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18/09/2013

Chronique de livre: Gustave Le Bon, Psychologie des foules

 Chronique de livre:

Gustave Le Bon, Psychologie des foules

gustave.jpgBien que tout le laisse à penser ; que nous soyons dans une époque charnière ou pas, ou que le système en place tombe en désuétude ou non, une avant-garde se doit, dans le monde moderne, de connaître la psychologie des foules.

On pourrait penser que ce sont les hommes qui font les révolutions, mais en vérité, ce sont les révolutions qui font les hommes ; de même que les grands bouleversements historiques ne se font pas dans un coup d’éclat mais bien plutôt par un long travail de transmission d’idées, de concepts et de ressentis, tel un torrent silencieux érodant la roche de son lit. Quelqu’un a d’ailleurs dit à ce sujet, que pour qu’une transformation s’opère à la plus grande profondeur possible, il faut administrer le remède aux doses les plus faibles, mais inlassablement et sur de longues périodes. C’est dans ce courant là que réside la véritable force et non dans la révolution en elle-même ! Et Le Bon situe tout de suite où se trouve cette force : chez la foule qui a supplanté l’organisation sociale traditionnelle. Quoi que l’on en pense, la foule est dorénavant aux commandes ; et là où elle n’y est pas, elle exerce tyranniquement son pouvoir par l’intermédiaire de l’opinion publique – si ce n’est par les dogmes, Le Bon parle du droit divin de la foule. C’est dire à quel point se révèle être important l’étude de la psychologie des foules. Car il ne faut pas s’y tromper, « les foules n’ont de puissance que pour détruire », leur rôle n’est que de démolir ce qui est vermoulue. Et elles agissent pour ainsi dire aveuglément dans cette voie qui lui est inintelligible tandis que de grands hommes – tel que Napoléon – avaient comme un sens inné à la psychologie des masses afin de les orienter par leur pouvoir de suggestion.

Dans un premier temps, Le Bon décrit le caractère général des foules, la façon dont elles se composent et se déterminent à travers une sorte d’ « âme collective ». Ici la personnalité n’a plus le caractère prépondérant face à l’unité de cette « âme collective », car l’élément inconscient prend le dessus sur la raison. Ce qui n’empêche pas à la foule d’adopter différents caractères comme celui du sentiment de puissance ou de contagion mentale. Ensuite, Le Bon s’intéresse aux sentiments et à la moralité des foules. Je ne rentrerai pas plus avant dans le détail, en revanche, Le Bon traite ici de l’impulsivité, la mobilité et l’irritabilité des foules, de leur suggestibilité et de leur crédulité, de l’exagération et du simplisme de leurs sentiments ainsi que de leur intolérance, leur autoritarisme et leur conservatisme en terminant par leur moralité. En lisant ceci, on comprend que rien n’est plus malléable qu’une foule. En fait, elle ne donne naissance à rien, mais reprend ou pas à son compte l’idée d’un individu ; la foule admet tout en bloc ou rejette tout en bloc, tandis que seul le pouvoir de suggestion permet la propagation d’une idée.

Et il s’avère que pour chaque idée, la foule en fait une image, et que plus l’image sera simple plus elle aura de poids donc de pouvoir de contagion, notamment en devenant un sentiment. « Les sentiments seuls agissent sur les mobiles profonds de nos actes et de nos discours. » Par la suite, les sentiments ne bougent que très peu, car le raisonnement des foules est limité à la généralisation immédiate du cas particulier ; Le Bon donne comme exemple l’ouvrier exploité par un patron qui en conclut que tous les patrons sont des exploiteurs, ceci est un cas typique de raisonnement de foule. On ne peut s’étonner alors que là où le raisonnement n’intervient que très peu, l’imagination devienne profondément impressionnable. L’apparence joue un rôle beaucoup plus important que la réalité, l’image suggestive faisant office de mobile d’action. « Tous les grands faits historiques, la création du bouddhisme, du christianisme, de l’islamisme, la Réforme, la Révolution et de nos jours l’invasion menaçante du socialisme sont les conséquences directes ou lointaines d’impressions fortes produites sur l’imagination des foules. » Tel un sentiment religieux, la foules « met toutes les ressources de son esprit, toutes les soumissions de sa volonté, toutes les ardeurs du fanatisme au service d’une cause ou d’un être devenu le but et le guide des sentiments et des actions. » Le monde moderne tourne autour de l’adoration aveugle de principes politiques tout comme l’Empire romain se maintint non par la force mais par l’admiration religieuse qu’il inspirait. La foule est excessive par nature, soit elle croit et sanctifie, soit elle ne croit pas et tombe dans l’aversion.

Entre autres, elle le fait à travers des facteurs lointains et ancrés permettant l’avènement de facteurs immédiats, tels que les discours des orateurs. Parmi ces facteurs lointains, on retrouve la race, les traditions, le temps, les institutions et l’éducation. Ce n’est que de ces facteurs préparatoires que l’âme des peuples se dote d’une réceptivité spéciale permettant l’éclosion d’une idée. De là, certains mots comme démocratie, liberté, égalité s’érigent en dogme à travers une image qui se modifie très lentement dans le temps. Ou encore l’expérience et la raison peuvent établir une vérité à partir du moment où celle-ci prend en considération les sentiments dont la foule est animée et où celle-là est fortement répétée. Quoi qu’il en soit, le facteur immédiat n’est pas l’apanage des foules mais bien plutôt des meneurs des foules qui savent user de différents moyens de persuasion.

Une fois une vérité admise, la foule se laisse orienter par un ou des meneurs, c’est-à-dire par des hommes d’action prêt à tous les sacrifices. Leur volonté est telle qu’elle subordonne la société. Si de nos jours on ne les voit guère, c’est que les meneurs sont subtils, et ne transmettent leurs déterminations qu’à travers un prisme délayé dans l’illusion de la liberté démocratique. Cependant, que le meneur soit une personnalité comme dans les deux siècles qui nous ont précédés ou bien qu’il s’agisse d’un espèce de triumvirat démocratique, les moyens d’action restent les mêmes : à savoir qu’il s’agit d’utiliser l’affirmation pure et simple – ce dont la publicité use copieusement – et de la répéter constamment afin de l’incruster dans les régions profondes de l’inconscient. Ainsi naissent les prémices de la contagion, de surcroit quand les idées sont affirmées par le prestige, ou considérées comme prestigieuses. En revanche, Le Bon ajoute des limites de variabilité des croyances et des opinions. Pour lui, il existe une vraie charpente des civilisations qui empêche le va-et-vient constant des idées dont seule la révolution permet de détruire ce que la coutume maintient malgré la fin de la croyance. « Le jour précis où une grande croyance se trouve marquée pour mourir est celui où sa valeur commence à être discutée. » Au-delà de ces croyances fixes, Le Bon décrit très bien les opinions mobiles des foules en reprenant le caractère plus superficiel que réel de celles-ci. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que les foules changent éternellement d’opinions, et ce en politique comme dans la morale, la littérature, l’art, les modes etc. le tout étant par conséquent d’ordre éphémère. Ce qui est plus que jamais d’actualité…

Pour terminer, Le Bon analyse les différents types de foules ; il fait notamment une classification de celles-ci avec d’un coté les foules hétérogènes rassemblant des individus quelconques et les foules homogènes comprenant les sectes, les castes et les classes. Aussi, c’est comme type que Le Bon analyse quelques variétés des foules hétérogènes, avec entre autres les foules dites criminelles. L’histoire sait à quel point les foules peuvent devenir sporadiquement criminelles, car il y a bien des moments où l’acte même du crime reçoit l’approbation unanime des concitoyens. Ici encore, le raisonnement fait défaut au profit de l’emportement général. Combien la grande terreur a-t-elle guillotiné d’innocents suite à un simple geste, à une simple parole balancée sous le coup de l’émotion ? Beaucoup certainement, mais telle est la nature de ces foules.

Un autre type de foule encore est celui des foules électorales systématiquement charmées par le prestige. Elles aiment également à ce qu’on flatte leurs convoitises et leurs vanités. « Le candidat doit les accabler d’extravagantes flagorneries, ne pas hésiter à leur faire les plus fantastiques promesses. » Et celui-ci doit bien évidement user d’affirmation et de répétition non seulement pour mettre en avant son programme, mais aussi pour démonter celui de ses adversaires. Une fois de plus, le raisonnement n’a pas sa place. Les hommes en foule tendent vers l’égalisation mentale, et cette égalisation ne demande rien d’autre que des affirmations bruyantes car les opinions des foules ne sont jamais raisonnées mais plutôt imposées – avec plus ou moins de subtilité selon l’époque. On est donc en droit de se demander si le suffrage universel se rapproche d’une quelconque perfection  de conception ? d’autant plus que l’histoire prouve que toujours les civilisations furent l’œuvre d’une petite minorité d’esprits supérieurs. Mais laissons les forces invisibles de l’âme des peuples répondre à cette question et s’occuper de notre destinée.

Nicolas

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14/09/2013

Chronique musicale: Thou Art Lord "The regal pulse of Lucifer"

Thou Art Lord « The regal pulse of Lucifer » (Nuclear War Now !, 2013)

thou-art-lord-the-regal-pulse-of-lucifer.jpgPratiquement tous les regards ont été tournés, depuis le début des années 90, sur la scène Black Métal scandinave et norvégienne en particulier. Scène comprenant indéniablement des groupes de grande qualité, Burzum, Darkthrone et Mysticum par exemple, mais bien trop surestimée à mon goût alors qu’on oublie que, dans les mêmes années, se développait en Grèce une scène fort originale dont les groupes pionniers ont, en général, bien vieilli, ce qui est rarement le cas chez les Scandinaves… Rotting Christ, Varathron, Necromantia, Nergal, Zemial, Agatus et autres Tatir partageaient souvent les éléments suivants : un son unique aux relents occultes et mystérieux, des influences thrash/death, et, en définitif, un style de Black Métal mélodique qui, tout en conservant la brutalité du genre, préférait privilégier dans sa musique l’atmosphère plutôt que la rapidité gratuite.


Thou Art Lord est un groupe de cette époque, formé en 1993 par des membres de formations reconnues citées plus haut (Necromantia et Rotting Christ en particulier). Ses débuts, les albums Eosforos (1994) et Appolyon (1996) sont des pièces maitresses du Black Métal hellénique. Suite à une absence de plusieurs années et l’adjonction de nouveaux membres, le groupe revient avec « The regal pulse of Lucifer » dans lequel il montre que, 20 après, le son grec typique des années 90 n’est pas mort. La base est restée celle du passé : concept sataniste, plusieurs types de voix et un style en général un peu plus violent que les autres groupes de cette scène tout en conservant cette patte grecque inimitable qui ferait parfois croire qu’on écoute du vieux Rotting Christ... Thou Art Lord n’a, pourtant, pas choisi de nous servir la même soupe qu’auparavant car on trouvera quelques petites innovations bien venues sur cet album qui, d’ailleurs, sonne très moderne et se présente comme une excellente mise à jour du Black Métal grec classique.

Rüdiger

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12/09/2013

Chronique de livre: Vincent Vauclin "Putsch"

Chronique de livre: Vincent Vauclin, Putsch, 2013

couv_putsch.pngAprès Cendres dont nous avons parlé récemment dans ces pages, le dirigeant de la Dissidence française persiste et signe avec un second ouvrage au titre évocateur : Putsch. Ouvrage très succinct une fois encore puisqu’il ne fait, en fait, que 30 pages et se lit donc aussi vite qu’un gros article. Néanmoins, pourquoi ne pas privilégier cette forme de lecture quand l’essentiel est la passation du message dans une époque où l’on n’aime plus faire trop d’efforts, surtout en ce qui concerne la lecture ?

Les citations de Maurras et Machiavel sur lesquelles s’ouvre Putsch nous mettent tout de suite dans l’ambiance : un coup de force est nécessaire en France. Nous sommes, sur le constat de départ, bien d’accord : notre pays souffre et crève de toutes les tares du monde moderne. Il se trouve dans une situation des plus graves : il est géré par un Système totalitaire le tuant, dans ses forces vives, à petit feu, puisqu’il promeut et défend toutes les idées mortifères accélérant la décivilisation prélude de notre asservissement total à une vision du monde folle et destructrice. Ainsi, « considérant qu'un point de non-retour est en train d'être franchi, et que la convergence des catastrophes destine notre pays à l'anéantissement économique, moral, social, ethnique, politique et spirituel » et que « la France est désormais en état de légitime défense civilisationnelle » , il convient pour nous, résistants au Système, de continuer la lutte sans tomber dans le fatalisme et le déni de la réalité.

Comment la continuer cette lutte ? L’auteur rejette le terrorisme mais aussi la voie électorale qui ne change rien et ne fait que légitimer le Système. Il ne voit qu’un moyen, qu’une seule perspective pour la France : le putsch. Et celui-ci devrait être conduit par l’armée. Celle-ci serait pour Vincent Vauclin un socle ayant bien résisté aux attaques du monde moderne puisqu’on trouve encore en son sein un attachement aux valeurs traditionnelles ainsi qu’un réel patriotisme. De plus, la révolte gronderait chez les militaires, bien malmenés comme on le sait par « l’aristocratie républicaine et maçonnique » qui, après avoir attaqué la nation, la religion et la famille, s’en prend de plus en plus à tout ce qu’ils représentent et respectent. L’armée, pour le salut public, serait donc capable de désobéir à ses maîtres et pourrait devenir le vecteur d’un changement révolutionnaire en France. D’ailleurs, notre pays « ne peut plus compter que sur son Armée pour sortir de l'impasse ».

Le putsch « planifié et organisé » est donc réalisable en France si l’armée ou, ne serait-ce qu’une partie d’entre elle désobéit et prend le contrôle des centres de pouvoir officiels ou non de notre pays… Pour Vauclin, le pouvoir actuel est faible et incompétent, ce qui facilitera grandement les choses. En effet, comment le considérer autrement à la vision de son incapacité à empêcher « les razzias de quelques centaines de racailles analphabètes au Trocadéro ou sur les Champs-Élysées » ? Sur ce point de détail, j’avoue ne pas partager cette croyance d’un pouvoir incapable de réprimer ces rassemblements inorganisés de racailles car cela est recherché et voulu dans le but de gouverner par le chaos mais passons... Ajoutons à cela, ce qui est vrai, que le pouvoir apparaît de plus en plus comme illégitime à énormément de personnes… Pour Vauclin, nous, les résistants, devons ainsi agir comme une « 5ème colonne » auprès de l’opinion publique et canaliser son énergie dans le but de la faire espérer réellement un coup de force en France et à ne voir son salut futur que par ce biais. En somme, c’est préparer Monsieur tout-le-monde qui espère actuellement que « ça pète » à souhaiter « vivement le putsch ! ». Ainsi, l’armée aurait à s’occuper de l’aspect technique et nous de l’aspect psychologique puisque celle-ci et le peuple ont un besoin mutuel l’un de l’autre…

Vauclin termine son essai sur la question de l’après-Putsch et se contente de donner quelques orientations sur cet évènement qui n’en serait, à n’en pas douter, le début du redressement national et de la restauration de l’Etat. Ce putsch réussi marquerait déjà un rejet de la république maçonnique et du parlementarisme, il conviendrait ainsi de doter le nouvel Etat d’une réelle Weltanschauung (vision du monde). Il laisse également le lecteur songer à quelques idées sur un Etat organique et non totalitaire à l’aide de considérations tirées de Julius Evola.

« L’histoire, ça se brusque » et « une insurrection ordonnée qui provoquera sans heurts la chute du Régime en s'appuyant sur la dernière institution qui conserve une forme organique et qui dispose de la légitimité la plus incontestable, celle du sang versé pour la France » est évidemment une idée très séduisante. A vous de vous faire votre propre opinion.

Rüdiger

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07/09/2013

Chronique d'album: Peste Noire - Peste Noire

 Peste Noire, Peste Noire, La Mesnie Herlequin, 2013

3788376690.jpgQuelle sauce nous a préparé Famine (pseudonyme du meneur du groupe) avec cet album éponyme ?

A la première écoute, comme d’habitude avec les derniers opus de Peste Noire, on trouve la sauce un peu indigeste. L’ensemble apparaitrait chaotique, quelques aigus troublent notre audition et les morceaux sont assez différents les uns, des autres. Trop, peut-être.

Mais un album de Peste Noire est comme une demoiselle un peu rétive, qui aurait gardé les valeurs d’antan, il faut prendre le temps de se familiariser avant d’espérer pouvoir pénétrer son intimité. Et après plusieurs écoutes, l’album me paraît tout à fait excellent. Je le trouve encore meilleur que L’ordure à l’Etat pur dont il reprend certains traits d'humour et les sonorités me font plus penser aux vieux PN, un peu de La Sanie des Siècles, beaucoup de Ballade contre lo Anemi Francor.

Famine ajoute quelques nouveautés ou poursuit certaines touches personnelles, un peu de champs féminin, des instruments anciens, du rap (sur Niquez vos villes) et des samples qui sont tout à fait clairs sur le gros doigt d’honneur ultra-nationaliste que balance le groupe. Certains parleraient surement de « quenelle auditive ». Pour être plus clair, l’introduction, Le Retour de la Peste, se compose d’extraits du grand congrès de lancement de la LVF (Légion des Volontaires Français contre le Bolchevisme) avec entre autre un extrait du très fameux discours de Jacques Doriot. Vient ensuite Le Démonarque dont les paroles sont inspirées d'une chanson de croisade de Gaucerant de Leidier. Véritable appel à se soulever contre les ennemis intérieurs de la France. On retrouve les références à la période médiévale, omniprésentes dans la plupart des albums du groupe. Quant au morceau « La Bêche et l’Epée contre l’Usurier », qui est le meilleur morceau de l’album et pour moi un des meilleurs du groupe, il nous berce avec les paroles de Joseph Darnand et du S.O.L. Les heures sombres sont décidément partout. Rarement un morceau m'aura donné autant de frisson. Les paroles sont absolument géniales et presque tragiques vers la fin:

"R'garde ma France
C'qu'elle est devnue
L'est toute rance
Depuis qu't'es rvnu :
Un hosto-zoo
Une psychiatrie
C'est tout c'qu'il en reste
De ma patrie...
Ma patrie."

Musicalement, l’album est très varié, certains morceaux sont décomposés, comme souvent chez PN, en plusieurs parties donnant l’impression d‘écouter des morceaux différents. Parfois cela peut entraîner quelques longueurs. L’album demeure plutôt dynamique avec quelques passages plus calmes, comme dans « Ode », morceau qui rend hommage entre autre à la Garde de Fer de Codreanu ou aux JONS de Primo de Rivera. Fraternité européenne bien illustrée par le chant en ukrainien de Saenko, du groupe Hate Forest. Famine n’a pas fait dans la demi mesure sur cet album. Le rap s’infiltre dans « Niquez vos villes », morceau qui déplore que nos villes soient devenues laides et le théâtre d’expression de foules bigarrées et de punks crasseux. L’autre morceau qui m’a semblé ressortir de l’album est « La Blonde » qui parle de la bière. D’aucuns considéreront que les paroles sont complètement débiles, personnellement je les trouve très amusantes. Cette blonde là est fidèle, pas chiante, signe de convivialité et ravivait déjà la bonne humeur chez nos ancêtres.

Quant aux visuels ils sont vraiment excellemment réalisés, le "digibook" est très richement décoré à l'or fin, un bel objet pour les collectionneurs. Ceux qui ne voudront pas verser 30 euros pourront toujours se consoler avec l'édition simple en noir et blanc pour "parasite social" à 8 euros. Pour ma part j'ai bien évidemment acquis le "digibook" et je ne me lasse pas de contempler les visuels.

Plus que jamais PN poursuit dans son style propre et Famine dans son univers bien à lui. Un bon CD qui ravira les adeptes du groupe, comme moi, mais qui risque de rebuter ceux qui ont déjà lâchés prises depuis quelques années. Ce sera peut-être une très bonne découverte pour d'autres. PN a très largement dépassé le Black Metal traditionnel pour créer une sorte de post Black Metal, medieval, paillard et nationaliste totalement assumé. Une évolution très intéressante, des influences musicales qui piochent dans l'intégralité du répertoire du groupe et des paroles qui traduisent bien qu'il serait temps de se réapproprier notre pays...

Jean

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01/09/2013

Chronique d'album: Peste Noire – L’Ordure à l’État pur

 Peste noire – L’Ordure à l’État pur - La Mesnie Herlequin - 2011

 kpn lordure.jpgL’Ordure à l’Etat pur* est un album qui a fait pas mal grincer des dents tellement le Kommando Peste Noire, renommé sobrement au dos du livret « The Pesto Negro Kommando », est allé loin dans l’excentricité. Les noms des artisans du KPN et leurs instruments sont d’ailleurs un bon moyen d’entrer dans l’univers déjanté du groupe : outre DJ Famine (ou La Sale Famine de Valfunde) qui est le compositeur, le chanteur et imite parfaitement la poule, on trouve entre autre le Vicomte Chtedire de Kroumpadis (Barils et casseroles diverses), Audrey (Voix rock et soprano, pigeon), Miss Peste Nègre (Accordéon), Rachid de France (Trombone) ou encore Lulu l’ermite (Guest voix BM). Voila qui nous met dans l’ambiance. En prenant le CD, nous sommes alors nez à nez avec le portrait de Louis-Ferdinand Céline, une façon de nous rappeler où nous mettons les oreilles quand on écoute KPN.

Musicalement, il ne s’agit pas de Black Metal baignant dans son jus de cave et dans son univers misanthropique et suicidaire, KPN présente ici une production soignée pour un univers totalement crade et malsain. Un monde moderne qui n’est que violence et maladie.

L’album se compose de 5 morceaux, dont un très long de 20 minutes, J’avais rêvé du Nord qu’on trouve souvent découpé en deux parties sur internet. Le CD débute avec un morceau absolument fantastique de par sa composition, ses paroles et son humour : Casse, Pêches, Fractures et Traditions. Totalement paillard et franchouillard contre la « Raie Publique » et les allogènes tropicaux. Une excellente composition, agrémentée d’imitation de poule et de coq et percussions diverses. On ne s’en lasse pas.

Le reste de l’album est également de bonne facture mais plus difficile à apprécier. Cochon Carotte et les sœurs crottes passera pour un morceau misogyne et faisant l’apologie de l’humiliation sexuelle. On a il est vrai un peu du mal à comprendre ce qu’a cherché à nous dire Famine dans son morceau. On retiendra qu’il est musicalement bien ficelé et qu’un ajout de son techno au dessus des paroles parlant de sodomie nous rappelle que nous écoutons bien du KPN.

J’avais rêvé du Nord est un très long morceau qui reprend des éléments de la vie de Famine, né dans une Provence industrialisée, puant le gazole et livrée aux bandes d’outre-méditerranée, Famine explique comment le Métal noir lui a permis de s’évader vers le Nord rêvé, celui des grandes forêts et des étendues gelées… Audrey apporte une belle contribution au chant clair. La composition est assez complexe et se déroule sur une vingtaine de minutes, nous faisant parfois oublier que nous écoutons le même morceau. De fait, il n’est pas surprenant de constater que c’est le morceau qui reprend le plus les canons musicaux du Black Metal.

Après ce morceau plus introspectif, nous retrouvons le Peste Noire paillard et agressif avec Sale Famine von Valfoutre, morceau aux paroles et samples surréalistes, qui personnellement m’a beaucoup amusé. Famine semble y dépeindre son personnage de scène. Celui d‘un anar de droite brut de pomme qui fout la pagaille et se moque des conventions. Y compris celle du Black Metal, pour ceux qui ne l'aurait pas encore compris. Vous y trouverez encore des samples totalement décalés et pleins d'humour.

L’album se termine avec La Condi Hu (La condition humaine), excellente musique dont les paroles se composent de nom de maladies. Très mélodique, très bien agrémenté par Audrey au chant clair, il nous apprend l’humilité. Au fond l’homme ne serait-il pas qu’un tas de viande dégueulasse malgré sa conscience et sa raison ? Ce morceau retranscrit un fort sentiment d’angoisse. Une sorte de renvoi de miroir entre le personnage de scène de Famine, et un ressenti plus profond et moins grand guignolesque comme on peut en retrouver dans les morceaux plus grandiloquents de KPN. Il conclut parfaitement un album déjanté sur une touche beaucoup plus sérieuse.

Les visuels sont organisés essentiellement autour des trois couleurs de KPN qu'on retrouve sur le patch : le bleu, le noir et le rouge. La pochette est sublime avec un très bon détournement de La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix. Certaines photos montrent Famine en manieur de batte, il se nomme même, toujours dans la volonté de faire des jeux de mots, marque de fabrique de cet album, « Jean-Marie le PN ». Ce qui, convenons-en, est très drôle.

Un bon album, très différent à mon sens du reste de la discographie de Peste Noire et qui recèle quelques expérimentations intéressantes.

 * Contrepèterie de L’or pur à l’état dur.

Jean & Elvire

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23/08/2013

Chronique de livre: Paul Lafargue, Le Droit à la paresse, 1880 - 1883

 Paul Lafargue, Le droit à la paresse, 1880

droit paresse.jpgPaul Lafargue est un auteur socialiste marxiste plutôt méconnu qui n’est rien de moins que le gendre de Karl Marx. Il est membre de la 1ere Internationale à partir de 1866 et participe également à la Commune de Paris en 1871. Co-fondateur du Parti Ouvrier en 1880 avec Jules Guesde, il est incarcéré en 1883. C’est à cette période qu’il rédige son plus célèbre pamphlet Le Droit à la Paresse. Il deviendra par la suite député du Nord de 1891 à 1893.

L’ouvrage est réédité en 2009 par Gérard Filoche qui anime une revue nommée « Démocratie & Socialisme », mensuel de la gauche du PS. Celui-ci adjoint des considérations personnelles dénuées d’intérêts en préambule de l’ouvrage où il bat en brèche les conceptions de Christine Lagarde et du gouvernement de Nicolas Sarkozy sur le travail. En revanche l’article de Jean Zin, philosophe et militant écologiste sur le travail à la fin de l’ouvrage donne quelques pistes intéressantes. Ce qui n’est pas étonnant pour un homme visiblement inspiré par Jacques Ellul.

Revenons à nos moutons.

Paul Lafargue cherche dans son ouvrage à démontrer l’absurdité de la « valeur travail ». Le propos est dynamique et bien mené. L’auteur puise autant dans le passé, en s‘appuyant sur le mépris du travail des anciens Grecs et Romains, que dans son analyse de la démence capitaliste du XIXe siècle. Il brocarde toutes les catégories de la population, le prolétariat, qui est responsable d’après lui de son propre malheur, les économistes et autres zélateurs du capitalisme, l’armée qui n’a pour fonction que de réprimer les révoltes dans le sang, l’Église qui par sa morale encourage au travail car l’homme doit souffrir sur Terre, les usuriers (très explicitement reliés à une certaine communauté) qui font de l’argent sur le dos des patrons emprunteurs et des salariés qui triment. Il s’insurge sur le travail des enfants et sur le fait que le travail dans la société capitaliste ait contribué à faire dégénérer le peuple, jadis vigoureux.

« Nous avons aujourd’hui les filles et les femmes de fabrique, chétives, fleurs aux pâles couleurs, au sang sans rutilance, à l’estomac délabré, aux membres alanguis ! » pp. 38-39

Paul Lafargue pointe la fuite en avant du capitalisme, obligé de conquérir des marchés partout dans le monde ou encore de dégrader la qualité des produits pour contraindre à la consommation (ce qu’on appelle aujourd’hui l’obsolescence programmée). Il se fait aussi très critique à l’égard de la « religion du progrès » et des « Droit de l’homme » qui sont pour lui liés au capitalisme et à la bourgeoisie (ce en quoi je suis totalement d’accord). Il s‘interroge aussi sur la technique, qu’on perçoit à la fois source de problèmes, quand elle devient la matrice de la production industrielle capitaliste mais aussi possible solution pour permettre aux ouvriers de ne travailler que 3h par jour et de faire « bombance » le reste du temps. La société communiste utopiste de Paul Lafargue est une société où l’on travaille peu, où l’on produit ce qui est nécessaire et où les hommes peuvent profiter de la vie (selon une expression consacrée). On pourrait tout à fait envisager une société où les robots auraient la même fonction que les esclaves de l’antiquité et permettraient à une majorité de la population de se dégager du travail. Encore faut-il se dégager du mirage de la surconsommation…

Ce pamphlet s’appuie aussi sur des considérations d’auteurs et démontre que même la réduction du travail a été une volonté des capitalistes…

Il est assez court (une cinquantaine de pages) et très intéressant autant du point de vue de la critique du capitalisme (certaines intuitions et remarques de Paul Lafargue sont toujours d’actualités), que pour plonger dans l’histoire des idées et des sociétés de l’Europe de la fin du XIXeme siècle.

Jean

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