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30/08/2015

Chronique musicale: Chelsea Wolfe "Abyss"

Chelsea Wolfe - "Abyss"

(Sargent House - 2015)

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La Californie, ce n’est pas que le soleil et le « bling-bling ». Chelsea Wolfe en est la preuve, l’antidote. Ayant gravis les échelons de l’underground avant de connaître un succès d’estime et critique avec son album Pain is beauty, la chanteuse au magnétisme irréel est de retour avec un nouvel album plein de promesses intitulé Abyss.

chelsea wolfe.jpgC’est avec des yeux bleus qui pourraient dévorer le monde et des cheveux noirs comme la nuit que cette fille originaire de Sacramento ensorcelle un public toujours plus grandissant. Son style est aussi singulier que sa présence . Tenter de poser une étiquette sur sa musique est une perte de temps. Au contraire de nombreux musiciens, qui sont avant tout les prêtres d’un style musical orthodoxe et codifié tel un dogme, Chelsea Wolfe est une artiste dans le sens où c’est « l’idée force » qui prime et s’exprime. Par conséquent l’auditeur ne sera pas surpris par le mélange, a priori surprenant, d’influences industrielles, folk, drone et metal où la voix de la californienne est à la fois le fil d’Ariane et le chef d’orchestre.

Justement cette voix éthérée, délicieusement fantomatique et envoûtante, prend le contre-pied d’une musique souvent abrasive, lourde et anxiogène où la technique du clair-obscur est la colonne vertébrale de l’album. Pourtant à l’écoute du dit album, c’est bien ce côté obscur, ces ténèbres insondables qui dominent. Le thème majeur d’Abyss est la paralysie nocturne dont souffre Wolfe. Cette expérience qui peut se révéler traumatisante, accompagné d’hallucinations, brouille la ligne de démarcation entre le rêve et la réalité.

Les chansons possèdent toutes leurs propres identités : « Carrion Flowers » et ses coups de boutoir, « Crazy Love », chanson tempérée possédant un petit côté Jeff Buckley, ou bien encore des morceaux pachydermiques que ne renierait pas Neurosis tel « Iron Moon » et surtout « Dragged Out ». La production se devait d’être à la hauteur des ambitions de la musique et le travail de John Congleton relève ce défi haut la main. Quant à Chelsea Wolfe, elle est une fois de plus entourée d’excellents musiciens dont Mike Sullivan, guitariste de Russian Circles.

A l’évidence, Abyss est une des sorties majeures de 2015. Aux antipodes de la musique mainstream et de la superficialité ambiante, Chelsea Wolfe démontre qu’on peut allier sincérité, mélodies, violence introspective dans une musique sans concession qui touche les couches les moins hermétiques des mélomanes, le tout sans vendre son âme et sans tomber dans la niaiserie narcissique post adolescente. Ce recueil de songes made in California est une réussite.


Donatien / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

23/08/2015

Direzione Rivoluzione 2015 avec A.D.L. 122, Malnatt et Zetazeroalfa (12.09)

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11:00 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

15/08/2015

Chronique musicale : Régiment - On les aura !

Régiment "On les aura !"

(Antiq Records, 2015)

 régiment.jpg« La guerre est mère de toutes choses, reine de toutes choses, et elle fait apparaître les uns comme dieux, les autres comme hommes, et elle fait les uns libres et les autres esclaves. » (1) L’initiation olympienne qu’est la guerre a toujours fasciné les hommes. Il n’est donc pas surprenant que cette expérience métaphysique, si bien narrée par Ernst Jünger, soit un thème prisé par bon nombre de groupes de metal, de Marduk à Bolt Thrower en passant par Endstille. Régiment, jeune combo français, nous entraine avec son premier album dans cette boucherie que fut la Grande Guerre.

Régiment, sans être un groupe politisé, n’est pas ce qu’on pourrait appeler un groupe très « Charlie ». Dans un monde de castrés, la guerre n’est pas vraiment en odeur de sainteté. Et quand cette joyeuse bande décide de se positionner du côté français, à grand renfort de bleu, blanc, rouge, et surtout en arborant sur sa pochette un portrait du Maréchal Pétain, la « metal sphère », rendez-vous d’eunuques faussement rebelles, s’en émeut grandement. L’effacement de notre mémoire est efficace. Faut-il rappeler que, avant d’être considéré comme un traître, le Maréchal fut avant tout le héros de Verdun ? Difficile d’esquiver la vérité quand on veut traiter de la Première Guerre mondiale en adoptant le point de vue français…

La musique de Régiment est à l’image du premier chapitre du grand suicide Européen : Violente et épique. Cet amalgame de death metal, de black metal et de heavy metal, navigant entre assauts rythmiques et mélodies, vise juste et ne manque pas sa cible. « Sauvagerie Prussienne » est un bel exemple de fureur, tout comme « La mort du nègre » est ses cavalcades endiablées allant jusqu’à rappeler le Iron Maiden de la grande époque ! Assurément l’un des morceaux les plus forts de ce premier opus ! Il faut dire que nous n’avons pas à faire à des amateurs. Les membres de Régiment font ou faisaient partie de formations expérimentées tel que Borgia, Grylle, Anus Mundi et Aorlhac. Les guitares sont acérées mais savent également faire preuve de subtilités à grand fort de leads typées heavy metal ; la batterie pilonne les lignes ennemies, soutenue par une basse en général discrète qui sort son nez de la tranchée lors des quelques accalmies qui ponctuent le disque. La voix death metal de l’ancien hurleur et tête pensante de Borgia, le dénommé Géraud de Verenhe, déclament avec brio ses textes. Le bonhomme est un passionné d’histoire et il se donne à 100%. Sa prestation, à l’instar de ses camarades, est impeccable.

Avec On les aura ! Régiment frappe fort et est bien décidé à prouver que dorénavant, il faudra compter avec eux. Même si l’album est bien trop court (même pas trente minutes) il recèle de qualités et d’un potentiel que le groupe devra cependant confirmer sur sa prochaine production. Ni trop brutal, ni trop mélodique, la musique de Régiment, de part ce juste milieu, constitue une bonne porte d’entrée à ceux qui souhaiteraient s’initier au metal extrême et ravira amateurs de déflagrations soniques.


Donatien/C.N.C.

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 (1) Citation d’Héraclite

04/08/2015

Chronique d'album : Cultes des Ghoules - The Rise of Lucifer

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Cultes des Ghoules "The Rise of Lucifer"

(Terratur Possessions, 2015)

Malgré un patronyme Français, emprunté à l’univers de H.P Lovecraft, Cultes des Ghoules nous vient en fait de Pologne. Ce pays, pourtant profondément catholique, avait déjà fait parler de lui avec les représentants de sa scène nationale, comme par exemple Graveland pour le côté pagan-black pouet-pouet ou bien Behemoth dans un style plus death metal et satanique. Cultes des Ghoules, malgré un univers centré autour de la magie noire et du grand cornu, renvoie dos à dos ces deux visions du black metal si répandues chez nos cousins Polonais.

Formé en 2002, Cultes des Ghoules sort une poignée de démos et d’EP avant la parution en 2008 de Haxan. Déjà le groupe laissait entrevoir un sacré potentiel en faisant preuve d’un réel talent pour instaurer une ambiance diabolique. Leur deuxième album, Henbane, transforma l’essai en offrant une ode lysergique, véritable transe démoniaque. En effet il se dégage de la musique de Cultes des Ghoules une aura maléfique et putride qui sent le vice à plein nez. Entraîné de force par ce vortex, l’auditeur se retrouve au milieu des cryptes, dans un sanctuaire qui a vu passer de nombreux rituels impies. Le groupe n’a pas besoin de sortir l’artillerie lourde pour ouvrir les portes du Pandémonium, oh que non ! La recette est plutôt élémentaire mais sacrément efficace : des riffs simples mais terriblement entêtants, rappelant les premières heures de Mayhem ou les vieux Darkthrone, une ambiance ritualiste à grand renfort de percussions, de samples ou de claviers et surtout un chanteur hors-pair. Véritable cas de possession, Mark of the Devil, n’a pas son pareil pour nous mettre mal à l’aise. Dans L’appel de Cthulhu, Lovecraft écrivit les lignes suivantes : « Il y a des qualités vocales qui sont particulières aux hommes et d'autres, particulières aux bêtes. Or, il est effrayant d'entendre l'une quand la source dont elle provient devrait produire l'autre. ». Ceci résume bien les compétences lyriques du hurleur en chef de CDG…

The rise of Lucifer comporte deux titres, dont une reprise du groupe grec Necromantia. La chanson éponyme, pièce principale de cet EP, s’étale sur quinze minutes. Rien de vraiment surprenant à vrai dire, le groupe aime développer ses morceaux, ceux-ci pouvant même atteindre une vingtaine de minutes… C’est avec une première partie plutôt rythmée que le morceau débute, à grand renfort de « d-beat » typiquement punks et de « blastbeats », doublés par les vociférations de Mark of the Devil. Le groupe freine ensuite des quatre fers et nous emmène sur les terres du doom, introduit par un passage où la batterie nous sert ses fameuses parties tribales. Là encore l’efficacité des riffs conjuguée à la voix est de rigueur, avant d’enchaîner sur un riff plutôt rock n’roll que ne renierait pas Darkthrone. Enfin Cultes des Ghoules achève l’auditeur avec une autre partie mid-tempo, la guitare noyée dans la reverb, en guise de procession finale. La reprise de Necromantia est fidèle à l’original et parfaitement exécutée. Malgré tout, on aurait préféré un titre composé par le groupe, mais il faudra attendre un prochain album pour ça.

Quoique trop court et ne comportant qu'un seul titre du groupe, The rise of Lucifer comblera les fans en attendant le successeur de Henbane. Cultes des Ghoules maîtrise son sujet à la perfection, bien que le morceau soit plus que classique pour le groupe, celui-ci ne déçoit pas et met l’eau à la bouche. Édité uniquement en format vinyle et ce à mille exemplaires, il faudra agir vite pour acquérir cet EP, qui est voué à devenir une pièce de collection plutôt rare.


 

Disponible chez Terratur Possessions

Donatien/C.N.C.

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29/07/2015

Chronique de concert : Dream Theater – Arles, théâtre antique – 20/07/2015

Chronique de concert : Dream Theater

 

dream.jpgDream Theater en Arles ? Wtf ? Et oui, les Américains, meneurs incontestés de la scène métal progressive viennent fêter leurs 30 années de carrière au théâtre antique d'Arles. C'est tout près de chez moi, parfait, je n'attends pas plus longtemps avant d'acheter ma place. Bon, ça commence mal, 50 euros le billet, on le sent passer, mais après tout, c'est quand même pas le groupe de la MJC du coin, et le cadre vaut le détour; et puis ça fait bien longtemps que je n'ai pas été voir un concert.

D'ailleurs ce n'est pas la première fois que je vois DT, et je garde un excellent souvenir de leur tournée pour l'album Systematic chaos où je m'étais déplacé à Toulouse pour un concert inoubliable. Dream Theater, que l'on soit fan ou pas (et je n'en suis pas vraiment un), si on aime la musique, il faut pouvoir les voir au moins une fois pour apprécier un vrai gros groupe avec un vrai son et une vraie présence sur scène. Ça change vraiment des formations de seconde zone, qui peuvent être talentueuses parfois mais qui n'ont pas la possibilité d'offrir une qualité telle en terme de spectacle, de maîtrise et d'acoustique.

J'arrive un peu en avance, je trouve facilement une place pour me garer, tout semble parfait. Le parc du théâtre antique est déjà rempli par des centaines et des centaines de personnes, ça déborde jusque dans la rue, on se croirait à un spectacle de Dieudonné. D'ailleurs en parlant du public, il faut noter qu'il est ici très hétéroclite, moitié metaleux-geek, moitié « personne normale ». L'ambiance est familiale et saine, ce qui est un vrai bol d'air frais pour quelqu'un qui, comme moi, a fui le folklore métal depuis longtemps. Pas de types bourrés, pas de gothiques en latex, ou très peu, dilués dans la foule.

Voilà, c'est l'ouverture des portes, je m'incruste dans la queue l'air de rien pour rentrer assez vite. Il faut maintenant vous parler un peu du lieu. Le théâtre antique d'Arles et l'un des premiers théâtres romains bâtis sur notre sol, sous le règne d'Auguste, au premier siècle avant JC. Il est plus petit que les arènes qui sont situées pas très loin mais peut tout de même accueillir 10 à 12000 personnes. Sur la centaine de colonnes situées jadis derrière la scène, deux, qu'on appelle « les deux veuves » tiennent encore debout. C'est un lieu magnifique, mais il est très difficile de se représenter son apparence originelle. Avec la scène, les éclairages, et les musiciens, cela ressemble un peu à un décor de cinéma. Plusieurs fois au cours du concert je suis obligé de me forcer à réaliser que ces colonnes sont là depuis plus de 2000 ans.

Le premier groupe (Myrath) lance rapidement son set. Je ne les connais pas du tout. Leur musique est moderne, c'est pas mal foutu, mais pas vraiment mon style. Alors j'écoute sans écouter, et pendant ce temps le théâtre se remplit.

La seconde partie en revanche ne m'est pas inconnue puisqu'il s'agit des britanniques d'Anathema. Mais là encore, je me sens un peu largué car les derniers albums que j'ai écouté étaient Alternative 4 et Judgement, et c'était il y a bien longtemps. Je n'ai reconnu aucune chanson durant leur prestation. On vieillit, on change, et les groupes aussi. Leur musique est plus orientée rock, et les compos sont plus efficaces sur scène que les anciennes. Même si ce n'est pas vraiment mon style de musique, il faut admettre que c'est bien foutu et que le chanteur est vraiment très très doué. Il a vraiment une sacrée voix, expressive et très juste. Petit bémol tout de même pour la chanteuse qui les accompagne et qui a été fausse à plusieurs reprises, mais un ami qui les connaît bien pour avoir tourné avec eux me précise qu'elle chante d'habitude mieux que ça.

La nuit est tombée, les musiciens font leur apparition sur l'introduction de leur dernier album que je ne connais pas non plus, et puis surprise, ils embrayent sur un morceau de leur premier album. On comprend alors ce que James Labrie va nous confirmer par la suite, qu'ils joueront un morceau de chacun de leurs albums pour retracer leur longue carrière. La voix est encore un peu faible, mais je sais qu'il faut attendre quelques minutes pour que les techniques vocales et électroniques se règlent un peu. De toute façon, disons le, même si ce n'est que mon avis, la voix dans Dream Theater c'est un peu leur talon d'Achille.Très logiquement, le second morceau sera tiré du mythique Images and words, et il s'agira de « Metropolis part 1 », excellent morceau. L'ennui c'est qu'il est difficile de s'astreindre à n'écouter qu'un seul morceau par album. Le choix est forcément compliqué, certains titres trop longs sont exclus et c'est bien dommage. C'est donc à chaque titre que l'on voit aussi s'effondrer la possibilité d'écouter un morceau que l'on affectionne. Pas de « Pull me under » donc, ni de « Fatal tragedy », en revanche nous avons pu entendre l'excellente « Panic attack ». Je regrette le choix du morceau « Constant motion » qui est selon moins l'un des moins bons du très bon Systematic chaos; mais tout cela n'est qu'une question de goût. J'accepte aussi avec le sourire qu'ils n'aient pas choisi « A rite of passage », leur très ringard morceau qui traite de la très ringarde franc-maçonnerie.

En tout cas je ne me suis pas ennuyé, les morceaux s’enchaînent et ne se ressemblent pas, sauf les passages purement progressifs, qui sont loin d'être mon dada et qui peuvent contenir des longueurs. Ce qui donne de la force à l'ensemble, c'est les changements de rythmes et les structure complexes des compositions. Le groupe alterne les passages mélodiques avec des breaks plus techniques, le tout avec une maîtrise toujours éblouissante. Petrucci est quand même très bon, mais surtout quand il joue lentement ! Quant à Mangini, il était selon moi le batteur rêvé pour remplacer Mike Portnoy, la section rythmique étant la vraie clé de voûte de Dream Theater.

Au final, j'ai passé un assez bon moment, mais j'ai trouvé ça bien trop court et le choix des morceaux ne m'a pas toujours convaincu. Je me dis que cela a certainement convenu à d'autres fans et il y a des albums que je connais assez peu (Six degrees et Train of thought). Le son résonnait un peu trop dans la fosse, mais je pense qu'il devait être meilleur sur les gradins. J'avais gardé un bien meilleur souvenir du son lors de leur concert vers Toulouse en 2007 où l'on pouvait apprécier la qualité extraordinaire des effets de guitare.

En espérant les revoir pour une prestation sans première partie, donc plus longue, et pour apprécier les meilleurs titres datant qu'il y a 10 ou 20 ans, il reste encore les DVDs.

Frank / C.N.C.

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23/07/2015

Chronique d'album : Drudkh "A Furrow Cut Short"

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Drudkh "A Furrow Cut Short"

(Season of Mist, 2015)

 

A l’heure où l’unité nationale de l’Ukraine est en grand danger et son identité remise en question, sa scène black metal est plus que jamais une réponse claire et vindicative à ceux qui lui dénient le droit à être, et à demeurer, une nation à part entière. L’histoire, pour le moins tourmentée, de ce pays, a sans doute un rôle à jouer dans le fait que pas mal de groupes exaltent un patriotisme, voire un nationalisme assumé. Au côté des pointures que sont Nokturnal Mortum ou Hate Forest, Drudkh (« bois » en sanskrit) représente le haut du panier d’une scène à l’identité forte.

Formé en 2002 et comptant en son sein des membres de Hate Forest et Astrofaes, Drudkh s’est forgé un style et une personnalité. A Furrow Cut Short, son dixième album à ce jour, est une ode à sa patrie charnelle. Le groupe reprend d’ailleurs des écrits de poètes et écrivains nationaux tel Lesych, Franko et Tchevchenko, comme pour mieux affirmer, face à l’ours Russe et à l’aigle Américain, que l’Ukraine est bien plus qu’un enjeu géopolitique ou une nation artificielle…

C’est donc un album « coup de poing » que nous livre Drudkh. En effet le côté atmosphérique est moins prégnant que d’habitude ; ici les instruments folkloriques ont disparu, les synthétiseurs se font plus discrets qu’à l’accoutumée. Néanmoins on reconnaît aisément la patte du combo Ukrainien et ce, grâce à ces riffs de guitares reconnaissables entre mille. 100% black metal dans leur exécution mais toujours mélodiques, ils évoquent tour à tour grandeur épique, élans guerriers ou nostalgie. La voix est agressive et remplie de fureur, peut-être plus que par le passé. Le groupe sait varier son propos en alternant blastbeats, rythmes endiablés et partis plus mid-tempo, laissant les morceaux respirer. Ces accalmies sont bienvenues, car l’album est plutôt compact et dure près d’une heure. C’est un voyage en terre slave qui demande également, du fait de son intensité, un minimum de concentration pour apprécier la subtilité des arrangements, un domaine dans lequel Drudkh est passé maître.

Bien que A Furrow Cut Short ne soit sans doute pas aussi excellent que les pierres angulaires de sa discographie que sont Forgotten Legends et Automn Aurora, il demeure un très bon album. On pourrait reprocher à Drudkh un manque de prise de risque ou bien l’effacement du côté ambiant de sa musique. Cependant la qualité est bien là, le groupe n’ayant pas pour habitude de faire dans la médiocrité. Ce dixième opus, probablement marqué par les événements de l’Histoire, passés et présents, conjugue avec maestria hargne, beauté et affirmation de soi.


Disponible chez Season of Mist

Donatien /C.N.C.

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