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07/02/2014

Méridien Zéro #175: "Médias alternatifs & indépendants"

Ce vendredi, Méridien Zéro aborde la question des nouveaux médias alternatifs et militants.

Sont invités : Xavier Eman pour Zentropa, Pierre-Antoine Plaquevent pour Les Non-Alignés, Jean du Cercle Non Conforme et notre Jean-Louis Roumégace national pour Méridien Zéro.

A la barre, le Lt Sturm

A la technique JLR.

Zentropa, Les Non alignés, Cercle non conforme, Méridien Zéro, médias alternatifs,

          

03/02/2014

Nos enfants et la mythologie

Nos enfants et la mythologie

Alors que l'étude du latin ou du grec ancien est en perdition et que la culture européenne véritable est passée sous silence et ignorée sciemment, il est de notre devoir de transmettre à nos enfants ce que la société et ses écoles ne feront pas, en premier lieu tout ce qui touche à notre héritage gréco-latin.

Il est fondamental d'habituer nos héritiers, très jeunes, à tout ce qutroie.jpgi fait qu'ils sont eux, c'est à dire des Européens. La meilleure entrée (et la plus ludique) peut se faire par la transmission de la mythologie. Celle-ci, en plus de nous faire rêver, parle à notre âme, et les enfants ne s'y trompent pas, ils adorent. Histoires palpitantes aux archétypes les plus profonds, les mythes sont d'éternelles sources d'émerveillement et de leçons sur la vie. Ils permettent de définir qui nous sommes et où nous allons.

Les mots de Dominique Venner qui suivent sur les deux poèmes homériques (L'Illiade et l'Odyssée) peuvent évidemment s'entendre par rapport à la mythologie en général: "Ces poèmes sont le socle de la civilisation européenne, mais aussi de notre littérature et d'une part importante de notre imaginaire".

Alors, parmi le flot important de livres pour enfants sur le sujet, je conseillerais aux parents intéressés de se procurer les superbes albums qu'Yvan Pommaux a consacrés tant aux poèmes homériques qu'à d'autres mythes de première importance (Orphée, Thésée et le minotaure, Œdipe) aux éditions L'école des Loisirs. Cette série de livres, en plus d'être superbe visuellement, permettra à nos enfants (et même aux plus grands) de se plonger dans un univers mythologique n'ayant ni souffert des affres de la modernité (comme le film Hercule de Disney...), ni de la simplification outrancière typique de la littérature pour jeunes. N'hésitez pas et offrez-les à vos enfants ou à ceux de votre entourage, vous ferez des heureux et, quelque part, un acte militant.

Rüdiger

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Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

01/02/2014

Chronique musicale: Bronson "Bronson"

Bronson "Bronson" (Rupe Tarpea, 2014)

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La prestation scénique du quintuor Romain avait déjà plus que retenu mon attention lors de la derniere Tana delle tigri. Pas étonnant. Les membres de Bronson ne sont pas des nouveaux venus puisque nous retrouvons d’anciens (ou actuels) membres de TimeBombs, The 4 Aces et Blind Justice. Le label Rupe Tarpea, coutumier des productions de qualité, ne déroge pas, une fois de plus, à la règle. Cet album éponyme est convaincant dès le premier titre « La nostra storia »  faisant part d’une certaine mélancolie, sans la moindre mièvrerie.

L’action , l’abnégation, la foi en l’idéal sont les thèmes mis en avant sur le reste du disque notamment via « Non c’e piu Tempo » ou bien encore « La luce dentro di te ». Musicalement parlant, Bronson excelle dans l’art du street punk parfois teinté de hardcore aux effluves oldschool du meilleur goût. Malgré l’homogénéité qualitative, deux titres sortent incontestablement du lot, le fabuleux « Solo tu », véritable hymne à la camaraderie, à la communauté et à l’engagement, qui est d’ une efficacité redoutable tout comme « Strana situazione » où l'un des rappeurs de Drittacore déverse également ses rimes. Un premier opus tout en Romanitude à posséder impérativement pour les amateurs de la scène non conforme transalpine.


Le Sacristain/CNC

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

 

29/01/2014

Entrevue du CNC #8 : Pierre-Antoine, responsable du cercle Les Non-Alignés - Troisième partie

Entrevue du CNC #8 : Pierre-Antoine, responsable du cercle Les Non-Alignés 

Troisième partie

7) Quels sont les radios, les revues et les blogs que vous écoutez ou lisez régulièrement et pour quelles raisons ?

Sur Internet

Comme tout le monde je lis les grands sites de la mouvance nationale comme Egalité et Réconciliation, Fdesouche, puis les sites plus petits mais d’orientation métapolitique comme le vôtre, scriptoblog ou encore Polémia. Evidemment les sites des mouvements politiques mais aussi les sites des journaux du « système ». Pour certains dossiers, ou juste pour savoir ce qu’ils pensent de nous et surtout afin de connaitre ce qu’ils veulent faire penser à la population. Une fois que l’on a identifié que les médias sont en fait le second pouvoir et non pas le quatrième, qu’ils sont en fait directement l’extension de la finance internationale et son instrument idéologique sur les populations, on comprend toute l’importance de la guerre cognitive, de l’ « infoguerre », du « Soft-power ».
(Sur ce thème : http://www.egaliteetreconciliation.fr/L-Empire-invisible-...)

Des sites comme Eurosynergies et toutes ses ramifications proches ou lointaines ou encore Theatrum Belli, nos amis de Metamag entre autre. En Italien, aussi comme : Noreporter, Il Dissidente, Centrostudilaruna. J’en découvre régulièrement, je viens par exemple de découvrir par un ami Atala.fr ainsi que « Thuleanperspective ». Deux sites qui explorent des champs d’investigation passionnants et encore assez inédits sur nos origines les plus lointaines. Il y a aussi toute la galaxie des sites catholiques traditionalistes comme Laportelatine, le site de la FSSPX, ou encore Eschaton.ch, Sodalitium etc. Toute la galaxie aussi des sites chrétiens orthodoxes. Ces derniers m’intéressant particulièrement pour tout ce qui touche à une part fondamentale de notre identité européenne, ce que l’on peut appeler l’orient européen. Grand Est-européen qui est un poumon de vitalité ethnoculturelle à connaître et préserver et auquel se ressourcer pour les européens de l’ouest non encore totalement américanisés.

Ceci dit de mémoire et parmi une multitude de sites pouvant participer de notre combat métapolitique et métaculturel au sens large. A l’heure actuelle, et de plus en plus, ce qu’il faut arriver à maitriser en priorité avec internet c’est la dissémination de l’information et l’éclatement du savoir. Il y a autant de site que d’acteurs sociaux ou intellectuels. Il est impossible d’arriver à tout explorer. L’éclatement du savoir est un phénomène de fond de notre époque que plus personne ne semble arriver à juguler dans notre société : ni église, ni parti, ni lobby, ni think-tank, cela même avec les meilleures intentions du monde. J’use pour ma part, dans cette mer gigantesque et houleuse, d’un critère et d’une boussole : la capacité de discernement et la volonté d’arriver à terme à une synthèse qui aille dans le sens de notre vision du monde. Le critère de discrimination des connaissances dont j’use est simple : nous combattons pour une vision du monde « alter-européenne », le critère premier c’est la centralité de la civilisation européenne. Tout ce qui est européen est nôtre. Tout ce qui est bon pour la civilisation européenne est bon pour nous. Tout ce qui parle de la civilisation européenne parle de nous. Je ne suis sûr de rien mais je suis sûr de cela.   

L’information, le savoir, la culture ne sont pas neutres, le seul moyen d’arriver à se mouvoir dans ce chaos apparent c’est d’avoir une vision du monde comme outil de discrimination des contenus proposés. Dans le monde s’affrontent, se combattent, se mélangent, se rejettent ou disparaissent les visions du monde et les idéologies. Arriver à se hisser jusqu’à une capacité de synthèse et de vision est le critère de discernement principal de la guerre cognitive qui domine les sociétés humaine de ce début de XXI ème siècle. Tout se joue d’abord au niveau des représentations avant que de se déchainer en passions collectives si les peuples en sont encore capables.

Globalement, nous sommes entrés dans l’âge de l’information depuis les années 70.  L’arrivée d’internet dans les années 90 et sa centralité dans la vie sociale aujourd’hui est un bouleversement majeur que l’on est obligé de chevaucher et que l’on peine à appréhender totalement. Cela ouvre des perspectives incroyables. Une bataille se jouera bientôt entre deux visions de cet outil : la vision unipolaire américano-centrée de l’internet ou bien celle que défendent les acteurs non-alignés de l’infoguerre comme la Russie, celle d’un internet multipolaire indépendant des Etats-Unis. Notre site « Les Non-Alignés » se situent bien évidement résolument dans la deuxième perspective.

Dans les années à venir nous ferons toujours plus évoluer notre média. LNA participe à son niveau et avec ses moyens dissidents à l’élaboration en cours des contre-médias et de ce que j’appelle la « réinfosphère ». Il y a un chantier gigantesque à développer en direction de la formation à distance par internet entre autre choses ou bien encore dans la production de contenus de qualité. Je pense que dans les prochaines années on verra des médias alternatifs devenir de vraies puissances culturelles et économiques. Nous ne sommes qu’au début d’une révolution à laquelle LNA participe pleinement à son modeste niveau. Principalement en se situant au centre de toutes les perspectives de dissidence cognitive. Se tenir au centre, avoir un centre, est comme toujours la priorité. On voit déjà la capacité qu’ont eue Dieudonné ou E&R à générer une économie alternative viable en matière de contre-culture. Déjà d’autres acteurs émergent comme Méta-TV ou bien des projets de télévisions identitaires. On est au début d’une révolution et d’une redistribution des rôles au niveau culturel et métapolitique. L’horrible couvercle de mal-être et de pessimisme organisé qui pèse sur la culture française et européenne depuis notre enfance finira par sauter, j’en suis persuadé. Nous le ferons sauter. Tous les courants contre-culturels qui ont contribué à nous former de manière souterraine vont bientôt ressortir au grand jour. Déjà en Grèce des élus d’Aube Dorée sont des « black-métalleux » ( !), déjà en France Dieudonné et Soral deviennent des phénomènes de masse, déjà en Italie la culture de la droite radicale est la principale culture alternative organisée. La « circulation des élites » c’est maintenant ! Et ça va faire très mal aux oligarchies médiatiques. Il faut tout faire pour contrecarrer le nihilisme culturel en cours et le remplacer progressivement par notre vision du monde, par ce que nous sommes et n’avons jamais cessé d’être.  

Le grand défi face à l’éclatement des informations et des connaissances réside dans la capacité de discernement et de synthèse. Celui ou ceux qui sauront produire des médias qui projettent avec autorité - et non plus de manière anarchique et désorganisée - du contenu métapolitique, ceux-là gagneront la guerre de l’information et renverront « ceux qui nous nient » dans les cordes pour longtemps. Les « effacistes » de notre mémoire et les « remplacistes » de notre substance ethnoculturelle comme les appelle J-Y Le Gallou.

C’est d’ailleurs l’une des clefs du succès d’E&R et d’Alain Soral que de proposer un contre-média synthétique qui regroupe une foule de contenus divers sous un label autoritaire qui confère une légitimité : E&R et Kontre Kulture. Passer ses nuits et ses journées à rechercher sur le web tout le contenu intéressant a ses limites. Il faut des récepteurs-émetteurs de ce contenu qui le trient et le synthétisent pour un public plus large et avec une ligne éditoriale souple mais ferme. Ce que font E&R ou Fdesouche.

Autoritaire comme la télévision, cela pour une foule qui se cherche de nouveaux de nouveaux cadres de vie, de nouveaux coachs, de nouveaux maîtres (dans le cas du public de Soral par exemple).

Notre spécificité avec LNA se situe là aussi : nous visons quant à nous à former des hommes libres et différenciés, donc forcément moins nombreux. Nous produisons du contenu exigeant mais accessible dans le sens d’une orientation métapolitique de cette vaste nébuleuse de contestation réticulaire que l’on appelle « dissidence ». Nous reconnaissons à chacun ses réussites et ses succès, ceux de la dissidence autour du couple principal Dieudonné / Soral et ses satellites principaux : Hillard, Drac etc. Comme nous reconnaissons aussi très bien les échecs ou les retards pris par notre camp : celui de l’Europe spirituel et ethnique. A nous, ethno et alter-européens d’être à la hauteur des enjeux d’aujourd’hui. Si vraiment demain nous appartient comme chante l’un de nos hymnes de foi et de combat.

Nous, militants alter-européens, inspirons-nous de cela pour diffuser nos idées et propager notre vision du monde et notre conscience au-delà de nous même, à destination de ceux qui sauront s’y reconnaître.

Sur papier et radio

Je lis régulièrement « Eléments », la « NRH », « Nouvelle Ecole »,  « Rébellion », « la Décroissance », « Réfléchir et Agir », « Terre et Peuple », ou plus confidentielles comme « Tabou ». Je lis aussi « Causeur » quand je tombe dessus chez un ami et d’autres revues « néocons » quand on me le prête … J’aime aussi prendre connaissance des revues scientifiques ou des publications universitaires quand je vais dans les bibliothèques publiques ou universitaires. Dans l’ensemble j’essaye d’avoir une vision panoramique dans mes lectures, ce qui n‘est pas forcément évident, au vue du temps et de l’argent nécessaire pour cela. Pendant plusieurs années, et quand internet n’avait pas encore pris cette ampleur démesurée, je lisais avec intérêt : la lettre d’Emmanuel Ratier ou celle de feu Pierre de Villemarest. Lectures Françaises et d’autres revues catholiques plus confidentielles. J’ai beaucoup lu quantité de revues plus anciennes trouvées chez les bouquinistes et les libraires. J’insiste sur l’importance de fréquenter les librairies et les bouquinistes. Pas en rat de bibliothèque mais en chercheur avisé et afin de faire vivre ces lieux de vie intellectuelle et de sève spirituelle de notre combat. Personnellement sans la Librairie du Paillon à Nice et tous les libraires fréquentées depuis des années en France ou ailleurs je n’aurais pas appris le quart sur les sujets qui m’intéressent. Internet est un outil fondamental, mais la vraie formation intellectuelle, on ne la trouve que dans la lecture profonde,  silencieuse et non artificielle du livre et de la solitude. Sans compter les rencontres ou les discussions que l’on peut avoir dans ces lieux de vie. Mais certains préfèrent enrichir juste Amazon et se croire omniscient devant leur pc et ses bribes d’information, vitales mais éclatées. Il n’y a que l’investigation théorique qui peut conférer à l’esprit une capacité réelle de mettre en faisceaux organisés des connaissances éparses.  

Je lisais aussi les revues « traditionnelles » plus confidentielles telles « Politica Hermetica », « Antaios », « Sol Invictus ». C’est ici l’école guénonienne ou gnostique de droite que j’appréhende avec la méfiance nécessaire mais qui recèle des choses intéressantes. Je lis aussi ce qui me tombe sous les mains en Italien, là, peut-être même plus encore qu’en France, la fréquentation des libraires radicaux, ésotéristes, politiques etc a contribué à ma formation politique. L’importance militante et communautaire de la formation intellectuelle est validé par la place qu’occupe la librairie « la Testa di Ferro » dans la galaxie Casapound. En Italien je lis régulièrement la revue que dirige Gabriele Adinolfi : « Polaris » ainsi que la revue « Arthos » du professeur Renato Del Ponte, professeur de latin et lettres, ami d’Evola et directeur du Centro Studi Evoliani.

Sinon pour ce qui est de la radio j’écoute évidemment Méridien Zéro, mais aussi France Culture parfois. Certaines émissions de fond sont riches d’enseignements, on constate même une évolution intéressante de personnes comme Michel Onfray qui s’y exprime. D’autres émissions, comme une entendue récemment sur Sade et son idéologie, sont intéressantes à écouter à rebours des intentions de ceux qui les produisent, pour étudier la généalogie de la subversion.

Plus globalement votre question pose la question de la culture. Je considère que ce qu’on appelle le « soft-power » est actuellement le champ de bataille le plus important pour nous. Avec bien-sûr toutes les tentatives faites pour retisser du lien communautaire entre européens.

Le Soft-power est l’arme qu’il nous faut employer de toutes nos forces tant que cet outil nous est accessible. Car ce n’est pas nous qui élaborons les outils technologiques qui périodiquement remodèlent le paysage socio-culturel dans lequel il nous faut vivre de gré ou de force. A chaque époque les plus intelligents des nôtres ont su s’adapter pour réussir ou juste continuer d’exister. C’est assez désagréable pour moi d’être coincé derrière son ordinateur, de même je préfère écrire sur papier que de taper sur un clavier et m’abimer la vue sur écran rétro-éclairé. Reste qu’à notre époque c’est un passage obligé même s’il nous faut garder le contact avec le réel, savoir couper les machines pour retrouver ses amis en vrai.  

C’est tout le sens de notre site-réseau : Les Non-Alignés. Au départ j’étais surtout un activiste de terrain qui essayait de valider ses idées dans le réel du politique et du social au travers d’actions concrètes comme l’aide aux pauvres (qui est toujours une chose à faire comme le fait le MAS) ou par le combat directement politique : tractage, affichage, élections etc. Constatant la déperdition d’énergie de ces pratiques, nécessaires pour la cohésion des groupes, mais assez inefficaces pour mobiliser les post-humains qui se terrent derrière leurs ordinateurs, je me suis orienté vers l’influence cognitive avec mes faibles moyens. Nous arrivons en revanche à pallier à l’absence de moyens par les liens humains et la philia militante, choses que nos adversaires n’auront jamais malgré tout leur argent.

Le combat idéologique, le combat pour la vision du monde reste le combat prioritaire. Ses formes et ses moyens changent selon les époques et les circonstances mais l’affrontement multiséculaire contre « ce » et « ceux qui nous nient » reste le même.

Savoir lire et apprendre, savoir se former.

Permettez-moi de finir par une digression sur le pourquoi de la formation culturelle et la nécessité de l’étude et de la lecture sans excès.

Je lis régulièrement mais comme un exercice, je n’ai pas le culte du livre en soi, c’est pour moi un moyen et non pas une fin. Je ne lis presque jamais de romans. Je lis pour comprendre et appréhender directement certaines connaissances vitales pour « théoriser » au sens de « voir » comme le pensaient les philosophes de l’antiquité. Rien ne remplace la contemplation de la nature ou le contact aux autres. Mais la solitude forcée de la pensée et de l’écriture est une discipline nécessaire afin de ne pas se disperser, voir de se dissoudre dans les activités militantes. Comme la prière, la lecture méditative rassemble et recentre. Une vraie lecture est toujours source de polarité et de recentrage sur l’essentiel.

Je pense que les meilleurs lettrés sont les hommes de guerre ou de prière qui méditent, comme César, St Paul ou Marc-Aurèle. Eux n’écrivaient pas pour écrire, mais par nécessité intérieure : défendre et propager leur foi ou leur vision du monde, ou plus extérieure : l’explication et la théorisation de leur action et de leur expérience.

Pour autant j’apprends chaque jour la nécessité de la première fonction et le rôle crucial et polaire des « oratores ». Mais ceux-là ne sont pas juste des érudits ou des lettrés, mais des porteurs de l’axe du monde comme Dante ou Platon. On voit beaucoup de personnes à l’heure actuelle, avec la possibilité des moyens techniques contemporains, vouloir « devenir » écrivain et même tenter d’écrire ou de se faire éditer. C’est bien souvent dérisoire. Je ne sais plus qui a dit « l’écriture est un état pas une activité », je crois que c’est exact. Il ne faut pas vouloir devenir écrivain mais être écrivain. « On devient orateur mais on nait poète » disait-on chez les romains. Mais qu’est-ce qui donne un poids ou un sens réel aux mots ? Les épreuves de la vie que l’on affronte silencieusement en se dotant d’un destin qui en vaille la peine. On écrit le mieux dans les à côtés d’une lutte importante. Que valent les mots sans le sang, la chair et l’esprit qui vont avec et les sous-tendent, les vivifient ?

Yukio Mishima, et aussi un célèbre chef d’Etat allemand du milieu du XXème siècle, disaient qu’il ne fallait pas écrire avant trente ans car avant cela notre vision du monde n’est pas encore assurée ni complètement formée. A notre époque et compte-tenu du rallongement du temps de la vie et de l’ « adulescence »  qui se prolonge, on pourrait pousser cette barrière à quarante ans je pense. Cela ferait un bon tri de ce qui se publie dans notre mouvance déjà … Il faut écrire à côté d’une lutte importante ou se taire, cela tous les grands hommes du passé nous l’ont enseigné.

8) Quels sont à votre avis les grands défis à venir pour la France et l’Europe ?

Ce qu’on pourrait décrire de manière générale comme un processus de « dé-civilisation » : la dé-spiritualisation et l’athéisme matérialiste sous toutes ses formes, l’indifférence en face de la beauté de la vie et de la nature de manière générale.

L’absence d’amour, de philia, d’humanité et d’honneur dans la cité. L’émancipation de la femme et la fin des familles traditionnelles. Les familles décomposés, l’idéologie du désir, le féminisme. L’acceptation programmée et organisée de la laideur dans l’urbanisme et nos cadres de vie contemporains. La subversion sous-culturelle américano-sioniste.

Tout hurle, partout autour de nous et constamment, la laideur sans nom d’une cité contemporaine sans âme ni sens. Plus globalement ce que l’Eglise traditionnelle appelle : la culture de mort. L’occident au sens étymologique d’ « occidens » et « occidere » : ce qui tombe, ce qui chute mais aussi ce qui tue, ce qui occis. Là où le soleil se couche, là où tout meurt, là où nous sommes actuellement : à la minuit d’un enfer de confort, d’un goulag soft et mental. De notre société de consommation nécrophage et putréfiée. Et cette chose inouïe qu’est l’effacement de la culture face à la technique jusque dans l’intimité des foyers et des familles. Et l’indifférence sidérante, voir l’accompagnement de ce processus par tant de nos contemporains zombifiés, possédés, dénaturés, hypnotisés. L’épaisseur de la bêtise crasse organisée par tous les canaux de la sous-culture de masse américano-sioniste. Sous-culture de masse qui est la source première du « grand remplacement » avec le planning familial mondial comme refusent de le voir trop des contempteurs du changement de population.

La dénatalité, la grande catastrophe. La cause première du « grand-remplacement » étant l’avortement institutionnalisé d’Etat et pas l’ « Islam », qui au pire n’est qu’une conséquence de quarante années d’immigration organisée et de dénatalité planifié par l’Etat laïque si chère à Christine Tasin et ses amis. Islam qui est même, du côté musulman, une réaction populaire des masses non européennes et non assimilables au monde moribond que défendent justement Riposte Laïque, les occidentalistes et la droite parlementaire.

Pour autant, l’optimisme historique doit rester notre boussole intérieure, car l’âme et l’esprit sont plus forts que la mort comme nous l’enseigne le Christianisme traditionnel sous ses formes catholiques et orthodoxes.

La vie est certes dénaturée mais elle est toujours là pour nous contenter comme un don de Dieu.

9) Etes-vous plutôt favorable à la restauration de la souveraineté de la France ou bien aspirez-vous à un effacement des Etats-nations au profit d’une authentique Europe puissance ?

Le problème principal est de savoir où se situerait une possibilité d’orienter l’avenir dans un sens qui soit le nôtre à minima. Sur le papier l’idée de rompre avec l’Union dite « Européenne » peut apparaître juste, voire même morale compte tenu de la nature toujours plus clairement « libéral-totalitaire » de l’UE. Mais est-ce vraiment réalisable ? Et avec qui ? Seul ? En déclenchant des sécessions étatiques en cascade ? Qui suivrait ? N’est-ce pas aller dans le sens d’une balkanisation de nos territoires encore plus féroce ? Si l’on analyse froidement la nature du pouvoir « globalitaire » en place, je pense que l’on arriverait plutôt à la conclusion qu’il faudrait tenter de concevoir une sorte de super lobby « alter-européen » orienté vers la coopération eurasiatique face à l’actuelle orientation atlantiste de nos « élites » actuelles.

Mais là encore avec quels moyens ? Avec quels partenaires vraiment fiables ? Depuis quelle position de puissance ?

Le problème de l’Europe va être au centre de tous les débats avec l’entrée prochaine dans l’Union Transatlantique. Si on couple cela avec les 47 pays (820 millions de citoyens ! …) qui sont censés participer du conseil de l’ « Europe » on voit bien qu’on est cerné de tous côtés … Alors de quel côté veut-on que penche l’Europe de demain : vers l’Amérique ou l’Eurasie ?

Le grand mensonge de l’Union Européenne c’est la subversion du projet alter-européen et carolingien qu’ont pu avoir certaines élites européennes dans les années trente puis ensuite de l’idée que s’en faisait le général de Gaulle par exemple. Subversion par un projet sans mesures ni limites qui n’a plus aucun rapport avec l’idée même d’Europe. Ce projet n’étant plus que l’un des étages de l’appareillage mondialiste dans lequel l’oligarchie planétarisée tente d’enserrer les nations et les peuples présents sur ce qui n’est pour elle que la péninsule de l’Eurasie. « Europe » c’est pour elle, au mieux, un simple dénominateur géographique, au pire la subversion et l’inversion de toutes les valeurs pérennes de notre civilisation sous le nom même de cette civilisation. Quel tour admirable de sorcellerie ! Quel enchantement terrible qui enserre celle que nous aimons de toute nos forces : « Europa », la déesse-princesse en dormition dont chacun de nous est un peu le paladin qui lui voue sa vie et rêve de la réveiller afin de la voir vivante et belle à nouveau.  

Cette vaste question dépasse en fait largement le cadre d’un simple entretien, c’est l’une des questions actuelles principales. Dans les prochains mois nombre des productions des Non-Alignés seront relatives à cette question géopolitique, civilisationnelle et existentielle.

L’« Europe », c’est pour nous une histoire, une vision du monde et un état d’esprit spécifique appartenant à des peuples particuliers : les peuples ethno-européens d’origine. Peuples que j’appelle pour ma part : peuples « natifs-européens ».

Comme on parle de « native-americans » pour parler des peuples amérindiens d’origine. Nous sommes les autochtones de l’Europe au sens noble, et nous le resterons toujours, même en minorité chez nous. Comme les indiens d’Amérique restent pour toujours, dans la mémoire humaine, les habitants originaux des Etats-Unis.

Peut-être prochainement minoritaire sur notre habitat d’origine, nous serons forcés d’adopter une dénomination commune nous différenciant de manière stricte des autres « européens » peuplant nos territoires historiques. Territoires mités par l’immigration-invasion et le « grand remplacement ». J’ai longtemps réfléchi à comment désigner ce qui nous unis et je me suis heurté à la centralité de notre nativité d’origine face au grand mélange qu’est le monde contemporain.
Ce qui donne sens à toute nos représentations, à toute notre vision du monde en tant qu’identitaire européen peut-être résumé par cette notion de peuples « natifs-européens ».

Du temps où je militais au Bloc-Identitaire je me suis souvent interrogé sur ce qui pourrait nous définir au mieux car je trouvais que le terme d’identitaire n’était pas encore assez précis pour nous désigner et constituait plus une définition en creux.
On parle aussi de crise « identitaire » et je cherchais une définition plus directe, plus culturelle et spirituelle encore que politique. J’ai découvert qu’un camarade avait eu, lui, de son côté, l’idée de cette dénomination d’ « alter-européens », ce qui est très juste mais ne pose notre identité que comme une alternative au projet mondialiste actuel. Je cherchais pour ma part une définition plus exacte et profonde de ce que nous sommes, quelque chose qui aille au cœur de notre être et je pense l’avoir trouvé : nous sommes des « natifs-européens ».  

Comme dit au début de notre entretien (partie 1) je suis en train d’écrire un texte de fond sur la thématique de l’identité européenne. Ce sera un peu la somme de notes accumulées en marge de mon engagement politique. J’y développe l’idée suivante qui est comme le fil conducteur de l’ouvrage : nous sommes des peuples actuellement menacés dans leur existence même comme tant d’autres de part le monde mais peut-être plus que les autres. Cela principalement parce-que, à un moment donné de notre histoire (cela s’est fait par étapes), notre civilisation a commencé de servir de véhicule a un projet d’arraisonnement et de changement de la nature et du monde. Projet fou de civilisation terminale (issue de la pétrification de notre culture comme disait Spengler) qui a besoin pour se propager d’épuiser jusqu’à la trame ce que nous sommes et qui est bien proche d’y parvenir. Projet qui nous utilise et nous consomme bien plus qu’il ne nous sert contrairement à ce que pensent les occidentalistes.

Ce texte s’appellera justement : « Nous, Natifs-Européens ». Il tracera les contours de ce qui pourrait être un projet de redressement identitaire et spirituel face aux menaces de fond actuelles. J’y dresserai aussi un panorama de ces menaces ainsi que leur brève généalogie historique et métaphysique. On ne devrait pas parler ainsi de son travail en cours mais, comme nous tous, je suis toujours plus précarisé, j’ai donc tendance à faire passer ce travail de synthèse après l’urgence de la lutte. En parler à mes camarades me donne déjà l’obligation de le terminer …

Je dois donc arriver à me persuader qu’écrire c’est militer afin de m’y atteler. C’est tellement dur de rester assis quand on brûle d’en découdre … C’est pour cela aussi que j’aime assez la forme des entretiens LNA avec les personnalités de notre mouvance. Cela donne une allure plus active à notre enquête sur l’époque et cela mobilise les énergies de notre réseau LNA en plus de poser les problèmes sur le fond avec des spécialistes de ces problèmes.

LNA est une tentative de synthèse métapolitique vivante et active en temps historique réel … Rien que ça !

11) Nous vous laissons le mot de la fin.

Plus personne ne peut réellement penser vaincre de manière directe un pouvoir désormais polymorphe et transnational. Pouvoir qui se caractérise par sa liquidité, son omniprésence « bienveillante » sécuritaire et surtout par son intrusion dans tous les aspects du quotidien des habitants de « cosmopolis », la cité universelle. Face à l’ubiquité du contrôle social et anthropologique de ce que l’on peut à bon droit appeler : la « monoforme », la plupart des oppositions sont condamnées à rester de pures postures de compensation ou de témoignage sans ancrage concret dans le réel. Pour autant que ce « réel », au sens aristotélicien, soit encore atteignable par-delà les filtres apposés entre l’homme et son environnement naturel.

Matérialisé jusque dans l’urbanisme et le décor des lieux de son existence, le contrôle social et anthropologique de la vie et des sentiments de l’homme est désormais difficilement dépassable même avec la meilleure volonté du monde. Nous sommes tous esclaves et prisonniers d’une matrice antinaturelle qui a pris lieu et place de notre environnement normal en s’appuyant sur les faiblesses des systèmes anthropologiques et politiques du passé, ceux dans lesquels nos ancêtres vivaient bon-gré, mal-gré. Les hommes et femmes contemporains, désemparés et déboussolés se heurtent au mur de leur cage psychosociale en tentant de se conformer toujours plus aux injonctions de bonheur individualiste que leur assènent le libéralisme et le matérialisme. Ils essayent d’être heureux seul ce qui est impossible, ce qui constitue de fait une injonction contradictoire. Ils essayent d’être heureux lors même qu’il n’existe de vrai bonheur qu’enraciné dans une famille ou une communauté. Ils essayent d’être heureux lors même que les conditions même du bonheur véritable disparaissent et s’évaporent comme neige au soleil. Un peu comme les « sim’s » - ces automates stupides d’un jeu vidéo des années 2000 - ils tournent sur eux-mêmes dans leur monde interchangeable ikea et n’ont plus d’autres repaires que ceux que leur donnent les programmateurs sociaux et les démiurges de notre monde vide.

Monde vide que l’on opposera bien-sûr au « monde plein » que connaissait et vivait le naturaliste suisse Robert Hainard ou le grand veneur Venner. Monde plein dont l’accès secret s’éloigne toujours plus de notre portée à mesure que progresse la monoforme du non-être, l’arraisonnement de notre territoire, de notre sang, de nos esprits.  

Faire la généalogie de ce processus déborderait là encore le cadre de cet entretien.

Mais remarquons que malgré l’enfumage médiatique permanent, une contestation grandissante apparaît en maint endroit du globe, puisque la lutte antimondialiste et alternationale est de fait à notre époque, globalisée. Même si encore confuse et contradictoire - et surtout sans projet alternatif opératoire réel -  cette contestation - avec en France par exemple le phénomène Dieudonné - est déjà un phénomène remarquable compte tenu des moyens disproportionnés dont disposent nos ennemis.

On tachera donc, compte tenu de nos faibles moyens, de tacher d’orienter au mieux cette contestation par des vues et des analyses les plus justes possibles.  

2013 : année de la contestation radicale

Remémorons-nous quelques évènements survenus cette année et fin 2012.
Mouvement anti-dette et anti-usure « occupy wall-street » aux Etats-Unis. Montée électorale soudaine d’Aube Dorée, mouvement national-populiste ouvertement paramilitaire et anti-mondialiste dans une Grèce sous curatelle euromondialiste. Quoique l’on pense de ce mouvement et de son « style » un peu rétro, son interdiction et la décapitation du mouvement aura forcé le pouvoir oligarchique à montrer sa véritable nature anti-démocratique à tout un peuple amenant et amenant toute une partie du peuple grec à soutenir un mouvement nationaliste radical (pas le FN !). Victoire éclatante du « Grillo » et des députés de sa formation sur des thématiques anti-banque et anti-usure.
Là encore, quelles que puissent être les réticences bien fondées sur ce mouvement très confus aux revendications et références souvent contradictoires : entre souverainisme de gauche et démocratie participative mondiale ! A Rome encore, l’an dernier, 8000 italiens dans les rues manifestant avec Casapound sur des thématiques d’indépendance nationale et d’identité avec le mouvement le plus indépendant de la péninsule italienne.

En France, Dieudonné et Soral plus soutenus que jamais, un Front-National qui commence à percer le cordon « sanitaire-républicain », une contestation devenue nationale face à l’aéroport de Notre Dame des Landes, plus d’un million de personnes dans les rues de Paris contre les lois contre l’ordre naturel et la vie.

Enfin la mort volontaire d’un historien français reconnu en signe d’opposition métaphysique au génocide planifié des peuples européens.

Ça n’est que le story-telling du système qui nous fait perdre le fil de la révolte universelle et alternationale qui gronde partout. Demain l’alternationale sera le genre humain aimerait-on dire !

Là encore, un début d’agitation et de contestation sur des thématiques de fond encore inimaginable il y a quelques années sur cette échelle. Les forces profondes de la nation, congelées par quarante années de société de consommation américaine vont-elles se réveiller et rejeter le cancer idéologique qui la mine ? Je pense que oui mais à une échelle de temps qui n’est malheureusement pas forcément celle du temps personnel, il va donc falloir faire preuve d’endurance et de ténacité, toutes deux vertus viriles que l’on ne nous a plus enseignées à dessein.

Tous ces évènements, avec comme arrière fond géopolitique : l’opposition à l’ingérence en Syrie, la victoire géopolitique et diplomatique de la Russie face au bellicisme de l’impérialisme américain. Bellicisme jusqu’ici univoque et ininterrompu depuis la fin de l’union soviétique, ici pour la première fois contré par  une puissance non-alignée. Un retournement stratégique inédit et admirable sur la base du droit international et du désarmement. Droit international classiquement utilisé depuis la fin de la guerre froide pour saper tout pouvoir aux velléités de souveraineté et d’indépendance face à l’ordre unipolaire des multinationales. Victoire de la souveraineté et du droit face à la déstabilisation et à l’ingérence.

Victoire aussi sur le discours jusqu’ici sans alternatives depuis la fin de la guerre froide qui voulait que les « sociétés ouvertes » soient forcément progressistes et émancipatrices face à des pouvoirs stato-nationaux forcément archaïques, passéistes et répressifs. On constate aujourd’hui toujours plus que les masques tombent sur les fondements totalitaires de la société marchande et de son hubris.

Là où a cours l’alliance des traditions encore debout avec des pouvoirs politiques séparés mais protecteurs des identités et des religions, comme en Russie ou en Syrie, on voit reculer les deux formes complices de la subversion contemporaine que sont le fondamentalisme et le libéralisme, le puritanisme et la licence généralisée. La pornographie conjuguée à la répression forcenée du désir. L’ordre des marchands du temple et celui des pharisiens hypocrites : évangélistes, islamistes ou talmudistes. Tous unis dans l’exécration de la mesure, de l’équilibre et de l’ordre naturel de la vie. Tous unis dans l’exécration de l’Europe.  

Autant d’évènements politiques et métapolitiques survenus en l’espace d’une année à peu près. Événements qui mis bout à bout nous donne une année 2013 bien différente du tableau que l’on tente de dépeindre au travers des médias de masse.  

Événements qui montre que tout n’est peut-être pas encore joués et que, ne serait-ce que pour l’honneur si ce n’est pour la victoire, on a encore quelques beaux coups à tenter en s’amusant un peu …

Il n’ait pas de fatalité qui ne puisse être brisée par notre foi et notre volonté. Je crois à une levée de héros qui se dresseront dans le crépuscule de l’âge de fer qui est le nôtre, à l’orée du retour du soleil. Le soleil invaincu qui marche à nos côtés depuis toujours et pour toujours. Ce soleil invaincu ami de l’Empereur.

Oui, j’y crois toujours ! Oui, je ne suis pas un « adulescent » mais comme un éternel adolescent  je continue d’être croyant !

Il nous faut tenir coute que coute, contre vents et marrées. Il nous faut apprendre à résister, apprendre à endurer, et en résistant devenir des résistants. Que résister devienne notre vraie nature et combattre notre vrai rythme de vie. Que l’avenir nous trouve simples et fiers comme hier, comme toujours. A jamais idéalistes !

Dans le monde mais pas « du » monde dit l’Evangile.

Nous sommes les croisés de notre avenir, le jeune européen chemine vers son destin. Quoi qu’il arrive demain lui appartient.

Pierre-Antoine P, janvier 2014, pour le Cercle Non-Conforme.

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Lire la première partie.

Lire la deuxième partie.

26/01/2014

Chronique d'album: División 250 - Imperium (1999)

 División 250 - Imperium (Rata-ta-ta-ta, 1999)

division 250 imperium.jpgLa scène musicale identitaire espagnole, malheureusement souvent mésestimée, par exemple au profit de celle d’Allemagne (que je trouve excellente par ailleurs), recèle d’excellentes productions. Avant Estirpe Imperial existait un groupe qui est resté le classique par excellence : División 250. Formé au début des années 90 à Valence, le groupe fera rapidement parler de lui et donnera de nombreux concerts. Il éditera dans sa décennie d’existence 3 excellents albums dont la qualité va crescendo (« Sangre de conquistadores » en 1992, « Revuelta » en 1995 puis « Imperium » en 1999) ainsi qu’une compilation (« 10 años »).

C’est d’ « Imperium », ultime production de ce groupe mythique dont nous allons parler maintenant. Fruit d’une évolution constante du groupe, tant dans la musique que dans les paroles, il reste selon moi leur album le plus abouti. Celui où les Espagnols ont tout mis, tout leur cœur et toute leur foi. Croyez-moi, on le ressent parfaitement… Fidèle au style développé dès leurs débuts, « Imperium » puise indéniablement ses racines dans le RAC (au niveau de la voix et de la rythmique) mais aussi dans le Hard Rock. Sur les 11 titres de l’album, on retrouve un rock très puissant faisant une place de premier choix aux mélodies de guitare et à des refrains extrêmement accrocheurs. Le groupe en profite également pour reprendre une chanson très populaire en Espagne du groupe Klan : « Es por tu nación » qui vient conclure le disque et s’intègre à merveille à l’ensemble. Là encore, le refrain, reste directement dans nos mémoires :

« No todo está totalmente perdido, tu orgullo, tu sangre, tu honor y tu nación. Nuestra sangre, nuestro orgullo, nuestro honor, es por tu nación ! »

division250 band.jpg

Les paroles de, División 250 avaient abandonné depuis l’album « Revuelta » la provocation gratuite et se concentraient sur des thèmes plus porteurs et plus en phase avec l’actualité. Sont par exemple abordés sur « Imperium » aussi bien des thèmes identitaires (« España », « Imperium ») que des critiques acérées du système mortifère actuel, capitaliste et mondialiste (« Un trabajo pediste », « Venceremos », « Aznarakagar »). On y trouve également une dénonciation de la guerre impérialiste contre la Serbie (« Belgrado ») et des hymnes à la lutte (« 17 años », « Mi espíritu », « Es por tu nación »). Ce combat que nous menons est encore magnifié par ce refrain inoubliable tiré de la superbe chanson éponyme :

« Y Europa será un Imperio conquistado por la Juventud, Europa será un Imperio. Por él combates tu. »

 

Si l’on peut déplorer que cette excellente production fût la dernière des Espagnols, on peut tout de même reconnaître qu’ils ont su partir en beauté avec cet album qui demeure un sommet de la musique identitaire européenne.

Rüdiger

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

25/01/2014

Thibon, entre Révolution et Harmonie

Thibon, entre Révolution et Harmonie

 Thibon2.jpgGustave Thibon, philosophe catholique du XXe siècle, fut toute sa vie empreint d’une forme assez particulière d’anarchisme. Dès son enfance, dit-il souvent, il a conjugué sa grande curiosité avec une nette tendance à l’insoumission.

Dès lors, il semble presque évident que ce personnage, très contrasté et profond, ait flirté avec le thème de la révolution.

 Quoi de mieux pour commencer une longue vie au service de la foi et de la vérité que d’avoir eu pour maîtres, non pas l’école de la République de cette fin de la IIIe République, mais des livres de toute sorte.

Ses modèles ne furent pas les hussards noirs de la République, mais les trésors de la bibliothèque d’un voisin, à Saint-Marcel-d’Ardèche.

«  J’eus le bonheur d’avoir un voisin qui laissa à ma disposition une bonne bibliothèque. J’emmagasinai philosophie, mathématiques, langues étrangères, latin, un peu de grec, jusqu’à une crise suscitée par le surmenage, qui a brisé quelque chose en moi, et ne m’a plus permis d’avoir une seule journée d’euphorie. » [1]

 On a souvent dit de lui qu’il était un autodidacte parce qu’il avait plus appris auprès des penseurs qu’il lisait tout seul qu’à l’école, lieu qu’il avait d’ailleurs rapidement abandonné. Certes, il n’est jamais entré en Université, mais sa curiosité l’a conduit à prendre pour mentors tous ces auteurs de l’Antiquité jusqu’au début du XXe siècle, de Jules César à Nietzsche, en passant par Platon, Hölderlin ou Cervantès[2]. Il fut d’ailleurs lecteur de ces auteurs dans leur langue originale. Le latin, le grec, l’espagnol, l’italien et l’allemand sont tout autant des langues qu’il put apprendre seul ou auprès de personnes rencontrées lors de ses voyages[3].

En somme, il reçut plus une libre éducation qu’une instruction libre.

            Déjà, dans ses jeunes années, G. Thibon montrait une certaine tendance à l’inhabituel, à la provocation sinon à l’indépendance. Il n’est pas étonnant d’apprendre, dans ses écrits où il évoque sa jeunesse, qu’il quitta la foi catholique pour l’agnosticisme vers l’âge de 14 ans avant d’y retourner dans la vingtaine.

Pour bien des gens de l’époque, c’était déjà un signe de protestation contre l’ordre et la société, surtout rurale, très marquée par les mœurs et la morale catholique.

Sa vie durant, G. Thibon oscilla entre les extrêmes, entre l’illusion de Dieu et l’urgence du retour de la morale chrétienne, entre le silence et le témoignage, entre le temporel et le spirituel, entre les sens et l’esprit.

 
« Deux instincts coïncident dans mon esprit : l’un (qui tient à mon tempérament) et qui tend vers la révolte, le non-conformisme, et l’autre (qui procède de ma raison) qui adhère à l’ordre et à la tradition. Dans une époque normale, je me sentirais déchiré entre ces deux vocations contradictoires. Mais le malheur des temps fait qu’aujourd’hui elles se confondent. Le désordre et la folie étant installés au pouvoir et dans les mœurs et devenus l’objet d’un nouveau conformisme (conformisme de la révolution en politique, du péché en morale, du néant et de l’absurde en philosophie, etc.), les amants de l’ordre et de la raison se trouvent nécessairement rejetés dans le camp des révoltés. Quel privilège de pouvoir unir dans le même élan l’anticonformisme et le bon sens ! »[4]

 Entre 1933, date de la publication de son premier ouvrage intitulé La science du caractère (l’œuvre de Ludwig Klages), et L’illusion féconde, parue en 1995, soit 6 ans avant son décès, G. Thibon n’a eu de cesse d’évoquer l’équilibre et surtout l’harmonie dans l’envie – voire même la nécessité que partagent ou partageaient beaucoup de ses contemporains – pour la révolution en ces temps où la société se putréfie de l’intérieur.

Mais, de paradoxe en paradoxe, d’aphorisme en aphorisme, se dessine une définition de la révolution qui tend moins vers cette agitation de surface, chère à Fernand Braudel, que vers les remous lents et profonds des Cieux et de l’âme.

 C’est d’abord dans son ouvrage Diagnostics. Essai de physiologie sociale (1940) que Thibon aborde en profondeur la question de la révolution, dans son chapitre XIV intitulé « la biologie des révolutions. » Cet ouvrage, qui est un recueil de textes écrits entre 1936 et 1939 et réunis par Gabriel Marcel, est assez fondamental pour comprendre le point de vue de G. Thibon à propos des révolutions.

Dans ce chapitre, il réfléchit sur la révolution, non pas de façon générale, mais en tant que « la révolte des masses contre l’autorité, plus précisément le bouleversement social de type démocratique (comme par exemple la révolution française de 1789 ou la révolution russe de 1917) »[5]. Pour lui, les révolutions antiques étaient surtout le fait d’une rivalité de chefs, et elles ne prenaient lieu que dans l’élite. Le peuple, ou l’armée, n’avait finalement qu’un rôle instrumental au milieu d’un conflit de pouvoir.

Pour Thibon, la révolution doit être comparée à une maladie infectieuse. Il reprend d’ailleurs les mots de Jacques Bainville qui aurait « dit quelques part que le peuple français, en commémorant la prise de la Bastille, ressemblait à un homme qui fêterait l’anniversaire du jour où il aurait pris la fièvre typhoïde. » Cette utilisation du terme de fièvre typhoïde d’ailleurs est utile à Thibon qui l’élargit en justifiant que cette fièvre est certes un mal, mais un mal qui possède aussi la capacité de purger et rénover l’organisme, se posant comme prélude à une phase de santé plus pure et plus riche. [6]

Le cœur de son idée est donc d’accepter le fait qu’une révolution ne se réalise pleinement que lorsqu’elle laisse sa place.

 « L’expression « bienfaits d’une révolution » implique à la fois la mort de cette révolution et la survie (au moins dans ce qu’il a de conforme aux exigences essentielles de la nature humaine) de l’état social que cette révolution a voulu tuer. »[7]

 Ainsi, à la suite de ces propos, Thibon explique que l’idolâtrie révolutionnaire consiste à vouloir « éterniser, comme conforme au bien suprême de l’homme, un régime de purgation et de désintégration, un état de crise. »[8]

La révolution doit être donc appréciée pour sa « vertu purgative, mais non nutritive », en somme comme « toute erreur, toute aberration, tout mal. »[9]

L’idéal de la « révolution permanente » chère à Lénine, ainsi que Gide, apparait alors à ses yeux comme une folie. En tant que maladie, la révolution ne peut fournir « le fondement naturel de la vie de la Cité »[10].

Dans un second temps, il s’intéresse à la fonction des révolutions.

Normalement, dit-il, les révolutions servent à « purger et à assainir un ordre politique plus ou moins caduc et corrompu. » Mais « ces crises révolutionnaires finissent généralement très mal et cèdent la place en mourant à un régime plus impur que le régime qu’elles ont tué. » « La fièvre révolutionnaire peut conduire à une santé parfaite. Mais à condition d’en guérir, – et d’en guérir complètement ! »[11]

Le problème réside donc dans le fait que les sociétés guérissent mal des révolutions.

Ce problème révolutionnaire se pose d’autant plus que la masse tend à vouloir renverser les grands pour faire comme eux, c’est-à-dire participer « au festin de la corruption. »[12]

Pour Thibon, le mal vient donc simultanément d’en haut et d’en bas, des chefs et du peuple. Mais, à ses yeux, ce sont les élites qui ont une responsabilité plus lourde que celle du peuple[13].

Parallèlement à cette réflexion, mais dans son prolongement, Thibon développe le fait que pour le chrétien, la révolution n’est pas une solution :

« Il est une chose à laquelle les chrétiens ne réfléchissent peut-être jamais assez : un Dieu tout puissant, créateur d’un monde si impur, n’a jamais détruit ni recréé ce monde !

Mais les hommes impuissants ne redoutent pas de détruire (…). Il est amèrement instructif de les observer [certains amants de l’humanité] : au nom d’un scandale à supprimer, d’une injustice à réparer, ils n’hésitent pas à trancher les racines millénaires de la vie sociale ; ils provoquent un cancer pour guérir une égratignure ! »[14]

Pour Thibon, « une seule révolution partie d’en bas a vraiment transfiguré l’humanité : le christianisme ».[15]

A partir de ce constat, Thibon développe l’idée selon laquelle s’il doit y avoir une révolution (dont il définira plus loin l’objectif, la finalité), elle ne peut venir que des élites.

En outre, la solution qu’il envisage aux lacunes du pouvoir temporel, n’est pas la révolution ni l’anarchie mais la correction sinon l’avertissement de la part d’une autorité spirituelle. Il cite Joseph De Maistre à ce sujet. Selon lui, entre les excès des oppresseurs et la revanche des opprimés, le spectacle de ces deux abîmes ne doit pas susciter en nous une sorte de désespoir politique. Il existe un chemin de crête par où on échappe, en les dominant, à ces deux gouffres opposés : c’est celui de la réforme mue et dirigée par un haut. Et lorsque le pouvoir temporel manque à sa mission, il faut qu’il soit averti et corrigé, non par l’anarchie des peuples, mais par l’autorité spirituelle. [16]

Mais Thibon signale :

 « Le devoir des forces spirituelles, c’est de porter Dieu aux grands et aux masses ; leur pêché, c’est de chercher Dieu tantôt dans les grands, tantôt dans les masses. »[17]

Et conclue en expliquant ce que devraient être les échanges entre les divers organismes sociaux :

« L’inférieur exhaussé vers le supérieur, non pour détruire, mais pour recevoir, et le supérieur incliné sur l’inférieur pour donner, et non pour opprimer. »[18]

Cet ensemble de réflexions est intéressant en bien des points.

Le premier point, qui est d’ailleurs fondamental, est que l’approche thibonnienne de la révolution ne peut être séparée du christianisme. Pour G. Thibon, il est impossible de détacher l’analyse du phénomène révolutionnaire en mettant de côté l’héritage, l’influence, puis la négation du christianisme.

Il l’explique d’ailleurs très bien dans ses Nouveaux diagnostics. Retour au réel, de 1943 :

« Le révolutionnaire, beaucoup plus pauvre que l’homme de la Renaissance, n’attend plus le ciel de la « délivrance » de sa propre personnalité. Mais il est tout aussi ennemi de la transcendance et de la croix, et ce salut qui n’existe que dans le Christ qui est tous les hommes, il le demande à la société, à l’homo collectivus qui n’est personne. Il a besoin d’une rédemption facile, de plain-pied ; il veut être sauvé sans quitter le rez-de-chaussée ou le passage à niveau. Et il prêche la révolution sociale parce qu’il est incapable de révolution personnelle ; il est révolutionnaire à l’extérieur pour se dispenser de l’être en lui-même. La fièvre révolutionnaire surgit ainsi comme une sorte d’ersatz de l’âme altérée d’une impossible conversion. »[19]

Ce passage, qui est issu du chapitre intitulé « Christianisme et mystique démocratique » fut rédigé, non pas pendant le régime de Vichy, mais quelques années avant, en 1937 des mots de l’auteur, et publié une première fois en 1939 dans la Revue catholique des idées et des faits.

C’est à la lueur de ce chapitre qu’apparaît plus distinctement l’ambition de Thibon au sujet du corps social et de la révolution.

En effet, Thibon n’est pas fondamentalement contre le principe révolutionnaire, si tant est qu’elle laisse sa place à une société purgée de ses vices, libérées de membres malades, et prête au développement de ses vertus naturelles. Ce qu’il condamne, par contre, c’est l’absence de révolution intérieure, au profit d’une révolution extérieure où triomphe la loi du nombre et du pouvoir des masses. A ce titre, d’ailleurs, il se revendique comme plus révolutionnaire que « beaucoup d’hommes de gauche » :

« Nous voudrions substituer à la société atomisée des bourgeois et des aspirants bourgeois (Péguy avait déjà souligné cette agonie du vrai peuple) une société organisée où chaque homme puisse déployer, à l’intérieur de ses limites et en communion avec ses semblables (les frontières, à condition qu’on les respecte, sont aussi des traits d’union), une activité vraiment qualifiée et irremplaçable. Nous somme pour l’unité qui rassemble contre le nombre qui disperse. En toute chose, nous voulons subordonner l’avoir à l’être. Il ne nous suffit pas que chacun ait une place, nous voulons encore que chacun soit à sa place. » [20]

L’analyse de Thibon à l’égard de la révolution, dans ce sens précis qu’il donne dans ses premiers Diagnostics publiés par Gabriel Marcel en 1940, se développe donc tout au long de ses publications des années 40 et restent la même tout au long de sa vie.

C’est quelques années avant sa mort, dans les mémoires recueillis et présentés par Danièle Masson, Gustave Thibon, au soir de ma vie (Plon, 1993), qu’il nous est possible de lire un résumé efficace de sa vision de la révolution et des révolutionnaires.

Dans un chapitre au titre évocateur (« Regards sur notre temps »), il aborde les « Mythes et réalités du progrès » et développe « l’une des tares majeures de notre époque », à savoir cette exigences des révolutionnaires qui est de « demander au temps de tenir les promesses de l’éternel. »[21]

Et c’est en guise de conclusion partielle que l’on peut citer dans les quelques dizaines de lignes qui suivent cette sous partie sur les mythes et les réalités du progrès, l’essentiel des thèses avancées par Thibon tout au long de ces années 40, et de son œuvre en général :

« [Les révolutionnaires] veulent purger un ordre politique caduc et corrompu. La fièvre révolutionnaire peut conduire à une santé plus parfaite. Mais à condition d’en guérir. Or, les sociétés enfantées par les révolutions sont généralement pires que celles qu’elles ont détruites. Car la fibre secrète que touchent les meneurs révolutionnaires, c’est la soif, chez l’opprimé, de partager la corruption de l’oppresseur. J’ai horreur des oppresseurs. Et tout autant de la revanche des opprimés. Et je me demande si la prétention de tout reconstruire après une destruction totale n’est pas le masque d’une volonté d’anéantir.

Dieu tout puissant, créateur d’un monde si imparfait, n’a pourtant jamais détruit ni recréé ce monde.

Dans la passion révolutionnaire, il y a une prostitution du christianisme. La béatitude nous est promise dans l’au-delà : « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l’autre. » Les révolutionnaires la veulent sur cette terre, dussent-ils la promettre, comme Lénine, pour dans mille ans. (…) Le mythe du progrès est une projection caricaturale, dans l’ordre profane et temporel, de la foi et de l’espérance chrétienne. Les révolutionnaires ne songent pas que les limites du progrès sont les limites mêmes de l’homme.

Loin de moi l’idée de nier, au nom de ces limites, tout progrès historique. L’esclave s’est changé en serf, le serf en sujet et le sujet en électeur. La femme, échappant à la tutelle absolue du père de famille, a conquis sa dignité. Les lois de la guerre, du moins avant l’ère des guerres modernes, se sont adoucies. Mais je me demande si le prolétaire moderne, sans lien, sans attaches, nanti d’un bulletin de vote mais courbé sous la férule d’un capitalisme ou d’un étatisme sans entrailles, mène une vie tellement plus humaine que l’esclave antique. »[22]

   Ainsi, au-delà de la révolution et des révolutionnaires, Thibon replace dans ces maux – qui dessèchent la société et dont l’envie de les purger se faire sentir – l’urgence de l’équilibre, et surtout de l’harmonie chrétienne qui voit en la société une portée de notes à la hauteur et au son différents. Animées d’une même volonté de conversion (et non de révolution) intérieure, ces personnes pourraient reconstituer un corps social sain, tourné vers une élite temporelle et spirituelle/morale elle-même inclinée vers ce peuple.

Évidemment, Thibon n’exclue pas les tensions, au contraire d’ailleurs puisque son œuvre toute entière en dévoile la nécessité dans l’élévation intérieure.

[1] Au soir de ma vie, PLON, février 1993, page 48.

[2] Ibid, page 16.

[3] Ibid, page 49.

[4] Gustave Thibon, CHABANIS Christian, page 20.

[5] Diagnostics, essais de physiologie sociale, préface de Gabriel Marcel, Paris, Librairie de Médicis, 1940, édition Arthème Fayard, 1985, page 105.

[6] Ibid, page 106.

[7] Ibid, page 107.

[8] Ibid, page 107.

[9] Ibid, pages 108-109.

[10] Ibid, pages 108-109.

[11] Ibid, page 109.

[12] Ibid, page 111.

[13] Ibid, page 113.

[14] Ibid, page 115.

[15] Ibid, page 117.

[16] Ibid, page 120.

[17] Ibid, page 124.

[18] Ibid, page 127.

[19] Retour au réel. Nouveaux diagnostics, H. Lardanchet, 1944, pages 103-104.

[20] Retour au Réel, avant-propos, page XV.

[21] Gustave Thibon, au soir de ma vie, mémoires recueillis et présentés par Danièle Masson, Plon, 1993, page 158.

[22] Ibid, pages 158-159.

Aristide/CNC

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