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03/09/2014

Valérie Trierwieler: "Dans la peau d'une victime"

Dans quelques heures paraît le livre Merci pour ce moment où Valérie Trierwieler, ex-première maîtresse de France, raconte sa vie et ses déboires avec le président normal Hollande. Venez écouter sa complainte avec nous !

Une relation avec Hollande? Pourtant, pas de quoi être fière en théorie, tant avoir partagé la couche d'un tel mollusque devrait, en plus de la honte, inciter à devenir relativement discrète... Franchement, Mesdames, il vous fait envie?

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Mais bon, pas mal de femmes sont des succubes et encore plus chez les "people"!! Le pouvoir, l'argent, il n'y a que ça qui attire ces créatures vénales pour qui « c’est ça la vie ». Et puis, on aime parler de soi, de ses problèmes, de son quotidien, on est narcissique et on déballe sans soucis sa vie privée… surtout si ça peut rapporter du fric ! Beaucoup de Français aiment ça en plus. Suffit de constater le succès des magazines people et les conversations de vos collègues...

Valérie Trierwieler vient de faire une superbe opération commerciale, euh non, d’écrire un livre poignant, une « bombe » dont parlent tous les merdiats !!

Voici ce que vous y trouverez :

« La jour­na­liste s'y livre sans détour, y compris sur l'affaire Julie Gayet – car c'est lors de l'annonce publique de l'infi­dé­lité du président de la Répu­blique qu'elle se réfu­gie dans sa salle de bains.

« Je saisis le petit sac en plas­tique qui contient des somni­fères (…) François m'a suivie. Il tente de m'arra­cher le sac. Je cours dans la chambre. Il attrape le sac qui se déchire. Des pilules s'épar­pillent sur le lit et le sol. Je parviens à en récu­pé­rer. J'avale ce que je peux. Je veux dormir. Je ne veux pas vivre les heures qui vont arri­ver. Je sens la bour­rasque qui va s'abattre sur moi et je n'ai pas la force d'y résis­ter. Je veux fuir. Je perds connais­sance. » (Merci à nos confrères de Gala.fr dont nous saluons encore une fois le combat pour les lettres françaises!)

Un peu de croustillant, des histoires genre Les Feux de l'Amour à l'Elysée pour que les Français s'intéressent et retrouvent de l'intérêt voire de la sympathie pour les politiques. En plus, ça assurera une belle rente à Trierwieler qui utilise la « peopolisation » de la vie politique française à son avantage tout en jouant la victime. Depuis Sarkozy, on constate bien que la politique se consomme de plus en plus à l’eau de rose et que les politiques deviennent des stars.

On en parle partout de cet évènement. Ça crée le buzz comme ils disent ! Grâce aux journaux et à la télé, les Français ne se préoccupent plus de l’intérêt de leur pays, se détournent des problèmes réels et ont l’esprit occupé à parler, entre autre, de ces politiciens people qui les attendrissent avec leurs problèmes de cul à défaut de les intéresser par leurs mesures !

Trierwieler, en bonne journaliste, joue donc le jeu de sa caste en occupant le temps de cerveau disponible des Français mais œuvre aussi dans son intérêt propre en feignant d’être une victime … en sachant surtout qu’elle ressortira de ce déballage de vie privée les poches pleines, à défaut d’honneur !

Ah oui, François était un enfoiré, voyez donc ce que son ancienne maitresse dit à propos de celui qui s’était présenté comme l’ennemi des riches : « Il s'est présenté comme l'homme qui n'aime pas les riches. En réalité, le président n'aime pas les pauvres. Lui, l'homme de gauche, dit en privé : ‘les sans-dents', très fier de son trait d'humour. »

S'il était si dégueulasse, Valérie, pourquoi as-tu attendu d'être trompée pour te barrer? Le pognon et la notoriété probablement... Et puis, à l'Elysée, pour son argent de poche de Desperate Housewife, on peut sacrément pomper dans le fric des Français, hein mesdames?

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"Merci les Français pour vos impôts, euh notre argent de poche!"

Le plus beau est de voir l’empressement des autres pontes du PS (très axés show-biz en général) tels que Valérie Hildago, maire de Paris, à se désoler dans une pure inversion accusatoire de ce déballage alors qu’il y aurait d’autres sujets sur lesquels se focaliser. Que nous dit l’autre Valérie dans ce trépidant sitcom ?

« Je pense qu’aujourd’hui, dans la situation de crise de la société française, il y a peut-être d’autres messages à faire passer…. Je souhaite que l’on parle des vrais problèmes auxquels les Français sont confrontés. Et le spectacle politico-médiatique sur la vie privée des uns et des autres, les gens en ont marre.
Bien sûr que cela va avoir un effet négatif. Les Français élisent des politiques pour régler leurs problèmes pas pour parler de leur vie personnelle. Cela affaiblit la politique et la démocratie. Je le lui dirai. »

Si cela affaiblit vraiment la démocratie à la Hollande, on ne va pas s’en plaindre non plus… Mais, en attendant, celle-ci ramollit vraiment les cerveaux des uns mais continue effectivement à faire grogner les autres.

Rüdiger et Ann / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

 

 

02/09/2014

Martine... euh Najat à l'école

Avec Najat Vallaud-Belkacem à l'Education (anti)Nationale, on constate que le gouvernement actuel, le plus impopulaire et le pire de la 5ème République (qui nous avait déjà habitués à un piètre niveau certes) prouve qu'il joue ses dernières cartes dans son seul objectif réél: détruire la société traditionnelle ou plutôt ce qu'il en reste. C'est la fuite en avant, la politique d'"Après nous le déluge!" et vu que le PS se sait condamné à court terme, il espère bien faire changer la société le plus possible tant qu'il le peut encore et que les porte-feuilles ministériels sont toujours entre ses mains... Véritable pied-de-nez à tout ceux qui espéraient un changement des choses après la Manif' pour tous, Vallaud-Belkacem a été placée là comme un symbole fort: première femme -née au Maroc en plus- à occuper ce poste, obsédée par une égalité qui n'existe pas et la promotion des déviances, elle est bien à sa place, avec les Fabius, Macron, Taubira et consorts dans ce gouvernement qui n'est qu'un ènième crachat à la gueule de la France. Inutile cependant de jouer les hystériques: elle n'est pas grand chose de plus qu'une image, une marque, une marionnette comme tous les autres qui, sans compétence aucune, passent de ministère en ministère où ils ne font qu'avaliser des plans politiques prévus de longue date, en autre par une foule de hauts fonctionnaires (souvent doublés d'idéologues nocifs) dont on ne parle jamais...

L'Education Nationale avait d'ailleurs lancé cette rentrée sous le signe de la diversité avec la fameuse photo qui suit et qui annonçait la couleur, avec ou sans mauvais jeu de mots. Wesh, c'est la rentrée à Najat!

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Franchement pas la peine d'en faire une histoire... Tout le monde sait bien que le grand remplacement, c'est maintenant et que nos chères petites têtes sont de moins en moins blondes mais de plus en plus crépues. Dans certaines classes, il n'y a même plus un blanc et cela ne date pas de cette rentrée ou de
Hollande... La France change mais ils aimeraient que vous vous y fassiez plus vite. Ils vont loin quand même! Les Français ne sont pas réveillés depuis bien longtemps non plus! Ils ont tout accepté pendant des années sans rien dire et avec le sourire... On l'oublie ça!

Et quand arrive la rentrée, ces gens qui ont été floués depuis si longtemps se demandent pourquoi l'école a changé, pourquoi l'insécurité y est désormais présente et pourquoi les résultats ne font que baisser... Eh bien, on leur demandera d'ouvrir un peu les yeux sur le monde qui les entoure et qui, le premier, leur procurera les réponses aux questions qu'ils se posent.

Nous sommes tout d'abord au sein d'un monde de tension où le manque d'homogénéité du corps social se fait de plus en plus sentir. Qu'elle soit sociale ou raciale, la fracture est réelle et on retrouve à l'école, à un autre niveau, les mêmes problèmes que ceux qui existent au dehors.

C'en est fini de l'école telle que nos parents l'ont connue. Les idéologues de l'Education Nationale, bien plus que les professeurs eux-mêmes (bien que gauchistes de base trop souvent), ont tout fait pour faire changer les pédagogies simples et efficaces du passé où l'on se concentrait sur l'essentiel tout en conservant un niveau d'exigences valable. Mais, dans une société où l'on promeut depuis des décennies l'ignorance, la médiocrité, le laxisme et la légèreté, où l'instruction et la culture ne sont plus des marqueurs sociaux de poids, où l'excellence ne sert plus qu'à amasser du fric, seul motif de réussite pour bien des parents, comment s'étonner de ce à quoi ressemble l'école? D'autant qu'actuellement, elle est avant tout utilisée par l'Etat pour faire de nos enfants de futurs "bons citoyens" (c'est à dire des individus "gris" isolés de toute communauté réelle prêchant l'"égalité", l'hédonisme, l'individualisme et n'ayant comme buts dans la vie que le fric et la consommation).

Et les enfants ressemblent de plus en plus à leurs parents: toujours moins intéressés par quoi que ce soit hormis par ce que le système leur vend en tant que jeunes consommateurs: un style vestimentaire qui calque celui de certains adultes (pas les meilleurs évidemment) et centré sur les "marques"; de la musique de supermarché visant à leur faire accepter la diversité et les autres "cultures" de manière insidieuse; une culture de l'écran rendant vite paresseux et sans imagination etc.

Finies les billes et la marelle! Ça n'intéresse pas le jeune consommateur qui ne se rêve plus en chevalier mais en rappeur... La culture a changé dans la société, les valeurs aussi et quand on sait à quel point les enfants sont perméables à leur environnement, il ne faut pas être étonné du résultat! Et puis, savoir écrire le français à l'heure du langage SMS, à quoi ça sert?

D'ailleurs, l'image que les parents ont de l'école imprègne celle des enfants. Elle n'est plus un lieu où ceux-ci s'instruisent mais une garderie où l'on fourre le petit dès 2 ans pour ne pas payer la nourrice ou, pour les cassos: pouvoir être débarrassé au plus vite de ces êtres qui ne servent qu'à toucher les allocs!

L'Etat et la société actuelle pervertissent nos enfants, consciemment et inconsciemment. Ils cherchent à établir à travers eux une future société encore plus décadente et anormale, à l'image de leurs idées dégénérées! A nous de ne pas être dupes et de déjouer, par tous les moyens, leurs plans machiavéliques. Ceci pourra d'ailleurs faire l'objet d'un article futur tant il devient primordial d'évoquer sérieusement le sujet: où et comment scolariser nos enfants? 

Rüdiger / C.N.C.

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30/08/2014

Réponse à Michel Geoffroy à propos de la Peste Verte

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Un texte publié initialement en 2012 sur le site Polémia, vient d'être, à la faveur de la coupure estivale, remis en ligne opportunément à la fin du mois de juillet. Sous le titre « Ecologie : la peste verte ? », son auteur, Michel Geoffroy, lance de nombreux anathèmes qu'il nous a paru intéressant de relever tant ils nous semblent cruciaux dans le cadre d'un projet de société future.
Disons le tout de suite, nous n'adhérons en rien à l'image bien souvent caricaturale que l'auteur dresse de l'écologie. L'écologie radicale ne peut être confondue avec les slogans et les fanfaronnades des « écotartuffes », pour reprendre la belle formule du mensuel La Décroissance. Europe-écologie-les-verts et consorts plaident pour un capitalisme vert, oxymore génial. Notre écologie tient de la sacralité de la nature, comme aimait à la définir Dominique Venner, sacralité que les générations précédentes respectaient et oubliée depuis (1). La question qui se pose à nous désormais se résume dans la place que l'Homme se doit de trouver au sein d'un cosmos qu'il ne peut, et ne doit pas, dominer.
Le texte de Michel Geoffroy s'inscrit dans la ligne idéologique de cette droite ultra libérale qui ne voit en l'écologie qu'une barrière à commercer librement, à vivre égoïstement sans contrainte d'aucune sorte (2). C'est le fameux contrat social axé sur le tout liberté. Nous pensons qu'il se trompe d'époque et de combat. Pire, ce sont précisément ces raisonnements qui nous conduisent lentement vers l'abysse depuis des décennies.

Car l'ennemi principal de nos sociétés sur-modernes aujourd'hui n'est pas l'écologie mais « la mondialisation, stade suprême de l'expansion du capital » (3) et dans lequel les états ne sont devenus que de « simples assistants de l'économie globale », des fonctionnaires de firmes transnationales. Jean-Claude Michéa a très bien expliqué la nature profondément révolutionnaire du développement capitaliste et à quel point il a changé la face du monde (4). C'est désormais un phénomène total qui touche tous les secteurs de la vie publique comme privée. Il faut garder à l'esprit que l'essence du capitalisme trouve son expression dans l'accumulation de marchandises non utiles et uniquement destinées à être vendues. C'est la baisse tendancielle de la valeur d'usage qu'avait défini Guy Debord en son temps.
L'accumulation illimitée du capital se définit également sous le terme de croissance. Ce phénomène repose sur un ancrage anthropologique : l'homo économicus, où l'Homme se voit mué en consommateur illimité, dicté par ses seules envies. L'accession au crédit et la manipulation publicitaire incitent à penser qu'il existe une forme de bonheur par la marchandise. Bonheur insatiable, qu'il convient sans cesse de renouveler. Ainsi, nous entrevoyons aujourd'hui le triomphe absolu de la liberté individuelle (celle là même défendue par Michel Geoffroy), avec tous ses excès, et dans lequel le marché « devient le seul lieu de socialisation » reconnu (5).
C'est un système intrinsèquement fondé sur la démesure qui ne connaît plus aucune limite dans aucun domaine. Pour reprendre les termes de Serge Latouche, nous vivons au sein d'une société phagocytée par l'économie de croissance.

La métaphysique du progrès, dont l'idée maîtresse était que le développement devait apporter le bonheur à l'humanité, a failli. Pire, la croissance comme bienfait et espérance, s'estompe de notre horizon économique. D'après les chiffres récents de l'office européen des statistiques (Eurostat), la zone euro à vu son PIB stagner au 2e trimestre après avoir progressé seulement de 0,2% au 1er trimestre. En France, la croissance est restée à zéro au T2, l'Allemagne a subi un brutal coup de frein au T2 en reculant de 0,2%6. L'Italie est retombée en récession au 2e trimestre avec un PIB se repliant de 0,2%. L'austérité est désormais ce qui attend nos sociétés industrielles addictes à une croissance qui n'est plus là.
Parallèlement, le tout-économie que nous connaissons depuis des décennies se heurte aux limites de la finitude de la biosphère. La capacité régénératrice de la terre n'arrive plus à suivre la demande (7).
C'est ce que Michel Geoffroy semble ne pas comprendre, prisonnier d'une idéologie productiviste profondément mortifère.

Bernard Charbonneau avait reconnu cette idéologie de droite en ce qu'elle estime comme secondaire les conséquences du progrès et du délire quantitatif de la société de croissance.
A l'instar de Serge Latouche, nous pensons qu'une croissance infinie est incompatible avec un monde fini, et qu'il est plus que temps de penser à modifier nos manières de produire et de consommer sous peine de nous heurter très vite à l'iceberg écologique (J.C Michéa).
Dominique Venner, dans son ouvrage posthume, avait tenu à marquer son adhésion à l'école de pensée de la décroissance. « L'une des questions cruciales de l'avenir sera celle de l'arrêt de la croissance, et mieux encore celle d'une décroissance », écrivait-il (8).
Michel Geoffroy nous assène tous les poncifs réactionnaires récurrents de ce qu'il croit être l'écologie : l'opposition au nucléaire, l'opposition au gaz de schiste (9), et surtout la réduction de la liberté de circulation automobile, « inventée par les européens justement pour faciliter les déplacements ». C'est oublier un peu vite que la mobilité fut en France le premier impératif catégorique de l'ordre économique durant les années cinquante/soixante, comme le rappelle Jean-Claude Michéa, et que l'automobile facilita le concept de l'Homme disponible qu'elle a contribué à déraciner (10). L'hypermobilité ne sert que l'intérêt du capital.

Les « grandes opérations d'aménagement » citées par l'auteur de La peste verte ne sont rien d'autres que des écrans de fumée visant un dissimuler une inactivité chronique du secteur « travaux publics ». Elles n'ont pour but que d'occuper artificiellement des salariés sur de grands projets inutiles et destructeurs de l'environnement. L'exemple du chantier pharaonique de la Ligne à Grande Vitesse Bretagne-Pays de la Loire est symptomatique d'un saccage inutile : 182 kilomètres de lignes nouvelles, 32 kilomètres de raccordement, 2 bases de travaux 2700 hectares d'emprise, pour gagner seulement 37 minutes entre Paris et Rennes ! Les voyageurs pressés sauront apprécier !
Quant aux affirmations « écologie devenue argument publicitaire », elles rejoignent ce que nous dénoncions en ouverture : ce fameux capitalisme vert mis en avant par les « écologistes » du système, adeptes d'un développement durable et d'un écotourisme qui n'ont « pour fonction que de maintenir les profits et d'éviter le changement des habitudes en modifiant, à peine, le cap » (11). Il va sans dire que l'écologie radicale ne se reconnaît pas dans ces mystifications en phase avec l'anthropologie consumériste.

Il est plus qu'intéressant de noter que Michel Geoffroy parle de l'écologie comme d'une religion, « inaccessible à la raison scientifique » précise t-il. Si religion il y a, c'est bien celle de l'économie, du progrès et du développement. Les thèses transhumanistes qui font discrètement leur apparition ces dernières années sont là pour nous le prouver.
L'écologie n'est pas une fin en soi, comme certains voudraient le faire croire, mais l'aboutissement logique d'une critique du développement. Depuis le rapport du Club de Rome de 1972, nous savons que le développement n'est ni souhaitable ni soutenable. La publication de The Limits to growth ou « rapport Meadows », préparé par une équipe de scientifiques du Massachusetts Institute of Technology, affirme que le système planétaire va s’effondrer sous la pression de la croissance démographique et industrielle, à moins que l’humanité ne décide délibérément de stabiliser sa population et sa production.
Il est à noter que cette année, le 19 août 2014 marque la date à laquelle l'humanité a épuisé le budget écologique annuel de la planète. Chaque année, le jour de dépassement intervient de plus en plus tôt. Ce jour était tombé le 21 octobre en 1993 et le 22 septembre en 2003 (12). Chaque jour qui passe nous rapproche un peu plus du mur.

Le texte de Michel Geoffroy est à l'image d'une droite qui ne comprend pas les mutations qui sont en train de s'opérer au sein de nos sociétés sur-modernes. Les Trente Glorieuses sont derrière nous (et c'est tant mieux compte tenu de leurs effets dévastateurs irrémédiables sur le patrimoine et l'environnement). La croissance s'essouffle et le poids environnemental de notre mode de vie est sans équivalent sur la biosphère.
La vision défendue par Michel Geoffroy d'une « décadence européenne » au sein « du grand hôpital qu'est devenu l'occident » est une vision fantasmée, aveugle et irraisonnée d'un modèle qui n'a plus cours. C'est la France de Giscard d'il y a quarante ans.
Tous les régimes politiques modernes ont été productivistes, y compris le modèle soviétique qui ne fut rien d'autre qu'un capitalisme d'état axé sur le développement de l'industrie lourde.
Il nous faut inventer de nouveaux paradigmes en vue d'élaborer une troisième voie qui devra passer par une sortie du capitalisme, destructeur des cultures au nom d'une folle homogénéité planétaire.
L'objectif sera de retisser du lien social et de construire une société à dimension humaine, conviviale, autonome et économe, dans le respect de la tradition.
Il y a urgence. Car plus nous nous hâterons « et plus il restera de chances pour que le processus de sortie progressive du capitalisme ressemble à un atterrissage en douceur » nous avertit Jean-Claude Michéa.


Guillaume Le Carbonel

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

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1) Dominique Venner, Un samouraï d'occident, Pierre Guillaume de Roux, 2013, p.66
2) Il nous suffira de relever quelques expression pour s'en convaincre : « La liberté d'initiative des Européens », augmentation de « réglementations et de normes », « difficulté croissante d'entreprendre et de conduire de grandes opérations d'aménagement » etc ...
3) Alain de Benoist, in Eléments N°150 janvier-mars 2014, p.46
4) Jean-Claude Michéa, Les mystères de la gauche, Climat, 2013
5) Jean-Claude Michéa, Les mystères de la gauche, Climat, 2013
6) Libération, édition du 14 août 2014
7) Serge Latouche, Petit traité de la décroissance sereine, Mille et Une Nuits, 2007, p.42
8) Dominique Venner, Un samouraï d'occident, Pierre Guillaume de Roux, 2013, p.63
9) Des chercheurs du laboratoire national Lawrence-Berkeley et de l'université du Pacifique (Californie) viennent d'alerter les Etats sur la toxicité de certains additifs utilisés lors de la fracturation hydraulique, notamment les produits biocides qui visent à tuer les bactéries. Le Monde, édition du 14 août 2014. Rappelons qu'il y a quelques mois, l'institut américain des sciences de la santé environnementale avait estimé qu'il y avait « des preuves de risques potentiels pour la santé publique dus au développement du gaz de schiste », Le Monde, édition du 17 avril 2014.
10) Jean-Claude Michéa, Les mystères de la gauche, Climat, 2013
11) Hervé Kempf, Comment les riches détruisent la planète, Le Seuil, 2007, cité par Serge Latouche, Petit traité de la décroissance sereine, p.26
12) Rapport de l'organisation Global Footprint Network, AFP du 19.08.2014

28/08/2014

Chronique musicale: Midnight "No mercy for Mayhem"

Midnight "No mercy for Mayhem"

(Hells headbangers, 2014)

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Et revoilà le fameux combo originaire de Cleveland! Après des tonnes de splits et d'EPs divers et variés, Midnight revient en force avec un deuxième album qui ravira les amateurs de Métal "old school" bien couillu!

J'avais déjà parlé ici du groupe américain à l'occasion de la sortie de leur compilation Complete and total hell et je pourrais reprendre presque mot par mot ce que j'avais écrit! Oui, avec ce No mercy for Mayhem, Midnight persiste et signe. Préparez-vous donc à une nouvelle avalanche de riffs assassins au long de ces 11 nouveaux titres pleins de sueur et de sang. Car, Midnight, c'est un mélange de tout de qui est jouissif dans le rock: un aspect punk que l'on retrouve tant dans la musique que dans l'attitude; un côté rock'n roll puissance 10 et une musique bourrée d'énergie, héritière de ce que nos bonhommes ont dû consommer à outrance (outre les litres d'alcool!) depuis leur adolescence, à commencer par Motorhead et Venom !



On qualifie souvent des groupes tels que Midnight de Black'n roll et je trouve ce terme fort adapté car les aspects Black Métal sont finalement restreints: on ne trouvera ici que l'imagerie satanique propre au Métal et les parties vocales qui accompagnent à merveille un speed/thrash énervé et sans fioritures! En somme, mélangez alcool, sexe et dirty Métal et vous aurez de quoi définir la musique de nos Américains  cagoulés qui risquent fort, avec "No mercy for Mayhem" d'animer vos soirées les plus folles pendant longtemps!

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Notez pour finir que l'album, en plus d'un pressage vinyl de qualité, est livré dans sa version CD avec un second CD présentant le très rare live Alive on the streets of Cleveland qui vous donnera encore plus envie de voir ces furieux de Midnight en concert!

Rüdiger / C.N.C.

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24/08/2014

Chronique de livre: Lucien Rebatet, Les mémoires d’un fasciste II (1941-1947), Pauvert, 1976.

 Chronique de livre:

Lucien Rebatet, Les mémoires d’un fasciste II (1941-1947), Pauvert, 1976.

Rebatet mémoires.jpgLucien Rebatet, qu’on a déjà mis à l’honneur sur ce blog (Chroniques de Je Suis Partout et de Dialogue de vaincus), a laissé, avec son livre Les Décombres, paru en 1942 et plus grosse vente sous l’occupation, un témoignage irremplaçable sur les années 1938-1940. Ce livre, dans une version expurgée, fut réédité dans les années 1970 sous le nom Les mémoires d’un fasciste I. Les mémoires d’un fasciste II sont donc la suite des Décombres et couvrent les années 1941-1947. Ils sont constitués des mémoires proprement dits qui vont de 1941 à 1944 (Rebatet mourut sans les avoir menés à terme) et de fragments de textes inédits ou non ainsi que d’un article rédigé en 1953.

Comme dans les Décombres, Rebatet mêle l’actualité du moment, ses opinions et ses souvenirs personnels. On le trouve, début 1941, assez peu charmé par l’idée de collaboration. Comme beaucoup, c’est la déclaration de la guerre à l’URSS par l’Allemagne qui le fait entièrement changer d’avis. A cette époque, à la différence de Brasillach, très attaché au Maréchal Pétain, l’auteur se sent proche de Marcel Déat et vitupère déjà rageusement contre Vichy, son gouvernement composé d’ « hypocrites bourgeois » et ses clans représentant tout ce qu’il déteste : les « anglomanes, agents des banques, prélats » etc. Pourquoi collaborer, Rebatet l’explique : « Pourquoi  nous affirmions-nous fascistes ? Parce que nous avions pris en horreur la démocratie parlementaire, son hypocrisie, son impéritie, ses lâchetés (…) le fascisme représentait le mouvement, la révolution, l’avenir (…) Nous voulions le parti unique, abolissant les sectes politiciennes, le contrôle rigoureux ou l’étatisation des banques d’affaires, la défense des ouvriers et des employés contre l’inhumaine rapacité du capitalisme (…) Nous n’étions pas des convertis par opportunisme. Nous avions déjà choisi nos couleurs dix ans plus tôt (…)  Il se trouvait que nos vainqueurs vivaient sous un régime fasciste, ce qui raccourcissait les distances entre eux et nous »

Partagé entre Paris et son village natal de Moras, dans la Drôme, Lucien Rebatet décrit sa vie, ses activités, ses rencontres. En premier lieu, la publication des Décombres qui est un succès retentissant, son travail de journaliste politique et de critique et surtout sa passion pour la littérature. Il commence en effet à cette époque à rédiger ce qui deviendra Les deux étendards. Ce manuscrit qui grossit de mois en mois est sa principale obsession et il y travaille le plus possible. A certains moments, sa littérature devient en effet sa « seule passion », sa « seule ambition ». Comme dans les Décombres, nous avons droit à très nombreux portraits et anecdotes. Celles-ci concernent aussi bien les partis politiques de l’époque que des figures plus ou moins connues, toujours croquées avec talent. L’image de mystique un peu fou donnée à Alphonse de Châteaubriant, directeur du journal La Gerbe, est ainsi délicieuse. Céline est désigné comme« notre prophète », Mussolini, quant à lui, est « notre patron ». Les amis et collègues de Rebatet ne sont pas oubliés eux non plus : Brasillach, Cousteau, Lesca, Lambreaux…

C’est à partir de 1943 que les choses se corsent : le Reich n’est plus invincible. Stalingrad est « la plus lourde défaite de l’Occident ». A Je suis partout, on commence à discuter de l’avenir du journal, ce qui aboutira au départ de Brasillach, ami cher de l’auteur, et à la reprise de l’hebdomadaire par ce dernier et Cousteau. La situation se dégrade pour l’axe et 1944 s’annonce mal. Les revers militaires s’intensifient et, en France, les maquis agissent de plus en plus. Face à leurs pillages et assassinats, il déclare ainsi que « la mollesse de la répression nous indignait ». La situation intérieure change et les collaborateurs voient que le vent a tourné inéluctablement. Philippe Henriot et d’autres sont assassinés. On reçoit des menaces de mort. On sent que certains attendent de se venger. A Paris, on commence donc à sérieusement douter pour sa vie tandis que le débarquement et ses suites n’apportent aucune nouvelle de nature à changer la donne. Le 18 août 1944, ce sera finalement le départ vers Allemagne où Rebatet et sa femme Véronique, au terme d’un épique voyage en compagnie de nombre de grandes figures de la collaboration, arriveront à Sigmaringen, siège du gouvernement français en exil.

Si Rebatet n’est pas resté en France, comme Brasillach par exemple, c’est pour deux raisons : il se doutait bien qu’on ne lui pardonnerait pas bien des choses (Le dernier éditorial qu’il avait signé pour Je suis partout avait encore pour titre « L’espérance est nationale-socialiste »…) et, de plus, il n’envisageait pas une seule seconde la vie clandestine. Pour reprendre ses mots : « Je n’avais pas la moindre aptitude physique ou morale à la clandestinité ». La fuite en Allemagne est toutefois ressentie par celui-ci comme une énorme humiliation, « la plus terrible catastrophe de mon existence ». C’est abandonner son pays, sa famille, ses biens personnels (dont sa collection de disques et de livres à laquelle cet amoureux de l’art tenait énormément). C’est faire le bilan d’un engagement : « Mon choix n’a rien eu de vil : la collaboration d’abord pour épargner à mon pays les pires conséquences de la défaite que nous avions prévue, ouvrage de nos pires ennemis les antifascistes de tout poil, ensuite par horreur du bolchevisme. Je n’ai brigué aucune place. J’ai gagné de l’argent uniquement par ma plume, pour défendre ce que je croyais vrai… ». Rebatet en veut aux Allemands qui perdent la guerre car « ils n’ont ni voulu ni su prendre la tête de la révolution fasciste en Europe, de l’Ukraine à la Bretagne ».

Une fois en Allemagne, à Sigmaringen, Rebatet retrouve tout le petit monde de la collaboration qui le fatigue de plus en plus. Ne voulant pas participer à « cette parodie » de gouvernement français ni de près, ni de loin, il voyage un temps dans l’Allemagne en guerre. Il y voit les bombardements meurtriers des alliés, assiste aux destructions massives de ceux-ci et est frappé par le courage des Allemands qui les subissent. Il s’arrête un temps pour travailler au monastère de l’ordre noir d’Hildesheim (Episode évoqué par Saint-Loup dans Götterdammerung). Cette collaboration restera infructueuse mais Rebatet se félicite d’y avoir rencontré les « nationaux-socialistes les mieux dégagés du pangermanisme, les plus conscients de la mission européenne du fascisme ». Son retour à Sigmaringen lui donne l’occasion de continuer son roman mais également de brosser un superbe portrait de Louis-Ferdinand Céline qui est, lui aussi, arrivé dans cette « Colonie française » en novembre 1944. L’auteur de Mort à crédit détone dès son arrivée par son allure plus que négligée qui ne fait qu’étonner ceux qui le voient comme « l’écrivain fasciste, le prophète génial ». Du portrait haut en couleurs laissé par Lucien Rebatet, voici quelques phrases: « la mansuétude de tous les officiers allemands était acquise à Céline. Et il la fallait très large, pour qu’ils pussent fermer leurs oreilles à ses sarcasmes. Car Louis-Ferdinand était bien le plus intolérant, le plus mal embouché de tous les hôtes forcés du Reich ».

Le 8 mai 1945, Lucien Rebatet se constitue prisonnier en Allemagne. Il a réussi à sauver le manuscrit des Deux étendards en le confiant à sa femme. Emprisonné à Fresnes, il est condamné à mort le 23 novembre 1946 en même temps que Pierre-Antoine Cousteau mais sera finalement gracié quelques mois après. C’est l’évocation de cette période de prison qui constitue la fin de l’ouvrage. Cette partie reprend un article de 1953 paru dans le Crapouillot : « On ne fusille pas le dimanche ».

Cette suite des Décombres est un autre témoignage capital sur ces années qui virent basculer le destin de la France et de l’Europe. On regrette que ce livre, paru en 1976, soit difficile à trouver ; il mériterait bien une réédition tant pour sa matière que pour l’indéniable talent de plume de son auteur.

Rüdiger / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

Chronique de livre: Je suis Partout. Anthologie (1932-1944). (Auda Isarn, 2012)

 Je suis partout. Anthologie (1932-1944). Editions Auda Isarn (2012)

je-suis-partout-anthologie-1932-1944.jpgJe suis Partout (JSP), le nom maudit... ou tout du moins mal connu. On a tous, en général, des idées sur ce qu'était ce fameux journal « collaborationniste » à la réputation sulfureuse; on a parfois lu quelques articles ici et là mais pas de quoi, je pense, se faire une idée très précise sur cette aventure de presse française à la sauce fasciste... La présente anthologie de textes parus sur 12 ans est donc une excellente introduction en la matière. En effet, le choix des articles reproduits ici diverge tant par les sujets que par les auteurs, ce qui permet d'obtenir un aperçu assez général de ce que fut JSP. 

Le ton de nombre d'articles du présent recueil sera considéré comme radical voire violent. Oui, Je suis Partout était un journal de conviction où l'on ne mâchait pas ses mots et où l'on revendiquait haut et fort les étiquettes de fasciste, de nationaliste, d'antisémite ou d'anti-maçon. C'est l'époque. Tous les contributeurs de JSP n'avaient pas forcément les mêmes parcours ou idées sur tout, même si tous partageaient antisémitisme et anti-bolchevisme. En tout cas, les noms de Lucien Rebatet, Pierre-Antoine Cousteau, Robert Brasillach, Georges Blond ou encore Alain Laubreaux en disent suffisamment... En plus de nombre d'articles des précités, on trouvera dans cette anthologie énormément d'articles écrits par des collaborateurs occasionnels, dont certains de renom: Abel Bonnard (alors membre de l'Académie française) ou encore Pierre Drieu La Rochelle... C'est dire la qualité générale de tous ces papiers où l'on trouve une langue française riche, imagée et souvent savoureuse. Vous avez donc droit ici à environ 80 articles du journal, soit 650 pages pour la somme très raisonnable de 30 euros.  

1932-1944. 12 années durant lesquelles JSP évoluera ; que cela soit politiquement ou au niveau de l'équipe de rédaction. On pourrait déjà distinguer les deux grandes périodes du journal: l'avant guerre et les années 1941-1944 (Et dans celles-ci, le tournant de 1943 qui voit le départ de Brasillach du journal; celui-ci devenant en plus en plus radical aux mains de Rebatet et de Cousteau). Pour un historique plus complet, le lecteur se reportera à l'émission consacrée par Méridien Zéro à JSP (Emission n°95).

Je suis Partout était bien sûr avant tout un journal politique d'opinion, traitant de l'actualité nationale et internationale. Nationaliste français et maurrassien puis de plus en plus fasciste, voire national-socialiste en 1943-1944. Les ennemis sont tout désignés: la démocratie parlementaire, la république et ses serviteurs qui trahissent la France, toute la clique des ennemis intérieurs de la France -socialistes, communistes, antifascistes...-, les tièdes -bourgeois (pas au sens de classe sociale mais d'esprit bourgeois précise Rebatet) et réactionnaires-, les juifs etc. Avec la guerre, la liste s'allongera à différents "traîtres" tels les gaullistes ou ce "haut clergé oublieux, ingrat et infidèle au point de travailler pour l'étranger". Bref, JSP est "en guerre avec tout le monde" pour reprendre quelques mots de Philippe d'Hughes, préfacier de cette anthologie. Robert Brasillach fait quant à lui, en septembre 1942, la liste des "sept internationales contre la patrie": communiste, socialiste, juive, catholique, protestante, maçonnique et financière. L'éditeur, Auda Isarn, a eu d'ailleurs la bonne idée de reproduire plusieurs caricatures, notamment de Ralph Soupault, qui illustrent bien la manière dont on représentait tous ces ennemis... Parmi les textes les plus corrosifs, on trouvera évidemment ceux, extrêmement politiquement incorrects, du grand Rebatet (qui, pour certains d'entre eux, avaient déjà été édités il y a quelques années dans des recueils d'articles dont le tirage était resté assez limité). On mentionnera par exemple son fameux article de 1941 sur Marseille, "la vie la plus malhonnête de France" pour reprendre ses mots ou encore « Le fait juif » de 1944.

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Ne réduire le journal qu'à cela serait toutefois stupide et cette anthologie permet justement à tout un chacun de se faire une réelle idée du contenu du célèbre hebdomadaire: à côté des textes politiques, se trouvaient des articles aux visées plus idéologiques mais également nombre de papiers culturels (allant des chroniques littéraires aux considérations historiques en passant par toutes sortes d'articles traitant qui de patrimoine, qui de tourisme).

Autre grand attrait du journal: ses reportages ou l'évocation d'épisodes de la guerre par des témoins directs. Les "choses vues" sont de premier intérêt, on suit ainsi les journalistes de JSP en Allemagne (1936, à l'occasion du congrès de Nuremberg; en 1941; en 1943), dans l'Espagne en guerre (1938), à Katyn en 1943 etc. Le journal, durant la guerre, se soucia toujours grandement du sort des prisonniers français et on trouvera notamment dans ce volume un bel article de Robert Brasillach contant ses souvenirs de captivité. JSP était aussi célèbre pour ses rubriques sur le cinéma et la musique et les romans publiés en feuilletons (par René Barjavel ou d'autres). Cette formule politique/culture assura le grand succès du journal qui tirait ainsi plus de 300.000 exemplaires en 1944, à l'aube de la "libération".

Si les articles des années 30 ont toute leur place (on y voit l’intérêt du journal pour les différents fascismes européens), ceux datant des années 1941-1944 me semblent de premier intérêt car on y voit l'évolution du regard porté sur les évènements de cette époque vécue alors à JSP comme charnière. On retrouve l'atmosphère d'alors qui est décrite par l'un des rédacteurs du journal, fin 1941, comme une "sorte de cataclysme historique" car on a "l'impression d'assister à l'écroulement de tout un monde de valeurs et d'habitudes, et de voir s'édifier peu à peu sous nos yeux une société nouvelle, de nouvelles façons de vivre et de sentir". Le IIIe Reich, continue-t-il, lutte "pour le bien et le salut de l'Europe, contre la bestialité bolchevique". L'Allemagne nouvelle? C'est, pour François Dauture, "un motif d'espérer et un enseignement exaltant". Rebatet, en 1943, dans un article titré L'espérance est fasciste déclare quand à lui: "Si c'est justement à sa trop grande latinité qu'a tenu la faiblesse du fascisme italien, eh bien! disons: "l'espérance est national-socialiste". A partir de 1943-1944, la situation paraissant de plus en plus difficile pour l'Allemagne et pour l'Europe tant espérée, le journal se veut jusqu'au boutiste et ne fait que renforcer sa virulence à tous égards, les textes de Lucien Rebatet en témoignant mieux que n'importe quel discours. Pour l'auteur des Décombres, le national-socialisme, c'est "la révolution juste, nécessaire, la seule qui puisse sauver l'Europe et lui rendre son équilibre".

Et sur la situation de la France? Que trouve-t-on? La défaite de 1940 est une expérience amère mais la politique de collaboration avec l'Allemagne laisse entrevoir des lendemains bien plus radieux que ceux qu’incarnait la république déchue qui a amené la France au désastre. En 1941, Robert Brasillach souligne bien un accord de principe sur la Révolution Nationale. Cela n'empêche pas Je suis Partout de dire ce qu'il pense réellement de celle-ci et de critiquer la mollesse et tous les (nombreux) travers d'icelle. Le même Brasillach, en octobre 1941, déclare ainsi, un an après Montoire: "Montoire n'était pas seulement le symbole de cette réconciliation, pas seulement l'espérance de la prochaine liberté. C'était aussi le symbole que beaucoup de choses allaient changer en France et que la justice, en particulier, serait faite". Déçu par un an de politique française, il déclare encore: "nous voulons seulement espérer- notre espérance, c'est de voir préciser les directives de l'an passé". La déception de l'équipe de JSP sur la situation politique française ne fera que se renforcer, celle-ci se positionnant nettement pour un fascisme à la française qu’on ne retrouvait pas à Vichy. Fin 1943, Pierre-Antoine Cousteau profite ainsi de ses articles pour fustiger très violemment le régime de Vichy auquel est reproché de ne pas être fasciste et de n'avoir pas collaboré avec les réels fascistes français qui, eux, voulaient vraiment utiliser le pouvoir pour faire quelque chose de grand, de neuf. La Révolution Nationale a été faite, dit-il, par une clique d'anciens notables de la IIIe république et non pas par les authentiques fascistes français. Cela explique: "Tous les balbutiements. Tous les ratages. Toutes les extravagances. Toutes les trahisons.". D'ailleurs, pour Pierre-Antoine Cousteau, il n'y a pas que Vichy qui est en faute mais également les français qui ne savent pas ce qu'ils veulent et qui agissent comme un troupeau hébété qui n'a que faire de ceux qui ont tenté de l'éveiller, à l'image de Céline ou de Rebatet. Cependant, ajoute PAC, "Le reproche que l'on pourrait faire à Céline et à Rebatet, ce serait d'avoir surestimé la France, d'avoir trop fait confiance aux facultés de ce malheureux pays. Tout ce que nous voyons chaque jour -il suffit d'ouvrir les yeux- dépasse les peintures les plus sombres des deux visionnaires. (...) neuf français sur dix se comportent quotidiennement comme si de jure, ils avaient droit à l'étoile". Avec les articles de la dernière période de JSP (1943/1944) on comprend justement "en direct" que toute l'espérance qui avait été mise dans le rêve d'un nouveau monde était peu à peu mise à mal au regard de la guerre qui ne prenait pas la direction voulue (notons cependant qu'à l'image de Rebatet, plusieurs journalistes de JSP crurent en la victoire finale de l'Allemagne jusqu'à l'exil à Sigmaringen). L'amertume se mêle alors à la réaffirmation totale du journal en ses idéaux et ce, malgré toutes les difficultés du moment, chaque jour plus nombreuses (situation intérieure en France, menaces de mort sur les rédacteurs...). La fidélité à leur engagement fasciste était, pour les journalistes de JSP, une réalité à toute épreuve. Ils pouvaient affirmer effectivement en 1944: "Nous ne sommes pas des dégonflés".

Rüdiger / C.N.C

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