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31/12/2014

Exposition: La santé au Moyen Age (Paris)

"La santé au Moyen Âge" jusqu'au 5 avril 2015, à la Tour Jean sans Peur (Paris 2e).

"Comment conçoit-on le corps au Moyen Âge ? Sur quelles théories reposent les pratiques médicales ?
Comment et avec quoi fabrique-t-on les médicaments ?
Comment se déroule un rendez-vous chez le médecin? Comment pratique-t-on l’anesthésie?

Du cabinet médical à l’hôpital, le médecin du Moyen Âge a laissé une trace durable.
À travers six grands thèmes (les principes de santé, les pratiques médicales, la santé publique, les maladies, l’arsenal des médecins et la chirurgie), près de cent documents, des images étonnantes et des recettes, cette exposition invite le visiteur à s’identifier au médecin ou au patient à la fin du Moyen Âge en Occident.
Elle rend également compte de certains liens existant entre les pratiques médicales de la fin du Moyen Âge et les pratiques actuelles."

Voir ici

28/12/2014

Reportage : Charlemagne

Reportage : Charlemagne

Partie 1 :

 

Partie 2 :

Partie 3 :

 

25/12/2014

Origines et traditions de Noël (par Philippe Conrad)

Chaque année, la célébration de la Nativité s'accompagne de pratiques qui semblent réglées par une coutume immuable. Et pourtant, nombre d'entre elles nous viennent de la haute Antiquité, ou de différents pays. Pour mieux comprendre leurs richesses, suivons les explications de l'historien et rédacteur en chef de la Nouvelle Revue d'Histoire Philippe Conrad.

La magie de Noël : origines et traditions

Les serviteurs s'en allaient, pour « poser la bûche au feu » dans leur pays et dans leur maison. Au Mas ne demeuraient que les quelques pauvres hères qui n'avaient pas de famille ; et parfois des parents, quelque vieux garçon par exemple, arrivaient à la nuit en disant : « Bonne fête ! Nous venons poser, cousins, la bûche au feu avec vous autres ». Tous ensemble nous allions joyeusement chercher la « bûche de Noël » qui – c'était de tradition – devait être un arbre fruitier. Nous l'apportions dans le Mas, tous à la file, le plus âgé la tenant d'un bout, moi, le dernier-né, de l'autre ; trois fois nous lui faisions faire le tour de la cuisine ; puis, arrivés devant la dalle du foyer, mon père, solennellement, répandait sur la bûche un verre de vin cuit en disant : « Allégresse ! Allégresse ; mes beaux enfants, que Dieu nous comble d'allégresse ! Avec Noël tout bien vient. Dieu nous fasse la grâce de voir l'année prochaine. Et, sinon plus nombreux, puissions-nous n'y pas être moins. » Et nous écriant tous « Allégresse, allégresse, allégresse ! », on posait l'arbre sur les landiers et, dès que s'élançait le premier jet de flamme : « À la bûche boutefeu ! » disait mon père en se signant. Et tous nous nous mettions à table. Oh ! La sainte tablée, sainte réellement, avec, tout à l'entour, la famille complète, pacifique et heureuse. Trois chandeliers brillaient sur la table et si, parfois, la mèche tournait devers quelqu'un, c'était de mauvais augure. À chaque bout, dans une assiette, verdoyait du blé en herbe, qu'on avait mis à germer dans l'eau le jour de la Sainte-Barbe. Sur la triple nappe blanche tour à tour apparaissaient les plats sacramentels : les escargots, qu'avec un long clou chacun tirait de la coquille ; la morue fine et le muge aux olives, le cardon, le scolyme, le céleri à la poivrade, suivis d'un tas de friandises réservées pour ce jour-là, comme : fouace à l'huile, raisins secs, nougat d'amandes, pommes de paradis ; puis au-dessus de tout, le grand pain calendal, que l'on n'entamait jamais qu'après en avoir donné, religieusement, un quart au premier pauvre qui passait. La veillée, en attendant la messe de minuit, était longue ce jour-là ; et longuement, autour du feu, on y parlait des ancêtres et on louait leurs actions…

 Cette évocation des Noëls de son enfance que nous a laissée le grand écrivain provençal Frédéric Mistral résume parfaitement ce que fut cette fête dans l'Europe traditionnelle. Fête de la famille et de la mémoire, fête de l'enfance dont le déroulement mêle, diversement selon les régions, des pratiques immémoriales liées à l'arbre et au foyer, les rituels de la table, l'affirmation des solidarités communautaires et la piété chrétienne. Moment privilégié de la manifestation du sacré, l'anniversaire de la naissance du Christ, confondu avec le moment des nuits les plus longues, annonce l'éternel retour de la vie. Instant « merveilleux » qui voit se confondre le temps cyclique des saisons et celui d'une histoire sacrée porteuse de la rédemption du monde, la fête de Noël demeure le moment du recueillement et de la joie, du retour sur soi et de la générosité, de la communion avec Dieu et des lumières de l'espérance. Profondément ancrée dans la longue mémoire européenne et chrétienne, la célébration de Noël, quelles que soient les dérives marchandes qu'elle engendre aujourd'hui, demeure l'occasion – dans le monde cruellement désenchanté du début du XXIe siècle – de renouer les fils du temps, de reconstituer, à travers le regard illuminé d'un enfant ou dans la chaleur d'une famille réunie, les liens puissants qui permettent aux hommes d'échapper aux désespérances contemporaines.

Le 25 décembre a été reconnu fort tardivement comme le jour anniversaire de la naissance de Jésus

Le christianisme primitif ignore cette célébration et, dans la première moitié du IIIe siècle, le philosophe alexandrin Origène refuse encore que soit posée la question de la date de naissance du Christ, comme s'il s'agissait d'un quelconque souverain ou pharaon. Reprenant une prophétie de Michée, les évangélistes Mathieu et Jean situent la Nativité à Bethléem mais ne donnent aucune indication quant à sa date, et les bergers veillant la nuit, en plein air, sur leurs troupeaux qu'évoque saint Luc laissent penser à une journée printanière. Plusieurs dates correspondant à la naissance de Jésus sont pourtant proposées à partir de la fin du IIe siècle.

Clément d'Alexandrie avance le 18 novembre, mais les auteurs ultérieurs tiennent pour une date située entre mars et mai. Certains gnostiques choisissent celle du 6 janvier, qui présente l'intérêt de correspondre aux épiphanies de Dionysos et d'Osiris – deux divinités de la végétation qui, comme le Christ, meurent et ressuscitent – et à la sortie du soleil dans la constellation de la Vierge, moment important pour les astrologues de l'Antiquité. La date du 6 janvier fut également retenue pour célébrer l'anniversaire du baptême du Christ dans le Jourdain et le miracle réalisé lors des noces de Cana qui virent Jésus transformer l'eau en vin. Aux IIIe et IVe siècles, c'est donc le 6 janvier, qui voit « l'épiphanie », c'est-à-dire la « manifestation » du Christ, que l'Orient chrétien célèbre sa naissance.

À l'inverse, l'Occident se rallie rapidement à la date du 25 décembre. L'importance accordée aux anciennes fêtes du solstice d'hiver, le souvenir des saturnales romaines (célébrées du 17 au 25 décembre) et la place considérable qu'avait acquise dans l'empire le culte de Mithra – dieu solaire et sauveur d'origine iranienne – expliquent pour une bonne part ce choix. Correspondant à la nuit la plus longue de l'année, qui précède immédiatement la « remontée » du soleil dans le ciel, le solstice d'hiver était un moment chargé d'une forte sacralité pour les anciennes sociétés européennes, et l'assimilation du Christ sauveur au Soleil victorieux des ténèbres devait fatalement rapprocher les deux traditions. La célébration de la renaissance annuelle de Mithra et la fête du Sol invictus, dont Aurélien avait tenté d'imposer le culte dans l'ensemble de l'empire, intervenaient toutes deux le 25 décembre, et Macrobe nous rapporte que, ce jour-là, on sortait d'un sanctuaire une divinité solaire figurée comme un enfant nouveau-né.

Ces pratiques ne pouvaient que préparer le subtil syncrétisme mis en œuvre par les chrétiens pour assimiler la naissance de Jésus au retour de l'astre solaire. Au milieu du IVe siècle, le 25 décembre est déjà retenu à Rome comme la fête de la Nativité du Christ. Au début du siècle suivant, la fête de Noël est placée sur un pied d'égalité avec celles de Pâques et de l'Épiphanie, laquelle commémore désormais la venue des Rois mages. En 440, l'Église décide officiellement de célébrer la naissance du Christ le 25 décembre, et Noël devient une fête d'obligation au début du VIe siècle, à peu près au moment où Denys le Petit fixe arbitrairement la naissance du Christ en l'an 754 de la fondation de Rome. L'Occident resta longtemps réticent pour se rallier à une date, le 25 décembre, qui correspondait, pour les croyants coptes ou arméniens, à des célébrations païennes exécrées. Il semble en effet que les tenants de la foi nouvelle venue d'Orient, de même qu'ils « christianiseront » la fête celtique des morts du début novembre, ont « récupéré » la puissante sacralité qui accompagnait traditionnellement les fêtes du solstice pour en faire le moment de la naissance du Sauveur. Dans l'ouvrage qu'il a consacré aux Survivances païennes dans le monde chrétien, Arthur Weigall constate que « ce choix semble avoir été imposé aux chrétiens par l'impossibilité dans laquelle ils se trouvaient, soit de supprimer une coutume aussi ancienne, soit d'empêcher le peuple d'identifier la naissance de Jésus à celle du Soleil. » Conscient des difficultés rencontrées par les évangélisateurs des peuples barbares du Nord, le pape Grégoire Ier n'hésitera pas à recommander à Augustin, l'apôtre des îles Britanniques, d'interpréter dans un sens chrétien les rites et les croyances auxquels demeuraient attachés les Anglo-Saxons du début du VIIe siècle.

Des noms divers désignent la grande fête célébrée au cœur de l'hiver

On écarte aujourd'hui l'étymologie, jugée simpliste, qui fait de Noël le neo Hélios, le « nouveau Soleil », et c'est au latin natalis (origine de l'italien natale) que l'on rattache le « Noël » français. Les « messes du Christ » dites par les évangélisateurs de l'Angleterre au cours du mois de décembre sont devenues le Chritsmas des Anglais, alors que le terme le plus courant en allemand est celui de Weihnacht, la « Nuit sainte ». Le mot Jul (qui désigne, selon les hypothèses, la « roue du temps » ou la « fête ») est celui qui a été retenu dans les langues scandinaves. Quelles que soient ses diverses dénominations, la fête qui intervient dans les derniers jours de décembre combine les antiques croyances liées à la nuit hivernale à l'espoir de renouveau dont sera porteur le nouveau soleil, une lumière que les peuples, au fil des générations, assimileront à l'Enfant-Dieu né dans la superbe pauvreté de la grotte ou de l'étable de Bethléem.

Issu du mot latin adventus qui désigne « l'arrivée », la naissance du Christ, l'Avent correspond à la période de quatre semaines précédant le 25 décembre mais pouvant débuter, en certaines régions d'Allemagne, avec la Saint-Martin (11 novembre). Dans les campagnes de l'ancienne Europe, cette période, marquée par les progrès de la nuit, était perçue comme inquiétante dans la mesure où les âmes des damnés accompagnaient « chasses sauvages » et autres « mesnies Hellequin », ces chevauchées imaginaires de démons et de sorcières, nés de ces jours sombres de novembre, qui voyaient les morts se rappeler au souvenir des vivants. Plus rassurante, la tradition de la couronne d'Avent – faite de branches de sapin tressées et ornée de quatre bougies qui symbolisent les quatre saisons de l'année – est née assez tardivement dans les régions protestantes du nord de l'Allemagne avant de se répandre en Scandinavie, puis aux États-Unis.

La période de l'Avent est riche en célébrations significatives. Divers saints importants sont honorés à ce moment. Outre Saint-Martin le 11 novembre, il faut évoquer Sainte-Catherine le 25, Saint-Éloi le 1er décembre, Sainte-Barbe le 4, Saint-Nicolas le 6, Sainte-Lucie le 13. La Saint-Martin marquait l'entrée dans la période froide de l'année ; évêque de Tours et patron des Gaules, le saint était associé à l'oie, animal sacré depuis la plus haute Antiquité que l'on mangeait rituellement en cette période de l'année où sa fête était l'occasion de joyeuses ripailles. Protecteur des chevaux et patron des orfèvres, le « bon saint Éloi » jouit longtemps d'un immense prestige dans l'imaginaire populaire. Martyrisée au moyen d'une roue demeurée son emblème, sainte Catherine avait la réputation de déposer, le jour de sa fête, des cadeaux destinés aux enfants. Sainte Barbe, célébrée le 4 décembre, jouait un rôle dans le cycle de la végétation, comme le rappelle le texte de Mistral cité plus haut quand il évoque les grains de blé que l'on mettait à germer le 4 décembre, jour de sa fête – tradition également présente en de nombreuses autres régions d'Europe, notamment en Allemagne et en Alsace. Sainte Barbe est souvent associée à saint Nicolas, fêté deux jours plus tard, quand celui-ci distribue des cadeaux aux enfants. Martyrisée à Syracuse sous Dioclétien, sainte Lucie – dont le nom évoque évidemment la lumière – est particulièrement honorée en Europe du Nord, à la faveur des très longues nuits d'hiver : le 13 décembre, les jeunes filles vêtues d'une longue chemise de nuit blanche et coiffées d'une couronne ornée de plusieurs bougies allumées font le tour du foyer et offrent des gâteaux aux membres de leur famille. La même période précédant Noël correspondait également aux quêtes que les enfants effectuaient au cours des tournées qui les conduisaient dans les différentes maisons du village. Analogues au « pâqueret » des enfants de chœur, elles garantissaient aux donateurs les plus généreux une année prospère, alors que les récalcitrants se voyaient promis aux affres des mauvais sorts.

Symbole fort de la fête anniversaire de la Nativité, l'arbre de Noël

Un sapin toujours vert témoigne de la persistance de la vie, tout comme le lierre et le houx, demeurés verts au cours de la saison froide, annonçaient le retour de Dionysos, dieu grec de la végétation toujours renaissante. C'est en Alsace, au XVIe siècle, que l'on trouve, à l'époque moderne, les premières mentions des sapins de Noël et, en 1604, l'érudit Johann Konrad Dannhauer déplore que « pour Noël, il soit d'usage à Strasbourg d'élever des sapins dans les maisons. On y attache des roses en papier de diverses couleurs, des friandises ou des pommes… » Dès le XIe siècle, un évêque de Worms interdisait à ses ouailles de décorer leur maison « avec de la verdure prise sur les arbres », ce qui sous-entend qu'une telle pratique était répandue dès cette époque. Auteur de la célèbre Nef des fous qui inspira à Jérôme Bosch le tableau conservé au Louvre, Sébastien Brant signale, à la fin du XVe siècle, l'habitude qu'ont prise les gens de décorer leur maison de feuillages divers au moment de Noël. La tradition chrétienne tentera de s'approprier le culte ainsi rendu au « sapin de Noël » en rapportant que saint Boniface, l'apôtre de la Germanie, aurait consacré au Christ un arbre auquel s'attachaient antérieurement des superstitions païennes. Le culte des arbres et le mystère des forêts jouaient un rôle important dans l'ancienne religiosité européenne, et il est clair que l'Église chrétienne a pris soin de « récupérer » ces croyances ; l'arbre de la Connaissance était présent sur le parvis des églises quand on y jouait, au soir de Noël, certains drames liturgiques, ce qui impliquait – pour disposer d'un arbre vert à ce moment de l'année – d'utiliser un sapin. Très répandu en Alsace, l'arbre de Noël gagne dès le XVIIIe siècle le reste de l'Allemagne. En 1795, un livre publié à Nuremberg signale la mise en place d'un Christkindleinbaum, un « arbre de l'Enfant Jésus » décoré de bougies. La Bavière et l'Autriche adoptent cette coutume dans les premières années du XIXe siècle, mais les peuples placés sous l'autorité de la monarchie Habsbourg demeureront un temps réticents face à cette pratique dans la mesure où, issue de l'Allemagne protestante, elle est a priori suspecte. Les troupes allemandes du roi d'Angleterre introduisent cette coutume en Pennsylvanie dès l'époque de la guerre d'Indépendance, et ce sont ensuite des Germano-Américains installés dans le New Jersey et l'Ohio qui l'acclimatent définitivement outre-Atlantique où, dès 1890, le président Harrison fait installer un sapin de Noël à la Maison-Blanche. En Angleterre, c'est une suivante de la reine Caroline de Brunswick, épouse allemande du roi George IV, qui introduit à la cour le premier arbre de Noël en 1821, et la coutume se généralise sous le règne de la reine Victoria, elle-même mariée à un prince allemand, Albert de Saxe-Cobourg-Gotha. À Paris, c'est également une princesse allemande, Hélène-Louise de Mecklembourg-Schwerin, épouse du duc d'Orléans, fils aîné de Louis-Philippe, qui fait dresser aux Tuileries, en 1837, le premier sapin de Noël ; mais il faut attendre les lendemains de la guerre de 1870 et l'extraordinaire popularité de tout ce qui rappelle l'Alsace perdue pour que la coutume se généralise. L'Italie et l'Espagne, terres de forte tradition catholique, demeureront longtemps rétives au sapin de Noël, assimilé à une pratique étrangère, née dans les pays protestants de l'Europe germanique et rapidement adoptée par les Anglo-Saxons et les Scandinaves. Très tôt, l'arbre de Noël est couvert de décorations diverses et équipé de bougies qui permettront de l'illuminer quand viendra la nuit sainte, pour le plus grand émerveillement des enfants. Tannenbaum (sapin) en Westphalie, dans le Schlesvig ou le Mecklembourg, Weinachtsbaum (arbre de Noël) en Poméranie et dans le Brandebourg, Christbaum (arbre du Christ) en Autriche, Souabe ou Franconie, Lichterbaum (arbre illuminé) dans le Harz, les sapins sont devenus, au cours des deux derniers siècles, un élément essentiel des célébrations de Noël.

La crèche, figuration de la Nativité

Symbole des récoltes passées et à venir, la « paille de Noël » permet de confectionner étoiles, animaux ou figures destinés à la décoration de l'arbre. À côté de celui-ci, la crèche maintient le souvenir de la Nativité du Christ. Cette tradition a surtout connu de brillants développements dans les pays de l'Europe latine et catholique comme l'Italie, l'Espagne et le Portugal, mais l'Allemagne du Sud et la France y sont également attachées. Le mot vient du provençal crepcha, et l'on sait l'importance que revêt cette tradition dans les Noëls provençaux. Dès le haut Moyen Âge, des crèches sont installées dans les églises et des jeux liturgiques, dits « jeux de la Nativité », y sont organisés au soir de Noël. Vers 1223, saint François d'Assise aurait célébré la messe dans une grotte où aurait été figurée la scène de la Nativité. Apparue en Italie, la crèche de Noël franchit les Alpes vers le milieu du XIIIe siècle, et ce sont les franciscains qui répandent cette coutume en Provence. En autorisant la figuration d'autres personnages que ceux traditionnellement représentés dans les nativités médiévales, le concile de Trente va considérablement enrichir les crèches réalisées dans l'Europe catholique, envahies désormais par tout un petit peuple de fidèles, celui des paroissiens du temps. À Naples ou dans le Tyrol, les crèches baroques des XVIIe et XVIIIe siècles deviennent de véritables œuvres d'art, riches de dizaines de personnages réalisés en bois, en terre cuite ou en faïence. Installée dans une grotte ou dans une modeste étable, la crèche traditionnelle s'est répandue dans les familles de fidèles où elle ne rassemble plus modestement que les personnages de l'Enfant Jésus, de Marie, de Joseph, des bergers et de Rois mages, sans oublier l'âne et le bœuf, omniprésents dans toute l'iconographie traditionnelle de la Nativité mais absents des textes évangéliques évoquant la naissance du Christ. C'est à la fin du XVIIIe siècle que le Marseillais Jean-Louis Lagnel invente les « santons de Provence », c'est-à-dire les représentants de tout le petit peuple du Midi, assimilés aux santi boni, aux « bons saints » devenus les santoni italiens et les santouns provençaux. Le succès de ces petits personnages et la popularité, aux XIXe et XXe siècles, de la Provence de Mistral, de Daudet et de Pagnol contribuèrent à maintenir très vivante la tradition des crèches et des Noëls provençaux.

Des traditions de l'ancienne civilisation rurale…

Outre le gui et le houx qui contribuent largement aux décorations de Noël, la tradition de la « bûche », aujourd'hui réduite à la consommation de la célèbre pâtisserie, confirme le lien étroit qui unit cette fête de l'hiver à la végétation. À l'origine, on faisait brûler dans la cheminée une véritable bûche, et son embrasement constituait l'un des moments forts de la veillée de Noël. Bénie par le chef de famille, arrosée d'eau-de-vie ou de vin, elle était décorée de rubans et de feuillages, et ses tisons soigneusement conservés étaient censés protéger de la foudre. En Sicile, on la brûlait solennellement devant la crèche figurant la Nativité. Chêne, frêne, tilleul ou olivier, l'arbre utilisé varie selon les régions. Noël est également l'occasion d'un repas exceptionnel, jadis marqué par la consommation de viande de porc, largement remplacée aujourd'hui par la dinde dont la tradition nous vient d'Angleterre, puisque ce serait le roi Henri VIII qui l'aurait mise à l'honneur dans le second quart du XVIe siècle. Un peu partout, la veillée de Noël a donné naissance à des traditions culinaires originales. Il en est ainsi des fameux « treize desserts » provençaux que détaille goulûment Marcel Pagnol dans La Gloire de mon père : la fougasse à l'huile et à la fleur d'oranger, le nougat blanc et le nougat noir, les « quatre mendiants » – figues sèches, raisins secs, amandes, noisettes –, les noix, les dattes, les pruneaux, les mandarines, les poires et les pommes, le tout accompagné des « sept vins de Noël ». Dans tous les pays d'Europe, une multitude de gâteaux traditionnels aujourd'hui le plus souvent disparus témoignaient de la persistance de traditions demeurées très vivaces jusqu'à l'extinction de l'ancienne civilisation rurale. Noël a également inspiré de superbes chants populaires dont certains – Stille Nacht, Heilige Nacht ou O Tannenbaum – ont rencontré un succès qui a largement dépassé les frontières du monde germanique, et les Noëls qui accompagnaient traditionnellement les messes de minuit constituent un répertoire d'une infinie richesse.

… à celle, plus récente, du père Noël

Le père Noël, ce distributeur de cadeaux dont les petits enfants attendent impatiemment la venue… Lors des saturnales, les anciens Romains s'offraient mutuellement des cadeaux, ces strenae qui sont devenues nos « étrennes » et, que ce soit à l'occasion de la Saint-Nicolas, de Noël, du jour de l'An ou de l'Épiphanie, cette coutume de la remise de cadeaux a perduré. Le père Noël que nous connaissons actuellement, avec sa barbe blanche et sa houppelande rouge, est apparu récemment dans le folklore français en provenance des pays anglo-saxons, mais il semble bien qu'il ait eu chez nous quelques ancêtres significatifs. Le père Chalande savoyard, le père Janvier bourguignon ou l'Olenzaro basque étaient des distributeurs de cadeaux très appréciés des petits ; mais c'est surtout saint Nicolas qui semble avoir fourni le modèle principal. En Allemagne, en Suisse, en Belgique et dans le nord et l'est de la France, c'est lui qui descend dans les maisons par le tuyau de la cheminée pour laisser à chaque enfant un témoignage de satisfaction – jouets ou friandises – ou de mécontentement – morceaux de charbon. Les enfants déposaient leurs souliers auprès de l'âtre, ainsi que du foin ou une carotte destinés à l'âne que le saint utilisait comme monture. En Italie, c'est la fée Befana qui distribue – le 6 janvier, jour de la fête de l'Épiphanie – les cadeaux destinés aux enfants, et c'est au même moment que les petits Espagnols reçoivent les présents que déposent pour eux les Rois mages…

La richesse et la diversité des traditions qui s'y rattachent témoignent de la place qu'occupe la fête de Noël dans l'imaginaire européen et chrétien. Héritier des plus anciennes croyances et moment privilégié de la venue du Sauveur, le temps sacré de Noël apparaît aux sociétés matérialistes contemporaines – qui ressentent confusément la nostalgie de leur foi oubliée – comme l'instant magique où s'opère déjà, au cœur de la nuit, l'inéluctable réenchantement du monde.

Philippe Conrad
 
Sources: Institut Iliade et Clio.

22/12/2014

Le site internet de l'Institut Iliade est en ligne!

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Le site: http://institut-iliade.com

16/12/2014

Chronique de livre: Saint-Loup, Les voiliers fantômes d’Hitler

 Saint-Loup, Les voiliers fantômes d’Hitler, Presses de la Cité, 1973.

voiliers.jpgUne chose qui me paraît relativement intéressante avec l’œuvre de Saint-Loup est sa diversité : récits historiques, romans, documents divers etc. Certes, d’autres écrivains, de Jean Mabire à Saint-Paulien, ont cette caractéristique mais Saint-Loup a su envelopper tout ce qu’il a écrit d’une même âme et il est clair que la trentaine de livres dont il est l’auteur présente une indéniable unité dans la diversité. Les habitués de Marc Augier savent de quoi je parle.

Les voiliers fantômes d’Hitler est un livre qui ne figure pas parmi les plus connus de Saint-Loup, il est assez difficile à trouver de nos jours et n’a jamais été réédité, ce qui est regrettable car il est passionnant. Saint-Loup livre ici le récit de certaines expéditions navales qui furent montées par l’Abwehr durant la guerre afin de pouvoir déposer ou reprendre des agents secrets en différents points du globe. Ces expéditions top secrètes étaient confiées à des champions de la voile (et non à des militaires) qui avaient été remarqués par leurs prouesses. Capitaines de petits yachts (moins de 30 tonneaux), ceux-ci réussirent des exploits peu communs : passant parfois près de 6 mois en mer sans ravitaillement, sans escale en dupant les patrouilles anglaises. Ils déposèrent ainsi des agents secrets en Amérique du Sud, en Irlande ou en Afrique du Sud avec un procédé audacieux que les Anglais refusèrent toujours d’imaginer. Avec un œil très marin, Saint-Loup nous conte en détail certaines de ces expéditions et lève le voile sur des dessous méconnus de la guerre.

stloup.jpgEn plus de ce volet, l’auteur relate l’étonnante histoire d’un survivant de la division Wiking, le Haupsturmführer Ludwig Lienhardt. Encerclé en Lituanie fin 1944 avec 300 hommes, il parviendra à gagner la Suède sur une épave et, après avoir surmonté de nombreux et épineux problèmes, réussira à embarquer avec sa famille vers l’Argentine. C’est dans ce dernier pays, refuge de tant de maudits, qu’il fera la connaissance de Saint-Loup qui, comme d’autres (Hans U. Rudel par exemple), servait chez Peron. La dernière partie du livre traite quant à elle d’une expédition montée par l’auteur lui-même dans la zone du Cap-Horn afin de rechercher une possible base secrète hitlérienne (thème déjà abordé dans les Nostalgiques).

Très bien écrit et vraiment prenant, je conseille ce livre à tous les amateurs de Saint-Loup et à ceux qui veulent en savoir plus sur un aspect bien méconnu de la guerre.

Rüdiger / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

15/12/2014

Entrevue du C.N.C. #11: Andreas (Aube Dorée) sur l'histoire et l'actualité de Chypre

Andreas est Chypriote. Il est assistant parlementaire d'Aube Dorée au parlement européen de Bruxelles. Il fait également partie du National Popular Front (ELAM), parti politique chypriote très proche d'Aube Dorée.

On l'a vu récemment intervenir pour Aube Dorée au congrès du GUD "Le réveil des nations". Il nous a accordé une entrevue exclusive afin que le public français puisse mieux connaître la situation de Chypre, pays dont la partie nord a été envahie par la Turquie en 1974.

NB: Certains sigles ont été laissés intentionnellement en anglais.

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1) Peux-tu donner un aperçu à nos lecteurs de l’histoire de Chypre jusqu’à 1974 ?

Je vais commencer mon propos par une rétrospection historique de manière à bien faire comprendre le contexte au lecteur. Chypre est une île grecque, et ce depuis 4000 ans au moins. Pas un endroit séparé du reste de la Grèce mais un organe vital qui interagit et coexiste avec le reste de l’Hellénisme. Jusqu’en 1191, l’île fit partie de l’Empire Byzantin. L’année suivante, elle fut conquise par Richard Cœur de Lion puis connut par la suite un nombre important de souverains. Les Templiers, Guy de Lusignan, les Vénitiens, les Ottomans et les Britanniques dirigèrent l’île avec violence et noyèrent dans le sang toutes les tentatives de résurrection des Grecs.

Le 1er avril 1955 marqua le début d’un autre combat pour la liberté, l’auto-détermination et l’union avec la Grèce. L’Empire britannique était un ennemi supérieur en nombre et disposait de dizaines de milliers de soldats à Chypre… face à une guérilla révolutionnaire qui, pendant les 4 ans de conflit, n’aligna que quelques centaines de combattants. Sous la direction du Colonel Grivas, fier dirigeant nationaliste, l’EOKA (National Organisation of Cypriots Fighters) remporta une victoire écrasante sur les britanniques. Cependant, les forces politiques de Chypre et de Grèce trahirent cette victoire et le but premier qui était de parvenir à l’union ne put se réaliser. A la place, nous nous sommes compromis avec un Etat soi-disant « redevable ». Un pays comprenant des enclaves sous domination britannique et un gouvernement obligé de prendre des turcs au parlement, dans des postes ministériels ou en tant que vice-président. Un Etat avec des forces armées turques et des officiers de police turcs.

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Cet Etat et sa constitution étaient voués à l’échec. C’est donc sans surprise qu’à la suite de la mutinerie de la minorité turque de 1963, un autre conflit armé éclata. D’un côté, les turcs qui se séparèrent de la vie publique de l’île, s’isolèrent dans des enclaves 100% turques et formèrent leurs propres petits gouvernements. De l’autre le gouvernement chypriote qui essayait d’appliquer la loi. A cette époque, un bon nombre de vétérans de l’EOKA et d’autres volontaires mirent sur pied leurs propres milices afin de protéger leurs quartiers et lieux d’habitation des turcs.

La violence continua encore 10 ans. Cette période fut marquée par des bombardements de l’armée de l’air turque, par des gains et des pertes de territoires des deux côtés avec comme conséquence l’impossibilité à la République de Chypre d’imposer sa souveraineté sur l’île. L’invasion ne prit donc pas seulement place en 1974 mais déjà avant. Elle était bien planifiée et aidée par l’OTAN. Elle était déjà achevée avant 1974. L’invasion de 1974 marqua le zénith de l’expansionnisme turc qui imposa de fait un nouveau statu quo pour la « Grèce du sud ».

2) Tu es originaire de Chypre. Comment est la vie là-bas (d’un point de vue tant ethnique et culturel qu’économique et social) ?

La vie à Chypre à partir de 1974 et donc de la destruction du Mouvement National par le gouvernement a dramatiquement changé. 200.000 Chypriotes sont devenus des réfugiés dans leur propre pays, 4.000 d’entre eux sont morts et 1619 disparurent (aujourd’hui encore, nous n’avons aucune information sur le sort qui fut celui de la majorité d’entre eux). Le Chypriote a vu sa maison prise par les colons turcs, a vu son pays labouré par des mains étrangères et a vu ses efforts de toute une vie disparaître en quelques heures. Le nouveau Chypriote a commencé à ne vivre que pour le présent, n’a plus eu d’intérêt à vouloir bâtir le futur et acquérir la liberté. Il s’est noyé dans la prospérité amenée par le dollar qui lui a fait oublier son pays et ceux qui étaient morts pour le défendre. Il a laissé sur place un miracle économique similaire à ceux de l’Allemagne et du Japon après 1945. Il est devenu un consommateur, un matérialiste exhibitionniste et un xénomaniaque fanatique.

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3) Comment réagit la population face à l’occupation turque? Quels sont les contacts entre les Chypriotes et les occupants ? Comment est-il possible de résister ou de combattre l’occupation aujourd’hui ?

Année après année, la population ne prêta plus attention à l’occupation et considéra le statu quo comme acquis. Une minorité sera cependant toujours là pour combattre. Cette minorité eut à certains moments le pouvoir de raviver les réflexes patriotiques de la population et d’en faire une éruption volcanique. Ce fut le cas en 1996 avec la marche motocycliste contre l’occupation qui commença à Berlin et finit sur les barricades et la zone-tampon de Chypre. Deux cousins, Tasos Isaak et Solomos Solomou, le payèrent de leur vie. Le premier fut battu à mort par les Loups Gris et le second fut tué par balles alors qu’il escaladait un mât de la zone occupée afin d’en retirer le drapeau de la honte (voir vidéo). De temps en temps, le mouvement contre l’occupation déclencha des actions et réactions mais le manque de cohérence idéologique, les motivations personnelles ainsi que les forces de division marquèrent de leur ombre la seule résistance.


Il est possible de résister. Nous tenons notre destin en main car nous sommes en mesure de détruire notre futur ! Et si nous pouvons détruire quelque-chose, cela signifie que nous pouvons également le contrôler. La résistance doit venir de l’intérieur. Pour commencer, nous devons rejeter et considérer comme faux tout ce qui a été dit. Voyez-vous, l’histoire de Chypre est enseignée afin de créer des esprits faibles. Tout y est changé et les héros sont désignés comme des traîtres. En conséquence, le premier pas à faire est d’apprendre notre histoire. Le second est d’établir à nouveau un système scolaire helléno-centré qui créera des Grecs non seulement par le sang mais également par l’esprit.

L’éducation est la priorité. Pendant près de 800 ans, nous avons été détachés du corps national. Nous avons toutefois gardé notre identité, nos traditions et notre dialecte archaïque unique. Si nous savons qui nous sommes et d’où nous venons, nous pourrons maitriser notre destin.

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4) Quelle est l’opinion des Chypriotes sur: l’ONU, l’OTAN et l’Union Européenne?

Il n’existe aucune confiance dans ces organisations. Les Chypriotes se sentent trahis par elles toutes mais pour des raisons différentes. Ces raisons sont bien sûr en lien avec notre problème national. Après la vague de violence de 1963, un détachement de l’ONU (UNFICYP) fut envoyé à Chypre. Depuis, il est prouvé par des dizaines d’incidents que l’UNFICYP a été une base de support non-officielle pour les turcs. Par ailleurs, la manie de l’UE de vouloir « régler » le problème chypriote sur la base d’une confédération bilatérale prouve encore qu’elle ne souhaite simplement que légitimer les conséquences de l’invasion.

L’OTAN a toujours œuvré de concert avec la Grande-Bretagne et la Turquie contre les Grecs. L’accession de Chypre à l’UE était basée sur un mensonge : que Chypre serait libérée à nouveau. Les politiciens ont promu le mensonge suivant : Chypre occupée équivaudrait à une partie du sol de l’UE qui serait occupé, il n’y aurait donc aucune chance que l’UE puisse accepter une occupation d’une partie de son sol par un tiers parti. Le désenchantement de ceux qui avaient cru ce mensonge et voté en conséquence commença rapidement. Ces gens considèrent par ailleurs que l’UE est responsable de la crise économique que connaît Chypre aujourd’hui.

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5) En tant que membre d’Aube Dorée et du National Popular Front, peux-tu nous donner les positions officielles de ces structures sur Chypre et la Turquie ?

Aube Dorée et le National Popular Front réclament la mise en œuvre de la doctrine de l’espace de défense commun entre Chypre et la Grèce. En plus des espaces économiques communs liant les deux Etats, cela équivaudrait à une union entre l’île et la Grèce. Maintenant que le gaz dans l’espace économique commun de Chypre est un sujet d’intérêt international, la Grèce –et non Israël- serait le pays qui garantirait l’intégrité de Chypre. Les avions F16 grecs, et non ceux de l’armée de l’air israélienne, seraient stationnés à l’aéroport de Pathos à Chypre.

Parler maintenant d’une union totale est hors de propos. Nous devons d’abord recouvrer la souveraineté dans nos pays et leur redonner force et indépendance. Toute précipitation serait vouée à l’échec. Un voyage d’un millier de kilomètres débute toujours par un pas. Notre rêve le plus cher est de voir la nation grecque réintégrée mais la raison ne nous fait pas perdre de vue que toutes les conditions actuelles sont contre nous. Nous ne pouvons nous permettre en tant que nation une autre catastrophe du même acabit que celle d’Asie Mineure. Cela sonnerait notre glas.

6) Le 10 novembre, la situation à Chypre fut le sujet d’une grande manifestation au parlement de Bruxelles. Que peux-tu nous en dire ?

Au Parlement Européen, chaque jour, ils parlent des violations des Droits de l’Homme en Afrique, des réfugiés d’Iraq et de Libye, des conflits en Somalie et au Soudan. Alors nous essayons de leur montrer qu’ils sont eux-mêmes des réfugiés européens, qu’il y a des violations des Droits de l’Homme en Europe, qu’il existe des zones de conflits en Europe. Nous n’y sommes pas allés pour mendier leur pitié. Nous y sommes allés par devoir. Ce devoir que nous avons envers nos morts, notre histoire et nos descendants. C’est un devoir patriotique d’accomplir cette tâche.

Dans notre stratégie, les campagnes d’information sont vitales. Et ce, même si les dirigeants des Etats ne sont pas touchés. L’essentiel étant que les gens ordinaires puissent nous entendre lorsque le sujet les intéresse.

Une armée qui réussit se caractérise par trois éléments : organisation, discipline et morale. Pour nous, voir des gens intéressés par nos problèmes et voulant nous aider délivre un message fort aux Chypriotes. N’oubliez pas qu’en 1996, dix-mille Chypriotes étaient dans les rues, dans la zone tampon et sur les barricades, mus par un mouvement symbolique qui a pris naissance à Berlin avec la participation d’Européens qui soutenaient notre cause.

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7) Que faire pour ceux qui veulent soutenir les Chypriotes? Participer à l'European Solidarity Front for Cyprus peut-être ?

La chose la plus importante, à ce moment, est l’information. La population Européenne ignore tout des problèmes de Chypre donc il est crucial pour nous de le diffuser à travers le monde. Et la prochaine étape est de faire pression sur leurs gouvernements par des actions, des manifestations et par n’importe quel accès aux médias afin de les forcer ou essayer de les forcer à faire changer la politique de leurs pays envers Chypre.

Evidemment, nous supportons toutes les initiatives destinées à nous soutenir. En conséquence, nous accordons notre soutien total à l’European Solidarity Front for Cyprus. Certaines choses sont plus importantes que nos mouvements et nous-mêmes.

8) Comment vois-tu le futur proche de la Grèce et de Chypre?

Je vois une Grèce glorieuse dans une Europe libre. Nous gagnerons car nous ne pouvons nous payer le luxe de perdre.

Le Cercle Non Conforme (traduction par Rüdiger et Ann)

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