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14/07/2015

Entrevue #20: Gabriele Adinolfi à propos de l'actualité européenne

1) Le Cercle Non Conforme : La Grèce est au cœur de l'actualité. Quel est votre sentiment sur la stratégie de Tsipras et quelles solutions voyez-vous pour la Grèce et l'Europe?

292120785.jpgGabriele Adinolfi: Tsipras n'a aucune stratégie. Il répond à deux patrons: son principal sponsor, Soros, qui finance Syriza depuis 2012, c'est à dire qu'il a été transformé en un cartel electoral efficace, et puis sa base qui est formée par les fonctionnaires parasitaires. C'est plutot le FMI, que Tsipras, qui dicte la ligne en Grèce. Tsipras, commis des banquiers, en particulier des WASP, joue son rôle dans la comédie, exactement comme le font en Italie Grillo, en Espagne les harpies de Podemos et en Angleterre Farrage. Tous des fantoches de Soros et/ou de Rotschild.

Pour l'instant, gérée comme elle l'est, la Grèce n'a pas d'issue: elle sera ruinée hors de l'€uro et dans l'€uro. Comme le dit très justement l'Aube Dorée, qu'on continue de nous montrer comme un mouvement d'excités, mais qui est, tout au contraire, l'un des rares partis politiques concrets et sérieux dans tout l'Occident, il faut d'abord changer de politique économique et sociale en Grèce et après discuter du sexe des anges.

2) Le C.N.C : Êtes-vous favorable au maintien de l'€uro et comment voyez-vous l'avenir de l'Eurozone?

G.A. : Dans mon livre de poche L'Europe, sorti ce printemps par Synthèse Nationale [NDLR: lire notre chronique ICI et voir la vidéo de la conférence à Bruxelles ICI) j'écrivais:

“Quant à moi, je suis favorable au maintien de l’€uro mais avec d’autres paramètres. S’agissant ici d’une proposition dynamique, nous éviterons de nous fossiliser, en laissant place à d’autres solutions pourvu qu’elles répondent à la même logique.

Partons de la BCE et du SEBC qui représentent respectivement la locomotive de l’UE et l’organe d’émission monétaire auquel participent les banques nationales (ainsi sont-elles nommées).

Il est inacceptable que la BCE soit un organe indépendant de la politique et qui n’ait l’obligation de garantir la dette publique des nations européennes qui ne sont pas absorbées par les marchés.

Pour sa réforme nous nous approprierons quelques propositions.

On peut proposer par exemple l’élection de la majorité des membres du conseil de la BCE par les parlements nationaux, faisant ainsi cesser le mensonge de l’indépendance de la BCE alors que celle-ci est totalement dépendante de divers clubs financiers. Rappelons que la banque centrale de la deuxième plus grande économie mondiale - la Chine - est totalement soumise à une nomination politique.

En outre il est opportun de faire pression afin que l’objectif de fond de la BCE passe de « stabilité financière et contrôle de l’inflation » à « croissance du PIB », en y incluant l’équité sociale.

En réalité l’équation devrait être tridimensionnelle : croissance économique, stabilité financière et équité sociale. Le poids des respectifs coefficients devrait être à raison de 50 : 30 : 20, compte tenu de l’actuelle pondération qui équivaut à 0 : 100 : 0.

Il faut proposer également que la BCE garantisse toutes les émissions en monnaie.

Nous irons même au-delà en proposant la nationalisation effective de toutes les banques nationales et par conséquent celle de la BCE même qui, de fait, n’est qu’un conseil d’administration, les BC nationales en étant les actionnaires. Ainsi, la BCE finirait par appartenir automatiquement au peuple de l’Europe Nation.

Une logique corporative et confédérée devrait être celle de la BCE qui, comme nous l’avons déjà affirmé, devrait avoir comme objectif primaire la réquisition des titres de dette en possession étrangère afin de rendre l’Europe, ainsi que ses composantes, indépendante de l’usure et de la dictature de la caste cosmopolite.

L’indépendance se base sur la souveraineté monétaire mais également sur celle militaire, énergétique, satellitaire, environnementale et de la santé. Il n’est guère possible qu’une telle indépendance s’obtienne sans l’instauration d’un véritable pouvoir fort.”

Ce n'est pas tout, je suis favorable à une Europe à la fois impériale et confédérée, telle que l'avait imaginé de façon visionnaire Drieu La Rochelle il y a déjà quatre-vingt-dix ans. Une Europe des nations, des patries, mais surtout de l'esprit et d'un ADN pluri-millénaire qui fonda la civilisation. Aujourd'hui, plus qu'à l'époque où la France avait encore un sens et une force, il n'y a pas d'avenir sans un bloc de puissance, fondé sur de racines profondes, qui ne gèlent jamais.
Je ne suis pas du tout un inconditionnel de l'€uro mais à ceux qui s’élèvent contre lui au nom d'une comptabilité petite-marchande et très provinciale, souvent dépassée par les dynamiques historiques, je rappelle que les USA ont déclaré la guerre à tous les pays, à tous le gouvernements et à tous les hommes politiques (y compris Strauss-Kahn) qui ont essayé de donner un status important à l'€uro.
C'est contre l'Europe et non pas contre les BRICS que New York se bat en priorité. Je ne sais même pas si New York se bat réellement contre quelqu'un d'autre que l'Europe puissance en puissance.

Quant à l'avenir de l'Eurozone, c'est à voir. Il suffit d'écouter Soros lui même et les porte-parole de Rotshchild qui nous expliquent quels sont les enjeux réels de la crise, qui ne concernent pas le peuple grec, de qui tout le monde se fout, mais l'Allemagne qu'on veut obliger à renoncer à son leadership qui se montre trop autonome vis-à-vis des Etats-Unis, vu qu'elle est favorable à l’émancipation européenne dans tous les domaines, espace compris, et qui ne veut pas renoncer à l'ouverture à la Communauté Economique Euro-asiatique. La Merkel, à la veille de l'affaire de la Germanwings, était en train d'organiser une intervention navale européenne de défense dans la Méditerranée et vers l'Afrique du Nord. Or Soros l'a dit carrément: on trouvera une solution seulement si l'Europe se durcit à l'est et si sa société est plus ouverte: c'est à dire toujours plus d'immigrés. Du reste dans le programme de Tsipras, il y a la proposition de concéder la nationalité à un million d'immigrés, avec une population de onze millions de Grecs.

3) Le C.N.C. : Sur un autre sujet, mais qui n'en est pas moins important, quelle est actuellement votre position sur le conflit en Ukraine et sur la Russie de Poutine ?

G.A. : Je ne reviendrai pas sur la question ukrainienne, j'ai toujours dit que la fierté d'un peuple ne se troque pas dans une logique d'intérêt, mais qu'on peut se battre tout en ayant dans la tête une issue stratégique autre que d'être les pantins d'autrui. Pour ceci j'ai toujours soutenu Pravy Sektor et le Bataillon Azov, autant que je soutiens l'Aube Dorée. Contre Poroshenko et Tsipras d'abord, et surtout ! (Lire ICI)

Il ne faut pas trop schématiser ce qui se passe en Ukraine, ceci dit nous avons deux sujets européens qui jouent la dedans, l'un comme pacificateur: Berlin à qui nous devons les accords de Minsk, l'autre comme incendiaire: Londres qui veut pousser l'OTAN toujours plus à l'est.

La Russie de Poutine s'arrange au jour le jour. Elle a du sa puissance à son président mais aussi au prix du gaz et du pétrole gonflé par les effets de la stratégie américaine prévue en 1997 dans le rapport Cheney et dont les Russes ont bénéficié jusqu'en 2011.Par la suite, les Américains sont passés à la vitesse supérieure et aussi à l'impérialisme énergétique. Ils sont aujourd'hui en train de coloniser dans ce sens l'Europe du sud-ouest en laissant aux Russes exclusivement le nord-est via l'Allemagne. En plus l'effondrement financier russe et la grande crise économique ont joué sur les choix tactiques du Kremlin qui n'a pas neutralisé les agissement de Soros à Kiev en favorisant au contraire que la montée de tension dès qu'elle a commencé à se manifester. La Russie a accepté en revanche un partage qui lui est assez favorable car elle laisse la partie ouest ukrainienne moins riche et plus coûteuse.
Ceci dit la Russie cherche une issue, parce que sinon la Chine l'avalerait. Les États-Unis ne lui concéderont pas exactement un nouveau Yalta, vu que Moscou est largement tierce, dépassée par la Chine. Il ne lui reste que l'entente avec l'Europe parce que les contrats signés avec la Chine et maintenant la Turquie, l'Arabie Saoudite, etc. ne la rendent pas puissante. Ce qui se vérifierait si elle changeait de cap. Seulement, l'axe Paris-Berlin-Moscou a été cassé par la trahison française, qui persiste aussi à être commise par les pro-russes d'aujourd'hui, tel le Front de Marine qui, consciemment ou pas, se retrouve dans le parti anglais et non allemand, et donc est objectivement un parti anti-russe, quoiqu'il en dit. Parce que la seule prospective de l'Europe est d'avoir une entente positive avec la Russie, par la diplomatie et l'industrie allemande. Donc, en attaquant l'Allemagne on se résigne à être les vassaux des États-Unis.

4) Le C.N.C. : Quelles réflexions sur l'Europe vous inspire la situation grecque et la situation ukrainienne ? Que pensez-vous du rôle de l'Allemagne et de celui de la France ?

G.A. : Comme le dit parfaitement Soros: la Grèce rejoint l'Ukraine dans le flancs de l'Europe. Seulement à l'inverse des raisonnement simplistes qu'on a tendance à faire, c'est Syriza qui est jouée contre l'entente germano-russe et pas le contraire. Les liens entre la Russie et Syriza ne doivent pas nous duper, il s'agit d'une realpolitik de deux cotés mais à Athènes c'est Soros qui commande.Pour pacifier à l'est, l'Allemagne a du accepter de promouvoir les sanctions anti-russes, ce qui nous a nuit et qui a permis aux Américains de doubler leurs exportations vers la Russie. C'est donc une guerre contre l'Europe dans laquelle la Russie est objectivement complice mais qui est aussi contraire à ses intérêts.Or Soros nous annonce que ce n'est pas suffisant...Du reste, cette stratégie d’étouffement de l'Allemagne, qui est aussi une stratégie anti-russe, vise aussi à mettre hors-jeu le dernier pouvoir étatique, industriel et social en Europe pour assurer la domination absolue de la BCE où, personne ne le remarque jamais, les Allemands et ses alliés sont en minorité. Syriza joue contre Berlin et Moscou. Les Russes soutiennent politiquement les partis “souverainistes” anti-allemands comme le FN de Marine ou la Lega de Salvini seulement depuis qu'ils ont renoncé à la ligne euro-russe, avant ils soutenaient l'€uro et Strauss-Kahn. Les partis eurosceptiques ne sont pas payés par la Russie mais par les banques russes qui financent à un taux d'intérêt double par rapport aux taux habituels.

Il y a beaucoup des choses à faire. Il nous faut une force révolutionnaire qui oblige l'Allemagne à prendre autrement le timon de l'Europe et non pas une dialectique réactionnaire et de clocher anti-allemande et anti-européenne.

Regardez, l'histoire se répète, dans un autre système, cela va de soi, mais nous sommes à nouveau en '40. La force de l'Allemagne et le rêve de l'Europe ont été assurés, encore une fois, par l'accord germano-russe. Qui sert non seulement les intérêts allemands mais aussi les nôtres.
Les Anglo-américains mettent tout en place pour que les Allemands et les Russes se combattent.
La France, en retard historique, se divise entre un “parti” allemand et un “parti” anglais. Et c'est dommage que les nationalistes français en large partie soient séduits par une caricature gaulliste plutôt que de se comporter en “nouveau Darnand”.
L'Allemagne commet toujours les mêmes erreurs: pas de flexibilité, aucune séduction médiatique et une insistance à convaincre les Anglais à coopérer avec elle, alors que les Britanniques la dupent et la neutralisent. L'allié traître de Berlin, l'Italie, s'apprête à la trahir de nouveau. C'est Draghi qui en principe devrait assurer la victoire anglo-saxonne contre l'Europe germano-russe. N'oublions pas enfin que dans la Pologne, les pays baltes, etc. dans lesquels subsistent la plupart des mouvements de troisième voie sur une ligne ni USA ni Russie, ce qui est prometteur.
En pleine campagne à l'est les Anglo-américains ouvrent un front en Grèce. L'histoire sera maîtresse de vie comment l'on dit, mais personne n'en est l'élève.

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09/07/2015

Entrevue #19: Entrevue avec Zippo autour de la Tana delle Tigri

 

Nos envoyés très spéciaux sont revenus dans leur bagage avec une entrevue audio en italien d'Alberto Palladino, alias Zippo. Nous le remercions d'avoir répondu à nos questions et nous remercions Sébastien pour la traduction en direct. Vous trouverez ici la retranscription écrite.

1) Zippo, nous te remercions de nous résumer ce qu’est la Tana delle Tigri ?

zippo-2.jpgLa Tana delle Tigri est née il y a sept ans à l’initiative de CasaPound et doit être perçu tout d’abord comme un événement métapolitique. Puis, cela a évolué avec l’organisation d’une soirée avec plusieurs concerts et une soirée sportive d’arts martiaux mixtes unique de MMA, aujourd’hui de niveau européen.

2) Combien de personnes a rassemblé cette nouvelle édition?

2000 visiteurs ont été comptabilisés sur le week end répartis le vendredi pour les combats libres et le samedi pour les concerts.

3) En quoi la Tana delle Tigri est un évènement important dans la vie de CasaPound ?

Officiellement, la Tana est l’occasion de rencontrer des camarades de l’Europe entière autour de la musique et du sport.

Officieusement, c’est une des opportunités pour la communauté de CasaPound présente dans toute l’Italie de rassembler les responsables régionaux et ceux du Blocco Studentesco, notre syndicat étudiant et lycéen. La Tana delle Tigri fait partie des deux ou trois occasions annuelles qui permet de rassembler les cadres et militants du mouvement afin de mettre en place des réunions de travail toute la journée. Il est difficile de parvenir à faire se rencontrer des militants d’environ 50 villes différentes.

4) Cette année, d’où arrivent les militants ? Quelles nationalités ont été répertoriées ?

Quasiment toute l’Europe est présente à la Tana delle Tigri. Nous avons pu croiser cette année des Français, des Tchèques, des Portugais, des Suisses, des Russes, des Ukrainiens, des Allemands, des Belges, des Espagnols, et même des Canadiens.

5) Quelles sont les perspectives d’évolutions pour la Tana ?

La Tana est née comme un projet quasiment amateur. D’année en année, la démarche s’est professionnalisée. Le but premier est d’atteindre un niveau d’excellence tant au niveau sportif que musical. Elle doit devenir un rendez-vous incontournable pour toutes les communautés militantes européennes.

Virgile et Virginie / C.N.C.

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02/07/2015

Entrevue #18 avec Angelo, sa femme Elodie et le petit Timothée, SDF français.

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Propos recueillis le 1er juillet 2015 à Bordeaux par Christine de l’Association des Patriotes Girondins, Valérie et Axel du Renouveau Français, Florent de la Dissidence Française et Christophe du Mouvement d’Action Sociale.

 

Christophe : Angelo, vous êtes connu depuis qu’une vidéo vous concernant circule sur la toile. Pouvez-vous vous présenter ?

Angelo : Je me nomme Angelo Gacem, originaire du Jura, de Saint-Amour plus précisément. J’ai 27 ans, Elodie en a 23. Depuis le 4 décembre dernier nous sommes les parents d’un petit Timothée… Je suis commis de cuisine saisonnier depuis plusieurs années.

Elodie : Cela fait huit ans que nous sommes ensemble. Pour ma part je suis, enfin j’étais, assistante de vie. Je m’occupais de personnes âgées.

Christophe : Pouvez-vous nous décrire votre situation actuelle, pour ceux qui n’auraient pas vu la fameuse vidéo ?

Angelo : Nous sommes, bien malgré-nous, ce qu’on peut appeler des SDF… Nous passons de ville en ville, à travers l’ouest de la France, depuis le mois d’avril.

Christophe : Comment en êtes-vous arrivés là ? Surtout avec un enfant en bas-âge…

Angelo : Tout a commencé en mars 2015, lorsque j’ai répondu à une annonce en ligne concernant un restaurant de bord de mer aux Sables-d’Olonne. J’ai été recruté. Moi et ma petite famille sommes venus nous installer en Vendée. Le patronnous payait une studette dans un établissement réservé aux saisonniers, en échange je bénéficiais d’une rémunération quelque peu « allégée »…

Christophe : C'est-à-dire ?

Angelo : 50 euros par-ci, 100 euros par-là… à chaque réclamation le patron nous disait : « on ajustera cet été, quand on aura plus de clients… » Je voulais bien le croire, mais j’avais un enfant à nourrir, et l’activité ne me semblait guère rentable. Sans compter le coût de la vie dans une station balnéaire. Nous avons eu une explication sérieuse. Un RDV a été convenu le lendemain, pour la remise d’un chèque.

Elodie : Oui, c’est ça. On a attendu toute la journée avec le petit à l’endroit convenu… Et personne n’est venu. Nous avons rappelé plusieurs fois. Rien.

Christophe : Quelle a été votre réaction ?

Elodie : Nous avons pensé à un malentendu. Nous sommes rentrés à l’hôtel. Le lendemain nous sommes allés au restaurant et avons découvert que ce dernier était fermé… C’est alors que nous avons décidé d’aller prévenir la police.

Angelo : Les policiers nous ont dit que chaque année c’était la même histoire. Des salariés se font entuber par des patrons pas corrects. On nous a dit de repasser le lendemain car aucun OPJ n’était présent pour enregistrer notre plainte. Le lendemain on nous a expliqué que c’était le tribunal des prud’hommes qui aurait à trancher.

Elodie : Et le patron était toujours introuvable ! On a fouillé dans toute la ville. Les choses ont vraiment mal tourné quand le gérant de l’hôtel nous a demandé de faire nos valises…

Christophe : Vous n’avez pas songé à joindre des proches ? Famille, amis ?

Elodie : J’ai commencé à fréquenter Angelo lorsque j’avais 15 ans. Mes parents ne l’ont jamais accepté. Lorsque j’ai appelé ma mère en décembre pour lui dire qu’elle était grand-mère, on m’a raccroché au nez.

Angelo : Et puis les amis… Quand on est dans le pétrin…

Christophe : Donc vous voilà sans argent et nul-part où aller…

Elodie : Nous ne connaissions rien concernant les services sociaux. Nous nous sommes dirigés vers la mairie avec notre fils pour obtenir de l’aide.  Ils n’avaient aucune solution. C’est alors que nous avons découvert les joies du 115…

Angelo : Oui, la joie ! On a pu nous placer dans une chambre d’hôtel, pas mal l’hôtel d’ailleurs… mais seulement pour trois nuits, renouvelable une nuit ! Or on nous a donné RDV avec une assistante sociale du SIAO local pour trois semaines après ! Nous avons été néanmoins dirigés temporairement vers une structure baptisée ASPH ou APSH, je ne me souviens plus avec tous ces sigles… Là, surprise de la part du personnel : il y a un enfant ! Panique à bord. « On ne peut pas prendre en charge un enfant ! On vous transfert vers la Maison de la Solidarité. » On l’a bien sentie, la solidarité, lorsqu’on nous a demandé de quitter Les Sables-d’Olonne… « Si on vous voit dormir dehors avec le bébé, nous serons forcé de vous le retirer. »

Elodie : C’est à ce moment là qu’on a du commencer la manche…

Christophe : J’imagine que ce cap a du être très dur à franchir.

Angelo : Oui. Nous avons toujours travaillé et gagné dignement notre vie. Là… c’était nouveau. Mais nous avions Timothée. Nous avons fait cet effort pour lui. Sans l’enfant nous aurions déniché une toile de tente et nous serions repartis dans la vie en quelques semaines, mais avec un bébé… autre paire de manches.

Elodie : Nous allions au contact des gens, nous refusions de rester assis et d’attendre les piécettes. Nous parlions beaucoup, expliquions notre situation. Parfois nous avions un billet ou des cigarettes… Souvent de l’indifférence. Il m’est aussi arrivé d’entendre des choses très violentes, du style : « il fallait avorter, ma fille », ou encore « je t’offre 5000 euros pour le bébé », et des choses pires encore… Finalement nous parvenions à nous en sortir avec une centaine d’euros par jour, mais quasiment tout partait dans les nuitées…

Christophe : Et vous êtes partis…

Elodie : Oui, un SDF que nous avions pris l’habitude de croiser nous a précisé que les services du 115 étaient départementaux et non nationaux comme nous le pensions… En gros il fallait que nous bougions pour pouvoir retourner gratuitement à l’hôtel quelques jours. Au bout d’une semaine de manche nous avons pris le train pour Poitiers. Nous n’avions eu aucun retour des organismes contactés les derniers jours. Un cercle vicieux.

Christophe : Que s’est-il passé sur Poitiers ?

Angelo : Nous avons immédiatement contacté le 115 dès notre descente du train, dans l’après-midi. Ils étaient complets. Or nous savions qu’il existait un hôtel dans les parages où séjournaient des demandeurs d’asile… « Mais nous avons un bébé…» - « Désolé madame, recontactez-nous à 22H00, il y aura peut-être une place. » A 22H00 nous n’avons obtenu aucune réponse. J’ai alors utilisé le dernier recours, je suis allé sonner au presbytère. Le prêtre nous a accueilli et a lui-même constaté les résultats du 115… Il nous a trouvé des matelas et des draps. Le lendemain nous partions dans une maison de religieux ou nous sommes restés une dizaine de jours.

Elodie : Normalement les femmes n’y ont pas accès, mais ils ont fait une exception pour nous. Ils ne nous ont rien demandé.

Angelo : Puis nous avons décidé de partir, la chambre que nous occupions devait être utilisée par un moine de passage. Nous avons décidé de refaire une tentative avec le 115, cette fois en nous faisant passer pour des gens de l’est… J’ai tâché de prendre mon meilleur accent !

Christophe : Et ça a fonctionné ?

Angelo : Pas trop mal… l’hôtel nous a été accordé pour trois jours et une assistante sociale et même venue nous voir ! J’ai du jouer mon rôle ce jour là. Un RDV a été convenu, mais avec nos passeports « polonais »… Nous ne sommes pas allés au RDV, vous comprenez…

Christophe : Oui, je comprends. Quelle est la suite ?

Angelo : Nous nous sommes remis en route. Nous sommes passés par Niort, Angoulême, Saintes, Nantes, etc… A chaque fois nous récoltions une amende dans les trains et ne restions parfois que quelques minutes dans la gare, le temps de constater l’absence totale d’appui du 115… Nous faisions la manche pour les hôtels quand nous ne pouvions obtenir les deux ou trois nuits gratuites… Fin mai ou début juin, je ne me souviens plus très bien, nous sommes arrivés à La Rochelle. Nous avons eu la possibilité d’avoir les trois nuits. Nous tournions sur le secteur. Nous sommes allés à la mairie expliquer notre situation. La réponse était invariablement la même…

Christophe : C’est là que vous êtes tombés sur l’équipe des Contribuables Associés ?

Angelo : Oui, je venais de finir le tour du centre pour trouver un peu d’argent et j’ai vu cette petite manifestation sur le port. J’ai discuté avec un responsable et ce dernier a vite proposé de me filmer avec son appareil photo. J’ai accepté. C’était début juin.

Christophe : Quand avez-vous compris que vous étiez devenus « célèbres » ?

Angelo : Quand on a commencé à nous dévisager dans la rue et que la police s’est intéressée à nous. C’était il y a environ une semaine.

Christophe : Que vient faire la police là-dedans ?

Elodie : J’ignore comment la police nous identifie, car nous sommes propres et discrets, mais quasi-systématiquement, dès que nous croisons une patrouille, nous sommes fouillés sans ménagement. Plusieurs fois les affaires du bébé ont même été versées sur le sol. Nous avons commencé à paniquer un peu… De plus les médias ont commencé à s’intéresser à nous. Nous avons vu les articles de Sud-Ouest et de Libé… Ils sont très éloignés de la réalité. Nous sommes harcelés d’appels de journalistes.

Christophe : Comment êtes-vous arrivés à Bordeaux ?

Angelo : En revenant de Saintes où nous étions allés chercher le calme quelques jours, en marchant sur l’avenue entre la gare et le port de La Rochelle des cyclistes de la police municipale nous ont interpellés. Ils nous ont dit qu’ils avaient des instructions de la mairie… Ils nous ont conduits à la gare avec notre enfant et nos affaires et, avec la collaboration de la police ferroviaire, nous ont demandé de prendre le train pour Bordeaux. Nous n’avons pas cessé d’être fouillés dans la rue par la police et harcelés au téléphone par les journalistes depuis notre arrivée ici. Ces derniers nous ont même proposé une somme contre une interview, cela m’a tellement choqué que je les ai envoyé paitre ! On a encore notre fierté.

Elodie : Pour l’instant c’est à Bordeaux que nous avons trouvé la meilleure aide. Un réseau s’est mis en place pour nous aider.

Christophe : Qu’allez-vous faire à présent ?

Angelo : Une solution d’hébergement a été trouvée dans une autre région de France. Nous partons demain pour nous installer définitivement dans un nouvel endroit. Cette page se tourne enfin, surtout pour mon fils.

Christophe : Que retirez-vous de cette expérience ?

Angelo : Se retrouver impuissant malgré l’ensemble des structures officielles existantes est une chose très dure à expérimenter. Certaines populations bénéficient d’avantages réels, d’autres non. Je ne l’imaginais pas à ce point… Au final se sont des individus et des organismes ne faisant pas partie du « système » qui ont été les plus efficaces. La désinformation médiatique est aussi un facteur difficile à supporter. D’un autre côté, sans cette vidéo, nous ne serions peut-être pas sortis d’affaire... Je compte surtout ne rien oublier et faire valoir nos droits. Des actes impardonnables ont été commis à l’encontre de ma famille.

Christophe : Le mot de la fin…

Angelo : Je ne souhaite cela à personne, on bascule très vite, et parfois même la volonté ne peut pas tout… Nous voulions cette entrevue pour replacer les choses dans leur contexte. Et si, il est possible de rester dormir dehors en France en tant que demandeur d’aide Français avec un enfant de moins d’un an.

Elodie : Un grand merci de ma part et de celle de mon fils.

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La vidéo: ici.

Christophe pour le C.N.C.

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12/05/2015

Entrevue #17: Frédéric, responsable du M.A.S. Sud-Ouest

Entrevue #17: Frédéric, responsable du M.A.S. Sud Ouest

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Le Cercle Non Conforme : 1) Peux-tu nous expliquer brièvement pourquoi tu t'es engagé au M.A.S et pourquoi tu y as pris des responsabilités ?

Frédéric : Le choix de mon engagement au MAS depuis 2012 est le résultat d'un long parcours politique.

Engagé sous le drapeau de la 3V fin 80 début 90, j'ai gravité autour de la sphère NR au lycée, pour m'engager quelques années plus tard dans la dite « droite nationale » où j'ai pris quelques responsabilités de cadre local dans le Sud Ouest, tout en étant responsable local des Cercles de résistance du réseau Unité Radicale.

Petit à petit j'ai fait le constat que les orientations de cette mouvance (au sens large) correspondaient de moins en moins à ma vision du monde et à ses réalités. J'ai donc décidé de partir en 2002. J'ai participé à plusieurs aventures durant quelques années, jusqu'à l'apparition du Mouvement d'Action Sociale où j'ai pris la responsabilité de la section Sud Ouest jusqu'à ce jour.

Ce qui a été fondamental dans le choix de mon engagement au MAS, c'est sans aucun doute la volonté d'un mouvement d'allier la parole à l'action, ce qui est malheureusement chose très rare dans le paysage de la dissidence actuellement.

Le C.N.C. : 2) Quelles sont les activités et les actualités de ta section ?

Frédéric : Elles sont diverses et variées, mais toutes recentrées sur l'aspect social. Cela va du militantisme de terrain (collage de banderoles, boitage, tractage) aux actions sociales et écologiques  ( nettoyage de quartiers laissés à l'abandon par les services locaux) en passant par le sport et la formation politique.

Au MAS, nous ne concevons pas une action sans qu'elle ait un but social que nous puissions retranscrire dans le réel et sur le long terme. Nous préférons les actes aux belles paroles, c'est pourquoi nous demandons à nos militants de s'impliquer au sein de notre réseau en rapport avec leur expérience professionnelle. Pour exemple, lors de nos sorties Trace nous proposons des cours de secourisme, de premier secours sur blessés, d'évacuation de blessés en milieu hostile (montagne, forêt) le tout encadré par des professionnels urgentistes et des militaires réservistes tous militants dans notre réseau. Ces sorties, outre l'aspect pratique, sont souvent l'occasion de rencontrer des personnes pour qui le militantisme peut prendre plusieurs aspects, et d'échanger entre camarades dans un esprit festif lors des veillées.

Le C.N.C. : 3) Récemment les militants du M.A.S. Sud-Ouest ont mené une action remarquée sur les berges du canal du Midi à Toulouse ? Peux-tu nous en dire plus sur la genèse, la réalisation puis les retours de cette action ?

Frédéric : Le point fort du Mouvement d'Action Sociale, est sans aucun doute la volonté d'allier l'action à la parole. Nous partons du principe que toute contestation est veine si elle n'est pas accompagnée de gestes forts, de concret, et d'une lutte sur le long terme. 

Nous sommes pour certains habitants du quartier de la gare Matabiau à  Toulouse où les opérations «  berges propres » se déroulent depuis quelques mois. Nous avions, quelques temps avant le début de l'opération en janvier, en collaboration avec une association locale, alerté les services publics sur l'état de délabrement de notre quartier. Nous n'avions reçu comme réponse qu'un article de la Dépêche du midi, annonçant que le quartier subirait d'important travaux de réaménagement  pour la construction de la nouvelle gare LGV Toulouse Paris a l'aube des années 2020, donnant au quartier une nouvelle image, avec un secteur d'hôtels de luxe et d affaires. Nous sommes donc partis du constat que ce quartier souffrait depuis plusieurs années de l'abandon des services de la mairie droite & gauche confondus. Effectivement notre quartier était livré à la prostitution, à l'insécurité, et à la toxicomanie sans que la mairie ne prenne ses responsabilités. Cela n'était plus supportable pour bon nombre de Toulousains.

Face à l'incompétence et au silence des services de la voirie de la mairie, nous avons donc décidé de prendre les choses en mains et de participer à  la vie de notre quartier en lançant la campagne « opération berges propres » entre les deux écluses de Bayard Matabiau. Une dizaine de militants du MAS se sont donnés rendez-vous en Janvier pour inaugurer l'opération qui fut un succès tant sur le plan pratique (plus de 700 kilos de déchets en tout genre récupérés) que sur le plan humain, puisque nous avons reçu un accueil très favorable des résidents totalement résignés au devenir de leur quartier. En une matinée nous avons nettoyé 200 mètres de berges, récupéré 700 kilos de détritus en tout genre, et récolté pas loin d'une centaine de seringues usagées à même le sol, que nous avons envoyé au maire de Toulouse avec les précautions sanitaires requises. Nous n'avons pour l'heure reçu aucune réponse ni demande de rencontre. Cela nous importe peu puisque nous œuvrons pour le bien de notre quartier et de ses résidents, et nous continuons régulièrement à  faire des interventions sur ce secteur. En ce qui concerne les retours, nous recevons toujours un très bon accueil lors de nos interventions. Nous ne nous cachons pas derrière une association bidon, nous nous réclamons du MAS. Nous n'avons aucune honte à dire que nous sommes des patriotes défendant leur quartier face au laxisme des pouvoirs locaux. Le quartier Bayard Matabiau est une Zone à Défendre au même titre que Sivens. Nous avons d'ailleurs pris comme devise «  ton quartier c'est ta vie, défend ton quartier ».

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Le C.N.C. : 4) Des actions de nettoyage ont également été réalisées par les sections Nord et Méditerranée. La section Auvergne, quant à elle, a participé aux mobilisations contre la ferme des mille veaux. Que penses-tu de cette dynamique ?

Frédéric : Je trouve toutes ces actions très constructives, et je ne peux qu'encourager les patriotes sincères à  multiplier ce genre d'actions sociales et de militer dans ce sens.

Plus globalement, il faut pouvoir sortir d'un militantisme de base qui serait juste d'aller coller des autocollants, dire qu'il faut que le peuple se prenne en main, le tout derrière son écran ou sur le papier,  et continuer comme cela à  rester dans l'incantatoire. Il faut que les patriotes pour qui les mots France communauté et solidarité ont encore un sens, reprennent tout les vecteurs qui fondent notre société, et reprennent pied dans le réel.

Nos actions sociales telles que solidarité populaire, le projet entraide famille, l'entraide calaisienne (nouveau projet social de Calais dont je salue l'initiative) doivent être le moteur de la révolution sociale que nous appelons de nos vœux. Il est primordial pour nous d'être sur ces terrains de luttes.

Le C.N.C. : 5) Le M.A.S. a été régulièrement cité ces dernières semaines à propos d'une prétendue « infiltration » de l'extrême-droite dans le combat écologique. Ne penses-tu pas, au contraire, que ce sont les forces de gauche, donc les forces « progressistes », qui ont récupéré l'écologie qui leur est philosophiquement opposée ?

Frédéric : Absolument, et certains  occupants de Sivens l'ont bien compris. J'en veux pour preuve ce pauvre Mélanchon qui s'est fait bousculer par quelques Zadistes courageux qu'il a rapidement dénoncé comme étant de dangereux militants d'extrême-droite infiltrés sur la ZAD. Nous voyons donc que d'un côté la gauche de Mélenchon est désavouée sur son propre terrain de lutte, et d'un autre côté l'extrême gauche antifasciste pille le centre ville de Toulouse lors de samedis d'émeutes suite à la mort de Rémi Fraisse. A ceux qui nous accusent de récupérer tel ou tel combat, nous leur répondons que ce n'est pas en cassant un dab, ou en taguant une banque qu'ils vont faire tomber le capitalisme, et qu'ils vont donner les moyens au peuple de reprendre son destin en main. Au milieu de ça, nous nous plaçons comme étant la véritable alternative. Si nous avons tant été décrié par des journaux comme les inrocks ou sur les blogs de l'extrême-gauche antifasciste, ce n'est pas anodin. Ils commencent à comprendre doucement qu'ils n'ont plus le monopole des luttes, tant ils sont totalement coupés des réalités du peuple.
Plus sérieusement et pour couper court a tout délire, comment pourrions-nous être taxé de récupérer le combat écologiste par cette gauche, qui justement s'arrache les cheveux depuis des décennies quand nous parlons de la terre de nos ancêtres, de sauvegarde de la nature, de sauvegarde de notre patrimoine? Quand nous clamons haut et fort que cette terre est la nôtre et que nous voulons la préserver face au rouleau compresseur libéral? Quand enfin nous faisons nôtre l'adage de Dominique Venner «  la nature comme socle, l'excellence comme but, la beauté comme horizon »?
Pour nous ce combat n'est pas nouveau. Il nous a d'ailleurs assez longtemps été reproché.

Nous ne récupérons absolument rien. Nous sommes la nature qui se défend, nous nous battons face aux oligarques, aux promoteurs immobilier, aux élus du PS locaux qui votent les travaux de construction d'un barrage qui n'a aucun sens, face aux délabrements de nos lieux de vie, etc..
Nous n'avons de cesse de dénoncer quotidiennement les attaques du capitalisme sur la nature, sur nos vies, sur la santé, sur les animaux etc.....
En ce sens nous ne nous contentons pas de dénoncer ces méfaits, nous sommes sur le terrain des luttes et nos actions sociales le prouvent chaque jours
- Construction et participation aux AMAP, contre les politiques empoisonnements des terres par les grands trust comme Monsanto, Bayer, etc...
-Actions écologiques pour la sauvegarde de notre patrimoine telles que les opérations berges propres à Toulouse, les actions de nettoyage des cours d'eau dans le Gard, le Nord etc...
-Bénévolat dans les animaleries
-Actions de solidarité populaire pour les plus nécessiteux de nos compatriotes dans les grandes villes comme  Nancy, Paris
- Création du micro crédit a taux 0, contre le pouvoir des banques véritable bras armé de la dictature du capital.

Notre réponse à ceux qui nous accusent de faire de la récupération tous azimuts est dans nos actes. Nous sommes ce que nous faisons, et beaucoup comprennent notre démarche. En ce sens notre présence sur les terrains de lutte comme Sivens est tout à fait légitime, elle est le résultat d'une prise de conscience de l'enjeu vital de l'écologie radicale que nous appelons de nos vœux dans nos textes fondateurs, ni plus ni moins.

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16/03/2015

Entrevue du C.N.C. #16: Philippe Milliau pour TV Libertés

Entrevue du C.N.C. #16: Philippe Milliau pour TV Libertés

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Le C.N.C: 1) Merci Philippe Milliau d'avoir accepté de nous accorder cet entretien. Pouvez-vous rappeler à nos lecteurs la genèse du projet de TV Libertés et comment vous êtes parvenu à mettre sur pied ce projet ambitieux et unique en son genre ?

Notre projet est né du même sentiment d'indignation que ressentent les Français face au bourrage de crâne éhonté des grands médias et notamment des médias audiovisuels.

Comment rester sans réagir face à une télévision qui propage à jet continu des contre-valeurs en contradiction même avec ce que nous sommes depuis plusieurs millénaires ?

Eh bien, avec un groupe de personnalités, nous avons décidé de réagir. De ne plus se laisser faire. Nous avons été aidés dans notre entreprise par trois facteurs nouveaux qui expliquent notre réussite.

En premier, une révolution technologique venue des États-Unis qui divise par vingt ou trente le coût d'une télévision.

En deuxième, la généralisation de l'internet à haut débit au sein de la population française.

Enfin, une capacité nouvelle de mobiliser financièrement des Français autour de projets s'opposant à la pensée dominante.

Ces trois facteurs conjugués ont permis d'imaginer, de mettre sur pied et de financer la première télévision connectée libre de France.

Le C.N.C: 2) Comment votre projet a été reçu par les médias officiels, de TF1 à BFM TV ?

Les gros médias ne nous ont pas déroulé le tapis rouge, vous vous en doutez.  Bien au contraire, ils ont ourdi une conspiration du silence afin de retarder le plus possible notre développement.

Dans un autre pays, les journalistes se seraient bousculés devant notre porte pour présenter une initiative citoyenne aussi originale à leurs lecteurs, à leurs auditeurs ou à leurs téléspectateurs.

Ce n'est pas le cas chez nous. En France, et c'est un triste constat, la caste médiatique fonctionne d'abord sur des mécanismes de copinage idéologique et politique. Comme la très grande majorité des journalistes est à gauche et même à l'extrême gauche, ils détectent très vite toute initiative qui sort des clous du politiquement correct. Ils réagissent alors avec une célérité et une unanimité exceptionnelle soit pour l'anéantir par un tir de barrage de mensonges et de calomnies, soit par le silence de plomb.
Pour l'instant, c'est dernière arme qu'ils utilisent contre nous.

Le C.N.C: 3) Comment faire œuvre de vérité et réinformer sans tomber parfois soi-même dans ses propres préjugés ? Est-ce possible ? Ou le rôle d'un média est-il aussi d'avoir une teinte, une approche, nécessairement subjective, qui donne une interprétation de l'actualité ?

L'important est de s'en tenir aux faits. Dire les choses et les nommer. Appeler un chat un chat. C'est déjà considérable. Ne jamais céder au politiquement correct.

Ensuite, nos journalistes sont des professionnels bien formés et honnêtes. Cela leur permet de garder la tête froide, tant dans le traitement de l'actualité française qu'internationale. Nous sommes les seuls à traiter le Front national sur le même pied d'égalité que les autres partis. Nous sommes les seuls à nous intéresser à ce qui se passe vraiment en Syrie ou en Ukraine, sans répéter servilement les mots d'ordre de l'Otan  ou de M. Fabius.

Nos journalistes ne servent pas la soupe aux invités et ils ne les agressent pas non plus. Si nous interrogeons  une personnalité, c'est pour lui donner l'opportunité d'exposer ses idées, ses points de vue. Nos questions ne cherchent pas à la déconsidérer, à l'humilier ou à la ridiculiser aux yeux des téléspectateurs comme c'est trop souvent le cas dans les télévisions du système. Nous nous enorgueillissons d'accueillir sur notre plateau des personnalités qui ne sont jamais invitées ailleurs car elles apportent des points de vue différents de ceux de la caste politico-médiatique et financière qui veut régir nos existences.

Le C.N.C: 4) Pouvez-vous dresser le portrait du téléspectateur type de TV Libertés ?

Le téléspectateur type de TV Libertés se caractérise avant tout par son refus de la tyrannie médiatique et par son amour de la France que nous avons reçue en héritage de nos parents.
C'est une personne à l'esprit ouvert, capable d'entendre la vérité même lorsqu'elle est désagréable, en mesure d'apprécier le débat d'idées, même lorsqu'il est vif comme c'est souvent le cas dans l’émission bimensuelle Bistro Libertés.

C'est aussi un Français aimant notre culture sous ses différentes formes, littérature, peinture, danse, chant, cinéma ou encore musique.
Enfin, c'est aussi un homme ou une femme engagé qui a compris qu'il ne suffit pas de glisser un bulletin dans l'urne ou de manifester dans les rues mais qu'il est vital de participer au financement d'une télévision alternative, seul vrai moyen de réveiller nos compatriotes.

Le C.N.C: 5) Une présentation de TV Libertés aura lieu à Lille le 21 mars, quels sont ses objectifs ?

En collaboration avec le quotidien Présent, nous organisons une réunion publique à laquelle nous invitons quelques centaines de personnes sélectionnées. L'objectif est d’offrir la possibilité à nos compatriotes du Nord de découvrir deux médias alternatifs qui se complètent très bien.
Nous voulons aussi donner l'opportunité aux personnes qui viendront à cette réunion de poser toutes les questions sur nos médias respectifs et, je l'espère, nous apporter leur soutien financier. Je veux rappeler ici notre choix stratégique : seuls les dons nous permettent notre existence et notre développement ; cela nous rend ainsi réellement indépendants de toute pression commerciale ou financière.

Le C.N.C: 6) Quels sont aujourd'hui vos besoins principaux ? Et comment peut-on vous aider ?

En toute circonstance, je privilégie le langage de vérité.

Nous avons payé les investissements indispensables à la télévision, comme l’aménagement d’un premier studio d'enregistrement et des bureaux, les équipements techniques.

Nous devons maintenant financer régulièrement les frais courants (loyer, salaires et charges, réseaux) par des dons réguliers pour réserver les soutiens ponctuels à de nouveaux achats de matériels ou à des dépenses exceptionnelles.

Un accroissement du nombre de donateurs souscrivant à un prélèvement mensuel de trente, soit après déduction fiscale, à peine l'équivalent de la redevance de l'audiovisuel public, est notre objectif prioritaire.

Chaque téléspectateur acceptant de faire cet effort joue un rôle déterminant dans l'avenir de notre pays en contribuant à briser le monopole de la machine à ahurir les peuples que sont les grandes télévisions du système.

Par ailleurs développer la diffusion est l’acte militant le plus précieux qui soit. Nous avons déjà enregistré près de mille vidéos ; parmi il y en a sans nul doute certaines qui passionnent celui qui nous lit ; alors allez voir les archives, partagez les, et faites ainsi connaitre TV Libertés. Faites vivre l’outil et donnez une dynamique à l’information alternative ! Le site : tvlibertes.com.

TV Libertés,
BP 400 35,  94271 LE KREMLIN BICETRE,
01 43 90 51 30
contact@tvlibertes.com

www.tvlibertes.com

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10/02/2015

Entrevue du C.N.C. #15: Francesco, volontaire italien en Ukraine

 Entretien avec Francesco, volontaire italien en Ukraine,

propos recueillis par Julien pour le C.N.C.

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C.N.C. : Bonjour Francesco, quel âge as-tu et que faisais-tu avant de combattre en Ukraine ?

Bonjour, j’ai bientôt 52 ans et j’ai été commercial et administrateur de société dans le secteur industriel de l’automobile.

C.N.C. : Qu'est-ce qu'un Italien, apparemment sans lien avec l'Ukraine et le monde slave, fait en Ukraine ?

Au départ, j’étais en Ukraine pour des raisons professionnelles et j’ai tout lâché en janvier 2014 quand les manifestations du Maidan [place de l’Indépendance à Kyiv] ont débouché sur une véritable Révolution nationale.

C.N.C. : Comment es-tu arrivé en Ukraine ? Comment as-tu vécu la barrière de la langue et de la culture ? Quel fut ton accueil ?

Il est sûr que la différence de langue constitue une forte barrière, mais il y avait quand même pas mal de gens qui maîtrisaient l’anglais et parfois le français. J’ai rapidement rencontré des nationalistes radicaux dont les symboles et les référents idéologiques étaient les miens. Par conséquent, je me suis vite senti chez moi. Certains animaux se flairent et se reconnaissent facilement comme membres d’une même et grande famille.

Quel est le statut de ces unités de volontaires qui portent leurs propres emblèmes personnalisés ? Êtes-vous des soldats comme les autres, soumis au commandement d’un état-major national, ou bien la branche armée de mouvements politiques indépendants ?

Sur place , je réalise que l’on passe de la révolution à la guerre sans aucune transition. Après Odessa [référence aux combats de rue qui ont opposé séparatistes pro-russes et pro-Maidan], quand il a été clair que les séparatistes ne se seraient pas arrêtés à la Crimée mais voulaient poursuivre le dessein d’Alexandre Douguine [théoricien du néo-eurasisme] de construire une Novorossia [« Nouvelle Russie »], j’ai essayé de partir avant avec les volontaires du Praviy Sektor. Dmytro Iaroch [leader du Secteur Droit - Praviy Sektor], bien que nous ayons été très peu d’étrangers à être membres réguliers du PS, a craint que l’on nous prenne pour des mercenaires et a refusé.

Immédiatement après, je suis parti après avec les Hommes noirs d’Andriy Biletskyi, bientôt reconnus par le Ministère de l’Intérieur comme bataillon spécial de police antiterroriste.
Si j’avais été accepté par le PS, je serais à ce jour un irrégulier, car Iaroch refuse toute supervision de la part de l’armée ou du gouvernement, bien que sur le terrain les hommes des DUK (Corps des Volontaires Ukrainiens - membres du PS) soit rattachés à l’armée régulière.

C.N.C. : Selon Vladimir Poutine, l'armée ukrainienne constitue la « Légion étrangère de l'OTAN ». Qu’en penses-tu ?

Non, et il a dit une bêtise encore plus grande : les bataillons des volontaires nationalistes sont la Légion Etrangère de l’Otan. Même les enfants savent que Iaroch et Biletskyi sont pour une Ukraine indépendante, souveraine et culturellement européenne (comme le sont les Russes « de souche », à différencier des autres peuples - notamment du Caucase – parties constituantes de l’empire russe), mais éloignée de l’Union européenne, des Etats-Unis ou de ces chiens de l’OTAN.
On ne chasse pas un prétendu « maître » pour en accueillir un autre chez soi. Russie et Occident ne sont que des puissances capitalistes et libérales, seulement rivales géopolitiquement, qui jouent avec le destin et la vie des Ukrainiens

C.N.C. : Où es-tu stationné en ce moment et quelle est la situation là-bas ?

Je suis retourné chez moi, pour retrouver mon fils de dix ans, après avoir participé à Maidan, soutenu le premier PS (jusqu’à sa constitution en véritable parti politique), puis avoir rejoint le bataillon Azov jusqu’au mois d’août 2014.

Mon cœur est resté avec mes frères d’armes au Donbass : je soutiens le bataillon Azov de toutes mes forces.

* * *

Bonus: Traduction en français de l'article en italien du journal "Il Giornale" dans lequel intervient Francesco:

"Soldat de l'OTAN en Ukraine ? "On leur tirera dessus !"

Un volontaire du bataillon Azov déclare au sujet de l'indépendance des soldats ukrainiens qu'ils ne sont ni pour l'OTAN, ni pour Moscou.

La présence éventuelle de troupes de l'OTAN serait très mal vue par ceux qui combattent en tant que soldats politiques contre les pro-russes. Récemment, le président Vladimir Poutine, utilisant la rhétorique classique de la propagande russe, qualifiait l'armée de Kiev de "légion étrangère de l'OTAN" utilisée par les gouvernements occidentaux pour contenir la Russie.

Il est bien connu qu'en Ukraine se battent de nombreux volontaires venant de toute l'Europe. Une source contactée par nous, Francesco F. un volontaire qui a combattu en Ukraine pour le bataillon AZOV nous a assuré qu'il n'y avait en ce moment aucun soldat de l'OTAN en Ukraine et que l'OTAN comme la Russie était deux empires négatifs.

Francesco F. a déclaré qu'il ne serait pas surpris du tout si les membres du bataillon Azov commençait le cas échéant à tuer des soldats de l'OTAN, "considérés comme un autre contingent d'envahisseurs étrangers".

S'il est exact que des volontaires de Suède, de France, d'Italie, de Croatie et d'Angleterre luttent pour Kyiv, il s'agit d'abord de volontaires et de soldats politiques. Les critères de sélections de ces hommes sont très stricts et avant toutes choses, les volontaires non-Européens ne sont pas acceptés.
Une seule exception est faite pour les membres de la diaspora Ukrainienne vivant hors d'Europe et souhaitant revenir défendre leur pays.

Ceux qui se battent en Ukraine,nous assure Francesco, se battent pour un idéal et ils ont une vision très négative du gouvernement de Kiev et de ses oligarques pro-EU et pro- US, ainsi que de leurs "ministres étrangers".

L'idéologie géopolitique des révolutionnaires nationalistes Ukrainiens comme il nous l'explique n'est pas "de rejoindre l'EU et sa banque centrale qui restreignent la souveraineté nationale, pas plus que d'être asservis à la Russie multiculturelle eurasiste, mais de maintenir un statut de non-aligné, qui privilégie les relations avec les pays d'Europe de l'Est, ainsi que ceux de la Baltique. Les derniers bastions de l'Europe traditionnelle".

Pour finir, Francesco nous a annoncé que maintenant que le bataillon Azov avait intégré la garde nationale pour constituer à terme un régiment, la sélection serait encore plus stricte et que de nouveaux volontaires étrangers.

Traduction: Francesco.

Merci à Pascal Lassalle pour sa relecture précieuse.

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