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04/10/2015

Réédition du classique de Lucien Rebatet: "Les Décombres"

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Note du C.N.C.

On se réjouit de voir ce classique enfin réédité dans sa version intégrale. Le voir accompagné de l'habituel "appareil critique" destiné à atténuer la véracité des idées qui y sont exposées nous plaît nettement moins mais, que voulez-vous?, il fallait montrer patte blanche aux antifascistes hystériques de l'édition (et permettre à quelques historiens du système de faire parler d'eux).

Le C.N.C. a déjà chroniqué plusieurs ouvrages de Lucien Rebatet:

-Mémoires d'un fasciste (1941-1947)

-Dialogue de vaincus (avec P.-A. Cousteau)

-Je suis partout (anthologie 1932-1944)

 

Présentation de l'éditeur:

"Lucien Rebatet est l'auteur d'un livre maudit qui fut le best-seller de l'Occupation : Les Décombres, livre qui lui a valu, entre autres raisons, d'être condamné à mort en 1946 avant qu'il voie sa peine commuée en détention à perpétuité. Ce texte est réédité dans son intégralité pour la première fois depuis 1942, après avoir reparu dans les années 1970 amputé de ses chapitres les plus délirants, notamment celui intitulé “ Le ghetto ”. Pour la première fois aussi, alors que l'ouvrage est en libre accès sur le Net, il est accompagné d'un appareil critique conséquent, qui permet de le lire en connaissance de cause, de le resituer dans le climat de l'époque, avec ses outrances, ses haines et ses préjugés dont Rebatet fut l'un des plus véhéments porte-parole. Annoté par l'une des meilleures spécialistes de l'Occupation, Bénédicte Vergez-Chaignon, ce livre, empreint d'un antisémitisme viscéral et obsessionnel, apparaît aujourd'hui comme un document historique édifiant sur l'état d'esprit, les phobies et les dérives de toute une génération d'intellectuels se réclamant du fascisme. L'auteur n'étant pas dénué de talent d'écriture, comme l'ont prouvé ses romans, notamment Les Deux Étendards, publiés par la NRF, et son Histoire de la musique, qui figure au catalogue “ Bouquins ”, Les Décombres constituent également une œuvre littéraire à part entière, reconnue comme telle, y compris par ses détracteurs les plus résolus. Ce Dossier ne manquera pas de susciter réactions et commentaires quant à l'opportunité de sa publication. Pascal Ory, qui a soutenu dès l'origine l'idée d'une réédition intégrale, mais encadrée et commentée, fournit dans une préface très éclairante les explications qui la justifient aujourd'hui.
À paraître le 15 octobre 2015."

 

01/10/2015

Chronique musicale: Slayer "Repentless"

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Slayer, Repentless

(Nuclear Blast, 2015)

« Je suis, pour ma part, en tant que socialiste, contre l’allongement de la vie. L’euthanasie sera un des instruments de nos sociétés futures »  Jacques Attali.

Le mot euthanasie nous vient du grec εὐθανασία et signifie « belle mort ». A priori, et à la vue de notre Weltanschauung, ce concept a de quoi nous plaire. Pourtant le concept d’euthanasie a pris, de nos jours, un tout autre sens. En effet, l’euthanasie est dorénavant comprise comme la pratique qui consiste à mettre un terme aux souffrances d’une personne ;  personne condamnée par la maladie, par exemple, le plus souvent en état d’agonie. Acte de charité humaniste pour les uns, blasphème et projet malthusien pour les autres, l’euthanasie, à l’instar de la dichotomie précédemment citée, est un sujet sensible.  Au  même titre que l’avortement, elle nécessite une prise de recul critique vis à vis des postures religieuses ou idéologiques. Or, dans le cas des groupes qui ont donné leurs lettres de noblesse à un genre et/ou sont devenus des légendes comme Iron Maiden ou Metallica, l’euthanasie semble être la seule solution quand ces derniers partent en eau de boudin et ternissent la légende qu’ils ont durement bâtie. Slayer en est le triste exemple et il est urgent de débrancher la machine une bonne fois pour toute!

Ne nous voilons pas la face : ça sentait le sapin depuis un bon moment chez Slayer. Les albums Christ Illusion et World paintedblood démontraient clairement que le groupe tournait en rond et n’était plus capable de nous pondre de nouveaux classiques. 2013 fut une année funeste pour le combo qui perdit son guitariste et principal compositeur Jeff Hanneman. Puis ce fut au tour du légendaire batteur Dave Lombardo de quitter Slayer (ou de se faire virer, selon à qui on s’adresse) pour une sombre histoire de contrat et de fric… On se retrouve donc avec un Tom Araya physiquement diminué et durement marqué par la mort de son ami et un Kerry King toujours fidèle à lui-même, c’est-à-dire un pur poseur tout juste bon à refaire éternellement les mêmes solos de guitares. Dès lors c’est Gary Holt, guitariste d’Exodus, et Paul Bostaph ancien batteur du groupe qui se chargent des postes laissés vacants.  Le groupe rentre en studio en compagnie de Terry Date, soit l’une des pointures mondiales de l’enregistrement, qui s’est illustré par son travail sur les albums de Pantera et de Deftones. Repentless sort finalement le 11 septembre 2015 (God hates us all était quant à lui sorti le 11 septembre 2001).


Plusieurs Morceaux de ce nouvel album avaient été diffusés avant, voire bien avant sa sortie ; histoire d’avoir sans doute un avant-goût du carnage. Comme vous l’aurez compris cet album est au mieux anecdotique, au pire mauvais. Cependant tout n’est pas à jeter. Les deux « nouveaux » apportent un sang frais à ce cru 2015. Paul Bostaph n’a pas à rougir face à Lombardo. Le bougre a des partis de batterie efficaces et parfois originales, sans parler de son infaillibilité en concert. Gary Holt n’a eu aucun mot à dire en ce qui concerne la composition et son rôle est uniquement celui de guitariste soliste. Et de ce côté-là il faut admettre qu’il s’en sort très bien grâce à un style plus rugueux et plus concis que son illustre prédécesseur. Tom Araya fait du Tom Araya : il gueule. De ce côté-là rien ne change et c’est tant mieux. Enfin, la production est excellente grâce au travail de Terry Date. Le problème de ce Repentless ce sont les morceaux ; c’est con mais c’est pourtant le plus important.

Kerry King est maintenant le seul maître à bord en ce qui concerne la composition. Il faut quand même rappeler qu’il est en bonne partie responsable des merdes à consonance hardcore mais surtout neo-metal que l’on trouve ça et là sur certains albums du groupe. Kerry King a un talent certain pour avoir l’air cool auprès des métalleux les plus jeunes, pour faire vendre ses guitares signatures ou ouvrir sa grande gueule dans les médias.  En revanche, pour ce qui est de la composition, on repassera et on ira volontiers allumer un cierge à l’église du coin pour que le bon Dieu lui ordonne de prendre sa retraite. L’album s’ouvre sur une intro fade et inutile. Vient ensuite le titre éponyme qui n'est pas mal mais sans plus. Ensuite on a droit à des titres globalement insipides qui utilisent les mêmes tempos rapides ou moyens, les mêmes gimmicks, les mêmes solos de guitares… Quelques bonnes idées errent au milieu de cet océan de nullité : les guitares accordées plus bas qu’à l’accoutumée ou certains passages sur « Cast the first stone » ou « Piano Wire ». On a soudainement un espoir au début du titre « Atrocity Vendor » qui rappelle les débuts du groupe avant de retomber dans le convenu : vraiment frustrant.

La « forme » de ce nouvel album de Slayer est alléchante à l’image de la pochette. Le groupe est au final superficiel car le « fond » est décevant. Pourquoi s’obstiner quand, à l’évidence, la flamme n’est plus là ? Slayer peut se targuer d’avoir été l’un des groupes les plus important pour la scène metal, ayant influencé bon nombres de groupes et même de styles (le death metal en tête). Ses chefs d’œuvres resteront toujours au panthéon de la musique metal et dans le cœur des fans.  Il est temps de « pull the plug » comme disait feu Chuck Schuldiner et de passer le témoin aux jeunes loups. Le roi Slayer est mort, vive le roi !

Donatien/CNC

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

29/09/2015

[Revue de presse] « Limite », revue chrétienne qui fait sienne la décroissance

 [Revue de presse] « Limite », revue chrétienne qui fait sienne la décroissance

 limite.jpgPublié par les éditions du Cerf, « Limite » est un trimestriel nouveau venu qui s'inscrit pleinement dans la ligne de l'encyclique papale Laudato si', avec un titre un peu provocateur « Décroissez et multipliez-vous ». Prenant à bras le corps les questions anthropologiques, « Limite » poursuit dans le domaine éditorial le combat des Veilleurs, avec par exemple dans ses colonnes Gautier Bès. Dépassant le simple combat contre le mariage dit pour tous, un certain nombre de chrétiens ont vu, à raison, dans la PMA et la GPA une extension de la marchandisation du monde, derniers délires progressistes qui refusent la limite, la mesure, etc.

Formellement bien faite, où l'esthétique a une place primordiale – à l'instar de ce que William Morris prônait –, « Limite » alterne chroniques, billets d'humeur et dossier de fond. Mais à lire certaines signatures, « Limite » s'inscrit dans les pas de la revue « Immédiatement » qui avait marqué la seconde moitiés des années 1990 et le début des années 2000, où de jeunes royalistes issus pour certains de l'Action française avaient voulu défricher de nouvelles pistes et se plaçaient déjà au cœur des questions anthropologiques. On peut en effet y lire Luc Richard, Falk van Gaver ou Jacques de Guillebon. A noter aussi la présence, au service « politique », d'Eugénie Bastié, dont on peut lire régulièrement des papiers intéressants dans « Le Figaro ».

Si « Limite » reprend à son compte le concept de la décroissance, pour autant l'écologie, la nature semblent être absentes de ce premier numéro. Il semble en effet que la question de la mesure, de la limite ne soit abordée qu'à travers le prisme de l'humain seul face à la création divine. Ce qui est certes logique pour des chrétiens car l'être humain est la seule créature de Dieu appelée au salut, via la figure du Christ, les autres êtres vivants n'ayant pas d'âme selon la théologie chrétienne. Pourtant, s'inscrivant dans la lignée du Pape François, on aurait pu penser que « Limite » rappelle l'importance de la nature dans la théologie franciscaine – issue de saint François d'Assise – à laquelle le souverain pontife est attachée. Mais ce n'est peut-être que partie remise... D'autant que certains rédacteurs de ce trimestriel se laissent aller parfois à quelques raccourcis quant au (néo)paganisme et sa conception de la nature.

Si la lecture de « Limite » s'avère stimulante, déjà en mettant en avant l'importance de la décroissance, on peut cependant regretter plusieurs éléments dans ce premier numéro et non des moindres. Au premier rang desquelles certaines chroniques contre des figures de communicants et de cathos embarqués dans le monde qui singent trop les billets du blog « A moy que chault ». Ensuite – s'agissant des questions migratoire – voulant se démarquer d'une certaine droite (souvent à raison dans la critique du capitalisme) « Limite », en particulier Pierre Jova à travers son papier « Regards sur la condition des migrants », cède un peu à la facilité de critiquer certes les partisans de l'immigration folle mais aussi et surtout les partisans de la remigration, sans pour autant avancer d'arguments valables autre que moraux contre celle-ci. On peut même dire que cet article un tantinet Bisounours ne répond pas à cette brûlante question, autrement qu'à travers le prisme de « pauvres » à évangéliser. C'est faire fi d'une donnée importante : les structures ethno-culturelles sont des écosystèmes qui doivent être préservés et les perturber au nom de bons sentiments même sans vouloir une immigration de masse est aussi grave que de porter atteinte aux forêts ou aux océans.

Enfin, c'est surtout au sujet du dossier principal que l'on peut exprimer le plus de regrets. En effet, la question de la démographie mondiale et du mathusianisme méritait d'une part plus de place et surtout d'autre part plus de fond. La plupart des articles, même le débat théologique autour du fameux verset « Croissez et multipliez-vous », reste dans le convenu et l'admissible pour des chrétiens. Certes, il ne s'agit pas pour « Limite » d'appeler à une réduction violente du nombre d'humains, mais on ne peut obérer l'incidence de 7 milliards d'êtres humains, surtout à l'aune de la submersion migratoire qui touche l'Europe. Et ce phénomène n'est pas près de s'arrêter, vu la croissance démographique africaine, alors que nous n'avons pas entrepris le moindre début de sobriété heureuse. La question démographique étant la question primordiale en politique, elle méritait mieux que ce dossier, y compris en invitant des partisans d'une décroissance de la démographie...

Cependant, malgré ces lacunes et ces imperfections, souhaitons longue vie à « Limite », et qu'ils invitent bientôt dans leurs colonnes des militants d'une écologie radicale...

Arnaud/C.N.C

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19/09/2015

7 films à voir ou à revoir sur le Nooit meer oorlog

Nooit meer oorlog ! Plus jamais de guerre ! Cette sentence péremptoire, lancée par les soldats flamands ayant survécu au grand suicide de 1914-1918, résonne comme un terrible appel aux peuples européens de ne plus jamais se livrer de guerre. A tout jamais, cette déclaration, inscrite sur le bas de la deuxième Tour de l'Yser à Dixmude, honorera la mémoire de tout le sang versé au profit des marchands de canons. L'Europe, exsangue, cède sa place de puissance mondiale au profit des Etats-Unis qui surent patiemment attendre 1917 pour intervenir et asseoir leur domination sur le Vieux continent. De Dixmude à Verdun, il y a plus qu'une portée de canon. Si Verdun constitue indéniablement un haut lieu tragique du premier conflit, il tendit, pendant de trop nombreuses années, à occulter, dans la mémoire collective française, les champs de bataille de Flandre-Artois-Hainaut et dans une moindre mesure de la Somme. Et pourtant... Dixmude, Ypres, Langemark, Vimy, Notre-Dame de Lorette, Arras, Cambrai, Albert, Péronne, Chemin des Dames..., loin d'être exhaustive, cette litanie de lieux fixe autant de cicatrices indélébiles de l'histoire européenne. Si la Première Guerre mondiale n'est pas la première guerre contemporaine du cinéma, elle est la première a profondément imprégné ses images dans les esprits des spectateurs. Le grand écran démocratise la vision de l'horreur qui n'est plus réservée aux seuls acteurs du conflit. Une centaine de films traitent du premier conflit. Il eût été dommage d'en tenter une impossible compilation en sept réalisations. Et il apparaît louable de rendre hommage à cette terre de bataille qu'est le Sud des grands Pays-Bas, à jamais marquée dans sa chair.

 

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COMMANDOS DE L'OMBRE

Titre original : Beneath Hill 60

Film australien de Jeremy Sims (2010)

Le conflit s'enlise en cette année 1916, sur le front flamand entre Armentières et Ypres. A des milliers de kilomètres des Orages d'acier, le capitaine Oliver Woodward s'apprête à quitter son épouse et embarquer pour l'Europe. Afin de permettre l'avancée des troupes britanniques, un commando australien, aux ordres du capitaine, reçoit la mission suicidaire de pénétrer les lignes ennemies pour les miner. Le peloton de sapeurs australiens est contraint, avec la plus grande discrétion, de creuser des galeries pour déposer des charges explosives sous un bunker allemand. Que l'Australie semble loin pour ces jeunes hommes, à peine sortis de l'adolescence...

Plaisante biographie du capitaine Woodward que livre Sims. S'il ne manque pas de films sur la Première Guerre mondiale, rares sont ceux s'attachant à des corps spécifiques, ici en l'occurrence, un peloton de mineurs venu de l'autre côté du globe. Loin de tout manichéisme, le réalisateur filme les combattants des deux côtés des tranchées, ennemis mortels unis dans les mêmes souffrances. Les scènes de combat sont également efficaces bien que l'intrigue se situe naturellement majoritairement sous terre. On ne comprend pas que le film ne bénéficia d'aucune sortie en salle en France.

 

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JOYEUX NOEL

Film français de Christian Carion (2005)

A quelques kilomètres de Lens le jour de Noël 1914. L'arrivée des colis, envoyés par la famille, égaye quelque peu le mortifère quotidien des troupes françaises, allemandes et écossaises. Depuis la tranchée allemande, retentit le chant Stille Nacht, heilige Nacht, magnifiquement interprété par le ténor Nikolaus Sprink qui a troqué le costume de l'opéra de Berlin contre l'uniforme feldgrau. Le silence se fait sur les alentours. Des sapins sont exposés en dehors des tranchées. Des soldats sortent bientôt de celles-ci, bougies, cigarettes et chocolat en main. Contre toute attente, aucun coup de feu ne retentit...

Le film est librement inspiré de différents épisodes de fraternisation survenus sur le front du Nord de la France le jour et le lendemain du réveillon de Noël 1914. Si l'intention de Carion est louable, le réalisateur passe quelque peu à côté de sa dénonciation du grand suicide européen. Des scènes très fortes côtoient trop souvent d'autres parfaitement invraisemblables qui sombrent dans un mauvais tragi-comique. Beaucoup de points faibles pour un film qui a néanmoins le courage de mettre en lumière ces jeunes hommes jetés dans un conflit qui les dépasse. Les marchands de canons et des officiers peu avares en sang versé ont très rapidement piétiné la fleur au fusil.

 

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MAUDITE SOIT LA GUERRE

Film belge d'Alfred Machin (1914)

Adolphe Hardeff est un jeune aviateur. Il aime Lydia Modzel, citoyenne d'un pays voisin, et sœur de Sigismond. Les jeunes amoureux sont bientôt séparés par un sanglant conflit qui oppose leurs deux nations imaginaires. Hardeff est en pris à une forte rivalité avec un second aviateur, qui n'est autre que Sigismond. Chacun aux commandes de leurs biplans et triplans,  les aviateurs livrent de terribles combats aériens. Le moulin qui abritait naguère la passion d'Adolphe et Lydia constitue désormais l'ultime théâtre dans lequel s'affrontent l'amant et le frère de la jeune femme. Pour chacun de ces êtres, la guerre n'a pas voulu...

Le scénario apparaît bien évidemment tiré par les cheveux. Mais là n'est pas l'essentiel pour ce film colorié à la main et terriblement prophétique, réalisé plusieurs mois avant le début du conflit. Originaire de Blendecques en Artois, Machin démontre avec talent que le cinéma de guerre avait trouvé ses lettres de noblesse dès l'aube du Septième art ; grâce, il est vrai, à un important concours de l'armée belge. Censuré en 1914 et occulté à la fin du conflit, au point d'être oublié de Maurice Bardèche et Robert Brasillach dans leur irremplaçable Histoire du cinéma, il mérite de trouver la place qui lui est due dans la filmographie européenne traitant de 1914-1918. Un chef-d'œuvre impitoyable dans sa mise en accusation de la guerre.

 

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POUR L'EXEMPLE

Titre original : King and country

Film anglais de Joseph Losey (1964)

1917, sur le front de Flandre. Horrifié par la barbarie de la guerre, en proie à des problèmes conjugaux et dans un état d'épuisement total, le soldat britannique Hamp se laisse gagner par le désespoir et déserte son régiment. Fuite bien évidemment misérable... Hamp est bientôt rattrapé. Défendu devant la cour martiale par le capitaine Heargraves, avocat militaire, le jeune fantassin est condamné à mort. Heargraves éprouve bien de la compassion pour le soldat mais il ne peut y avoir d'autre sentence pour le capitaine Midgley qui dirige la cour. Ce sera la mort dans le déshonneur. Ses camarades du front s'enivrent avec lui pour la dernière fois...

S'il ne figure pas parmi les films les plus connus de Losey, Pour l'exemple est une réalisation filmée avec talent bien que son origine théâtrale nuise parfois à la mise en scène. Imprégné par la doxa communiste, Losey teinte également parfois trop sa réalisation d'une lutte des grades. L'œuvre réhabilite néanmoins puissamment ces milliers de jeunes hommes, quel que fut leur uniforme, pour lesquels flancher était synonyme de peloton d'exécution. Dirk Bogarde est très largement à la hauteur, à l'image de Kirk Douglas dans Les sentiers de la gloire de Stanley Kubrick, autre maître-film antimilitariste. Les décors des tranchées et des casemates sont particulièrement soignés. Les puristes apprécieront.

 

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LA TRANCHEE

Titre original : The Trench

Film franco-anglais de William Boyd (1999)

L'été 1916, peu avant la bataille de la Somme. La tranchée britannique se prépare à monter à l'assaut deux jours plus tard. Ils sont une trentaine, à peine entrés dans l'âge adulte, à tenter de percevoir ce qui les attend. Parmi eux, Eddie MacFarlane et son frère cadet, Billy, seulement âgé de 17 ans, sont des engagés volontaires. A grandes rasades de rhum, chacun trompe l'ennui et la peur comme il le peut. Pour faire le fanfaron devant ses camarades, Billy parie deux shillings qu'il regardera la tranchée adverse par l'une des meurtrières. Une balle le frappe alors en plein visage. A peine le temps de se morfondre pour son grand frère. Car il est 7h30. Sous les ordres du lieutenant Hart, ils s'apprêtent à prendre part au premier dispositif d'attaque...

Ils sont nombreux ces visages juvéniles, alors anonymes, dont il s'agit de l'un de leurs tout premiers films. Ils sont nombreux et ils sont crédibles dans leur représentation de gosses touchants de naïveté qui ne concevaient la guerre qu'à travers leurs livres d'Histoire. Certes, la réalisation contient des passages inégaux empreints d'une grande sobriété mélancolique qui tranche mal avec une dénonciation universaliste de l'horreur de la guerre de tranchées. Le tout est néanmoins d'excellente facture pour William Boyd, transfuge du roman au cinéma qui signe avec La Tranchée son premier et unique long-métrage.

 

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UN LONG DIMANCHE DE FIANÇAILLES

Film français de Jean-Pierre Jeunet (2004)

La romantique Mathilde n'a que 19 ans en cette année 1919. Si la guerre est terminée, elle a définitivement brisée son existence, déjà largement malmenée par sa condition d'orpheline boiteuse. Son Breton de fiancé Manech est mort quelque part sur le front de la Somme, à proximité d'un avant-poste dénommé Bingo crépuscule. Manech fait partie d'un petit groupe de cinq fantassins condamnés à mort par une cour martiale pour mutilation volontaire et abandonnés à leur triste sort à proximité des lignes teutonnes. Mais Mathilde refuse de croire en la mort de son fiancé ; mort pourtant confirmée par tous les vétérans du front. Mathilde se décide à mener sa propre enquête, aidée en cela de M. Pire, détective privé...

On adhère ou non mais l'univers cinématographique de Jeunet ne peut laisser indifférent. Peut-être ne sied-il pas toujours au mieux à un film sur la Première Guerre mondiale. On a parfois l'impression de regarder Amélie Poulain et les Poilus ; le réalisateur faisant de nouveau figurer au casting Audrey Tautou. Il confère néanmoins une extraordinaire originalité qui prend largement, trop ?, ses libertés avec le roman éponyme de Sébastien Japrisot. Le réalisme des premières scènes de combat est époustouflant avant que l'on se perde quelque peu dans une intrigue faisant la part belle à de nombreux personnages secondaires qui compliquent le scénario. Qu'en penser encore une fois, à l'instar des autres films ? Finalement, peut-être est-il difficile de totalement se délecter de tels films qui plongent le spectateur dans un légitime malaise quand on songe à la terreur endurée par ces guerriers.

 

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LA VIE ET RIEN D'AUTRE

Film français de Bertrand tavernier (1989)

Deux années que la Première Guerre mondiale est terminée en ce mois de novembre 1920. Dans une France qui, bien que victorieuse, panse sa plaie béante de plus d'un million et demi de ses enfants morts au combat, le commandant Dellaplane est chargé d'identifier les corps exhumés et les soldats amnésiques dans les régions du Nord de la France. Lors de ses recherches, il fait bientôt la rencontre d'Alice et Irène, deux femmes de condition sociale opposée, cherchant respectivement leur fiancé et mari. D'abord agacé par la présence inepte de ces deux femmes, le commandant et Irène apprennent progressivement à s'apprivoiser. Dellaplane reçoit l'ordre de rechercher quel disparu aura l'insigne honneur d'être inhumé sous l'Arc de triomphe et de devenir le soldat inconnu. Par déontologie, le commandant  s'oppose à sa hiérarchie...

Habitué des films sur l'Histoire, Tavernier livre ici l'une de ses toutes meilleures réalisations. Et qui de mieux que Philippe Noiret pour ce rôle de bourru chef d'une comptabilité macabre chargé de "redonner vie" à une partie des 350.00 soldats Français disparus ? Et de leur redonner vie à tous, et ce contre l'avis d'une hiérarchie politique soucieuse de n'honorer la mémoire que de l'un d'entre eux. L'appropriation et la récupération des destins de ces héros brisés s'avèrent bien plus macabres que la guerre elle-même en fin de compte... Aussi, en filigrane, Tavernier signe-t-il un fort et émouvant réquisitoire contre ces politiciens ventrus de la Troisième république déjà affairés à s'engraisser et se remettre aux affaires comme si de rien n'avait été. Un chef-d'œuvre à voir impérativement !

Virgile / C.N.C.

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15/09/2015

Chronique musicale: Cruciamentum "Charnel Passages"

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Cruciamentum "Charnel Passages"

(Profound Lore Records, 2015)

La musique n’échappe pas à la loi de l’éternel retour et le metal encore moins. C’est ainsi que des phénomènes dits de  « revival » bourgeonnent çà et là, au grès des années, pour le plaisir de certains et pour l’exaspération des autres. Le death metal dit « old school » semblerait renaître de ses cendres (ou plutôt ressortir de son caveau) sous l’effigie de groupes comme Necros Christos, Teitanblood, Grave Miasma et, justement, Cruciamentum.

Ces quatre britanniques entament leur aventure en direction du Styx en 2007 et nous ont gratifiés de quelques sortis remarquées, principalement sous forme de démos. Leur death metal putride et crépusculaire suscita alors un engouement certain dans les sphères reculées de l’underground. Les fans attendaient un premier album pour confirmer ou pas le statut de Cruciamentum comme possible relève de la scène old school. Cette attente de quatre ans s’achève enfin à l’approche de l’automne 2015 avec la sortie de leur premier effort sur longue distance nommé Charnel Passages. La musique de Cruciamentum est le fruit d’un savant mélange entre sauvagerie et ambiance. Le but n’est pas d’assommer bêtement l’auditeur mais plutôt de le faire voyager en direction de R'lyeh, si possible en le faisant taper du pied. Tout l’attirail du death metal est ici parfaitement manié dans ce sens, à grand renfort de voix caverneuses, de blastbeats furieux, de riffs de guitare tentaculaires et de solos digne du grand Trey Azagthoth (six-cordistes et légendaire tête pensante de Morbid Angel). L’emphase sur les ambiances est bien un élément notable de ce Charnel Passages ; le groupe ne tombe pas dans la facilité en se contentant, bêtement et uniquement, d’utiliser des claviers lugubres. Quand ceux-ci sont employés, comme sur le titre « Rites to the Abduction of Essence » par exemple, c’est toujours avec justesse et bon goût. Les ambiances sont couramment imputées aux guitares grâce à des leads qui se superposent à la lourdeur des riffs à l’instar de « Collapse », morceau qui clôt l’album. Cet équilibre entre violence et ambiance, on le retrouve aussi dans la structure des morceaux qui alternent entre accélérations bestiales et lourdeur pachydermique ce qui permet tout de même de ne pas tomber dans la monotonie. Enfin, et il est bon de le noter, la production limpide rend justice à la musique du combo, tout ça sans sonner de manière clinique.

Vous l’aurez sans doute compris, Cruciamentum n’apporte rien de révolutionnaire avec ce premier album. Il n’a jamais été question de bouleverser le style mais d’apporter une belle pierre à l’édifice et, en excellents tailleurs de pierre, les britanniques gagnent ce pari haut la main. Charnel Passages comptera parmi les sorties death metal de l’année mais ne figurera peut-être pas sur le podium final. Cependant, pour peu qu’on ait bien lu et accepté le cahier des charges, Charnel Passages tient décemment ses promesses et ravira les fans du genre.

Donatien/CNC

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10/09/2015

Fiche de lecture: "La cité antique" de Fustel de Coulanges

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PARCOURS DE FUSTEL DE COULANGES

Né en 1830 à Paris, il est le fils d’un officier de marine Breton. Elevé par son grand-père, il fait ses études à Paris. Il intègre l’Ecole normale supérieure (ENS) et se passionne pour l’Histoire. Devenu enseignant, il participe à des fouilles archéologiques en Grèce grâce à l’Ecole d’Athènes, en 1853. Il enseigne ensuite quelques temps à Amiens et soutient deux thèses en 1858, l’une portant sur Polybe pour la Grèce et l’autre sur la déesse Vesta, pour Rome. En 1860 il est professeur d’Histoire à Strasbourg (où un lycée porte toujours son nom). Rapidement, il s’illustre et ses cours sont très suivis. C’est à partir de ses démonstrations qu’il rédige et publie la Cité Antique, en 1864. En 1870 il devient le directeur de l’ENS. En 1888 il publie un ouvrage sur la conquête franque de la Gaule où il relativise l’importance de cette dernière. Il meurt en 1889 alors qu’il préparait la rédaction d’un ouvrage historique portant sur l’histoire de la France, depuis les origines jusqu’à la Révolution.

Connu de son vivant, admiré pour sa rigueur et sa démarche « apolitique » (pour lui, une perception idéologique de l’Histoire ne pouvait que fausser les conclusions), Fustel de Coulanges est un immense auteur et historien qui mérite encore d’être lu au début du XXIème siècle.

 

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LA CITE ANTIQUE

L’ouvrage est une démonstration simple et claire des prises de position de Fustel de Coulanges quant à l’émergence des sociétés antiques Grecque, Romaine et Hindoue.

Le parallèle entre les trois sociétés est fait en permanence dans le livre et l’on passe naturellement, dans un même chapitre, des rivages de l’Indus à ceux de la Méditerranée.

On est loin du  style académique et ampoulé de la fin du XIXème siècle. Le livre, bien que puisant dans des sources antiques, est volontairement accessible. L’écriture, très vivante, nous plonge dans l’esprit des peuples Indo-européens, à une époque antérieure de plusieurs siècles à celle d’Homère. Fustel de Coulanges lui-même ne situe pas dans le temps les époques évoquées…

La démonstration consiste à expliquer que les conceptions religieuses des premiers Européens ont façonné les règles des sociétés archaïques. Selon l'auteur, l’Antiquité Classique, celle des philosophes Grecs, des Dieux de l’Olympe, d’Alexandre, de César et de Cicéron, est déjà une époque très tardive. Pour comprendre cette antiquité proche et les règles qui l’innervent il faut remonter à des temps bien plus anciens.

L’œuvre, d’une clarté et d’une logique imparable, est encore aujourd’hui très largement recommandée et étudiée dans les cursus d’Histoire ou encore d’Archéologie…

 

- Conceptions autour de la mort

Les Anciens (on peut parler ici de Grands Anciens tant l’époque est lointaine…) croyaient en la survie de l’être après la mort. Néanmoins, contrairement aux croyances actuelles, ils ne croyaient pas en la translation de l’âme vers un « ailleurs » (Paradis, Enfers, Nirvana, Grand Tout Cosmique, l’Univers, etc.). Les Anciens croyaient que l’âme restait physiquement attachée à la terre et plus particulièrement à un lieu : le tombeau.

Les morts, bien qu’invisibles, vivaient physiquement auprès de leurs tombes et nécessitaient les mêmes biens que ceux nécessaires aux vivants. Ainsi les défunts, pour exister éternellement heureux dans la mort, devaient-ils être nourris. Des offrandes funèbres devaient leurs êtres régulièrement livrées, sous peine d’être affamés et malheureux dans la mort et d’ainsi devenir des spectres malfaisants.

Seuls les membres de la famille étaient admis à rendre ces offrandes. En faisant ainsi, on s’octroyait la bienveillance des ancêtres qui devenaient de véritables petits dieux, les dieux d’une seule famille. Les dieux domestiques.

Chaque famille avait sa religion, son culte.

Il est à noter, dans ces croyances, qu’une conduite vertueuse ou scélérate n’influait en rien l’existence post-mortem. Nous avons affaire à une religiosité amorale.

 

- Le foyer domestique

Ces croyances concernant les mânes des ancêtres étaient incarnées dans la maison par une flamme perpétuelle, le foyer domestique. Ce feu sacré ne devait jamais s’éteindre. Il était alimenté par des essences de bois spécifiques. Des prières et des offrandes, particulières à chacune des maisonnées (chaque maison à sa religion), lui étaient rendues. A des dates particulières on se réunissait autour de lui pour l’honorer.

Chaque culte est secret, aucun étranger n’y est admis sous peine de souiller les rites.

 

- La famille archaïque, l’héritage et le droit de propriété

Une famille de l’antiquité lointaine c’est avant tout une communauté liée par un même culte, une même religion. Les liens du sang y jouent donc un rôle majeur.

C’est le père qui est le chef de famille et le « grand prêtre » du culte. Il a autorité de vie et de mort. Il a surtout le rôle de reconnaître ou non les nourrissons mâle, tache vitale car ce sont ces derniers qui devront veiller sur le foyer domestique à l’avenir. Sans descendance, pas de perpétuation de la religion et donc errance des Mânes… Le célibat est donc logiquement interdit. C’est le fils aîné, celui qui perpétue le culte, qui hérite.

Cela ne signifie pas néanmoins que les « mineurs » (femmes, frères, enfants, etc…) ne jouent pas un rôle important. Ils jouent des rôles cruciaux dans le culte rendu aux Mânes (ravivage de la flamme, initiation au culte, apprentissage des prières, etc.)

L’ensemble des cérémonies (mariage, naissance, décès, etc.) sont associés aux dieux du foyer.

Les ancêtres étant attachés à une terre précise, cette dernière est inaliénable. On ne peut s’en défaire, la famille y est fixée pour toujours. Les dieux Termes gardent les bordures de ce royaume familial.

 

- Les clans

Au gré des générations la famille s’agrandit, en fait une famille, une gens en latin(qui donne « gène » en langue française), peut être composée de plusieurs centaines de membres rendant un culte à des ancêtres communs.

Au fil des générations des familles se sont associées. On assiste alors à une transposition du culte familiale à une échelle plus grande. On trouve un ancêtre commun, on dresse un autel et on allume une flamme perpétuelle et sacrée qui associe les membres de la communauté par des liens inaliénables.

 

- La Cité

Puis les clans s’associent dans le même schéma, et on assiste alors à l’émergence de la Cité. Par ce mécanisme logique on se rend compte que c’est le droit particulier (et surtout le culte dont il découle) qui a précédé le droit commun. La création d’une Cité suppose un rite de fondation. On dresse un autel, on allume une flamme… (Le feu de Vesta pour Rome). La ville n’est au départ que le lieu où résident les divinités communes.

On se rend compte ici que la Cité antique est en réalité une confédération de familles et de clans (Curies, Phratries, Tribus), dominée par un roi.

La Cité n’est donc pas une création politique, mais avant tout une entité religieuse. Chaque ville est « sainte ». Les citoyens sont liés par un culte commun. La Cité ne partage pas ses dieux et ces derniers ne peuvent qu’intercéder pour les membres de la communauté. En tant qu’Athénien, je ne peux aucunement rendre hommage aux dieux de Thèbes ou de Sparte.

La pire des condamnations, dans ce monde, est loin d’être la mort. La pire des peines c’est le bannissement et la perte de citoyenneté. Cette mesure prive en effet l’individu de ses ancêtres et de ses dieux. Il ne pourra trouver sépulture et donc repos et félicité dans l’après vie…

Les charges de la Cité (Royauté, magistrature, etc.) sont avant tout des fonctions de prêtres.

Certains rituels impliquent la présence de l’ensemble des citoyens. Ainsi est-il nécessaire de tenir une comptabilité rigoureuse des naissances et décès. Le recensement est un acte religieux avant d’être un acte civil. L’autorité de la Cité est quasi-illimitée car celle-ci est de nature religieuse. La vie privée et les individualités ne comptent que peu.

La Cité est une Eglise… Il n’existe aucune distinction entre le spirituel et le temporel.

 

- Les révolutions mettent à mal le régime des Cités

L’aspect inégalitaire de ce système apparaît évident. Les familles s’agrandissent, des branches cadettes apparaissent nécessairement. Des relations de soumission s’instaurent car seuls les fils aînés peuvent hériter.

Une classe d’inférieur, de clients se met aussi en place. Cette classe ne dispose d’aucun droit sauf celui qu’acceptent de lui octroyer ses maîtres de bonnes familles nommés patriciens.

Les plébéiens (terme très connu concernant Rome), forment une classe encore inférieure. Constituée de populations assujetties, la plèbe ne possède pas d’ancêtres ni de cultes, elle n’est donc virtuellement… rien. 

Une première révolution s’installe lorsque les rois perdent leurs fonctions temporelles pour ne garder que la prêtrise (Ex : Rome, Sparte, Athènes). Les aristocrates les remplacent (Fronde inversée) à la tête politique de la Cité.

Une seconde révolution s’instaure lorsque les conditions d’héritage s’assouplissent et que les clients s’émancipent.

Une troisième révolution est inaugurée lorsque la plèbe revendique et obtient des droits politiques (Ex : instauration du Tribun de la plèbe à Rome).

Ces révolutions permettent l’émergence d’une nouvelle répartition des fonctions sociales fondée sur la richesse et non plus sur la lignée. Le rôle du suffrage prend une part de plus en plus importante (émergence de la démocratie).

 

- Disparition des Cités-Etats

L’émergence de la philosophie et de nouvelles croyances religieuses rendit les anciens cultes obsolètes. Toutes les fondations de la société antique en furent bouleversées. On ne pensa plus que les morts vivaient d’offrandes dans leurs tombes… Leurs âmes devaient nécessairement rejoindre un lieu (Champs-Élysées), ou le néant (Epicure).

Le culte des Mânes et du Feu s’altéra.

Puis, un jour, une petite Cité d’Italie Centrale cessa de jouer le jeu qui se tramait depuis des siècles et se mit à conquérir et assujettir ses voisines. On ignore comment ou pourquoi… Poussée par des révolutions internes et des guerres civiles, Rome eu soif de conquête et ne trouva partout qu’une résistance relative tant les anciennes croyances s’étaient détériorées. Les patriotismes locaux s’étaient éteints. En quelques siècles un empire fut formé et Rome administra partout.

Puis, la suite est connue, la citoyenneté romaine devint courante et le Christianisme apparut, ce qui fut une révolution anthropologique majeure. En effet, il y eut désormais une distinction entre le monde des cieux et le monde terrestre. Auparavant les hommes vivaient entourés de leurs dieux, désormais Dieu règne, mais depuis un ailleurs.

Le terrain avait était largement préparé par les philosophes.

Tout fut bouleversé, les temples, le droit, les traditions, les mœurs, etc.

Le monde antique disparut.

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Jacques THOMAS pour le Savoir pour tous et le C.N.C.

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