Nationale) : c’est un exemple de ce que j’appellerai un « putsch partiel », par lequel les militaires ont mené une opération de neutralisation d’une cible menaçante. Avec le succès que l’on sait. Pourtant, le gouvernement Hollande poursuit son entreprise de démantèlement de l’Etat, et pour cause : Hollande est totalement bloqué, à sa gauche par les lobbies communautaires, libertaires et maçonniques qui entendent faire passer en force leur projet d’une société individualiste, multiculturelle et déracinée, et à sa droite par les lobbies de la finance mondialiste qui comptent sur ce gouvernement antinational pour maintenir coûte que coûte le système de racket fiscal organisé au profit des banques. Mais la situation n’est plus tenable.

L’Armée ne lâche pas, les militaires n’acceptent plus d’être la variable budgétaire d’un gouvernement inféodé aux intérêts de la finance, et non à ceux de la France. Le mois dernier, le chef d’état-major des armées, les chefs d’état-major des trois armes, et une vingtaine de généraux ont fait savoir qu’ils démissionneraient en bloc si Hollande persistait dans son projet. Un message réaffirmé par le Général Vincent Desportes sur Europe 1 qui, et c’est une première, lança clairement et publiquement un ultimatum à François Hollande. C’est du jamais vu. Cette grogne est générale, et ne se limite pas à l’Armée : j’ai également reçu nombre de soutiens de la part de gendarmes et de policiers (des soutiens émanant par exemple de la Direction Centrale de la Police Judiciaire, des groupements parisiens de gendarmes mobiles, ou de CRS avec qui j’ai pu discuter directement). Les objections formulées par mes détracteurs me semblent donc tout simplement dépassées. Tous ces faits témoignent de la crise profonde d’un Régime en phase terminale, crise qui va bien au-delà de simples considérations budgétaires.

 

8. Le C.N.C.: Dominique Venner pensait qu’il fallait, préalablement à toute action politique de grande ampleur, faire changer la mentalité du peuple. Qu’en pensez-vous ?

V.V.: Le « peuple »… Existe-t-il, déjà ? Ou existe-t-il encore, plutôt ? C’est là toute la question : que reste-t-il de notre peuple aujourd’hui, après des décennies, voire des siècles, de subversion libérale et cosmopolite ? Je pense que « le peuple », en tant que communauté de destin et réalité identitaire, n’existe plus. L’atomisation de la société française par des forces dissolvantes, de droite comme de gauche, a scellé la tombe du « peuple », en tant qu’entité politique et culturelle homogène. 

Mais je rejoins Dominique Venner lorsqu’il nous dit que « les racines des civilisations ne disparaissent pas tant que n’a pas disparu le peuple qui en était la matrice », ce qui signifie que si le « peuple » n’existe plus, le Volk, lui, existe encore. Le pays réel, celui de la terre et du sang, conserve encore jalousement les secrets de sa grandeur passée et de sa renaissance future. 

A l’heure de la convergence des catastrophes et face au péril que constitue le Grand Remplacement, il ne s’agit pas simplement de « changer les mentalités », mais de puiser dans les archétypes et les mythes les plus anciens, de réactiver les atavismes les plus profonds, et de réveiller ainsi les forces immémoriales qui affranchiront nos patries du destin cataleptique que leur avait promis les tenants de la « fin de l’histoire ».  Jusqu’ici, il manquait quelque chose de fort, au-delà des formules convenues et des mots d’ordres rabâchés. Il manquait un acte héroïque, un symbole de fondation, une figure polarisante. Il manquait un signal. Ce signal nous fut donné, le 21 Mai 2013, peu après 16 heures… Il nous appartient, ici et maintenant, d’en tirer les conséquences.

 

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

18/03/2014

Entrevue du C.N.C par l'Association Culturelle Zenit (Italie/Belgique)

Entrevue du C.N.C par l'Association Culturelle Zenit (Italie/Belgique)

Après avoir interviewé des associations à travers l'Europe, l'Association Culturelle Zenit, basée à Rome, nous a fait l'honneur de nous interroger pour la France sur divers sujets d'actualité. Nous espérons que cette entrevue sera l'occasion pour notre lectorat de mieux nous connaître.

ZENIT: 1.Un grand merci à Jean pour avoir accepté de répondre à notre interview. Peux-tu nous expliquer en quelques mots quel est le but du "CERCLE NON CONFORME"?

Jean/CNC: Le Cercle Non Conforme est une association culturelle française rattachée au Mouvement d’Action Sociale. Nos activités sont à la fois ancrées dans le réel car nous organisons des conférences, participons à des rassemblements et organisons des activités culturelles, mais elles sont aussi très présentes sur internet où nous tenons un blog avec des chroniques de livres, de films, d’albums et aussi des articles de réflexion. Nous sommes aussi liés à la radio Méridien Zéro.

Le but du CNC est d’apporter une réflexion autant sur le milieu nationaliste français que sur la société et le monde actuels, nous sommes donc dans une perspective non conforme à la fois vis-à-vis de notre milieu d’origine (le nationalisme) et vis-à-vis de la société qui rejette en partie nos idées.

Nous sommes assez influencés par le renouveau militant italien, nous avons voyagé en Italie au sein de différentes sections de Casapound (Rome, Vérone, Bolzano) et nous avons également un esprit assez proche du blog d’avant-garde Zentropa puisque nous puisons nos références partout.

2.Depuis toujours l'Europe de l'Est est une vrai poudrière à ciel ouvert, qui peut exploser à tout moment; les différents peuples du bloc de l'Est se battent pour défendre leur identité ainsi que leur souveraineté. Quelle est selon vous la solution face à ce problème? Peut-on espérer voir un jour naître une coalition  entre ces différents pays afin de donner vie à l'Europe des peuples dont nous rêvons tant?

La situation en Europe de l’est, et en Ukraine en particulier, est très complexe. En France elle a été l’occasion de débats houleux. En effet deux visions s‘affrontent schématiquement. Une vision assez identitaire qui considère que les peuples sont maîtres chez eux et qu’ils ont un droit à se gouverner eux-mêmes sur leur terre. Et puis il y a une vision géopolitique, structurée autour des intérêts de différentes puissances qui défendent des modèles opposés.

Nous partons tous du constat que les Etats-Unis sont un vrai problème pour l’Europe et pour l’équilibre mondial. Mais si dans le cas de la Syrie, nous avons tous défendu peu ou prou la même ligne, celui de l’Ukraine a causé des divisions fortes. Dans les deux cas, beaucoup de militants ont nourri l’espoir, surement naïf, que la renaissance de l’Europe se fasse par l’est.

Il semble que la troisième voie soit difficile à développer car tout le monde n’appréhende pas le réel de la même façon. Pour nous l’idéal serait une Ukraine nationaliste qui signerait des partenariats avec la Russie sur un pied d’égalité, mais les deux partis le veulent-ils ? Les Russes considèrent l’Ukraine comme une « petite Russie » qui doit leur être inféodée et les Ukrainiens perçoivent les Russes comme une puissance impérialiste néfaste. Nous avons connu ce problème en Europe, quoique différemment, dans l’opposition entre la France et l’Allemagne. Tout cela n’a conduit qu’à des guerres, à la désolation et à la décadence de l’Europe. Et surtout : le règne des Etats-Unis.
Il faut donc marteler que notre ennemi numéro 1, ce sont les Etats-Unis, cette anti-Europe. Pour cela il faut aussi généraliser les échanges entre nationalistes de toute l’Europe. Pour notre part nous côtoyons surtout les belges et les italiens. Peut-être faudrait-il aussi engager plus de liens avec les Allemands qui sont une puissance complémentaire de la France et dont les méthodes militantes évoluent également fortement en raison de la répression. Nous avons tous à apprendre les uns des autres. Nous sommes peut-être à un tournant historique, où, débarrassés de tout esprit revanchard, de l’irrédentisme et face à des ennemis communs, nous pouvons enfin discuter sur un pied d’égalité pour construire l’Europe de demain.

3.Ces derniers mois nous avons assisté à des manifestations populaires dans certaines villes de France, notamment à Nantes ou en Bretagne avec les "bonnets rouges", sans oublier les manifestations contre le "mariage pour tous", peut-on parler d'une "renaissance du nationalisme" en France?

La France connaît effectivement une forte agitation politique. Manifestations contre le mariage homosexuel, pour la défense de la famille, mais aussi émeutes menées par l’extrême-gauche à Nantes, jacqueries contre les taxes en Bretagne, etc… mais il faut être prudent sur la « renaissance du nationalisme ». Le nationalisme français est plutôt en crise et cherche aujourd’hui un chemin. Il faudrait même s’entendre sur ce qu’on appelle « nationalisme »…
La plupart des mouvements, malgré une sympathie mutuelle, ont souvent des positions très différentes sur de nombreux sujets : le régime politique, l’économie, l’identité, la religion, l’Europe, etc…

Le mariage homosexuel est un thème très conservateur, alors que d’autres sujets devraient mobiliser des millions de français : le chômage, l’esclavage par la dette, l’immigration de masse, l’Union européenne.

Cependant, les dernières manifestations ont permis à certains nationalistes de revenir au contact de la population dont ils étaient souvent coupés. C’est le principal effet positif des manifestations contre la mariage homosexuel, cela a permis à des gens différents de se parler, de se connaître et désormais d’opérer peu à peu une jonction des luttes.
Mais les Français ont encore pour beaucoup peur du nationalisme, car on leur a martelé que le nationalisme c’est la guerre, la dictature, etc… Il y a encore un gros travail à faire pour que le nationalisme soit perçu de façon positive pour nos compatriotes. Pour cela il faut surement redéfinir la doctrine du nationalisme du XXI eme siècle. C’est pour cela que nous puisons dans des références diverses et que nous cherchons à analyser le monde dans lequel nous vivons sans aucune nostalgie.

Par ailleurs il existe deux tendances très fortes aujourd’hui en France, une « union des droites », patriote et conservatrice, qui est libérale sur le plan économique et une autre voie issue de l’extrême-gauche, dite « dissidente », qui prône l’unité, sans clivage ethnique, religieux ou de parti contre l’oligarchie euro-mondialiste mais qui ne peut nous satisfaire sur la question identitaire.

Pour notre part nous sommes encore une fois porteur d’une troisième voie, à la fois sociale et nationale, ferme sur les principes mais tournés vers l’avenir. Il faut répondre aux préoccupations de son peuple sans pour autant se trahir.

4.Que pensez-vous de François Hollande comme président de la République?

D’abord une précision pour les italiens qui ne connaissent pas forcément le système politique français : la France est un régime dit « présidentiel » c'est-à-dire que nous votons pour le président, qui nomme ensuite son gouvernement. Mais nous votons aussi pour les députés qui définissent alors la majorité à l’Assemblée Nationale. En France, François Hollande est au PS, l’Assemblée Nationale est majoritairement PS donc le gouvernement nommé par le président et son premier ministre sont PS.

Hollande est emblématique de l’arnaque démocratique. Rapportées au nombre de Français, les voix obtenues à la présidentielle représentent à peine un quart de la population. La côte de popularité du président est très faible, environ 15%, autant dire que sa légitimité est nulle. Les différents projets fiscaux ou vis-à-vis de la famille, la montée du chômage et de l’insécurité contribuent à nuire à sa côte de popularité. Ainsi de nombreux français ont lancé une offensive politique contre le président Hollande, certains allant même jusqu’à demander sa destitution.
Pour notre part nous sommes assez méfiants. Perdre un président social-démocrate pour un président de « droite » n’a aucun intérêt, d’ailleurs la droite française a fait beaucoup plus de mal à notre pays que la gauche. La droite a beaucoup plus favorisé l’immigration que la gauche, contrairement à une idée reçue, et c’est assez logique, la droite est le parti du MEDEF (syndicat des patrons). Quant à la gauche, après avoir permis à la classe ouvrière de consommer grâce à l’augmentation des salaires et aux congés payés, elle prépare aujourd’hui la France multi-culturelle, mais in fine tout ça sert les intérêts du capitalisme. C’est donc un système.

Cependant, Hollande n’est pas pire que son prédécesseur, la France n’est pas souveraine, elle applique les diktats de l’UE, ceux de la banque mondiale ou d’autres officines mondialistes, ce sont des détails techniques qui vont changer entre Hollande (la gauche) ou la droite : untel va préférer taxer tel produit, alors que l’autre taxera tel autre produit. Tout ça n’est qu’une mascarade.

C’est l’oligarchie euro-mondialiste qu’il faut dénoncer, dont François Hollande n’est que le valet servile. Demain ce sera un autre et rien ne changera. Et puis peut-être qu’un jour, on ne nous demandera plus notre avis, c’est bien ce que vous avez connu en Italie avec Mario Monti…
5.Dans quelques mois auront lieu les élections pour le parlement européen, beaucoup craignent de voir une  montée en flèche des partis nationalistes qui n'ont jamais caché leur "euroscepticisme"; d'ailleurs le F.N de Marine Le Pen en a fait son cheval de bataille. Selon vous à quoi faut-il s'attendre lors de ces élections? Que pensez-vous de Marine Le Pen?

Le FN est un parti assez unique en son genre. Il a plus un discours « souverainiste » que véritablement nationaliste. Ce n’est pas non plus un parti libéral comme ceux existant en Europe du nord. Le FN de Marine Le Pen a progressé sur certains points : la question sociale, la dénonciation de la finance, de l’UE et la géopolitique. Tout ça est positif. En revanche son discours s’est amollit sur la question identitaire. L’immigration, qui était un thème central auparavant n’est plus vraiment abordée. Alors certes on ne peut pas tout résumer à l’immigration, mais la question n’a jamais été aussi brûlante, avec les hordes qui déferlent en Espagne et en Italie et deux milliards d’africains à l’horizon 2050 dont beaucoup chercheront l’eldorado.

Nous trouvons assez positif que le FN fasse des scores élevés, car cela pose problème à l’oligarchie qui perd du terrain, des postes et dont le discours est de plus en plus contesté. En revanche le FN traduit aussi un aspect inquiétant de la situation française : cette foi quasi religieuse dans le vote, la déresponsabilisation des citoyens et la cécité face à la gabegie. Malgré la corruption, les scandales sexuels et financiers, l’insécurité, l’immigration de masse, les diktats de l’UE, la destruction de l’environnement, l’inféodation à la politique des Etats-Unis, la réduction de nos libertés, l’esclavage de la dette, le chômage, etc… le FN n’est crédité « que » de 25% des intentions de vote. Il y a donc encore 75% des électeurs qui considèrent qu’il vaut mieux voter pour tous les autres. Et je trouve ça assez inquiétant. Alors certes ce score est important vu de l’étranger, mais que vous fassiez 1% ou 25%, vous n’obtenez rien de plus car les modes de scrutin sont défavorables au FN.

Pour les élections européennes, je pense qu’il y aura une montée des mouvements « populistes », mais est-elle de nature à infléchir le cours des choses ? Difficile à dire.

Un sursaut des consciences est urgent, car bien que j’aie foi en notre victoire finale, chaque jour qui passe empire encore plus la situation. Nous pensons de fait qu’il faut structurer un mouvement capable de gérer la crise majeure qui interviendra tôt ou tard.

Un grand merci à nos amis du « CERCLE NON CONFORME » pour  votre collaboration. Nos chemins se recroiseront très certainement.

ZENIT/CNC

Entrevue publiée sur le site de l'Associazione Culturale Zenit en italien le 17/03/2014

Note du C.N.C: L'entrevue a été réalisée début mars par l'Association Culturelle Zenit de Rome puis traduite par Zenit Belgique. Nous remercions les camarades italiens et belges pour leur initiative et leur soutien. Nous organisons une conférence avec l'association Zenit le 5 avril 2014 dans la métropole lilloise.

20/02/2014

Entrevue du C.N.C #9: Famine de PESTE NOIRE

Entrevue du C.N.C. #9 : Famine de Peste Noire

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1) Le Cercle Non Conforme : Quel bilan dresses-tu de ton parcours avec Peste Noire ? Penses-tu avoir commis des erreurs ou au contraire ce parcours est-il conforme à ce que tu attendais ?

Famine : Musicalement il y a eu des ratages, des réussites, de l’inaudible et des trucs moyens ; mais j’aurai toujours la fierté d’être passé à l’action bien réelle, de m’être jeté dans l’arène quitte à parfois brusquer/bâcler les choses, quand beaucoup d’anciens camarades avaient d’excellentes compos sans la patience, la volonté, l’adversité d’un chef de meute et une vision globale d’architecte qui permettent d’aller jusqu’au bout en équipe malgré les embûches matérielles et les zicos égocentriques casse-burnes qui cherchent toujours à tirer la couverture sur eux sans rien comprendre à ta démarche et ton univers. Il faut trouver les rares bonnes personnes dans ce milieu très limité qu’est le Black et ne pas avoir d’état d’âme pour virer les mauvaises. Rien ne doit te freiner, ni une paire de tétés ni les ragots ni les coups durs ni ces grosses putes de chroniqueuses dont c’est la perversion d’exterminer en quelques lignes un travail de deux ans. Après une rude journée d’enregistrement de L’Ordure à l’état Pur j’ai appris un samedi soir que mon père était mort en moto ; le dimanche matin j’enregistrai. C’est ça un musicien. J’ai surtout commis des « erreurs constructives », des « erreurs stratégiques » essentiellement relatives à la production studio, au fait de me forcer à jouer avec des gens que j’aimais pas et que je voulais égorger mais dont j’avais besoin, ou relatives aux escroqueries de labels et d’organisateurs de concerts. Je regrette rien car j’ai fait avec ce que j’avais et étais en droit d’exiger à ce moment-là pour me faire un nom comme on dit. Aujourd’hui j’ai plus ce problème car reconnaissance oblige depuis à peu près Ballade, j’ai plus de choix ; mes acolytes sont triés sur le volet en fonction de leur jeu mais aussi d’un esprit commun. J’oublie juste pas qu’au début, quand j’avais pas un rond et qu’on vivait dans une région où les black metalleux étaient aussi présents que des poulets dans une banlieue française, c’était la croix et la bannière de se produire. Je me suis fait pigeonner en filant les droits de mes deux premiers albums contre une rémunération lilliputienne que j’ai d’ailleurs jamais touchée en échange d’être enregistré en studio pro, car le producteur était l’ingé son, et un faux-ami par ailleurs. J’ai accepté que son label ne passe pas par la Sacem afin de lui éviter de se faire taxer abusivement, accepté de le faire économiser en prenant moi le risque ne pas être protégé par cet organisme, par confiance naïve dans les pseudo-principes du Black underground et les paroles d’homme à homme. Il en a profité pour ne pas me payer mon fameux dû microscopique (50 centimes d’euros par CD vendu à se partager à quatre une fois les mille premiers exemplaires écoulés) quand ces premiers albums se sont très bien vendus, me disant chaque fois qu’il avait besoin de ce blé pour represser mes CDs, ce que je souhaitais avant tout. Or sans ce troc abusif, je faisais rien faute de moyens financiers, et on faisait avec les tares/saloperies dissimulées des rares producteurs qu’on trouvait à cette période. En jouant selon un principe parfaitement capitaliste : celui qui a les fonds pour presser tes CDs et le matos pour t’enregistrer - en somme le capital, sans lequel toi tu ne fais rien - te les met à disposition pour récolter ensuite le fruit de ton travail. Faut pas en chialer c’est la règle, quand tu n’as pas de sous et de matos à te faire prêter tu peux commencer que comme ça, ou arrêter direct ton groupe si t’es pas un fils à papa. Et quand je parle des tares des producteurs qu’on trouvait à ce moment-là, le son du deuxième album Folkfuck folie a par exemple été littéralement anéanti, en particulier la voix car « l’ingé son »/producteur en question ne savait pas ce qu’il faisait, cumulant deux préamps sur le chant, ce qui rend l’effet d’une prise de son dans un tunnel de 15 kms alors qu’en réalité j’avais la même puissance de chant que sur notre premier album La Sanie des siècles, mais m’étais décimé la voix pour un rendu nullissime. Principales erreurs donc : 1) tapiner pour des labels ou des organisateurs aussi rapaces qu’entubeurs ; 2) accepter de faire des concessions avec des musiciens rares ne comprenant rien à mon monde mais à l’égo énorme qui voulaient gérer PN à ma place, pensant qu’on deviendrait METALLICA ; et tolérer la patte/le manque de compréhension d’un autre sur ma prod que j’ai toujours voulue rouillée, analogique, vieillotte et cradingue, quand les studios ne maîtrisent que le propre et le tout-aseptisé (je parle pas de l’ingé-son de L’Ordure qui lui m’a fait un son nickel). Au moins j’ai agi et pondu cinq albums avec les circonstances matérielles et humaines pas toujours favorables qui s’offraient à moi. Je n’ai pas fait que jacter ou me branler sur le net en mettant mille photos de moi sur Facebook avant d’avoir réellement taffé. Trop de poseurs dans le Black jouent aujourd’hui les rock stars en Ray Ban après avoir posté du GuitarPro sur Soundcloud. Ils ont des patchs, des t-shirts de leur groupe avant d’avoir fait leurs preuves. Seule l’illusion de la notoriété les motive. Leur place est dans les concours de Air Guitar. Ils oublient qu’on a commencé en moines-soldats, nous, quand ce style ne parlait à personne, était ultra marginal et rameutait zéro meuf. Quand nous-mêmes on en avait honte, de ce style laid et gargouilleux, et que l’on se cachait pour le pratiquer irrépressiblement. Jamais fait ça par intérêt ou narcissisme. J’ai l’impression que la seule chose qui importe aux pédales d’aujourd’hui, maintenant que le Black est plus populaire, est de se dandiner sur scène dans un concert de vingt personnes comme s’ils étaient Axel Rose. J’appelle ça le syndrome Loft Story : vouloir être célèbre en s’asseyant sur un canap ; poser sans bosser. Il n’y a plus beaucoup de musiciens qui travaillent vraiment leur instru et un jeu perso dans l’ombre ; les gosses apprennent à jouer des styles primaires comme Darkthrone et Bathory en s’y tenant là, quand de mon temps on se pétait les doigts à treize ballets sur les 3M (Maïden, Metallica, Megadeth). Plus chiant, il y a de moins en moins d’artistes, qui pensent leur musique avant de la jouer, ont un vécu, expérimentent de nouvelles formes tels que les tenants de l’Indus ou de la Bat Cave dans les années 80, moins de Black Metalleux qui torchent un monde vraiment perso comme le faisaient NUIT NOIRE (deux frères faisant des randonnées de nuit avant d’envisager d’apprendre à jouer ce qu’ils ressentaient dans leurs ballades nocturnes et d’en faire un groupe de musique), DARVULIA et CELESTIA à l’époque, groupes avec lesquels j’avais commencé et qui indépendamment de leur qualité, avaient tous leur propreunivers, un truc unique à dire. Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, le BM. Le BM.A quelques exceptions près, la scène française est aujourd’hui faite de clones, de pompeurs, de chroniqueurs et forumards aigris qui ont pour passe-temps d’assassiner les rares groupes courageux à la pointe d’un style et qui ne savent pas l’effort que c’est de composer, créer un monde, gérer une équipe, enregistrer et faire vivre un genre qu’eux jugent et flinguent hâtivement depuis leur fauteuil ouaté. Ces inutiles me font le même effet que les supporters de football ayant l’aspect d’un tas de graisse informe et qui insultent des joueurs pro en supra condition physique lorsque ces derniers ratent un but. Sérieux… vous êtes les sosies spirituels de Pierre Ménès. Regardez bien votre âme dans une putain de glace :

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Vous êtes des parasites. Des bulbes impotents. Et je suis Usain Bolt, Alexeï Iagoudine. Ayez-en juste conscience. Ou montrez-nous ce que vous faites en matière de musique. D’expérience, les plus belles langues de pute pondent les plus grosses bouses. Faut toujours poser cette question : d’où tu parles ? Qu’as-tu fait ? Quelle est ta légitimité ? « Quels sont vos faits ? » pour paraphraser l’horrible Klarsfeld. Et concernant les erreurs de naïveté de jeunesse qui permettent aux labels/organisateurs de t’entuber sous couvert que l’Underground n’est pas un business mais une passion gratuite faite d’amour et d’eau fraîche et d’amitié et de sodomie consentie alors que le Black underground n’a jamais autant généré de blé (je sais de quoi je parle je gère mon propre label), aujourd’hui je demeure totalement indépendant et plus personne, à part l’Etat français, ne fera plus de blé que moi-même sur mon dos. Ca vaut pour les concerts qu’on prépare durement en ce moment. Ne plus me faire exploiter sur le dos de mon propre enfant, ce sera ça l’erreur que je ne commettrai plus dans mon parcours. Sans quoi vous aurez affaire à lui :

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Ardraos : batterie, fusils et accordéon

 

2) Le C.N.C : Quels sont les groupes qui t’ont forgé musicalement ? Et ceux que tu conseilles aujourd’hui ?

Je parlerais plus d’albums que de groupes. Pour les citer au plus strict minimum, ceux qui ont le plus compté et continueront de me hanter sont :

Au-dessus de tous et pour l’éternité :

Jedesmal Aufs Neue, Doch Ich Bin Unsterblich, Und Ich Erstehe Wieder Auf… In Einer V

de SOPOR AETERNUS

Puis :

Remains et Vampires of Black Imperial Blood de MÜTIILATION

Aske et Det som engang Var de BURZUM

Chants d’Europe III du CHOEUR MONJOIE SAINT-DENIS

A Sorcery Written in Blood de GORGOROTH

Almanach de MALICORNE

War Funeral March de VLAD TEPES

Je sais pas trop de MANO SOLO

Tout EVIL SKINS

Ainsi soit je de MYLENE FARMER

In the Nighside Eclipse d’EMPEROR

Tout NEOKLASH

3) Le C.N.C : Tu fais souvent référence au Moyen Âge dans tes paroles ou tes visuels. Pour quelle(s) raison (s) ?

Le Moyen-âge me hante depuis tout gosse, pourquoi j’en sais rien. J’ai toujours eu des flashs de cette époque. Toutes les esthétiques (des châteaux aux tentures, des édifices religieux aux armures, de la littérature – matière de Bretagne en particulier – aux sonorités des instruments, du code d’honneur chevaleresque au racisme des chansons de geste, l’héraldique, l’équilibre culture/nature, l’animalité omniprésente, l’art de rendre la monstruosité belle, les affrontements directs et non par drones ou bombes atomiques interposées…), tout, dans cette (large et multiple) époque que les historiens ont condensée en un bloc, tout sauf sans doute le puritanisme catho de la fin du Moyen-Âge, m’électrifie. Sans vouloir faire mon Neige de base[pour les gens hors-milieu qui ne connaissent pas Neige : Neige est le leader du groupe ALCEST qui a eu des visions d’une vie antérieure où des fées et des hobbits s’enculaient dans son jardin, note de Famine], j’ai constamment des flashs d’une vie antérieure dans une nature préservée et des villages médiévaux, des visions qui m’apaisent, m’euphorisent et me font l’effet d’un tranquillisant, chose que je ressens moins avec l’antiquité romaine ou le Grand Siècle par exemple. Je l’explique pas. Sans évoquer directement le Moyen-Âge mais en y pensant, je parle de « mémoire génétique » dans notre revue qui arrive pour évoquer ce phénomène, que le Black poussiéreux et sale (type premiers MÜTIILATION) retranscrit à merveille :

«  L’idée du Beau, de la noblesse et de la grandeur, jaillit quand ce Black là te distribue les flashs de régions et temps reculés, patrimoine mental ancestral, mémoire génétique. Car quel visage reste au moins pur dans nos têtes brûlées ? Seul celui de tes terres anciennes, ô vieille Europe ! invulnérables et vierges, pas encore mutilées par l’obscène griffe du dernier des hommes. Le BM est un intégrisme – du latin integer, « intact » – qui nous aide à rester intacts au sein d’un monde mourant, d’un peuple en décomposition, indigne de son Sang. Ses stigmates et sa puanteur, son odeur de cadavre millénaire, ne sont là que pour dire qu’il est aussi vieux que les temps qu’il encense. Religion régionale, il nous procure ce sentiment de continuité dans un temps et de permanence dans un lieu dont parle un Jean Lafond dans une préface de L’Astrée. Pur produit A.O.C., fromage blanc (sans colorants) et faisandé (ni conservateurs) qui sue le lieu où il est fait. Avec lui le passé des lieux, hors de portée, revient là. « L’art est en rapport avec la nigromance. Magie est l’anagramme d’image. L’art est métamorphose. Il donne vie et voix à l’inanimé » écrit Jacqueline Cerquiglini. Images, vie et voix de l’Histoire obscure nationale comme de nos légendes locales, le Black délivre de ce siècle en ressuscitant l’Autrefois.

 Vont surgir la terreur, la haine, le désordre, dès qu’il te dira l’avenir, ou le monde actuel…

 S’expriment à travers lui autant d’amour que de nausée, de crasse que de beauté. »

(Journal de PN, in La mesnie Herlequin revue, à paraître)

Le fait que je fasse référence au Moyen-Âge dans mes textes ou que je chante directement des textes en ancien français vient de ce que j’ai fait des études de Lettres à la fac et que j’avais commencé à me spécialiser dans la littérature médiévale, avant de terminer en psychiatrie.

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Famine et Audrey à Manosque

4) Le C.N.C : Quelle a été la réception de ton dernier album éponyme, Peste Noire, dans la scène Black métal et au-delà ?

Globalement l’album a été jugé correct, voire bon, mais pas génial. C’est aussi mon sentiment. C’est plus un album de synthèse et d’atmosphère qu’un truc novateur ou un album phare du groupe. Un peu tous les PN se retrouvent dans cet album, c’est d’ailleurs pour cela qu’il s’appelle Peste Noire. Dur de se renouveler après cinq albums et quatre démos, de rester simplement correct pour du PN. On juge PN par rapport à PN, pas par rapport au reste. On se maintient. C’est le plus difficile, de tenir la distance. Sur le dernier je pense que j’ai mixé la voix trop forte, mais à la fin j’en avais marre de rester enfermé donc j’ai sorti le truc tel quel sans prendre de recul. Je mixerai mieux le prochain.

5) Le C.N.C : Peste Noire semble effectuer une mutation depuis quelques années en s’éloignant de plus en plus des canons du Black metal traditionnel pour créer son propre univers autant musical que visuel. Penses-tu faire encore partie de la « scène Black métal française » ou penses-tu avoir dépassé tout ça ? Quelle est ton opinion sur le Black Métal français ?

C’est pas parce que l’on emprunte au vieux rock, au folk, à la oï et à la musette que notre monde n’est plus Black Metal. Notre univers est noir, fangeux, évoque les bouges, les cloaques, des fêtes de village dérapant en pogroms ou en partouzes meurtrières sous acide comme à Pont Saint-Esprit, toutes sortes de trous sombres et de vieux lieudits français, français car je fais un Black imagé et que j’essaie de transposer en son des scènes, moments, endroits dans lesquels je traînais plus jeune en Solex ou qui m’arrivent par flashs, et qui se trouvent dans l’Hexagone. Mon opinion sur le BM français est que beaucoup de ceux qui le constituent sont des fdp de suiveurs qui attendent que ton Black fasse le tour du monde pour commencer à te considérer, voire te copier en pensant y trouver une recette gagnante. A l’époque de Folkfuck on se faisait déjà ostraciser/gerber dessus parce qu’on commençait à aborder cet univers ruro-rabelaisien qui a fait notre identité, et que les cuistres réduisaient à du Blague Métal. Il n’y a que depuis L’Ordure que les irréductibles nous ont totalement compris et que les purs tradis nous ont totalement lâché en arrêtant cependant de nous défoncer et en nous acceptant comme nous sommes. L’insulte a laissé place à : « bah, c’est Peste Noire quoi ». On est notre propre genre. Haïs avant, hype à présent, sans doute oubliés dans 5 ans mais je compte plus les nouveaux groupes de Black français accusés de plagier PN, c’est bien qu’on fait encore du Black Metal, qu’on constitue un pan de son identité, celle d’un Black trivial du terroir. Quant à ne plus faire de Black traditionnel, que veut dire traditionnel ? Un truc sans dynamique ? Muséifié ? Beaucoup de groupes d’aujourd’hui pensent être traditionnels en repompant la forme, et non l’essence du BM des débuts, qui était progressiste, je dis même archéofuturiste, puisant dans le vieux fonds commun européen pour créer de nouvelles formes, régénérer ce fonds avec des instruments modernes puissants. Ceux qui font du BM dit traditionnel se contentent de rechier les gimmicks slaves et scandinaves, qui étaient eux-mêmes à la base de l’expérimentation non-conformiste, comme le dit bien mon coreligionnaire l’Atrabilaire dans une question d’une interview publiée sur mon site :

« Le BM des débuts était une musique expérimentale, anti-conformiste. Quand Mayhem, Sarcofago ou Hellhammer bousculaient les règles du Thrash et du Punk il y a 25 ans, quand Burzum ou Emperor y intégraient des influences classiques, c’était de la pure expérimentation. Ils inventaient un style sans le savoir. A l’heure actuelle, la créativité s’est tarie, ça fait plusieurs années qu’on est abreuvés de rééditions de tout et de n’importe quoi, en CD, en vinyle bleu, vert, jaune, caca d’oie, en veux-tu en voilà … tellement y’a rien de neuf, de frais, de potable. Hormis quelques rares perles, ça fait bien 1? ans que le BM est atteint de ce Panurgisme créatif, 1? ans qu’on entend les mêmes riffs inventés par Burzum/Darkthrone/Mayhem/… pompés universellement par des milliers de groupes impersonnels n’ayant jamais pu se libérer de leurs influences ; en gros des « groupes-élèves apprentis » qui écrivent des albums « scolaires » en « hommage » à leur « groupe-maître » préféré. Tiens par exemple, à l’époque où PN est né, je me souviens que peu groupes de BM hexagonaux osaient le français, optant pour l’anglais, musicalement tout le monde voulait (veut toujours ?) sonner viking/norvégien/suédois, américain, voire slave, voire autre chose, tout mais pas français. Peu de monde s’assume/s’assumait tel qu’il est vraiment… On voit que tu es arrivé malgré tout à sonner personnel, que tu as inventé un style pestenoirien reconnaissable entre mille et pourtant différent à chaque album, à tel point que c’est désormais PN que des groupes copient ! Comment as-tu fait ? Serait-ce dû aux visions évanescentes d’un monde féerique merveilleux que tu aurais eu dans ton enfance ? Non ? Peut-être as-tu su mettre une bonne dose de couleurs et de nuances dans la monochromie noire standardisée du BM de base, et aux mêmes émotions indifférenciées de clones stéréoconstipés, tu as su exprimer la multiplicité de l’homme (tristesse, joie, colère…), un homme, qui, en vérité, « en tout et partout, n’est que rapiècement et bigarrure » (Montaigne ; Essais) comme… Arlequin/Herlequin ?»

Nous sommes plus traditionnels que leur Black dit traditionnel car nous puisons plus loin dans tradition. Déjà, dans la nôtre, la tradition française ; et dans une tradition plus lointaine, la musette, le bon vieux rock’n’roll et le Moyen-Âge.

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6) Le C.N.C : Le personnage de Famine que tu dépeins dans tes albums est une sorte d’anarchiste « de droite », de punk patriote, est-ce ta personnalité réelle ou la façon de dépeindre un super Dupont à la sauce black métal ?

C’est ma personnalité réelle mais je suis moins excentrique/excessif dans la vie, heureusement pour moi :

Frappe pas sur ma gueule
Tu vas chopper des verrues
T'enfoncer dans un champignon
Te manger deux trois quatre gnons
Et quand je soufflerai du bec
Pioncer dans la pisse de rue mec
Etalé comme un caca mou
La peau sucée par les chemous.
Quoi couille, t'as jamais vu une mycose
Avec des yeux, qui cause ?
Pour vous les femmes ce soir je me suis fait tout beau :
Un soupçon de Kro sur la tête pour faire tenir la teucré
Fardé au talc pour renforcer ma face de craie
J'ai mis mon bon vieux cache-l'œil, façon Le Pen,
Et pour pécho le cachalot
Mon arbalète avec une gaine.
Ben oui ducon, c'est moi hurlant qu'ai déboulé
Du grand virage en mobylette
Lançant sur toi un saucisson
Pour m'enfuir avec ta poulette
Y faire plein de trucs de polissons !
La sale Famine von Valfunde
Qu'elle se nomme ton agression !
Et pour t'en souvenir en runes
KPN gravé sur ton front…
Vroum ! Prout ! Vroum ! Prout ! Vroum !!
Ma poule je t'emmène voir la mer…
De. Je vais t'enculer dans le sable
Pour que t'accouches pas d'un merdeux
Tel est mon secret misérable…
Tit dérapage incontrôlé
Oups zut j'ai décimé ta grosse…
Ca va encor faire un tollé
Faut vite que jl'enterre sous une bosse.
Eh oh bousard ! Oh mon beau gosse !
Ouais toi là qui marche par hasard
T'as bien une face de témoin
Viens ici que je t'intimide
T'enlever quelques membres en moins
Te faire les choses un peu putrides…
Oh la chochotte ! La toute petite chatte humide !
Elle pleure pasque j'y coupe un doigt !
Ben qu'est-ce ce serait si on t'en coupait… trois ?
Tu répéteras rien hein ?
Ton index que jte dis
Faut quj'donne à bouffer à mon aphte
Tu verrais comme il a grandi
Bientôt on pourra faire du raft
Sur les flux de pu qu'il produit…
La sale Famine ben Valfunde
Qu'elle se nomme ton ablation
Et pour t'en souvenir ma lune
Chiant sur ta sale face de con.

(« Sale Famine von Valfoutre », L’Ordure à l’état Pur)

Quand Céline se raconte dans Mort à crédit, il tourne tout en excès, c’est ce qui fait que son auto-bio devient de la littérature. Je suis de nature réservée dans la vie. PN est mon ça, un déchaînement pulsionnel qui me permet de juguler ma violence. Toute la dégueulasserie expulsée dans PN fait de moi un gars tranquille dans la vie autant que faire ce peut, à part si tu touches à ma dame, ma famille ou mon sol. Catharsis. Après il y a ce jeu, dans KPN, de feindre l’être le plus arrogant, le plus irritant, le plus puant, autrement dit le plus français possible, de sorte qu’un Australien, en me lisant, payerait 600 boules de billet d’avion, ou qu’un Américain de 200 kilos franchirait l’océan à la nage juste pour m’égorger. Je ne peux pas imager PN autrement qu’une bouteille remplie de pisse jetée gratuitement sur quelqu’un.

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Famine agressant une grand-mère à Souvigny

7) Le C.N.C : Peste Noire parle depuis longtemps de la France. Pourquoi ce choix, à une époque où beaucoup de groupes fantasmaient (et fantasment toujours…) sur les Vikings ou les soldats allemands… ?

Pas de mots pour dire comme j’aime la France, ses paysages, sa vieille pierre, sa bouffe, ses cimetières, ses noms de bourgs qui sont de la poésie en soi… C’est pas un choix d’en parler, c’est un ordre d’en-bas. J’aurais bien pu parler des soldats allemands (et je l’ai déjà fait) vu que j’ai une partie d’origines germaniques et que certains de mes aïeux alsaciens et allemands ont combattu aux côtés des Boches, mais qui dégueulerait l’ancienne et noire France, dans le Black actuel ? Deathspell Omega avec son Black hébraïque ? Les Parisiens camés avec leur Black anti-racines ? Un groupe comme Diapsiquir évoque très bien la France des villes contemporaine. Je m’occupe de la white trash, de la consanguine et de la rurale. Attention je dis pas que la campagne est consanguine, mais que mon Black Metal, lui, l’est.

8) Le C.N.C : Comment parviens-tu à concilier ton amour de la France éternelle avec ton rejet du christianisme, qui est une composante historique non négligeable de la formation de la France ?

La France n’est pas chrétienne, elle est catholique. Je fais exprès de lâcher un tel paradoxe, que j’étaie comme je peux dans une autre interview :

« Et si par sataniste t’entends antichrétien, oui je le suis, à cette réserve près que je kiffe pas mal le Catholicisme tradi, dont est issue toute mon esthétique, et qui est tout pour moi sauf du christianisme : enracinement VS l’universalisme chrétien ; judéophobie VS un Dieu juif ; sens hiérarchique et élitisme VS l’égalitarisme néo-testamentaire ; croisades racistes (il n’y a qu’à lire La Chanson de Roland qui ferait passer les écrits de Vacher de Lapouge pour des communiqués d’SOS Racisme) VS l’amour victimaire du prochain ; amour de la beauté et du luxe VS le dénuement clochardesque prôné par Jésus. Si l’art chrétien blanc me fait totalement bander (normal il a été fait par des Blancs pour des Blancs, sur des temples païens… blancs*), le nouveau testament, dans son contenu, me fait littéralement dégueuler. »

* Dixit le big boss Pierre Vial : l’Auvergne a gardé, au Moyen Age, des traces évidentes de l’héritage gaulois. Ses églises trapues portent des sculptures en méplat contras­tant avec la ronde bosse propre à la tradition romaine. Entrelacs et motifs solaires perpétuent une très ancienne grammaire symbolique inscrite dans la pierre. Les artistes auvergnats ont affirmé sans complexe leur originalité, surtout en Haute Auvergne où, note Bernard Craplet, triomphe à l’époque romane « un art populaire, plein de vie, truculent et même grivois, dont la verve s’exerce de préférence sur les corbeaux des absides ». 

Après, je veux bien être catholique comme je peux être socialiste : national. Le pardon, le partage, ok, mais avec les miens. Je veux bien entendu parler des Pygmées ashkénazes, pour ne pas aller en prison.

9) Le C.N.C : Ne penses-tu pas qu’à l’heure actuelle, la seule religion qu’il convienne de combattre est la « religion du capital » avec son dieu argent, ses prêtres et sa morale ?

Oui mais cette religion – de l’usure et de la prédestination – a pour source le protestantisme (cf. Weber) et derrière le protestantisme l’Ancien Testament (cf. Attali) et derrière l’Ancien Testament, les Suédois (toujours pour ne pas aller en prison). Je ne becte aucun des totalitarismes abrahamiques : judaïsme, christianisme ou Islam. Laissons ces religions aux enculeurs de chameaux.

10) Le C.N.C : Dans une entrevue sur ton site, tu parles de Méridien Zéro, et nous t’en remercions. Que penses-tu de ce type d’initiatives ?

Entre la moraline bourgeoise-chrétienne de Radio Courtoisie et les fantasmes de réconciliation impossible d’ER – deux sources d’info que je respecte et écoute cela dit –, MZ répond aux attentes de beaucoup de jeunes, notamment blackeux : pédagogie historique et culturelle béton, vision ethno-européenne, humour grivois et corrosif. La radio la plus jeune (avec des musiques abordées très proches de nous), la plus ethno-centrée et la plus populaire. Vu que beaucoup d’entre nous se retrouvent dans la Nouvelle Droite, Terre et Peuple et la revue Réfléchir et Agir, cette radio qui en est un peu la voix est une bénédiction. J’avoue avoir un léger faible pour le duo Krampon/Vaudan qui me font me pisser dessus à chaque intervention.

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11) Le C.N.C : D’une manière générale, penses-tu qu’il est aujourd’hui nécessaire de s’engager politiquement, d’une façon ou d’une autre (élections, culturel, social, etc…)? Comment expliques-tu le manque de politisation au sein du milieu métal et l’échec patent du NSBM ?

Même si PN est ultra politisé car j’arrive pas à faire autrement, je pense que la musique n’influence pas une opinion. La musique touche la sensibilité, l’émotion, non la raison. J’ai écouté du punk et j’écoute Mano Solo qui était politiquement mon pire ennemi. J’écoute du gros rap de Noirs et de Maghrébins barbares car je suis un pur ethnodifférentialiste et que la différence me plaît EN TANT QUE différence et spécificité, même si je veux ces peuples-amis forts chez eux, pas forts chez moi. Les écouter ne me fait pas bronzer. C’est pareil pour la politique , priser un bon air des Béru ne vous rend pas sans-papieriste.

L’engagement social à la manière du MAS ou de la Casapound en Italie, ça a plus d’impact à mon sens. Le peuple qui bosse et n’a pas le temps de s’informer ne croit que ce qu’il voit. Il croit ce qu’il voit à la télé, i.e les mensonges/diabolisations à l’égard de nos mouvances. Mais il croit aussi ce qu’il voit sur le terrain. Or si les nôtres sont présents socialement (aides de tout poil) sur le bitume, la diabolisation merdiatique opérera moins au sein des couches populaires. Sans qu’on simule non plus je veux dire, aider de bon cœur par authentique solidarité raciale et non par prosélytisme comme ces tarés de Témoins de Jehova qui rappliquent au moindre sinistre pour convertir tout le monde. Comme nous vivons dans une démocratie d’opinion où les merdias dictent les bons et mauvais votes à une masse manipulée, l’aide sincère/concrète aux nôtres, qui n’existe que sous forme de promesses et de mirages chez les politiques, fera contraste. Ainsi l’engagement social peut précéder des choix électoraux, influencer des votes. Et simplement, d’abord, aider les nôtres à aller mieux.

Quant au NSBM, perso je suis revenu au Black avec le boum NS en France début 2000 donc je peux en parler. Le NSBM fut, au final, moins un programme politique qu’une mode. A l’époque n’importe quelle merde estampillée 88 partait comme un petit pain, dont la mienne : Aryan Supremacy, ma première démo, qui est vraiment une grosse merde. Tellement de la merde qu’on l’avait limitée à 14 exemplaires. Tout s’est vendu en un jour. Le NSBM, ça a disparu puis c’est réapparu il y a peu. Mais entre gens de bonne volonté, sérieusement, qui croit que le NSBM est une bonne propagande ? Je considère le Black NS comme l’expression de la dimension haineuse, sombre et perverse du National-Socialisme. Je dis bien l’expression perverse. Car il y a trois écoles :

  1. Ceux qui te disent que le Mal n’existe pas, que c’est une invention judéo-chrétienne. Que le NS n’est qu’ordre, beauté, noblesse, santé, hygiène, pureté, lumière, puissance, perfection et force par-delà le Bien et le Mal. Qu’il n’y a que volonté de puissance.
  1. Ceux qui sont attirés par le fait que le National-Socialisme est aujourd’hui diabolisé, qui pensent que le NS est LE mal par définition, parce que les trotskistes de l’EducaSion Nationale le leurs ont appris à l’école. On leur a dit que les nazis se faisaient cuire des nourrissons au petit déjeuner, et comme ils veulent faire méchants car le BM est méchant, ils sont nazis.
  1. Enfin, ceux qui comme moi préfèrent déjà le fascisme à l’italienne – dont la juive Anna Arendt dit elle-même qu’il était souple et a fait peu de condamnations à mort, voir l’émission de MZ sur le fascisme – au totalitarisme nazi avec son germanocentrisme, ses marches de robots domestiqués et son immixtion d’un Etat de fer partout ; ceux qui, ensuite, assument le côté bon comme mauvais, propre comme sale des Blancs. Mieux : font de leur côté sale un thème central de leur musique, comme d’autres font de l’Ordre un thème central de la musique martiale. Pour moi, le Black Metal est le dandysme des bad boys aryens, parfaitement incarné par l’acteur Michael Pitt dans la version US de Funny Games :

 

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Michael Pitt

Je pense qu’il existe universellement chez l’Homme un goût du Mal pour le Mal, chez tous les hommes, chez tous les peuples, quelle que soit la forme de ce Mal – protéiforme en essence – à travers les âges. L’amour du Mal pour le Mal dont Artaud dit qu’il se confond souvent avec sexe et liberté, et qui n’est pas à mon sens exclusivement lié aux tabous chrétiens ou une invention juive mais est une constante anthropologique, cet amour du Mal pour le Mal, s’appelle la perversité : une disposition GRATUITE, désintéressée (c’est là qu’on touche au sacré donc au satanisme), à faire le mal INTENTIONNELLEMENT par les ressources de l’intelligence et de l’imagination, à soi-même ou aux autres selon les goûts de chacun. C’est le fait de s’en délecter, une conjonction d’Eros et de Thanatos, de la jouissance et de la pulsion de mort, et qui n’est pas pour moi aryano-incompatible. Les munera et les venationes romaines qui consistaient à jeter des humains aux fers et aux fauves, juste pour le fun et le plaisir du peuple ; le fait que la plèbe et les notables se précipitaient pour jouir d’exécutions publiques sophistiquées en France ; le fait qu’un pote à moi pisse sur sa femme pour la faire jouir, sont des exemples parmi d’autres. Et j’irai même plus loin : c’est l’extinction de la méchanceté des Blancs, en face de peuples encore cruels ou d’oligarques sataniques abusant de notre candeur, qui causera notre perte. Que les Black Metalleux arrêtent de mouiller leurs calçifs sur les anciens barbares nordiques à longueur de pochettes : les barbares d’aujourd’hui n’ont pas de haches ni de chevaux, ils ont des kalachnikovs, des djellabas et des mercos. Bref, les partisans du « le Mal est une invention juive » et du « le Mal n’existe pas » disent que le NSBM, par son aspect haineux et bruitiste, exprime la colère, la guerre et la violence, autrement dit la défense ou la puissance, exemptes de l’idée de Mal. A ceci je réponds que la haine guerrière, pas malsaine en soi, peut aussi bien être exprimée par le Death Metal, le Hardcore et j’en passe, et donc que ça ne fait pas la spécificité du NSBM. Qu’est-ce qui fait, donc, la spécificité formelle du NSBM ? A mes yeux : sa perversité. Si l’on met face à face le discours des NS de la première école (à gauche) et les formes d’expression du NSBM (à droite), on trouve en fait deux parfaits opposés :

Ordre / Chaos inhérent au Black Metal

Culte de la pleine santé / Expression de la maladie et de la folie

Beauté / Laideur du Black Metal

Hygiénisme / Production dégueulasse, « raw », sale, des enregistrements

Pureté / Saleté de la voix

Sociabilité, collectivisme NS / Marginalité du BM, style cru, mal produit et difficile d’accès, réservé à un petit nombre de tarés comme nous, donc mauvaise propagande

Perfection / Imperfection du jeu amateur et négligé propre à la majorité des groupes de NSBM

Culte du surhomme / La majorité des BMeux sont des Cotorep vivant d’aides sociales

Lumière, solarité / Obscurité, nuit, ténèbres, évocations récurrentes de la lune…

Etc.

Tu n’exprimes pas la fête des mères instaurée par Pétain, tu n’exprimes pas la virilité germanique, par des cris de sorcière possédée dont on dirait qu’elle est brûlée vivante. Le Black Metal, de genèse européenne, exprime pour moi la dimension sale, méchante, sadique, horrible de la race blanche. Le Black Metal attire PARCE QU’il est malsain, mauvais, destructeur, de même qu’au Moyen-Âge « on aurait pu croire que la difformité et la laideur des diables augmentant à la mesure de leurs forfaits, elles auraient répugné et éloigné les spectateurs. Il n’en est rien, cette laideur plaît aux masses populaires qui ne cessent d’en réclamer le spectacle. Les personnages les plus admirés au cours des mystères ne sont pas Adam et Eve dans leur nudité, ni les saints aux robes dorées, voire la vierge Marie, mais bel et bien Satan et sa cohorte de démons hirsutes » (Gilles Néret, Devils). C’est exactement pour cela que GRAVELAND et VELES, si malsains, dégueulasses et géniaux à leurs débuts, sont devenus si fades dès qu’ils ont évoqué des enfants blonds dansant autour du feu avec un chant de verrat qu’on égorge et une prod plus polissée. Il est ici le seul échec du NSBM : ne pas s’accepter tel qu’il est, ou être une contradiction dans les termes. Dans NS Black Metal, il y a « Black », un amour avéré non pas pour les afro-descendants mais pour la noirceur mentale. Oui, je fais du N.S.B.M : du National Satanist Black Metal. Et la seule version du NS qui me convienne, c’est celle-là :

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12) Le C.N.C : Quels sont tes auteurs favoris ? Ceux qui influencent ta philosophie de vie et de pensée ?

J’ai arrêté de lire il y a plusieurs années, plus le temps, je sais même plus si je sais encore lire, donc je ne vais pas être original. En littérature j’adorais Bloy, Céline, Lautréamont, et à la marge du littéraire/politique, Rebatet ; en philosophie Nietzsche, Cioran, Bataille, plus actuellement Jimmy le Sicilien sur Youtube. Même si je n’adhère pas à sa ligne intégrationniste et pro-muslims, je trouve le punchliner Soral génial sur tout le reste.

13) Le C.N.C : Quels sont les éléments qui t’ont conduit à t’installer dans le centre de la France ?

Je connaissais bien la Haute-Loire, m’y rendant chaque année plusieurs jours à l’occasion de La fête du Roi de l’oiseau au Puy-en-Velay, visitant les environs. J’y aime la richesse/noblesse du patrimoine, l’air pur qui dope plus que des amphets, le fait que le Moyen-Âge y soit encore palpable, la pierre volcanique sombre, ou celle granitique froide de mon coin, qui a donné cette abbatiale d’architecture guerrière :

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Photo prise par Famine avec un iphone 4

les immenses forêts noires du Livradois, où des chevaux se font bouffer la tête par des animaux inconnus, la population modérée et même très faible où je vis, l’esprit encore enraciné des habitants, le fait qu’ils aient le fusil et le téléphone aux gendarmes facile dès qu’un véhicule non-identifié rôde trop près de leurs terres, moi qui suis né et ai vécu 30 ans dans la région PACA, cette Floride française surpeuplée de beaufs cosmopolites, bariolée de publicités et de maisons roses dégueulasses.

14) Le C.N.C : Quels sont les projets à venir pour Peste Noire ? Concerts ? Albums ?

On est en train d’enregistrer un nouveau titre qui fera simultanément office de split avec un autre groupe et de clip vidéo pour Peste Noire. Je projette aussi de réenregistrer « La Blonde » dans un studio pro pour en faire un autre clip. On recommence également à bosser les concerts, ce n’est pas tâche aisée car je n’ai jamais noté mes morceaux, mon mode opératoire étant toujours le suivant : composer, jouer les riffs, enregistrer et oublier. Faut tout retrouver d’oreille. Cela ajouté au fait qu’on inclue un septième membre qui intégrera les samples et jouera les instruments traditionnels au synthé comme l’orgue, l’accordéon et le trombone. Un album de PN viendra après les concerts, sans doute en 2015. Notre revue La mesnie Herlequin devrait aussi enfin voir le jour en 2014. Merci pour ton interview et désolé pour la longueur.

29/01/2014

Entrevue du CNC #8 : Pierre-Antoine, responsable du cercle Les Non-Alignés - Troisième partie

Entrevue du CNC #8 : Pierre-Antoine, responsable du cercle Les Non-Alignés 

Troisième partie

7) Quels sont les radios, les revues et les blogs que vous écoutez ou lisez régulièrement et pour quelles raisons ?

Sur Internet

Comme tout le monde je lis les grands sites de la mouvance nationale comme Egalité et Réconciliation, Fdesouche, puis les sites plus petits mais d’orientation métapolitique comme le vôtre, scriptoblog ou encore Polémia. Evidemment les sites des mouvements politiques mais aussi les sites des journaux du « système ». Pour certains dossiers, ou juste pour savoir ce qu’ils pensent de nous et surtout afin de connaitre ce qu’ils veulent faire penser à la population. Une fois que l’on a identifié que les médias sont en fait le second pouvoir et non pas le quatrième, qu’ils sont en fait directement l’extension de la finance internationale et son instrument idéologique sur les populations, on comprend toute l’importance de la guerre cognitive, de l’ « infoguerre », du « Soft-power ».
(Sur ce thème : http://www.egaliteetreconciliation.fr/L-Empire-invisible-...)

Des sites comme Eurosynergies et toutes ses ramifications proches ou lointaines ou encore Theatrum Belli, nos amis de Metamag entre autre. En Italien, aussi comme : Noreporter, Il Dissidente, Centrostudilaruna. J’en découvre régulièrement, je viens par exemple de découvrir par un ami Atala.fr ainsi que « Thuleanperspective ». Deux sites qui explorent des champs d’investigation passionnants et encore assez inédits sur nos origines les plus lointaines. Il y a aussi toute la galaxie des sites catholiques traditionalistes comme Laportelatine, le site de la FSSPX, ou encore Eschaton.ch, Sodalitium etc. Toute la galaxie aussi des sites chrétiens orthodoxes. Ces derniers m’intéressant particulièrement pour tout ce qui touche à une part fondamentale de notre identité européenne, ce que l’on peut appeler l’orient européen. Grand Est-européen qui est un poumon de vitalité ethnoculturelle à connaître et préserver et auquel se ressourcer pour les européens de l’ouest non encore totalement américanisés.

Ceci dit de mémoire et parmi une multitude de sites pouvant participer de notre combat métapolitique et métaculturel au sens large. A l’heure actuelle, et de plus en plus, ce qu’il faut arriver à maitriser en priorité avec internet c’est la dissémination de l’information et l’éclatement du savoir. Il y a autant de site que d’acteurs sociaux ou intellectuels. Il est impossible d’arriver à tout explorer. L’éclatement du savoir est un phénomène de fond de notre époque que plus personne ne semble arriver à juguler dans notre société : ni église, ni parti, ni lobby, ni think-tank, cela même avec les meilleures intentions du monde. J’use pour ma part, dans cette mer gigantesque et houleuse, d’un critère et d’une boussole : la capacité de discernement et la volonté d’arriver à terme à une synthèse qui aille dans le sens de notre vision du monde. Le critère de discrimination des connaissances dont j’use est simple : nous combattons pour une vision du monde « alter-européenne », le critère premier c’est la centralité de la civilisation européenne. Tout ce qui est européen est nôtre. Tout ce qui est bon pour la civilisation européenne est bon pour nous. Tout ce qui parle de la civilisation européenne parle de nous. Je ne suis sûr de rien mais je suis sûr de cela.   

L’information, le savoir, la culture ne sont pas neutres, le seul moyen d’arriver à se mouvoir dans ce chaos apparent c’est d’avoir une vision du monde comme outil de discrimination des contenus proposés. Dans le monde s’affrontent, se combattent, se mélangent, se rejettent ou disparaissent les visions du monde et les idéologies. Arriver à se hisser jusqu’à une capacité de synthèse et de vision est le critère de discernement principal de la guerre cognitive qui domine les sociétés humaine de ce début de XXI ème siècle. Tout se joue d’abord au niveau des représentations avant que de se déchainer en passions collectives si les peuples en sont encore capables.

Globalement, nous sommes entrés dans l’âge de l’information depuis les années 70.  L’arrivée d’internet dans les années 90 et sa centralité dans la vie sociale aujourd’hui est un bouleversement majeur que l’on est obligé de chevaucher et que l’on peine à appréhender totalement. Cela ouvre des perspectives incroyables. Une bataille se jouera bientôt entre deux visions de cet outil : la vision unipolaire américano-centrée de l’internet ou bien celle que défendent les acteurs non-alignés de l’infoguerre comme la Russie, celle d’un internet multipolaire indépendant des Etats-Unis. Notre site « Les Non-Alignés » se situent bien évidement résolument dans la deuxième perspective.

Dans les années à venir nous ferons toujours plus évoluer notre média. LNA participe à son niveau et avec ses moyens dissidents à l’élaboration en cours des contre-médias et de ce que j’appelle la « réinfosphère ». Il y a un chantier gigantesque à développer en direction de la formation à distance par internet entre autre choses ou bien encore dans la production de contenus de qualité. Je pense que dans les prochaines années on verra des médias alternatifs devenir de vraies puissances culturelles et économiques. Nous ne sommes qu’au début d’une révolution à laquelle LNA participe pleinement à son modeste niveau. Principalement en se situant au centre de toutes les perspectives de dissidence cognitive. Se tenir au centre, avoir un centre, est comme toujours la priorité. On voit déjà la capacité qu’ont eue Dieudonné ou E&R à générer une économie alternative viable en matière de contre-culture. Déjà d’autres acteurs émergent comme Méta-TV ou bien des projets de télévisions identitaires. On est au début d’une révolution et d’une redistribution des rôles au niveau culturel et métapolitique. L’horrible couvercle de mal-être et de pessimisme organisé qui pèse sur la culture française et européenne depuis notre enfance finira par sauter, j’en suis persuadé. Nous le ferons sauter. Tous les courants contre-culturels qui ont contribué à nous former de manière souterraine vont bientôt ressortir au grand jour. Déjà en Grèce des élus d’Aube Dorée sont des « black-métalleux » ( !), déjà en France Dieudonné et Soral deviennent des phénomènes de masse, déjà en Italie la culture de la droite radicale est la principale culture alternative organisée. La « circulation des élites » c’est maintenant ! Et ça va faire très mal aux oligarchies médiatiques. Il faut tout faire pour contrecarrer le nihilisme culturel en cours et le remplacer progressivement par notre vision du monde, par ce que nous sommes et n’avons jamais cessé d’être.  

Le grand défi face à l’éclatement des informations et des connaissances réside dans la capacité de discernement et de synthèse. Celui ou ceux qui sauront produire des médias qui projettent avec autorité - et non plus de manière anarchique et désorganisée - du contenu métapolitique, ceux-là gagneront la guerre de l’information et renverront « ceux qui nous nient » dans les cordes pour longtemps. Les « effacistes » de notre mémoire et les « remplacistes » de notre substance ethnoculturelle comme les appelle J-Y Le Gallou.

C’est d’ailleurs l’une des clefs du succès d’E&R et d’Alain Soral que de proposer un contre-média synthétique qui regroupe une foule de contenus divers sous un label autoritaire qui confère une légitimité : E&R et Kontre Kulture. Passer ses nuits et ses journées à rechercher sur le web tout le contenu intéressant a ses limites. Il faut des récepteurs-émetteurs de ce contenu qui le trient et le synthétisent pour un public plus large et avec une ligne éditoriale souple mais ferme. Ce que font E&R ou Fdesouche.

Autoritaire comme la télévision, cela pour une foule qui se cherche de nouveaux de nouveaux cadres de vie, de nouveaux coachs, de nouveaux maîtres (dans le cas du public de Soral par exemple).

Notre spécificité avec LNA se situe là aussi : nous visons quant à nous à former des hommes libres et différenciés, donc forcément moins nombreux. Nous produisons du contenu exigeant mais accessible dans le sens d’une orientation métapolitique de cette vaste nébuleuse de contestation réticulaire que l’on appelle « dissidence ». Nous reconnaissons à chacun ses réussites et ses succès, ceux de la dissidence autour du couple principal Dieudonné / Soral et ses satellites principaux : Hillard, Drac etc. Comme nous reconnaissons aussi très bien les échecs ou les retards pris par notre camp : celui de l’Europe spirituel et ethnique. A nous, ethno et alter-européens d’être à la hauteur des enjeux d’aujourd’hui. Si vraiment demain nous appartient comme chante l’un de nos hymnes de foi et de combat.

Nous, militants alter-européens, inspirons-nous de cela pour diffuser nos idées et propager notre vision du monde et notre conscience au-delà de nous même, à destination de ceux qui sauront s’y reconnaître.

Sur papier et radio

Je lis régulièrement « Eléments », la « NRH », « Nouvelle Ecole »,  « Rébellion », « la Décroissance », « Réfléchir et Agir », « Terre et Peuple », ou plus confidentielles comme « Tabou ». Je lis aussi « Causeur » quand je tombe dessus chez un ami et d’autres revues « néocons » quand on me le prête … J’aime aussi prendre connaissance des revues scientifiques ou des publications universitaires quand je vais dans les bibliothèques publiques ou universitaires. Dans l’ensemble j’essaye d’avoir une vision panoramique dans mes lectures, ce qui n‘est pas forcément évident, au vue du temps et de l’argent nécessaire pour cela. Pendant plusieurs années, et quand internet n’avait pas encore pris cette ampleur démesurée, je lisais avec intérêt : la lettre d’Emmanuel Ratier ou celle de feu Pierre de Villemarest. Lectures Françaises et d’autres revues catholiques plus confidentielles. J’ai beaucoup lu quantité de revues plus anciennes trouvées chez les bouquinistes et les libraires. J’insiste sur l’importance de fréquenter les librairies et les bouquinistes. Pas en rat de bibliothèque mais en chercheur avisé et afin de faire vivre ces lieux de vie intellectuelle et de sève spirituelle de notre combat. Personnellement sans la Librairie du Paillon à Nice et tous les libraires fréquentées depuis des années en France ou ailleurs je n’aurais pas appris le quart sur les sujets qui m’intéressent. Internet est un outil fondamental, mais la vraie formation intellectuelle, on ne la trouve que dans la lecture profonde,  silencieuse et non artificielle du livre et de la solitude. Sans compter les rencontres ou les discussions que l’on peut avoir dans ces lieux de vie. Mais certains préfèrent enrichir juste Amazon et se croire omniscient devant leur pc et ses bribes d’information, vitales mais éclatées. Il n’y a que l’investigation théorique qui peut conférer à l’esprit une capacité réelle de mettre en faisceaux organisés des connaissances éparses.  

Je lisais aussi les revues « traditionnelles » plus confidentielles telles « Politica Hermetica », « Antaios », « Sol Invictus ». C’est ici l’école guénonienne ou gnostique de droite que j’appréhende avec la méfiance nécessaire mais qui recèle des choses intéressantes. Je lis aussi ce qui me tombe sous les mains en Italien, là, peut-être même plus encore qu’en France, la fréquentation des libraires radicaux, ésotéristes, politiques etc a contribué à ma formation politique. L’importance militante et communautaire de la formation intellectuelle est validé par la place qu’occupe la librairie « la Testa di Ferro » dans la galaxie Casapound. En Italien je lis régulièrement la revue que dirige Gabriele Adinolfi : « Polaris » ainsi que la revue « Arthos » du professeur Renato Del Ponte, professeur de latin et lettres, ami d’Evola et directeur du Centro Studi Evoliani.

Sinon pour ce qui est de la radio j’écoute évidemment Méridien Zéro, mais aussi France Culture parfois. Certaines émissions de fond sont riches d’enseignements, on constate même une évolution intéressante de personnes comme Michel Onfray qui s’y exprime. D’autres émissions, comme une entendue récemment sur Sade et son idéologie, sont intéressantes à écouter à rebours des intentions de ceux qui les produisent, pour étudier la généalogie de la subversion.

Plus globalement votre question pose la question de la culture. Je considère que ce qu’on appelle le « soft-power » est actuellement le champ de bataille le plus important pour nous. Avec bien-sûr toutes les tentatives faites pour retisser du lien communautaire entre européens.

Le Soft-power est l’arme qu’il nous faut employer de toutes nos forces tant que cet outil nous est accessible. Car ce n’est pas nous qui élaborons les outils technologiques qui périodiquement remodèlent le paysage socio-culturel dans lequel il nous faut vivre de gré ou de force. A chaque époque les plus intelligents des nôtres ont su s’adapter pour réussir ou juste continuer d’exister. C’est assez désagréable pour moi d’être coincé derrière son ordinateur, de même je préfère écrire sur papier que de taper sur un clavier et m’abimer la vue sur écran rétro-éclairé. Reste qu’à notre époque c’est un passage obligé même s’il nous faut garder le contact avec le réel, savoir couper les machines pour retrouver ses amis en vrai.  

C’est tout le sens de notre site-réseau : Les Non-Alignés. Au départ j’étais surtout un activiste de terrain qui essayait de valider ses idées dans le réel du politique et du social au travers d’actions concrètes comme l’aide aux pauvres (qui est toujours une chose à faire comme le fait le MAS) ou par le combat directement politique : tractage, affichage, élections etc. Constatant la déperdition d’énergie de ces pratiques, nécessaires pour la cohésion des groupes, mais assez inefficaces pour mobiliser les post-humains qui se terrent derrière leurs ordinateurs, je me suis orienté vers l’influence cognitive avec mes faibles moyens. Nous arrivons en revanche à pallier à l’absence de moyens par les liens humains et la philia militante, choses que nos adversaires n’auront jamais malgré tout leur argent.

Le combat idéologique, le combat pour la vision du monde reste le combat prioritaire. Ses formes et ses moyens changent selon les époques et les circonstances mais l’affrontement multiséculaire contre « ce » et « ceux qui nous nient » reste le même.

Savoir lire et apprendre, savoir se former.

Permettez-moi de finir par une digression sur le pourquoi de la formation culturelle et la nécessité de l’étude et de la lecture sans excès.

Je lis régulièrement mais comme un exercice, je n’ai pas le culte du livre en soi, c’est pour moi un moyen et non pas une fin. Je ne lis presque jamais de romans. Je lis pour comprendre et appréhender directement certaines connaissances vitales pour « théoriser » au sens de « voir » comme le pensaient les philosophes de l’antiquité. Rien ne remplace la contemplation de la nature ou le contact aux autres. Mais la solitude forcée de la pensée et de l’écriture est une discipline nécessaire afin de ne pas se disperser, voir de se dissoudre dans les activités militantes. Comme la prière, la lecture méditative rassemble et recentre. Une vraie lecture est toujours source de polarité et de recentrage sur l’essentiel.

Je pense que les meilleurs lettrés sont les hommes de guerre ou de prière qui méditent, comme César, St Paul ou Marc-Aurèle. Eux n’écrivaient pas pour écrire, mais par nécessité intérieure : défendre et propager leur foi ou leur vision du monde, ou plus extérieure : l’explication et la théorisation de leur action et de leur expérience.

Pour autant j’apprends chaque jour la nécessité de la première fonction et le rôle crucial et polaire des « oratores ». Mais ceux-là ne sont pas juste des érudits ou des lettrés, mais des porteurs de l’axe du monde comme Dante ou Platon. On voit beaucoup de personnes à l’heure actuelle, avec la possibilité des moyens techniques contemporains, vouloir « devenir » écrivain et même tenter d’écrire ou de se faire éditer. C’est bien souvent dérisoire. Je ne sais plus qui a dit « l’écriture est un état pas une activité », je crois que c’est exact. Il ne faut pas vouloir devenir écrivain mais être écrivain. « On devient orateur mais on nait poète » disait-on chez les romains. Mais qu’est-ce qui donne un poids ou un sens réel aux mots ? Les épreuves de la vie que l’on affronte silencieusement en se dotant d’un destin qui en vaille la peine. On écrit le mieux dans les à côtés d’une lutte importante. Que valent les mots sans le sang, la chair et l’esprit qui vont avec et les sous-tendent, les vivifient ?

Yukio Mishima, et aussi un célèbre chef d’Etat allemand du milieu du XXème siècle, disaient qu’il ne fallait pas écrire avant trente ans car avant cela notre vision du monde n’est pas encore assurée ni complètement formée. A notre époque et compte-tenu du rallongement du temps de la vie et de l’ « adulescence »  qui se prolonge, on pourrait pousser cette barrière à quarante ans je pense. Cela ferait un bon tri de ce qui se publie dans notre mouvance déjà … Il faut écrire à côté d’une lutte importante ou se taire, cela tous les grands hommes du passé nous l’ont enseigné.

8) Quels sont à votre avis les grands défis à venir pour la France et l’Europe ?

Ce qu’on pourrait décrire de manière générale comme un processus de « dé-civilisation » : la dé-spiritualisation et l’athéisme matérialiste sous toutes ses formes, l’indifférence en face de la beauté de la vie et de la nature de manière générale.

L’absence d’amour, de philia, d’humanité et d’honneur dans la cité. L’émancipation de la femme et la fin des familles traditionnelles. Les familles décomposés, l’idéologie du désir, le féminisme. L’acceptation programmée et organisée de la laideur dans l’urbanisme et nos cadres de vie contemporains. La subversion sous-culturelle américano-sioniste.

Tout hurle, partout autour de nous et constamment, la laideur sans nom d’une cité contemporaine sans âme ni sens. Plus globalement ce que l’Eglise traditionnelle appelle : la culture de mort. L’occident au sens étymologique d’ « occidens » et « occidere » : ce qui tombe, ce qui chute mais aussi ce qui tue, ce qui occis. Là où le soleil se couche, là où tout meurt, là où nous sommes actuellement : à la minuit d’un enfer de confort, d’un goulag soft et mental. De notre société de consommation nécrophage et putréfiée. Et cette chose inouïe qu’est l’effacement de la culture face à la technique jusque dans l’intimité des foyers et des familles. Et l’indifférence sidérante, voir l’accompagnement de ce processus par tant de nos contemporains zombifiés, possédés, dénaturés, hypnotisés. L’épaisseur de la bêtise crasse organisée par tous les canaux de la sous-culture de masse américano-sioniste. Sous-culture de masse qui est la source première du « grand remplacement » avec le planning familial mondial comme refusent de le voir trop des contempteurs du changement de population.

La dénatalité, la grande catastrophe. La cause première du « grand-remplacement » étant l’avortement institutionnalisé d’Etat et pas l’ « Islam », qui au pire n’est qu’une conséquence de quarante années d’immigration organisée et de dénatalité planifié par l’Etat laïque si chère à Christine Tasin et ses amis. Islam qui est même, du côté musulman, une réaction populaire des masses non européennes et non assimilables au monde moribond que défendent justement Riposte Laïque, les occidentalistes et la droite parlementaire.

Pour autant, l’optimisme historique doit rester notre boussole intérieure, car l’âme et l’esprit sont plus forts que la mort comme nous l’enseigne le Christianisme traditionnel sous ses formes catholiques et orthodoxes.

La vie est certes dénaturée mais elle est toujours là pour nous contenter comme un don de Dieu.

9) Etes-vous plutôt favorable à la restauration de la souveraineté de la France ou bien aspirez-vous à un effacement des Etats-nations au profit d’une authentique Europe puissance ?

Le problème principal est de savoir où se situerait une possibilité d’orienter l’avenir dans un sens qui soit le nôtre à minima. Sur le papier l’idée de rompre avec l’Union dite « Européenne » peut apparaître juste, voire même morale compte tenu de la nature toujours plus clairement « libéral-totalitaire » de l’UE. Mais est-ce vraiment réalisable ? Et avec qui ? Seul ? En déclenchant des sécessions étatiques en cascade ? Qui suivrait ? N’est-ce pas aller dans le sens d’une balkanisation de nos territoires encore plus féroce ? Si l’on analyse froidement la nature du pouvoir « globalitaire » en place, je pense que l’on arriverait plutôt à la conclusion qu’il faudrait tenter de concevoir une sorte de super lobby « alter-européen » orienté vers la coopération eurasiatique face à l’actuelle orientation atlantiste de nos « élites » actuelles.

Mais là encore avec quels moyens ? Avec quels partenaires vraiment fiables ? Depuis quelle position de puissance ?

Le problème de l’Europe va être au centre de tous les débats avec l’entrée prochaine dans l’Union Transatlantique. Si on couple cela avec les 47 pays (820 millions de citoyens ! …) qui sont censés participer du conseil de l’ « Europe » on voit bien qu’on est cerné de tous côtés … Alors de quel côté veut-on que penche l’Europe de demain : vers l’Amérique ou l’Eurasie ?

Le grand mensonge de l’Union Européenne c’est la subversion du projet alter-européen et carolingien qu’ont pu avoir certaines élites européennes dans les années trente puis ensuite de l’idée que s’en faisait le général de Gaulle par exemple. Subversion par un projet sans mesures ni limites qui n’a plus aucun rapport avec l’idée même d’Europe. Ce projet n’étant plus que l’un des étages de l’appareillage mondialiste dans lequel l’oligarchie planétarisée tente d’enserrer les nations et les peuples présents sur ce qui n’est pour elle que la péninsule de l’Eurasie. « Europe » c’est pour elle, au mieux, un simple dénominateur géographique, au pire la subversion et l’inversion de toutes les valeurs pérennes de notre civilisation sous le nom même de cette civilisation. Quel tour admirable de sorcellerie ! Quel enchantement terrible qui enserre celle que nous aimons de toute nos forces : « Europa », la déesse-princesse en dormition dont chacun de nous est un peu le paladin qui lui voue sa vie et rêve de la réveiller afin de la voir vivante et belle à nouveau.  

Cette vaste question dépasse en fait largement le cadre d’un simple entretien, c’est l’une des questions actuelles principales. Dans les prochains mois nombre des productions des Non-Alignés seront relatives à cette question géopolitique, civilisationnelle et existentielle.

L’« Europe », c’est pour nous une histoire, une vision du monde et un état d’esprit spécifique appartenant à des peuples particuliers : les peuples ethno-européens d’origine. Peuples que j’appelle pour ma part : peuples « natifs-européens ».

Comme on parle de « native-americans » pour parler des peuples amérindiens d’origine. Nous sommes les autochtones de l’Europe au sens noble, et nous le resterons toujours, même en minorité chez nous. Comme les indiens d’Amérique restent pour toujours, dans la mémoire humaine, les habitants originaux des Etats-Unis.

Peut-être prochainement minoritaire sur notre habitat d’origine, nous serons forcés d’adopter une dénomination commune nous différenciant de manière stricte des autres « européens » peuplant nos territoires historiques. Territoires mités par l’immigration-invasion et le « grand remplacement ». J’ai longtemps réfléchi à comment désigner ce qui nous unis et je me suis heurté à la centralité de notre nativité d’origine face au grand mélange qu’est le monde contemporain.
Ce qui donne sens à toute nos représentations, à toute notre vision du monde en tant qu’identitaire européen peut-être résumé par cette notion de peuples « natifs-européens ».

Du temps où je militais au Bloc-Identitaire je me suis souvent interrogé sur ce qui pourrait nous définir au mieux car je trouvais que le terme d’identitaire n’était pas encore assez précis pour nous désigner et constituait plus une définition en creux.
On parle aussi de crise « identitaire » et je cherchais une définition plus directe, plus culturelle et spirituelle encore que politique. J’ai découvert qu’un camarade avait eu, lui, de son côté, l’idée de cette dénomination d’ « alter-européens », ce qui est très juste mais ne pose notre identité que comme une alternative au projet mondialiste actuel. Je cherchais pour ma part une définition plus exacte et profonde de ce que nous sommes, quelque chose qui aille au cœur de notre être et je pense l’avoir trouvé : nous sommes des « natifs-européens ».  

Comme dit au début de notre entretien (partie 1) je suis en train d’écrire un texte de fond sur la thématique de l’identité européenne. Ce sera un peu la somme de notes accumulées en marge de mon engagement politique. J’y développe l’idée suivante qui est comme le fil conducteur de l’ouvrage : nous sommes des peuples actuellement menacés dans leur existence même comme tant d’autres de part le monde mais peut-être plus que les autres. Cela principalement parce-que, à un moment donné de notre histoire (cela s’est fait par étapes), notre civilisation a commencé de servir de véhicule a un projet d’arraisonnement et de changement de la nature et du monde. Projet fou de civilisation terminale (issue de la pétrification de notre culture comme disait Spengler) qui a besoin pour se propager d’épuiser jusqu’à la trame ce que nous sommes et qui est bien proche d’y parvenir. Projet qui nous utilise et nous consomme bien plus qu’il ne nous sert contrairement à ce que pensent les occidentalistes.

Ce texte s’appellera justement : « Nous, Natifs-Européens ». Il tracera les contours de ce qui pourrait être un projet de redressement identitaire et spirituel face aux menaces de fond actuelles. J’y dresserai aussi un panorama de ces menaces ainsi que leur brève généalogie historique et métaphysique. On ne devrait pas parler ainsi de son travail en cours mais, comme nous tous, je suis toujours plus précarisé, j’ai donc tendance à faire passer ce travail de synthèse après l’urgence de la lutte. En parler à mes camarades me donne déjà l’obligation de le terminer …

Je dois donc arriver à me persuader qu’écrire c’est militer afin de m’y atteler. C’est tellement dur de rester assis quand on brûle d’en découdre … C’est pour cela aussi que j’aime assez la forme des entretiens LNA avec les personnalités de notre mouvance. Cela donne une allure plus active à notre enquête sur l’époque et cela mobilise les énergies de notre réseau LNA en plus de poser les problèmes sur le fond avec des spécialistes de ces problèmes.

LNA est une tentative de synthèse métapolitique vivante et active en temps historique réel … Rien que ça !

11) Nous vous laissons le mot de la fin.

Plus personne ne peut réellement penser vaincre de manière directe un pouvoir désormais polymorphe et transnational. Pouvoir qui se caractérise par sa liquidité, son omniprésence « bienveillante » sécuritaire et surtout par son intrusion dans tous les aspects du quotidien des habitants de « cosmopolis », la cité universelle. Face à l’ubiquité du contrôle social et anthropologique de ce que l’on peut à bon droit appeler : la « monoforme », la plupart des oppositions sont condamnées à rester de pures postures de compensation ou de témoignage sans ancrage concret dans le réel. Pour autant que ce « réel », au sens aristotélicien, soit encore atteignable par-delà les filtres apposés entre l’homme et son environnement naturel.

Matérialisé jusque dans l’urbanisme et le décor des lieux de son existence, le contrôle social et anthropologique de la vie et des sentiments de l’homme est désormais difficilement dépassable même avec la meilleure volonté du monde. Nous sommes tous esclaves et prisonniers d’une matrice antinaturelle qui a pris lieu et place de notre environnement normal en s’appuyant sur les faiblesses des systèmes anthropologiques et politiques du passé, ceux dans lesquels nos ancêtres vivaient bon-gré, mal-gré. Les hommes et femmes contemporains, désemparés et déboussolés se heurtent au mur de leur cage psychosociale en tentant de se conformer toujours plus aux injonctions de bonheur individualiste que leur assènent le libéralisme et le matérialisme. Ils essayent d’être heureux seul ce qui est impossible, ce qui constitue de fait une injonction contradictoire. Ils essayent d’être heureux lors même qu’il n’existe de vrai bonheur qu’enraciné dans une famille ou une communauté. Ils essayent d’être heureux lors même que les conditions même du bonheur véritable disparaissent et s’évaporent comme neige au soleil. Un peu comme les « sim’s » - ces automates stupides d’un jeu vidéo des années 2000 - ils tournent sur eux-mêmes dans leur monde interchangeable ikea et n’ont plus d’autres repaires que ceux que leur donnent les programmateurs sociaux et les démiurges de notre monde vide.

Monde vide que l’on opposera bien-sûr au « monde plein » que connaissait et vivait le naturaliste suisse Robert Hainard ou le grand veneur Venner. Monde plein dont l’accès secret s’éloigne toujours plus de notre portée à mesure que progresse la monoforme du non-être, l’arraisonnement de notre territoire, de notre sang, de nos esprits.  

Faire la généalogie de ce processus déborderait là encore le cadre de cet entretien.

Mais remarquons que malgré l’enfumage médiatique permanent, une contestation grandissante apparaît en maint endroit du globe, puisque la lutte antimondialiste et alternationale est de fait à notre époque, globalisée. Même si encore confuse et contradictoire - et surtout sans projet alternatif opératoire réel -  cette contestation - avec en France par exemple le phénomène Dieudonné - est déjà un phénomène remarquable compte tenu des moyens disproportionnés dont disposent nos ennemis.

On tachera donc, compte tenu de nos faibles moyens, de tacher d’orienter au mieux cette contestation par des vues et des analyses les plus justes possibles.  

2013 : année de la contestation radicale

Remémorons-nous quelques évènements survenus cette année et fin 2012.
Mouvement anti-dette et anti-usure « occupy wall-street » aux Etats-Unis. Montée électorale soudaine d’Aube Dorée, mouvement national-populiste ouvertement paramilitaire et anti-mondialiste dans une Grèce sous curatelle euromondialiste. Quoique l’on pense de ce mouvement et de son « style » un peu rétro, son interdiction et la décapitation du mouvement aura forcé le pouvoir oligarchique à montrer sa véritable nature anti-démocratique à tout un peuple amenant et amenant toute une partie du peuple grec à soutenir un mouvement nationaliste radical (pas le FN !). Victoire éclatante du « Grillo » et des députés de sa formation sur des thématiques anti-banque et anti-usure.
Là encore, quelles que puissent être les réticences bien fondées sur ce mouvement très confus aux revendications et références souvent contradictoires : entre souverainisme de gauche et démocratie participative mondiale ! A Rome encore, l’an dernier, 8000 italiens dans les rues manifestant avec Casapound sur des thématiques d’indépendance nationale et d’identité avec le mouvement le plus indépendant de la péninsule italienne.

En France, Dieudonné et Soral plus soutenus que jamais, un Front-National qui commence à percer le cordon « sanitaire-républicain », une contestation devenue nationale face à l’aéroport de Notre Dame des Landes, plus d’un million de personnes dans les rues de Paris contre les lois contre l’ordre naturel et la vie.

Enfin la mort volontaire d’un historien français reconnu en signe d’opposition métaphysique au génocide planifié des peuples européens.

Ça n’est que le story-telling du système qui nous fait perdre le fil de la révolte universelle et alternationale qui gronde partout. Demain l’alternationale sera le genre humain aimerait-on dire !

Là encore, un début d’agitation et de contestation sur des thématiques de fond encore inimaginable il y a quelques années sur cette échelle. Les forces profondes de la nation, congelées par quarante années de société de consommation américaine vont-elles se réveiller et rejeter le cancer idéologique qui la mine ? Je pense que oui mais à une échelle de temps qui n’est malheureusement pas forcément celle du temps personnel, il va donc falloir faire preuve d’endurance et de ténacité, toutes deux vertus viriles que l’on ne nous a plus enseignées à dessein.

Tous ces évènements, avec comme arrière fond géopolitique : l’opposition à l’ingérence en Syrie, la victoire géopolitique et diplomatique de la Russie face au bellicisme de l’impérialisme américain. Bellicisme jusqu’ici univoque et ininterrompu depuis la fin de l’union soviétique, ici pour la première fois contré par  une puissance non-alignée. Un retournement stratégique inédit et admirable sur la base du droit international et du désarmement. Droit international classiquement utilisé depuis la fin de la guerre froide pour saper tout pouvoir aux velléités de souveraineté et d’indépendance face à l’ordre unipolaire des multinationales. Victoire de la souveraineté et du droit face à la déstabilisation et à l’ingérence.

Victoire aussi sur le discours jusqu’ici sans alternatives depuis la fin de la guerre froide qui voulait que les « sociétés ouvertes » soient forcément progressistes et émancipatrices face à des pouvoirs stato-nationaux forcément archaïques, passéistes et répressifs. On constate aujourd’hui toujours plus que les masques tombent sur les fondements totalitaires de la société marchande et de son hubris.

Là où a cours l’alliance des traditions encore debout avec des pouvoirs politiques séparés mais protecteurs des identités et des religions, comme en Russie ou en Syrie, on voit reculer les deux formes complices de la subversion contemporaine que sont le fondamentalisme et le libéralisme, le puritanisme et la licence généralisée. La pornographie conjuguée à la répression forcenée du désir. L’ordre des marchands du temple et celui des pharisiens hypocrites : évangélistes, islamistes ou talmudistes. Tous unis dans l’exécration de la mesure, de l’équilibre et de l’ordre naturel de la vie. Tous unis dans l’exécration de l’Europe.  

Autant d’évènements politiques et métapolitiques survenus en l’espace d’une année à peu près. Événements qui mis bout à bout nous donne une année 2013 bien différente du tableau que l’on tente de dépeindre au travers des médias de masse.  

Événements qui montre que tout n’est peut-être pas encore joués et que, ne serait-ce que pour l’honneur si ce n’est pour la victoire, on a encore quelques beaux coups à tenter en s’amusant un peu …

Il n’ait pas de fatalité qui ne puisse être brisée par notre foi et notre volonté. Je crois à une levée de héros qui se dresseront dans le crépuscule de l’âge de fer qui est le nôtre, à l’orée du retour du soleil. Le soleil invaincu qui marche à nos côtés depuis toujours et pour toujours. Ce soleil invaincu ami de l’Empereur.

Oui, j’y crois toujours ! Oui, je ne suis pas un « adulescent » mais comme un éternel adolescent  je continue d’être croyant !

Il nous faut tenir coute que coute, contre vents et marrées. Il nous faut apprendre à résister, apprendre à endurer, et en résistant devenir des résistants. Que résister devienne notre vraie nature et combattre notre vrai rythme de vie. Que l’avenir nous trouve simples et fiers comme hier, comme toujours. A jamais idéalistes !

Dans le monde mais pas « du » monde dit l’Evangile.

Nous sommes les croisés de notre avenir, le jeune européen chemine vers son destin. Quoi qu’il arrive demain lui appartient.

Pierre-Antoine P, janvier 2014, pour le Cercle Non-Conforme.

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