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31/08/2015

Chronique d'exposition : D’or et d’ivoire – Paris, Pise, Florence, Sienne – 1250-1320

Exposition D’or et d’ivoire – Paris, Pise, Florence, Sienne – 1250-1320

Jusqu’au 28 septembre 2015 au musée du Louvre-Lens

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L’intitulé de l’exposition qui se tient au Louvre-Lens jusqu’au 28 septembre est un peu trompeur. Si les œuvres précieuses - éléments sculptés en ivoire ou travaux d’orfèvrerie en métal doré – y ont en effet la part belle, l’exposition présente en fait un ensemble de pièces très varié : éléments d’architecture ou figures sculptées en pierre ou en bois, enluminures, peintures à fond d’or, restitutions de vitraux… un choix judicieux qui permet d’apprécier l’art du XIIIe siècle dans sa diversité, en cette période gothique où la peinture n’occupait pas encore la place prépondérante qui lui sera dévolue plus tard.

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Giovanni Pisano, Christ en Croix, Toscane, 1290-1310
Ivoire d’éléphant, H. 15,3 ; L. 6 ; P. 5 cm

L’exposition s’articule autour d’une thématique un peu complexe : la question des influences et des transferts artistiques entre Paris et les grandes cités toscanes. Si ce sujet peut sembler quelque peu abrupt pour un néophyte, il faut souligner qu’au-delà de son propos, l’exposition peut s’enorgueillir de rassembler de très belles œuvres – la valve de miroir dite « le jeu d’échec », en ivoire d’éléphant, les petits ouvrages sculptés de Pisano, le fabuleux groupe de la Descente de croix en ivoire, déjà présenté lors de l’exposition Saint Louis à la Conciergerie [lien], ou encore la sculpture de Jeanne de Navarre en fondatrice, pour ne citer que ces quelques pièces – qui ne manqueront pas de retenir l’œil averti, mais sauront aussi charmer le visiteur non initié.

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Valve de miroir : Le Jeu d’échecs, Paris, vers 1300
Ivoire d’éléphant, diam. 11,5 cm.

Sur le fond, l’exposition est passionnante. Les croisements artistiques entre les cités toscanes - Pise, Florence, Sienne – et la capitale du royaume de France, dans un contexte de fort développement économique et démographique, sont mis en lumière par de très frappantes confrontations d’œuvres issues de ces différents foyers artistiques. L’idée est stimulante et bienvenue – comme le rappelle le conservateur du musée, Xavier Dectot, jusqu’à aujourd’hui cette question des allers-retours stylistiques entre Paris et la Toscane n’avait encore jamais constitué le cœur d’une exposition – mais sa mise en application ne coule pas de source : il faut en effet faire preuve de bonne volonté pour saisir toutes les subtilités du parcours scénographique. A mon sens, même si les cartels sont toujours très remarquablement documentés, certains rapprochements d’œuvres auraient mérité d’être davantage explicités.

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Reliquaire des saints Maxien, Lucien et Julien, Paris, Sainte Chapelle, vers 1261.
Argent gravé, ciselé et doré, H. 19,6 ; L. 13,5 ; P. 2,9 cm.

C’est peut être la première salle de l’exposition qui gère le mieux l’équilibre entre pédagogie et richesse du propos : on peut y consulter une vaste carte de l’Europe pendant la période concernée, une frise comparative sur laquelle on peut évaluer les dimensions respectives de certaines des plus singulières prouesses architecturales de la période, ainsi que quelques indications relatives à la typologie des drapés – un élément déterminant pour l’étude des transferts et des influences stylistiques.

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Jeanne de Navarre en fondatrice, Paris, vers 1310
Calcaire lutécien autrefois polychrome, H. 82 ; L. 25 ; P. 18 cm

Les autres salles de l’exposition réservent leur lot de petites merveilles, dont l’étrangeté le dispute parfois au raffinement. L’une des pièces les plus remarquables de l’exposition nous toise de toute son élégance faussement moderne dans la dernière salle du parcours : La Vierge de l’Annonciation d’Agostino di Giovanni et Stefano Acolti n’accuse guère ses sept siècles d’existence, et ressemble bien davantage à un mannequin art déco qu’à l’une de ses homologues du XIIIe siècle. Entièrement articulée afin d’être parée comme il se doit en certaines occasions liturgiques, cette sculpture de bois polychrome a vraiment de quoi surprendre.

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Agostino di Giovanni et Stefano Acolti, Vierge de l’Annonciation, Pise, 1321.
Bois polychrome, H. 165 ; L. 60 ; P. 56 cm.

Si l’élégante complexité du style gothique rayonnant ne vous laisse pas indifférent, le Louvre Lens aura de quoi vous contenter, pourvu que vous acceptiez de donner à cette exposition subtile et dense un peu de temps et de concentration.

Lyderic / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

Dates de l’exposition
27 mai - 28 septembre 2015

Coordonnées :
Musée du Louvre-Lens
T : +33 (0)3 21 18 62 62
www.louvrelens.fr

Horaires d’ouverture :
Tous les jours de 10h à 18h, fermé le mardi.
Nocturne jusque 22h les vendredis 5 juin et 4 septembre.
Ouverture du parc tous les jours de 7h à 21h.

13/08/2015

Chronique de livre : Fanny Truilhé et Mathilde Gibelin "Tour d'Europe"

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Fanny Truilhé et Mathilde Gibelin, Tour d'Europe

(Les Amis du Livre Européen, 2015)

Enfin nous pouvons lire le récit de ce fameux tour d'Europe à pied! La question sera donc : à quelle place insérerons-nous ce livre, à côté de quels autres ? Je crois que sa place serait dans la catégorie des "livres qui poussent à l'action". Ces derniers sont rares et précieux, et ont donc une place de choix. Dans sa longue formation, tout militant devra digérer les doctrines des uns et des autres, de la philosophie, des réflexions diverses, mais viendra parfois le moment où il recherchera des témoignages pratiques, plus proches de ses réalités quotidiennes, des ouvrages militants.

Si je me suis tout de suite plongé dans la lecture de ce journal de bord, c'est que j'étais intrigué par la démarche en elle-même. Ayant entendu leur témoignage sur l'émission de radio Méridien Zéro, je trouvais que la réappropriation de sa terre par la marche était une idée audacieuse et tout à fait cohérente. Cela me rappela un passage marquant du roman Ravage de René Barjavel : "En une seconde, l'Amérique, tout à l'heure si proche, venait de reprendre sa place ancienne, à l'autre bout du monde. [...] Chacun allait se retrouver dans un univers à la mesure de l'acuité de ses sens naturels, de la longueur de ses membres, de la force de ses muscles."

Car l'Homme en effet, est "la mesure de toute chose" et lire ce journal c'est un peu prendre la mesure de l'Europe grâce à nos deux vagabondes enracinées (le grand paradoxe indo-européen).

Vous verrez qu'au bout de quelques pages, vous aurez peut-être envie de cesser la lecture ou de fermer le livre, non pas parce que la lecture est ennuyeuse, mais poussé(e) par l'envie de vous chausser solidement et d'aller découvrir la nature inexplorée qui vous entoure. Mais attention, on voit ici que nos aventurières sont formées (scouts depuis l'âge de 8 ans) et une telle marche n'est pas envisageable pour tout le monde. Le moindre désagrément peut vite devenir un cauchemar, loin de chez soi, lorsqu'il fait froid, humide, et que la nuit tombe sur le paysage désertique d'un pays inconnu. Chaussures trop petites, individus louches, toutes sortes de choses renversées dans son sac, froid, chaleur, neige, barrière de la langue, agacement vis à vis de l'autre, moustiques (!!!) on n'imagine pas toujours les difficultés qu'une telle aventure peut entraîner. L'écriture sous forme de journal permet de décrire et de transmettre parfaitement le stress et les inquiétudes de ces petits désagréments, mais aussi les joies des bonnes rencontres et des heureuses surprises. Tout au long du récit, vous découvrirez que nos jeunes filles ne se contentent pas d'un simple exploit sportif. Bien entendu, je parle de "simple exploit sportif", car des tours du monde, d'Europe, de France, à pied, à vélo, en stop, des traversés à la nage, ce n'est pas ce qui manque. Ces prouesses sont honorables, et bien que plutôt sportif je m'en sens parfaitement incapable. Ce que je veux dire par là, c'est qu'en plus d'un exploit physique et sportif, les filles ont réalisé un véritable acte politique et spirituel. C'est en cela que la démarche est cohérente et qu'elle n'entre pas du tout dans le cadre de cette société du spectacle et de la performance où l'on voit fleurir toutes sortes de records absurdes.

Au-delà de la marche et des péripéties, le livre nous offre un tas de réflexions, parfois contemplatives, parfois personnelles, ou d'autres liées à notre identité européenne, accompagnées d'un certain nombre de références littéraires. C'est ce qui rend la lecture enrichissante car il m'aurait semblé rébarbatif de lire plus de 200 pages sur comment mettre un pied devant l'autre... Je vous rassure, ici ce n'est pas le cas!

Autre chose, on pourrait se demander, en mauvaise langue, si "elles l'ont vraiment fait". Et bien oui, je crois qu'on peut dire qu'il s'agit d'un vrai tour d'Europe à pied. Même s'il y a quelques étapes en train ou en stop, cela se justifie toujours dans le récit. Donc non, si vous vous posiez la question, elles n'ont pas triché! Alors si 6000 kilomètres à pied vous paraissent encore insurmontables, du moins dans l'avenir proche, vous pourrez toujours lire ce Tour d'Europe préalablement paru en version numérique il y a quelques mois. En plus, les filles (je deviens familier avec elles mais pourtant je ne les connais pas vraiment), nous offrent la liste du matériel utilisé (très pratique si l'idée germe en vous) et un cahier photo très sympathique qui permet une immersion encore plus forte dans cette aventure.

Franck / C.N.C.

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02/08/2015

Chronique de livre: Jean-François Solnon "Louis XIV : Vérités et légendes"

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Jean-François Solnon, Louis XIV : Vérités et légendes, Perrin, 2015

Louis XIV, le « roi-soleil » est un personnage fondamental dans notre imaginaire historique au même titre que Charlemagne, Jeanne d’Arc, Saint-Louis ou Napoléon. Sa majesté, ses guerres, ses conquêtes, sa cour fastueuse, Versailles, en font encore aujourd’hui un grand nom de notre histoire et l’un des seuls rois de France à avoir conservé une renommée certaine dans une population de moins en moins intéressée par son histoire. Fort d’un règne long qui a duré de 1643 à 1715 (bien qu’il ne commence à gouverner seul qu’à la mort de Mazarin en 1661), Louis XIV est un souverain qui a laissé une empreinte profonde sur notre pays en tant que symbole de l’absolutisme et de la toute-puissance de la fonction royale. Si les Français ont aimé Louis XIV, ce dernier n’a jamais fait l’unanimité auprès de la totalité de ses sujets. Certains d’entre eux ont justement laissé une trace durable sur l’image que l’on se fait du « roi-soleil », citons l’homme d’Eglise Fénelon et surtout le noble Saint-Simon qui, parmi d’autres contemporains, tant Français qu’étrangers, ont beaucoup contribué à bâtir une image inexacte du fils d’Anne d’Autriche et à propager nombre d’inexactitudes voire de légendes sur le compte d’un homme qu’ils haïssaient pour des raisons personnelles, politiques ou religieuses.

Jean-François Solnon, spécialiste renommé de l’Ancien Régime et de la Cour de France à laquelle il a d’ailleurs consacré un ouvrage-clé, se propose ici de faire la lumière sur toutes les rumeurs et bêtises qui entachent une connaissance claire et raisonné de Louis XIV. Pour cela, il a choisi une approche thématique déclinée en 38 chapitres courts et synthétiques d’environ 6 à 8 pages chacun et basés sur les acquis historiographiques les plus récents. La grande diversité des thèmes traités permet d’approcher aussi bien la personne privée du roi que les évènements de son règne, les principaux axes de sa politique intérieure et extérieure, les mentalités de son temps mais aussi les rivalités à la Cour, l’influence de ses proches et un tas d’autres sujets annexes (l’hygiène à Versailles, le Masque de fer etc).

Face aux légendes se dessine un homme immensément attaché à son métier de roi et tout entier dévoué à la grandeur de son pays et au bien de sujets qu’il est loin d’avoir traité avec indifférence comme le voudrait la vulgate... Si son physique et sa majesté frappent tous ceux qu’il croise dans la sphère publique, il n’en demeure pas moins un individu timide et méfiant dont la retenue et la simplicité en privé peuvent étonner. L’ouvrage de Jean-François Solnon nous aide à nuancer l’image monolithique que l’on a d’un homme qui est justement un homme avant tout, avec ses qualités et ses défauts. Jouisseur et fêtard dans sa jeunesse, le roi se transformera néanmoins avec les années en un souverain plus sage sous le poids des affaires du royaume, des drames personnels et d’une foi catholique très forte. Loin d’être un dictateur refusant l’avis de qui que ce soit, il a toujours su s’entourer de personnages brillants (Colbert, Louvois, Vauban…) et utiliser au mieux leurs compétences au nom de la France. Si la légende veut qu’il ait haï le cardinal Mazarin, la réalité est toute autre et Louis XIV a su tirer grand profit de l’apprentissage pragmatique des affaires politiques auprès de celui qui avait été son parrain et tuteur en l’absence d’un père mort trop tôt et qu’il désignait comme « le meilleur ami que j’aie ».

Encore plus intéressant à mon sens sont les chapitres qui traitent de la politique de Louis XIV et, en parallèle des finances de la France, des questions internationales et religieuses, de ses guerres et de ses conquêtes. Sur ce dernier point justement, l’auteur souligne combien, malgré une politique qui a pu être guidée au tout début du règne par une volonté de puissance et de renommée, le roi a, avant tout mené une politique de défense du pays en s’appuyant sur un « pré carré » (voir d’ailleurs la chronique de Vauban et l'invention du pré carré français) afin d’écarter les invasions du royaume. Oui, le « roi-soleil » a été un roi guerrier comme c’était la norme à l’époque (plus de 30 ans de guerre durant son règne) mais il a agrandi la France par de nombreuses conquêtes (Flandre, Artois, Hainaut, Franche-Comté, Roussillon, Alsace) et l’a préservée pour longtemps des invasions étrangères. Menant une politique moins brutale qu’on ne le dit dans les nouvelles provinces, il a voulu intégrer les populations rapidement à la communauté française en conservant et en respectant dans la majorité des cas les coutumes locales. Le résultat fut sans appel : l’intégration de ces nouvelles provinces était effective à la fin de son règne malgré les quelques résistances qui pouvaient entraver son œuvre.

Un autre point qu’il convient d’aborder ici est cette légende qui voudrait que Louis XIV ait été l’allié du Grand Turc, en d’autres termes de l’Empire Ottoman. Loin du temps où François Ier avait déchaîné l’opinion européenne contre lui en s’alliant avec la puissance musulmane, Louis XIV a poursuivi la politique de Mazarin en envoyant des contingents français à Saint-Gotthard et en Crète contre les armées ottomanes tout en lançant de multiples opérations en méditerranée à l’encontre des barbaresques. S’il lui est –à juste titre- reproché l’absence de la France à Vienne en 1683 et son refus d’adhérer à la Sainte Ligue l’année suivante, c’était afin de profiter du pouvoir de nuisance ottoman à l’est lui laissant l’occasion d’avoir les mains libres à l’ouest face à l’empereur Léopold… Les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts…

On trouvera nombre d’autres sujets très intéressants dans ce Louis XIV : Vérités et légendes, à l’image des chapitres où sont abordés les relations entre le roi et la noblesse de France et qui ne sont pas les seuls atouts de cet ouvrage clair et très agréable à lire qu’il conviendra toutefois d’approcher si l’on a un minimum de connaissances historiques sur l’Ancien Régime et ce, même si le livre est loin d’être réservé aux spécialistes.

Rüdiger / C.N.C.

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14/07/2015

Conférence à Lausanne (26/09/15): Regard non conforme sur la question ukrainienne ... avec Pascal Lassalle

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25/06/2015

Ni Lampedusa, ni Bruxelles, être Européen !


Source : Institut ILIADE

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18/06/2015

Compte rendu – exposition « la Flandre et la Mer » au Musée de Flandre, Cassel

 Compte rendu – exposition « la Flandre et la Mer » au Musée de Flandre, Cassel

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Pieter Bruegel l’Ancien (vers 1525 – 1569), Bataille navale dans le golfe de Naples,huile sur bois, 41x70

Jusqu’au 12 juillet 2015 se tient au musée de Flandre une exposition qui aborde le thème de la mer dans l’art flamand à travers un riche ensemble de gravures et de peintures des XVIe et XVIIe siècles.

L’exposition propose de découvrir la genèse de la marine en tant que genre pictural, en partant de l’époque des grandes explorations, dont les récits favorisèrent le développement de la géographie ou des sciences aussi bien que celui des arts – la porosité entre les trois domaines étant particulièrement remarquable.

Le caractère ambivalent de la mer dans l’univers mental flamand est bien mis en évidence dans les premières salles de l’exposition : si le répertoire formel du monde marin est en effet une source d’inspiration formidable pour de nombreux artistes, on remarque que la mer elle-même n’intègre pleinement le domaine pictural qu’assez timidement, au début du XVIe siècle. C’est que la mer ne représente pas seulement la prospérité économique, élément clé de la puissance des ports de Bruges, puis d’Ostende, d’Anvers, ou plus tard de Rotterdam et d’Amsterdam : elle est aussi le lieu de la tragédie et de maints cauchemars abyssaux, comme l’atteste bien, par exemple, le Triomphe d’Amphitrite de van Kessel.

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Le cauchemar lovecraftien avant l’heure : le Triomphe d’Amphitrite de Jan van Kessel (1626 - 1679), huile sur cuivre, 14x19

L’exposition rassemble, entre autres merveilles, un magnifique ensemble d’architectures flottantes minutieusement détaillées de Pieter Bruegel l’Ancien, un paysage idyllique de Claude Gelée, dit le Lorrain, de vastes scènes de batailles navales, parmi lesquelles on retiendra surtout la représentation de la bataille de Lépante par Andries van Eeertvelt et celle du golfe de Naples par Bruegel l’Ancien, une collection de paysages mythologiques ou bibliques dont la mer constitue le théâtre, et enfin un magnifique ensemble de marines hollandaises du XVIIe siècle, qui vient clore cet édifiant parcours.

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Andries van Eertvelt (1590 - 1652), Combat naval de Lépante, 1623, huile sur toile, 176x315

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Jan Porcellis (av. 1585 - 1632), Un estuaire par temps orageux, vers 1630, huile sur toile, 58x80,5

Si l’on peut regretter une certaine frugalité pour ce qui est des explications, on admettra en revanche volontiers que le parcours muséographique est très agréable, stimulant et bien aéré, et que les explications fournies sont limpides. La consultation du catalogue d’exposition permet bien évidemment d’approfondir l’ensemble des sujets abordés dans l’exposition, au même titre, je suppose, que les audioguides – dont j’ai préféré, pour ma part, me passer.

Le seul vrai bémol de l’exposition de Cassel concerne peut être son manque de diversité : le thème aurait en effet gagné à être davantage agrémenté de cartes, d’objets ou de maquettes qui auraient pu constituer un contrepoint intéressant à la collection de marines réunies par le musée. Seule la première salle présente un planisphère espagnol dans un manuscrit, ainsi que trois maquettes modernes de navires historiques.

Ne boudons cependant pas notre plaisir : l’exposition « la Flandre et la mer » regorge de merveilles. La curiosité y côtoie le chef d’œuvre et le thème abordé saura séduire l’esthète aussi bien que l’amateur d’histoire nautique. Pour ceux d’entre vous que la symbolique du CNC ne laisse pas indifférents, l’exposition permet en outre de découvrir l’allure des phares de la côte flamande d’il y a trois siècles, ce qui constituera une cerise sur le gâteau !

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Paul Bril (1554 – 1626), Vue d’un port de mer, huile sur toile, 107x151.

Lyderic / C.N.C.

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