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16/10/2016

Chronique de film : Captain Fantastic de Matt Ross

 Captain Fantastic de Matt Ross (2016)

captain fantastic.jpgMarteau de Thor autour du cou, Viggo Mortensen nous conduit dans Captain Fantastic à vivre une véritable aventure entre deux mondes que tout oppose. Lui, en père de famille écolo vivant avec ses enfants dans une forêt du nord-ouest des Etats-Unis, et le reste de sa famille, représentant l'Amérique industrielle, consumériste, protestante et bourgeoise. Mais ne nous y trompons pas, le film n'est pas véritablement manichéen. Il est plutôt une porte ouverte à la réflexion sur notre monde, mais aussi sur les façons de s'en extraire.

Car l'éducation des enfants de Ben Cash, le nom du personnage qu'incarne Viggo Mortensen, n'est pas du tout une éducation babacool. L'idéal de ce père de famille omnipotent, c'est la République de Platon, celle des philosophes rois et les enfants sont élevé à la dure : entraînement intensifs, maniement des armes, alpinisme extrême, chasse au couteau, etc... on est loin des caricatures du hippie loufoque refaisant le monde entre deux pétards. De drogue d'ailleurs ici il n'en est pas question. On parle de nourriture bio et locale et les enfants maîtrisent les sciences, la philosophie politique ou la musique classique dès le plus jeune âge.

Privilégiant la discussion et l'élévation intellectuelle, les enfants de la famille Cash sont en complet décalage avec leurs cousins, ignares et férus de jeux videos violents et abrutissants. Une éducation que tout oppose. Chez les Cash, on ne cache pas la vérité aux enfants, même à leur plus jeune âge, il n'y a pas de tabou, ni sur la nudité, ni sur la sexualité, ni sur la violence, ni sur la mort. A l'inverse de la famille de leurs cousins, où les tabous sont nombreux. La question se pose ici, les adultes ne pensent-ils pas trop souvent à la place de leurs enfants, les préservant de la réalité de la vie dans ce qu'elle peut avoir de dur, mais les exposant à bien d'autres dangers : l'ignorance ou la bouffe chimique.

C'est parce qu'ils connaissent la vérité que les enfants apprennent à gérer le décès de leur mère, élément qui va permettre à l'histoire de prendre son envol. A travers ce drame, qui se mue souvent en comédie, et qui vous conduira sûrement à manifester une palette d'émotions très différentes, on peut trouver des allusions à d'autres films comme Little Miss Sunshine ou La Route. La mort de la mère et la complicité qui existe entre M. Cash et son fils, Bodevan, n'est pas sans rappeler le film de John Hillcoat qui amène à réfléchir sur notre dépendance à la société industrielle.

Mais ce film est aussi un moyen de pointer les contradictions d'un père qui peut se muer en despote. Son aversion pour le christianisme touche ses limites dans une allusion subtile aux communautés chrétiennes vivant en marge de la modernité. Le protestantisme ne se limite pas au capitalisme de Max Weber et aux éléments caricaturaux du parti républicain. Son anti-nationalisme new age tranche avec une éducation enracinée, hygiéniste et guerrière. Sa soif de liberté avec son refus d'accepter les choix de ses proches.

De limite, il est question dans ce film, car c'est bien l'absence de limite qui conduit les deux modèles vers l'absurde. Tout l'intérêt du film réside donc dans la dernière partie à savoir comment ces contradictions vont se résoudre. Si la trame narrative est assez classique, Captain Fantastic est un film à voir d'urgence, qui mettra mal à l'aise les hommes post-modernes que nous sommes mais qui espérons le, conduira à de substantielles évolutions dans notre rapport à notre environnement, à l'éducation des enfants, à notre corps et aux autres.

Jean/C.N.C.

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13/10/2016

Que cache le mythe des migrants présentés comme « opportunité économique » ?

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La majorité de la population française est réticente à la submersion de notre pays par les pseudo-réfugiés. Elle le démontre davantage chaque jour et commence même, parfois, à montrer les crocs, ce qui ne peut que nous réjouir. Dans ce combat, elle fait face à de nombreux ennemis qui entendent utiliser tous les moyens possibles pour accélérer la tiers-mondialisation de notre pays. Des immigrés qui se mobilisent pour les « migrants » comme on l'a vu à Sarcelles (la solidarité des races sombres à notre encontre) à l'establishment politico-médiatique, tous sont au coude-à-coude pour favoriser l'installation des nouveaux profiteurs...

Des profiteurs ? Vous n'y pensez pas ! Ceux qui tirent avantage de la situation sont, en réalité, les pays européens chez qui le torrent migratoire se déverse. Vous n'aviez peut-être pas saisi : les « migrants » sont une opportunité économique pour nos sociétés vieillissantes ! Toute l'oligarchie reprend en cœur ce même discours : ils coûtent (un peu) au départ mais rapportent (énormément) au final ! Il faut donc les accueillir à tout prix! Les termes élogieux -souvent empruntés au vocabulaire économique- abondent : les réfugiés sont « une ressource » et doivent être considérés comme « des investissements » nous disait Pierre Moscovici l'année dernière. Emmanuel Macron parlait d' « opportunité économique ». Le Monde, Ouest France et bien d'autres médiats sont également unanimes : les migrants sont une chance pour l'économie française ! Pour une organisation internationale comme l'OCDE, l'évidence est la même : « les flux de migrants sont positifs pour les économies des pays d’accueil. » vient de déclarer Angel Gurria, son sécrétaire général.

Résumons. Qui va payer vos retraites ? Eux ! Qui va faire repartir la croissance économique ? Eux ! Qui  va nous sortir de la merde ? Eux !

La preuve ? On la trouverait en Suède. Quel heureux hasard ! Ce pays, autrefois florissant et agréable mais aujourd'hui en phase terminale de tiers-mondialisation, aurait largement bénéficié des apports économiques dus aux masses de migrants arrivés sur son sol... Magie ! Proportionnellement à sa population, c'est la Suède qui a accueilli le plus de migrants parmi tous les pays européens. Aucun doute n'est donc permis : avec une croissance économique de 4,5% lors du dernier trimestre et 2015 forcément due aux nouveaux arrivants, on ne peut conclure qu'une seule chose : ils sont une chance pour ce pays scandinave comme pour tout notre continent ! 20Minutes.fr nous donne les détails :

" Les 160.000 nouveaux arrivants ont en effet dynamisé l’activité de la nation, un phénomène dont ont profité les 9,5 millions d’habitants, explique France Inter. En effet, après les dépenses liées à la gestion immédiate de l’arrivée des migrants et directement payées par l’Etat Suédois à diverses entreprises, le gouvernement a lancé de plus vastes programmes d’investissement.

Et pour construire ces routes, bâtiments et autres écoles, les entreprises de BTP, qui peinaient jusque-là à recruter, ont pu compter sur les récents immigrés pour offrir une main-d’œuvre bienvenue.

Résultat : les sociétés suédoises peuvent fournir une quantité de travail et de services qu’elles ne pouvaient pas proposer auparavant. Quant aux travailleurs, ils gagnent un salaire et, via la TVA, reversent de l’argent à l’Etat à chaque dépense."

Les mondialistes exultent! Ils ont trouvé l'argument suprême pour nos sociétés gouvernées par le tout-économique. J'entendais encore hier matin (mercredi 13 octobre) sur RTL l'inénarable Nicolas Domenach qui n'en pouvait plus à propos de la Suède. Lisez plus haut : les 9,5 millions de suédois ont profité du travail des migrants ! N'en doutez pas ! Grâce à eux, on sortira de la crise !

La réalité est sans doute bien loin de cette propagande éhontée qui rappelle celle en faveur des immigrés extra-européens qui, eux aussi, ont contribué à la richesse des pays européens de fort belle manière... Les similitudes sont frappantes. L'immigration de peuplement en Europe a été favorisée par les grands patrons, ceux-là même qui ont réclamé, en Allemagne surtout, l'accueil des migrants ces dernières années. On sait pourtant que ces populations ne travaillent quasiment pas et sont en général inaptes à toute autre activité que celle qui consiste à pomper les aides des pays qui les reçoivent. On nous a vendus des ingénieurs et des chercheurs... il doit y avoir erreur sur la marchandise. Je vois plutôt les rues de Paris ou de Calais remplies de loqueteux et de tronches de cauchemar...

Prenons le cas allemand. Après avoir tout fait pour que le pays ouvre ses frontières aux réfugiés, les capitalistes sont revenus à la réalité : ils sont quasiment tous inemployables. En juin 2016, seuls 54 réfugiés (sur plus d'un million) avaient été embauchés par les entreprises du Dax (les 30 entreprises les plus riches de l’Indice boursier allemand). Ils les ont réclamés mais finalement ils n'en veulent plus... c'est l'Etat et la population qui devront s'en accommoder ! Et ils resteront là... “Nous croyions avoir affaire à des médecins et des ingénieurs syriens. On réalise aujourd’hui que ces réfugiés qualifiés forment une minorité”, a ainsi déclaré une responsable de la fédération des employeurs allemands (BDA) qui ont commencé depuis des mois à déchanter. Retour à la réalité...

Si l'on ne parle que de l'impact économique (et non social ou politique) apporté par ces millions de clandestins sur notre sol, force est de constater qu'il n'est pas en notre faveur et ne le sera jamais. Même chose que pour l'immigration de peuplement qui nous a été imposée depuis des décennies. Ces populations ne travaillent pas ou peu. Quand elles le font, c'est au noir ou dans des circuits de l'économie parallèle. Certes, elles consomment... dans les kebabs et autres échoppes exotiques bien peu contrôlées par les autorités. Elles coûtent surtout des millions, des milliards même. Souvenez-vous de ce chiffre : l'immigration illégale a coûté 1,38 milliards d'euros à la France en 2015. C'est plus que le budget de la santé (1,25 milliards) ! Accueillis jusque dans des châteaux, aidés en tout avec notre argent, on voit mal comment les migrants crasseux qui envahissent nos rues pourraient aider notre économie. Ils n'ont pas contribué à celle de Calais où nombre de restaurants et magasins ont fermé leurs portes à cause de leur présence...

L'important est là : on cherche à nous faire avaler que, comme les réfugiés sont bons pour notre économie et la sacro-sainte croissance, il faut les accepter et les intégrer à tout prix. L'argument pognon est utilisé de manière à endormir le chaland qui acceptera inévitablement tous les problèmes apportés par ces populations qui n'ont rien à faire chez nous. Et avant tout pour une raison raciale. Nous sommes différents donc nous ne pouvons vivre ensemble. D'autant que nous ne recevons pas la crème... Les multiples viols (de groupe de plus en plus souvent à l'image de cette handicapée violée par plusieurs demandeurs d'asile...en Suède!), meurtres et destructions diverses sont là pour en témoigner. Sans parler des terroristes infiltrés dans tout ce beau monde !

Quand Attali nous promet que « les réfugiés vont faire de l’Europe la première puissance du monde», il sait à quel point son mensonge est gros. Il n'y croit pas plus que tous les autres membres de l'oligarchie mais l'utilise à une fin : la destruction de notre identité, de notre race, de l'Europe. L'argument économique est l'arbre qui cache la forêt : l'idéologie mondialiste utilise l'argent pour avilir les peuples puis pour les détruire.

Rüdiger / C.N.C.

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12/10/2016

Chronique de livre : Georges Bernanos "La France contre les Robots"

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Georges Bernanos, La France contre les Robots

C’est sur les ruines de la Seconde Guerre Mondiale, en 1945, que Bernanos écrit un pamphlet prophétique, véritable déclaration de guerre à la civilisation des Machines, au culte de la vitesse et du rendement effréné, à l’idolâtrie du profit matérialiste.

« En parlant ainsi, je me moque de scandaliser les esprits faibles »

Dans le style incisif caractéristique des Grands cimetières sous la lune, l’auteur entraîne avec lui son lecteur dans la fièvre de la révolte. L’écrivain vétéran de la Première Guerre distille sa passion dans chaque mot et son sens de la formule nous laisse un texte aussi beau par la forme que vrai par le fond.

« Si vous êtes trop lâches pour regarder ce monde en face afin de le voir tel qu’il est, détournez les yeux, tendez les mains à ses chaînes. »

Un monde gagné pour La technique est perdu pour la Liberté

Ce livre est tout d’abord le livre d’un constat : celui de la marée montante de la Machine qui submerge et détruit tout sur son passage. Pour Bernanos, cette invasion prend racine dans l’idéologie révolutionnaire de 1789 et sa rupture anthropologique qui fait chanter aux hommes l’hymne au Progrès, non plus dans l’homme, mais dans la technique. Des pages terribles peignent cette rupture dans les tous les liens profonds et sacrés de la vie. Le sens de l’honneur, les délicates racines qui attachaient l’homme du XVIIIème à la terre de ces ancêtres, à ses coutumes, tout, depuis un siècle et demi, tombe et se déchire. Les exemples les plus visibles en sont l’architecture, la mode et le vêtement.

« La France du XIXème à l’air de porter le deuil de sa révolution manquée. Elle a commencé par habiller les Français de noir. Jamais, en aucun temps de notre histoire, les Français n’ont été aussi funèbrement emplumés ; le coq gaulois s’est changé en corbeau. »

Le Moloch technique est un phénomène entièrement nouveau qui écrase ce que le monde avait connu jusque-là : des instruments plus ou moins perfectionnés, mais qui étaient « comme le prolongement des membres ».

A la manière d’Ortega y Gasset, Bernanos voit les vraies causes du problème dans l’aspect religieux : « On ne comprend rien à notre révolution si l’on refuse de tenir compte d’un fait historique d’une importance incalculable : depuis le XVème siècle, la Chrétienté Française subsistait, je veux dire la société chrétienne avec ses institutions, ses mœurs, sa conception traditionnelle de la vie, de la mort, de l’honneur et du bonheur, mais la Politique se paganisait de plus en plus… »

L’auteur critique cette recherche effrénée d’une nouvelle liberté dans la technique. Nous nous fuyons nous-mêmes afin de l’atteindre, alors que la liberté n’est pourtant qu’en nous.

« Notre révolution se fera contre le système actuel tout entier, ou elle ne se fera pas. »

La France contre les Robots, plus qu'un constat, une simple plainte, un aveu de défaite, est aussi un message d'espoir et de combat. Le combat de La France CONTRE les Robots. Et un combat, on doit le gagner. En opposition au futur noir qu’il décrit en 1945, et que nous sommes en train de vivre, Bernanos veut nous rappeler que nous sommes avant tout des héritiers. Il nous (ré)enseigne l’amour vrai de la Patrie, maison, refuge, foyer et Liberté des Français.

« Ils m’ont appelé d’un nom qui évoque d’abord à l’oreille le mot de paternité, mais ils ont fait ce mot féminin, parce qu’ils pensent naturellement à moi comme leur mère, et c’est vrai qu’ils m’aiment comme les enfants aiment leur mère ».

Les faits annoncés par Bernanos sont, à la manière d’Orwell ou de Barjavel, en train de se révéler juste. Donnons-lui raison jusqu’au bout ! « Nous allons connaître des temps difficiles, mais l’humanité n’est tout de même pas au bout de ses ressources, elle se renouvellera une fois encore dans le chaos ; c’est toujours par les plus grandes convulsions que s’annoncent les plus grandes Restaurations de l’Histoire… » Un clin d’œil à la Restauration de la Monarchie, idéal de ses débuts à l’Action Française ?

Arnaud Danjou / C.N.C.

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10/10/2016

Regard sur l'actu #32 : Bienvenue en Absurdie

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Regard sur l'actu #32 : Bienvenue en Absurdie

 

Pape à la carte

Quand le Pape explique qu'il faut accueillir les réfugiés ou qu'il baise les pieds de réfugiés musulmans, c'est un Pape "humaniste" pas comme "l'autre réac de Benoit XVI", par contre quand il s'en prend à la théorie du genre, il redevient soudainement "réac". En fait je préférerais le contraire, un Pape qui ait le courage d'expliquer la violence que représente le déracinement et qu'aucun homme ne devrait être encouragé à fuir son pays mais qui n'accorde pas plus d'importance que cela à 3 pages de manuel scolaire sur le genre. Qu'est-ce qui est le plus problématique pour l'Europe, l'afflux de millions d'immigrés ou que 30 types deviennent transgenres à cause des cours de SVT ?

Peu importe de toute façon, tantôt tancé par l'extrême-droite, tantôt par la gauche, certains semblent oublier qu'on ne demande rien d'autre à un Pape que d'être Pape et qu'en vertu des positions de l'Eglise, autant sur la charité que sur la sexualité, la ligne du Pape est tout à fait logique. Il ne peut pas y avoir de Pape à la carte ou d'Eglise à la carte. La religion, et a fortiori la religion catholique structurée par un dogme et un clergé, n'est pas un supermarché. « j'vous prend 300g de Pape oecuménique, 200g d'aide aux réfugiés mais pas ce mauvais produit contre la théorie du genre ».

Au moins cela nous apprend quelque chose, malgré des églises désertes en France, la parole du chef catholique semble toujours être importante pour nos contemporains.

Noeuds au réseau

Anne Hidalgo est sûrement très fière de sa « journée sans voiture » comme Martine Aubry de son nouveau plan de circulation à Lille. Emmerder les automobilistes voilà une priorité dans notre pays. Qu'on se rassure, le CNC ne va pas soudainement devenir anti-écologiste et pro-bagnole, mais regardons simplement la vérité en face. Si des millions d'automobilistes engorgent nos réseaux routiers c'est pour des raisons assez simples à comprendre et qui ne seront pas ici totalement exhaustives : le coût de l'immobilier a repoussé une bonne partie des classes moyennes dans le périurbain voire dans le rurbain. Or les classes moyennes constituent l'essentiel de la population. Avec la mondialisation, les territoires se sont de plus en plus spécialisés, souvent autour d'une seule activité. Fini le quartier où se mêlait emplois, logements et loisirs, aujourd'hui il y a des « zones » dédiées : aux loisirs, à la consommation, à l'emploi. D'une façon générale, plus personne (ou presque) n'habite à côté de son travail. D'après une étude de la Dares (direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) les Français mettent en moyenne 50 minutes aller-retour pour se rendre à leur travail, une augmentation de 10 minutes par rapport aux mêmes études il y a une douzaine d'année. 74% des travailleurs prennent leur voiture contre 11 % les transports en commun. Autant dire que la balance penche très largement du côté de la voiture. Une autre raison peut inviter les automobilistes à ne pas changer leurs habitudes: l'insécurité dans les transports. Pourtant s'il y a bien une mesure écologiste, c'est de rentre incitatif l'usage des transports en commun par une lutte impitoyable contre l'insécurité et les incivilités. Laxisme et écologie ne sont pas compatibles. Dans une vidéo, l'humoriste franco-camerounais Fabrice Eboué lançait le défi suivant à Anne Hidalgo « prendre le RER entre Sarcelles et Saint-Denis après 22h », tout est dit, non ?

Le « retour en arrière » en Pologne, c'est à dire ?

Je ne suis pas favorable au projet Polonais contre l'avortement, mais je constate que chaque fois qu'un gouvernement de droite prend une mesure allant à l'encontre de la post-modernité, on l'accuse de faire « un bond en arrière » ou de « revenir en arrière ». Étrange lieu commun. Que signifie en effet « revenir en arrière » ? Puisque l'histoire n'est pas linéaire mais par exemple une succession d'apogées et de déclins de grands empires structurant le monde. Gustave Thibon écrivait que « aller dans le sens du vent est une ambition de feuille morte ». A-t-on déjà vu un révolutionnaire ou un dissident être en conformité avec son époque ? Ce qui permet de dire de quelqu'un qu'il est en avance sur son temps, c'est lorsque ses idées ont triomphé, sinon on l'oublie. Il serait plus juste de dire que certaines idées sont « dans l'air du temps », au sens où les sociétés sont mues par des idées-forces à un temps t. Qu'on regarde les masses islamiques, se recroquevillant de plus en plus sur le salafisme, les occidentaux, se tournant de plus en plus vers « les populismes » et on comprendra qu'effectivement bien loin d'être linéaire, comme le souhaitent les progressistes, l'histoire est assez complexe. A l'ère des masses, encore plus. On ne revient de toute façon jamais en arrière dans l'histoire, les « restaurations », « réformes », et autres tentatives de faire « comme avant » se sont toutes soldées par des échecs cuisants. C'est ce qui amène Dominique Venner à écrire que « la tradition, ce n'est pas le passé, c'est ce qui ne passe pas ». Le plus amusant avec les progressistes, c'est qu'ils ont récupéré le pire d'un monothéisme qu'ils brocardent, sans en conserver le meilleur. Il ont conservé la vision linéaire de l'histoire, mais en détruisant les éléments de verticalité et d'élévation que comporte la religion. Leur « sens de l'histoire » n'est en réalité qu'une longue agonie de l'Occident vers l’abîme.

Dossier « Tabou », une victoire de la nouvelle opinion publique ?

Ayant décroché de la réacosphère/fachosphère depuis quelques semaines, je n'avais absolument pas entendu parlé du dossier tabou sur l'islam en France de Bernard de la Villardière. Je suis « tombé dessus » comme on dit, par un pur hasard, en zappant sur ma télécommande. Une autre façon de « décroître ». Intrigué par ce que je vois, je décide de regarder, on y voit Sevran, la vraie-fausse deuxième mosquée de Paris, etc... et je me dis, tiens étonnant qu'on montre ça à la télé. Le lendemain je constate alors que c'est l'emballement général sur le net. Logique. Un reportage pouvant potentiellement stigmatiser nos chances pour la France et « faire le jeu du Front National », c'est certain que ça ne pouvait que faire réagir. Chacun ayant d'ailleurs parfaitement joué le rôle qu'on attendait de lui. Les censeurs s'offusquant, les partisans des thèses identitaires et souverainistes exultant. Au milieu de tout ça je me dis quand même, que peut en penser quelqu'un de peu politisé ? Entre les attentats, l'affaire du burkini et ce genre de reportage, ça commence à faire beaucoup pour les Français moyens. D'un autre côté si ce reportage a pu être fait, c'est surtout pour ne pas laisser trop de place à la réinformation qui occupe le créneau. Si la réinformation est la seule à traiter l'islamisation, tôt ou tard, ce sont des parts de marchés qui baissent pour la presse mainstream. Avec un tel reportage, c'est l'assurance de faire des audiences. C'est au final une victoire pour la nouvelle opinion publique, comme dans l'affaire Black M, car elle pousse à parler de sujets qu'on ne peut plus mettre sous le tapis. On remarquera quand même qu'au moins Bernard de la Villardière est allé sur le terrain, qu'il s'est fait molesté, et j'en passe. Pas sûr que tous les carriéristes du journalisme ou de la politique en fassent autant. Et si bientôt les journalistes des médias « du système » recommençaient à faire vraiment leur métier ?

Sous les cailloux, le déclin de la France

Le monde des pipoles est en émoi depuis le vol à main armé subit par la starlette Kim Kardashian. C'est sans surprise aussi que beaucoup « des nôtres » ont noté qu'on ne parle jamais des anonymes qui subissent chaque jour la France Orange Mécanique. Mais encore une fois j'aurais tendance à prendre le contre-pied des réactions brocardant Kardashian au nom du « petit peuple » victime de la criminalité et de l'insécurité. Car, en admettant que ce ne soit pas une vaste arnaque à l'assurance, la situation dont a été victime Kim Kardashian, et quoi qu'on pense de la diva bling-bling, n'aurait de toute façon jamais dû se produire ! Paris ce n'est pas Soweto ou Rio ! Paris c'est encore Amélie Poulain au cinéma... Les visiteurs étrangers, qu'ils soient du show-biz ou de simples lambdas perçoivent bien la décrépitude de notre pays. La baisse de 53% de la fréquentation des touristes asiatiques en est une preuve cinglante... On se souviendra aussi des déclarations du chanteur des Eagles of Death Metal sur l'absence de réaction des Français face à la brutale attaque de leur pays par des salafistes. Lui qui a été privé de Rock en seine pour ses propos après avoir subi l'horreur du Bataclan... Sauf pour des motifs révolutionnaires, un peu à la Robin des bois, on ne voit pas au nom de quoi quelqu'un devrait se faire braquer et dérober ses cailloux. Le populisme de bas étage doit parfois s'effacer. Le problème ce n'est pas le traitement médiatique de l'affaire Kardashian, le problème c'est que Paris devient une ville de plus en plus dangereuse, comme dans certains pays en développement.

Jean/C.N.C.

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08/10/2016

7 films à voir ou à revoir sur la Drogue

 Et si la drogue venait à disparaître ? En Amérique du Sud, en Asie, la production de cocaïne, héroïne et cannabis connaît une baisse constante. Certes, de nouvelles drogues font leur apparition mais, globalement, la tendance se révèle être à la baisse. La lutte contre les cartels de Colombie et du Mexique semble enfin porter ses fruits tandis que les pressions internationales s'accentuent sur les pays producteurs du centre asiatique dont les gouvernements semblent prendre le problème à bras le corps. Egalement dans le reste du monde. Moyennant contreparties, ça aide... A l'exception de l'Amérique du Sud et contre toute attente, les producteurs de stupéfiants n'opposent pas la résistance la plus farouche. Plus particulièrement en Afghanistan, au Pakistan, en Iran, en Turquie, en Egypte, au Maroc, au Kenya, au Burkina Faso ou au Nigéria. Oh !... pas par philanthropie rassurez-vous ! Quelles sont les nouvelles marottes des narcotrafiquants ? Le trafic d'armes ? Trop cher et dangereux ! La fausse monnaie ? Les organes ? Trop contraignant ! Non, le top du top, le nec plus ultra aujourd'hui, c'est le trafic d'êtres humains. La prostitution direz-vous alors ? Mais c'est que ça coûte cher de loger, nourrir et soigner des damoiselles. Quel trafic d'êtres humains alors ? Curieuse coïncidence ? Les Etats mentionnés plus haut calquent quasi-parfaitement ceux concernés par le déferlement migratoire, pays d'émigration ou de transit, qui sévit et s'accentue sur notre vieux continent. C'est pratique des migrants. Pas de stockage, pas de coûts de production. Juste quelques frais logistiques et encore... la marchandise n'est pas regardante. Etablir ce lien est-il signe de pensée démente ? En réalité, pourquoi les trafiquants se priveraient-ils d'abandonner les trafics traditionnels pour d'autres transactions tout aussi juteuses et moins risquées ? Car les nouveaux clients des dealers ne sont autres que les nouvelles élites négrières. Avouons que ça change du junkie obligé de faucher un téléphone pour se payer sa dose ! Gouvernants et financiers se délectent de voir arriver la marchandise en quantités toujours plus importantes. Les autorités sont même prestement dépêchées pour recueillir le fruit illicite des nouvelles routes de trafics internationaux. C'est un peu comme si les douaniers du port de Marseille accouraient, sourire aux lèvres et bras grands ouverts, pour demeurer ébaubis devant des containers débarquant moult cocaïne et résine de cannabis. Les migrants sonneront peut-être le glas de la came... Et si la drogue venait à disparaître, arrêterions-nous pour autant d'être tous des toxicomanes en puissance ? Car si la drogue est un produit de synthèse, que d'autres sont les additifs alimentaires comme la cellulose microcristalline E460 contenue dans cette délicieuse saute risotto que vous appréciez tant ou l'acide benzoïque E210 qui fait de vos raviolis préférés un véritable délice pour vos papilles ? Le junkie du coin de la rue est juste un peu plus drogué que les autres... Il est même finalement plus traditionaliste ou conservateur ! Plus de dealers, plus de drogues, l'empoisonnement légal est devenu obligatoire ! Tels des hackers qui conceptualisent des virus pour mieux vendre l'anti-virus, Monsanto crée des cancers qu'entretient Bayer, bailleur de fonds du nouveau cartel supranational qui se dessine. Bayer rachète donc Monsanto. Si Pablo Escobar avait épousé Al Capone, on ne serait qu'à des années lumières de ce mariage criminel. La lune de fiel, c'est vous qui la payez ! Récapitulons ! Des trafiquants convoient des migrants pour travailler à bas salaire dans des usines, pour certaines participant de l'empoisonnement général de la population mondiale. La boucle est bouclée. Schéma simpliste ? Tant pis ! Snif...

 

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L'HOMME AU BRAS D'OR

Titre original : The Man with the golden arm

Film américain d'Otto Preminger (1955)

A Chicago, Frankie Machine est croupier dans le tripot clandestin de Schwiefka. Sa femme Zosh demeure prisonnière de son fauteuil roulant, les deux jambes paralysées, après un accident dont le croupier est responsable. Evidemment, elle ne manque pas de lui en vouloir. Pour s'extirper de son infernal quotidien, Machine a sombré dans la dépendance à la morphine. De retour dans le foyer après une énième cure de désintoxication, il manifeste un désir ardent de changer de vie et devenir batteur dans un orchestre de jazz, après s'être essayé à l'instrument en cure. Mais le toxicomane a le plus grand mal à décrocher ; tenu qu'il est par son dealer Louïe auprès de qui il a contracté des dettes. Par ailleurs, Machine se sent de plus en plus troublé par sa voisine Molly qui tente de lui venir en aider pour un sevrage total. Sentant son mari s'éloigner, Zosh voit d'un mauvais œil les ambitions artistiques de son mari qui l'éloignerait du domicile, de même que son rapprochement avec la voisine...

Adaptée du roman de Nelson Algren, l'œuvre de Preminger est la première grande production hollywoodienne à évoquer le sujet de la toxicomanie et les ravages qu'elle engendre. La drogue, ce sujet alors tabou aux Etats-Unis... C'est sans surprise que la censure y mit sa pincée de poudre en refusant le visa de sortie d'un film jugé immoral. Un film qui a bien évidemment vieilli au regard des productions contemporaines. L'Homme de Preminger montre une vision trop feutrée des prises de drogue et la réalisation sombre trop souvent dans le mélodrame le plus effroyable. Il n'en reste pas moins que sont tout simplement génialissimes les séquences de sevrage du héros, magistralement interprété par Frank Sinatra dont l'investissement fut total. Une valeur sûre du cinéma noir américain à la mise en scène brillante.

 

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LAS VEGAS PARANO

Titre original : Fear and loathing in Las Vegas

Film américain de Terry Gilliam (1998)

1971, le journaliste Raoul Duke roule en direction de la ville du péché, accompagné de son avocat Maître Gonzo. Duke est chargé par sa rédaction de couvrir la célèbre course de motos des 400 miles qui se double d'une grande fête populaire. Les deux acolytes sont effectivement parfaitement disposés à goûter à tous les plaisirs stimulants, emmenant avec eux un large panel de stupéfiants: cocaïne, marijuana, poppers, mescaline et autres psychotropes. Profondément immatures, l'avocat et le journaliste refusent la mort de l'Amérique insouciante des années 1960 et le retour d'un certain puritanisme. Défoncés aux acides, le duo ne manque pas d'attirer l'attention sur eux dès leur arrivée à l'hôtel. Leur état ne s'améliore guère le lendemain et jour de la course. Pénible est le réveil au troisième jour, à plus forte raison lorsque Duke constate que la chambre d'hôtel est saccagée et que Gonzo a repris l'avion en direction de Los Angeles. Duke prend la fuite à son tour mais la police a tôt fait de le rattraper...

Séparé des Monty Python, Gilliam passe seul derrière la caméra et entreprend l'adaptation au cinéma du roman Fear and loathing in Las Vegas : A savage journey to the heart of the American dream de Hunter S. Thompson. Si Johnny Depp et Benicio del Toro se montrent à la hauteur et sauvent la réalisation du naufrage total, Las Vegas Parano ne réjouira que les bas de plafond se complaisant dans cette succession fatigante de délires hallucinatoires de peu d'intérêt. Le film ne manque pourtant pas d'égratigner le consumérisme et l'impérialisme américain au Viet Nâm, mais le tout est noyé dans un psychédélisme confus et outrancier. Cuisant échec commercial lors de sa sortie, le film devint culte peu après pour une raison que le cinéphile ignore. La bande originale, en revanche, vaut un long détour jusque la Cité du vice.

 

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MARIA, PLEINE DE GRÂCE

Titre original : Maria full of Grace

Film américano-colombo-équatorien de Joshua Marston (2004)

Elle est belle Maria, cette jeune colombienne de 17 printemps ! Elle est belle et elle se désespère d'étouffer dans sa petite ville de la banlieue de Bogota. Maria Alvarez est tellement belle qu'elle n'aura pas tardé à succomber à l'amour. Maria est belle et enceinte de trois mois d'un piètre mécanicien peu enclin à se soucier de son avenir. Maria vit chichement dans une petite maison surpeuplée de rien moins que sa mère, grand-mère, sœur et son neveu. Au sein de la maison, notre Cendrillon latina est exploitée par sa famille avec les tâches ménagères autant que par son employeur dans la plantation de roses dans laquelle elle travaille. Maria n'a qu'un rêve : fuir sa vie pour en commencer une autre. Elle rencontre Franklin et Javier. Les deux hommes constituent une fantastique opportunité pour aider la belle à quitter la Colombie. Mais Javier est un narcotrafiquant qui transforme Maria en mule, chargée de convoyer aux Etats-Unis 70 boulettes de cocaïne dans son estomac. Elle est belle Maria...

Au péril de leur vie, les mules franchissent les douanes l'estomac chargé de sachets compressés de cocaïne. La moindre fissure de l'un d'eux, et c'est l'overdose assurée. Le moindre doute des douaniers, et ce sont de longues années passées à l'ombre des barreaux. L'on sent immédiatement que le réalisateur américain n'a pas pris le sujet à la légère et ne manqua pas de recueillir de nombreux témoignages pour augmenter la crédibilité de son film. Et c'est parfaitement réussi ! Cette réussite, on la doit aussi à la gracieuse Maria, pleine de Grâce. Et puisque Maria est belle, citons Catalina Sandino Moreno qui campe brillamment son rôle de jeune femme aussi libre que fragile et innocente, et rêveuse d'une autre vie. La scène lors de laquelle Maria ingurgite, selon un processus strict car vital, chaque boulette de cocaïne qui va accompagner plusieurs milliers de kilomètres durant son fœtus, est une merveille de cinéma. Un film d'une force extraordinaire à voir absolument.

 

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OUBIER PALERME

Titre original : Dimenticare Palermo

Film italien de Francesco Rosi (1989)

Carmine Bonavia se déclare candidat à la mairie de New York. La lutte contre le trafic de drogue constitue le thème principal du candidat d'origine sicilienne. Au cours de sa campagne électorale, Bonavia rencontre Gianna, une jeune journaliste italienne qui lui suggère au contraire de mener son combat contre la drogue par le prisme d'une légalisation qui ruinerait la Mafia. De même, Gianna lui conseille de se rendre à Palerme. Immigré de la deuxième génération, Bonavia n'a d'ailleurs pas oublié ses racines îliennes. Aussi, l'homme politique décide-t-il de joindre l'utile à l'agréable en suivant les conseils de la journaliste et en profitant des charmes palermitains lors de son voyage de noces avec sa jeune épouse Carrie. Le piège tendu par Gianna se referme sur Bonavia bientôt accusé du meurtre d'un jeune vendeur de fleurs. Tenant entre ses mains la carrière politique de Bonavia, Cosa Nostra enjoigne au candidat d'accepter un marché...

Valeur sûre du cinéma transalpin, Rosi est au crépuscule de sa carrière lorsqu'il transpose à l'écran le roman éponyme d'Edmonde Charles-Roux. Cinéaste engagé, le caractère du réalisateur s'émousse dans cet avant-dernier long-métrage. Plusieurs curieux raccourcis mêlés à quelques invraisemblances gâchent quelque peu un film puissamment porté par la musique d'Ennio Morricone. L'idée est pourtant plaisante : un métrage sur la drogue et la Mafia qui se double d'une quête identitaire d'un homme déraciné souhaitant renouer avec l'île que son père a quitté pour s'extirper du contexte lourd de violence qui gangrène la Sicile. L'on s'y perd quand même un peu parfois et le thème de la Mafia est mieux traité dans nombre d'autres films. Palerme est en revanche superbement représentée par le cinéaste. Pas le meilleur Rosi mais du Rosi quand même.

 

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REQUIEM FOR A DREAM

Film américain de Darren Aronofsky (2000)

Héroïnomane notoire, Harry Goldfarb ne fait rien de ses journées qu'il laisse filer en compagnie de sa petite amie Marion et de son ami Tyrone. Perpétuellement dans le nirvana, le trio espère une vie meilleure, très différente de celle qui se dessine à court terme tant il s'enfonce toujours plus dans le désespoir. En matière d'addiction, Harry est allé à bonne école. Sara, sa mère, souffre d'une autre drogue : la télévision. Veuve depuis de nombreuses années et vivant seule à Coney Island, elle n'a pour seul compagnon que son petit écran. Sara en est certaine ! Elle participera un jour à son émission préférée. Afin d'épouser au mieux les codes esthétiques de la télévision, la mère juive s'astreint à un régime draconien, composé de pilules amphétaminées, pour revêtir le jour J sa plus belle robe rouge. Les rares sorties de Sara l'amènent chez le prêteur sur gage. Elle aime son fils bien que celui-ci ne cesse de déposer son écran chez le prêteur pour se payer ses doses. Chacun à leur manière, ils vont connaître l'enfer...

Là encore, le réalisateur s'inspire d'un roman, cette fois-ci de Hubert Selby. Clint Mansell signe une des meilleures musiques de tous les temps pour ce film merveilleusement sordide ! Qui a vu Requiem en conserve un souvenir indélébile. Jamais le détail de l'existence explosivement terne d'un drogué n'a été montré avec autant de force que par Aronofsky qui use et abuse de tous les effets stylistiques modernes du cinéma. Rien ne semble pouvoir détourner les protagonistes de l'abîme destructeur dans lequel ils plongent progressivement. Les corps se désirent puis se décharnent. Marion se prostitue pour une simple dose. Le sang ne coule plus dans le bras gangréné de Harry. Sara s'inflige les pires tortures pour quelques minutes de gloire espérées à la télévision. La dernière demi-heure est un sommet hallucinant et hallucinatoire du cinéma. Bref un film magistral et éprouvant sur la toxicomanie au point qu'il demeure un sujet d'étude en faculté de psychologie.

 

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TRAINSPOTTING

Film anglais de Danny Boyle (1996)

Edimbourg dans les années 1990. Au chômage, Mark Renton a l'existence confuse de tout junkie qu'il est. Il peut difficilement compter sur ses amis pour le remettre dans le droit chemin. Lors de ses moments de lucidité, il se dit qu'il lui serait profitable de se séparer d'eux : Spud, un crétin encore plus héroïnomane que lui, Sick Boy le fan de James Bond, Tommy, ex-gars bien sous tous rapports, qui sombre dans la drogue maintenant qu'il a été plaqué par sa petit amie et Begbie. Si ce dernier est clean niveau drogue, il compense par une alcoolémie aiguë et d'inqualifiables crises de démence violente. Oui, pour Renton, décrocher de la drogue est synonyme de se séparer de ses douteux camarades. Tant bien que mal, le renaissant parvient à se sevrer et découvre d'autres plaisirs auprès de Diane, lycéenne délurée. Découvrant qu'elle n'est âgée que de quinze ans, Renton veut la quitter mais l'adolescente menace de le dénoncer. Autre vie, autres ennuis qui se cumulent bientôt aux précédents. Car le démon de l'héroïne réapparait...

Quand il n'a rien de mieux à faire, un trainspotter, ferrovipathe en français, observe les mouvements de locomotives et wagons dans les gares. Irvine Welsh est l'auteur du roman éponyme transposé à l'écran par Boyle qui lance la carrière d'Ewan McGregor au cinéma. Faisant s'alterner comédie et voyeurisme tragique, le cinéaste dépeint le quotidien d'une fine équipe de toxicomanes dans une Ecosse désenchantée, touchée de plein fouet par le chômage. L'on rit souvent à la vue de ces pieds nickelés finalement plus bêtes que méchants. Et l'on ressent un profond malaise en voyant le corps bleu de ce bébé mort faute de soins d'une mère qui ne fut pas héroïne. Lorsque le réalisateur se rend coupable de présenter le shoot comme un orgasme multiplié par mille, c'est pour mieux faire redescendre le spectateur à la glauque réalité. Un film dur, fort bien fait et sans concession. De New Order à Blur, la bande originale sonne bien.

 

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UN MAUVAIS FILS

Film français de Claude Sautet (1980)

Bruno Calgagni rentre en France après un long séjour de six années aux Etats-Unis. Condamné là-bas à cinq ans de pénitencier pour trafic d'héroïne, il n'aura guère eu le temps de faire du tourisme. Sa pauvre mère n'aura pas survécu à la douleur d'un fils emprisonné. Dès son atterrissage à Roissy, il est informé par la police des contrôles auxquels il devra se plier. Ouvrier dans le bâtiment, son père René accueille bon gré mal gré Bruno au sein du foyer familial parisien mais la situation se dégrade aussitôt ; le paternel accusant le fils du suicide de son épouse. Sur le chemin de la repentance, Bruno trouve un emploi temporaire de manutentionnaire. C'est ensuite dans une librairie que Bruno travaille. La librairie, tenue par l'homosexuel Adrien Dussart, réinsère plusieurs toxicomanes. Bruno y fait la connaissance de Catherine. Un soir de déprime, le couple replonge...

Du grand cinéma français ! Sautet nous avait habitué à croquer la bourgeoisie avec la plus grande acerbité. Il s'attache désormais au prolétariat. Que dire de ce film si ce n'est qu'il est tout ce que le spectateur recherche ? Profond, sobre, touchant, bien filmé, bien joué. Yves Robert est magistral, Jacques Dufilho extraordinaire et le couple Brigitte Fossey - Patrick Dewaere fonctionne à merveille. Un rôle malheureusement de composition pour le plus grand écorché vif du cinéma français adulé par ses compatriotes, détesté par l'intelligentsia culturelle et la critique. Au point que son nom fut supprimé de la distribution du film dans plusieurs journaux et remplacé par les initiales P.D. Dewaere avait commis le crime de lèse-majesté de frapper un journaliste qui l'avait trahi et révélé le secret de son prochain mariage. Raison de plus pour aimer Dewaere !

Virgile / C.N.C.

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03/10/2016

Chronique de livre: Varg Vikernes « Magie et religion en ancienne Scandinavie »

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Varg Vikernes, Magie et religion en ancienne Scandinavie

(Editions du Rubicon, 2016)

 

Connu avant tout pour son projet musical Burzum (dont les premiers albums ont été l'une des drogues de ma jeunesse), Varg Vikernes est aussi l'auteur de quelques livres dont le dernier en date, Sorcery and religion in ancien Scandinavia, vient d'être traduit en français. C'est grâce aux bons soins des éditions du Rubicon, réputées pour la qualité de leurs parutions (Casapound ; une terrible beauté est née et La jeunesse au pouvoir notamment) que le public francophone peut enfin découvrir les écrits du plus sulfureux des musiciens de (Black) Metal. Sulfureux ? Oui, Vikernes l'est indubitablement par son rejet du monde moderne et sa défense de l'Europe, tant culturellement que racialement.

Vikernes étudie depuis des années la mythologie, le folklore (dont les contes de fées qui sont « les histoires païennes qui ont le plus longtemps perduré en Europe ») et les traditions nordiques. Il livre dans Magie et religion en ancienne Scandinavie le résultat de ses recherches et analyses personnelles. Loin d'être une simple synthèse sur le sujet, cette étude se singularise par son originalité, loin des canons universitaires. Le lecteur est mis en garde dès le début : il lui faudra « ouvrir son esprit et accepter l'inexactitude de ce qu'il connaît déjà ». Il devra par ailleurs avoir de sérieuses notions de mythologie nordique car un novice pourrait se retrouver noyé sous la profusion des informations contenues dans certaines parties du livre.

Si, comme son titre l'indique, Magie et religion en ancienne Scandinavie, se focalise sur les croyances et la culture du nord de l'Europe, Varg Vikernes considère que « toutes les tribus de l'Europe antique avaient initialement la même religion ». A cet égard, on lira avec attention les pages où sont décrites les évolutions des croyances de l'homme du néolithique. A la base, celui-ci « ignorait presque tout du monde dans lequel il vivait ». Il observa la nature et essaya progressivement de comprendre les forces et esprits qui composaient celle-ci. C'est ce qui lui permit peu à peu de passer de l'animisme puis de la magie à une religion à proprement parler. La religion, c'est le moment où l'homme commence à prier les esprits pour leur demander de l'aide; il ne tente plus de les contrôler par la magie (même si celle-ci perdura sous certaines formes). Dès lors, « les esprits de la nature, omniprésents et impersonnels, devinrent des divinités anthropomorphes » auxquelles on donna des noms. Ces derniers divergent selon les endroits car c'est à cette époque que se développèrent des langues légèrement différentes d'une région à l'autre de notre continent (le terme indo-européen n'est, curieusement, pas employé).

Etudiant nombre de composants de l'ancienne religion nordique (des fêtes aux runes en passant par la Völuspá dont l'interprétation courante est, selon lui, « incorrecte »), Vikernes entend avant tout, par cet ouvrage, aider les Européens conscients à comprendre leur héritage et à retrouver leurs racines car : « Tous les peuples d'Europe ont les mêmes racines. Nous venons des mêmes. Nous sommes les mêmes. »

« La magie et la religion de l’Europe antique sont les fondements sur lesquels notre culture et notre civilisation se sont édifiées. Nous en voyons les traces tout autour de nous, dans chaque chose que nous faisons, construisons et dont nous nous entourons, ainsi qu’en nous-mêmes. Il est temps de nous en rendre compte et d’en prendre la juste mesure. »

Pour l'auteur, étudier les anciennes croyances européennes sert en outre à nous remémorer une chose fondamentale: notre culture est basée sur l'honneur. « De toutes nos anciennes croyances, il s'agit peut-être de celle que nous devons nous rappeler et mettre en valeur aujourd'hui, et qu'il nous faut porter avec nous pour l'avenir. » On ne saurait lui donner tort... à qui ce mot (cette conception de la vie) parle-t-il encore ?

Rüdiger / C.N.C.

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