Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/02/2015

De la rupture.

De la rupture.

dov.jpg

L'histoire récente n'est pas d'une approche aisée et s'y risquer peut conduire très rapidement à confondre l'approche historique avec l'approche journalistique ou purement politicienne. Ce qui distingue précisément l'historien du journaliste, au-delà de la méthode de travail, c'est l'approche du temps. Difficile de savoir dans un siècle ce que diront les historiens de notre époque. Difficile aussi de savoir s'ils verront une rupture suffisante pour créer un nouveau découpage. Difficile aussi de savoir s'il y aura toujours des historiens... Pour le Cercle Non Conforme il importe toujours de prendre de la distance avec les sujets que nous abordons, probablement car nous abordons plus notre époque comme des historiens ou, pourquoi pas, des anthropologues, que comme des journalistes ou des politiciens.

Une époque historique ne naît jamais « ex-nihilo », elle est toujours issue de l'époque qui l'a précédée, même si, à bien des égards, elle peut sembler totalement différente. Ainsi chaque période va produire des « représentations mentales » chez nous. Si nous parlons de l'Antiquité, nous verrons immédiatement dans notre esprit apparaître les images de temples grecs, de monuments romains, d'empereurs triomphants ou même de gaulois intrépides. Si nous bifurquons vers l'histoire médiévale, nous verrons alors apparaître dans notre esprit les chevaliers, les châteaux, les croisés ou les villages avec leur église romane. L'époque moderne mobilisera les tableaux de la Renaissance ou Versailles et l'époque contemporaine le chemin de fer, les usines et les guerres mondiales.

Pourtant, à bien y réfléchir, la Rome de l'Empereur Julien n'a rien à voir avec celle de Cincinnatus, et se retrouve bien plus proche dans le temps de Clovis que ne l'est le roi des Francs de Jeanne d'Arc. Tout cela ne vous apprendra pas grand chose, mais il convient de poser un premier préalable : en histoire tout est affaire de ruptures et de continuités. En écrivant Le siècle de 1914, Dominique Venner aura démontré la rupture qu'a pu représenter la guerre de 14-18 en Europe. Cette rupture a été ressentie par nombre de contemporains. Si l'Europe était abattue en 1918, le champs des possibles n'avait, paradoxalement, jamais été aussi important, de la révolution bolchevique à la prise de pouvoir d'Hitler, ce sont 15 années de corps-francs, d'insurrections révolutionnaires, de putsch ratés, d'effervescence politique, intellectuelle et militante dans tous les camps. Un homme nouveau était né des tranchées, du squadriste au pacifiste radical, des types d'hommes avaient été engendrés par le feu de 14-18. Ainsi le fascisme ne pourra jamais être dissocié de ce qu'ont vécu les soldats de la Grande Guerre et il est vain de traiter le fascisme avec un regard qui est celui des hommes élevés dans la démocratie occidentale. Ceux qui ont connu le fer, le feu, la boue et le sang n'ont pas envisagé le combat politique comme un exercice intellectuel. De là le mépris pour « les intellectuels » et le rôle central de l'action chez Mussolini.

Nos générations ne sont pas héritières des tranchées, ni même de 39-45, de l'Indochine ou de l'Algérie, nous sommes la génération qui n'a connu aucune guerre, aucun combat, aucune souffrance. C'est déjà précisément une immense rupture avec ceux qui nous ont précédé. Nous devons donc agir avec humilité, nous ne sommes pas les héritiers de Jünger, de Saint Loup ou du Venner de la guerre d'Algérie, nous n'en sommes au mieux que les pâles copies. Nous sommes une toute autre génération et même les accrochages musclés avec le camp adverse ne seront jamais des faits d'armes dignes de la bataille de Verdun ou de la bataille de Stalingrad. L'irruption du numérique a aussi enlevé à la guerre son caractère d'expérience. Aujourd'hui les soldats et les volontaires vont tweeter ou publier des photos sur Facebook. Les videos d'exécution sont publiées sur Youtube. J'ai du mal à imaginer un soldat français postant une photo de lui entre deux bombardements sur la rade de Dunkerque en 1940 ou un Waffen SS publier un tweet en pleine bataille de Koursk en 1943... Peut-être que les derniers à avoir connu la guerre telle qu'elle pouvait se pratiquer ont combattu avant l'an 2000. Il devient donc nécessaire de bien comprendre dans quel monde nous vivons, quelles en sont les grandes ruptures pour ne pas reproduire un militantisme fantasmagorique mais enraciné dans le présent.

La rupture qui nous a engendré se situe quelque part au cours des années 80 jusqu'au début des années 90 :

D'un point de vue politique et géopolitique, cela ne dira rien aux plus jeunes, mais ce sont les années Thatcher (1974-1990), Mitterrand (1981-1995) et Reagan/Bush (1981-1989/1989-1993). C'est la chute du mur de Berlin (1989), la fin de l'URSS (1991), l'apparition du terrorisme islamique (1979 et 1983), l'éclatement sanglant de la Yougoslavie (1992), la création de l'Union Européenne (1993), les accords de Schengen (1985-1995), la modernisation de la Chine sous Deng Xiaoping (1978-1992) et la fin de l'Apartheid en Afrique du sud (1994). C'est bien sûr la mondialisation théorisée par les géographes dès les années 90.

- Du point de vue sociétal, la popularisation de l'informatique débute dans les années 80, la France y occupait même une place importante avec l'entreprise Bull. Le protocole à l'origine d'internet (TCP/IP) arrive en 1983, même s'il sera popularisé autour des années 2000. C'est aussi à cette période que se multiplient les chaînes de télévision et qu'un grand nombre d'entre-elles sont privatisées. C'est aussi l'apparition sur nos écrans des dessins animés japonais. Les années 1980 sont marquées par la marche des Beurs et la main mise de la « génération 68 » dans tous les secteurs. Ce sont aussi les skins, les punks, les métalleux, les goths, les hools, … les grands phénomènes d'identification de la jeunesse se mettent massivement en place dans les années 80, succédant aux hippies ou aux mods. En 1990, la loi Pleven-Gayssot vient couper le sifflet à nos compatriotes.

- Du point de vue écologique. Si le premier candidat aux élections présidentielles est R. Dumont en 1974, l'écologie politique fait véritablement son entrée sur le plan électoral avec B. Lalonde en 1981 et A. Waechter en 1988. Sur le plan international, en 1992, ce sont les trois conventions de Rio sur la diversité biologique, le réchauffement climatique et la désertification, 20 ans après le « rapport Meadows » du club de Rome, qui vont conduire à mettre en place ce qu'on appelle aujourd'hui « le développement durable ».

En sommes, nous pouvons envisager trois ruptures essentielles : la guerre de 14-18, la guerre de 39-45 et la décennie s'écoulant entre 1985 et 1995 qui va mettre en place progressivement toutes les bases du Nouvel Ordre Mondial. Ainsi par exemple le triomphe du communisme n'apparaîtra dans un siècle que comme une parenthèse, certes pas tout à fait fermée, mais le communisme n'est plus aujourd'hui en mesure d'être un acteur de l'histoire, à l'inverse par exemple des mouvements islamistes. Ce qui explique le basculement (souvent inconscient) pour les droites qui ont troqué « le rouge » contre le « djihadiste » comme ennemi principal (mais toujours pas le capitalisme). Il faut bien comprendre le brutal changement qu'a impliqué la décennie 85-95. Certes, depuis le XIXe siècle, le progrès a considérablement modifié nos sociétés, mais il faut bien se rendre compte que nous sommes parmi les premières générations de l'histoire de l'humanité (avec nos parents et nos grands-parents) qui mourront dans un monde qui n'a(ura) plus rien à voir avec celui dans lequel nous sommes nés. Jadis, un français mourrait dans un monde qui ressemblait en grande partie à celui qu'il avait connu à sa naissance, aujourd'hui des adolescents vous rirons au nez si vous leur parlez des baladeurs cassettes à l'heure du MP3 ou du « minitel » à l'heure d'internet sur les smartphones... et vos grands-parents surfent sur internet à 80 ans alors qu'ils ont connu une époque où on communiquait (encore) avec des télégrammes et où on écoutait de la musique sur des gramophones... Par comparaison, il aura par exemple fallu un siècle entre la création de la machine à vapeur et l'apparition de l’électricité, deux ruptures majeures dans les techniques qui auront, à l'époque, considérablement bouleversée la société, aujourd'hui on est capable de bombarder un village par satellite alors qu'il y a un siècle on maniait difficilement l'aviation.

Les hommes, à commencer par leur cerveau, ne sont pas préparés à vivre dans un monde qui connaît autant de bouleversements en un temps si court. Cette « accélération du temps » est une donnée majeure que nous devons prendre en considération. Le temps que les hommes assimilent un changement et agissent en conséquence est tellement long, car il est long par nature, que déjà de nouveaux changements seront apparus. Qu'on y songe, le grande politique de modernisation de la France au XIXe siècle date du Second Empire, alors même que la plupart des dynamiques industrielles et des techniques existent depuis le XVIIIe siècle ! Chez nous, en quelques années, le numérique aura pris une place centrale alors qu'il était encore presque absent il y a 30 ans. Aujourd'hui nous vivons dans une environnement numérique alors que notre cerveau est encore celui des hommes qui vivaient dans la campagne avec un minimum de technologie et sans même savoir en quoi consiste le numérique. On s'étonne qu'en politique, un parti comme le FN capitalise sur « la patrie » et « le pouvoir d'achat », mais c'est tout à fait normal, le cerveau de nos compatriotes est encore dans un environnement qui s'est adapté progressivement à la France des 30 glorieuses, qui sont finies depuis 40 ans... Les logiques d'aménagement sont encore celles de la DATAR sous De Gaulle alors que le temps de réaliser n'importe quel projet d'aménagement (de 10 à 20 ans) il devient quasiment obsolète dans un monde où en un clic on peut imprimer en 3D un plan élaboré à Taïwan depuis Paris. Les 30 glorieuses ont constitué une évolution « logique » de la société qui s'est mise en place à la fin du XIXe siècle, et même si elle a connu des ruptures majeures (14-18 et 39-45), la société connaissait une certaine continuité sur d'autres plans. Mais le monde qui est né dans les années 80 a engendré de tels bouleversements, que nos compatriotes n'ont pas toujours le recul nécessaire ou la capacité à les appréhender rationnellement. Il n'est pas innocent que les décroissants aient choisi l'escargot, dans une société de la vitesse... Pourtant, nous n'avons pas le temps, alors que faire ? Telle est l'éternelle question.

La sphère politique ne fait désormais que courir après les dynamiques qui sont économiques, scientifiques et techniques. Les hommes politiques ne sont plus ceux qui sont aujourd'hui en capacité d'impulser des dynamiques ou de contrôler les milieux économiques, scientifiques et techniques. Proposer une doctrine et un militantisme pour le XXIe siècle, revient donc à couper presque intégralement avec les conceptions héritées du XXe siècle, elles-mêmes assez proches du XIXe siècle, où la politique jouait un rôle clef. Si les grandes idéologies sont nées au XIXe siècle ou ont connu des mutations majeures à la faveur de la Grande Guerre, le XXIe siècle n'est pas celui de ces idéologies. Il est celui de l'emprise économique, scientifique et technicienne dans tous les secteurs et par conséquent nous devons nous positionner par rapport à ces grandes dynamiques qui s'imposent depuis 30 ans. Dynamiques auxquelles nous pouvons ajouter l'emprise médiatique, le 4eme pouvoir. A la suite de Braudel, nous pouvons affirmer que la politique n'est que de « l'agitation de surface ». Ce qui importe ce sont les grandes logiques civilisationnelles, sur ce point, et de façon un peu provocatrice nous pouvons dire que le travail du Cercle Non Conforme ou de l'Institut Iliade a plus d'importance que la prochaine échéance électorale.

Nous avons rappelé ici, de façon assez rapide, les grandes ruptures sur un siècle et établi les grandes ruptures de l'histoire récente depuis les années 1980. Nous posons ici un constat qui sera le préalable à une grosse mise à jour doctrinale. Beaucoup de pistes ont été explorées depuis l'an 2000 par différents groupes militants et par différentes personnalités, et ce au sein de différentes familles de pensée politiques, mais nous devons refonder une nouvelle doctrine, de nouveaux outils et de nouvelles approches en phase avec la société léguée depuis les années 80 et qui connaît une accélération encore plus forte depuis la diffusion de l'internet. Le militant de la nouvelle génération sera un « hybride ». Nous devons avoir de nouvelles références, de nouvelles représentations et de nouveaux réflexes militants et langagiers. Nous devons proposer une nouvelle synthèse pour le XXIe siècle et le troisième millénaire. Nous ne sommes plus les héritiers des combats perdus, mais les initiateurs de la nouvelle renaissance populaire européenne. Nous ne sommes pas les réactionnaires mais l'avant-garde, nous n'avons pas un combat de retard mais un d'avance. Nous n'agissons pas maintenant pour demain, mais pour après-demain. Nous devons proposer et incarner une alternative crédible à la société héritée des années 80. C'est le seul et unique enjeu. Nous devons pour cela forger de nouveaux concepts, tisser de nouvelles alliances, surement aussi rompre avec ceux qui continueront de s'embourber dans leurs nostalgies. Nous combattons la mondialisation, la marchandisation, la deshumanisation et la destruction de notre civilisation, mais aussi de toutes les civilisations, et bien sur la destruction de l'environnement. Cela n'a plus rien à voir avec les vieilles lunes nationalistes et les combats ouvriers d'un autre âge même si certaines luttes s'en approches. La rupture doit conduire à la synthèse. C'est en forgeant une synthèse de la pensée identitaire, sociale et écologique que nous pourrons faire émerger un nouvel élan politique. Le mot clef de tout cela n'est pas nouveau, c'est l'autonomie, qui va de paire avec la souveraineté. Autonomie, souveraineté et identité. La synthèse de Venner, Orwell et Ellul. La rupture, c'est aussi à nous de la faire, définitivement et sereinement, sans haine ni rancœur, sans fracas inutiles et sans règlements de compte stériles. Tracer un chemin, l'emprunter, persévérer. Être honnête avec nous-même. Nous devons aussi faire une rupture en nous-mêmes. Une rupture ce n'est jamais simple, c'est toujours brutal, brutal comme la rupture que nous a imposée le Système à partir des années 80 et qui nous oblige à nous positionner avec autant de détermination.

Une nouvelle ère s'ouvre, à nous d'en être les acteurs, chacun à notre façon. C'est d'une nouvelle (re)naissance que nous avons besoin. C'est le seul projet qui soit digne de l'Europe.

Jean/C.N.C

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

29/01/2015

Pendant ce temps-là, les adolescents se suicident...

Les médias ont largement parlé ces derniers jours de la parution du livre de Nora Fraisse Marion, 13 ans pour toujours. Dans celui-ci, l’auteur, mère d’une ado qui s’est donné la mort il y a deux ans, traite d’un sujet très préoccupant et très symptomatique de « notre » société malade : le suicide des adolescents.

marion.jpg

« Notre » belle société y est habituée depuis près de 3 décennies. Ce n’est pas une nouveauté et cette cause de mortalité est l’une des principales chez les moins de 20 ans. Cela est connu. Dans un monde d’excès comme le nôtre, il était impensable que cela ne s’arrête qu’aux adolescents et ne finisse pas par toucher les jeunes ados ou pré-ados. C’est chose faite ! Plusieurs affaires ont été traitées par les médias ces derniers mois au sujet d’enfants de 12-13 ans se donnant volontairement la mort. La première constatation que l’on peut en tirer, c’est que nous vivons dans une époque de mal-être généralisé. S’il est choquant de voir des jeunes de 12-13 ans (donc des enfants quelque part) se suicider, ce n’est pas étonnant à mon sens.  Pourquoi ? Premièrement, parce que nous vivons dans un monde sans repères et le passage entre l’enfance et l’âge adulte est une phase souvent difficile. Cette phase s’appelle « l’adolescence ».  C’est une émanation du monde moderne car jadis nos anciens passaient directement de l’enfance à l’âge adulte. Pas de période intermédiaire. Comment se fait le basculement aujourd’hui? A quel moment ? Ce passage est-il évident pour l’enfant ? Y-a-t-il un rite de passage, un évènement qui le fait sortir de l’enfance ? Je ne le pense pas et l’entrée au collège ne joue certainement pas ce rôle… La plupart des groupes sociaux ayant été abattus dans la société libérale (Famille, Eglise, Armée, scoutisme, etc…), les enfants cherchent bien souvent leurs propres rites de passage : le jeu du foulard, la première cigarette, la première cuite, le premier joint, la multiplication des partenaires sexuels, les scarifications, l’identification aux stars, et bien sûr, la consommation effrénée… tout ça participe à cette transition douloureuse et sans repères sociaux et culturels.

Le monde adolescent est souvent difficile pour plusieurs raisons : conflits avec les parents, à l’école, transgression progressive de différents interdits etc. Il semble cependant que ce soit le plus souvent le monde du collège qui soit à mettre en cause dans les suicides de jeunes adolescents. Le collège… On sait ce que c’est… Dans un bon nombre d’établissements en France, aucune autorité n’existe et le laxisme est la règle. Les élèves sont livrés à eux-mêmes et sont surtout livrés à une foule hétéroclite de racailles en devenir, nourris par la violence télévisée au rabais, le rap, les médias et la société de consommation et qui ne connaît ni le civisme ni le respect ni aucune valeur noble. Celui qui n’est pas « à la mode » ou « ringard » sera vite marginalisé voire humilié pour telle ou telle petite différence. Il sera raillé devant tout le monde sur place et même sur Facebook… La moindre différence trop perceptible de look, d’attitude, de comportement (les « intellos » ou les « rêveurs ») vaut souvent l’exclusion de groupes souvent formés autour de petits imbéciles qui, bénéficiant du laxisme en vogue dans toute la société, se croient tout permis. En premier lieu, celui de tyranniser les plus faibles, les plus vulnérables, les plus gentils ou les plus isolés. Le groupe contre celui ou celle qui est seul(e) et qu’il est facile d’humilier ou de harceler… Un article du Nouvel Observateur fait justement le portrait de la petite Marion (voir photo) : « sensible, artiste, drôle à faire hurler de rire son père et ses camarades, mais aussi parfois dans son monde, en quête d'affection, touchée par le malheur des autres. Une cible idéale. » Pour diverses raisons, la jeune fille était devenue la risée d’un bon nombre d’élèves qui la considéraient comme une « pute », une grosse, une fille mal roulée car sans seins (voyez déjà comment est jugée une gamine de seulement 13 ans…) et surtout une « boloss », « suprême insulte en 2013 » nous indique-t-on (voyez plus bas l'une des lettres laissées par Marion avant de se suicider). Une « boloss », donc une jeune fille blanche normale sans soutien réel et dont la bande d’amis ne fait pas partie de la racaille issue de la diversité… Cette petite racaille qui est la plupart du temps responsable de toutes ces « incivilités » (pour reprendre le vocabulaire victimaire du système) et qui, elle, ne se suicide pas. Cela ne touche que les petits blancs, vulnérables de par la société et leurs parents. Ils ne sont pas habitués au conflit et restent désarmés face à la méchanceté et à la violence : ils sont seuls et ne peuvent/savent se défendre. Des « cibles idéales » comme ils disent…

marionlettre.jpg

Recentrons notre propos. Certes, les moqueries et autres humiliations à l’école ont toujours existé mais il semble qu’aujourd’hui, elles agissent sur l’état moral des jeunes adolescents bien plus qu’auparavant… et avant tout car elles sont incessantes et omniprésentes. On n’est plus harcelé qu’à l’école mais sur son téléphone, sur Facebook, devant tout le monde en somme. Il n’est plus possible de séparer le monde privé (à la maison) du monde de l’établissement scolaire. Tout est lié : privé et public. Un weekend tranquille sera vite pourri lorsque l’adolescent se verra insulté sur les réseaux sociaux. Stress. Attente insupportable d’un retour en classe qui offrira son lot d’humiliations…Pas de temps mort. Cela amène, après des semaines, des mois voire des années d’un tel traitement, certains adolescents à se donner la mort, seule issue pour eux dans une société où rien ne semble pouvoir les protéger de la honte, de la pression, des menaces.

Deux autres enfants dont on a beaucoup parlé ces derniers mois se sont suicidés pour ces raisons : Pauline, 12 ans, originaire de Lens, en 2012 et Mattéo, 13 ans, originaire de Savoie, en 2013. Humiliés par leurs « camarades » et, apparemment, défendus mollement par les adultes, ils sont finalement passés à l’acte. Ils n’avaient pas de problèmes familiaux mais leurs parents connaissaient la situation qu’ils vivaient au collège et avaient tenté d’y remédier, en vain. On sait bien que l’autorité molle de l’Education Nationale ne fait peur à personne et les enfants ont bien conscience qu’ils sont seuls face à leurs problèmes et estiment qu’on ne peut rien faire pour eux. Et c’est là qu’il convient de ne pas se mettre des œillères : le système ne protègera pas vos enfants efficacement et ne les armera pas pour faire face à la vie. Et c’est selon moi, un travers qu’ont beaucoup de parents aujourd’hui : ils ne préparent pas leurs enfants aux problèmes actuels et les laissent complètement désarmés face à tout type de conflit. Ce désarmement est total : moral, spirituel et physique. Face à une société qui n’est angélique qu’à travers le prisme de la télévision, les parents ont le devoir de donner confiance en eux à leurs enfants et à les renforcer, avant tout moralement, face au monde bancal que nous connaissons. Voici un exemple malheureux d’aveuglement comme on le trouve trop souvent : Mattéo, dont nous avons parlé plus haut, s’ouvre de ses problèmes à son père et lui demande de lui apprendre à se battre. Le père le dit lui-même : « J’ai toujours refusé. Moi, j’avais plutôt envie de lui apprendre le respect, le bonheur, les choses de la vie et de la nature. Je lui ai conseillé de ne pas se laisser approcher à plus d’un mètre. » Le discours du père pourrait se comprendre mais il convient de réaliser que nous et nos enfants ne vivons pas chez les Bisounours, ce n’est pas parce que la vie semble plus facile à notre époque que le conflit a disparu. Il est partout et il est de notre devoir d’y préparer nos descendants. Cela n’empêchera pas tous les drames mais aura au moins le mérite de préparer les générations à venir (qui sont bien mal parties…) à faire face à l’adversité.

Rüdiger / C.N.C.

NB: Version revue et corrigée d'un ancien article paru sur le CNC: Quelques considérations sur le suicide des pré-adolescents… Les photos proviennent de l'article du Nouvel Observateur en lien plus haut.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

 

27/01/2015

Zenit rencontre le M.A.S: Entrevue avec Arnaud de Robert

Interview réalisée par Matteo Caponetti de l'Association Culturelle Zenit avec Arnaud de Robert, responsable du Mouvement Action Sociale.

1.Bonjour Arnaud peux tu nous parler du MAS ,de son année de fondation ainsi que son engagement politique sur le territoire français?

Le Mouvement d’Action Sociale a été créé en 2008 par des militants provenant de différents groupes et ayant eu des engagements variés: politiques, métapolitiques, associatifs, syndicaux. L’objectif que nous nous sommes assignés est de générer des communautés de combat, des totalités dynamiques engagées réellement auprès de nos concitoyens. Trop longtemps, la mouvance militante s’est contentée de se parler à elle-même. Le lien avec le peuple s’est distendu voire rompu. D’autres ont parlé à notre place, ont parlé pour nous. Nous voulons reconquérir le peuple, nous voulons que nos principes et notre Idéal puissent devenir une réalité ancrée dans le quotidien des Français. Pour cela, nous avons développé des outils, des vecteurs de projection en direction de publics variés : Sport, Culture, radio, conférences, actions de terrain, agitation, entraide sociale, écologie, art… Nous ne nous interdisons aucun domaine, aucune lutte. Nous fondons notre volonté d’agir sur le principe souverain que tout est nôtre.

2.Quelles sont vos références politiques et culturelles?

La France est le creuset, le berceau de ce que l’on a appelé plus tard le fascisme. Notre histoire politique a été témoin de cette union entre la justice sociale et la défense de la Patrie. Nous sommes clairement issus de ce creuset, de cette fusion. En conséquence, nos référents culturels se trouvent autant dans les aspirations anarcho-syndicalistes, socialistes que dans l’expression des mouvements nationaux. Se croisent ici Sorel, Proudhon, Lafargue, Nietzsche, Junger, Evola, Venner… mais aussi tout ce que la dissidence a produit de novateur à gauche comme à droite. Nous aimons à réduire les contraires, à fusionner les pensées, à fluidifier les doctrines. De nombreux sites web, mais particulièrement Zentropa nous ont ouvert sur un monde d’avant-garde, de radicalité joyeuse et conquérante. Ce site (nous saluons son fondateur Sébastien que beaucoup connaissent et estiment) a été pour nous un levier autant esthétique que militant. Sur le plan structurel, Casapound et son aventure ont été et restent pour nous des références. L’image, le sens, l’élan des camarades italiens est un éperon qui aiguillonne l’ensemble de notre démarche. Nous sommes également très attentifs et curieux des initiatives de la gauche radicale et alternative. Nous parlons ici des avant-gardes et non des valets antifascistes.

3.Quels sont vos rapports avec les autres mouvements européens?

Nous avons, comme nous venons de le dire, d’excellents rapports, avec les camarades de Casapound, avec ceux de la communauté Zenit en Belgique, avec les Espagnols, les Allemands, les Polonais, les Russes et les Ukrainiens. Nos échanges nourrissent notre volonté de créer une Europe-puissance, ils nous aident aussi à penser qu’en Europe se lève une nouvelle génération, pleine de maturité et de radicalité. Une génération qui fait face à son destin, sans ciller, prête à relever les défis démesurés qui nous attendent.
 
Associazione Culturale Zenit – Filtra la verità!

4.Que pensez-vous de la crise ukrainienne?

Nous pensons qu’il y a en Ukraine des camarades qui luttent pour leur souveraineté et pour le droit légitime à voir un ethnos s’incarner dans un Etat. Nous saluons leur combat même si nous regrettons que des guerres opposent des frères. Nous avons un ennemi commun avec les camarades ukrainiens: les oligarchies qu’elles soient à Kiev, Paris, Washington ou Moscou. Une Ukraine libre sans l’OTAN ni la Russie, voilà leur volonté. Nous respectons cela comme nous respectons tous ceux qui dans le monde se battent pour la préservation de leur identité. Nous regrettons l’attitude emprunte de nostalgie de monsieur Poutine. Nous pensons que sur l’affaire ukrainienne, le gouvernement russe a manqué une occasion historique d’incarner la 3eme voie que nous sollicitons. Nous nous sommes exprimé sur le sujet, aujourd’hui nous observons attentivement la suite des évènements. Cela nous préoccupe, mais l’essentiel de notre combat est ici et maintenant, sur nos terres, dans nos villages, dans nos villes. C’est là que les nôtres ont besoin de nous!

5.Quel est votre opinion sur l’ISIS et l’ISIL?

Ces organisations sont les enfants monstrueux des volontés de domination des pétromonarchies, de l’inconséquence coupable des Américains et des Israéliens et du désespoir des peuples. Mais l’Islam n’est pas l’ennemi principal. C’est un instrument puissant au service de notre pire ennemi, l’oligarchie libérale mondiale.

6.Les attaques de l’armée israélienne sur GAZA ont fait plus de 2000 morts ainsi que des milliers de blessés, quel est votre position vis-à-vis de la politique adoptée par Israël?

Rien ne justifie un tel massacre sinon la haine à l’état pur. Mais cette haine causera un jour la perte des agresseurs.

7. Après  le succès du FN lors des dernières élections européennes, Marine Le Pen est devenue la leader de la droite française, qu’en pensez-vous?

Les importants succès électoraux du FN sont toujours une excellente nouvelle. Plus les scores sont haut plus le climat est favorable à nos idées. Pourtant, il faut se garder de tout triomphalisme. Les règles du jeu électoral sont écrites et appliquées par ceux que nous combattons. Le Système ne permettra pas au FN d’arriver comme cela au pouvoir. Il faut donner des signes de compatibilité. Ce qui est à craindre c’est que l’attrait du pouvoir ne pousse le FN à évoluer loin de ses principes. Marine Le Pen semble parfois tentée de jouer ce jeu. Certaines de ses déclarations et actes démontrent sa volonté d’y arriver coûte que coûte, c’est là le problème. La conquête du pouvoir oui, mais pas au prix du reniement et de la trahison.

8.Croyez-vous qu’il est possible de voir un jour une “3ème voie” en Europe?

Plus que jamais! A l’heure ou nous assistons (comme le souligne Gabriele Adinolfi) à un nouveau Yalta qui menace l’Europe d’une nouvelle partition et d’une nouvelle vassalisation, il est vital de prôner et de porter une 3eme voie européenne résolument offensive. Nous n’avons pas le choix, c’est une question de vie ou de mort pour la civilisation européenne et nos peuples.

Nous remercions nos frères du MAS pour avoir accepté de répondre à nos questions. Nous sommes convaincus qu’ensemble nous pouvons réaliser nos rêves afin de voir notre Europe se relever de ces cendres. Nous vous souhaitons une année de lutte et de victoire.

Merci à vous, nous sommes fiers de pouvoir de vous compter parmi nos camarades de luttes. Longue vie à Zenit! Rendez-vous à la victoire!
 

26/01/2015

Chronique musicale: Grylle « Monstres et merveilles »

Chronique de « Monstres et merveilles » de Grylle

GRYLL label 300dpi v1.jpg

Projet d’un seul homme, Grylle sort des sentiers battus. Black metal dans la voix et l’intention mais médiéval de par sa musique, cette entité atypique nous livre un premier album surprenant. Ici point de batterie supersonique, de guitares saturées et autres synthétiseurs fantomatiques ; ces derniers laissent place aux tambours, au luth, au Saz et au psaltérion. Mais ne pensez surtout pas que Grylle joue la carte du pagan/folk pouet-pouet ou d’une bande son festive digne de l’Oktoberfest ! L’ambiance est tout autre, tour à tour majestueuse, sombre voir haineuse par moment, aidée par une voix érayée typiquement black metal mais enrichie de déclamations en voix claires.

Musicalement assez proche de Wardruna en moins « shamanique » et même de Peste Noire par certains aspects, l’album transportera l’auditeur dans une époque qui suscite de nombreux fantasmes à savoir le moyen âge et son lot de légendes. Grylle ne fait pas parti de ces groupes qui ont besoin d’un univers fantastique imaginaire mais puise dans nos légendes et notre imaginaire Européen. D’ailleurs le Français n’est pas la seule langue employée sur « Monstres et Merveilles » puisque le premier titre « De Audacibus Germanicus » traitant de la bravoure (« Chuanheiti » en Haut Allemand) comporte une narration dans la langue de Goethe. La musique de Grylle n’est ni minimaliste ni baroque, elle refuse la modernité et incite l’auditeur à faire de même. Les morceaux sont bien construits et nous avons à faire à un compositeur qui maitrise parfaitement son sujet aussi bien musicalement que conceptuellement parlant. Là où certains projets sont de purs clichés, Grylle lui est authentique. Même l’artwork de l’album est en adéquation avec le propos grâce à un packaging comprenant un livret peint à l’or à la main.

En définitive les seuls regrets à l’écoute de ce « Monstres et Merveilles » sont sa durée, un poil trop courte, et le rythme général de l’album qui gagnerait en diversité si certains morceaux étaient dotés de tempos différents, plus rapides par exemple. Mais, pour un premier album, c’est une réussite car Grylle propose à la fois quelque chose de neuf et d’original, tout en étant enraciné dans notre culture et notre passé, soit le meilleur des deux mondes. Convaincant et inspiré, Grylle est un projet à suivre et qui s’adresse aussi bien aux fans de metal, aux amoureux du moyen âge, notamment les adeptes de reconstitutions médiévales et aux curieux.

Grylle, « Monstres et Merveilles » disponible chez Antiq records

Antoine / C.N.C

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

25/01/2015

Entrevue #13: David, un militant du MAS qui a construit sa propre maison.

maison bis.jpg

1) Tu es devenu récemment militant du Mouvement d'Action Sociale, peux-tu nous expliquer brièvement ton parcours militant et personnel et ce qui t'a amené à adhérer au MAS ?

J’ai commencé a réellement militer à mes 18 ans au sein du Front National. J'ai aussi rencontré pas mal de monde au sein de « l'ultra-droite » et j'ai fréquenté des mouvements plus radicaux et non électoralistes.

Je me suis, durant plusieurs années, contenté d’enchainer concerts et conférences. Proche des organisateurs, j’ai participé à l’organisation de rassemblement (point de rdv, préparation de salle, sécurité, bar...). A la suite de cela j’ai été quelques temps sans militer, le FN de Marine le Pen ne m’ayant pas conquis, j'ai cessé le militantisme au sein de cette structure.

Après quelques lectures et conférences j’ai remis en question « l’ultra droite » classique.

J’étais donc à la recherche d’un mouvement qui avait une autre vision du combat que nous menons. L’initiative de Casapound m’a séduit dès son commencement. Enfin un mouvement catalogué « d’extrême droite » qui évoluait sur le terrain social !

De fil en aiguille j’ai connu le MAS et j'ai suivi un peu les actions menées, finie « l’ultra droite classique » un combat à la fois nationaliste et anticapitaliste, fini le ghetto créé par le système pour nous taxer de tout et n'importe quoi. « Il faut être là où on ne nous attend pas ».

J’ai ensuite eu la chance durant un rassemblement de rencontrer un responsable local du MAS qui a pu me conforter dans mon choix, après quelques discussions j’ai adhéré et compte bien continuer à militer pour notre cause. J'ai d'ailleurs monté un projet d'entraide sociale dans la région de Calais.

2) Tu habites dans les environs de Calais, quel est ton sentiment sur la situation actuelle par rapport à l'immigration clandestine ?

La situation actuelle de Calais est juste une suite logique. Depuis plusieurs décennies nous dénonçons l’effet néfaste de l’immigration, Calais c’est ce qu’on avait prédit, une ville où l’immigration est devenue tellement importante que plus personnes n’est en sécurité.

Combien de calaisiens et de calaisiennes me confient avoir peur de sortir à cause de l’insécurité causée par les migrants, ça fait un peu cliché de dire immigration = insécurité mais c’est une réalité.

Le pire dans tout ça c’est le rôle de certains médias qui préfèrent passer sous silence certains faits plus ou moins graves et de continuer à nier le rapport entre insécurité et immigration.

Il est grand temps de dénoncer les responsables de l’immigration et d’appliquer les solutions nécessaires pour la « remigration ».

3) Tu as consacré ces derniers mois à la réalisation d'un projet personnel et familial : construire ta propre maison. Peux-tu nous expliquer d'où t'es venue cette idée ?

C’est un projet de longue date, j’ai toujours voulu bâtir ma propre maison.

Ça fait partie de ma vision du foyer, une femme, des enfants et une maison, il faut dire que c’est un peu une tradition de bâtir sa maison chez nous, mes parents ont bâti leur maison, mes beaux parents également et de nombreuses personnes de ma famille.

Certains trouvent ça inutile mais je préfère construire une maison, élever un enfant et planter un arbre, que d’avoir ma rolex à 50ans...

4) Comment est-il possible de bâtir soi-même son logement tout en respectant la loi ?

Légalement parlant rien ne vous interdit de bâtir vous-même votre maison, vous devez bien sûr respecter les normes en vigueur, le permis de construire sert justement à faire valider votre projet. Le réel problème est de trouver un organisme financier qui accepte l’auto construction, mais ça reste du cas par cas, et si vraiment vous ne trouvez personne qui vous suit dans votre projet vous serez dans l’obligation de passer par une société pour le gros œuvre afin d’avoir une garantie décennale.

Il vous restera donc le second œuvre à effectuer qui pour moi représente plus de la moitié de la construction et qui vous occupera plusieurs mois.

5) Quelles difficultés as-tu rencontré ? Quel bilan tires-tu de cette expérience ?

Pas de réelles difficultés, je savais dans quoi je me lançais, le projet était murement réfléchi, ça n’empêche pas, bien sûr, les nuits blanches à calculer les matériaux nécessaires, l’accumulation de fatigue en cumulant travail et construction mais le bilan est plus que positif ! Je n’oublierai jamais les moments de camaraderie, et les apéros un peu corsé !

Sans oublier la fierté qu’on en tire, si c’était à refaire ce serait sans soucis !

6) Nous ne remercions d'avoir pris le temps de répondre. As-tu un message particulier à faire passer à tes concitoyens et à la communauté militante ?

Le message qui me tient à cœur a l’heure actuelle, c’est l’union.

Peu importe notre étiquette, il faut pouvoir se rassembler.

Nos combats convergent et il est temps d’arrêter les querelles inutiles car sur le fond nous défendons la même chose et si nous n’arrivons pas à nous unir dans peu de temps nous n’aurons plus rien à défendre.

Jean et David/C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

22/01/2015

Chronique musicale: Hold Fast "Against you all"

Hold Fast « I am the revenge »

(Hardcore Wave, 2014)

Hold Fast.jpg

Hold Fast, originaire du sud de notre pays, avait beaucoup fait parler de lui avec son premier album Chute Libre, sorti chez Black Shirts Records. Nous n’avions d’ailleurs pas manqué de recenser ce disque et d’interviewer le groupe à cette occasion. Devenu depuis l’un des grands noms de la musique résistante en France, Hold Fast vient d’éditer son second album. Son titre, Against you all, vous laisse déjà présager du contenu radical que vous y trouverez.

Nous pensions au CNC que le premier opus d’Hold Fast allait contribuer à « relancer » la scène musicale non-conforme en France, trop souvent engoncée dans le nostalgisme incapacitant, le « faisons-nous plaisir et ne changeons rien » et semblant absolument incapable de se renouveler comme l’ont fait depuis des lustres nos camarades étrangers, tant en Italie qu’en Allemagne… Las ! Il n’en a rien été, mis à part quelques rares exceptions. Mais au moins, Hold Fast existe toujours et est revenu en force avec ce Against you all qui est, dans l’esprit, dans la droite lignée de Chute Libre !


C’est par une intro fort entraînante, un peu comme le faisaient les inégalables Blue Eyed Devils sur leurs albums, que nous plongeons dans Against you all pour 9 titres du pur NSHC ! Du NS hardcore explosif certes mais finalement très « posé » et limpide et qui ne fait pas de la brutalité musicale une fin en soin, ce qui est agréable ! Le son est excellent, les parties vocales bien employées et le groupe a définitivement trouvé son style même s’il a évidemment quelque peu évolué musicalement. La foi et la rage sont là et transparaissent allégrement dans des titres comme « NSHC » ou « I am the revenge » par exemple.

Composé de titres chantés en français et en anglais, vous trouverez dans toutes les paroles de Against you all un esprit de résistance face au système et à la décadence actuelle. Les paroles célèbrent également nos valeurs fondamentales qui sont rappelées ici : « Honneur, force et volonté, (les) valeurs éternelles de notre identité ». On retrouve dans les thèmes traités les préoccupations écologiques (« respect ») déjà présentes dans le premier album, la justice expéditive prônée envers les pédophiles ou encore cette nécessité impérieuse de conserver et de cultiver l’esprit guerrier afin de pouvoir faire face à des lendemains qui risquent fort de ne pas chanter… Comme se questionne Hold Fast dans le titre « The end », face au monde dégénéré que nous connaissons, « nous réveillerons-nous pour nos enfants ? ».

Rüdiger / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.