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13/09/2012

Police Python 357 d’Alain Corneau (France, 1977)

 Police Python 357 d’Alain Corneau (France, 1977)

police python.JPGLe cinéma policier français a toujours été, globalement, un cinéma de qualité. Dans les années 1970, de nombreux films peuvent en témoigner -même si on les a un peu oubliés aujourd’hui- ainsi ce Police Python 357 qui reste un grand classique de cette période.

Polar très noir, Police Python 357, nous plonge dans une histoire policière trouble menée par Yves Montand, François Périer et Simone Signoret.

L’ Inspecteur Ferrot (Yves Montand) est un homme solitaire qui ne vit que pour son travail. Il tombe amoureux d’une jeune photographe, Sylvia, qui, en devenant sa maîtresse, apporte enfin une rupture dans sa vie monotone. Ferrot ignore pourtant que cette dernière est déjà l’amante du divisionnaire Ganet (l’excellent François Périer), son supérieur hiérarchique, depuis des années. Lorsque Ganet apprend que Silvia souhaite le quitter pour un autre homme, ils se disputent et il la tue. L’enquête est confiée à l’inspecteur Ferrot, très troublé par la mort de Sylvia sur laquelle il ne peut rien dire car il comprend vite que tous les indices l’accusent lui et pas un autre…

Fort d’un scénario très bien ficelé dès le début du film, Police Python 357, est remarquable avant tout pour ses acteurs qui campent fort bien leurs personnages. Yves Montand, en premier lieu, loup solitaire passionné par les armes (d’où le titre du film) dont la morne existence n’est illuminée que par sa rencontre avec Sylvia et qui, après la mort de celle-ci, devient comme un fauve traqué dont l’existence se ne résume plus qu’à chercher à prouver son innocence. Cette tâche le déshumanise au fur et à mesure, celui-ci allant jusqu’à se mutiler et à rentrer à la fin du film dans un mutisme de plus en plus prégnant. François Périer, qui joue le rôle du divisionnaire Ganet et sa femme, Simone Signoret, sont excellents en couple bourgeois aux relations ambigües et malsaines. Cette dernière est handicapée et connaît l’infidélité de son mari, infidélité qui la hante même si elle l’accepte. Face à la nouvelle du meurtre de Sylvia, elle fera tout pour amener son mari à dissimuler son crime afin d’éviter le scandale qui ne manquerait pas d’exploser autour de ce couple notable et respecté…

Le film, tourné à Orléans, baigne dans une atmosphère assez sombre et désabusée. Le bonheur ne semble qu’être éphémère voire impossible. Les relations humaines paraissent difficiles, entachées qu’elles sont par la trahison et le mensonge. Police Python est un authentique film noir, bien mené, qui possède d’énormes qualités en plus d’avoir le charme des films français de cette époque. Malgré son final surprenant (apportant cependant un certain regard sur le héros du film) mais qui reste trop trouble, Police Python 357 est un vrai classique du film policier français. Il n’a pas vieilli et mérite vivement d’être redécouvert. Le réalisateur, Alain Corneau, allait d’ailleurs, dans les années qui allaient suivre, tourner d’autres films noirs de très bonne facture : la Menace (1977), Série noire (1979) et Le choix des armes (1981).

Rüdiger

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11/09/2012

Chronique de livre: Drieu la Rochelle - Gilles

 Chronique de livre:

Drieu la Rochelle - Gilles

L’Infréquentable

pierre-drieu-la-rochelle-_document-remis_.jpgUn petit tour sur la toile permettra aux plus sceptiques de s'en convaincre : on n'aborde pas Drieu la Rochelle sans avoir pris toutes les précautions d’usage. Avant d’appréhender l’animal, on prend ses petits gants, on se munit de désinfectant, on épingle son badge à l’effigie du Che sur son bonnet phrygien, on huile sa meilleure paire de pincettes, et surtout, on n'oublie pas son petit lexique de la bienpensance.

Drieu appartient en effet à cette race d’écrivains à qui il aura été fait l’insigne déshonneur de n’être cité sur la toile, à titre quasi exclusif, qu’en regard d’un « antisémitisme notoire » (les antisémites, vous l’aurez remarqué, sont toujours « notoires », de même que les plaidoyers qui les fustigent, systématiquement « vibrants »).

On ne saurait donner, à ce titre, meilleur exemple que celui de la polémique relative à la réédition des œuvres de Drieu dans la fameuse collection la Pléiade : à l’exception de quelques courageux électrons libres, les médiats dans leur ensemble réagissent d’une manière tellement prévisible, qu’on  en vient parfois à se demander jusqu’où il est possible d’aller dans l’auto-parodie.

Le problème, c'est que nous, ici, à la rédaction du CNC, nous avons pris le mauvais pli de ne jamais rien faire comme tout le monde. A l’invariable question : "faut-il jeter Drieu aux orties ?", nous répondons vertement : "brûler Sartre : quel impact carbone ?".

Plus sérieusement, il est toujours intéressant, d'un point de vue strictement anthropologique, d'observer toutes les contorsions mentales auxquelles une certaine frange orthodoxe de la critique littéraire contemporaine est obligée de se livrer, lorsqu’il lui faut s'aventurer sur le chemin bourbeux de la production écrite de ce bon vieux Drieu. Les amateurs du champ lexical de l'antifascisme prendront d’ailleurs, à coup sûr,  un grand plaisir à relever toutes leurs occurrences favorites dans ce fatras laborieux et dense.

Une œuvre sans concession

51cgYIcTgaL._SL500_AA300_.jpgPermettez-moi, donc, de vous parler sans ambages de l’un des romans-clés d’un auteur possédé s’il en est : Gilles.

Commencé en 1937, paru en 1939 d’abord en version censurée, puis en version définitive accompagnée d’une préface de l’auteur dès 1942, ce roman tout à fait étonnant nous offre l'image détaillée que l’un des plus grands intellectuels français de son temps se faisait du milieu artistique et politique français d’entre deux guerres : gouvernement corrompu, sénile et amorphe, milieu artistique guindé, composé en large majorité de fumistes et de toxicomanes. Si le caractère totalement subjectif du propos ne permet pas d'affirmer si oui ou non cette image est tout à fait proche de la vérité historique, les nombreuses analogies qu'on peut relever entre la description de Drieu et l’état actuel de la situation en France, elles, sont tout à fait probantes.

Le personnage de Gilles, image exacerbée de son auteur, est un dandy raffiné en mal d’argent, revenu de tout – et en premier lieu, du front -, la plupart du temps dénué de scrupules, séducteur invétéré, profondément conscient de ses propres travers comme de ceux des personnages qu’il côtoie dans le roman. Et ceux-ci ne manquent pas de piquant : quelques artistes surréalistes ou dadaïstes, parmi lesquels on reconnait aisément les fréquentations avérées de Drieu (Dada, André Breton et Louis Aragon), en prennent vraiment pour leur grade ; Carentan, un historien des religions, - figure discrète mais récurrente chez Drieu, qui prend souvent la forme d’un aveu, comme si l’ascèse était la vocation manquée de l’auteur –, intellectuel et mystique à ses heures, que n’aurait peut-être pas renié Pierre Vial ; et aussi des femmes, beaucoup de femmes, comme toujours. Vulnérables, belles, apathiques, presque toujours soumises d'une manière ou d'une autre, leur rôle au sein du roman est tout à la fois central et périphérique, et les descriptions, pourtant nombreuses, qu’en donne l’auteur, ne permettent presque jamais de s’en faire une image positive. Il n’est pas inutile de rappeler ici le cortège des conquêtes de Drieu la Rochelle, souvent éphémères, dont tous les proches de l’auteur font mention.

Gilles est un roman inspiré de l’environnement direct de son auteur, ce qui n'a pas manqué d'irriter la critique de l'époque, accusant Direu de ne jamais rien avoir su faire d'autre que de coucher sur papier le récit de sa propre vie. Difficile en effet de ne pas faire le rapprochement entre le personnage éponyme et son créateur. Mais c’est précisément la très grande force de ce roman que d’être conjointement un récit d'introspection et d’observation, incisif, lucide et sans concession. « Suintant de haine », écriraient certains. « Corrosif, impitoyable et racé », serions-nous tentés de rétorquer.

Un propos abrupt, une structure atypique

Précisons que Drieu la Rochelle est, à notre sens, de cette catégorie d’auteurs chez lesquels il est illusoire de chercher un quelconque réconfort. Chez Drieu en effet, l’auto-dépréciation continuelle n’a d’égal que la capacité d’observation. Et cette qualité, que le talent porte à son apogée, est mise au service d’un pessimisme (ou d’une lucidité, c’est selon) souvent inébranlable.

J’aimerais aborder un autre point, sur lequel on n’insiste peut-être pas assez : la forme de ce roman est franchement déroutante, et ne manquera pas de frapper ceux que les quelques six-cent-quatre-vingt-sept pages ne rebuteront pas (je sais qu’ils seront nombreux). Une fois la lecture de l’ouvrage terminée, on se retrouve en proie à un sentiment de déséquilibre assez intense. L’action est tantôt fluide, tantôt condensée à l’extrême, et comporte même une fameuse ellipse. De façon tout à fait remarquable, on peut noter que la narration semble représenter un enjeu littéraire majeur pour certains auteurs de l’époque - que l'on pense à d'autres récits de Drieu tels que Rêveuse bourgeoisie, l'Homme à cheval, et même dans une certaine mesure à la Comédie de Charleroi, aux Deux Etendards de Rebatet, ou aux Sept Couleurs de Brasillach, pour ne citer que ces quelques perles. Mais pour en revenir à Gilles, c’est à mon sens un authentique trait de génie de l’auteur que d’avoir mis en adéquation, de façon aussi accomplie, le rythme du récit avec celui des activités successives de Gilles (attentisme, passivité, oisiveté contemplative d’un côté, action et engagement politique de l’autre). Difficile d’en dire davantage sans déflorer cet admirable roman initiatique dont je ne saurais trop vous recommander la lecture, pour peu que vous ne soyez pas encore atteint d’allergie aux talents non conformes…

 Lyderic

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10/09/2012

Considérations sur le non conformisme

 

Considérations sur le non conformisme

2833869234.pngNous avons jugé utile d’apporter une définition efficiente du « non conformiste » tant il est nécessaire de cerner l’objet sémantique que nous manions quotidiennement.

En effet un certain nombre d’organisations utilisent l’expression « non conforme » ; en France : le Hainaut Non Conforme, le Cercle Non Conforme, Engarda se définissent comme Non Conforme ; à l’étranger : Genève Non Conforme (Suisse) ou Avellino Non Conforme (Italie). L’expression est d’ailleurs très commune en Italie où elle est utilisée par des organisations culturelles ou politiques. Jadis le magazine « Le Crapouillot » s’intitulait lui-même « non conformiste ».

Nous ne saurions définir le vocable de « non conforme » pour l’ensemble de ces organisations, en revanche nous pouvons en délivrer notre définition propre.

Pour nous, être « non conforme » se dirige autant vers l’extérieur (la société) que vers l’intérieur (les différentes structures politiques dites « nationalistes »).

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Etre Non Conforme c’est donc adopter des valeurs et des positions différentes, voire contraires, au Système de valeur dominant. Pas de culte de l’argent, d'hypersexualisation ou de loghorée multi-culturaliste. Nous adoptons un mode de vie basé autour de certaines valeurs : honnêteté, droiture, solidarité, courage, fidélité. C’est aussi refuser que les structures dissidentes soient dénommées par le Système. Nous nous appelons nous même « non conforme » et nous en sommes fiers. Nous établissons notre propre identité, par delà de toutes les idéologies et tous les rouages de la politique.

Etre Non Conforme c’est aussi, pour nous, adopter des positions qui peuvent apparaître en rupture avec le milieu « nationaliste » traditionnel. Nous cherchons à promouvoir une imagerie différente, nous rejetons les nostalgies et le passéisme comme horizon indépassable de la pensée politique, nous sommes convaincus que seuls ceux qui savent théoriser le futur peuvent le construire. Nous pensons aussi qu’un militant révolutionnaire doit avoir fait sa révolution personnelle avant de prétendre se projeter dans le réel.

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Etre Non Conforme ne signifie pas pour autant prendre systématiquement le contre-pied de la société dominante et adopter des postures de rebellocrates. Le monde moderne offre ça et là quelques éléments positifs : musique alternative, nouvelles technologies, progrès de la science…

Nous considérons que tous les champs du réel peuvent être modelés en fonction de notre vision du monde. Le non conformiste se doit d’être avant-gardiste et ne se fixer comme limite que ce qui est contraire à ses valeurs et principes.

Etre Non Conforme ne signifie pas non plus rejeter les acquis de la « mouvance nationale ». Il convient de bien connaître notre histoire et nos penseurs, tout en sachant faire comme nos anciens qui n’hésitaient pas à intégrer des théories différentes venues d’autres horizons. Nos glorieux prédécesseurs avaient tous l’esprit bien formé car ils savaient que l’action ne peut se faire sans avoir préalablement analysé et théorisé le réel. S’enfermer dans un ghetto idéologique et n’apporter comme seules solutions aux problèmes de l’époque vécue que les éternelles réponses stéréotypées ne peut amener bien loin. Il faut vivre selon son époque et combattre selon les données de celle-ci. L’important, c’est de s’adapter au présent et de garder en tête que l’histoire n’est pas linéaire. Un militant révolutionnaire ne peut pas être une caricature engendrée par un système cherchant ses monstres de foire.

Les enjeux de ce siècle sont trop importants pour se permettre la moindre erreur. Notre échec ne serait pas un simple faux-pas, mais une faute devant l’histoire.

Le Cercle Non Conforme

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09/09/2012

Chronique d'album: Zetazeroalfa - Disperato Amore (2010)

  Chronique d'album:

Zetazeroalfa – Disperato Amore (2010)

Attention ! Quasi chef d’œuvre !

zza.jpgAvec Disperato Amore, Zetazeroalfa nous offre un album très abouti. Tant du point de vue musical, que des textes ou du visuel. Un album qui frappe directement au cœur – noir – tant il imprègne l’atmosphère de poésie.

La première prise de contact avec l’album est cette magnifique pochette d’un navire chahuté par la tempête. Les corsaires – et pirates – partent à l’aventure, bravent les difficultés, agissent par amour, même désespérés. Où se réfugier ? Où aller ? La musique de Zetazeroalfa nous amène pour un long et périlleux périple. Comme l’écrivait Charles Baudelaire : « Homme libre, toujours tu chériras la mer ».

L’album est globalement assez équilibré, plutôt mélancolique dans sa première moitié, à l’exception d’ « Academia della sassaiola », il est beaucoup plus énergique dans sa deuxième moitié, à l’exception du morceau éponyme, « Disperato Amore ».

Après un premier instrumental, « Scirocco », qui nous plonge peu à peu dans l’ambiance, « Rose Rosse dalle Camicie Nere » (Les roses rouges des chemises noires), est un morceau d’une totale poésie, qui respire la mélancolie malgré son rythme assez rapide.

En italien:

« E sono solo rose rosse dalle camicie nere,
Guarda il vento come soffia
E come gonfia queste vele!
E sono solo rose rosse dalle camicie nere,
Sono nate sopra il marmo
Di mille primavere. »

En français:

« Ne restent que les roses rouges des chemises noires
Regarde le vent qui souffle
Et comment il gonfle les voiles
Ne restent que les roses rouges des chemises noires
Elles sont nées sur le marbre
De milles printemps. »

Pas le temps de s’endormir, « Accademia della Sassaiola » est là pour vous rappeler que les rebelles doivent se battre, tout le temps, toujours. Nous avons le devoir de vaincre. On retrouve ensuite des odes à l’Amour, dans les morceaux qui suivent, « Anche se è giovedi », « A modo mio » ou « Andrà tutto bene ». Philosophie d’une existence où on donne aux siens, à ses camarades, à une femme, mais donner toujours. Donner, c’est aimer. Donner sans rien recevoir, autre que les coups, l’ostracisme, c’est finalement aimer avec un grand A. Zetazeroalfa nous rappelle ici que notre lutte n’est qu’Amour. Comme un marin, nous devons toujours avancer, survivre, braver les éléments. Impossible de poser un pied à terre, seul une accalmie peut vous donner le repos, vous ne maîtrisez rien, sauf votre cœur et ce qui vous pousse à avancer. C’est un cocktail de sentiments (que l’eau symbolise bien) que brasse Zetazeroalfa dans cet album. Les deux morceaux les plus énergiques, « Fino al Ultimo » et « I Guerrieri della scolopendra » sont des appels à la lutte sans relâche, tant qu’il en restera un pour y croire. La musique est très rapide, ne laisse aucun répis et saura vous rappeler l’impératif de l’action. « Fino al Ultimo », dont les paroles sont magnifiques, poursuit bien l’instrumental « Nemesi », qui est également très énergique.


« Il mio cuore è arpionato dagli artigli di un'aquila […]Il mio cuore è prigioniero di un amore e di un impero »

« Mon cœur est harponé par les serres d’un aigle […] Mon cœur est prisonnier d’un amour et d’un empire. »

Notre cœur est ici harponné par Zetazeroalfa.

Quant à « I guerrieri della scolopendra », c’est un hommage aux Karens de Birmanie, dont l’existence est lutte, contre la junte Birmane, contre l’occident libéral, contre les communistes. Chaque Karen porte en lui sa patrie.

Le morceau  « Disperato Amore », intercalé entre les deux temps forts de l’album que sont « Fino all’ultimo » et « I Guerrieri della scolopendra » est terriblement bien retranscris par la musique, et nous entraîne dans un tourbillon d’amour et de mélancolie. Partagez donc ce morceau avec la femme que vous aimez, vous ne ferez plus qu’un et plongerez dans l’abyme de vos sentiments.

« Arremba sempre » conclut en beauté l’album, nous avons triomphé, par Amour, toujours. Les corsaires débarquent, nous sommes là et basta.

Cet album est, d’après moi, un appel à l’introspection, celle de chaque homme. Qui sommes nous ? Que faisons nous ? Pourquoi (et pour quoi) combattons-nous ? Quel sens donne-t-on à notre vie ?

Au CNC nous combattons par Amour, notre phare éclaire les pirates et corsaires au cœur noir, Disperato Amore sonne comme une poignante mélodie. Nous sommes, définitivement, des romantiques.

« Le poète a inventé la nymphe mais la nature avait déjà créé l'océan, le nuage et la femme. » Anatole France

Jean

NB: Source pour les paroles:  http://www.zetazeroalfa.org/translate.htm

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07/09/2012

Chronique de série - Mes émotions esthétiques : Les Tudors et Natalie Dormer.

Chronique de film - Mes émotions esthétiques :

Les Tudors et Natalie Dormer.

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« Vous pensez connaître l'Histoire, mais vous ne connaissez que la fin, pour en atteindre le cœur, il faut la reprendre au début ». Cette antienne précède chaque épisode de la fascinante série télévisée « Les Tudors ». A rebours de cette assertion, la critique cinématographique a abondamment mis en lumière certaines libertés prises avec l’Histoire par les scénaristes, à commencer par la chronologie ou le physique des personnages.

Ces libertés procèdent d’une volonté de romancer et donc de rendre attractive la série : les Tudors, c’est certes une fresque historique, mais retranscrite avec un parti-pris esthétique évident. Pari tenu. Tout est beau dans les Tudors : les décors et les costumes sont somptueux ; la musique, composée par Trevor Morris, est captivante ; quant au casting, il est de loin la plus grande réussite de ce chef d’œuvre.

On retrouve notamment des acteurs émérites comme Sam Neill, qui joue un Cardinal Wolsey énergique et Peter O’Toole, dans le rôle d’un Pape Paul III volontaire, cynique mais finalement impuissant. On salue également la très belle performance de Jonathan Rhys Meyers, aussi charismatique qu’inquiétant dans le rôle d’Henri VIII. Et enfin, nous arrivons au cœur du sujet : Natalie Dormer, dans le rôle d’Anne Boleyn.

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Cette jeune actrice constitue le véritable choc, la révélation, pour tout dire le « cœur nucléaire » de la série. En quelques mots, l’émotion esthétique. Dans le rôle qu’elle interprète, sa relation torride avec le Roi, sur fond de rivalités, de trahisons et de cruautés en tout genre, permet à Natalie Dormer de s’affirmer comme l’une des plus grandes actrices de notre époque. Les Tudors sont en quelque sorte un écrin dans lequel Natalie Dormer est le joyau inestimable. Lorsqu’Anne Boleyn est exécutée à la fin de la deuxième saison, avec une intensité dramatique encore plus prégnante que le suicide du Cardinal Wolsey dans la première, on atteint le sublime. Et l’on regrette que la série ne s’arrête pas là, conscient que les deux saisons suivantes ne pourront pas atteindre les mêmes cimes.

Car pour l’esthète, c’est la fin, c’est-à-dire un nouveau commencement : la quête perpétuelle de beauté doit de nouveau reprendre. C’est pour toute l’éternité que Tantale est supplicié. Quelle production artistique, culturelle, pourra de nouveau étancher – provisoirement – cette soif intarissable ?

Une réponse nous est donnée dans une autre série – Game of Thrones – où Natalie Dormer apparait à partir de la deuxième saison. L’actrice y joue cette fois le rôle de Margaery Tyrell, une femme brillante elle-aussi, appelée à un destin exceptionnel, et qui se donne les moyens de ses ambitions. Et pour l’esthète, l’occasion de lui vouer une nouvelle fois le culte qu’elle mérite…

Jacques Daniel

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05/09/2012

La dérive mondialiste de la plus grande braderie d'Europe.

La dérive mondialiste de la plus grande braderie d'Europe.

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Mais que diable allait-il faire…

Je le confesse, je suis en partie responsable de mon malheur. Rien que pour le plaisir de rédiger une chronique assassine, je me suis fendu d’une petite promenade le long d’un ou deux grands axes de la braderie de Lille, dimanche après-midi. Je suis donc arrivé après la bataille. J’ai fait le touriste, en somme. L’espace d’un instant, je me suis glissé dans la peau du quidam débordant de naïveté, un peu téméraire quand même, curieux de tout et surtout avide de nouveauté.

Quand même, je me doutais bien que je n’allais pas débusquer le premier tome des aventures de Spiderman en édition originale, alors je n’avais pas mis la barre bien haute, mais malgré tout je pensais avec ingénuité pouvoir débusquer un petit quelque chose.  Une lampe de chevet fonctionnelle, un encrier d’époque, un plateau de backgammon, n’importe quel objet dont le charme désuet aurait été susceptible d’éveiller la fibre rétro-vintage-old-school du personnage que j’avais choisi de camper. 

Que nenni ! A la place du marché aux puces en format géant que j’avais espéré en secret, je me retrouve confronté à un véritable festival improvisé de la diversité. Point de défilé, de char ou de paillette ici, mais malgré tout, quel spectacle édifiant !

Laissez-moi tout d’abord vous parler de l’image : couleurs chamarrées et nombreuses, de quoi faire péter le baromètre de la diversité ethnique ; belle alternance kebabs / goodies Eminem & Bob Marley / objets de contrefaçon ; présence tout à fait remarquable d’un certain nombre de stands publicitaires - hautement appréciés en ces temps de disette médiatique -  ou à vocation « citoyenne » - on peut citer le stand d’Amnesty International, ou encore celui du PS ; mention spéciale, cette année, pour la recrudescence des vendeurs de disques vierges tombés du camion. Je vous épargne le traditionnel discours d’agoraphobe qui accompagne en temps normal les chroniques de bradeux en herbe, puisque je n’ai pas vraiment connu le « rush » du samedi après-midi (je suis courageux, pas stupide).

L’odeur, ensuite. Croyez-le ou non, ce ne sont pas les effluves de moules qui incommodent le promeneur du dimanche. Ce sont bien plutôt les relents d’épices exotiques, d’urine et de viande saoule, qui donnent un cocktail au moins aussi détonant que le célèbre bière-vomi-pizza-froide bien connu des amateurs de festivals.

La musique, enfin : tout comme au supermarché, l’entêtante ritournelle du dernier tube moisi en date revient, implacable et lancinante, pour vous inciter à consommer mieux,  de même un certain nombre de commerçants se sent investis de la mission sacrée de vous faire profiter de sa culture musicale éclectique, afin que vous chiniez avec  plus d’entrain. Vous pouvez ainsi profiter tout à loisir du Frédéric François local, de l’indétrônable compil’ techno-zouk-ragga, ou encore d’un morceau de hip-hop tout en finesse. Vous en conviendrez, tant de subtilité concentrée ne saurait être pleinement intégrée qu’à un volume sonore respectable, et c’est ce raisonnement d’une logique implacable qui est à l’origine de la guerre des décibels que certains « bradeux » se livrent, au détriment des chineurs, il est vrai, mais après tout, la guerre c’est souvent comme ça : ce sont les innocents qui paient le prix fort.

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Un bilan mitigé pour le promeneur trop désinvolte

Tandis que les braderies de localités moins importantes, telles que Maroilles, ont su préserver leur caractère authentique, pour la joie des chineurs invétérés, la braderie de Lille a perdu une partie de son âme.

Une partie seulement : pour qui est suffisamment malin pour éviter les grands axes, la braderie n’est pas dénuée de charme, et c’est ce qui explique probablement pourquoi cet événement baroque rencontre toujours autant de succès. Il suffit de fouiner du côté de la citadelle Vauban, du champ de Mars, ou des ruelles moins fréquentées, un peu partout dans Lille, pour retrouver ça et là de brefs éclats d’humanité. Brocanteurs de tout poil, antiquaires en bonne et due forme, disquaires et libraires amateurs ou improvisés, on trouve encore de quoi rêver ou s’amuser un peu, si l’on a un peu de bonne volonté.

En ce qui me concerne, j’avais laissé ma bonne volonté dans mon autre veste, et je n’ai pas trouvé la perle rare, l’objet tout en patine et en émotion brute qui aurait pu trôner au milieu de la chambre d’amis.

J’ai seulement eu le droit de constater avec impuissance le déclin de cette braderie tant acclamée par la presse locale, cette fameuse braderie qui pourrait être un événement festif, bon enfant et plein de saveur, et qu’on transforme en foire au kebab à force d’incurie et de soumission au dictat du « vivre ensemble »… le tout aux frais de la princesse Aubry et de sa fine équipe (et aussi du contribuable, il est vrai). Allez, encore un tout petit effort, les gars, et le centre ville en 2013 ressemblera trait pour trait à un énorme supermarché à ciel ouvert.

Lyderic

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