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13/09/2014

Entretiens non-alignés avec A.Chauprade et F.Philippot.

Aymeric Chauprade

Florian Philippot

06/09/2014

Chrétiens d'Orient entre islamisme et sionisme.


31/08/2014

“Doit-on soutenir le Donbass communiste ?” (Tribune Libre d’un lecteur de Breiz Atao)

Note de Breiz Atao:

Tribune libre de Grégory M., un de nos lecteurs qui veut faire valoir son opinion sur les événements d’Ukraine. BREIZ ATAO voulant permettre aux opinions diverses de s’exprimer a naturellement accepté, quoique la rédaction n’adopte pas le point de vue présenté dans cette tribune.

Lecteur assidu de BREIZ ATAO et de nombreuses publications nationalistes ou identitaires, je veux écrire pour interroger nos milieux à propos d’une question simple : doit-on soutenir le Donbass qui, de plus en plus, s’affiche comme communiste, avec force faucilles, marteaux, statues de Lénine, rhétorique antifasciste sur fond de nostalgie stalinienne ? Je pense pour ma part qu’il faut être nuancé.

Tout d’abord parce que les deux camps utilisent une même rhétorique, que je qualifierai de culturellement marxiste. Les partisans du Donbass usent jusqu’à en vomir la rhétorique antifasciste, que l’on croyait enterrée dans cette partie du globe depuis 1992. Au début, on pouvait mettre cela sur le compte de quelques attardés perdus dans leurs campagnes, encore membre du Parti Communiste Ukrainien. Mais les mois passant, ce sont les autorités des deux républiques autoproclamées qui se sont mis à utiliser le plus sérieusement du monde une argumentation de type soviétique et marxiste pour analyser la situation et délégitimer l’adversaire.

Par exemple, sur l’agence de presse officielle de la “Nouvelle Russie”, on peut lire cet article que ne renierait pas L’Humanité ou la faction trotskyste “Riposte” du PCF.

Je citerai un extrait de ce texte intitulé de façon grandiloquente “14 thèses sur le fascisme” :

“12. Comme l’héroïsme et la guerre sont des jeux difficiles à pratiquer, les fascistes ukrainiens transfèrent leur volonté de puissance sur des objets sexuels (ce qui implique à la fois un dédain pour les femmes, une intolérance et une condamnation de pratiques sexuelles non conformes, de la chasteté à l’homosexualité). Mais comme même le sexe est un jeu difficile à pratiquer, les fascistes ukrainiens tendent à jouer avec des armes, ce qui revient à un ersatz de pratique phallique. La motivation sous-jacente des exercices militaires étant d’avoir en permanence un “pénis individuel”.

Cette bouillie pourrait être validée par un psychanalyste juif, par un représentant d’une association LGBT ou par un site web antifa. Bien loin d’être publié sur une page facebook obscure, il s’agit d’un article publié fièrement en première page de “l’agence de presse de Novorossya”, qui serait donc, selon certains et même selon BREIZ ATAO, le bastion avancé de l’orthodoxie slave face à la décadence occidentale. Force est de constater que le marxisme culturel y est pourtant tenu en haute estime et qu’il entend donner des leçons à l’antifascisme occidental.

10610615_624833517635556_7739741881678733566_n[1]Jeunes du Parti Communiste Italien engagé pour le Donbass

Je citerai un autre extrait :

“7. Aux gens qui se sentent privés d’une identité sociale claire, les fascistes ukrainiens disent que leur seul privilège est le plus commun, celui d’être nés dans le même pays. C’est l’origine du nationalisme. Par ailleurs, les seuls qui peuvent fournir une identité à la nation sont ses ennemis. Ainsi, à la base de la psychologie fasciste y a-t-il l’obsession du complot, si possible un complot mondial. Les participants doivent se sentir assiégés. La façon la plus simple pour régler ce complot est l’appel à la xénophobie.”

Cette rhétorique antiraciste et antifasciste est la règle en Europe de l’Ouest, nous la connaissons parfaitement. Elle est aussi en usage, avec une ampleur plus grande peut-être, dans ce Donbass révolté. Naturellement, les accusations de nationalisme et de xénophobie sont adressées dans les mêmes termes depuis l’Ouest à la Russie de Poutine, les médias français n’oubliant jamais de dire à quel point les skin-head sévissent dans ce pays. Mais ce que j’y vois, c’est bien que l’Ouest et l’Est partagent les mêmes catégories marxistes culturelles. Les deux s’accusant d’hypocrisie quant à leur orthodoxie sur le sujet.

Donc, quelle différence entre le Donbass antiraciste et antifasciste et l’UE antifasciste et antiraciste ?

10469198_1464626483801871_3994589333805905109_n[1]Antifas du Donbass

Je pense qu’à minima, il faut être nuancé. Les abrutis qui assurent la communication en faveur du Donbass, sur Twitter et les réseaux sociaux mais aussi sur les blogs, sont des attardés ou des autistes, adeptes d’un communisme dépassé depuis longtemps par le gauchisme européen et nord-américain. Ce marxisme-là date du siècle dernier. Notre marxisme contemporain, c’est-à-dire le trotskysme, a fait son aggiornamento et a poussé depuis belle lurette la destruction des hiérarchies naturelles du champ économique au champ anthropologique. Mais comme je le disais, ce trotskysme que nous connaissons et qui veut détruire ces hiérarchies naturelles, sexuelles ou identitaires, devient tout aussi central chez les communistes du Donbass. Leur application à singer leurs cousins occidentaux est d’ailleurs assez “touchante” si j’ose dire.

Je citerai encore le point numéro 5 du texte officiel :

“Ainsi, le fascisme ukrainien est raciste par définition. Plus de 2 millions d’Ukrainiens ont voté pour Svoboda lors des élections législatives de 2012. Les chefs et activistes de ce parti appellent ouvertement à des représailles contre des gens sur la base de leur langue et de leur ethnie, particulièrement les juifs et les Russes”.

Et je citerai encore :

“Le fascisme est devenu un terme général car on peut enlever à un régime fasciste un ou plusieurs de ses traits de caractère, mais sera toujours reconnaissable comme régime fasciste. Enlever l’impérialisme du fascisme, et vous avez Franco et Salazar. Enlever le colonialisme et vous avez le fascisme des Oustachis. Ajoutez au fascisme italien  une forme radicale d’anti-capitalisme – ce qui n’a jamais fasciné Mussolini – et vous avez Ezra Pound. Ajoutez un  culte à la mythologie celtique et à la mystique du Graal – totalement étrangère au fascisme officiel -  et vous avez un des gourous fascistes les plus respectés, Julius Evola”.

Ce que j’appellerai une diarrhée verbale gauchiste typique est bel et bien ce qui compose le discours officiel des deux républiques séparatistes. Les gens de nos milieux qui comme moi apprécient Evola ou Guénon pourront mesurer en quelle estime on les tient chez les antifas du Donbass ou du moins chez les demeurés qui écrivent leurs textes. [...]

Lire la suite ICI

20/08/2014

"Ukraine ? Le « réalisme » n'est pas la réalité" par Zentropa

Nous assistons depuis plusieurs mois à l'offensive d'une farouche et véhémente armée : celle des « réalistes » et de ses bataillons de « pragmatiques », d'analystes, de visionnaires à long terme qui comprennent et dissèquent la situation internationale et ses arcanes avec une redoutable et sourcilleuse acuité. Leur Dieu se nomme « Géopolitique » et à celui-ci ils sont prêts à tout sacrifier, à commencer par les aspirations des autres.
Au nom de cette nouvelle idole, par exemple, il refuse à l'Ukraine et à son peuple jusqu'à l'espoir d'être une nation souveraine et indépendante, libre de ses choix et de son destin. Les Ukrainiens seraient irrémédiablement condamnés à n'être que des pions soumis aux stratégies des uns ou des autres. Ils ne pourraient être que des pantins manipulés par l'Ouest ou par l'Est, n'ayant comme alternative que de choisir la vassalité à un impérialisme ou un autre au sein d'un néo bi-polarisme qui nous ramène au temps béni des choix simples et manichéens de la bonne vielle guerre froide. A ce titre, des jeunes gens animés par la flamme du nationalisme et l'espoir d'un état patriotique et social, prenant les armes pour libérer leur terre d'un gouvernement corrompu et asservi à l'étranger et voulant renouer avec l'indépendance et la gloire nationale se voient qualifiés de traîtres et de mercenaires à la solde d'intérêts américano-européistes et de projets tactiques de l'Otan (c'est à dire ces mêmes intérêts qui règnent en maîtres depuis des décennies dans les pays ou pérorent les fameux « réalistes » qui ne se sont pourtant pas faits tuer sur des barricades pour s'en débarrasser). Au mieux, ces jeunes gens idéalistes qui mettent leur peau au bout de leurs idées, qui ressemblent pourtant si étrangement aux héros des livres que dévorent, le soir dans leur lit douillet, les « réalistes » (et c'est d'ailleurs sans doute aussi un peu cette ressemblance qui énerve et aigrit...) seraient des « idiots utiles » qui finiront trahis et éliminés par leurs maîtres cachés. Au nom de ces prévisions inlassablement argumentées par les pythies du net et de Facebook, le rêve révolutionnaire, le combat de libération nationale leur seraient interdit. Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et les discours ethno-identitaires s'arrêtent là où commence la sphère d'influence de la Russie. On en vient même à espérer que ces combattants nationalistes, aveugles à l'impérieuse nécessité et à la joie de vivre en larbins de leur puissant voisin, soient bien vite éradiqués par les armes glorieuses et pures, elles, de toutes arrières-pensées et de tous calculs, du néo-Tsar vénéré.
Etrange vision des choses et surtout des hommes pour des lecteurs et admirateurs d'Ernst Von Salomon (qui devrait, selon leur nouvelle grille de lecture, être rangé parmi les imbéciles et les salopards manipulés, ayant servi les intérêts de la bourgeoisie) et de Dominique Venner (« L'imprévu dans l'histoire » étant interdit aux Ukrainiens).
Parce qu'il y a de très grandes probabilités qu'en Ukraine les oligarques vendus à l'Occident décadent remportent la mise après s'être débarrassés des nouveaux corps-francs nationalistes, il faudrait préventivement et à priori leur demander de rendre les armes et de cesser leur lutte ? Parce qu'il y a 90% de chances que les bataillons nationalistes ne parviennent pas à marcher sur Kiev pour se débarrasser des profiteurs et imposer un gouvernement social et national renvoyant dos à dos les appétits impérialistes de l'Oncle Sam et de l'ours Russe, il faudrait leur reprocher de tenter le coup, d'espérer cette issue, de vouloir bousculer l'histoire, le destin ? Abominable fatalisme, écœurante soumission aux puissants du jour, mentalité de comptables, de petits boutiquiers que cette optique qui se veut rationnelle, « anti-romantique » mais qui n'est que glaciale et sans âme, terriblement moderne, à l'exact opposé des valeurs aristocratiques, chevaleresques et prométhéennes dont par ailleurs on se gargarise quand il ne s'agit que de conférences et de conversations de fins de soirées. Car même s'il n'y avait qu'une chance sur cent que cette étincelle mette le feu à la prairie, que ces bataillons autonomes échappent au rôle auquel on veut les limiter et brisent les projets des puissances financières internationales qui tirent les ficelles d'un côté comme de l'autre, celle-ci mériterait d'être tentée, soutenue et encouragée.
Sommes-nous encore des révolutionnaires ou sommes-nous devenus de simples apprentis diplomates de sous-préfecture de l'Empire, de futurs notables de province aux ordres de l'une ou l'autre des deux grandes puissances qui aura réussi à imposer ses intérêts à l'Europe ?
Il y a en Ukraine, chose extraordinaire en soi, des hommes armés, organisés, équipés, volontaires et déterminés qui combattent sous nos emblèmes, avec nos chants, porteurs de notre idéal immense et rouge, et il ne faudrait ni les soutenir ni même simplement les respecter au nom de je ne sais quel grand plan géopolitique millénariste, sorte de gigantesque partie de Risk où il conviendrait de sucer sous la table le lanceur de dés de son choix, parce que la victoire de cette poignée hommes libres n'est pas « réaliste » ?
Mais à tout prendre, est-il beaucoup plus réaliste de croire à la « remigration », à la sortie de l'Union Européenne, à la mise au pas des banques, au localisme et aux autres projets qui nous habitent et pour lesquels nous tentons d'oeuvrer, nous, français et européens ? Les régionalistes ne font-ils pas le jeu des mondialistes face aux Etats-nations ? Les anti-islamistes radicaux ne sont-ils pas à la solde des intérêts sionistes ? Les pro-musulmans ne font-ils pas le jeu de la submersion migratoire ? Les souverainistes ne sont-ils pas les fossoyeurs du rêve européen pour le plus grand bénéfice des USA (et de la Russie) ? Les écologistes ne ruinent-ils pas l'espoir de renouer avec la puissance ? Etc... Etc.
Et pourtant, malgré ces questions, ces interrogations, malgré ces instrumentalisations réelles ou fantasmées, certains (bien peu il est vrai) se lèvent tous les matins pour militer, pour mener le combat qu'ils croient juste et bon, ils y travaillent avec acharnement, obstination, y sacrifiant parfois carrière professionnelle, relations familiales et amicales, sécurité et confort. Il le font car leur cœur est pur et leur objectif clair, ils le font au nom de leurs valeurs et de principes qui ne varient pas en fonction des soubresauts de l'actualité, des rumeurs, des propagandes ou des plans plus ou moins imaginaires de la CIA, du FSB, de l'état-major de l'Otan ou des cabinets secrets d'un gouvernement ou d'un autre, dont ils ne savent au fond rien et sur lesquels ils n'ont pas de prise. Ils agissent au nom de leur conscience, de leur cœur, de leur foi et de leur espérance. Comme les combattants nationalistes ukrainiens.
Au nom du « réalisme », on ne fait plus rien, on se borne à calculer, à jauger et à attendre, pour finir par obéir à un nouveau maître.

Zentropa

"Libye: entre nuées démocratiques et réalités tribales" par Bernard Lugan

Au moment où le parlement libyen appelle à une intervention étrangère "pour protéger les civils", nous pouvons lire dans le quotidien Le Monde en date du 12 août 2014 un titre insolite: "La transition en Libye est un échec, il faut la repenser".

Que s'est-il donc passé pour que la "bible des bien-pensants", ce point oméga du conformisme intellectuel français, se laisse ainsi aller à une telle constatation après avoir soutenu avec une arrogante indécence l'intervention militaire contre le colonel Kadhafi, cause directe de la situation actuelle ?
 
Le but de la guerre calamiteuse décidée par Nicolas Sarkozy était officiellement l'établissement d'un Etat de droit à la place d'un régime dictatorial. Après le lynchage du colonel Kadhafi par les islamo-mafieux de Misrata, un processus démocratique fut imposé aux nouveaux maîtres du pays. Il se mit en place à travers plusieurs élections et par la rédaction d'une Constitution. Les observateurs, à commencer par les journalistes du Monde, louèrent alors ces "avancées démocratiques", preuve de la "maturité politique" des "démocrates" libyens. La "guerre du droit" ayant été gagnée, accompagné de BHL, Nicolas Sarkozy alla ensuite sur place goûter aux félicités triomphales du "libérateur"...
 

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Le résultat de ces illusions, de cet aveuglement, de ce décalage entre l'idéologie et la réalité, de cet abîme existant entre les spasmes émotionnels et les intérêts nationaux français, est aujourd'hui tragiquement observable. Les dernières structures étatiques libyennes achèvent en effet de se dissoudre dans des affrontements aux formes multiples s'expliquant d'abord par des logiques tribales. Sur ces dernières viennent, ici ou là, se greffer avec opportunisme des groupuscules islamistes soutenus par le Qatar et la Turquie.
 
Un retour au réel s'impose donc afin de tenter de sortir la Libye de l'impasse. Or, ce réel tient en quatre  points:
 
1) La Libye n'a jamais existé comme Etat de facture occidentale.
2) Le  colonel Kadhafi avait réussi à établir une réelle stabilité en se plaçant au centre, à la jonction, des deux grandes confédérations tribales de Cyrénaïque et de Tripolitaine.
3) Son assassinat a fait que, ayant perdu leur "point d'engrenage", ces deux confédérations se sont tournées sur elles-mêmes dans une logique d'affrontements tribaux régionaux ayant pour but la conquête du pouvoir dans chacune des deux grandes régions du pays éclatées en cités-milices aux intérêts tribalo-centrés.
4) La clé de la stabilité libyenne passe par la reconstitution du système d'alliances tribales mis en place par le colonel Kadhafi. Or, les responsables politiques libyens ne sont pas en mesure de mener cette politique car ils sont tous sont ethno-géographiquement liés par leurs origines.
 
Le seul qui, dans l'état actuel de la complexe situation libyenne pourrait jouer ce rôle de rassembleur-catalyseur est Seif al-Islam, le fils du colonel Kadhafi. Actuellement détenu avec des égards par les miliciens berbères de Zenten qui constituent le fer de lance des forces anti-islamistes en Tripolitaine, il est soutenu par les Warfallah, la principale tribu de Tripolitaine, par les tribus de la région de Syrte, par sa propre tribu et il pourrait l'être également par les Barasa, la tribu royale de Cyrénaïque, sa mère étant Barasa. Autour de lui pourrait être refondée l'alchimie politico-tribale, le pacte social tribal de Libye.

Mais pour cela il importe que la CPI, perçue en Afrique comme un instrument du néocolonialisme "occidental",  lève le mandat d'arrêt de circonstance lancé contre lui.   

Bernard Lugan

Source: Le blog de Bernard Lugan (publié le 17 août 2014)

16/08/2014

La Russie et le Nouvel Ordre Mondial

La Russie et le Nouvel Ordre Mondial

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La tribune d’Aymeric Chauprade n’en finit pas de susciter des réactions et des commentaires. Comme on pouvait s’y attendre, la mouvance (plurielle) des anti-sionistes y voit une trahison ou un reniement là où d’autres se félicitent de cette prise de position au nom de la lutte contre l’islam radical.

En revanche un élément ne semble jusqu’à présent n’avoir suscité aucun commentaire, l’optique russe clairement expliquée dans ce texte et qui fait suite à un certain nombre de prises de positions personnelles d’Aymeric Chauprade ou du parti dont il est désormais le conseiller pour l’international, le Front National. Les communiqués de nationpresseinfo ne font aucun mystère sur le fait que le FN n’est pas sur une ligne d’équilibre dans les relations entre l’Ukraine et la Russie mais prend délibérément parti en faveur de la Russie et de ses intérêts. Des personnalités du FN ont même soutenues publiquement l’insurrection du Donbass amalgamée avec le soutien aux populations.

Si nous lisons les sites « dissidents » depuis plusieurs mois (et années), cette double optique à la fois russe et israélienne pourrait apparaître contradictoire. En effet on nous rebat les oreilles sur l’opposition de Poutine au Nouvel Ordre Mondial et sur le rôle de la Russie dans l’opposition à l’axe « atlanto-sioniste ». Nous allons y revenir, mais avant cela il nous faudra faire un historique très lapidaire du dialogue entre l’Europe, l’Occident et la Russie et surtout du rapport que nous entretenons avec la Russie.

La Russie, que ce soit l’empire russe, l’URSS ou la Russie moderne a toujours joué un rôle clef sur le plan géopolitique à l'époque contemporaine. Ainsi la Russie appartenait à la Triple Alliance lors de la Première Guerre mondiale avec le Royaume-Uni (et son empire) et la France (et son empire). La création de l’URSS par Lénine rebattra les cartes, ce sera au tour des mouvements communistes de prôner l’alliance avec la Russie. Au sein de la révolution conservatrice allemande, le « national-bolchevique » Ernst Niekisch sera un partisan du rapprochement avec l’URSS. Hitler lui-même, pourtant hostile à Niekisch, fera sceller le pacte germano-soviétique. Puis vint la Seconde Guerre mondiale. L’URSS se rallia aux Alliés contre l’Axe à la suite de la rupture du pacte germano-soviétique. Les Alliés et l'URSS remportent la guerre. La bipolarité qui s‘instaure véritablement à partir de 1947 avec le fameux « rideau de fer » éloignera la Russie pour les européens qui seront inféodés peu à peu aux Etats-Unis à l’exception des communistes, des gaullistes  et des partisans de Jean Thiriart. Vient alors le temps de la construction européenne et de la lutte anti-communiste. Puis vient la chute de l'URSS et du « bloc de l'Est ». La Russie sort du jeu, les Etats-Unis deviennent une hyperpuissance, pour reprendre  Hubert Védrine, c'est le Nouvel Ordre Mondial.

Depuis la chute de l’URSS, la Russie demeure une énigme. Nain géopolitique sous Eltsine, le président Poutine a quant à lui œuvré au redressement de son pays, c’est un fait indéniable. Très rapidement, la Russie et les Etats-Unis ont donné la sensation que l’action de Vladimir Poutine plaçait le plus grand pays du monde par sa superficie à être une épine dans le pied du projet hégémonique des Etats-Unis, en particulier pour le contrôle du heartland. Les mouvements « nationalistes révolutionnaires » et « identitaires » ont commencé à regarder la Russie comme un pays avec lequel nous pourrions construire une Europe libérée des chaînes atlantistes et mondialistes, d’autant que Poutine a chassé de Russie certains oligarques peu scrupuleux à cette période. En parallèle, la presse occidentale a commencé à mener régulièrement des campagnes de presse hostile à Vladimir Poutine pouvant aller jusqu’à la désinformation. Parce que je considère les Russes comme des cousins et la Russie comme une sœur de la vieille Europe, je faisais partie de ceux – quoi que beaucoup plus jeune à l’époque évidemment – à être favorable au projet d’Eurosibérie énoncé par Guillaume Faye. Ce projet qui permettrait à l’Europe de s’assurer un destin et de ne plus dépendre des manœuvres atlantistes. Guillaume Faye préconisait en effet une « autarcie des grands espaces [pour] rompre avec les dogmes très dangereux de la mondialisation ». En parallèle, la pensée du national-bolchevique Limonov et de son ancien acolyte Alexandr Douguine s’est peu à peu popularisée et diffusée en France, notamment à travers les travaux d’Alain de Benoist, du site VoxNR ou de la revue Rébellion. Il en va de même pour son corollaire, l’eurasisme, sur lequel j’ai déjà donné mon sentiment en un paragraphe qui me semble se suffire à lui-même. Aymeric Chauprade quant à lui a beaucoup œuvré à diffuser la vision géopolitique d’un monde multipolaire, notamment au sein de la Nouvelle Revue d’Histoire alors qu’elle était dirigée par Dominique Venner. Un débat a pu se nouer entre des partisans de l’Eurosibérie, projet identitaire européen et ceux de l’Eurasie, moins attachés au fait ethnique. La question de l’islam étant une pierre d’achoppement essentielle.

Les derniers événements en Ukraine auront pu entériner le fait que la parole de Faye, Chauprade ou Douguine, chacun à leur façon, a été reçue 5/5 chez la grande majorité des nationalistes, des identitaires, des nationaux-bolcheviques ou des dissidents. Le soutien à la Russie est sans faille et le Kremlin peut compter sur une petite armée de propagandistes zélés. Pourtant, à mesure que le tropisme russe s’accroît, la réalité du pouvoir russe se fait de plus en plus visible. La répression des nationalistes russes allant jusqu’aux assassinats, l’arsenal répressif contre « l’extrémisme » ou contre les idées politiquement incorrectes se fait de plus en plus fort et n’a strictement rien à envier à ce que nous connaissons en Europe de l’ouest. Aucun de ces éléments n’a été relayé dans ses mouvances en Europe, à l’exception de quelques officines confidentielles souvent reliées à la mouvance dite « ultranationaliste ». A côté de cela les relations entre Poutine et Israël se sont renforcées.

Mi-avril, Israël fait faux bond aux Etats-Unis sur l’Ukraine et début juin une ligne directe et sécurisée est créée entre Poutine et Netanyahou. Ces informations qui m’avaient échappées à l’époque mettent en lumière les propos d’Aymeric Chauprade et ceux d’Israël Shamir que j’ai cités dans mon article précédent :

"Certes Israël est aujourd’hui encore très lié aux États-Unis mais ceux-ci commencent à s’en détourner et Israël adopte une posture multipolaire en construisant des relations fortes avec la Russie, l’Inde, la Chine." Aymeric Chauprade

"La semaine dernière [NDLR: en juin], l'historien militaire israélien Martin van Creveld est passé par Moscou. En 2003, il s'était rendu célèbre en menaçant l'Europe d'anéantissement nucléaire (l'option "Sanson") en disant: "Israël a la capacité de couler le monde entier avec nous, et c'est ce qui va se passer, avant qu'Israël se soumette à d'autres". Cette fois-ci il a expliqué aux Russes la nouvelle politique israélienne: tandis que les US entrent dans leur déclin, Israël doit diversifier et consolider ses projets en se rapprochant de Moscou, de Pékin et de Delhi, a-t-il écrit dans le quotidien Izvestia." Israël Shamir

De là à penser que la « multipolarité » telle qu’elle nous est vendue est une nouvelle tartufferie, je ne suis pas loin de franchir le pas. Les Etats-Unis, au sein duquel le courant isolationniste se renforce, seraient peut-être bien tentés de lâcher du lest et de sous traiter à leurs partenaires l’intervention dans les différents conflits du monde. Ainsi Obama n’a pas mis les pieds en Israël lors de son premier mandat et sous-traite aux Européens le conflit en Libye, aux Qataris le conflit en Syrie contre al-Assad ou aux Kurdes la contre-offensive envers l’EIIL. Les Israéliens n’étant pas dupes de cette tendance et du refroidissement des liens qui les unissent aux Etats-Unis au profit des pétromonarchies, seraient tentés de trouver de nouveaux partenaires. La Russie est de ceux-là et cela prend tout son sens si on regarde un peu l’histoire d’Israël et du sionisme et les relations russo-israéliennes.

On a tendance à ignorer la place importante des juifs russes lors la fondation de l’Etat d’Israël et leur omniprésence à la Knesset. Beaucoup de personnalités de l’histoire israélienne ont des origines familiales en Russie comme Chaim Weizmann, premier président de l’Etat d’Israël, son neveu Ezer Weizmann, militaire et septième président de l’Etat d’Israël, Ariel Sharon ou encore Avigdor Eskin, journaliste et politicien de la droite radicale israélienne qui exhorta la Russie à s’engager contre Maïdan et qui pointa bien avant les événements en Ukraine le (soit disant) retour en grâce de Stepan Bandera dans l’opinion publique ukrainienne.  D’après Israël Shamir : « Il clame que le gouvernement israélien a d'ores et déjà décidé de sauter du train US pour monter dans les wagons russes, que des commandos israéliens sont en route pour aller se battre pour les Russes à Donetsk, et que les autorités israéliennes vont retirer sa nationalité israélienne à Kolomoysky. ». Bien que cela soit exagéré, ces témoignages de nouvelles orientations se font de plus en plus nombreux. Par ailleurs, mi-avril, le journal le Point rapporte des propos d’Avigdor Lieberman, le chef de la diplomatie israélienne qui aurait déclaré : "Un jour, nous aurons un ministre de la Défense russophone, un président russophone, et peut-être bientôt un Premier ministre russophone !". Dans le même article, nous apprenons que la ministre de l’intégration des immigrants, Sofa Landver, a grandi à Léningrad (Saint-Petersbourg). En France le conservateur William Goldnadel, président de l’association France-Israël est également d’ascendance russe. Intéressant également, ce que nous pouvons lire sur le site de géopolitique diploweb : « La visite officielle en Russie est devenue un passage quasi incontournable pour tout dirigeant israélien soucieux de s’attirer l’électorat russophone dont les voix sont réellement déterminantes dans l’issue des élections en Israël. Les responsables politiques russes semblent quant à eux désireux de rencontrer leurs homologues israéliens à la fois pour saluer les Russes d’Israël mais aussi pour encourager la signature de nouveaux contrats au service des intérêts russes. L’ancienne élite technique et scientifique juive soviétique a constitué un indéniable moteur à la croissance économique israélienne. Très représentés dans les métiers de la technologie de pointe, les Russes ont apporté un savoir-faire qui a consolidé le potentiel d’excellence d’Israël dans le domaine. Ces Israéliens d’origine russe représentent d’ailleurs un véritable « pont économique entre les deux pays. ».  Par ailleurs beaucoup de juifs russes sont dans l’entourage de Poutine comme nous l’avions déjà indiqué  comme Arcady Rothenberg – (métallurgie, construction), Roman Abramovitch – 107e fortune mondiale (hydrocarbures, sport), Mikhail Friedman - 41e fortune mondiale (pétrole, secteur bancaire, télécommunications), Len Blavatnik – 44e fortune mondiale (divers), Oleg Deripaska (aluminim, services publics)  ou encore Leonid Mikhelson – 47e fortune mondiale (gaz, produits chimiques). Certains occupent même des postes dans les congrès et organisations liés à leur communauté.

Tout cela n’est pas étonnant, beaucoup de juifs vivaient et vivent toujours en Europe de l’est et 20% des israéliens ont aussi la nationalité russe, beaucoup le revendiquant même avec fierté en Israël en affichant des drapeaux russes. Même la presse française « officielle » l’a déjà évoqué. Sans oublier les liens entretenus par Poutine et le judaïsme orthodoxe. Citons par exemple le rabbin loubavitch Berel Lazar, grand rabbin de Russie. Né à Milan formé dans une école rabbinique de New York (Collège rabbinique d’Amérique, Morristown, New Jersey). En 1990, Berel Lazar a été nommé rabbin de la synagogue Maryina Roshcha de Moscou. En 1992, Lazar rencontre à Moscou le diamantaire israélien Lev Leviev avec qui il se lie d’amitié.  Ce dernier le présente aux hommes d’affaire juifs russes Boris Berezovski  et Roman Abramovich. Abramovich, ami intime et appui politique de Poutine le présente au futur président de Russie qui une fois au pouvoir le fera grand Rabbin et citoyen russe. (Les deux extraits en italique proviennent d’un article publié en avril d’Arnaud de Robert).

Le constat que nous pouvons établir, c’est que sans diminuer les mérites d’Egalité & Réconciliation, il apparaît que le travail sur le sionisme russe et la « question juive » en Russie n’a été fait nulle part à l’exception notable de celui d’Hervé Ryssen et de Pierre Hillard. L’autre constat que nous pouvons établir, c’est que Poutine, conformément à sa stratégie, s’appuie sur les minorités russes partout où elles sont et Israël ne fait pas exception à la règle.

Vous allez me dire: oui mais au fond, quel intérêt de raconter tout ça? Je pense que si il faut éviter les monomanies et ne pas "essentialiser" la question juive, au sens où chaque juif incarnerait le mal absolu (ce n'est pas le propos), il faut dans le même temps ne pas se faire berner sur la question de la lutte contre le sionisme, le mondialisme et le capitalisme. Le sionisme, le mondialisme et le capitalisme, qui sont trois sujets distincts pouvant se recouper, sont d'abord et avant tout une affaire de réseaux. Sur ce point, il convient donc de faire abstraction des apparences et de constater le caractère transnational de ces réseaux, qui vont indistinctement de New-York à Moscou en passant par Londres, Paris, Bruxelles ou Tel-Aviv et ne se limitent pas, d’ailleurs, à la communauté évoquée précédemment. L'erreur pour beaucoup de « nationalistes » est donc d'être rentré à l'instar des anciens communistes devenus dissidents "patriotes" dans une dialectique post-guerre froide reprenant les mêmes ingrédients qui opposerait un impérialisme atlanto-sioniste à des nations non-alignées, résistantes, défendant la civilisation européenne, chrétienne ou d'autres formes de spécificités (comme le chiisme), le tout dirigé par la Russie. Les réseaux sionistes, mondialistes et capitalistes sont dans les deux camps et les deux schémas (l'hegemon atlantiste et la multipolarité) peuvent être deux formes de contrôle par les mêmes types de réseaux. Il est donc impossible d'analyser l'optique israélienne de Chauprade sans se poser la question dans le même temps de son tropisme russe. Il est possible qu'au sein même de ces réseaux, deux factions s'opposent, une faction "libérale", favorable aux Etats-Unis (incarnée chez nous par BHL par exemple) et une faction "conservatrice" favorable à la Russie. Les nationalistes, les dissidents et les anti-capitalistes sont en train de se faire manipuler par des schémas maintes fois rebattus où on oblige les gens à « choisir leur camp » alors que tous les camps appartiennent d’une façon ou d’une autre au Système. Vladimir Poutine est par exemple citoyen d'honneur de la City (Pierre Hillard) et pendant que certains s’enfoncent dans le bourbier du Donbass, il entérine les accords entre Rosneft et Exxon (compagnie pétrolière dont JP Morgan est actionnaire et dans laquelle des membres de Goldman Sachs sont au conseil d‘administration).

Ce qui se joue en Ukraine est donc symptomatique de la confrontation de deux réseaux qui ont surement des divergences sur le plan économique et géopolitique voire même philosophique (libéralisme vs conservatisme) mais qui ont aussi des points communs dans les objectifs visés (libre-échange, multiculturalisme, contrôle des matières premières, affaiblissement de l’Europe, etc…). Alexandre Soljenitsyne, l’auteur de « l’Archipel du Goulag » mais aussi de « Deux siècles ensembles » a écrit en 1981: « Cette intolérance furieuse dans la discussion sur la question russo-ukrainienne (nuisible pour les deux nations et utile seulement pour leurs ennemis) me fait particulièrement mal parce que je suis moi-même d'origine russo-ukrainienne, que j’ai grandi dans une ambiance imprégnée par ces deux cultures et que je n'ai jamais constaté et que je ne discerne toujours aucun antagonisme entre elles. J'ai eu maintes occasions d'écrire et de parler en public de l'Ukraine et de son peuple, de la tragédie de la famine ukrainienne, j'ai beaucoup de vieux amis en Ukraine, j'ai toujours été au courant des souffrances russes et des souffrances ukrainiennes subies sous le communisme. Dans mon cœur il n'y a pas de place pour le conflit russo-ukrainien et si, que Dieu nous garde, les choses en arrivent aux dernières extrémités, je peux dire que jamais, en aucune circonstance je n'irai moi-même ni ne laisserai mes fils participer à un affrontement russo-ukrainien, quelque zélées que fussent les têtes folles qui nous y pousseraient. ».

Cet extrait devrait nous faire réfléchir sur ceux qui tiennent les manettes de chaque côté et poussent à la fracture ukraino-russe déjà entamée par l’URSS. Nous ne pouvons feindre d’ignorer que les oligarchies prospèrent sur le chaos qu’elles engendrent fait de confrontation, d’instabilité, de faiblesse du pouvoir, de cinquième colonne et de réseaux apatrides. Le conflit indirect entre l’Ukraine et la Russie sert les intérêts de l’Oligarchie au même titre que celui entre Européens et arabo-musulmans qui détourne de la lutte contre la submersion migratoire ou entre chiites et sunnites qui affaibli durablement le Moyen Orient. Ces conflits conduisent à accroître la polarisation entre des groupes sociaux et ethniques pour générer un chaos propice à la prédation capitaliste. De fait, à moins d’aspirer à un chaos général d’où on ne sait pas bien ce qui en sortirait de positif, il nous faut être très prudent dans les positions que nous prenons et dans les soutiens que nous affichons.

Vous pouvez continuer de fermer les yeux si ça vous arrange et résumer la géopolitique en un conflit entre les méchants atlanto-sionistes et les gentils russes défenseurs de l’Europe éternelle et de la libératrice multipolarité. On vous aura prévenu. D’ailleurs qu’a fait concrètement la Russie de Poutine au Kosovo, en Libye ou à Gaza pour parler de trois exemples si chers à certains ? Rien.

Gabriele Adinolfi fait partie des rares à avoir envisagé le conflit actuel en Ukraine comme un nouveau Yalta, position que nous pouvons élargir à d’autres conflits et à d’autres régions du monde. En 1985, Guillaume Faye, qui est aujourd'hui dans la même optique qu'Aymeric Chauprade, écrivait alors dans son Nouveau discours à la nation Européenne : « Depuis Yalta, l'Union Soviétique et les Etats-Unis sont des puissances associées qui collaborent « naturellement », pour empêcher leur concurrent commun de s'unir et de se relever. Aussi maintiennent-ils l'Europe à terre, démembrée et impuissante, sans même avoir besoin de se concerter. Un tel réflexe d'autodéfense géopolitique – La constitution d'une ligue implicite contre un concurrent – est commun dans l'histoire : Athènes et Thèbes contre Sparte, Romains et Gaulois contre Germains, François 1er et le Grand Turc contre l'Empire des Habsbourg, l'Angleterre et la Prusse contre Napoléon, etc... » . Cette vision des choses peut surprendre, mais à l’heure où Poutine choisit de s’exprimer depuis Yalta, le jeu d’échec américano-russe se fait encore aujourd’hui au détriment des Européens. Les sanctions actuelles par exemple pénalisent bien plus les Européens que les Etats-Unis, ce ne sont pas les chantres du Traité transatlantique qui vont s’en plaindre, trouvant ici un argument pour faire avancer le projet.

En 2011, Nicolas Sarkozy a commandé à Jean-Pierre Thomas, ancien député et gérant-associé de la banque Lazard, un rapport sur les relations économiques euro-russes. Publié en 2012, il préconisait une zone de libre-échange entre l'UE et la Russie. Dans le même temps, Vladimir Poutine, alors premier ministre, lançait l’idée d’une Union eurasiatique inspirée de l’Union européenne et Dimitri Medvedev, alors président, signait les accords pour une Commission eurasiatique, copie de la Commission européenne. Ce projet pourrait logiquement englober des pays non européens. Les Etats-Unis y sont bien surs opposés, mais cela est-il une raison valable pour approuver ce projet ? Dans le cas présent aussi, on constate que les Russes copient non seulement le si nuisible projet « eurocratique » mais que les rapports avec les Russes sont toujours traités sous l’angle du libre-échange. A l’instar du projet européen, volé par les technocrates et les libéraux, le projet eurasiste suit la même voie et les accords euro-russes également. Il n’y a ici aucune logique civilisationnelle. L’Argent est la seule valeur commune.

Or quels sont nos objectifs ? La renaissance de l’Europe et la préservation des Européens sur le plan culturel et identitaire ainsi que la sortie du capitalisme sur le plan économique. Ces objectifs ne sont pas ceux défendus ici.

A la lumière de cet article, il ne sera j’espère plus possible de faire avaler des couleuvres au sujet de la Russie de Poutine ni chez les anti-sionistes, ni chez les partisans de l’Europe libérée.

Il convient donc à mon sens de définir un positionnement clairement alter-européen qui adopte une position équilibrée sur la Russie: partenariat mais avec lucidité et fermeté. C’est ce qu’on aurait pu attendre du FN.

Que la Russie soit un partenaire stratégique et économique, soit, personne ne le conteste, qu’elle soit une sœur de notre l’Europe, personne ne le conteste non plus, mais fermer les yeux sur la nature réelle du pouvoir russe, c’est non. Nous ne pouvons pas appuyer aveuglément les oligarchies qui divisent les Européens entre eux. C’est une nouvelle fois une question de principe. Surtout quand celles-ci usent d’une rhétorique antifasciste et hostile à l’ethno-nationalisme et qu'elles n'ont pas de projet de sortie du capitalisme. Pour court-circuiter les réseaux mondialistes, il ne faudra probablement compter sur personne d’autre que nous même. Comme souvent.

Jean/C.N.C

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