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16/08/2012

Chronique d'album: The Horrible Night – Moth (2011)

Chronique d'album: 

The Horrible Night – Moth

thn moth.jpgMoth est le premier opus du groupe de Rap Non Conforme italien « The Horrible Night » et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il ne m’a pas laissé insensible.

J’ai découvert The Horrible Night à ses débuts, dans un bar italien où il se produisait et j’ai non seulement trouvé la musique intéressante, mais j’ai été également très surpris de voir les militants italiens s’enthousiasmer pour du rap.

Cet enthousiasme n’est pas un hasard. Oui The Horrible Night fait du rap, et le rap n’est pas vraiment dans nos habitudes culturelles qui sont plutôt tournées vers le metal, le rock ou l’indus. Mais The Horrible Night c’est un univers, celui, justement, de la culture sombre. Car notre monde est celui d’un nouvel âge sombre. Ainsi en écoutant les paroles de « The Horrible Night », vous noterez des références au cinéma d’horreur italien (Lucio Fulci) ou au metal extrême par exemple (Black metal, death metal). Ainsi le nom du premier album, Moth, signifie « papillon du nuit » et le symbole du groupe est le papillon de nuit du Silence Des Agneaux. Le visuel est donc très sombre, pas de photos ridicules au pied des HLM ou pendant un rodéo en scooter.

Le premier morceau, New Era, nous plonge tout de suite dans le bain. Le chanteur y parle de son mépris pour la culture hip-hop et pour tous ces rappeurs blancs qui veulent imiter la culture afro-américaine des ghettos. La nouvelle ère s’ouvre.

Les paroles de l'album sont très critiques sur ce monde moderne sans queue ni tête. Un morceau comme Moth sonne totalement mélancolique. On s’imagine, seul, déambulant dans les rues lors d’une nuit pluvieuse avec les papillons de nuit se collant aux lampadaires. Le refrain « In girum imus nocte et consumimur igni! » qui signifie « nous tournons en rond la nuit et sommes consumés par le feu » qui nous apparaît faire autant référence à la Rome antique qu’à l’internationale situationniste (Guy Debord). The Horrible Night déroule ensuite un rap incisif qui se conclut en apothéose par le bonus track, Kalashnikov Black Metal avec un magnifique sample de l’Aldila (l’Au-delà en français, film d’horreur de Lucio Fulci).

Seul quelqu’un de totalement hermétique au rap aura du mal à accrocher, mais il m’est apparu qu’avec un peu de bonne volonté, un public assez large peut être conquis par The Horrible Night et entrer dans son univers.

« The Horrible Night: il crew più oscuro ».

«The Horrible Night: le groupe le plus obscur».

Myspace: http://www.myspace.com/thehorriblenight

«Il male ti seduce, ti chiama a gran voce: «The Horrible Night è la tua ossessione!»

«Le mal te séduit, il t'appelle à voix haute: «The Horrible Night est ton obsession!»

Jean

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13/08/2012

Chronique de livre: Lucien Rebatet et Pierre-Antoine Cousteau, Dialogue de vaincus, Berg International, 1999

 

 

L. Rebatet et P-A. Cousteau, Dialogue de vaincus, Berg International, 1999

rebatet.JPGSi l’on sait que la prison permit aux deux anciens les plus extrêmes de Je Suis Partout de beaucoup écrire et d’étudier à cette fin, on savait certainement très peu que les deux compères s’étaient amusés à coucher certaines de leurs discussions sur papier, idée de Cousteau. Ainsi, ils rédigèrent une grosse vingtaine de dialogues destinés à être publiés. Sachant que ceux-ci datent de 1950, on pourrait s’étonner de ne les voir publiés que 50 ans après mais on peut aisément imaginer les obstacles que cette publication a pu rencontrer. Si bien que les deux condamnés à mort (qui furent finalement graciés par la suite) avaient décidé dès le départ de retirer de l’édition à venir deux dialogues, un sur les « nègres » (selon la terminologie employée à l'époque) , l’autre sur les juifs…

Les dialogues à notre disposition n’en sont pas moins savoureux à plus d’un égard. On y retrouve une façon de parler et d’exprimer ses idées imagée et croustillante et l’on y rit beaucoup. Les deux anciens collaborateurs voient avec ces dialogues l’occasion de faire un bilan de leur engagement, de leurs idées ; ils estiment avancer au fur et à mesure vers plus de sagesse. Ils se disent « vaincus » car leurs idées restent valables à leurs yeux, malgré la défaite. Ils reviennent ainsi sur leur jeunesse et leur engagement qui les plaça dans le camp des ultras de la collaboration, discutent de la guerre et des erreurs qui furent commises par Hitler, évoquent les grandes figures du temps : Staline, Roosevelt ou encore Maurras (qualifié de « vieille bique »)… En plus de cela, ils expriment leurs considérations sur divers sujets allant de l’art du crime à la religion en passant par la littérature ou l’histoire. Le thème de la religion, que Rebatet allait traiter amplement dans son roman  Les deux étendards, leur permet d’exprimer toute la haine qu’ils éprouvent envers le christianisme et l’Eglise. En plus de ces dialogues, on trouve un pastiche délirant de Sartre commis par Cousteau, les deux maudits haïssant évidemment le précité.

p-a cousteau.JPGLe tout est présenté par l’un de ces historiens conformistes qui, s’il n’est pas totalement objectif, s’en sort assez bien tout de même.

Ce dialogue de vaincus viendra aisément compléter la lecture de l’anthologie de Je Suis Partout, chroniquée sur ce site. Il est en outre indispensable à tous les amateurs de Rebatet et Cousteau qui l’ont certainement depuis belle lurette.

Rüdiger.

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12/08/2012

Chronique d'album: Kiborg- Rabble (2011)

Chronique d'album:

Kiborg - Rabble (2011).

kiborg.JPGNon, Kiborg n’est pas un groupe de Death Metal même si la pochette de leur dernier album pourrait le laisser penser. Les zombies que l’on voit ici sont une image de nos contemporains qui laissent le système mortifère guider leur vie, leurs idées, leurs goûts, leurs réactions. C’est l’image de ceux qui suivent bêtement la société dégénérée et tous ses travers. Suivent quelques-uns des titres de l’album : « On the system », « Pedophilia », « Clone », « Your freedom ». On retrouve donc là le fil directeur de l’univers du groupe russe qui domine ses dernières productions et en particulier l’excellent « False-Humanism », sorti en 2007.

Le style de Kiborg est désormais bien établi : on retrouve sur cet album tout ce qui avait contribué au succès de « False-Humanism » : un mélange de métal extrême et de hardcore (on peut qualifier ça de Metalcore du coup…) servi par une voix très puissante, des rythmiques efficaces mais également un réel sens de la mélodie. En effet, celle-ci est un élément fondamental de la musique du groupe qui n’hésite pas à utiliser énormément de voix claires voire du synthé à certains moments. Evidemment, ça reste de la musique dite « extrême » donc ce sens de la mélodie ne sera certainement pas ce que recherchera celui qui écoute de la musique de chambre… Le rythme varie du rapide au lent mais reste majoritairement mid-tempo sur « Rabble » qui est certainement l’album le plus réussi de Kiborg. Le groupe russe en profite même pour nous étonner avec une très bonne reprise du « Negative Creep » de Nirvana. On retrouvera bien sûr toujours ce chant en russe qui apporte un indéniable plus à l’ensemble.


Si vous devez découvrir Kiborg, il serait judicieux de le faire avec cet album qui reste leur plus récent. Le groupe, qui a quelques influences techno dans sa musique, a sorti depuis « Dancing in Hell », compilation assez étonnante où leurs morceaux les plus connus sont entièrement remixés à la sauce techno.

Rüdiger

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11/08/2012

Chronique de livre: Bernard Lugan, La guerre des Boers 1899-1902, Perrin, 1998

Chronique de livre:

Bernard Lugan, La guerre des Boers 1899-1902, Perrin, 1998

guerre boers.JPGSpécialiste de l’Afrique et de l’histoire coloniale, Bernard Lugan est le plus grand africaniste français de notre époque. Jalousé par beaucoup pour sa connaissance réelle du monde africain (il y a vécu et enseigné), il est de plus souvent décrié par les historiens gauchistes qui ne supportent pas ses prises de position non-conformes à la religion des droits de l’homme et de la culpabilisation ambiante. Auteur de nombreux livres de référence, il a publié récemment : Pour en finir avec la colonisation (2006), Histoire de l’Afrique, des origines à nos jours (2009) ou encore Décolonisez l’Afrique ! (2011). On se reportera également à l’entretien qu’il a accordé à Méridien Zéro (Emission n°101 du 18 juin 2012).

Bernard Lugan s’attaque dans cet ouvrage à un point crucial de l’histoire sud-africaine : la guerre des Boers. Est exposé ici cet épisode décisif pour la nation afrikaner (ou boer) : peuple blanc fondé à partir des néerlandais de la colonie du Cap et des huguenots français fuyant Louis XIV, arrivés en Afrique australe au 17ème siècle. Les Boers, protestants obscurantistes, vont pouvoir y vivre selon leurs mœurs rigoristes et traditionnelles jusqu’à ce que la colonie du Cap ne devienne possession anglaise au début du 19ème siècle. L’opposition entre Anglais et Boers va vite devenir si intense que les seconds vont quitter la colonie du Cap pour aller fonder deux nouveaux Etats au nord-est de celle-ci : l’Etat libre d’Orange et le Transvaal.

L’impérialisme anglais n’acceptera jamais vraiment qu’une partie de ses anciens sujets lui échappe, surtout lorsque l’on découvrira dans les Etats nouvellement créés des richesses minières alléchantes pour les capitalistes… L’Angleterre fera alors tout pour déclencher une guerre au peuple boer : en tentant de les angliciser, de leur faire perdre leur culture rurale et patriarcale et en favorisant l’égalitarisme avec les Noirs (les Boers se « vengeront » plus tard par l’instauration de l’apartheid). Les conflits plus ou moins graves se succèderont jusqu’en 1899 quand les Boers, acculés à la mort de leurs Etats, devront prendre les armes pour se défendre. Après une phase de guerre régulière qui leur sera défavorable, les Boers décideront de se battre par la guerilla. Cette technique portera très bien ses fruits jusqu’à ce que les Britanniques n’utilisent les camps de concentration hautement mortifères à l’encontre des femmes et enfants boers (28 000 morts pour un petit peuple) en plus de l’incendie quasiment systématique des fermes boers. Les combattants des Kommandos en seront finalement réduits à se rendre pour éviter un génocide total de leur peuple, travail déjà bien entamé par les Anglais…

Cette dramatique guerre entre Blancs est exposée avec brio par Lugan qui explore également des aspects moins connus de la guerre, comme la participation de volontaires européens à la guerre contre les Britanniques. Un excellent livre d’histoire, fort bien écrit, qui, en plus de vous apporter des connaissances, vous fera réfléchir.

Rüdiger

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03/08/2012

"Ip Man 2: Le Retour du Grand Maître", un film de Yip Wai Shun (Hong Kong, 2010)

Ip Man 2: Le Retour du Grand Maître

ip_man_2.jpg"Ip Man 2: Le Retour du Grand Maître" est le deuxième volet cinématographique que consacre le réalisateur hongkongais Yip Wai Shun au sujet du grand maître d’arts martiaux chinois Ip Man.

Alors que le premier volet se déroulait dans la ville natale du maître, à Foshan, les événements tragiques de la Seconde Guerre mondiale et l'avènement de la Chine communiste, obligent Ip Man à partir pour Hong Kong.

La construction du deuxième film est globalement la même que dans le premier. D'abord Ip Man est seul et inconnu, puis il devra faire ses preuves face à d'autres maîtres d'arts martiaux chinois et en dernier lieu il affrontera un ennemi étranger pour sauver l'honneur des arts martiaux chinois et au-delà de ça des traditions chinoises. Cet ennemi, nous le connaissons bien, c'est l'Anglais, qui incarne ici la figure de l'Occident arrogant.

Alors que Ip Man 1 se plaçait dans une atmosphère assez sombre, en raison de l'occupation japonaise, ici c'est plutôt une atmosphère de chaos qui règne à Hong Kong. Les Anglais laissant les différentes triades honkongaises régler leurs différents entre-elles tant que cela ne nuit pas à leurs intérêts. Ce qui est au fond, la preuve d'une bonne compréhension du système de domination occidental.

Le personnage d'Ip Man nous livre ici encore une facette de sa personnalité, refusant le conflit, il tente de démontrer que les arts martiaux chinois ne sont pas là pour régler de futiles bagarres de rue mais qu'ils s'inscrivent dans une longue tradition et s'accompagnent aussi d'une philosophie. Ainsi Ip Man tente une nouvelle fois de faire règner l'ordre et l'harmonie.


Nous comprenons vite que pour le réalisateur, le facteur de chaos au sein de la société hongkongaise c'est l'occidental. Yip Wai Shun dépeind ainsi différentes figures qui se veulent profondément détestables, le fonctionnaire britannique ou le collaborateur hongkongais. Le summum étant bien sûr le boxeur anglais, bellâtre musclé et arrogant, cherchant à humilier les chinois.

La confrontation entre la boxe anglaise, reposant sur la puissance physique et le Wing Chun, qui n'en suppose que peu, apparaît d'ailleurs totalement au désaventage des chinois. Mais c'est par le combat, l'humilité et la dignité que Ip Man et avec lui la population chinoise, gagnent le respect des adversaires. Yip Wai Shun nous livre en filigranne un message. Plutôt que de se confondre en jérémiades, c'est en puisant dans les valeurs ancestrales, dans la philosophie et dans le combat qu'on peut se faire respecter.

Fort de son nouveau succès, Ip Man jouit alors d'une immense réputation, c'est ainsi qu'à la fin du film, se présente à lui un jeune garçon déterminé à devenir un maître en arts martiaux, Lee Jun Fan, autrement connu sous le nom de Bruce Lee. Ainsi le film nous rappelle que Ip man fut le maître de Bruce Lee et que Bruce Lee commença son apprentissage avec le Wing Chun. La légende laisse place à la légende. 

  •     Ip Man 2: Le Retour du Grand Maître
  •     Réalisation : Yip wai-Shun
  •     Scénario : Edmond Wong
  •     Acteur principal: Donnie Yen
  •     Pays d'origine : Hong Kong
  •     Genre : Action, Biographie, Histoire
  •     Durée : 108 minutes
  •     Date de sortie : 2010

Jean

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02/08/2012

"Ip Man: La Légende du Grand Maître", un film de Yip Wai Shun (Hong Kong, 2008)

 Ip Man : La Légende du Grand Maître

ip man 1.jpg"Ip Man : La Légende du Grand Maître" est le premier volet cinématographique que consacre le réalisateur hongkongais Yip Wai Shun au grand maître d’arts martiaux chinois Ip Man.

L’action se déroule en 1938 à Foshan, ville du sud de la Chine, où Ip Man est né en 1893. Cette ville est un centre important des arts martiaux chinois et en particulier du Wing Chun Kung Fu, une boxe du sud de la Chine qui utilise essentiellement les poings.

Ip Man, interprété par l’excellent Donnie Yen,  vit dans sa propriété avec sa famille et cache ses talents au plus grand nombre, préférant s’entraîner en secret et donner des leçons à l’abri des regards aux autres maîtres de la ville. Jusqu’au jour où, contraint par les événements, il devra d’abord défendre l’honneur de sa ville face à un maître de Chan Quan, une boxe du nord de la Chine qui utilise surtout les pieds, puis lors de l’occupation japonaise contre un général maître en karaté qui découvre ses talents.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser au premier abord, ce film n’est pas un simple prétexte à mettre en scène des combats improbables entre différentes disciplines. Bien au contraire, Yip Wai Shun s’est attaché à donner de la profondeur à Ip Man, par exemple en insistant sur son rôle comme chef de famille, où il semble négliger son épouse et son fils, mais se révèle finalement prêt à sacrifier sa vie pour eux. Ip Man n'est donc pas une machine, mais bien un homme, avec ses faiblesses et ses forces.

Certains y verront aussi une volonté du réalisateur de faire d’Ip Man un héros national. L’occupation japonaise y est dépeinte comme cruelle et un fond de nationalisme chinois transparaît clairement. C’est d’ailleurs de cette façon que le trailer présente le film, mais à mon humble avis, celui-ci ne lui rend vraiment pas justice…


Cependant le trailer met en lumière la très bonne mise en scène chorégraphique des combats et le film apparaît aussi comme un plaidoyer pour le Wing Chun Kung Fu, boxe chinoise développée par une moniale Shaolin au XVIIe siècle, et qui nécessite peu de force physique mais beaucoup de technique et de maîtrise de soi. Yip Wai Shun consacre d'ailleurs certaines scènes du film aux séances d'entraînement d'Ip Man.

Le film rend hommage à un homme d’exception dont la maîtrise du combat égale l’humilité.

"Ip Man: La Légende du Grand Maître" peut intéresser un public très varié que l’on soit passionné d’arts martiaux, adepte du cinéma hongkongais ou qu’on ait simplement envie de regarder un film d’action.

 

  •     Titre: "Ip Man : La Légende du Grand Maître"
  •     Réalisation : Yip Wai Shun
  •     Scénario : Edmond Wong
  •     Acteur principal: Donnie Yen
  •     Pays d'origine : Hong Kong
  •     Genre : Action, Biographie, Histoire
  •     Durée : 105 minutes
  •     Date de sortie : 2008
  •     Suite : Ip Man 2 (sortie en 2010)

Note: Ne pas confondre avec le film "Ip Man: La légende est née".

Jean

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