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12/05/2015

Entrevue #17: Frédéric, responsable du M.A.S. Sud-Ouest

Entrevue #17: Frédéric, responsable du M.A.S. Sud Ouest

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Le Cercle Non Conforme : 1) Peux-tu nous expliquer brièvement pourquoi tu t'es engagé au M.A.S et pourquoi tu y as pris des responsabilités ?

Frédéric : Le choix de mon engagement au MAS depuis 2012 est le résultat d'un long parcours politique.

Engagé sous le drapeau de la 3V fin 80 début 90, j'ai gravité autour de la sphère NR au lycée, pour m'engager quelques années plus tard dans la dite « droite nationale » où j'ai pris quelques responsabilités de cadre local dans le Sud Ouest, tout en étant responsable local des Cercles de résistance du réseau Unité Radicale.

Petit à petit j'ai fait le constat que les orientations de cette mouvance (au sens large) correspondaient de moins en moins à ma vision du monde et à ses réalités. J'ai donc décidé de partir en 2002. J'ai participé à plusieurs aventures durant quelques années, jusqu'à l'apparition du Mouvement d'Action Sociale où j'ai pris la responsabilité de la section Sud Ouest jusqu'à ce jour.

Ce qui a été fondamental dans le choix de mon engagement au MAS, c'est sans aucun doute la volonté d'un mouvement d'allier la parole à l'action, ce qui est malheureusement chose très rare dans le paysage de la dissidence actuellement.

Le C.N.C. : 2) Quelles sont les activités et les actualités de ta section ?

Frédéric : Elles sont diverses et variées, mais toutes recentrées sur l'aspect social. Cela va du militantisme de terrain (collage de banderoles, boitage, tractage) aux actions sociales et écologiques  ( nettoyage de quartiers laissés à l'abandon par les services locaux) en passant par le sport et la formation politique.

Au MAS, nous ne concevons pas une action sans qu'elle ait un but social que nous puissions retranscrire dans le réel et sur le long terme. Nous préférons les actes aux belles paroles, c'est pourquoi nous demandons à nos militants de s'impliquer au sein de notre réseau en rapport avec leur expérience professionnelle. Pour exemple, lors de nos sorties Trace nous proposons des cours de secourisme, de premier secours sur blessés, d'évacuation de blessés en milieu hostile (montagne, forêt) le tout encadré par des professionnels urgentistes et des militaires réservistes tous militants dans notre réseau. Ces sorties, outre l'aspect pratique, sont souvent l'occasion de rencontrer des personnes pour qui le militantisme peut prendre plusieurs aspects, et d'échanger entre camarades dans un esprit festif lors des veillées.

Le C.N.C. : 3) Récemment les militants du M.A.S. Sud-Ouest ont mené une action remarquée sur les berges du canal du Midi à Toulouse ? Peux-tu nous en dire plus sur la genèse, la réalisation puis les retours de cette action ?

Frédéric : Le point fort du Mouvement d'Action Sociale, est sans aucun doute la volonté d'allier l'action à la parole. Nous partons du principe que toute contestation est veine si elle n'est pas accompagnée de gestes forts, de concret, et d'une lutte sur le long terme. 

Nous sommes pour certains habitants du quartier de la gare Matabiau à  Toulouse où les opérations «  berges propres » se déroulent depuis quelques mois. Nous avions, quelques temps avant le début de l'opération en janvier, en collaboration avec une association locale, alerté les services publics sur l'état de délabrement de notre quartier. Nous n'avions reçu comme réponse qu'un article de la Dépêche du midi, annonçant que le quartier subirait d'important travaux de réaménagement  pour la construction de la nouvelle gare LGV Toulouse Paris a l'aube des années 2020, donnant au quartier une nouvelle image, avec un secteur d'hôtels de luxe et d affaires. Nous sommes donc partis du constat que ce quartier souffrait depuis plusieurs années de l'abandon des services de la mairie droite & gauche confondus. Effectivement notre quartier était livré à la prostitution, à l'insécurité, et à la toxicomanie sans que la mairie ne prenne ses responsabilités. Cela n'était plus supportable pour bon nombre de Toulousains.

Face à l'incompétence et au silence des services de la voirie de la mairie, nous avons donc décidé de prendre les choses en mains et de participer à  la vie de notre quartier en lançant la campagne « opération berges propres » entre les deux écluses de Bayard Matabiau. Une dizaine de militants du MAS se sont donnés rendez-vous en Janvier pour inaugurer l'opération qui fut un succès tant sur le plan pratique (plus de 700 kilos de déchets en tout genre récupérés) que sur le plan humain, puisque nous avons reçu un accueil très favorable des résidents totalement résignés au devenir de leur quartier. En une matinée nous avons nettoyé 200 mètres de berges, récupéré 700 kilos de détritus en tout genre, et récolté pas loin d'une centaine de seringues usagées à même le sol, que nous avons envoyé au maire de Toulouse avec les précautions sanitaires requises. Nous n'avons pour l'heure reçu aucune réponse ni demande de rencontre. Cela nous importe peu puisque nous œuvrons pour le bien de notre quartier et de ses résidents, et nous continuons régulièrement à  faire des interventions sur ce secteur. En ce qui concerne les retours, nous recevons toujours un très bon accueil lors de nos interventions. Nous ne nous cachons pas derrière une association bidon, nous nous réclamons du MAS. Nous n'avons aucune honte à dire que nous sommes des patriotes défendant leur quartier face au laxisme des pouvoirs locaux. Le quartier Bayard Matabiau est une Zone à Défendre au même titre que Sivens. Nous avons d'ailleurs pris comme devise «  ton quartier c'est ta vie, défend ton quartier ».

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Le C.N.C. : 4) Des actions de nettoyage ont également été réalisées par les sections Nord et Méditerranée. La section Auvergne, quant à elle, a participé aux mobilisations contre la ferme des mille veaux. Que penses-tu de cette dynamique ?

Frédéric : Je trouve toutes ces actions très constructives, et je ne peux qu'encourager les patriotes sincères à  multiplier ce genre d'actions sociales et de militer dans ce sens.

Plus globalement, il faut pouvoir sortir d'un militantisme de base qui serait juste d'aller coller des autocollants, dire qu'il faut que le peuple se prenne en main, le tout derrière son écran ou sur le papier,  et continuer comme cela à  rester dans l'incantatoire. Il faut que les patriotes pour qui les mots France communauté et solidarité ont encore un sens, reprennent tout les vecteurs qui fondent notre société, et reprennent pied dans le réel.

Nos actions sociales telles que solidarité populaire, le projet entraide famille, l'entraide calaisienne (nouveau projet social de Calais dont je salue l'initiative) doivent être le moteur de la révolution sociale que nous appelons de nos vœux. Il est primordial pour nous d'être sur ces terrains de luttes.

Le C.N.C. : 5) Le M.A.S. a été régulièrement cité ces dernières semaines à propos d'une prétendue « infiltration » de l'extrême-droite dans le combat écologique. Ne penses-tu pas, au contraire, que ce sont les forces de gauche, donc les forces « progressistes », qui ont récupéré l'écologie qui leur est philosophiquement opposée ?

Frédéric : Absolument, et certains  occupants de Sivens l'ont bien compris. J'en veux pour preuve ce pauvre Mélanchon qui s'est fait bousculer par quelques Zadistes courageux qu'il a rapidement dénoncé comme étant de dangereux militants d'extrême-droite infiltrés sur la ZAD. Nous voyons donc que d'un côté la gauche de Mélenchon est désavouée sur son propre terrain de lutte, et d'un autre côté l'extrême gauche antifasciste pille le centre ville de Toulouse lors de samedis d'émeutes suite à la mort de Rémi Fraisse. A ceux qui nous accusent de récupérer tel ou tel combat, nous leur répondons que ce n'est pas en cassant un dab, ou en taguant une banque qu'ils vont faire tomber le capitalisme, et qu'ils vont donner les moyens au peuple de reprendre son destin en main. Au milieu de ça, nous nous plaçons comme étant la véritable alternative. Si nous avons tant été décrié par des journaux comme les inrocks ou sur les blogs de l'extrême-gauche antifasciste, ce n'est pas anodin. Ils commencent à comprendre doucement qu'ils n'ont plus le monopole des luttes, tant ils sont totalement coupés des réalités du peuple.
Plus sérieusement et pour couper court a tout délire, comment pourrions-nous être taxé de récupérer le combat écologiste par cette gauche, qui justement s'arrache les cheveux depuis des décennies quand nous parlons de la terre de nos ancêtres, de sauvegarde de la nature, de sauvegarde de notre patrimoine? Quand nous clamons haut et fort que cette terre est la nôtre et que nous voulons la préserver face au rouleau compresseur libéral? Quand enfin nous faisons nôtre l'adage de Dominique Venner «  la nature comme socle, l'excellence comme but, la beauté comme horizon »?
Pour nous ce combat n'est pas nouveau. Il nous a d'ailleurs assez longtemps été reproché.

Nous ne récupérons absolument rien. Nous sommes la nature qui se défend, nous nous battons face aux oligarques, aux promoteurs immobilier, aux élus du PS locaux qui votent les travaux de construction d'un barrage qui n'a aucun sens, face aux délabrements de nos lieux de vie, etc..
Nous n'avons de cesse de dénoncer quotidiennement les attaques du capitalisme sur la nature, sur nos vies, sur la santé, sur les animaux etc.....
En ce sens nous ne nous contentons pas de dénoncer ces méfaits, nous sommes sur le terrain des luttes et nos actions sociales le prouvent chaque jours
- Construction et participation aux AMAP, contre les politiques empoisonnements des terres par les grands trust comme Monsanto, Bayer, etc...
-Actions écologiques pour la sauvegarde de notre patrimoine telles que les opérations berges propres à Toulouse, les actions de nettoyage des cours d'eau dans le Gard, le Nord etc...
-Bénévolat dans les animaleries
-Actions de solidarité populaire pour les plus nécessiteux de nos compatriotes dans les grandes villes comme  Nancy, Paris
- Création du micro crédit a taux 0, contre le pouvoir des banques véritable bras armé de la dictature du capital.

Notre réponse à ceux qui nous accusent de faire de la récupération tous azimuts est dans nos actes. Nous sommes ce que nous faisons, et beaucoup comprennent notre démarche. En ce sens notre présence sur les terrains de lutte comme Sivens est tout à fait légitime, elle est le résultat d'une prise de conscience de l'enjeu vital de l'écologie radicale que nous appelons de nos vœux dans nos textes fondateurs, ni plus ni moins.

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11/05/2015

Le 9 mai de la honte ?

 Le 9 mai de la honte ?

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Les réseaux sociaux, sites et autres blogs de tendance patriote se sont émus ces derniers jours de l'absence de François Hollande à Moscou, à l'occasion de la célébration du 70ème anniversaire de la victoire contre l'Allemagne nazie du côté soviétique. Ainsi a-t-on vu des commentaires et communiqués tous plus surprenants et distanciés les uns des autres.

Nicolas Bay, chef de file des espoirs identitaires au sein du FN publiait le statut suivant : « Plus de 11 millions de soldats de l'armée rouge ont donné leur vie pour vaincre le nazisme. Honte à Hollande qui ne sera pas présent demain à Moscou aux célébrations du 70ème anniversaire de la Victoire dans la Seconde guerre mondiale ». Sur une page Facebook regroupant les partisans du Front National, on pouvait lire « Impressionnant !!! Quelle puissance militaire incroyable. Vive la Grande Russie. » et les commentaires de pleuvoir. Pour Cece : « Bravo aux russes , c'est magnifique cette parade militaire... Quel pays et quel président ». Plus bas, sur une autre publication, Anastasia nous livre sa réflexion : « Poutine a de la classe. C'est un vrai chef d'état patriote. ». On juge donc un chef d'Etat à sa capacité à faire de belles parades militaires et non à sa capacité à améliorer le niveau de vie et la décence commune de son peuple... Sur une autre publication on pouvait lire : « Une vraie puissance militaire ça change de la pauvre armée Française... ». Notre armée est tellement nulle que Poutine, le Tsar intergalactique, voulait nous acheter nos bateaux et que notre avion Rafale est considéré comme un des meilleurs avions au monde... Intéressant de voir comment la haine de soi s'est emparée y compris de nos valeureux patriotes...

Mais revenons à la déclaration surréaliste de Nicolas Bay. Catholique, ancien cadre FNJ et ancien militant du MNR, on ne peut pas croire une seule seconde que Nicolas Bay éprouve une quelconque admiration pour l'Armée Rouge. Oui mais voilà, en ces temps de Kali Yuga, des nationalistes sincères célèbrent la victoire de l'Armée Rouge, tandis que l'oligarchie la boude... au nom des petits calculs politicards. Une situation qui conduit Renaud Camus à s'insurger : « La russomanie de la droite française devient vraiment délirante. La “victoire du 9 mai” c’est cinquante ans de tyrannie sur la moitié de l’Europe. » On commençait à désespérer d'un peu de clairvoyance dans le brouillard. Merci Monsieur Camus !

Nous autres partisans de la troisième voie, nous n'oublions pas que le 8 mai représente l'occupation d'une moitié de l'Europe par les Etats-Unis, et le 9 mai l'occupation de l'autre moitié par l'URSS. Ce qui est d'autant plus pathétique dans cette histoire, c'est le lobbying effectué par le « camp national » digne du PCF d'une certaine époque. Plus antifascistes que les antifascites ! Statistiques à l'appui, on nous démontre que c'est à la vaillante Armée Rouge qu'on doit notre libération du nazisme ! Cela est en grande partie exact. Mais il serait encore plus honnête de rappeler que cet effort a été possible grâce aux tonnes de matériel livré par les Etats-Unis à l'URSS. Pour être parfaitement honnête, il faudrait également se souvenir que dans l'Armée Rouge il y avait toutes les nationalités qui composaient l'URSS, et non simplement les Russes. Mais le plus important est ailleurs : on omet de dire que Staline a cyniquement sacrifié des millions de vie (+ de 20 millions de morts soviétiques), que l'Armée Rouge a pratiqué la politique de la terre brûlée, qu'elle a massacré jusqu'aux résistants des pays libérés comme en Pologne, qu'elle a pillé, violé (pas loin de 2 millions d'allemandes) et que de 2 à 3 millions d'Allemands sont morts à la suite d'une terrible épuration en Europe centrale et orientale de 1945 à 1948. Sans le débarquement des « Alliés » en Normandie, elle aurait probablement avalé toute l'Europe jusqu'à l'Atlantique. On oublie de dire que la puissance des communistes en 1945 a causé une situation de quasi guerre civile sur notre sol avec la sinistre épuration... Oui mais voilà, ça ne cadrerait pas trop bien avec le storytelling en cours.

Certains « pro-russes » (terme fallacieux) estiment que 70 ans après, il faut « solder les comptes ». En somme s’asseoir sur l'histoire de notre continent au nom d'une hypothétique alliance entre « patriotes » pour combattre « l'euro-atlantisme sioniste », ou au profit d'un hypothétique axe « Paris-Berlin-Moscou » qui ne pourrait exister de toute façon que sur un pied d'égalité - ce qui semble mal barré vu le niveau de soumission à Moscou de ceux qui sont sensés incarner le relèvement de la France.

Mais une simple question : Est-ce que solder les comptes signifie mépriser l'histoire et la mémoire de la moitié des peuples d'Europe ? Comme le peuple polonais, maltraité par l'histoire, et pilier du catholicisme en Europe. Quant on sait que Bruno Gollnisch a été dans la tourmente judiciaire pour ces propos sur le massacre de Katyn (attribué à tort aux Allemands) et que dans son propre parti on soutient désormais le révisionnisme historique russe en la matière, il y a de quoi être perplexe. 40 ans de « combat national » pour en venir à célébrer l'Armée Rouge et à mettre sous le tapis les effets désastreux de la dictature soviétique. 40 ans de combat national pour s'extasier sur des parades militaires avec des faucilles et des marteaux... Peut-être que c'est bien là que se situe la honte et non pour une fois dans les simagrées politicardes du présiflan.

Le néo-souverainisme est une énorme tartufferie. Nous sommes bel et bien les hommes au milieu des ruines. Il ne revient définitivement qu'à nous, à la suite d'une personnalité comme Gabriele Adinolfi, d'incarner le combat pour la troisième voie et le combat pour l'Europe.

Jean / C.N.C.

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09/05/2015

Chronique de livre: Gabriele Adinolfi "L’Europe"

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Gabriele Adinolfi, L’Europe

Les bouquins de Synthèse Nationale, 2015

 « L’Europe est une nécessité absolue, mais elle ne se fera jamais si elle n’est pas d’abord une identité consciente et combattante, à la hauteur du Mythe qu’elle représente. » Militant exemplaire au parcours tumultueux, penseur politique actif et auteur de plusieurs ouvrages, dont un abécédaire remarquable et remarqué, Pensées corsaires : abécédaire de lutte et de victoire (Éditions du Lore, 2008), Gabriele Adinolfi est l’un de ces hommes dont l’idéal se résume en un mot : l’Europe. Pour lui, l’Europe est un projet politique vital face au bloc occidental et au triumvirat Washington – City de Londres – Tel-Aviv, comme autrefois face au bloc soviétique. L’Europe comme projet est toujours d’actualité dans un monde globalisé d’où émergent de nouvelles menaces. Parmi elles, notamment, la monté des « BRICS », ce groupe de pays constitué du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud. A l’heure où certains voient en l’Europe un frein, voire un problème, incarné par un conglomérat de technocrates et de porteurs de valises, Gabriele Adinolfi affirme, envers et contre tout, la nécessité d’une troisième voie. L’Europe Puissance, « nation des patries » (selon une formule du MSI), devant  être « l’Imperium», le pilier central qui incarne l’axe vertical qui relie le tellurique et le céleste ; en un mot la solution.

Gabriele Adinolfi commence par faire le lien entre passé et présent en inspectant, entre autre, de façon critique, la notion d’avant-garde. Le recul métaphysique évolien est, selon l’auteur, une condition sine qua non pour résister aux assauts mortifères du monde actuel. S’ensuit la genèse et un historique, en quelque sorte, du concept d’Europe Nation. L’influence de Jean Thiriart et surtout de Pierre Drieu La Rochelle y est omniprésente (l’ouvrage leur est dédicacé). « La grande Europe », dont les racines remontent au début du XXe siècle, est bien plus qu’un concept intellectuel, elle est le support de notre destin et de notre identité. C’est pourquoi un chapitre est consacré à l’identité européenne. Ce sentiment d’appartenance à un socle identitaire remonte pour Gabriele Adinolfi à la célèbre bataille des Thermopyles. A travers d’autres exemples, on réalise alors à quel point cette notion d’identité est centrale et va au-delà de la dimension ethnique prônée comme un absolu par beaucoup trop de militants ; l’identité relève davantage des concepts de « race de l’âme » et de « race de l’esprit » chers à Evola, et aussi de l’axe vertical qu’est le pôle viril, dont les symboles sont le sceptre, l’épée, la lance ou le faisceau. Avant de vouloir une nouvelle Europe, il faut d’abord l’incarner soi-même. L’Union européenne est bien entendu passée au crible: l’auteur renvoie dos à dos européistes et eurosceptiques. Il analyse de nombreux lieux communs, comme l’influence maçonnique et américaine sur l’UE ou le rôle de l’Allemagne que certains considèrent comme responsable de tous nos malheurs. Après cette critique vient naturellement le temps des propositions. D’ordres économique, structurel ou militaire, elles sont le point de départ de la reprise d’une souveraineté salvatrice.

N’étant ni un livre « programme » ni une diatribe assenant des coups de marteau à l’aveugle,  L’Europe de Gabriele Adinolfi est une synthèse – trop courte diront certains. L’auteur y réaffirme avec un point de vue différent, peut-être plus posé, voire serein, ce que les militants nationalistes révolutionnaires paneuropéens ont toujours appelé de leurs vœux : une Europe Nation, une Europe Puissance et une Europe politique. Malgré une traduction parfois hasardeuse, cette brochure demeure indispensable pour tous nationalistes « alter-européens ». Faisant le lien entre passé, présent et futur, cet ouvrage vous invite à une seule chose : prendre le témoin et brandir l’étendard de l’Europe, la « nation de nos patries ».

« Les masses ne peuvent s’ébranler pour la défense de l’Europe que si le mythe d’Europe et le mythe du socialisme se sont clairement unis et si cette union se manifeste par des actes décisifs. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. » disait Pierre Drieu La Rochelle dans un article de mars 1944...

Donatien / C.N.C.

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07/05/2015

Ayons une position de bon sens sur l’affaire Le Pen !

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Les médias se délectent avidement des affaires de la famille Le Pen, assistant avec régal au déchirement entre trois générations. Même si je me sens très peu touché par tout cela, je considère qu’il faut distinguer le côté familial du côté politique pour mieux appréhender voire se positionner sur cette question qui déchaîne déjà les passions dans la mouvance, de Robert Ménard à Jérôme Bourbon, les uns et les autres vouant soit Jean-Marie soit Marine aux gémonies, parfois de manière très extrême. De positions de bon sens, il est rarement question car, selon moi, cette brouille est plus complexe qu’il n’y paraît. Jean-Marie Le Pen est le fondateur d’un parti qui est strictement indissociable de sa personne, de son nom. Personne ne peut le nier sans être malhonnête. Le vieux gaulois est un personnage entier, « de l’ancienne génération » comme il le dit lui-même. C’est le pater familias qui n’a jamais vraiment accepté de ne plus être aux commandes du FN. Mon grand-père était de cette trempe d’hommes solides qui vivent et considèrent les épreuves de la vie selon des valeurs immuables, celles de l’honneur et du respect dû par les plus jeunes notamment. Jean-Marie Le Pen l’a clairement évoqué en ces termes : « N'est-ce pas aux plus jeunes de tendre la main aux plus âgés? ». D’un point de vue familial et personnel, on ne peut le blâmer. Il est quand même normal de se sentir au plus mal quand on se sent trahi par ses descendants qui se sont, de plus, accoquinés avec des personnes qu’on exècre (des conseillers de sa fille à son concubin !). Mettez-vous dans cette situation et osez dire le contraire. Homme de combat, le vieux lion entend mener une guerre sans merci à ceux qui ont nié son rôle d’ancêtre qui voit dans la figure paternelle le fondement de la famille et du parti qu’il a créé. « Il y a des gens que le combat finit par fatiguer. Je ne suis pas de cette race. Je ne suis ni lâche, ni résigné. » déclare-t-il encore. Jean-Marie Le Pen est un personnage d’un autre temps, encore mû par des valeurs qui paraissent de plus en plus désuètes dans notre époque. Il résiste coûte que coûte, ose dire ce qu’il pense, utilise sa grande culture ou ses traits d’esprit pour bretter avec quiconque pensera prendre le dessus sur lui. Il fait sentir à tous que les opinions ne se valent pas et que la sienne est au-dessus. Il apparaît comme le dernier homme politique de cette trempe et c’est pour cela qu’il nous est, en général, si sympathique.

Oui, mais… Politiquement, ses dernières sorties (qui ne me choquent absolument pas soit-dit en passant) ont été désastreuses pour lui-même et son parti. Il devrait le savoir, sa carrière n’a été émaillée que de scandales créés par les médias autour de ses « dérapages » (mot doucereux masquant simplement la perte de liberté d’expression qui sévit depuis si longtemps dans notre pays). Ne veut-il pas comprendre que les règles du jeu politique ont changé et sont de plus en plus perverses ? Jean-Marie Le Pen le sait certainement très bien mais s’est enfermé par fierté, par caractère et par rancœur dans le rôle du pépé qui rabâche à table toujours les mêmes histoires. Pépé a pourtant raison mais il faudrait franchement qu’il la ferme avec son Algérie française à chaque repas de famille ! On a compris. Quand on décide de mener une action politique dont le but est d’accéder au pouvoir, on met, autant que faire se peut, son originalité au placard et on la ferme quand c’est nécessaire car le Système n’attend qu’un faux-pas pour faire s’écrouler l’œuvre de toute une vie. Cela est encore plus vrai à propos de thèmes qui n’intéressent pas les Français soit par ignorance, soit par réflexe primaire quant aux sacro-saintes « heures-les-plus-sombres ». Prenons l’exemple de la guerre de Troie. Attaquer frontalement la ville n’amena rien durant dix ans. La force brute n’était pas la réponse adéquate, la ruse si. Et c’est grâce au cheval de Troie qu’on entra dans la ville… Aujourd’hui plus que jamais, il convient d’être rusé et de contenir sa force brute pour le bon moment. La France et l’Europe en ont bien besoin.

Pépé, on l’aime bien, il a un peu raison mais a une manière de le dire fort pénible. Faudrait lui expliquer –si possible- que l’époque a changé, qu’on ne peut plus faire à sa sauce même si ce qu’il nous a transmis est encore vivace mais surtout qu’il faudrait parfois savoir la fermer ! Encore faut-il ne pas l’avoir mis trop en rogne car il est méchamment rancunier et se considère dans son bon droit. Son père aurait fait de même, son grand-père aussi d’ailleurs. C’est aussi ça que lui reproche le Système, cette constance qui est la sienne en cette époque de reniement. La famille a changé, la politique également, la complexe affaire Le Pen ne le montre que trop bien et mérite d’être scrutée avec attention et non pas via de simples passions.

Rüdiger / C.N.C.

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02/05/2015

7 films à voir ou à revoir sur les Gangsters Made in France

"Si tu restes dans l'ombre, tu n'approcheras jamais le Soleil." Nombre de philosophes ou d'écrivains pourraient se voir attribuer la paternité de cette citation. Les plus enhardis évoqueraient même peut-être Nietzsche. Point de philosophe au marteau pourtant mais Jacques Mesrine, ancien ennemi public n°1. Il est des êtres qui franchissent un jour le point de non retour et dont la course vers le Soleil devient l'objectif ultime d'une vie placée sous le sceau de la violence au service de leur propre cause. Tel Icare, ils s'y brûlent irrémédiablement les ailes. Gangsters, truands, voyous, bandits, malfaiteurs, brigands, malandrins, margoulins, criminels, escrocs... L'imaginaire collectif regorge de synonymes pour qualifier ces desperados bravant la loi et le Contrat social. Bénéficiant d'un véritable pouvoir d'attraction, pour qui a toujours préféré dans son enfance endosser le costume du hors-la-loi que celui du policier, le cinéma en fait bien évidemment un thème majeur. Qu'il fut bien compliqué d'en extraire sept !

 

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A BOUT DE SOUFFLE

Film français de Jean-Luc Godard (1959)

A Marseille, Michel Poiccard, jeune voyou insolent et nonchalant, vole une voiture. Prenant la route de Paris par la Nationale 7, il abat un policier qui souhaitait le contrôler. Parvenant dans la capitale, le bandit se réfugie chez Patricia, une jeune américaine dont il est amoureux. Poiccard se sait évidemment recherché et l'étau ne tarde pas à se resserrer autour de lui. Il renoue ses contacts avec la canaille parisienne pour récupérer de l'argent qui lui est dû et entrevoit de fuir à Rome. La veille de son départ, interrogée par l'inspecteur Vital, Patricia consent à dénoncer la planque du voyou afin de garder son passeport...

Inspiré par François Truffaut, A bout de souffle constitue l'un des films-clés de la Nouvelle Vague française et bouleverse radicalement la narration cinématographique traditionnelle. Dialogues à la limite de l'improvisation, caméra à l'épaule, sautes d'images, citations, digressions, faux raccords..., la réalisation inaugure une véritable révolution esthétique que d'aucuns trouveront surfaite. Adulé par certains, honni par d'autres, un film qui ne laisse personne indifférent. Le jeune Belmondo colle parfaitement au héros et Jean Seberg, disparue trop tôt, est si belle.

 

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LES EGOUTS DU PARADIS

Film français de José Giovanni (1979)

Ancien d'Indochine, fasciste et partisan de l'Algérie française, le dandy Albert Spaggiari s'ennuie ferme dans son petit magasin de développement photographique. Ses retrouvailles avec un ancien compagnon le font renouer avec la vie aventureuse et dangereuse. Entouré d'une solide équipe, Spaggiari élabore durant trois mois l'élaboration de ce qui deviendra le "Casse du siècle". Le 17 juillet 1976, après avoir creusé un tunnel depuis un collecteur d'égouts, Spaggiari et son équipe parviennent à pénétrer dans la salle des coffres de la Société Générale de Nice et repartent avec un butin estimé à cinquante millions de francs. Arrêté, le procès se tient le 10 mars 1977. Sautant par une fenêtre du palais de justice, Spaggiari s'enfuit à moto...

Fidèle adaptation de l'autobiographie éponyme du roi des gangsters français. S'il ne compte pas parmi les plus grands réalisateurs français mais trop injustement oublié, Giovanni était tout disposé à retranscrire l'affaire. Giovanni, de son vrai nom Joseph Damiani, eut lui-même une existence tumultueuse. Ancien collaborateur pendant la Seconde Guerre mndiale, converti au crime, il fut condamné à mort et finalement gracié. Malgré une certaine maigreur budgétaire, Giovanni livre une œuvre habile, aidée en cela par les dialogues signés Audiard. Un film sans grande prétention mais très fidèle à l'esprit du propriétaire de la bergerie des Oies sauvages. Certes, on eût pu trouver un acteur plus crédible que Francis Huster qui se demande parfois dans quel calvaire s'est-il embarqué. Un film néanmoins supérieur à la réalisation de Jean-Paul Rouve.

 

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MESRINE

Film français d'André Génovès (1983)

L'année 1962 sonne le glas de la Guerre d'Algérie. Jacques Mesrine retrouve une vie trop rangée à son goût. Il multiplie les petits délits pour gagner de l'argent. Gagnant de l'assurance, Mesrine s'attaque désormais à de plus grosses cibles. Le casino de Deauville est attaqué et un milliardaire enlevé. Arrêté, l'homme aux 39 crimes et délits est détenu à la prison de la Santé dont il est le premier à parvenir à s'échapper. Consacré par les médias "Ennemi public n°1" et traqué par toutes les polices, le fugitif dénonce les conditions de détention des quartiers haute sécurité en même temps qu'il donne de curieux rendez-vous aux journalistes et policiers. Cela fait dix-huit mois que Mesrine est en cavale, bientôt accompagné de Sylvia Jeanjacquot. Il se murmure pourtant que le couple n'est pas loin de Paris. Sa voiture entame en effet la Porte de Clignancourt. Nous sommes le 2 novembre 1979...

Le film fut flingué par la critique. Beaucoup de lacunes, il est vrai, pour ce Mesrine. De nombreuses faiblesses dans la réalisation qui se contente de juxtaposer les méfaits du truand sans parvenir à déterminer le profil psychologique de celui qui terrorisa la France. Le réalisateur prend également quelques largesses avec l'autobiographie de Mesrine. Ainsi, la scène lors de laquelle il abat le journaliste du journal Minute est d'une parfaite incohérence. Concernant les acteurs, seul Nicolas Silberg, d'une froideur glaçante, est conquérant dans le rôle principal. Les autres... Bref, on espérait beaucoup mieux. Et pourtant, il sonne plus authentique que la récente double réalisation de Jean-François Richet.

 

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MON PERE, FRANCIS LE BELGE

Téléfilm français de Frédéric Balekdjian (2010)

27 septembre 2000, Francis Vanverberghe, alias Francis le Belge, grande figure du milieu du banditisme en France, meurt assassiné dans un bar PMU parisien à proximité de l'avenue des Champs Elysées. Les médias font écho de la disparition du dernier parrain marseillais, impliqué dans nombre de trafics allant du proxénétisme aux stupéfiants. Doté d'un fort charisme, Francis le Belge parvint au cours de se vie houleuse à parfaitement scinder ses trafics et sa vie familiale. Dès 2005, sa fille, Sylvie Borel, avait entrepris de coucher sur papier la vie de son père, dont la disparition signe la mort d'un certain gangstérisme à la française dans la cité phocéenne...

Il est des téléfilms qui mériteraient une diffusion cinématographique. Assurément, la réalisation de Balkedjian appartient-elle à cette catégorie. Démarrant et se terminant avec l'évocation de l'assassinat du caïd, le téléfilm multiplie les ruptures de temps afin de mieux cerner la biographie du Belge à travers les yeux de sa fille. Au-delà du gangster, c'est ainsi à sa vie maritale et parentale que le téléspectateur est confronté ; offrant ainsi un point de vue original et féminin sur un milieu dans lequel les femmes ne tiennent que peu de place.

 

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SANS ARME, NI HAINE, NI VIOLENCE

Film français de Jean-Paul Rouve (2008)

19 juillet 1976, Albert Spaggiari, entouré d'une équipe de choc, pénètre la salle des coffres de la Société Générale de Nice et réalise le casse du siècle. Arrêté, il se paye le luxe d'une évasion spectaculaire et disparait. Multipliant les provocations, Spaggiari se joue des services de recherche en accordant plusieurs interviews. Un journaliste de Paris Match, Vincent Goumard, parvient à l'approcher plusieurs jours en Amérique latine. Doté d'une certaine mégalomanie, Spaggiari ne résiste pas à l'envie d'alimenter le culte de sa légende en autorisant l'interview du journaliste. De forts liens d'amitié se tissent entre les deux hommes. Mais ce que Spaggiari ignore, c'est que le journaliste est en réalité animé de l'envie de le piéger et faciliter son arrestation. Faut pas rire avec les barbares. Avec Spaggiari non plus...

Le titre du film fait écho à la signature de Spaggiari sur les murs de la banque niçoise. A la différence du film de Giovanni, Rouve s'attache moins à l'évocation du casse qu'au portrait du gangster fasciste. Beau parleur comme Cyrano de Bergerac, dandy comme Arsène Lupin, l'ex Robin des Bois ne manque pas de dresser un portrait attachant du héros pour qui on devine une certaine tendresse à son égard de la part du réalisateur. Le film est à voir mais, bien que ne manquant pas de moyens, on ne parvient pas vraiment à entrer dedans. D'aucuns préfèreront la biographie de José Giovanni.

 

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LES TONTONS FLINGUEURS

Film français de Georges Lautner (1963)

Fernand Naudin est un ancien gangster reconverti dans le négoce de matériaux de travaux publics à Montauban. Fernand mène une vie rangée, bientôt dérangée par la nouvelle irruption dans sa vie de Louis, surnommé Le Mexicain, truand notoire de retour à Paris. Louis, mourant, sollicite Fernand à son chevet afin de lui confier la gestion de ses affaires et l'éducation de sa fille Patricia. D'autres que Fernand s'imaginaient parfaitement succéder au patron Louis à la destinée du tripot, de la distillerie clandestine et de la maison close. La querelle est inévitable malgré la neutralité du notaire de Louis, Maître Folace. Les frères Volfoni, et d'autres trublions, sont bien décidés à utiliser tous les moyens pour capter l'héritage du Mexicain...

"Alors ! Il dort le gros con ? Ben il dormira mieux quand il aura pris ça dans la gueule !" Qui n'a jamais vu Les Tontons flingueurs ? Il était néanmoins inconcevable de ne pas faire figurer ce film culte dans la sélection. Culte ? Et pourtant ! Flingué par la critique totalement acquise à la Nouvelle Vague et de plus en plus allergique aux films populaires, Les Tontons ne fut pas l'immense succès populaire dont il peut se targuer aujourd'hui. Grâce soit rendue à Lautner et Audiard, le film est bien évidemment hilarant. Les acteurs rivalisent tous avec un extrême brio et une gouaille qui font mouche à chaque dialogue. Inutile d'en dire plus semble-t-il ! Ventura, Blier, Francis Blanche ou Jean Lefebvre, choisissez votre flingueur !

 

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TRUANDS

Film français de Frédéric Schœndœrffer (2007)

Proxénétisme, racket, trafic de stupéfiants et de voitures, braquages, faux billets..., les "talents" du quinquagénaire Claude Corti sont multiples dans le Paris contemporain. Corti est l'un des plus grands noms du banditisme ; prenant sa commission sur tous les trafics traversant sa sphère d'influence maintenue au moyen de toutes les violences requises. A plus forte raison pour contenir les menaces que font régner la bande de Larbi et Hicham. Auprès de Corti, le trentenaire Franck, jeune loup soucieux de son indépendance, efficace et doté d'une forte intelligence. Traqué par la police, Corti tombe pour une stupide affaire de cartes grises et effectue un séjour à l'ombre de trois ans. Suffisamment pour que son empire s'ébranle. La patte de Franck peut ne pas être très éloignée de sa déchéance...

Si Frédéric ne filme pas la guerre, il semble devenir le digne héritier de son père Pierre Schœndœrffer. Sa peinture du milieu parisien est glaçante de cruauté et de sauvagerie. Ces flingueurs là n'ont rien de sympathiques. On peut regretter l'inégalité entre les acteurs. Si certains passent en effet au travers, Philippe Caubère est, quant à lui, juste hallucinant. A voir donc, ne serait-ce que pour l'évocation quasi-chirurgicale du milieu opérée par le réalisateur.

Virgile / C.N.C.

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28/04/2015

La France du localisme.

 La France du localisme.

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Avec le retour du printemps, de nombreuses communes et de nombreuses coopératives agricoles organisent des « fêtes du printemps » ou des « journées portes ouvertes » qui permettent à nos compatriotes de rencontrer les producteurs locaux. Ces derniers temps des militants du MAS Nord ont flâné dans ces événements dans leur secteur. En effet nombreux sont les militants qui se coupent progressivement des circuits classiques liés à l'agro-industrie et la grande distribution pour acheter directement aux producteurs ou au sein de coopératives pratiquant l’agriculture raisonnée ou l’agriculture bio.

Le week-end dernier, trois de nos militants se sont rendus aux « journées portes ouvertes » du Panier Vert, coopérative agricole localisée à Frelinghien, à quelques kilomètres au nord de Lille. Issue d'un projet monté en 1986 par une dizaine de producteurs, la coopérative regroupe aujourd'hui 27 agriculteurs. Ces derniers assurent eux-mêmes la vente des produits qui sont transformés directement sur place. Le site internet nous apprend également que « La coopérative appartient aux producteurs et elle est gérée par eux par le biais d’un bureau et d’un conseil d’administration. Elle ne fait pas de bénéfice. Après déduction des charges, le résultat est réparti entre les adhérents. C’est une forme de commerce équitable. » Ce projet, à l'image d'autres qui existent ou émergent sur notre territoire, correspond aussi à une demande de plus en plus importante de la part des Français qui souhaitent manger sainement et localement. Une révolution silencieuse, par la consommation (ou la non-consommation), a lieu sous nos yeux et porte progressivement ses fruits. Ces projets sont intéressants car ils joignent la lettre à l'esprit de la lettre. En effet à quoi bon acheter du bio ou du local dans la grande distribution ? Il ne s'agit pas simplement d’améliorer à titre individuel ce que nous mangeons, mais d'initier collectivement une révolution anthropologique, économique et évidemment écologique.

Qu'avons-nous vu ce week-end ? Des producteurs amoureux de leur métier, qui en parlent avec passion, qui apprennent aux enfants et aux adolescents - mais aussi aux adultes... - comment on produit des jus de fruits, du fromage, comment on fabrique du miel, ce que font les abeilles... Les enfants ont pu s'émerveiller devant les animaux de la ferme (veaux, lapins, poules, …), dessiner ou encore jouer à des jeux traditionnels. Le tout dans une ambiance réellement décontractée, où le public était accueilli par les producteurs. En somme, ce que nous avons vu, c'est la France. La population présente autant que les producteurs sont des Français lambda, tout cela fonctionne avec harmonie, loin des partis, des idéologies et des ghettos militants... Loin aussi de la société globalisée, du bougisme stérile et du nomadisme obligatoire.

Souvenons-nous des propos d'Arnaud de Robert, porte-parole du M.A.S. il y a quelques mois :

« Au travers d’une multitude d’initiatives locales, prises souvent sous la violente contrainte de la crise économique et financière, nos compatriotes français et européens réorganisent des formes de solidarités actives. Les projets germent partout, sous des aspects inattendus, et démontrent une vitalité que nous avons longtemps sous-estimée … et que nous sous-estimons encore.

Nous qui sommes militants, engagés et je dirais même enragés, nous avons en effet souvent tendance à prendre la défense du peuple tout en en dénonçant l’apathie, la lobotomisation, le caractère moutonnier et consumériste. Nous allons parfois très loin dans ce raisonnement, rejetant nos propres insuccès sur la bêtise et la passivité supposées de nos concitoyens. Et d’entendre les « Mais qu’est-ce que tu veux y faire, ils ne comprennent rien », « ils sont aveugles » … Que c’est pratique ! Que c’est facile !

Or, nous commettons là une lourde erreur d’appréciation. La vérité est que les peuples européens, malgré la puissance destructrice du rouleau compresseur de la société de consommation ont su préserver une forme d’intelligence instinctive. Une intelligence de survie et donc un potentiel de régénération.

Depuis quelques années, nos compatriotes, et particulièrement ceux parmi les plus pauvres, se rendent lentement compte du désintérêt total de l’oligarchie. Oubliés, délaissés car économiquement inintéressants, ils s’organisent par nécessité et découvrent par là-même qu’ils n’ont plus non plus besoin de l’oligarchie politico-financière pour s’organiser.

Face à des structures étatiques en complicité d’impuissance avec les banques et dirigées selon la formule célèbre de Karl Marx par des « fondés de pouvoir du Capital », les peuples qui souffrent trouvent en eux les ressources d’un commencement de riposte.

[...]

Mais une fois de plus, l’histoire nous surprend et, des bonnets rouges aux coopératives ouvrières, des paysans qui s’organisent pour vendre eux-mêmes leur récoltes aux initiatives décroissantes, localistes, écologiques et anti-consommation toute une frange de notre peuple réagit et construit parfois inconsciemment les outils de contre-pouvoir.

[...]

La vérité est je crois que nous passons bien trop de temps à dénoncer et à nous lamenter et pas assez à analyser et construire. Et quand nous le faisons, bien peu suivent. »

Loin des ghettos militants stériles et des discours incantatoires qui le sont tout autant, il faut reprendre pied dans le réel, dans nos campagnes, chez nos commerçants, dans nos villes et nos villages. Il faut soutenir les petites entreprises, être bénévoles associatifs, être attentifs et à l'écoute, nous devons plus que jamais être des sentinelles. Il est possible d'agir, pas dans la France muséographiée, dans la France idéologisée ou dans la France fantasmée mais au sein de la France telle quelle est. Bien loin des idées préconçues, il y a un peuple qui vit et qui agit. Nous qui disposons de tous les outils dialectiques et théoriques nous pouvons dès à présent faire le plus important, mais aussi le plus difficile, agir sur le terrain pour atteindre des objectifs: autonomie, localisme, souveraineté populaire et identité vécue. La révolution ne peut pas être seulement métapolitique ou culturelle mais passe aussi par des initiatives économiques.

Jean/C.N.C.

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