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05/11/2015

Chronique musicale: Division Germania "2003-2006"

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Division Germania - 2003-2006

(Das Zeughaus, 2015)

 

La vivacité de la scène musicale allemande n’est plus à démontrer et je m’en suis souvent fait le relai en ces pages. Aucune germanolatrie excessive mais un simple constat : les militants allemands ont fait de leur musique une réelle arme. Arme qui dérange sacrément les autorités de leur pays qui interdisent à tour de bras les œuvres les plus politiquement incorrectes et poursuivent en justice les principales figures de cette résistance musicale (à l’image de Lunikoff ou de Daniel « Gigi » Giese, le chanteur de Stahlgewitter). Regorgeant d’excellents musiciens, de labels solides et d’idées novatrices, la scène allemande est à des années-lumière de la scène française. Celle-ci ne lui est malheureusement comparable ni en qualité (hormis Frakass que nous avions interviewé et quelques rares autres), ni en sérieux et encore moins en impact réel. Voyez d’ailleurs ce que j’écrivais sur la question dans l’article : La musique natio est-elle réellement une arme ?

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Parlons maintenant de Division Germania, l’un des grands noms du RAC allemand. Le groupe s’est fait plutôt discret pour diverses raisons depuis 2009, date de son dernier album : Manifest. Excellent en live, Division Germania a heureusement continué à se produire en concert (comme ce sera le cas le 28 novembre en Italie). Pour patienter jusqu’à la sortie du prochain album, les Allemands ont eu la bonne idée de compiler 20 titres provenant de leurs trois premiers albums, tous interdits outre-Rhin. Leur œuvre maitresse, l’album Nemesis (2006), se trouve par exemple en grande partie sur 2003-2006 mais seuls 8 titres sur les 12 originels y sont présents.


C’est avec plaisir que l’on se replonge dans les premières années d’un groupe qui avait, dès 2003, établi de sérieuses bases musicales dans un style où il n’est pas toujours évident de se démarquer. Sens de la mélodie, compositions solides, influences Heavy Metal, on a affaire ici à un RAC carré et moderne dans la plus pure tradition allemande. Fabrication germanique oblige, les vocaux sont très graves et mis en avant… c’est l’aspect militaire ! On ne prend pas le nom Division Germania pour rien ! Je préfère le dire avant d’entendre les complaintes de camarades aux oreilles trop délicates… qui devraient toutefois laisser une chance à une formation qui le mérite amplement !

Rüdiger/C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

01/11/2015

Clip: The Brains - "Out in the dark" (vidéo officielle)



Tiré de l'album Out in the Dark sorti chez Stomp Records le 30/10/2015

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11:00 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

28/10/2015

Clip: Übermensch "Heil Dir" (vidéo officielle)


Tiré de l'album Schicksalsgemeinschaft (2015). Disponible chez Leveler Records.

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24/10/2015

Chronique d'album : Misþyrming - Söngvar elds og óreiðu

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Misþyrming - Söngvar elds og óreiðu

(Terratur Possessions, 2015)

A y regarder de plus près, le black metal incarne pleinement la diversité. Diversité de style tout d’abord, le black metal pouvant être qualifié de « pagan », « trve », « orthodoxe », « progressif », etc. Diversité des scènes ensuite, car elles sont nombreuses en effet et chacune d’entre elles possèdent sa propre identité. Oui, le black metal c’est l’international du particularisme, qu’on se le dise ! Et il y a une scène, plutôt discrète il est vrai, qui se réveille tel un vieux volcan. L’Islande, ce petit bout de terre aux allures de Thulé, prise en étau entre les côtes du Groenland et les côtes Norvégiennes, nous offre avec Söngvar elds og óreiðu du groupe Misþyrming un pur album de black metal.

Jeune pousse sorti du sol en 2013 et comptant en son sein deux membres des excellents Carpe Noctem, Misþyrming a décidé de ne point s’embarrasser avec démos, ep et autres split pour nous sortir un album complet en guise de commencement. Le combo de Reykjavík fait preuve d’une maturité rare pour un premier opus. Son black metal est de facto musicalement et stylistiquement orthodoxe. Pas de passages folk ou en voix claires, encore moins de fantaisies « pagan » ou d’usage d’instruments traditionnels ; de la scène orthodoxe le groupe a su en extraire le meilleur et délaissé l’intellectualisme superfétatoire que l’on peut reprocher à certaines formations. Impossible de ne pas penser à des groupes comme Deathspell Omega, Corpus Christii ou Ondskapt à l’écoute de ce Söngvar elds og óreiðu, que ça soit dans ces riffs dissonants, torturés ou les ambiances possédées. Plus surprenant, le titre « Söngur uppljómunar » où l’influence du Kommando Peste Noire est évidente. L’une des qualités de la musique de Misþyrming est qu’elle est diversifiée et mesurée. La fureur des blasts et de la voix se heurte à la lourdeur des tempos et à une certaine neurasthénie, une solitude atavique. A l’image de la pochette de l’album, le combo Islandais représente Múspellsheimr, le royaume de Surtr, antithèse de Niflheimr, deux mondes pourtant symboliquement réunis sur sa terre natale. Sa musique n’est qu’un chaos de flammes, à la fois ode et personnification polyphonique de la fureur déchaînée de Fenrir.

Belle surprise que ce Söngvar elds og óreiðu ! Ce maelström de feu venu du nord est voué, pour sûr, à devenir l’un des joyaux de la scène black metal islandaise. Misþyrming frappe très fort avec un premier album dense, profond et concis. La production, qui met dos à dos propreté clinique stérile et inécoutabilité grésillante, est parfaite en tous points, mettant en valeur la musique du groupe. Et cette dernière, de par sa qualité et sa personnalité, mérite de s’y attarder ; mieux de plonger la tête la première dans ce Ginnungagap sonique.

« Le loup Fenrir marchera la gueule béante, la mâchoire inférieure rasant la terre et la mâchoire supérieure touchant le ciel, et il l'ouvrirait davantage encore s'il y avait la place. Des flammes jailliront de ses yeux et de ses narines. »

— Gylfaginning, chapitre 51


 

Donatien/C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

13/10/2015

Sortie prochaine du nouvel EP d'Evil: "Rites of cleansing"!

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08/10/2015

Chronique musicale: Iron Maiden "The book of souls"

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Iron Maiden, The book of souls

(Parlophone, 2015)

Quarante années de carrière, une quinzaine d’albums et des millions de fans à travers le globe. Iron Maiden est une légende des musiques électriques, une véritable institution et, dans beaucoup de cas, une initiation. La vierge de fer est enfin de retour pour un seizième album intitulé The Book of Souls, cinq ans après un The Final Frontier très décevant.

Ça commence mal. The Book of Souls est un double album avoisinant les quatre-vingt-dix minutes pour « seulement » onze morceaux ; signe que les britanniques ont à priori décidé de poursuivre leur élan « épico-progressif ». Progressifs les morceaux le sont, pour certains, notamment avec trois d’entre eux de plus de dix minutes dont un de dix-huit minutes (soit la durée d’un album de grindcore Tchèque) ! Vous avez dit Dream Theater ? Ne poussons pas mémé dans les orties, Iron Maiden n’a pas pour habitude de faire dans l’onanisme technique ad nauseam. C’est avec « If Eternity Should Fail » et son intro sur fond de synthé ultra kitsch, véritable miasme des 80’s, que l’album s’ouvre. Stupeur et tremblement, le ridicule apparent de cette intro laisse présager du pire. Le ridicule synthé s’efface brièvement et l’ami Bruce Dickinson fait alors son entrée. D’abord seul, le reste du groupe rentre alors en scène. C’est parti, le voyage commence pour de vrai.

The Book of Souls n’est pas un mauvais album. Il est même plutôt bon, mais le temps où Maiden nous pondait des Classiques est bien révolu. Une fois que l’on a intégré ce facteur on peut honnêtement appréhender ce nouvel opus. Tout d’abord, la production connait un bon qualitatif comparé à son prédécesseur. Le son est puissant, limpide ; les guitares ont retrouvé leur tranchant et la batterie de Sir McBrain est parfaitement mise en valeur. The Book of Souls est un effort collectif, Steve Harris a laissé de l’espace à ses petits camarades ; Bruce Dickinson a par exemple composé trois morceaux. Du coup l’album est plus varié qu’à l’accoutumé. Musicalement, le combo britannique est resté fidèle à lui-même : cavalcades endiablées, mélodies et solos flamboyants constituent l’épine dorsale de leur musique. Cependant le style s’est complexifié, il s’est raffiné grâce à des arrangements plus sophistiqués ou des structures plus alambiquées. Là où les titres « Speed of light » et « Death or Glory », avec cet arrière-gout pas dégueulasse du meilleur de No Prayer For The Dying, vont droit au but, les autres morceaux demandent plus de concentration ainsi que du temps pour laisser le charme opérer. Bruce est bien en forme, sa prestation est au top. Néanmoins l’idée sur certains morceaux, « The Book of Souls » par exemple, de suivre la mélodie de guitare se révèle médiocre. On sent qu’il pousse le bouchon un peu trop loin le Bruce, on a presque mal pour lui… Quant au morceau de dix-huit minutes, il se révèle fort long à démarrer. Ce n’est pas donné à tout le monde de pouvoir pondre un morceau aussi long sans endormir son auditoire et Iron Maiden se casse les dents sur un exercice qu’il ne maitrise pas. Dommage.


Presque plus de « tubes », une musique plus complexe demandant plus d’efforts... Les uns aimeront cette formule, les autres passeront leur chemin. Cet Iron Maiden nouveau est heureusement supérieur à son prédécesseur, plus ambitieux aussi. Malgré des fautes de gout, des longueurs et quelques passages où la voix est pénible, The Book of Souls s’en sort plutôt bien. La direction « prog » prise par Maiden est à la fois son pire ami et son meilleur ennemi. Ces influences ont toujours fait partie de l’identité du groupe mais à dose modérée.  Des morceaux plus longs que le format « radio » passent bien avec le panache du groupe, en particulier les passages instrumentaux. Des morceaux à rallonge type Yes ou ELP et c’est le drame. Iron Maiden est toujours talentueux contrairement à d’autres alors on pardonne.

Donatien/CNC

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.