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26/02/2014

You Must Murder "Evil Russia" (Réédition)

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You Must Murder & T(error)sphära... Bientôt le split CD (vidéo)


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23/02/2014

Chronique musicale: Mare « Throne of the Tirteenth Witch / Spheres Like Death »

Mare « Throne of the Tirteenth Witch / Spheres Like Death » (Terratur possessions, 2013)

http://www.metal-archives.com/images/3/6/7/2/367258.jpg?2949

Alors que depuis quelques années la scène norvégienne, hormis ses quelques cultes sortis des années 90, suscitait mon désintérêt en tant que simple auditeur, celle-ci semble enfin retrouver un souffle de créativité et d'intensité. Située aujourd'hui beaucoup plus sur Trondheim que sur Oslo, la fine fleure de l'art noir Norvégien se veut désormais un ensemble de groupes dévoués à l'occulte et aux sonorités aussi lourdes que lugubres, pas mal empruntées au doom d'ailleurs. De cette nouvelle scène de l'ancienne Nidaros, Mare semble être devenu chef de file.

Comme bien souvent au sein de ce milieu, les productions assez limités des œuvres des groupes rendent bien souvent l'acquisition difficile. C'est donc dans un soucis de disponibilité que Terratur Possession nous sort, en 2013, une compilation des deux derniers EP, « Throne of the Tirteenth Witch » (2007) et « Spheres Like Death » (2010) épuisés depuis.

Musicalement, Mare est une entité produisant un black metal à l'aspect rituel sur-développé qui se manifeste dès les premières notes d'un « Nidrosian Moon Sabbath » et de ses blasts infernaux. En commençant par ce titre, le groupe impose son style : une ambiance lugubre soutenue par des rythmes tantôt agressifs, tantôt beaucoup plus mid-tempo mais toujours emplis de ténèbres insondables. C'est d'ailleurs dans ces rythmes plus lents que va se développer magnifiquement ce côté entêtant de la musique des norvégiens. Ajouté à cela, un vieux clavier tout aussi distributeur de notes fantomatiques, rappelant par moment ces sonorités de série Z qu'on pouvait retrouver dans certains albums de Beherit et l'ambiance touche à son comble (« Offerlam »). D'ailleurs il faut vraiment souligner l'excellence des passages ambiants aussi bien dans leur réalisation que dans leur disposition au sein de la succession des titres du CD.

Ce qui est surprenant avec ce disque d'ailleurs, c'est sa vision d'ensemble. Alors que pour beaucoup d'albums, piocher un titre au hasard au détour d'une écoute ponctuelle ne pose pas de soucis réels, il en va différemment pour ces deux EP. En effet, alors que chaque chanson possède son âme propre, il faut reconnaître que l'ensemble de la galette semble être la métaphore sonore d'une sorte de procession noire, d'une suite d'incantations folles déclamées par un Azazil halluciné derrière son micro. Il n'est pas difficile d'imaginer les braseros et autres encensoirs autour du chef d'un culte occulte. C'est d'ailleurs l'âme même de la musique de Mare que d'aucuns qualifierait d' « Orthodoxe ».


La production pas assez minimaliste pour en faire un énième ersatz de répondeur mais pas clairement nette pour en faire une  nouvelle galette aseptisée, permet véritablement de plonger dans ce maelström de riffs hypnotiques.

Mare est typiquement le genre de groupe immersif, doté d'une aura telle qu'il est difficile de ne pas arriver à un constat de dualité à l'issue de son écoute, soit on rentre dans la danse occulte, soit on reste totalement hermétique à cette musique. Pour les fanatiques des grecs d'Acherontas, ce disque est immanquable.

T. Spellbound

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

 

22/02/2014

The Brains "Misery" (vidéo officielle)


Et une autre du même album:


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20/02/2014

Entrevue du C.N.C #9: Famine de PESTE NOIRE

Entrevue du C.N.C. #9 : Famine de Peste Noire

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1) Le Cercle Non Conforme : Quel bilan dresses-tu de ton parcours avec Peste Noire ? Penses-tu avoir commis des erreurs ou au contraire ce parcours est-il conforme à ce que tu attendais ?

Famine : Musicalement il y a eu des ratages, des réussites, de l’inaudible et des trucs moyens ; mais j’aurai toujours la fierté d’être passé à l’action bien réelle, de m’être jeté dans l’arène quitte à parfois brusquer/bâcler les choses, quand beaucoup d’anciens camarades avaient d’excellentes compos sans la patience, la volonté, l’adversité d’un chef de meute et une vision globale d’architecte qui permettent d’aller jusqu’au bout en équipe malgré les embûches matérielles et les zicos égocentriques casse-burnes qui cherchent toujours à tirer la couverture sur eux sans rien comprendre à ta démarche et ton univers. Il faut trouver les rares bonnes personnes dans ce milieu très limité qu’est le Black et ne pas avoir d’état d’âme pour virer les mauvaises. Rien ne doit te freiner, ni une paire de tétés ni les ragots ni les coups durs ni ces grosses putes de chroniqueuses dont c’est la perversion d’exterminer en quelques lignes un travail de deux ans. Après une rude journée d’enregistrement de L’Ordure à l’état Pur j’ai appris un samedi soir que mon père était mort en moto ; le dimanche matin j’enregistrai. C’est ça un musicien. J’ai surtout commis des « erreurs constructives », des « erreurs stratégiques » essentiellement relatives à la production studio, au fait de me forcer à jouer avec des gens que j’aimais pas et que je voulais égorger mais dont j’avais besoin, ou relatives aux escroqueries de labels et d’organisateurs de concerts. Je regrette rien car j’ai fait avec ce que j’avais et étais en droit d’exiger à ce moment-là pour me faire un nom comme on dit. Aujourd’hui j’ai plus ce problème car reconnaissance oblige depuis à peu près Ballade, j’ai plus de choix ; mes acolytes sont triés sur le volet en fonction de leur jeu mais aussi d’un esprit commun. J’oublie juste pas qu’au début, quand j’avais pas un rond et qu’on vivait dans une région où les black metalleux étaient aussi présents que des poulets dans une banlieue française, c’était la croix et la bannière de se produire. Je me suis fait pigeonner en filant les droits de mes deux premiers albums contre une rémunération lilliputienne que j’ai d’ailleurs jamais touchée en échange d’être enregistré en studio pro, car le producteur était l’ingé son, et un faux-ami par ailleurs. J’ai accepté que son label ne passe pas par la Sacem afin de lui éviter de se faire taxer abusivement, accepté de le faire économiser en prenant moi le risque ne pas être protégé par cet organisme, par confiance naïve dans les pseudo-principes du Black underground et les paroles d’homme à homme. Il en a profité pour ne pas me payer mon fameux dû microscopique (50 centimes d’euros par CD vendu à se partager à quatre une fois les mille premiers exemplaires écoulés) quand ces premiers albums se sont très bien vendus, me disant chaque fois qu’il avait besoin de ce blé pour represser mes CDs, ce que je souhaitais avant tout. Or sans ce troc abusif, je faisais rien faute de moyens financiers, et on faisait avec les tares/saloperies dissimulées des rares producteurs qu’on trouvait à cette période. En jouant selon un principe parfaitement capitaliste : celui qui a les fonds pour presser tes CDs et le matos pour t’enregistrer - en somme le capital, sans lequel toi tu ne fais rien - te les met à disposition pour récolter ensuite le fruit de ton travail. Faut pas en chialer c’est la règle, quand tu n’as pas de sous et de matos à te faire prêter tu peux commencer que comme ça, ou arrêter direct ton groupe si t’es pas un fils à papa. Et quand je parle des tares des producteurs qu’on trouvait à ce moment-là, le son du deuxième album Folkfuck folie a par exemple été littéralement anéanti, en particulier la voix car « l’ingé son »/producteur en question ne savait pas ce qu’il faisait, cumulant deux préamps sur le chant, ce qui rend l’effet d’une prise de son dans un tunnel de 15 kms alors qu’en réalité j’avais la même puissance de chant que sur notre premier album La Sanie des siècles, mais m’étais décimé la voix pour un rendu nullissime. Principales erreurs donc : 1) tapiner pour des labels ou des organisateurs aussi rapaces qu’entubeurs ; 2) accepter de faire des concessions avec des musiciens rares ne comprenant rien à mon monde mais à l’égo énorme qui voulaient gérer PN à ma place, pensant qu’on deviendrait METALLICA ; et tolérer la patte/le manque de compréhension d’un autre sur ma prod que j’ai toujours voulue rouillée, analogique, vieillotte et cradingue, quand les studios ne maîtrisent que le propre et le tout-aseptisé (je parle pas de l’ingé-son de L’Ordure qui lui m’a fait un son nickel). Au moins j’ai agi et pondu cinq albums avec les circonstances matérielles et humaines pas toujours favorables qui s’offraient à moi. Je n’ai pas fait que jacter ou me branler sur le net en mettant mille photos de moi sur Facebook avant d’avoir réellement taffé. Trop de poseurs dans le Black jouent aujourd’hui les rock stars en Ray Ban après avoir posté du GuitarPro sur Soundcloud. Ils ont des patchs, des t-shirts de leur groupe avant d’avoir fait leurs preuves. Seule l’illusion de la notoriété les motive. Leur place est dans les concours de Air Guitar. Ils oublient qu’on a commencé en moines-soldats, nous, quand ce style ne parlait à personne, était ultra marginal et rameutait zéro meuf. Quand nous-mêmes on en avait honte, de ce style laid et gargouilleux, et que l’on se cachait pour le pratiquer irrépressiblement. Jamais fait ça par intérêt ou narcissisme. J’ai l’impression que la seule chose qui importe aux pédales d’aujourd’hui, maintenant que le Black est plus populaire, est de se dandiner sur scène dans un concert de vingt personnes comme s’ils étaient Axel Rose. J’appelle ça le syndrome Loft Story : vouloir être célèbre en s’asseyant sur un canap ; poser sans bosser. Il n’y a plus beaucoup de musiciens qui travaillent vraiment leur instru et un jeu perso dans l’ombre ; les gosses apprennent à jouer des styles primaires comme Darkthrone et Bathory en s’y tenant là, quand de mon temps on se pétait les doigts à treize ballets sur les 3M (Maïden, Metallica, Megadeth). Plus chiant, il y a de moins en moins d’artistes, qui pensent leur musique avant de la jouer, ont un vécu, expérimentent de nouvelles formes tels que les tenants de l’Indus ou de la Bat Cave dans les années 80, moins de Black Metalleux qui torchent un monde vraiment perso comme le faisaient NUIT NOIRE (deux frères faisant des randonnées de nuit avant d’envisager d’apprendre à jouer ce qu’ils ressentaient dans leurs ballades nocturnes et d’en faire un groupe de musique), DARVULIA et CELESTIA à l’époque, groupes avec lesquels j’avais commencé et qui indépendamment de leur qualité, avaient tous leur propreunivers, un truc unique à dire. Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, le BM. Le BM.A quelques exceptions près, la scène française est aujourd’hui faite de clones, de pompeurs, de chroniqueurs et forumards aigris qui ont pour passe-temps d’assassiner les rares groupes courageux à la pointe d’un style et qui ne savent pas l’effort que c’est de composer, créer un monde, gérer une équipe, enregistrer et faire vivre un genre qu’eux jugent et flinguent hâtivement depuis leur fauteuil ouaté. Ces inutiles me font le même effet que les supporters de football ayant l’aspect d’un tas de graisse informe et qui insultent des joueurs pro en supra condition physique lorsque ces derniers ratent un but. Sérieux… vous êtes les sosies spirituels de Pierre Ménès. Regardez bien votre âme dans une putain de glace :

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Vous êtes des parasites. Des bulbes impotents. Et je suis Usain Bolt, Alexeï Iagoudine. Ayez-en juste conscience. Ou montrez-nous ce que vous faites en matière de musique. D’expérience, les plus belles langues de pute pondent les plus grosses bouses. Faut toujours poser cette question : d’où tu parles ? Qu’as-tu fait ? Quelle est ta légitimité ? « Quels sont vos faits ? » pour paraphraser l’horrible Klarsfeld. Et concernant les erreurs de naïveté de jeunesse qui permettent aux labels/organisateurs de t’entuber sous couvert que l’Underground n’est pas un business mais une passion gratuite faite d’amour et d’eau fraîche et d’amitié et de sodomie consentie alors que le Black underground n’a jamais autant généré de blé (je sais de quoi je parle je gère mon propre label), aujourd’hui je demeure totalement indépendant et plus personne, à part l’Etat français, ne fera plus de blé que moi-même sur mon dos. Ca vaut pour les concerts qu’on prépare durement en ce moment. Ne plus me faire exploiter sur le dos de mon propre enfant, ce sera ça l’erreur que je ne commettrai plus dans mon parcours. Sans quoi vous aurez affaire à lui :

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Ardraos : batterie, fusils et accordéon

 

2) Le C.N.C : Quels sont les groupes qui t’ont forgé musicalement ? Et ceux que tu conseilles aujourd’hui ?

Je parlerais plus d’albums que de groupes. Pour les citer au plus strict minimum, ceux qui ont le plus compté et continueront de me hanter sont :

Au-dessus de tous et pour l’éternité :

Jedesmal Aufs Neue, Doch Ich Bin Unsterblich, Und Ich Erstehe Wieder Auf… In Einer V

de SOPOR AETERNUS

Puis :

Remains et Vampires of Black Imperial Blood de MÜTIILATION

Aske et Det som engang Var de BURZUM

Chants d’Europe III du CHOEUR MONJOIE SAINT-DENIS

A Sorcery Written in Blood de GORGOROTH

Almanach de MALICORNE

War Funeral March de VLAD TEPES

Je sais pas trop de MANO SOLO

Tout EVIL SKINS

Ainsi soit je de MYLENE FARMER

In the Nighside Eclipse d’EMPEROR

Tout NEOKLASH

3) Le C.N.C : Tu fais souvent référence au Moyen Âge dans tes paroles ou tes visuels. Pour quelle(s) raison (s) ?

Le Moyen-âge me hante depuis tout gosse, pourquoi j’en sais rien. J’ai toujours eu des flashs de cette époque. Toutes les esthétiques (des châteaux aux tentures, des édifices religieux aux armures, de la littérature – matière de Bretagne en particulier – aux sonorités des instruments, du code d’honneur chevaleresque au racisme des chansons de geste, l’héraldique, l’équilibre culture/nature, l’animalité omniprésente, l’art de rendre la monstruosité belle, les affrontements directs et non par drones ou bombes atomiques interposées…), tout, dans cette (large et multiple) époque que les historiens ont condensée en un bloc, tout sauf sans doute le puritanisme catho de la fin du Moyen-Âge, m’électrifie. Sans vouloir faire mon Neige de base[pour les gens hors-milieu qui ne connaissent pas Neige : Neige est le leader du groupe ALCEST qui a eu des visions d’une vie antérieure où des fées et des hobbits s’enculaient dans son jardin, note de Famine], j’ai constamment des flashs d’une vie antérieure dans une nature préservée et des villages médiévaux, des visions qui m’apaisent, m’euphorisent et me font l’effet d’un tranquillisant, chose que je ressens moins avec l’antiquité romaine ou le Grand Siècle par exemple. Je l’explique pas. Sans évoquer directement le Moyen-Âge mais en y pensant, je parle de « mémoire génétique » dans notre revue qui arrive pour évoquer ce phénomène, que le Black poussiéreux et sale (type premiers MÜTIILATION) retranscrit à merveille :

«  L’idée du Beau, de la noblesse et de la grandeur, jaillit quand ce Black là te distribue les flashs de régions et temps reculés, patrimoine mental ancestral, mémoire génétique. Car quel visage reste au moins pur dans nos têtes brûlées ? Seul celui de tes terres anciennes, ô vieille Europe ! invulnérables et vierges, pas encore mutilées par l’obscène griffe du dernier des hommes. Le BM est un intégrisme – du latin integer, « intact » – qui nous aide à rester intacts au sein d’un monde mourant, d’un peuple en décomposition, indigne de son Sang. Ses stigmates et sa puanteur, son odeur de cadavre millénaire, ne sont là que pour dire qu’il est aussi vieux que les temps qu’il encense. Religion régionale, il nous procure ce sentiment de continuité dans un temps et de permanence dans un lieu dont parle un Jean Lafond dans une préface de L’Astrée. Pur produit A.O.C., fromage blanc (sans colorants) et faisandé (ni conservateurs) qui sue le lieu où il est fait. Avec lui le passé des lieux, hors de portée, revient là. « L’art est en rapport avec la nigromance. Magie est l’anagramme d’image. L’art est métamorphose. Il donne vie et voix à l’inanimé » écrit Jacqueline Cerquiglini. Images, vie et voix de l’Histoire obscure nationale comme de nos légendes locales, le Black délivre de ce siècle en ressuscitant l’Autrefois.

 Vont surgir la terreur, la haine, le désordre, dès qu’il te dira l’avenir, ou le monde actuel…

 S’expriment à travers lui autant d’amour que de nausée, de crasse que de beauté. »

(Journal de PN, in La mesnie Herlequin revue, à paraître)

Le fait que je fasse référence au Moyen-Âge dans mes textes ou que je chante directement des textes en ancien français vient de ce que j’ai fait des études de Lettres à la fac et que j’avais commencé à me spécialiser dans la littérature médiévale, avant de terminer en psychiatrie.

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Famine et Audrey à Manosque

4) Le C.N.C : Quelle a été la réception de ton dernier album éponyme, Peste Noire, dans la scène Black métal et au-delà ?

Globalement l’album a été jugé correct, voire bon, mais pas génial. C’est aussi mon sentiment. C’est plus un album de synthèse et d’atmosphère qu’un truc novateur ou un album phare du groupe. Un peu tous les PN se retrouvent dans cet album, c’est d’ailleurs pour cela qu’il s’appelle Peste Noire. Dur de se renouveler après cinq albums et quatre démos, de rester simplement correct pour du PN. On juge PN par rapport à PN, pas par rapport au reste. On se maintient. C’est le plus difficile, de tenir la distance. Sur le dernier je pense que j’ai mixé la voix trop forte, mais à la fin j’en avais marre de rester enfermé donc j’ai sorti le truc tel quel sans prendre de recul. Je mixerai mieux le prochain.

5) Le C.N.C : Peste Noire semble effectuer une mutation depuis quelques années en s’éloignant de plus en plus des canons du Black metal traditionnel pour créer son propre univers autant musical que visuel. Penses-tu faire encore partie de la « scène Black métal française » ou penses-tu avoir dépassé tout ça ? Quelle est ton opinion sur le Black Métal français ?

C’est pas parce que l’on emprunte au vieux rock, au folk, à la oï et à la musette que notre monde n’est plus Black Metal. Notre univers est noir, fangeux, évoque les bouges, les cloaques, des fêtes de village dérapant en pogroms ou en partouzes meurtrières sous acide comme à Pont Saint-Esprit, toutes sortes de trous sombres et de vieux lieudits français, français car je fais un Black imagé et que j’essaie de transposer en son des scènes, moments, endroits dans lesquels je traînais plus jeune en Solex ou qui m’arrivent par flashs, et qui se trouvent dans l’Hexagone. Mon opinion sur le BM français est que beaucoup de ceux qui le constituent sont des fdp de suiveurs qui attendent que ton Black fasse le tour du monde pour commencer à te considérer, voire te copier en pensant y trouver une recette gagnante. A l’époque de Folkfuck on se faisait déjà ostraciser/gerber dessus parce qu’on commençait à aborder cet univers ruro-rabelaisien qui a fait notre identité, et que les cuistres réduisaient à du Blague Métal. Il n’y a que depuis L’Ordure que les irréductibles nous ont totalement compris et que les purs tradis nous ont totalement lâché en arrêtant cependant de nous défoncer et en nous acceptant comme nous sommes. L’insulte a laissé place à : « bah, c’est Peste Noire quoi ». On est notre propre genre. Haïs avant, hype à présent, sans doute oubliés dans 5 ans mais je compte plus les nouveaux groupes de Black français accusés de plagier PN, c’est bien qu’on fait encore du Black Metal, qu’on constitue un pan de son identité, celle d’un Black trivial du terroir. Quant à ne plus faire de Black traditionnel, que veut dire traditionnel ? Un truc sans dynamique ? Muséifié ? Beaucoup de groupes d’aujourd’hui pensent être traditionnels en repompant la forme, et non l’essence du BM des débuts, qui était progressiste, je dis même archéofuturiste, puisant dans le vieux fonds commun européen pour créer de nouvelles formes, régénérer ce fonds avec des instruments modernes puissants. Ceux qui font du BM dit traditionnel se contentent de rechier les gimmicks slaves et scandinaves, qui étaient eux-mêmes à la base de l’expérimentation non-conformiste, comme le dit bien mon coreligionnaire l’Atrabilaire dans une question d’une interview publiée sur mon site :

« Le BM des débuts était une musique expérimentale, anti-conformiste. Quand Mayhem, Sarcofago ou Hellhammer bousculaient les règles du Thrash et du Punk il y a 25 ans, quand Burzum ou Emperor y intégraient des influences classiques, c’était de la pure expérimentation. Ils inventaient un style sans le savoir. A l’heure actuelle, la créativité s’est tarie, ça fait plusieurs années qu’on est abreuvés de rééditions de tout et de n’importe quoi, en CD, en vinyle bleu, vert, jaune, caca d’oie, en veux-tu en voilà … tellement y’a rien de neuf, de frais, de potable. Hormis quelques rares perles, ça fait bien 1? ans que le BM est atteint de ce Panurgisme créatif, 1? ans qu’on entend les mêmes riffs inventés par Burzum/Darkthrone/Mayhem/… pompés universellement par des milliers de groupes impersonnels n’ayant jamais pu se libérer de leurs influences ; en gros des « groupes-élèves apprentis » qui écrivent des albums « scolaires » en « hommage » à leur « groupe-maître » préféré. Tiens par exemple, à l’époque où PN est né, je me souviens que peu groupes de BM hexagonaux osaient le français, optant pour l’anglais, musicalement tout le monde voulait (veut toujours ?) sonner viking/norvégien/suédois, américain, voire slave, voire autre chose, tout mais pas français. Peu de monde s’assume/s’assumait tel qu’il est vraiment… On voit que tu es arrivé malgré tout à sonner personnel, que tu as inventé un style pestenoirien reconnaissable entre mille et pourtant différent à chaque album, à tel point que c’est désormais PN que des groupes copient ! Comment as-tu fait ? Serait-ce dû aux visions évanescentes d’un monde féerique merveilleux que tu aurais eu dans ton enfance ? Non ? Peut-être as-tu su mettre une bonne dose de couleurs et de nuances dans la monochromie noire standardisée du BM de base, et aux mêmes émotions indifférenciées de clones stéréoconstipés, tu as su exprimer la multiplicité de l’homme (tristesse, joie, colère…), un homme, qui, en vérité, « en tout et partout, n’est que rapiècement et bigarrure » (Montaigne ; Essais) comme… Arlequin/Herlequin ?»

Nous sommes plus traditionnels que leur Black dit traditionnel car nous puisons plus loin dans tradition. Déjà, dans la nôtre, la tradition française ; et dans une tradition plus lointaine, la musette, le bon vieux rock’n’roll et le Moyen-Âge.

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6) Le C.N.C : Le personnage de Famine que tu dépeins dans tes albums est une sorte d’anarchiste « de droite », de punk patriote, est-ce ta personnalité réelle ou la façon de dépeindre un super Dupont à la sauce black métal ?

C’est ma personnalité réelle mais je suis moins excentrique/excessif dans la vie, heureusement pour moi :

Frappe pas sur ma gueule
Tu vas chopper des verrues
T'enfoncer dans un champignon
Te manger deux trois quatre gnons
Et quand je soufflerai du bec
Pioncer dans la pisse de rue mec
Etalé comme un caca mou
La peau sucée par les chemous.
Quoi couille, t'as jamais vu une mycose
Avec des yeux, qui cause ?
Pour vous les femmes ce soir je me suis fait tout beau :
Un soupçon de Kro sur la tête pour faire tenir la teucré
Fardé au talc pour renforcer ma face de craie
J'ai mis mon bon vieux cache-l'œil, façon Le Pen,
Et pour pécho le cachalot
Mon arbalète avec une gaine.
Ben oui ducon, c'est moi hurlant qu'ai déboulé
Du grand virage en mobylette
Lançant sur toi un saucisson
Pour m'enfuir avec ta poulette
Y faire plein de trucs de polissons !
La sale Famine von Valfunde
Qu'elle se nomme ton agression !
Et pour t'en souvenir en runes
KPN gravé sur ton front…
Vroum ! Prout ! Vroum ! Prout ! Vroum !!
Ma poule je t'emmène voir la mer…
De. Je vais t'enculer dans le sable
Pour que t'accouches pas d'un merdeux
Tel est mon secret misérable…
Tit dérapage incontrôlé
Oups zut j'ai décimé ta grosse…
Ca va encor faire un tollé
Faut vite que jl'enterre sous une bosse.
Eh oh bousard ! Oh mon beau gosse !
Ouais toi là qui marche par hasard
T'as bien une face de témoin
Viens ici que je t'intimide
T'enlever quelques membres en moins
Te faire les choses un peu putrides…
Oh la chochotte ! La toute petite chatte humide !
Elle pleure pasque j'y coupe un doigt !
Ben qu'est-ce ce serait si on t'en coupait… trois ?
Tu répéteras rien hein ?
Ton index que jte dis
Faut quj'donne à bouffer à mon aphte
Tu verrais comme il a grandi
Bientôt on pourra faire du raft
Sur les flux de pu qu'il produit…
La sale Famine ben Valfunde
Qu'elle se nomme ton ablation
Et pour t'en souvenir ma lune
Chiant sur ta sale face de con.

(« Sale Famine von Valfoutre », L’Ordure à l’état Pur)

Quand Céline se raconte dans Mort à crédit, il tourne tout en excès, c’est ce qui fait que son auto-bio devient de la littérature. Je suis de nature réservée dans la vie. PN est mon ça, un déchaînement pulsionnel qui me permet de juguler ma violence. Toute la dégueulasserie expulsée dans PN fait de moi un gars tranquille dans la vie autant que faire ce peut, à part si tu touches à ma dame, ma famille ou mon sol. Catharsis. Après il y a ce jeu, dans KPN, de feindre l’être le plus arrogant, le plus irritant, le plus puant, autrement dit le plus français possible, de sorte qu’un Australien, en me lisant, payerait 600 boules de billet d’avion, ou qu’un Américain de 200 kilos franchirait l’océan à la nage juste pour m’égorger. Je ne peux pas imager PN autrement qu’une bouteille remplie de pisse jetée gratuitement sur quelqu’un.

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Famine agressant une grand-mère à Souvigny

7) Le C.N.C : Peste Noire parle depuis longtemps de la France. Pourquoi ce choix, à une époque où beaucoup de groupes fantasmaient (et fantasment toujours…) sur les Vikings ou les soldats allemands… ?

Pas de mots pour dire comme j’aime la France, ses paysages, sa vieille pierre, sa bouffe, ses cimetières, ses noms de bourgs qui sont de la poésie en soi… C’est pas un choix d’en parler, c’est un ordre d’en-bas. J’aurais bien pu parler des soldats allemands (et je l’ai déjà fait) vu que j’ai une partie d’origines germaniques et que certains de mes aïeux alsaciens et allemands ont combattu aux côtés des Boches, mais qui dégueulerait l’ancienne et noire France, dans le Black actuel ? Deathspell Omega avec son Black hébraïque ? Les Parisiens camés avec leur Black anti-racines ? Un groupe comme Diapsiquir évoque très bien la France des villes contemporaine. Je m’occupe de la white trash, de la consanguine et de la rurale. Attention je dis pas que la campagne est consanguine, mais que mon Black Metal, lui, l’est.

8) Le C.N.C : Comment parviens-tu à concilier ton amour de la France éternelle avec ton rejet du christianisme, qui est une composante historique non négligeable de la formation de la France ?

La France n’est pas chrétienne, elle est catholique. Je fais exprès de lâcher un tel paradoxe, que j’étaie comme je peux dans une autre interview :

« Et si par sataniste t’entends antichrétien, oui je le suis, à cette réserve près que je kiffe pas mal le Catholicisme tradi, dont est issue toute mon esthétique, et qui est tout pour moi sauf du christianisme : enracinement VS l’universalisme chrétien ; judéophobie VS un Dieu juif ; sens hiérarchique et élitisme VS l’égalitarisme néo-testamentaire ; croisades racistes (il n’y a qu’à lire La Chanson de Roland qui ferait passer les écrits de Vacher de Lapouge pour des communiqués d’SOS Racisme) VS l’amour victimaire du prochain ; amour de la beauté et du luxe VS le dénuement clochardesque prôné par Jésus. Si l’art chrétien blanc me fait totalement bander (normal il a été fait par des Blancs pour des Blancs, sur des temples païens… blancs*), le nouveau testament, dans son contenu, me fait littéralement dégueuler. »

* Dixit le big boss Pierre Vial : l’Auvergne a gardé, au Moyen Age, des traces évidentes de l’héritage gaulois. Ses églises trapues portent des sculptures en méplat contras­tant avec la ronde bosse propre à la tradition romaine. Entrelacs et motifs solaires perpétuent une très ancienne grammaire symbolique inscrite dans la pierre. Les artistes auvergnats ont affirmé sans complexe leur originalité, surtout en Haute Auvergne où, note Bernard Craplet, triomphe à l’époque romane « un art populaire, plein de vie, truculent et même grivois, dont la verve s’exerce de préférence sur les corbeaux des absides ». 

Après, je veux bien être catholique comme je peux être socialiste : national. Le pardon, le partage, ok, mais avec les miens. Je veux bien entendu parler des Pygmées ashkénazes, pour ne pas aller en prison.

9) Le C.N.C : Ne penses-tu pas qu’à l’heure actuelle, la seule religion qu’il convienne de combattre est la « religion du capital » avec son dieu argent, ses prêtres et sa morale ?

Oui mais cette religion – de l’usure et de la prédestination – a pour source le protestantisme (cf. Weber) et derrière le protestantisme l’Ancien Testament (cf. Attali) et derrière l’Ancien Testament, les Suédois (toujours pour ne pas aller en prison). Je ne becte aucun des totalitarismes abrahamiques : judaïsme, christianisme ou Islam. Laissons ces religions aux enculeurs de chameaux.

10) Le C.N.C : Dans une entrevue sur ton site, tu parles de Méridien Zéro, et nous t’en remercions. Que penses-tu de ce type d’initiatives ?

Entre la moraline bourgeoise-chrétienne de Radio Courtoisie et les fantasmes de réconciliation impossible d’ER – deux sources d’info que je respecte et écoute cela dit –, MZ répond aux attentes de beaucoup de jeunes, notamment blackeux : pédagogie historique et culturelle béton, vision ethno-européenne, humour grivois et corrosif. La radio la plus jeune (avec des musiques abordées très proches de nous), la plus ethno-centrée et la plus populaire. Vu que beaucoup d’entre nous se retrouvent dans la Nouvelle Droite, Terre et Peuple et la revue Réfléchir et Agir, cette radio qui en est un peu la voix est une bénédiction. J’avoue avoir un léger faible pour le duo Krampon/Vaudan qui me font me pisser dessus à chaque intervention.

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11) Le C.N.C : D’une manière générale, penses-tu qu’il est aujourd’hui nécessaire de s’engager politiquement, d’une façon ou d’une autre (élections, culturel, social, etc…)? Comment expliques-tu le manque de politisation au sein du milieu métal et l’échec patent du NSBM ?

Même si PN est ultra politisé car j’arrive pas à faire autrement, je pense que la musique n’influence pas une opinion. La musique touche la sensibilité, l’émotion, non la raison. J’ai écouté du punk et j’écoute Mano Solo qui était politiquement mon pire ennemi. J’écoute du gros rap de Noirs et de Maghrébins barbares car je suis un pur ethnodifférentialiste et que la différence me plaît EN TANT QUE différence et spécificité, même si je veux ces peuples-amis forts chez eux, pas forts chez moi. Les écouter ne me fait pas bronzer. C’est pareil pour la politique , priser un bon air des Béru ne vous rend pas sans-papieriste.

L’engagement social à la manière du MAS ou de la Casapound en Italie, ça a plus d’impact à mon sens. Le peuple qui bosse et n’a pas le temps de s’informer ne croit que ce qu’il voit. Il croit ce qu’il voit à la télé, i.e les mensonges/diabolisations à l’égard de nos mouvances. Mais il croit aussi ce qu’il voit sur le terrain. Or si les nôtres sont présents socialement (aides de tout poil) sur le bitume, la diabolisation merdiatique opérera moins au sein des couches populaires. Sans qu’on simule non plus je veux dire, aider de bon cœur par authentique solidarité raciale et non par prosélytisme comme ces tarés de Témoins de Jehova qui rappliquent au moindre sinistre pour convertir tout le monde. Comme nous vivons dans une démocratie d’opinion où les merdias dictent les bons et mauvais votes à une masse manipulée, l’aide sincère/concrète aux nôtres, qui n’existe que sous forme de promesses et de mirages chez les politiques, fera contraste. Ainsi l’engagement social peut précéder des choix électoraux, influencer des votes. Et simplement, d’abord, aider les nôtres à aller mieux.

Quant au NSBM, perso je suis revenu au Black avec le boum NS en France début 2000 donc je peux en parler. Le NSBM fut, au final, moins un programme politique qu’une mode. A l’époque n’importe quelle merde estampillée 88 partait comme un petit pain, dont la mienne : Aryan Supremacy, ma première démo, qui est vraiment une grosse merde. Tellement de la merde qu’on l’avait limitée à 14 exemplaires. Tout s’est vendu en un jour. Le NSBM, ça a disparu puis c’est réapparu il y a peu. Mais entre gens de bonne volonté, sérieusement, qui croit que le NSBM est une bonne propagande ? Je considère le Black NS comme l’expression de la dimension haineuse, sombre et perverse du National-Socialisme. Je dis bien l’expression perverse. Car il y a trois écoles :

  1. Ceux qui te disent que le Mal n’existe pas, que c’est une invention judéo-chrétienne. Que le NS n’est qu’ordre, beauté, noblesse, santé, hygiène, pureté, lumière, puissance, perfection et force par-delà le Bien et le Mal. Qu’il n’y a que volonté de puissance.
  1. Ceux qui sont attirés par le fait que le National-Socialisme est aujourd’hui diabolisé, qui pensent que le NS est LE mal par définition, parce que les trotskistes de l’EducaSion Nationale le leurs ont appris à l’école. On leur a dit que les nazis se faisaient cuire des nourrissons au petit déjeuner, et comme ils veulent faire méchants car le BM est méchant, ils sont nazis.
  1. Enfin, ceux qui comme moi préfèrent déjà le fascisme à l’italienne – dont la juive Anna Arendt dit elle-même qu’il était souple et a fait peu de condamnations à mort, voir l’émission de MZ sur le fascisme – au totalitarisme nazi avec son germanocentrisme, ses marches de robots domestiqués et son immixtion d’un Etat de fer partout ; ceux qui, ensuite, assument le côté bon comme mauvais, propre comme sale des Blancs. Mieux : font de leur côté sale un thème central de leur musique, comme d’autres font de l’Ordre un thème central de la musique martiale. Pour moi, le Black Metal est le dandysme des bad boys aryens, parfaitement incarné par l’acteur Michael Pitt dans la version US de Funny Games :

 

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Michael Pitt

Je pense qu’il existe universellement chez l’Homme un goût du Mal pour le Mal, chez tous les hommes, chez tous les peuples, quelle que soit la forme de ce Mal – protéiforme en essence – à travers les âges. L’amour du Mal pour le Mal dont Artaud dit qu’il se confond souvent avec sexe et liberté, et qui n’est pas à mon sens exclusivement lié aux tabous chrétiens ou une invention juive mais est une constante anthropologique, cet amour du Mal pour le Mal, s’appelle la perversité : une disposition GRATUITE, désintéressée (c’est là qu’on touche au sacré donc au satanisme), à faire le mal INTENTIONNELLEMENT par les ressources de l’intelligence et de l’imagination, à soi-même ou aux autres selon les goûts de chacun. C’est le fait de s’en délecter, une conjonction d’Eros et de Thanatos, de la jouissance et de la pulsion de mort, et qui n’est pas pour moi aryano-incompatible. Les munera et les venationes romaines qui consistaient à jeter des humains aux fers et aux fauves, juste pour le fun et le plaisir du peuple ; le fait que la plèbe et les notables se précipitaient pour jouir d’exécutions publiques sophistiquées en France ; le fait qu’un pote à moi pisse sur sa femme pour la faire jouir, sont des exemples parmi d’autres. Et j’irai même plus loin : c’est l’extinction de la méchanceté des Blancs, en face de peuples encore cruels ou d’oligarques sataniques abusant de notre candeur, qui causera notre perte. Que les Black Metalleux arrêtent de mouiller leurs calçifs sur les anciens barbares nordiques à longueur de pochettes : les barbares d’aujourd’hui n’ont pas de haches ni de chevaux, ils ont des kalachnikovs, des djellabas et des mercos. Bref, les partisans du « le Mal est une invention juive » et du « le Mal n’existe pas » disent que le NSBM, par son aspect haineux et bruitiste, exprime la colère, la guerre et la violence, autrement dit la défense ou la puissance, exemptes de l’idée de Mal. A ceci je réponds que la haine guerrière, pas malsaine en soi, peut aussi bien être exprimée par le Death Metal, le Hardcore et j’en passe, et donc que ça ne fait pas la spécificité du NSBM. Qu’est-ce qui fait, donc, la spécificité formelle du NSBM ? A mes yeux : sa perversité. Si l’on met face à face le discours des NS de la première école (à gauche) et les formes d’expression du NSBM (à droite), on trouve en fait deux parfaits opposés :

Ordre / Chaos inhérent au Black Metal

Culte de la pleine santé / Expression de la maladie et de la folie

Beauté / Laideur du Black Metal

Hygiénisme / Production dégueulasse, « raw », sale, des enregistrements

Pureté / Saleté de la voix

Sociabilité, collectivisme NS / Marginalité du BM, style cru, mal produit et difficile d’accès, réservé à un petit nombre de tarés comme nous, donc mauvaise propagande

Perfection / Imperfection du jeu amateur et négligé propre à la majorité des groupes de NSBM

Culte du surhomme / La majorité des BMeux sont des Cotorep vivant d’aides sociales

Lumière, solarité / Obscurité, nuit, ténèbres, évocations récurrentes de la lune…

Etc.

Tu n’exprimes pas la fête des mères instaurée par Pétain, tu n’exprimes pas la virilité germanique, par des cris de sorcière possédée dont on dirait qu’elle est brûlée vivante. Le Black Metal, de genèse européenne, exprime pour moi la dimension sale, méchante, sadique, horrible de la race blanche. Le Black Metal attire PARCE QU’il est malsain, mauvais, destructeur, de même qu’au Moyen-Âge « on aurait pu croire que la difformité et la laideur des diables augmentant à la mesure de leurs forfaits, elles auraient répugné et éloigné les spectateurs. Il n’en est rien, cette laideur plaît aux masses populaires qui ne cessent d’en réclamer le spectacle. Les personnages les plus admirés au cours des mystères ne sont pas Adam et Eve dans leur nudité, ni les saints aux robes dorées, voire la vierge Marie, mais bel et bien Satan et sa cohorte de démons hirsutes » (Gilles Néret, Devils). C’est exactement pour cela que GRAVELAND et VELES, si malsains, dégueulasses et géniaux à leurs débuts, sont devenus si fades dès qu’ils ont évoqué des enfants blonds dansant autour du feu avec un chant de verrat qu’on égorge et une prod plus polissée. Il est ici le seul échec du NSBM : ne pas s’accepter tel qu’il est, ou être une contradiction dans les termes. Dans NS Black Metal, il y a « Black », un amour avéré non pas pour les afro-descendants mais pour la noirceur mentale. Oui, je fais du N.S.B.M : du National Satanist Black Metal. Et la seule version du NS qui me convienne, c’est celle-là :

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12) Le C.N.C : Quels sont tes auteurs favoris ? Ceux qui influencent ta philosophie de vie et de pensée ?

J’ai arrêté de lire il y a plusieurs années, plus le temps, je sais même plus si je sais encore lire, donc je ne vais pas être original. En littérature j’adorais Bloy, Céline, Lautréamont, et à la marge du littéraire/politique, Rebatet ; en philosophie Nietzsche, Cioran, Bataille, plus actuellement Jimmy le Sicilien sur Youtube. Même si je n’adhère pas à sa ligne intégrationniste et pro-muslims, je trouve le punchliner Soral génial sur tout le reste.

13) Le C.N.C : Quels sont les éléments qui t’ont conduit à t’installer dans le centre de la France ?

Je connaissais bien la Haute-Loire, m’y rendant chaque année plusieurs jours à l’occasion de La fête du Roi de l’oiseau au Puy-en-Velay, visitant les environs. J’y aime la richesse/noblesse du patrimoine, l’air pur qui dope plus que des amphets, le fait que le Moyen-Âge y soit encore palpable, la pierre volcanique sombre, ou celle granitique froide de mon coin, qui a donné cette abbatiale d’architecture guerrière :

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Photo prise par Famine avec un iphone 4

les immenses forêts noires du Livradois, où des chevaux se font bouffer la tête par des animaux inconnus, la population modérée et même très faible où je vis, l’esprit encore enraciné des habitants, le fait qu’ils aient le fusil et le téléphone aux gendarmes facile dès qu’un véhicule non-identifié rôde trop près de leurs terres, moi qui suis né et ai vécu 30 ans dans la région PACA, cette Floride française surpeuplée de beaufs cosmopolites, bariolée de publicités et de maisons roses dégueulasses.

14) Le C.N.C : Quels sont les projets à venir pour Peste Noire ? Concerts ? Albums ?

On est en train d’enregistrer un nouveau titre qui fera simultanément office de split avec un autre groupe et de clip vidéo pour Peste Noire. Je projette aussi de réenregistrer « La Blonde » dans un studio pro pour en faire un autre clip. On recommence également à bosser les concerts, ce n’est pas tâche aisée car je n’ai jamais noté mes morceaux, mon mode opératoire étant toujours le suivant : composer, jouer les riffs, enregistrer et oublier. Faut tout retrouver d’oreille. Cela ajouté au fait qu’on inclue un septième membre qui intégrera les samples et jouera les instruments traditionnels au synthé comme l’orgue, l’accordéon et le trombone. Un album de PN viendra après les concerts, sans doute en 2015. Notre revue La mesnie Herlequin devrait aussi enfin voir le jour en 2014. Merci pour ton interview et désolé pour la longueur.

18/02/2014

Concert: KM7 (ex Ultima Frontiera) à Bolzano (22.02.14)

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