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06/01/2014

Le malentendu du nationalisme

 

Le malentendu du nationalisme

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Le célèbre historien Michel Winock définissait dans ses ouvrages deux formes de nationalisme, le nationalisme « ouvert » et le nationalisme « fermé ».

Le nationalisme « ouvert » qui se caractériserait par une nation généreuse, solidaire, combattant pour la liberté et le nationalisme « fermé » se caractériserait par la peur du déclin, le repli sur soi et le rejet.

Cette théorie est abondamment relayée dans le milieu universitaire, aucun étudiant de fac d’histoire ou de Sciences Po n’a pu passer à côté. On pourrait la relier à une phrase célèbre du Général De Gaulle : « Le patriotisme c’est aimer son pays et le nationalisme c’est détester celui des autres ». Entre la théorie universitaire et cette citation du Général De Gaulle, l’idée d’une opposition fondamentale entre ceux qui ont une conception ouverte de la France et ceux qui ont une conception fermée, sous entendant par là que tous ceux qui sont rétifs à l’ouverture, le sont aussi « à l’autre », « au progrès », « au vivre ensemble », etc… bref le nationalisme « fermé » ou le nationalisme « tout court » ce serait pour ceux qui ont peur d’un monde qui change, de la mondialisation. Des gens peu éduqués aux idées courtes. Pourtant il faudrait faire un léger rappel historique pour replacer ce qu’est historiquement le nationalisme.

Le sentiment national va naître historiquement aux alentours de la Révolution française. Si la France est une vieille nation dont le sentiment national commence à se forger dès le Moyen Âge, les historiens considèrent que le sentiment national se diffuse en Europe  entre la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle. La France est d’ailleurs le pays à l’origine de ce changement, à la fois en imposant l’idée de souveraineté nationale, mais aussi en faisant prendre conscience aux autres peuples de leur spécificité. C’est surement à cette période que va concrètement naître le sentiment national allemand qui se prolongera par l’unité nationale entre 1862 et 1871. C’est la victoire contre le Second empire français qui sera le ciment de cette unité et la racine d’une inimitié féroce entre les deux nations.

Ce qui forge le nationalisme c’est donc la conscience d’appartenir à un peuple ayant une histoire, une langue, un territoire en commun. Bien sur avec quelques nuances. Ainsi en Allemagne, la question linguistique, qui se superpose assez largement à la question raciale dans le courant du XIXe siècle va être un élément déterminant du nationalisme allemand, alors qu’en France le socle national sera surtout associé au processus unificateur de l’Etat. La langue, le territoire et l’héritage historique sont essentiellement liés à l’Etat. Nous pouvons ajouter à cela l’impérieuse nécessité d’un ennemi commun, seul moyen d‘unifier des groupes humains disparates. Il est donc important dans tout processus intégrateur ou unificateur de désigner un ennemi à combattre ou à abattre, cela n’est donc pas propre au nationalisme, mais le nationalisme a fonctionné sur ce mode. Que ce soit la Sainte Alliance en 1815, l’unité italienne ou l’unité allemande contre l’Autriche ou l’OTAN en 1948, à chaque fois il a fallu désigner un ennemi pour impliquer une dynamique unitaire. C’est également la raison d‘être de l’antifascisme, c’est donc un processus assez classique, tout à fait banal, même. Le nationalisme français a donc du se trouver des ennemis : l’Anglais dans les colonies, l’Allemand sur le continent, pour se cimenter. A cela nous pouvons rajouter les non moins habituels « ennemis de l’intérieur », ce que Charles Maurras appelle les quatre états confédérés ( Juif, Protestant, Maçon, Métèque). C'est-à-dire tout ceux accusés de dissoudre le corps social, de menacer cette cohésion souvent réalisée au prix de sacrifices sur les champs de bataille.

Il faut donc bien comprendre que derrière l’image d’un nationalisme fermé, se cache en fait le désir d’une unification puissante. Le nationaliste aspire à l’unité, mais à une unité basée sur un héritage et non simplement sur des valeurs communes, comme le pseudo-nationalisme républicain (au sens de la république française actuelle), le nationalisme « ouvert ».

Il ne peut y avoir de nationalisme que si nous avons conscience à la fois d’être les héritiers d’une histoire commune, celle de la France et si nous combattons un ennemi commun hostile à la nation. Aujourd’hui notre ennemie c’est l’Union Européenne ainsi que l’influence des Etats-Unis d’Amériques. Le « combat pour la race blanche » ce n’est pas du nationalisme la « défense de l’identité européenne » non plus. En revanche cela ne signifie pas que le nationalisme français ne doit pas se baser sur une conception ethnique de la nation, du fait de l’importance de l’héritage, pour favoriser l’unité du corps social et politique et pour bâtir une nation organique.

Cependant nous pourrions noter qu’il faut se questionner autant sur le concept de nationalité que sur celui de citoyenneté. En France on désigne par nationalité le lien juridique entre un individu et l’Etat et la citoyenneté comme un ensemble de droits et de devoir, mais ce sont des définitions propres au cadre républicain français qui sont très largement abusives. Par exemple ces définitions différent dans le contexte russe : la nationalité russe se base sur des critères ethno-culturels et la citoyenneté est définie comme l’appartenance à l’Etat « russien ». Un tel modèle appliqué en France impliquerait nécessairement de se questionner sur le fait de reconnaître plusieurs nationalités (bretonne, basque, corse, alsacienne, etc…) en plus d’une nationalité « française » et de définir la citoyenneté « française » comme l’appartenance à l’Etat, cadre de l’unité, mais deviendrait alors un « empire » comme le fut l’empire allemand ou l’empire russe, c'est-à-dire un Etat pour plusieurs peuples, plusieurs nationalités. Peut-il y avoir un nationalisme français tout en reconnaissant l’existence d’autres nationalités au sein même de son territoire? Est-il pertinent de recourir à cette dichotomie dans le cadre Français à une époque où la maîtrise des langues régionales est peu répandue et où les mobilités internes au territoire sont telles qu’il est de plus en plus difficile pour les individus de se rattacher à une région historique précise ? Quelle place pour les descendants d’européens (polonais, italiens, espagnols, belges, suisse, etc…) dans cette configuration ? N’est-il pas plus simple de considérer qu’il existe une seule nation, la nation française, composée d’européens de langue française tout en reconnaissant l’existence de cultures régionales fortes ?

Il convient en tout cas de ne pas utiliser le terme de « nationalisme » de façon abusive pour désigner tout et n’importe quoi à l’extrême-droite (ou non) de l’échiquier politique. Si il faut réfléchir au nationalisme que nous voulons fonder tout en restant fidèle à ce qu’est historiquement le nationalisme, il faut aussi rester prudent face à ceux qui parlent de nationalisme pour parler d’autres choses : l’identitarisme ou le suprématisme par exemple. Nous aurons l’occasion d‘y revenir.

Jean

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

02/01/2014

Dieudonné, ange déchu du système

 Dieudonné, ange déchu du système

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Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’emballement médiatique et politique autour de Dieudonné ne peut pas passer inaperçu. Pas un jour sans une déclaration tonitruante, une menace ou un reportage, mais comment en est-on arrivé là ?

Dieudonné, icône de l’anti-racisme

Jadis Dieudonné, comme tout le monde le sait, était l’acolyte d’Elie Semoun. Il pourfendait le racisme et œuvrait pour la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité. Dieudonné, c’est celui qui est en première ligne à Dreux, lorsque le FN commence à faire des scores qui inquiètent la nomenklatura, Dieudonné s’oppose à Haider, Dieudonné est favorable aux sans-papiers. Dieudonné est alors plus proche des positions de Christiane Taubira que de celles de Jean-Marie Le Pen. Dieudonné est à l’époque à mettre dans le même panier qu’un Jamel Debbouze, avec lequel il joue d’ailleurs dans Astérix.

Mais comment une telle icône de l’anti-racisme peut se voir accusée aujourd’hui de faire le jeu de la "bête immonde" ? C’est délirant n’est-ce pas ? Oui mais voila, Dieudonné va mettre le doigt là où ça fait mal.

Dieudonné et le sionisme, une rencontre électrique

Il est impossible de comprendre le parcours de Dieudonné, sans comprendre ce qu’on peut nommer en France la compétition victimaire, que se mènent autour des années 2000 les associations noires et les associations juives. Dieudonné estime alors que la question de l’esclavage est largement sous traitée, comparativement à celle de la Shoah. Aussi, Dieudonné fait parti de cette gauche pro-palestinienne, très hostile à la politique de l'Etat d'Israël. Il se fera désavouer par l’Inquisiteur officiel de la République, BHL, après un sketch sur un colon israélien. Il commence alors à critiquer l’omniprésence des « sionistes », c'est-à-dire les nationalistes juifs, dans les rouages de la culture française, mais aussi des médias et de la politique. Nous sommes en 2004, Dieudonné se regroupe alors autour de ses fidèles dans son théâtre et prépare un certains nombres de salves dévastatrices, dont la première sera le spectacle « Mes excuses ».

Dieudonné, la quenelle et le combat par l’humour

Très rapidement, Dieudonné va prolonger son combat par l’humour, il invente (ou pas ?) le geste de la quenelle, qui est une sorte de « fist fucking », de bras d’honneur assez scato. Il fait une chanson, « shoananas », qui cherche à dénoncer un « chantage mémoriel ». Enfin, une expression perce : « au dessus c’est le soleil » (avec le doigt en l'air) pour signifier qu’une personnalité est très importante. Il raconte dans ses sketchs ses déboires mais dépeint aussi un certains nombres de situations inventées ou non, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est drôle et parvient à réunir autour de lui un public nombreux et diversifié. Il crée une véritable communauté qui attend avec impatience ses vidéos et envoie des photos où chacun fait « la quenelle ». Ses propos corrosifs sur le sionisme, les négriers juifs, les hommes politiques (qu’il appelle clairement à faire dégager), ses rencontres avec Ahmadinejad, Le Pen (qui devient le parrain de sa fille), Faurrisson (à qui il décerne le prix de l’infréquentabilité) et son association avec Alain Soral poursuivent de le marginaliser.

Dieudonné, un cas d’école

L’histoire de Dieudonné, c’est donc au fond l’histoire de tous les résistants à l’Empire. C'est à dire de tous ceux qui à un moment donné se posent des questions sur certaines orientations géopolitiques, sur la version officielle de certains événements ou cherchent à briser des tabous médiatiques. D’abord on condamne moralement, de façon à rappeler la ligne à ne pas franchir aux braves gens, ensuite on diabolise, de façon à rendre le personnage infréquentable, à l’isoler, à le couper de tout soutien, à rendre sa promotion en public impossible et enfin on condamne judiciairement pour endetter le trublion, le mauvais farceur et le tuer par le porte-feuille. En périphérie, on menace, on agresse, de façon à diminuer et à désarçonner les troupes. C’est exactement la stratégie employée jadis contre Le Pen et le FN, stratégie à laquelle se joignait Dieudonné. Son histoire prouve, comme celle de Soral d’ailleurs, que même une personne bien introduite dans les rouages médiatiques et le système peut se faire excommunier en place publique. Dieudonné, c’est celui qui aurait pu finir saint de la religion mondialiste mais en devient un hérétique. Dieudonné est un ange déchu.

Dieudonné, "montée aux extrêmes" et "stratégie du choc" ?

Ce qui est évident, c’est une montée aux extrêmes (au sens Clausewitzien du terme) de la part de la dieudosphère comme de ses ennemis. D’un côté certains font la quenelle devant des synagogues, la rue des juifs ou tout ce qui concerne les juifs (on est plus simplement dans l’anti-sionisme, à moins de considérer que tous les juifs sont sionistes, ce qui est faux), et de l’autre, on parle de salut nazi inversé, d’interdire la quenelle, on agresse des « quenelliers », bref, du gros délire. Cette montée aux extrêmes pourrait tout aussi bien être une stratégie du choc et doit être analysée avec distance. Par « stratégie du choc » on peut entendre ce qui est écrit dans Gouverner par le chaos, c'est à dire un conditionnement de l'esprit des masses par des chocs successifs, tout comme on peut entendre par « choc » l’idée du « choc des civilisations ». Ce sont ici deux concepts différents mais qui dans les deux cas permettent au système de prospérer.

Dieudonné, Robin des bois de la banlieue ?

Je ne gloserai pas sur la « stratégie du choc », laissant cela à ceux qui maîtrisent mieux que moi les stratégies de conditionnement du système, en revanche, si on fait exception des quelques « nationalistes » qui se rendent à ses spectacles, le public de Dieudonné est un public plutôt issu des banlieues. Ce qui rend aujourd’hui Dieudonné « dangereux », c’est qu’il est en train, par internet et par ses relais associatifs, de détourner peu à peu la rébellion d’une partie des populations des banlieues vers le « Système » et non plus vers le Français moyen, l’électeur du FN. Il porte une voix totalement différente de celle que nous avons l'habitude d'entendre. C’est une véritable « révolution », car si des gens comme BHL ont récupéré la Marche des Beurs, c’était pour fédérer les « minorités opprimés » (juifs, noirs, arabes), qui n'avaient en commun que d'être des minorités, contre ce Français moyen fantasmé en gros beauf raciste votant FN. Une question pourrait dès lors se poser, cela ne fait-il pas qu'illustrer une fois de plus qu'une société multi-ethnique devient une société « multi-raciste »? Les différentes communautés, quand elles prennent conscience d'être autre chose que de simples "minorités" manifestent des intérêts et des aspirations qui peuvent devenir antagonistes. Au fond les tensions actuelles entre dieudonistes et sionistes ne sont que l'importation du conflit israélo-palestinien en France et les préoccupations d'une partie de l'opinion publique autour de cette question. Et puis comment être à la fois anti-raciste « ici », tout en fermant les yeux sur l’apartheid « là-bas » ? Un gamin de Trappes aura vite compris qu’il n’a pas grand-chose à partager avec l’UEJF, la LICRA et le CRIF… n'en déplaise aux chantres de l’anti-racisme institutionnel comme BHL. Ainsi, peut-on voir dans l'agitation du gouvernement la volonté de recadrer le champs d'action de l'anti-racisme autorisé et subventionné. Cela explique aussi l'offensive de la quatrième chaîne, celle du foot, du porno et de l'anti-racisme bobo.

Dieudonné et la division de « l’extrême droite »

De fait, contrairement à une idée reçue, l’extrême-droite (définie par le Système) n’est pas unanime sur la personnalité de Dieudonné. Les anti-sionistes auront tendance à le soutenir, les suprématistes blancs ne voient qu’un « nègre », et les diverses formes de « néo-patriotes » ne l’apprécient pas vraiment, d’autant qu’il reçoit le soutien de quelqu’un comme Anelka, qui n’a pas vraiment bonne presse chez les patriotes (antillais banlieusard converti à l’islam, qui insulte son entraîneur et provoque la France) et de nombreux banlieusards et autres femmes voilées. La quenelle devant le panneau de la bataille de Poitiers par 3 musulmans en djellaba n’arrangeant pas les choses. Du coup, encore une fois, cette histoire contribue à fragiliser un prétendu « camp national », à radicaliser les discours dans un sens (patriote anti-sioniste) ou dans l’autre (patriote pro-sioniste anti-islam). Ici encore, l’absence d’une doctrine claire, la monomanie des uns et des autres, la position d’éternels spectateurs, empêche le « camp national » d’avoir une quelconque prise sur les événements. Même Alain Soral est un peu l’ami malheureux, ses videos sont moins regardées que celles de Dieudonné, son analyse sociologique est résumée à la question juive et à la quenelle alors que sa pensée est nettement plus complexe, fine et en un mot : politique.

Dieudonné et nous

Pour notre part, nous convenons que c’est un humoriste doté d’un grand talent et de nombreux sketchs nous font rire. Nous sommes assez consternés, pour ne pas dire scandalisés, par la cabbale médiatique qu’il subit, mais au fond, cela ne nous étonne pas, il y a des sujets avec lesquels on ne plaisante pas, et beaucoup sont en train de le découvrir.

Nous ne partageons pas le fond idéologique de Dieudonné, la cause noire n’étant pas directement la nôtre, nous n’avons pas vraiment comme référence Mandela ou Farrakhan… et n'approuvons pas le métissage. En revanche, nous ne pouvons qu’approuver sa dénonciation de la LICRA. Dieudonné à clairement levé le lièvre. En effet, à aucun moment de son parcours, Dieudonné n’a été condamné ou inquiété pour ses positions sur la France ou les blancs, mais il l'est désormais pour ses positions sur Israël. Ainsi la justice française se montre tendre avec tous ceux qui sont hostiles à la France mais se révèle impitoyable avec les positions anti-sioniste de Dieudonné, comme de Soral d'ailleurs.

Il nous faudra surtout être attentif à la tournure des événements, à la façon dont cette hystérie collective va tenter d’augmenter d’un cran le contrôle de l’opinion. Ne perdons pas non plus de vue que derrière la quenelle, il n'y a aucun projet politique.

Conclusion :

Quelles sont les hypothèses sur le sens de cette affaire ?

- permettre à Manuel Valls d’affirmer l’autorité de l’Etat, particulièrement malmenée, on est dans la continuation de « l’affaire Méric », de l’arrestation de Varg Vikernes et des dissolutions.

- faire éclater des troubles civils entre les banlieusards et le reste de la population, faire monter la tension, autour des salles de spectacle, dans la rue, en banlieue.

- obliger la droite à se positionner pour accentuer la fracture entre l’UMP (hostile) et le FN (neutre)

- mettre l’extrême-gauche pro-palestinienne face à ses responsabilités en matière d’anti-racisme et d’anti-sionisme.

- faire disparaître le duo Dieudonné-Soral avant qu'il y ait véritablement un enjeu populaire induit par les effets de la crise et que les deux hommes deviennent les porte-voix d’un grand mouvement populaire anti-système.

- ostraciser l’anti-sionisme pour empêcher que toute critique du système liée à la crise conduise à une critique des intérêts sionistes.

Jean

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01/01/2014

Bonne année 2014 !!!

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L'année écoulée fut particulièrement intense et nous avons eu l'occasion d'aborder une très grande diversité de sujets pour aider à la fondation d'une alternative.

Elle fut marquée par un événement majeur, la mort rituelle de Dominique Venner, qui ne doit pas être oubliée et qui doit continuer d'alimenter notre réflexion face à la vie, autant que notre réflexion politique. Il est de notre devoir d'entretenir la mémoire, mais surtout de construire, de fonder, de bâtir. Sa mort doit résonner chez nous, assez paradoxalement jugeront certains, comme une pulsion de vie et nous inciter à poursuivre notre œuvre.

C'est d'ailleurs à la suite du décès de décès de Dominique Venner que commence à augmenter fortement la consultation de notre blog dont les chiffres de fréquentation ne cessent de croître. Vous êtes désormais plusieurs milliers à nous lire chaque mois et nous espérons que chacun de vous contribuera à diffuser encore plus  notre blog et les textes qui le compose.

Un autre événement a conduit de plus en plus de lecteurs sur ce blog, l'arrestation de Varg Vikernes. En effet nous avons immédiatement dénoncé la manipulation en cours et avons ensuite suivi attentivement le procès. Nous remercions encore Marie Cachet et Varg Vikernes d'avoir répondu à notre entretien. Nous ne les oublions pas et nous serons encore à leur côté cette année qui s'avère déterminante avec le nouveau procès qui interviendra le 3 juin 2014.

Le Cercle Non Conforme a aussi cette spécificité de ne pas être simplement un blog, mais aussi une communauté en action. De fait nous avons été présents dans la mobilisation contre le mariage pour tous, tout en adoptant une position distancée sur certains mots d'ordre et certains discours. Nous avons aussi organisé deux conférences, l'une sur la situation des Boers en Afrique du sud et la seconde sur l'offensive du capitalisme. Nous avons aussi participé et co-organisé la journée familiale qui s'est déroulée le 28 septembre dans le Nord et qui fut un moment de partage unique.

En 2014, notre communauté va poursuivre, de façon plus incisive, son œuvre de fondation doctrinale, mais aussi de diffusion d'idées. Nous serons également toujours présents aux côtés de ceux qui luttent.

Nous avons une pensée pour tous ceux qui ont connu les arrestations arbitraires ou sont encore aujourd'hui derrière les barreaux.

Pour nous suivre et nous soutenir symboliquement, nous vous invitons dès à présent à "aimer" notre page Facebook.

Le regard tourné vers l'avenir, l'équipe du Cercle Non Conforme vous souhaite une très bonne année 2014, riche en découvertes, en lectures et en actions!

A l'abordage, et pas de quartier!

Le Cercle Non Conforme

30/12/2013

Chronique de film: L'Au-delà (L'aldilà) - Lucio Fulci

 L’Au-delà (L’aldilà) un film de Lucio Fulci (Italie, 1981)

audela1.jpgParlons maintenant films d’horreur, genre cinématographique qui, comme tous les autres, a du bon et du mauvais, le tout étant de séparer le bon grain de l’ivraie, c’est ce que nous allons faire ici en traitant d’un classique, si ce n’est LE classique du genre : l’Au-delà.

Avant de parler du film, il convient de faire une petite présentation de son réalisateur : Lucio Fulci (1927-1996). Ce réalisateur romain est avant tout resté célèbre pour ses films d’horreur mais comme bien d’autres metteurs en scène italiens de cette époque, il a énormément œuvré dans des genres différents (giallo, drame historique, western, fantastique, comédie). Il serait bête de ne s’arrêter qu’à ses films d’horreur, je me contente donc de citer deux de ses meilleurs films ci-après : Liens d’amour et de sang (1969, aka Beatrice Cenci en DVD) et le fameux western Le temps du massacre (1966). Lucio Fulci était un vrai réalisateur, un artisan du cinéma populaire qui avait touché à tout et qui avait une vraie maîtrise de ce qu’il faisait à l’image de ces réalisateurs de l’époque que sont Mario Bava ou Dario Argento (je ne parle certainement pas de la désastreuse carrière récente de ce dernier).

Lorsqu’à la fin des années 1970, Fulci se lance, par effet de mode il faut bien le dire, dans le pur film d’horreur, il a déjà plus de 50 ans. Il a déjà connu un certain succès avec ses précédentes productions mais son nom restera avant tout attaché aux quatre chefs-d’œuvre qu’il va tourner entre 1979 et 1982 : L’enfer des Zombies (Zombi 2) ; Frayeurs (Paura nella città dei morti viventi) ; L’au-delà (L’aldilà) et La maison près du cimetière (Quella villa accanto al cimitero).

 Pourquoi ces films, 30 ans après, restent des pierres angulaires du cinéma d’horreur ? Prenons le cas du film qui nous occupe ici, L’au-delà, qui, des 4 films cités plus haut, est mon favori et qui reste certainement le film le plus populaire de Fulci quoique pas forcément le plus facile d’accès.

Le scénario est simple. 1981. Liza hérite d’un vieil hôtel en Louisiane qu’elle compte retaper. Elle va vite se rendre compte que la demeure est maudite. Elle est, en effet, construite sur l’une des portes de l’enfer, rouverte à l’occasion d’un meurtre atroce ayant eu lieu dans l’hôtel en 1927… 

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L’Au-delà a, au départ, toutes les caractéristiques du film d’horreur typique mais s’en détache par le traitement de son histoire qui, bien vite, passe au second plan au profit d’une succession de scènes toutes plus étranges et fascinantes les unes que les autres. Elles plongent le spectateur dans une sorte de cauchemar filmé où son raisonnement n’a plus lieu d’être. Le film casse avec les schémas de narration typiques du genre et l’on se rend vite compte que le scénario ne compte plus vraiment dans ce métrage souvent qualifié de poème horrifique, sauf peut-être pour donner le vernis indispensable à l’édifice bâti par Fulci : mystère, sorcellerie, malédiction. Les scènes défilent les unes après les autres en créant une atmosphère macabre de plus en plus pesante qui ne cessera plus à aucun moment et qui prendra toute son ampleur dans un final qui clôt en apothéose un film semblable à nul autre.

Tout bon film d’horreur se doit d’avoir une ambiance, une atmosphère, une personnalité qui permet au spectateur de s’immerger dans celui-ci. Cela est vrai pour tous les grands films du style, de Massacre à la Tronçonneuse à Maniac. L’ambiance de L’Au-delà est elle aussi unique et repose sur une sorte de mystère constant dans le développement de l’histoire dont le côté horrifique et infernal ne fait que croître au fur et à mesure que meurt tout espoir d’échapper à l’inéluctable mort horrible qui touche les personnages les uns après les autres. Cette gradation dans l’horreur est portée par des scènes hallucinées, surréalistes et souvent très sanglantes. Ces dernières sont très nombreuses, extrêmement graphiques et n’ont pas vieilli trop mal pour la plupart. Elles constituent une part importante de L’Au-delà car elles renforcent le côté épouvantable du film. A l’époque, elles faisaient figure de très extrêmes et peu de films étaient allés aussi loin (hormis peut-être Blue Holocaust de Joe d’Amato). Le maquilleur, Giovanni de Rossi, était d’ailleurs celui des précédents films de Fulci. Ceux-ci avaient déjà défrayés la chronique à ce propos, on se souvient de la fameuse scène de l’écharde dans l’œil de L’enfer des zombies ou du meurtre à la perceuse de Frayeurs. Même si l’aspect sanglant a tendance à attirer toute notre attention, il convient de souligner le travail de photographie qui le rend encore plus saisissant (la scène où le peintre Schriek est torturé dans les premières minutes du film est à cet égard très révélatrice). On notera par ailleurs le côté « poisseux » de plusieurs scènes qui apportent à celles-ci un côté malsain du meilleur effet. 

 La force de l’Au-delà est de tellement plonger son spectateur dans un cauchemar n’en finissant pas qu’on oublie vite le reste, les acteurs par exemple. Comme dans Frayeurs et La maison près du cimetière, le personnage principal du film est une femme, jouée dans tous les cas par Catherine MacColl, actrice devenue indissociable de ces trois films de Fulci. On retrouvera également David Warbeck qui avait joué la même année dans un autre film de Lucio Fulci, bien moins connu : Le chat Noir. Chaque aspect du film ayant son importance, on aurait tort de ne pas mentionner ces petits plus qui contribuent tant à lui donner toute sa saveur : les bruits et essentiellement les chuchotements renforçant l’aspect mystérieux mais surtout la superbe musique de Fabio Frizzi dont le côté envoutant accompagne à merveille le spectateur dans cette descente aux enfers cinématographique.

Comme vous l’entendrez par vous-mêmes (dans la version française) : « Maintenant, tu vas affronter la mer de ténèbres ».

Rüdiger

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27/12/2013

Noël, un évènement majeur mais pour qui?

Noël, un évènement majeur mais pour qui?

 

Qui n’a jamais été excité à la veille de Noël au point d’en perdre l’envie de dormir ? Qui ne s’est jamais extasié devant de merveilleux cadeaux au pied d’un sapin resplendissant ?
C’est là l’image heureuse et guillerette de l’anniversaire de naissance du Christ.  En réalité, Noël laisse plutôt place aux insomnies dû au compte en banque déjà dans le rouge vif et au nombre incroyable de cadeaux à faire en moins de 10 jours.

Rares sont les individus heureux de préparer cette fête aux allures de corvées ! D’ordinaire des mois difficiles, à finir décemment, des petits plaisirs supprimés ou fortement diminués et ce dans le but de satisfaire a la norme de fin d’année.

Pour la grande distribution, tout va bien. C’est l’occasion pour elle de vendre de la merde alimentaire en boite sous un packaging bleu à paillettes habillé de guirlandes d’argent. Ce même produit était vendu quelques moins plus tôt dans un conditionnement moins « festif » mais moitié moins cher... Mais ces fins stratèges de la surconsommation ne semblent pas assimiler qu’on ne met pas l’emballage à table. Outre la consommation « alimentaire » (s’il est encore possible de l’appeler ainsi), c’est l’occasion d’écouler toute sorte de produits de loisirs et de divertissement que les gens normaux n’ont plus le luxe de s’offrir. Et ces mêmes stratèges au teint blafard et à la peau huileuse s’en frottent les mains,  ils voient a travers cette période une opportunité qu’ils n’ont pas nécessairement besoin de saisir puisque les victimes désemparées de cet évènement consommeront sans réfléchir à autre chose que la satisfaction occasionnée par leur achat. D’autres esclavagistes d’ailleurs tirent encore plus d’avantages de cette misère ambiante pour l’inspiration de spot publicitaires (ex : mise en scène d’un don de baril de carburant).

La solution alternative aux cadeaux capitalistes était le marché de Noël. Ceux-ci ne sont plus sources d’inspirations pour réaliser des présents issus de l’artisanat et d’un réel  savoir faire, ils ne sont qu’un amas de foutoirs et de bricoles tout juste bonnes à rassurer la conscience de certains d’avoir « fait plaisir ». Le marché de Noël correspond à un nivellement par le bas puisque plutôt que de répondre à une logique de commerce artisanal, authentique, ces marchés se sont rabaissés a vendre le même genre de produit merdique au prix surévalué et se rabaissent au niveau des supermarchés. On pourrait croire que la problématique de Noël se résume à un affrontement entre marché  artisanal  et grande distribution.

Cet évènement autrefois doté d’un sens profond est devenu une aubaine pour le système marchand ! Des cerveaux à nouveau préoccupés, encore plus stressés et incapable de réagir face au modèle d’opulence qu’on leur impose allègrement. C’est l’occasion de faire de la pub encore plus tape à l’œil mais ce n’est pas grave, c’est plus « festif ». Les ogres financiers travaillent énormément sur les sentiments du consommateur qui achète sans regarder car « c’est pour faire plaisir »…

En fait Noël, c’est l’apogée d’un travail de longue haleine.  Toute l’année, le français est bousculé, stressé, au « taf » avec les ennuis que cela engendre (voyez l’article sur les embouteillages ici) et en fin d’année, toute cette pression est condensés en quelques jours et amplifié dans un laps de temps très court. C’est une fois de plus l’occasion pour le système de profiter de consciences inactives pour les déshumaniser un peu plus. C’est également un prétexte suffisant pour faire oublier l’écotaxe, en quelques mois les bonnets rouges ont enfin pris du poids mais aussi de la barbe.  C’est un peu l’évènement qui dresse le bilan de l’année : sont-ils au bord du gouffre ou peut-on les abuser d’avantage ?

La réponse est rapidement trouvée. Tant que des communautés soudées ne surgiront pas,  en opposition au système libéral et apatride, les « présents » continueront toujours à profiter aux mêmes oligarques et seront dénués de sens profond. Mais alors quoi ? A Noël on ne fait plus de cadeau c’est ça ? Noël a très largement été récupéré par le système, quel que soit la valeur symbolique que l’on accorde à cette fête pluriséculaire (Jul, naissance du christ) force est de constater qu’elle fait aujourd’hui le jeu du système puisqu’elle est un point d’orgue du phénomène de la consommation de masse. Et si la société moderne n’était pas déshumanisée et que le don était encore monnaie courante, que ferait-on à Noël ? Veillez donc, amis lecteurs et camarades à rendre votre entourage heureux en cette fin d’année par le biais d’attentions saines, simples et dans une « optique militante », ce qui signifie avec l’ambition de ne pas profiter aux industriels ni aux monstres capitalistes. Les choses les plus belles se réalisent avec convictions.

Quel est le bilan de ces derniers jours de marathon ? Une fête réussie, la dinde a une fois de plus bien été fourrée.

Dandy et Lydéric

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25/12/2013

Joyeux Noël!

Joyeux Noël!

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Merci à Clara (Badabing) pour les photos!