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16/06/2014

Chronique musicale: Mayhem "Esoteric Warfare"

Mayhem "Esoteric Warfare" (Season of Mist, 2014)

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Mayhem fait partie de ces légendes du monde de la musique qui ne laissent personne indifférent. Précurseur du son et de l’éthique/esthétique de la seconde vague du Black metal , le groupe créé en 1984 par Øystein Aarseth (alias Euronymous) devient vite la locomotive de la scène métal extrême Norvégienne.  Le groupe sent le soufre : attitude extrême, rébellion contre le christianisme ou encore têtes de cochons empalées sur des piques durant les concerts. La scène extrême locale comprenant des groupes autrefois pratiquant un style Death metal vont, sous l’influence d’Euronymous et de Mayhem, se tourner vers le Black metal et la philosophie radicale qui le caractérise. Une série d’incendies d’églises embrase alors la Norvège, suscitant une vive émotion à travers tout le pays. Cette société au niveau de vie très confortable s’apprête à découvrir une jeunesse qui rejette ses codes et sa morale chrétienne, le tout mêlé à un satanisme qui reste cependant très puérile et provocateur. Les évènements s’accélèrent et tournent au drame quand Varg Vikernes, tête pensante de Burzum, tue Euronymous une nuit d’aout 1993. Varg est condamné à 21 ans de prison et le groupe cesse ses activités. Néanmoins Mayhem va renaitre de ses cendres sous l’impulsion du batteur Hellhammer et du bassiste Necrobutcher qui font appel à l'un de leurs anciens chanteurs, Maniac, et au guitariste Blasphemer. « Wolf’s lair Abyss » sort en 1998 et s’en suivra plusieurs albums. Le style du groupe a évolué, empreint d’expérimentations soniques et d’influences electo/industrielles. Le groupe a tourné la page, le vieux Mayhem n’est plus.

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« Esoteric Warfare » nous arrive après une attente de sept longues années et fait suite à « Ordo Ab Chaos » l’album qui marqua le retour d’Attila Csihar (le chanteur qui eut la lourde tâche de remplacer Dead sur l’album « De Mysteriis Dom Sathanas »). Le guitariste Blasphemer a, quant à lui, quitté le groupe après 13 années de service et c’est Teloch (Nidingr, Gorgoroth, Orcustus, Umoral) qui se charge dorénavant de la six-cordes. Nombreux sont les fans (ceux de la première heure surtout) qui attendaient un retour en arrière salvateur de la part de Mayhem et force est de constater que ce revirement n’est pas à l’ordre du jour. En effet Mayhem persiste dans la ligne directrice qu’il s’était donné sur l’album précédent sans pour autant faire du sur place ; mieux: il aiguise son style. Tout d’abord le groupe a opté pour une production différente, beaucoup moins brouillonne que celle de son prédécesseur, où chaque instrument est parfaitement audible. La guitare de Teloch est tour à tour acérée, tour à tour aride. Son jeu irréprochable est indéniablement marqué par celui de Blasphemer, assurant une continuité quasi parfaite, alternant riffs assassins typiquement Black metal et arpèges sinistres rappelant la scène Black metal orthodoxe (Ondskapt, Malepeste voire Deathspell Omega).  Necrobutcher reste solide comme un roc avec sa basse et soutient l’ensemble des compositions avec une certaine discrétion. Côté batterie la prestation de Hellhammer est une de fois plus impressionnante: blast beats, double pédale hyper sonique, le tout avec ce style reconnaissable entre mille. Celui qui est considéré par beaucoup comme le meilleur batteur de la scène Black metal jouit (enfin !) d’un son de batterie beaucoup plus organique que sur les précédents albums qui avaient tendance à sonner très synthétiques, pour ne pas dire plastiques. Enfin, Attila délivre une nouvelle fois une performance vocale qui pousse toujours plus loin la limite de ses cordes vocales avec des cris inhumains, des "growls" caverneux au possible et des déclamations de texte très théâtrales. Son style ne fait pas dans la demi-mesure c’est le moins qu’on puisse dire mais il se révèle être terriblement efficace dans les moments où l’atmosphère et l’ambiance priment sur la violence pure. On peut distinguer deux types de chansons sur « Esoteric Warfare ». D’un côté des morceaux haineux et rentre dedans tel le single « Psywar », « Throne of time » ou « Trinity » qui sont très efficaces tout en gardant ce côté maléfique caractéristique du groupe. De l’autre, on a des morceaux plus mid tempo basés sur l’ambiance et malheureusement, en dépit de quelques passages savoureux à vous glacer le sang (« Corpse of care », « Posthuman »), ces derniers ne décollent pas vraiment et peuvent à la longue s’avouer pénibles car souffrant de certaines longueurs inutiles… Les expérimentations et autres bidouillages sont nettement moins présents, même si un sample, un effet, voire un clavier très discret apparait çà et là s’intégrant parfaitement à la musique du quatuor.  


Au final « Esoteric Warfare » ne déçoit pas mais ne transcendera pas non plus l’auditeur. Bien que la musique de Mayhem soit plus concise, ne vagabondant plus dans des expérimentations laborieuses, elle reste coincée entre un lourd héritage, qui fit sa renommée et l’unanimité chez les fans, et une volonté de repousser les limites, quitte à déboussoler et à perdre en efficacité. Néanmoins, malgré quelques imperfections qui subsistent, le groupe semble être sur la bonne voie, la qualité de « Esoteric Warfare » l’atteste indéniablement, et il se doit d’être souligné que Mayhem est toujours là, envers et contre tout, quand bien des groupes de la scène Norvégienne sont tombés en désuétude face au déluge de groupes qui inondent de nos jours la scène Black metal. 

Antoine/C.N.C

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12/06/2014

De la contradiction interne ou le moment de faire un choix

De la contradiction interne ou le moment de faire un choix

« Tous les « nationaux » ont leur bon gaulliste, leur bon technocrate, leur bon ministre. Cédant à un vieux réflexe bourgeois, ils redoutent « l’aventure » et le « chaos ». Pour peu qu’un homme du régime agite le drapeau, ils lui donnent leur confiance. Ils préfèrent le confort de l’aveuglement à la lucidité. Le sentimentalisme et l’esprit de clocher prennent toujours le pas sur le raisonnement politique. Dans l’espoir niais de satisfaire tout le monde, ils se refusent à prendre parti et ne satisfont personne. »

Cette citation est la marque de Dominique Venner qui fut l’objet il y a une semaine d’un colloque éponyme, et où, le même jour des Lapins Crétins perturbèrent le meeting chrétien-démocrate européiste de Christine Boutin. Un an après la disparition du « Samouraï d’Occident » et les différents événements liés au Mariage pour Tous, il semble nécessaire d’approfondir la séparation entre « nationaux » et « nationalistes », autrement dit, appliquer la contradiction interne.

Un an après les manifestations et actions liées au Mariage pour Tous donc, il faut arrêter de seulement parler. C’est d’ailleurs la réflexion d’Alain de Benoist dans un article, « On ne fait pas la révolution avec des gens bien élevés », article faisant écho aux propos de Dominique Venner. J’en veux pour preuve l’Avenir pour Tous de Frigide Barjot, le Centre Catholique d’Etudes Politiques (sic !), Sens commun (re-sic !), l’Ecologie humaine et toutes les tartes à la crème libérales et chrétiennes-démocrates qui ont voulu s’approprier ces thèmes de combat pour grossir leurs rangs tout en jouant la carte mystificatrice du combat politique porteur de sens.

Provoquer la contradiction interne, c’est appeler les militants à faire un choix, soit être des « nationaux » soit être des « nationalistes », il n’y a pas de demi-mesure à ce sujet. C’est impossible. Il en va du raisonnement politique et même de toute politique sur le court, ou le long terme si nous souhaitons appliquer nos principes politiques.

Mais voilà, la bureaucratie et la suffisance catho-bourgeoise sont passées par là. S’appuyer sur le droit naturel, dénoncer la marchandisation des corps et le transhumanisme, en clair, être radical dans ses propos mais pas dans ses actions et dans ses convictions font partie du jeu des libéraux-nationaux qui souhaitent élargir le champ de leur offre politique, après avoir constaté leurs échecs modérés faits de compromissions, à tel point qu’il est patent que les nouveaux militants catho-bourgeois sont des prostituées qui vendent leur principes pour de l’argent dans la peur de rester marginal politiquement mais avec des convictions.

Les partis et hommes politiques nous ont, à de multiples moments, fait preuve de lâcheté, d’hypocrisie et pusillanimité. Pourtant, la sauce à l’air de marcher. Tout simplement parce que la suffisance catho-bourgeoise se complait dans le confort et abhorre « l’aventure » politique comme le notait déjà malheureusement Dominique Venner il y déjà une cinquantaine d’années !

Le combat radical que nous menons aujourd’hui est un combat raisonné, radical et jamais extrême, tempéré et jamais modéré, mais il est un combat présent et permanent, qui ne souffre d’aucune compromission. On ne peut par exemple se définir comme démocrate-chrétien et mener une politique européenne libérale, c’est un non-sens absolu. Il faut aussi accepter les moyens et les fins du militantisme radical, qui vont bien au-delà du « politiquement incorrect » de salon ainsi que de l’image de droite forte des jeunes filles et jeunes hommes de petite vertu politique, pour ensuite porter leur choix vers la lâcheté incarnée institutionnellement par les partis en présence.

Mais dès qu’il faut être sérieux, dès qu’il faut sortir du politique ludique et festif, d’être englué dans la société du spectacle, c’est-à-dire, dès que les ballons bleus et roses des manifestations abrutissantes par leur musique électronique, et les différents rassemblements proto-mondains, que reste-t-il des engagements ? Rien, parce que les « nationaux » sont dans l’incapacité même de comprendre et de régir ce qui va au-delà de leur suffisance.

Briller, mais pas militer. Parler, causer, mais sans oser. Alors oui, montrez-vous tel que vous êtes, mais vous comprendrez bien assez vite que sur ce point, le plus important n’est pas d’être connu mais bien reconnu. Et qu’en tant que « nationaux » vous n’aurez aucune considération de la part des « nationalistes ».

Pour conclure, Dominique Venner servira encore de référence à nos propos :

« Zéro plus zéro, cela fait toujours zéro. L’addition des mythomanes, des comploteurs, des nostalgiques, des arrivistes, des « nationaux » donc, ne donnera jamais une force cohérente. Conserver l’espoir d’unir les incapables, c’est persévérer dans l’erreur. Les quelques éléments de valeur sont paralysés par les farfelus qui les entourent. Le jugement populaire ne s’y trompe pas. Aussi font-ils un mal considérable au Nationalisme avec lequel ils sont fréquemment confondus. Ils font fuir les éléments sains et tarissent tout recrutement de qualité.

Avec eux, il ne peut être question d’union. Il faut, au contraire, proclamer les différences fondamentales qui les séparent du Nationalisme. Les farfelus doivent être impitoyablement écartés. A cette condition, il sera possible d’attirer des éléments neufs, des partisans efficaces. »

Alexis/C.N.C

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10/06/2014

Entrevue du C.N.C. #10: Vincent Vauclin

Entrevue du C.N.C. #10: Vincent Vauclin

Vincent Vauclin est le fondateur et le coordinateur national de la Dissidence Française, mouvement   fort intéressant avec qui nous partageons nombres d'analyses. Cette entrevue permettra au lecteur de mieux connaître la Dissidence Française ainsi que Vincent Vauclin, qui a déjà publié deux livres ("Cendres" et "Putsch") que nous avions recensés il y a quelques mois.  

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1. Le C.N.C.: Qu’est-ce qui, dans votre parcours personnel, vous a amené vers vos positions actuelles et vous a poussé à vous engager sur un plan politique ?

V.V.: A l'instar de nombre de camarades issus de l'extrême-gauche, mon cheminement suit plusieurs étapes : la base, c'est la prise de conscience de classe. C'est-à-dire la prise en compte des facteurs socio-économiques et des convergences d'intérêts qui impliquent un rapport de force constant entre exploiteurs et exploités. 

La suite logique, c'est l'analyse du système de domination, de la superstructure du capitalisme contemporain, et des rouages du processus d'aliénation qui permettent son hégémonie : à ce stade, l'influence de certains anarchistes fut pour moi assez déterminante, et la lecture du pamphlet L’insurrection qui vient marqua véritablement un tournant. 

Dès lors, je me situais dans une démarche militante qui impliquait déjà la formation d'une avant-garde révolutionnaire destinée à créer les conditions du « grand soir » insurrectionnel durant lequel les masses inverseraient le rapport de force.

C'est à cette époque que la contestation contre la réforme des retraites de Sarkozy prenait de l'ampleur : les premiers blocages de dépôts de carburant s'amorçaient et je voyais là une occasion à saisir. Avec enthousiasme, j'ai participé à cette mobilisation qui, au bout de deux semaines, donnait déjà des résultats encourageants : pénurie générale de carburant, manifestations, files d'attente aux stations d'essence, ambiance tendue, gouvernement discrédité etc... La gauche radicale était en effervescence, on sentait qu'une brèche s'était ouverte. Et puis rien. Les syndicats majoritaires (la CGT en tête) lâchèrent les travailleurs aux moments précis où la situation pouvaient enfin basculer. Les raffineries reprirent progressivement leurs activités, les derniers foyers de contestation furent balayés par les CRS, et le gouvernement Sarkozy sortit renforcé de cet épisode en bénéficiant in extremis du soutien officieux des centrales syndicales majoritaires. 

Ces événements catalysèrent ma compréhension de la réalité des rapports de forces et, surtout, de leur complexité. Dès lors, j'abandonnais la lecture simpliste et inefficiente de l'orthodoxie marxiste. Je comprenais le leurre que constituais « le mythe du grand soir », et celui de la bienpensance cosmopolite véhiculée par l'internationalisme gauchiste, caution morale de la politique immigrationiste du Capital. Les partis et syndicats d'extrême-gauche, des mouvements révolutionnaires ? Non, des rouages, parmi d’autres, de la machinerie capitaliste, intégralement sous contrôle, endoctrinant, noyautant et neutralisant tout élan contestataire. L'oligarchie, un simple ensemble d'intérêts économiques interdépendants ? Non, une caste communautaire qui travaille activement à la dissolution de la France, non seulement sur le plan économique, mais également et surtout sur le plan social, moral, culturel, et ethnique. La gauche libérale et la droite financière sont les deux mâchoires d'une même tenaille qui se referme sur notre civilisation. La subversion morale précède la domination du Capital. L'anéantissement des structures traditionnelles de notre pays fait le lit de sa dissolution ethnique. C'est la lutte finale, camarades ? Certes, mais certainement pas celle que vous croyez...

 

2. Le C.N.C.: Vous êtes le fondateur de la Dissidence Française. Pouvez-vous présenter votre mouvement à nos lecteurs et en dégager les objectifs fondamentaux ?

V.V.: La Dissidence Française est le mouvement de riposte radicale à l’idéologie libérale et cosmopolite. C’est une force qui se construit depuis plus de trois ans maintenant, et qui poursuit une action à la fois militante et métapolitique en ouvrant des fronts nouveaux. Notre organisation formule une synthèse des différents courants de ce que l’on pourrait appeler la mouvance « dissidente » ou « non-conforme », rassemblant ainsi des centaines de militants issus d’horizons divers, qui partagent une même vision du monde, une même intransigeance, et une même énergie qui s’exprime dans un activisme soutenu, tout particulièrement contre ce que nous appelons « le Régime », c’est-à-dire la république des partis, des loges et des lobbies. 

Concrètement, nous avons déjà mené des centaines d’actions dans près de 40 départements : tractages, collages d’affiches, déploiements de banderoles, actions « coup de poing », manifestations, maraudes solidaires pour les SDF et précaires etc… Et tout ça, de façon autonome : la Dissidence Française n’a pas de compte bancaire, et n’a donc jamais réclamé un seul euro de don ou de cotisation à ses militants et sympathisants.

Parallèlement, nous développons une communication hyperactive sur internet et notamment sur les réseaux sociaux, nous adaptons notre communication aux exigences d’aujourd’hui, nous formulons continuellement une critique positive de la mouvance dissidente et des tendances régressives qui s’y manifestent, nous tissons des liens avec la plupart des organisations non-conformes et participons aux dynamiques de convergence contre le mariage gay, l’idéologie du genre, la pression fiscale et migratoire, le traité transatlantique et la mainmise des lobbies communautaires sur les institutions françaises et européennes. 

 

3.  Le C.N.C.: Quelles sont les formes de militantisme les plus adaptées à notre époque selon vous ? L’importance accordée aux visuels, et à l’image en général, que l’on retrouve dans votre mouvement est-elle une composante de votre manière de militer ?

V.V.: Le monde Spectaculaire-Marchand dépense chaque année des dizaines de milliards d’euros en publicités et autres campagnes marketing. Ce n’est pas pour rien. Au-delà de l’impact immédiat de ces campagnes sur les consommateurs, qui sont ainsi quotidiennement incités à se tourner vers telle ou telle marque, tel ou tel produit, il est évident qu’un tel conditionnement remplit une fonction politique et « culturelle », inoculant insidieusement l’idéologie dominante au corps social, façonnant jour après jour cet homme-masse, éternel esclave de toutes les tyrannies, sur le consentement tacite duquel repose l’ensemble du totalitarisme moderne. On notera d’ailleurs la teinte systématiquement « politiquement correcte » des campagnes publicitaires, surtout lorsque celles-ci se drapent d’un caractère subversif pour cibler, par exemple, la jeunesse : il s’agit toujours de faire l’apologie de la transgression morale, du métissage, du mondialisme, de l’antifascisme, de la « tolérance » et de je ne sais quelle autre connerie gauchisante. 

Nous ne pouvons donc tout simplement pas faire l’impasse sur la communication. La forme importe autant que le fond, et c’est la raison pour laquelle nous consacrons effectivement beaucoup d’énergie pour forger une communication à notre image : virale, jeune, efficace, avant-gardiste, dotée de ses propres codes, etc. L’idée étant de renverser, en notre faveur, « l’asymétrie communicationnelle » qui prévaut aujourd’hui. Plus clairement, le message que nous devons faire passer est le suivant : contrairement à ce qu’ils prétendent, les ringards, les moralistes, les conformistes, ce sont eux. L’avenir, la jeunesse, le changement véritable, c’est nous. Et c’est par le militantisme que nous entendons incarner et donc « vitaliser » ces principes.

 

4.  Le C.N.C.: La Dissidence Française prône l’abstention, pourquoi ? Le vote FN n’est-il cependant pas un bon indicateur – certes imparfait – pour appréhender le ras-le-bol du Français de base face au Système ? 

V.V.: Nous refusons tout simplement d’apporter notre onction démocratique à des institutions qui ne disposent d’aucune légitimité. Prenons un exemple récent : le référendum sur le Traité Constitutionnel Européen qui fut organisé en 2005. Les Français ont voté à 55% « Non ». Moins de 3 ans plus tard, le traité identique est pourtant ratifié par les parlementaires UMPS. Est-ce normal ? Est-ce acceptable ? Peut-on faire comme si cette forfaiture n’avait pas eu lieu ? Non. Quand on connait les implications considérables de la ratification de ce Traité pour notre pays, c’est tout simplement scandaleux et inadmissible. Par principe donc, nous refusons de participer à cette mascarade. Puisque le match est truqué d’avance, nous n’irons pas sur le terrain. Et considérons donc que les institutions « représentatives » ne représentent pas le peuple Français, et qu’en conséquence les scrutins qu’elles convoquent sont illégaux. L’abstention, c’est donc une façon de priver de priver le Système de son carburant électoral, de tarir la seule source de légitimité sur laquelle il peut compter. Si, comme nous, l’on considère que la « république française » n’est ni une république (puisqu’elle ne sert pas le bien commun, la res publica), ni Française (puisqu’elle est inféodée à des intérêts étrangers à ceux du peuple Français), il n’y a qu’un seul choix possible : celui de l’entrée en dissidence, de la rupture. En clair : l’abstention est un choix politique, sans doute le plus radical qui soit.

Pour répondre à la seconde partie de votre question, je dirais que le Front National est effectivement le thermomètre d’un ras-le-bol général, et que ses scores reflètent d’abord le rejet du « politiquement correct » véhiculé par les médias de masses et l’ensemble des partis parlementaires. Pour autant, je ne crois pas une seconde à un changement par les urnes, ni à une victoire décisive du Front National dans les années qui viennent. 

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5. Le C.N.C.: Dans le monde moderne, l’ennemi est partout autour de nous, sur un plan institutionnel, culturel, politique, social, national et international. Cela amène de nombreux résistants à ne pas savoir où réellement frapper, perdus face à une entité aux innombrables facettes. Que leur conseilleriez-vous d’attaquer en priorité ? 

V.V.: Notre narration collective nous échappe. La barbarie moderne s’appuie d’abord sur une vision du monde innervée des illusions qui sont quotidiennement inoculées au corps social et plongent la société dans un état de stase psychotique propice à son délitement. C’est un phénomène « kaléidoscopique » qui altère la perception de la réalité par nos contemporains et conditionne l’ensemble de leurs attitudes et comportements, introduisant des représentations éphémères qui se succèdent l’une après l’autre sans cohérence apparente. Le regard affûté y distinguera cependant des constantes qui ne relèvent pas du hasard mais bien d’un projet totalitaire. Cet état d’hébétude relève en effet d’une stratégie élaborée, socio-psychologique, de manipulation et de neutralisation (on parle « d’ingénierie sociale », de « Tittytainment »). L’avancée souterraine et métastatique de la subversion résulte de cette stratégie systémique d’immunosuppresion, et c’est la raison pour laquelle rien ne pourra être accompli en l’absence d’une décontamination identitaire préalable et d’une désintoxication idéologique radicale. C’est donc sur le front de la catharsis que nous devons d’abord nous mobiliser, c’est sur le champ de bataille de l’expiation collective que nous devons combattre, contre les propagandes de tous bords, contre l’ensemble des déviations modernes, contre ce que Philippe Muray appelait « l’Empire du Bien ». Qu’ils nous qualifient de racistes, de misogynes, de fascistes, d’antisémites, de réactionnaires, d’homophobes, d’intolérants, de tout ce qu’ils veulent : cela ne présente absolument aucun intérêt, car ils ne nous jugent qu’à l’aune de leurs néo-principes frelatés qui, tôt ou tard, seront purement et simplement démentis par le réel. 

 

6. Le C.N.C.: Quelle est votre position sur l’immigration et les populations d’origine extra-européenne présentes sur notre sol ? 

V.V.: Avant la fin de ce siècle, si rien ne change, les Européens seront pour la première fois minoritaires sur leur propre territoire. Céder sur le terrain de la sémantique ou du politiquement correct, c’est déjà capituler, alors soyons clairs : nos sociétés se sont vues imposer un modèle multiculturel qui, in fine, conduira vraisemblablement à la marginalisation puis à l’extinction de la race blanche. Il ne s’agit pas d’un « délire d’extrême-droite », mais des projections officielles de l’ONU. C’est d’une logique implacable : d’un côté, les oligarques encouragent des politiques de dénatalité ciblant les Européens de souche (apologie de l’avortement, des déviances homosexuelles et « transsexuelles », idéologie du genre, propagande antifamiliale etc.), de l’autre, ils font entrer chaque année des dizaines de millions d’allogènes en Europe et encouragent le métissage au nom du « vivre-ensemble ». Concrètement, on appelle ça un génocide. Nous ne l’accepterons pas. Nous sommes clairement opposés à l’immigration de masse, et défendons l’idée d’une politique concertée, mais urgente, de remigration des populations extra-européennes, condition sine qua non de la préservation de notre identité ethno-culturelle. D’une manière ou d’une autre, nous redeviendrons maîtres chez nous, car il n’est pas envisageable que nous laissions la France et l’Europe, matrices des formes les plus supérieures de civilisation, sombrer dans le chaos du cosmopolitisme niveleur, du métissage global et du mondialisme uniformisant. 

 

7. Le C.N.C.: Votre dernier livre « Putsch » a beaucoup fait parler de lui et nous ne reviendrons pas sur sa thèse (voir pour cela notre chronique et cette entrevue vidéo). Il a suscité un certain nombre d’objections, en particulier dans le texte « Il n’y aura pas de putsch ». Qu’avez-vous à répondre aux objections qui vous ont été faites ?

V.V.: Paru en septembre 2013, mon livre a anticipé la révolte de l’Armée Française avec 8 mois d’avance. Et je remarque que la plupart de mes détracteurs se font désormais beaucoup plus discrets, car plus le temps le passe et plus l’actualité semble me donner raison. Mon postulat de départ est le suivant : tôt ou tard, l’Armée Française sera amenée à jouer un rôle déterminant dans le dénouement de la crise profonde dans laquelle s’enfonce notre pays. En publiant Putsch, j’ai lancé un défi aux forces armées en prenant ouvertement position pour un coup d’état militaire, c’est-à-dire pour l’option la plus radicale qui soit. Car il faut distinguer le putsch au sens strict, c’est-à-dire le renversement complet et brutal du Régime, par la destitution de François Hollande, la suspension de la constitution, l’instauration de la loi martiale et la mise en place d’un gouvernement provisoire de salut public, et le putsch au sens large, qui englobe différentes formes de révoltes martiales, aux portées et aux implications plus limitées, et qui peuvent constituer plusieurs paliers vers un putsch intégral. 

En mars 2013, l’Armée fit sauter Jérôme Cahuzac (qui, alors ministre du budget, entendait réduire drastiquement le budget de la Défense Nationale) : c’est un exemple de ce que j’appellerai un « putsch partiel », par lequel les militaires ont mené une opération de neutralisation d’une cible menaçante. Avec le succès que l’on sait. Pourtant, le gouvernement Hollande poursuit son entreprise de démantèlement de l’Etat, et pour cause : Hollande est totalement bloqué, à sa gauche par les lobbies communautaires, libertaires et maçonniques qui entendent faire passer en force leur projet d’une société individualiste, multiculturelle et déracinée, et à sa droite par les lobbies de la finance mondialiste qui comptent sur ce gouvernement antinational pour maintenir coûte que coûte le système de racket fiscal organisé au profit des banques. Mais la situation n’est plus tenable.

L’Armée ne lâche pas, les militaires n’acceptent plus d’être la variable budgétaire d’un gouvernement inféodé aux intérêts de la finance, et non à ceux de la France. Le mois dernier, le chef d’état-major des armées, les chefs d’état-major des trois armes, et une vingtaine de généraux ont fait savoir qu’ils démissionneraient en bloc si Hollande persistait dans son projet. Un message réaffirmé par le Général Vincent Desportes sur Europe 1 qui, et c’est une première, lança clairement et publiquement un ultimatum à François Hollande. C’est du jamais vu. Cette grogne est générale, et ne se limite pas à l’Armée : j’ai également reçu nombre de soutiens de la part de gendarmes et de policiers (des soutiens émanant par exemple de la Direction Centrale de la Police Judiciaire, des groupements parisiens de gendarmes mobiles, ou de CRS avec qui j’ai pu discuter directement). Les objections formulées par mes détracteurs me semblent donc tout simplement dépassées. Tous ces faits témoignent de la crise profonde d’un Régime en phase terminale, crise qui va bien au-delà de simples considérations budgétaires.

 

8. Le C.N.C.: Dominique Venner pensait qu’il fallait, préalablement à toute action politique de grande ampleur, faire changer la mentalité du peuple. Qu’en pensez-vous ?

V.V.: Le « peuple »… Existe-t-il, déjà ? Ou existe-t-il encore, plutôt ? C’est là toute la question : que reste-t-il de notre peuple aujourd’hui, après des décennies, voire des siècles, de subversion libérale et cosmopolite ? Je pense que « le peuple », en tant que communauté de destin et réalité identitaire, n’existe plus. L’atomisation de la société française par des forces dissolvantes, de droite comme de gauche, a scellé la tombe du « peuple », en tant qu’entité politique et culturelle homogène. 

Mais je rejoins Dominique Venner lorsqu’il nous dit que « les racines des civilisations ne disparaissent pas tant que n’a pas disparu le peuple qui en était la matrice », ce qui signifie que si le « peuple » n’existe plus, le Volk, lui, existe encore. Le pays réel, celui de la terre et du sang, conserve encore jalousement les secrets de sa grandeur passée et de sa renaissance future. 

A l’heure de la convergence des catastrophes et face au péril que constitue le Grand Remplacement, il ne s’agit pas simplement de « changer les mentalités », mais de puiser dans les archétypes et les mythes les plus anciens, de réactiver les atavismes les plus profonds, et de réveiller ainsi les forces immémoriales qui affranchiront nos patries du destin cataleptique que leur avait promis les tenants de la « fin de l’histoire ».  Jusqu’ici, il manquait quelque chose de fort, au-delà des formules convenues et des mots d’ordres rabâchés. Il manquait un acte héroïque, un symbole de fondation, une figure polarisante. Il manquait un signal. Ce signal nous fut donné, le 21 Mai 2013, peu après 16 heures… Il nous appartient, ici et maintenant, d’en tirer les conséquences.

 

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09/06/2014

Chronique musicale: Autopsy « Tourniquets, Hacksaws, and Graves »

Autopsy « Tourniquets, Hacksaws, and Graves » (Peaceville, 2014)

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Depuis que le plus célèbre des groupes californiens de la vieille scène Death Metal s’est reformé, on peut dire qu’il ne se repose pas sur ses lauriers! Troisième album depuis cette réunion et septième de sa carrière, « Tourniquets, Hacksaws, and Graves » nous rappelle qu’Autopsy est une sorte d’institution que rien n’ébranlera !

Issu de la scène Death Metal old school et formé depuis 1988, on a affaire à un groupe qui a fait ses premières armes du temps où des formations telles que Death, Obituary, Deicide ou Morbid Angel donnaient toutes ses lettres de noblesse à un style musical devenu depuis majoritairement ennuyeux. En effet, les grandes heures du Death Metal semblent appartenir au passé et même si de bonnes surprises sont apparues depuis cette époque (je pense à Bloodbath en particulier), on constate que bien des grands noms de cette scène s’essoufflent réellement. Autopsy est, selon moi, l’un des rares à être resté intéressant au fur et à mesure des années et il l’a bien prouvé de par la qualité de l’album qui a marqué son grand retour sur la scène : « Macabre Eternal », datant de 2011.


« Tourniquets, Hacksaws, and Graves » ne marque pas une réelle évolution du groupe qui joue le style qui lui est propre et est le sien depuis ses débuts : un Death Metal baignant dans une atmosphère lugubre et horrifique, mêlant la rapidité et la brutalité propres au genre à des influences Doom Metal lourdes et poisseuses. C’est certainement le brio avec lequel Autopsy a toujours privilégié les ambiances dans sa musique qui le sauve du marasme des autres groupes de Death Metal qui ont souvent simplement joué la carte de la violence sonore bête et méchante… Ce nouvel album baigne une fois encore dans des ambiances crades et malsaines suintant le sang et la tripaille et tant les parties musicales que la voix démentielle de Chris Reifert, batteur/hurleur du groupe viendront vérifier les sensations déjà pressenties à la vue de la pochette réalisée une fois encore par Benscoter, artiste bien connu des amateurs du genre.

Rüdiger

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05/06/2014

Compte rendu du procès de Varg Vikernes (3 juin 2014)

Compte rendu du procès de Varg Vikernes (3 juin 2014)

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Varg Vikernes est passé mardi 3 juin en jugement, à la fameuse 17ème chambre correctionnelle. Il est  cette fois accusé d’incitation à la haine raciale et d’apologie de crimes de guerre, par la LICRA et SOS Racisme.

Fatigué par l’acharnement judiciaire qu’il subit depuis son arrestation en Juillet 2013, il a dû subir également l’acharnement des journalistes, tant norvégiens que français. Le procès a démarré en retard, ce qui n’a pas découragé les nombreuses personnes venues soutenir Varg Vikernes : la salle d’audience était pleine, à tel point que certaines personnes n’ont pas pu assister au procès.

Débutant par un rappel des faits et des charges retenues contre lui, la défense a rapidement mis en lumière un vice de forme : en effet, la plainte a d’abord été adressée au TGI de Tulle, juridiction qui n’existe pas. Les faits reprochés concernent certains articles soi-disant publiés sur le site de Vikernes, Thulean Perspective, dont les propos seraient racistes et antisémites. Il n’a pas reconnu avoir tenu ces propos ou les avoir publiés. Par ailleurs, la défense a rapporté que le délai de 3 mois était dépassé pour de nombreux prétendus propos incriminés, rendant toute procédure irrecevable.

L’accusation a attaqué Varg sur tous les fronts : aussi bien sur sa musique en faisant des rapprochements douteux entre le genre du black metal et le national socialisme, que sur l’assassinat d’Oysthein Aarseth ou sur le survivalisme. Il s’est expliqué sur son mode de vie en autarcie, et la question de l’éducation de ses enfants a été longuement abordée. Sur ce point, aucune des expertises engagées par le juge des enfants n’a conclu à un danger quelconque. L’accusation a également tenté de rapprocher le survivalisme à une dérive sectaire. Vikernes s’est revendiqué de l’odalisme en estimant que « chacun peut défendre sa terre et sa culture ». Élément étonnant, l’accusation semble s’être informée sur wikipedia… ce qui ne peut que laisser perplexe…

La plaidoirie des avocats de l’accusation a repris tous les poncifs habituel : « idées écœurantes et nauséabondes », « propagateur de la haine », dépeignant Vikernes comme un louveteau, un agneau se cachant derrière une défense « de lâche », et rappelant « les pires heures que nous avons eu à connaître ». Horreur absolue, Vikernes fait l’apologie de Marine Le Pen. La plaidoirie a semblé totalement interchangeable avec n’importe quelle affaire de ce type. L’auditoire présent dans la salle, quant à lui, s’esclaffe de rire lorsque l’avocate des parties civiles prétend que Vikernes a quitté le Black métal car cela ferait référence aux noirs… Elle ose même faire la rapprochement avec la tuerie du musée juif de Bruxelles. Ou comment les pourfendeurs des « clichés » et autres « amalgames » n’hésitent pas à faire de même pour servir leurs intérêts. En tous les cas, la liberté d’expression a ses limites, et internet est devenu ici le « bras armé » à la diffusion d’appels à la haine. C’est bien la question d’internet qui aura occupé une bonne partie des débats et cela illustre bien l’offensive actuelle du système contre ce moyen de communication. La peine requise est de 4 à 6 mois de prison assortis d’un sursis, et de 5 000 € d’amende.

La défense, quant à elle, a mis l’accent sur les vices de procédures, contestant notamment la nature des pièces apportées, en l’occurrence de simples feuillets imprimés avec les textes incriminés, et non des captures d’écran attestant la publication de ces textes sur le site Thulean Perspective. Par ailleurs, il n’y aurait pas eu de véritable travail d’analyse informatique (pas de traçage d’adresse IP par exemple). C'est donc à l'accusation de démontrer la culpabilité de Varg Vikernes par une procédure approfondie et non à la défense de prouver son innocence.

Le jugement sera rendu le 8 juillet prochain.

Le Cercle Non Conforme

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Relire l'article Terroriste?!, publié le jour même de son arrestation.

Relire l'entrevue de Marie Cachet et Varg Vikernes adressée au C.N.C

Revoir l'entrevue video adressée à Scriptoblog

Varg Vikernes vient de sortir un nouvel album, The Ways Of Yore

02/06/2014

Chronique de film: Welcome to New-York, d'Abel Ferrara

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Welcome To New-York, ou l’homme qui n’était qu’à un « jet » de la (p)résidence de la république.
 
Disons le tout net, Welcome To New York est un film qui marquera son époque. Poursuivant le sillon entamé depuis Gogo Tales, Abel Ferrara présente une œuvre d’une grande beauté formelle. Caméra au poing et au plus près de ses personnages, il filme leur déchéance sous fond de néons rouges et de lumières tamisées. La moindre chambre d’hôtel prend ainsi l’apparence d’un purgatoire souillé par les liquides séminaux et les tâches de cognac 30 ans d’âge. Il n’a pas du être facile pour Anne Sinclair et Dominique Strauss-Kahn de voir ainsi exposées leurs turpitudes, de plonger dans ce passé récent qu’ils auraient souhaité enterrer à jamais. Anne Sinclair s’en est d’ailleurs émue dans une tribune sur le Huffington Post. Evoquant le film, elle a manifesté son « dégoût de la façon dont M. Ferrara représente les femmes, ce qui doit illustrer ses propres pulsions » et indiqué que selon elle « Les producteurs du film projettent leurs fantasmes sur l’argent et les juifs ». Le film n’est pas antisémite, mais il est d’une infinie dureté à l’égard de l’hyper-classe, toutes obédiences confondues. Abel Ferrara n’a pas filmé avec complaisance, il n’est pas un réalisateur français subventionné mais un artiste engagé qui met toutes ses tripes et tous les moyens possibles au service de ce qui lui tient à cœur. Il n’est pas homme à concéder la moindre parcelle formelle ou scénaristique à la bienséance policée des salons mondains, il ne leur devait rien et a donc pu faire ce qui lui semblait le plus juste.

« Devereaux », jumeau obèse de Dominique Strauss-Kahn, est incarné par le dissident gaulois numéro un. Buveur, fumeur et gros mangeur, Gérard Depardieu récite une partition phénoménale, celle du plus grand acteur vivant, de cette parcelle vivante de barbarie qui sommeille encore en nous. Littéralement plus animal qu’homme, il campe l’ex-directeur du FMI comme bloqué au stade oral, pulsionnel, enfantin, ne supportant aucune entrave à ses multiples jouissances. Pur libéral-libertaire, Devereaux accomplit les prophéties d’Ayn Rand et ne se reconnaît comme obligation que son épanouissement personnel.

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Une planche à billets apparaît dans le premier plan du film, métaphore de la longue série de femmes « niquées » (selon son propre terme) l’ex président du FMI. Elles n’étaient d’ailleurs pas des femmes, mais des vagins convertissables en espèces sonnantes et trébuchantes. La première demi-heure de Welcome To New York montre l’agenda de l’ancien directeur du FMI avant l’ « affaire Nafissatou Diallo ». « Devereaux » propose des prostituées aux agents des services français, ce qui semble assez crédible. Toutes ses secrétaires offraient des services « particuliers », certaines spécialisées dans la fellation, d’autres dans l’effeuillage…. Notre homme lui s’abandonne pleinement à des orgies dignes de pornos amateurs. Dominique Strauss-Kahn, favori à la présidence de la République en 2010, avait un mode de vie proche d’un Patrick Sébastien sous viagra, constitué de partouzes dans l’esprit du Cap d’Agde naturiste et de constantes beuveries. Maître libidineux, il était un homme-goret auquel rien ne résistait car son « pouvoir d’achat » était illimité. Les prostituées étaient soumises à l’aura de l’homme de pouvoir au portefeuille généreusement garni. Lui se soumettait à sa sexualité débridée nourrie aux fantasmes pornographiques les plus crades, grognant comme un chien qui a trop d’os à ronger, boulimique d’argent et de stupre. « Devereaux » n’était qu’un personnage de Jean-Louis Costes, un pornocrate pipi-caca.

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Le fantôme de Pasolini semble convié dans Welcome To New York qui est l’incarnation contemporaine de Salo ou les 120 journées de Sodome. On assiste à l’avènement d’un monde post-séduction. Le mariage d’Anne Sinclair et Dominique Strauss-Kahn semble n’avoir été contracté que pour des intérêts de classe, s’aiment-ils ? Rien n’est moins sûr. Les relations adultérines, loin d’être des « romances », sont réduites à la stricte dimension physique, au sexe. Je ne vais pas jouer les vierges effarouchées, car cela n’est pas nouveau et il n’est pas le seul. Ce qui est troublant c’est la récurrence, l’idée sous-jacente. Pour ces hommes, les femmes sont semblables aux ouvriers d’Arcelor-Mittal, des pions interchangeables, des détails de l’histoire. Abel Ferrara, italo-américain des classes modestes, rend très bien cette impression.
 
Après tant de femmes consommées, consentantes, feignant le plaisir, comment « Devereaux » aurait-il pu imaginer qu’une banale femme de ménage africaine eut pu lui opposer un refus ? C’est là l’intelligence du film que de suggérer que Dominique Strauss-Kahn ait pu nier le viol en toute bonne foi. « Vous savez qui je suis ? » lance-t-il à la fameuse Nafissatou Diallo, puis il se déshabille et le viol est suggéré, mais le film ne tranche pas. A-t-il abusé de cette femme ? Nous ne le saurons pas distinctement, mais, pour reprendre l’expression de Dominique Venner, il s’agissait là de l’ « imprévu dans l’histoire ». Cet homme pensait être invincible, intouchable, sa femme avait tout préparé, il devait être le président de la république ! Tous deux ivres de pouvoir, ils ne pouvaient imaginer que surviendrait l’inattendu, le scandale absolu, l’infamie qui est venue tout gâcher. Tout ça pour avoir sorti son sexe au mauvais moment, une fois de trop. Peut-être a-t-il été piégé, mais au fond cela ne change rien, car c’est toute sa vision du monde qui a été confrontée à la réalité.
 
D’ailleurs, la scène du repas durant laquelle Anne Sinclair apprend la nouvelle est, à ce titre, magistrale. Un bel appartement de Manhattan sert de décor à un repas de la grande bourgeoisie juive new-yorkaise, alors, un homme coiffé d’une kippa félicite « Simone » (prénom fictif d’Anne Sinclair ) : « je témoigne toute ma gratitude à Simone pour sa dévotion à l’égard de l’état d’Israël ». Jacqueline Bisset, interprète de Simone, retranscrit toute la morgue du personnage, son sentiment de toute puissance, bientôt détruit par une pulsion supplémentaire de son époux. En écho, vient la scène où Devereaux déjeune avec sa fille, et le petit ami de celle-ci, juste après les faits qui lui seront plus tard reprochés. Grossier, vulgaire, il ne parle que de sexe. Admirant la bouillabaisse qu’il a commandé au restaurant, il confie au petit ami de sa fille que le plat est « une sorte de partie échangiste pour poissons », une « bouillabaise », et lui demande s’il « aime niquer ». La scène est drolatique, et l’on peut se plaire à imaginer que Dominique Strauss-Kahn lui même, eut tenu de tels propos à sa fille. Toute honte bue, il n’a pas conscience que bientôt il va défaillir et être frappé par l’opprobre générale, relégué au statut de simple mortel dans la prison de Ryker’s Island.

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Dans la deuxième phase du film est mis en lumière le traitement qu’a pu recevoir Dominique Straus-Kahn en prison. Les Etats-Unis ont ce mérite, qu’une fois emprisonné, un homme puissant n’est pas mieux traité qu’un autre. Quand il se déshabille devant ses gardiens, l’homme est faible, et peine à lever ses énormes cuisses, son ventre est gonflé tel un ballon, un vieil homme comme les autres, en piètre condition physique. Comme dans la véritable histoire, « Simone » parvient à le faire libérer et l’installe dans un immense loft, sa première réflexion est de changer la décoration. Son mari est accusé de viol mais elle trouve le moyen de se plaindre des œuvres trop « ploucs » accrochées au mur de son palais de fortune. Je ne sais pas si cette scène correspond à la réalité, mais je ne doute pas un instant que cela puisse avoir eu lieu. Ces gens étaient, et sont toujours, déconnectés du réel. Une dernière scène est à signaler pour sa beauté plastique qui renvoie aux œuvres du peintre espagnol Goya, celle de l’agression supposée de Tristane Banon. Garçonnière sordide, ambiance infernale, « Devereaux » y est figuré en dieu Bacchus insensible à la douleur qu’il inflige. Il veut lui toucher les seins, il en a le droit, il est un ancien ministre. Son pénis est le maitre du monde et ce n’est pas une jeune étudiante en journalisme qui pourra s’y refuser. Le membre en érection de « Devereaux » est une tour de Babel, toutes les ethnies y sont conviées, toutes les langues y sont pratiquées, il est l’universel.
 
Dominique Strauss-Kahn ne s’est jamais repenti, car il n’a jamais estimé être coupable. Peut-être n’était-il effectivement pas coupable des faits qui lui étaient reprochés, ça nous ne le saurons jamais. Mais nous savons qu’il était un porc, qu’il considérait son pays la France comme les putes qu’il collectionnait. Sa femme et lui pensaient pouvoir nous acheter, jouir en nous et partouzer avec la France. Ils n’en auront pas eu l’occasion, tant mieux. Le mérite de Welcome To New York étant de rappeler aux Français naïfs à quoi ils ont échappé.
 
Frédéric de Grimal

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