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27/10/2016

Chronique Manga: Bienvenue dans la NHK !

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Bienvenue dans la NHK !

Big Brother, Big Other, Big Mother ce trio infernal résume parfaitement la matrice dans laquelle nous humains déracinés évoluons, perdus au milieu d’un non-occident à bout de souffle. Pour comprendre et se détacher de notre monde, il ne faut rien attendre des séries, des romans et autres outils du divertissement. La plupart du temps, ils n’existent que pour nous détourner de la voie. Ils nous enchainent à un état d’ « adulescent ». Ils excitent nos désirs, pour mieux nous façonner en une « une copie qu’on forme » (pour reprendre l’expression d’Alain Damasio). Très peu sont là pour nous ramener dans la réalité, nous être utiles en somme. Bienvenue dans la NHK, l’adaptation en série animée du court roman écrit par Tatsuhiko Takimoto, décode très bien notre Big Mother des temps présents1. Après cela reste ce que c’est, un produit de la société de consommation. Personne ne vous sauvera de vous-même.

L’histoire tourne autour de Sato, un asocial de 22 ans des plus extrêmes. Il dort 16 heures par jour, passe le reste de son temps sur les écrans, sort une fois par semaine de chez lui pour aller chercher de la nourriture, n’est en relation avec quasiment personne. Comble du pire, il ne poursuit point d’études et n’a pas de travail. Cela fait plus de 4 ans qu’il regarde le film de cette moribonde existence défiler sous ses yeux. Alors qu’il s’enfonce dans la folie, il est amené à rencontrer d’une part, Mizaki une jeune fille mystérieuse qui se donne pour mission de l’aider et d’autre part, Yamazaki qui l’embarque dans la création d’un roman interactif grivois.

Au Japon, on appelle le type de personnes qu’incarne Sato un hikikomori, un phénomène assez répandu au Japon (l’auteur en est lui-même un). L’affliction sociale reste cependant discernable ici à des degrés divers ici, ils détiennent juste une longueur d’avance sur nous. Par amour du « Grand Autre », beaucoup de caucasiens se masturbent en pensant à cette île lointaine2. Or, le pays est loin d’être un exemple sur tous les sujets tel que c’est montré dans l’œuvre.

Il demeure assez incroyable que l’auteur ait choisi un personnage central si rebutant. En effet, notre anti-héros n’inspire même pas de la pitié, mais plutôt du dégoût. Trop lâche pour affronter la vie ou la mort, on a l’impression de croiser un individu sans forme qui ne fait les choses que par dépit. Il vagabonde sur une route brumeuse où il croise parfois des néons de conscience et retourne dans la brume aussitôt. Il est traversé par une force qui l’invite à retourner à l’état de fœtus. Il veut que Big Mother le nourrisse tout en étant dégoûté de cet état de fait, aspirant à s’ouvrir sur le monde extérieur, à être hors de lui. Cependant, il est bloqué par sa peur d’affronter la réalité, son manque de confiance et le poids des mauvaises habitudes nées de l’ultra-confort. Ce qui fait que l’on arrive à suivre les non-aventures de cette personne sans aucun mérite, c’est qu’il a conscience d’être un déchet et que l’ensemble ne manque pas d’ironie et d’humour noir, sans compter le bon message qu’essaye de délivrer cette fiction.

Bienvenue dans la NHK diffère d’autres œuvres nippones où le héros tombe dans plein de situations incroyables. Ici, personne n’échappe à soi et à la banalité. Les vies des différents personnages sont sans éclat. Ils ne « brilleront pas avec la mort, car ils vivent déjà éteints ». Ils sont tous le reflet de pathologies sociales malheureusement devenues trop courantes. De ce fait, il se dégage ambiance assez pessimiste qui tranche avec un générique d’ouverture guilleret (qui en regardant de plus près ne l’est pas vraiment et synthétise discrètement toute la série).

En novlangue, on affirmerait que l’œuvre est ultra-stigmatisante. En non-novlangue, elle cerne bien le réel et c’est moche, très moche. La culture otaku, les jeux vidéo en ligne, la pornographie, etc. Tout cela est montré sous son vrai visage. Non, sans déconner l’attirance pour des adolescentes en plastique n’est pas le signe d’une bonne santé mentale. C’est presque devenu tabou de le dire. C’est comme expliquer que Pokémon Go n’est peut-être pas le pinacle du progrès. Pour beaucoup je suis déjà en train de tendre le bras en proférant cela mais, je m’égare.

Nous n’avons pas la volonté de voir notre domestication, notre état de canidé dans les sociétés développées. Tatsuhiko Takimoto l’annonce très bien dans la préface de son livre : « La plus grande source de colère provient de sa propre lâcheté. Il est pauvre parce qu'il ne sait pas comment gagner de l'argent. Il n'a pas de petite amie, car il n'a aucun charisme. Mais le processus qui mène à se rendre compte de la vérité et à accepter ses propres faiblesses demande beaucoup de courage. Aucun être humain, je dis bien aucun, n'a envie de regarder ses propres insuffisances en face. C'est à ce moment-là que le théoricien du complot projette sa lâcheté sur le monde extérieur. »

Sa conviction tient pour lui que le poids des idées pèse très peu dans le changement d’une personne. Un quidam explique par exemple qu’il a lu 200 livres de développement personnel et que sa vie n’en fut point modifiée pour autant. Bienvenue dans la NHK est surprenant de cynisme: l’hypocrisie et l’innocence désintéressée disparaissent quand on gratte en surface. L’espoir réside quand même, mais il ne se manifeste pas comme quelque chose d’éclatant. D’ailleurs, la série est habile pour sous-entendre (en partie pour contourner la censure), ce qui contrebalance l’animation de qualité moyenne.

Beaucoup de questions émergent après la vision ou la lecture de Bienvenue à la NHK. On n’est pas indifférent et c’est le meilleur compliment que je puisse faire. Longue est la route vers l’autonomie, la définition de ses propres normes. Postmodernes, Trop Post-modernes. Nous sommes tous seuls ensemble. Certains en bon évoliens, se croyaient être en dehors de la matrice, surfer sur le Kali Yuga. On espère tous chevaucher le tigre, mais on est dans sa gueule...

Valentin/C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

1 Je vais me concentrer principalement sur la série, car le (court) roman et le manga sont quasi-identiques.

2 Ce genre de schizophrènes qui aime le japon parce que c’est une société homogène et traditionnaliste et qui installé là-bas voudrait le changer en nouveau temple du multiculturalisme et du progrès. Logique !!!

26/10/2016

Création d’un parti politique par le mouvement Azov et « Marche de la Nation », le 14 octobre 2016 à Kyiv, Ukraine

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Création d’un parti politique par le mouvement Azov et « Marche de la Nation », le 14 octobre 2016 à Kyiv, Ukraine

Le 14 octobre 2016, journée du défenseur et du guerrier traditionnel de l’Ukraine, s’est tenu à Kyiv le congrès inaugural du parti politique du mouvement AZOV, le Corps National (Natsional’niy Korpous).

Fondé sur la base du Corps civil AZOV, il unit les vétérans du régiment AZOV, des patriotes et des militants.



Andriy Biletskyi, fondateur et premier commandant du régiment AZOV, député à la Verkhovna Rada (Parlement), a été élu à l’unanimité chef du parti par 292 délégués venus de toutes les régions de l'Ukraine.

Levko Loukianenko et Myroslav Symtchytch, anciens prisonniers des camps soviétiques et vétérans de la lutte pour l'indépendance, ainsi que le célèbre écrivain ukrainien Vassyl Shkliar, entre autres auteur du livre « Sur le chemin glorieux du régiment AZOV », ont célébré l’émergence de la nouvelle force nationaliste devant les participants du congrès.

Le musicien Arseniy Bilodoub, chanteur du célèbre groupe Sokyra Peruna, au nom du Secteur Droit (Praviy Sektor), a souhaité bonne chance au Corps National et a souligné que les organisations nationalistes ukrainiennes entretenaient des liens de camaraderie, non des relations de rivalité.

Le régiment AZOV était représenté à la tribune en la personne de son commandant par intérim qui a précisé que le nouveau parti défend les intérêts supérieurs de l'Etat et de tous les soldats ukrainiens qui se sont battus et ont donné leur vie pour l’Ukraine : leur objectif n'a jamais été la capitulation, presque signée par les autorités ukrainiennes actuelles.

Avant la présentation du programme du parti, une vidéo qui retraçant l’histoire du mouvement AZOV a été projetée. Ensuite, les délégués ont approuvé le programme et la charte du Parti.

Dans son discours salutaire, Andriy Biletskyi, le chef du Corps National, a souligné ce qui suit : « Nous ne devons pas devenir le parti des mots, mais celui des actes. Assez de mots. L'Ukraine a besoin d’actes ».

Le premier principe tiré de la présentation du programme soulignait la nécessité de mettre en place l'Union Baltique-Mer Noire (Intermarium).

L'Occident, les Etats-Unis en particulier, a trahi l'obligation de défendre l'intégrité territoriale du pays au nom du mémorandum de Budapest conclu par l’Ukraine en échange de sa renonciation aux armes nucléaires.

Au lieu de développer un bloc géopolitique composé des alliés naturels régionaux de l'Ukraine, le gouvernement ukrainien et le président se mettent littéralement à genoux face à la communauté internationale, en demandant l'aide.

Ainsi, la priorité de la défense de l'Ukraine résiderait dans la restauration de son potentiel nucléaire, de ses capacités de production dans le domaine de l’aéronautique et des missiles balistiques, ainsi que dans la création de puissantes forces armées composées d'une armée professionnelle fondée sur un système contractuel et une armée de défense territoriale.

En outre, serait créée une Légion étrangère professionnelle visant à protéger les intérêts ukrainiens sur la scène internationale.

"Nous avons la connaissance en interne de la situation sur le front, ce qui nous met ainsi en mesure d'assurer la victoire de l'Ukraine", a déclaré le représentant du parti.

Dans le domaine de la politique étrangère et de défense ont été suggérées les étapes suivantes:


- La dénonciation unilatérale du traité d'amitié de 1997 entre l'Ukraine et la Russie.


- La reconnaissance de la Fédération de Russie, en tant que puissance belligérante et agresseur, ceci à tous les niveaux de la politique mondiale et de la diplomatie internationale.


- Le rétablissement des relations diplomatiques avec la Russie seulement après la désoccupation de la Crimée et du Donbass, ainsi que le paiement de réparations par la Russie.

- La légalisation du droit à l'autodéfense armée en Ukraine.

En outre, ont été mis en évidence les points économiques pour permettre de conférer à l’Ukraine le statut d'un super état : au lieu de brader les restes de l'héritage soviétique et d’offrir des ressources naturelles à bas prix à l'Ouest ainsi que des produits semi-finis, l'Ukraine devrait mettre en œuvre de nouveaux projets mondiaux sur la base de son immense potentiel dans les domaine scientifique et de l’éducation.

Elle devrait tirer parti de sa position géopolitique, de sa situation de corridor, de son sol riche, ainsi que de ses autres ressources naturelles.

Le temps du nationalisme économique est venu : l'Ukraine devrait mener la Quatrième révolution industrielle dans des domaines comme les technologies de l'information, les biotechnologies, l’énergie, les transports, le complexe militaro-industriel et l'agriculture.

L'économie de l'Ukraine doit être mixte : le Corps National suggère la nationalisation des branches stratégiques de l'économie et en même temps un soutien maximal aux entrepreneurs privés dans le reste du champ économique, national et étranger, avec la réduction du fardeau de la fiscalité en particulier.

La modernisation rapide de l'économie ukrainienne suppose la mise en place d’un Fond d'investissement national.

L’autarcie énergétique serait basée sur le développement rapide de l'industrie nucléaire et thermonucléaire.



En politique intérieure, en ce qui concerne la structure du gouvernement, l’accent est mis sur la place tenue par un puissant leader national qui serait à la fois le commandant en chef et la tête du pouvoir exécutif.

Simultanément, sa responsabilité personnelle serait garantie par une procédure stricte de mise en accusation.

La même chose vaut pour les fonctionnaires qui doivent être prêts au rétablissement de la peine de mort comme mesure exceptionnelle pour trahison et détournement de fonds publics.

Les juges et les représentants des forces de l'ordre devraient être élus sur une base régionale.

De plus, la majorité des questions sociales devrait être discutée lors de référendums locaux.

La décentralisation, la liquidation de la brueaucratie et de la corruption pourraient être, entre autres, réalisées grâce au recours à un mode de gouvernement électronique.

Force, Prospérité et Ordre sont les grands principes qui résument le programme du parti.



Le congrès a réuni des délégués étrangers en provenance d'Europe occidentale, centrale et orientale (Pologne, Lettonie, Croatie, Grèce, Italie, Allemagne).

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La célébration du congrès du parti et du Jour des Défenseurs de l'Ukraine par le Corps National s’est conclue par la massive « Marche de la Nation «  ayant réuni de plus de 10 000 personnes avec la participation du Secteur Droit (Praviy Sektor), de C14 et d'autres formations nationalistes qui ont rejoint le cortège, avec de nombreux habitants de Kyiv.

La marche, qui a duré 3 heures, était accompagnée par les hymnes de fameux chanteurs patriotes ukrainiens.

Elle a démarré au pied de la statue de la Mère Patrie pour traverser le centre historique de Kyiv jusqu’à la place Sainte Sophie et le monument de Bohdan Khmelnytskyi.

L’arrêt le plus long fut effectué dans la rue Hroutchevskyi où, il y a plus de 2 ans, au cours de l’hiver 2014, sont morts des héros de la Centurie Céleste.

Les leaders des mouvements organisateurs de la marche ont déposé des gerbes de fleurs à la mémoire de ceux qui sont tombés, pour honorer leur mémoire et celle des soldats ukrainiens de la guerre en cours.

« La paix, après la victoire », pouvait-on lire sur une des bannières brandies par les participants.

Aussitôt arrivés à destination, ces derniers ont pu écouter les discours des chefs d’organisations qui ont mis l’accent sur deux points principaux.

Ils ont envoyé tout d‘abord un message très clair au gouvernement ukrainien : « Nous avons battu le pavé pour montrer aux autorités que nous ne lâcherons rien et que nous sommes prêts à entreprendre des actions décisives au cas où elles trahiraient l’Ukraine et le peuple ukrainien ».

Ensuite, ils ont souligné l’impératif de la solidarité entre organisations nationalistes qui ont uni leurs forces au cours de la marche et sont prêtes à former un front politique commun.

« La force est dans l’unité » a souligné Andriy Biletskyi, le leader du « Corps National » et de l’ensemble du Mouvement Azov.

La marche s’est achevée avec la récitation collective de la prière du nationaliste ukrainien, un rite traditionnel du Mouvement Azov.

Olena Semenyaka

(traduction française effectuée par Björn Sigwald et Pascal Lassalle)

Toutes les photos à la source: http://reconquista-europe.tumblr.com/

22/10/2016

Chronique de film : L'Odyssée de Jérôme Salle (2016)

 L'Odyssée de Jérôme Salle (2016)

odyssée cousteau.jpgAutour de la figure de Jacques-Yves Cousteau, interprété par Lambert Wilson, L'Odyssée, film de Jérôme Salle, César du meilleur premier film pour Anthony Zimmer, nous entraîne dans trente années qui vont forger un mythe en même temps que changer le monde : 1949-1979. Deux mondes que toute oppose. Derrière l'Odyssée, nous assistons plutôt à une série d'odyssées, celle de la famille Cousteau, celle de la France triomphante des Trente Glorieuses, celle, au final, de l'écologie balbutiante.

Le film démarre en 1949, Jacques-Yves Cousteau, marié à Simone Melchior, fille et petite fille d'Amiral, quitte la Marine nationale et décide de mener différentes campagnes océanographiques. Il achète alors la Calypso, qu'il retape avec famille et volontaires et avec laquelle il va mener des expéditions financées par des sociétés pétrolières prospectant pour l'extraction offshore puis par une chaîne de télévision états-unienne. En 1979, le film se termine au moment de la mort de son deuxième fils, Philippe, dans un accident avec son hydravion sur le Tage.

Centré sur les rapports complexes avec son fils Philippe, la narration est assez classique, voire convenue, mais les scènes d'exploration sous-marine et Antarctique rehaussent l'ensemble. Vous saurez vous laisser entraîner dans ses différentes aventures sur ces nouveaux fronts pionniers vers les confins du monde des glaces et du monde sous-marin. Le film peut toutefois s'avérer poignant tant il rentre dans l'intimité du Commandant et de sa famille. Devenant de plus en plus détestable au fur et à mesure du film mais sachant regagner la sympathie du spectateur, celui-ci est bousculé dans ses représentations par son fils Philippe, préoccupé par l'écologie. Une Odyssée ? Au sens littéraire sûrement, au sens d'Homère, pas vraiment, tant J.Y.C. se laisse happer par les tentations de son époque. Simone Melchior semble une bien terne Pénélope, écumant son Whisky dans les logis de la Calypso...

Le rêve Cousteau se transforme ainsi peu à peu en cauchemar pour son équipage et son épouse, attachés à la Calypso, alors que le Commandant se rend dans les soirées mondaines à New-York ou à Paris. La décrépitude de son épouse, qui ressemble de plus en plus à une tenancière de bistrot de province, contraste avec l'allure de son mari, toujours impeccablement habillé, signant des autographes et séduisant les femmes. L'archétype de l'homme français, séducteur et agaçant qui parvient parfois à conquérir l'Amérique.

Mais peut-on vraiment, à la fin du film, se défier de l'homme au bonnet rouge ? Pas vraiment. Le père et le mari ont sûrement, comme tout homme, leur part d'ombre et leurs limites, mais Cousteau est au-delà de ça. Déterminé et égoïste mais surtout génie et pionnier, il est à l'origine du moratoire qui empêche l'exploitation de l'Antarctique jusqu'en 2048. Ses apports au monde de la plongée et à la connaissance des mondes sous-marins nous sont aujourd'hui précieux. Paul Watson, fondateur de la Sea Shepherd Conservation Society en 1977 le compte comme l'une de ses inspirations.

Utopiste, homme de son temps, le mythe Cousteau méritait-il d'être abordé sous un angle aussi intimiste ? C'est essentiellement sur ce point que les critiques pourront débattre. Et les conflits d'héritage entre sa nouvelle épouse et son fils Jean-Michel n'y sont probablement pas pour rien. En s'arrêtant en 1979, à la mort de Philippe, après une discussion avec Jean-Michel et sur une image de la famille réunie en 1949, le film ne cherche-t-il pas à s’immiscer dans ses querelles de famille ? Etait-il cependant nécessaire de dépeindre cet homme d'exception sous les traits aussi banals d'un père de famille inattentionné ou d'un mari volage ? Les Français ont-ils toujours besoin d'égratigner leurs icônes et de faire leur examen de conscience ? Si l'Odyssée redonne la part belle à ses proches, le film montre en définitive que rien de toute cette aventure n'aurait été possible sans la vision et la flamme ardente du Commandant. Nul n'est irremplaçable ? Pas sûr... Avec la fin de Cousteau, c'est aussi une certaine France qui s'est éteinte, une France ambitieuse et sûre d'elle-même. Quelque chose que nos enfants ne connaîtront sûrement jamais.

Jean/C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

20/10/2016

Affaire Djenah : la race noire n'existe pas !

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Alerte rouge ! Oubliez le chômage, la précarité, l'immigration, l'insécurité, la guerre civile larvée et tout le reste ! Les Français, donc vous et moi, ont été horriblement choqués par le bref enlèvement de Djenah, une enfant de 4 mois, à Grenoble.

Le kidnappeur, qui s'est finalement rendu à la police le mercredi 19 octobre (moins de 24 heures après l'enlèvement), a été décrit comme suit :

"Steeve Beni Y Saad, un SDF de 28 ans, est décrit comme un homme violent mais la justice n'avait pas encore statué sur ces violences présumées et il avait toujours un droit de visite auprès de l'enfant, précise «Le Dauphiné Libéré». Le procureur de Grenoble a assuré que le père n'a jamais été violent avec son enfant.

(C') est un individu noir de peau, aux cheveux noirs et courts, porteur de lunettes de vue et mesurant 1 mètre 75."

Encore une histoire liée à un allogène... violent. Quand ce n'est pas les attentats, les viols collectifs, les attaques gratuites ou que sais-je, c'est les enlèvements ! Un beau fait divers digne de la France métisse ! Comme le montre la photo qui a été amplement reprise dans les médiats, la petite Djenah est le fruit d'une union entre Steeve Beni Y Saad et une Blanche. Celle-ci pourra, grâce à cette affaire, méditer sur le fait que choisir des non-Européens comme partenaires sexuels ou comme géniteurs équivaut la plupart du temps à jouer à la roulette russe...

Ah oui ! J'en reviens sur les Français qui ont été choqués par l'affaire ! 20Minutes.fr nous en dit plus :

"Incroyable, mais vrai. L’alerte enlèvement lancée mardi pour retrouver un bébé de quatre mois enlevé à Grenoble par son père a doublement choqué les Français. D’abord pour l’information qu’elle contenait, mais aussi par le terme « race noire » qu’elle utilisait pour décrire le suspect." 

Horreur ! Le pays est en émoi ! On a osé dire « race noire » ! Qui plus est, « personne au ministère de la Justice n’a tilté sur ce mot avant de diffuser l’alerte enlèvement. Mais face au tollé que la formulation a provoqué sur les réseaux sociaux, le message a été réécrit deux fois. On a parlé d'« un individu à la peau noire » puis « de couleur noire ». Les excuses du ministère, via un tweet de son porte-parole Pierre Januel, n'ont pas été longues !

Heureusement d'ailleurs car le traumatisme a été profond dans la population. Balla Fofana, un Français parmi d'autres (mis à part qu'il travaille comme journaliste à Libération), s'en est presque étranglé ! Pour ne pas laisser le racisme prospérer, il a écrit un courageux article dont le titre se veut un cri d'alarme : Comment «individu de race noire» s'est retrouvé dans une alerte enlèvement?

20minutes.fr nous rappelle que ce mot est « inaudible », qu'il a « servi de fondement aux pires idéologies et, par ce biais, a conduit à la mort de millions de personnes » et qu'en plus « utiliser ce mot, c’est reconnaître son existence « alors qu’il est scientifiquement erroné (car) la biologie et la génétique nous enseignent que l’espèce humaine est une ».... Blablabla... La science a, au contraire, prouvé que les races existent. La manipulation consistant à le nier est un classique de la rhétorique relevant du marxisme culturel.

Hollande avait promis de supprimer le mot honni de la constitution lors de sa campagne de 2012 car « il n’y a pas de place dans la République pour la race ». Vraiment ? Le mot est pourtant encore présent dans de nombreuses lois et textes officiels de notre chère République... Et la réalité ne risque pas de démentir de sitôt l'existence des races... qui, en plus d'être scientifiquement prouvée, est une caractéristique si évidente et si instinctive chez toute personne saine d'esprit qu'il n'est, normalement, même pas besoin d'en discourir...

Quoi qu'il en soit, les « Français » sont si facilement choqués que je propose la prochaine fois de rédiger l'alerte de la sorte : « Recherche individu de race humaine. Ses cheveux sont noirs et on l'a vu la dernière fois vêtu d'une veste, d'un pantalon et d'une paire de chaussures. » Là, c'est 0% amalgames et aucune emmerde de la part des associations communautaires qui ont bien plus de rôle qu'on ne le croît souvent dans les affaires de notre pays!

Rüdiger /C.N.C.

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18/10/2016

Chronique de bande dessinée : Morgan Navarro "Ma vie de réac"

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Morgan Navarro, Ma vie de réac

Dargaud en partenariat avec Le Monde vient de publier les planches de bande dessinée du blogueur Morgan Navarro hébergées sur le site du journal. (http://morgannavarro.blog/lemonde.fr)

Ce dernier apparaît comme un observateur impuissant mais lucide de notre époque, comme il l'écrit lui-même en quatrième de couverture :

« On me traite de réac, mais je ne le suis pas. 

Je suis lucide, c'est tout.

Est-ce être réactionnaire de voir à quel point le monde court à sa perte ?

N'est-cd pas normal d'être atterré

par la bêtise crasse de notre époque ?

Une époque où les enfants commandent, où l'idiotie est cool, où le savoir est moqué,

où on se demande si c'est pas machiste

de tenir la porte aux dames ?

Bon, je sais, parfois je m'énerve un peu trop,

mais c'est plus fort que moi.

Attaqué par la connerie, je réagis, c'est tout.

Bon ok, je suis réac. »

Réac ? Vraiment ? Qui ne s'est jamais fait traité de « réac » dans un univers majoritairement « de gauche » ? Ou tout simplement dans un univers où seuls ceux qui l'ouvrent sans arrêt sont à gauche ? D'ailleurs de quelle gauche parle-t-on ? Quant on lit les planches parfois très drôles, parfois, il faut l'admettre, un peu plates, de cette BD, on imagine sans peine que Morgan Navarro est un type normal, plutôt « à gauche », au sens où il ne semble pas être dans le camp du patronat et qu'il doit pas trop aimer la loi travail, mais qui se retrouve brocardé sans arrêt parce qu'il trouve ridicule ou incompréhensible les délires genderistes où il se demande ce que sont « les personnes agenres ? » entre autres bizarreries du gauchisme post-moderne militant. Les planches sur Nuit Debout (pages 93/94/65) sont, à ce titre, particulièrement efficaces.

Ma vie de réac dépeint assez bien ce quotidien de plus en plus difficile pour les types de bon sens, pas forcément à droite, vivant dans un environnement parisien totalement déconnecté du réel et avide de toutes les modes sociologisantes deconstructivistes. Le bon sens, n'est-ce pas habiter en tant que borgne ce royaume d'aveugles ? Car il ne s'agit ici ni de politique ni de revendication mais bel et bien d'un homme usant de son bon sens et se heurtant à la bêtise ambiante tout en choisissant de continuer à la côtoyer, et d'être ainsi pointé du doigt en tant que reac. Dans "accouchement avec plaisir", on ressent parfaitement tout le cynisme de l'auteur face aux influences américaines. La planche croque avec réalité l'impossibilité du dialogue. Face à une énième facétie, la réaction de l'auteur lui vaut un immanquable « macho ». On est toujours « réac », « macho », « raciste », « islamophobe »… Même sa femme semble mal à l'aide, gênée souvent, par ses saillies.

Bien sûr comme Michéa ou Onfray, jamais l'auteur ne franchit le Rubicon de la question qui fâche : l'identité. Mais ce qu'apporte cette BD c'est un bol d'air frais pour le Français lambda, qui déjà pris dans un rituel journalier souvent stressant (bouchons, etc...). Et dans le fond on ne sait jamais vraiment ce que pense l'auteur sur le sujet. Est-il fondamentalement en désaccord ? Rien n'est jamais sûr.

L'ouvrage se termine par les publications des commentaires de son blog. On imagine sans peine les réactions conditionnées du lecteur moyen du journal Le Monde à la lecture d'une planche vaguement sexiste ou superficiellement « réac ». Le gauchiste, à force d'insulter tout le monde, a sûrement l'impression que la société « se droitise », mais si, au fond, c'était surtout lui qui s'enfonçait dans la connerie ?

Bien loin de la violence volontairement exagérée de Marsault, plus réaliste, plus intime, cette BD peut être placée entre beaucoup de mains.

Jean/C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

17/10/2016

Transmettez !

Quand t'apprends à plus de 30 ans, presque 15 ans après son décès, que ton pépé votait depuis ses débuts pour le FN, et que dans la famille on lui disait "n'en parle pas devant les enfants" comme s'il y avait eu quelque chose de honteux !
Bordel, j'ai déjà vu faire ce genre de choses. Refusez toujours ça, TRANSMETTEZ ! Emmerdez quiconque veut vous museler !
Nous n'avons pas à avoir honte de ce que nous sommes !

J'ai toujours cru que mon grand père ouvrier était "de gauche". Gamin, je me rappelle même une fois m'être vexé quand il m'avait dit que les pâtes étaient en fait chinoises. Pour moi, ce plat italien était une fierté, et ce ne pouvait être une bande de barbares de l'est qui avaient pu inventer ça ! Quel petit chauviniste suprémaciste!

Mais non, mon pépé il votait FN depuis le début, j'ai même appris qu'il disait qu'un jour la France ne serait plus la France si rien ne changeait. Georges, il avait pas son bac et il bossait comme ouvrier dans l’amiante, mais il avait compris ! Une tante m'a expliqué que tout le monde s'était moqué de lui quand il avait dit ça. Ça m'a fait mal au cœur...
Et c'est bien pour cela qu'il ne faut jamais juger les gens à leur niveau d'étude. Georges, il était pupille de la nation, famille de militaire. Père mort en 14, il grandit dans un orphelinat. Une vie pas facile.

Alors Georges, depuis ton paradis sache que t'avais raison, plus que les surdiplomés, les "culturés", les bourgeois de salon, les je sais tout j'ai été a la fac. T'avais vu juste. Trop tôt. Seul comme ces milliers de Français qui devaient se sentir bien seuls dans les années 70 !

Alexandre Roger/C.N.C.