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09/10/2012

Chronique de série: Mes émotions esthétiques (II) : La série « Trône de Fer ».

Mes émotions esthétiques (II) :

La série « Trône de Fer ».

GOT 2.JPGAdaptée des romans de George R. R. Martin, la Série Trône de Fer ou « Game of Thrones » entamera bientôt sa 3ème saison. Disons-le tout net : c’est l’une des meilleures séries de ces dix dernières années, avec Battlestar Galactica, Rome et Les Tudors. Elle est d’ailleurs produite par HBO, à l’instar de Rome et des Sopranos. Or, tous les amateurs le confirmeront, les séries produites par HBO ou Showtime sont souvent de bonne qualité, avec cette particularité que HBO ne recule jamais devant le sexe et la violence, ce qui nous convient parfaitement.

Dans le cas de Trône de Fer, c’est d’ailleurs le reproche récurent de la critique : la série ne correspond pas aux standards judéo-chrétiens de la moralité et de la décence. Mais Trône de Fer est un univers médiéval, imprégné d’heroic fantasy et principalement axé sur les complots politiques : pas étonnant dès lors que tous les coups soient permis.

S’agissant de la morale dans cette œuvre, il convient aussi de rappeler que le monde dépeint par la série est païen et de surcroît, il s’agit d’un paganisme totalement inventé, même si toute ressemblance avec des religions païennes existantes ou ayant existé ne serait être fortuite…

Vae victis.

C’est finalement l’absence totale de manichéisme qui fait de Trône de Fer une série non conforme : les multiples personnages qui évoluent dans cet univers dystopique sont tous attachants, même les pires crapules, car ils ont un parcours et surtout une ambition qui expliquent leurs stratégies et leurs comportements.

D’ailleurs, les personnages qui ne veulent pas se corrompre finissent mal et ce très rapidement. C’est le cas du sympathique Eddard Stark, figure parfaite du Seigneur juste et pétri d’honneur, qui se fait occire, dès la première saison : Décapité le Eddard, avant même d’avoir brûlé un seul château, une petite ferme ou un ballot de foin ! Il était tout beau, tout innocent. Il n’était pas prêt pour jouer le jeu des Trônes.

L’hiver vient : achetez-vous des bouillotes.

L’action se déroule sur des continents imaginaires, Westeros et Essos : pour faire simple, le continent de l’Ouest et celui de l’Est. L’été a été exceptionnellement long – dix années – ce qui promet un hiver tout aussi long et particulièrement rigoureux.

Le personnage principal de la première saison, déjà présenté : Eddard Stark, Seigneur du Nord de son état. Il rend service à son ami, le Roi Robert Barathéon, en devenant Main du Roi, c’est-à-dire Premier Ministre. Mais Robert décède dans des circonstances troubles. Le sort d’Eddard est alors scellé : seul homme honnête parmi les crapules, il ne veut pas faire de compromis avec son honneur : il sera donc exécuté par Joffrey, fils très putatif de Robert.

Bon débarras ! Car c’est alors que la série devient vraiment intéressante : les deux personnages centraux, représentant l’autorité, étant éliminés, les autres protagonistes, jusque-là en retrait, vont tous tenter de prendre le pouvoir. Les uns veulent s’approprier le Trône de Fer et donc l’ensemble du royaume ; les autres, plus modestes ou plus prudents, se contentent de déclarer leurs seigneuries indépendantes ou de piller les seigneuries voisines.

Plus de personnages dans Trône de Fer que de branques sur ton compte facebook.
 
Le foisonnement des personnages, c’est la seconde critique généralement formulée contre Trône de Fer. Ce foisonnement est tel qu’il serait difficile pour le vulgaire de s’y retrouver. Mais comme nous autres les non-conformes, nous ne sommes pas le vulgaire, cette difficulté ne nous arrêtera pas.

Il faut dire qu’on a triché, car on a lu l’ensemble des livres de la saga parus à ce jour. Actuellement, cela fait 14 tomes en France et quelques autres à venir, si l’auteur a le bon goût de terminer son œuvre avant de décéder. Il est important de lire le Trône de Fer si l’on veut réellement maîtriser la complexité du monde mis en scène. Si vous n’avez pas le temps ou si vous êtes paresseux, sachez qu’un minimum de concentration vous permettra de saisir qui est qui et qui fait quoi dans la série, d’autant que celle-ci va vraiment à l’essentiel par rapport aux livres. De fait, le Trône de Fer, c’est une œuvre exigeante, une œuvre qui se mérite.

Les personnages, s’ils sont nombreux, ont aussi de l’épaisseur et certains, comme Tyrion Lannister, Bronn, le Limier, Jon ou Aria Stark, sont vraiment attachants. Les complots se font et défont à un rythme soutenu. Des événements imprévus viennent perturber les plans des conspirateurs. Certains protagonistes, au départ hostiles, se rapprochent, pour de bonnes ou de mauvaises raisons.

Le retour de Natalie Dormer.

GOT 4.JPG


A noter également – pour les esthètes confirmés – la présence de l’actrice Natalie Dormer, à partir de la 2ème saison, dans le rôle de Margaery Tyrell. Après sa performance dans les Tudors, c’est avec plaisir que les esthètes suivront Natalie Dormer dans son nouveau rôle. D’autant que le personnage de Margaery Tyrell est vraisemblablement appelé à prendre de l’ampleur. On espère seulement que tout cela donnera lieu à une débauche de sexe et de décadence.

Pour les mélomanes, on signale également l’excellente bande originale, composée par Ramin Djawadi, compositeur d’origine Iranienne. Il fut l’un des assistants d’un autre grand compositeur – Hans Zimmer – connu et apprécié également par tous les amateurs de musiques de films. Le morceau le plus plaisant à ce jour – « Valar Morghulis » – se trouve dans la saison 2.

Bref, comme disait Pépin.

Trône de Fer, comme nous le disions en introduction, sera considéré comme l’une des meilleures séries de ces dix dernières années. Il serait donc dommage de passer à côté d’une telle émotion esthétique. D’aucuns estiment d’ailleurs que l’auteur de la saga, George R. R. Martin, pourrait soutenir la comparaison avec Tolkien. Nous dirons plutôt que le premier est le meilleur hommage au second, qui a réellement ouvert la voie de l’heroic fantasy.

Jacques Daniel

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13/09/2012

Police Python 357 d’Alain Corneau (France, 1977)

 Police Python 357 d’Alain Corneau (France, 1977)

police python.JPGLe cinéma policier français a toujours été, globalement, un cinéma de qualité. Dans les années 1970, de nombreux films peuvent en témoigner -même si on les a un peu oubliés aujourd’hui- ainsi ce Police Python 357 qui reste un grand classique de cette période.

Polar très noir, Police Python 357, nous plonge dans une histoire policière trouble menée par Yves Montand, François Périer et Simone Signoret.

L’ Inspecteur Ferrot (Yves Montand) est un homme solitaire qui ne vit que pour son travail. Il tombe amoureux d’une jeune photographe, Sylvia, qui, en devenant sa maîtresse, apporte enfin une rupture dans sa vie monotone. Ferrot ignore pourtant que cette dernière est déjà l’amante du divisionnaire Ganet (l’excellent François Périer), son supérieur hiérarchique, depuis des années. Lorsque Ganet apprend que Silvia souhaite le quitter pour un autre homme, ils se disputent et il la tue. L’enquête est confiée à l’inspecteur Ferrot, très troublé par la mort de Sylvia sur laquelle il ne peut rien dire car il comprend vite que tous les indices l’accusent lui et pas un autre…

Fort d’un scénario très bien ficelé dès le début du film, Police Python 357, est remarquable avant tout pour ses acteurs qui campent fort bien leurs personnages. Yves Montand, en premier lieu, loup solitaire passionné par les armes (d’où le titre du film) dont la morne existence n’est illuminée que par sa rencontre avec Sylvia et qui, après la mort de celle-ci, devient comme un fauve traqué dont l’existence se ne résume plus qu’à chercher à prouver son innocence. Cette tâche le déshumanise au fur et à mesure, celui-ci allant jusqu’à se mutiler et à rentrer à la fin du film dans un mutisme de plus en plus prégnant. François Périer, qui joue le rôle du divisionnaire Ganet et sa femme, Simone Signoret, sont excellents en couple bourgeois aux relations ambigües et malsaines. Cette dernière est handicapée et connaît l’infidélité de son mari, infidélité qui la hante même si elle l’accepte. Face à la nouvelle du meurtre de Sylvia, elle fera tout pour amener son mari à dissimuler son crime afin d’éviter le scandale qui ne manquerait pas d’exploser autour de ce couple notable et respecté…

Le film, tourné à Orléans, baigne dans une atmosphère assez sombre et désabusée. Le bonheur ne semble qu’être éphémère voire impossible. Les relations humaines paraissent difficiles, entachées qu’elles sont par la trahison et le mensonge. Police Python est un authentique film noir, bien mené, qui possède d’énormes qualités en plus d’avoir le charme des films français de cette époque. Malgré son final surprenant (apportant cependant un certain regard sur le héros du film) mais qui reste trop trouble, Police Python 357 est un vrai classique du film policier français. Il n’a pas vieilli et mérite vivement d’être redécouvert. Le réalisateur, Alain Corneau, allait d’ailleurs, dans les années qui allaient suivre, tourner d’autres films noirs de très bonne facture : la Menace (1977), Série noire (1979) et Le choix des armes (1981).

Rüdiger

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07/09/2012

Chronique de série - Mes émotions esthétiques : Les Tudors et Natalie Dormer.

Chronique de film - Mes émotions esthétiques :

Les Tudors et Natalie Dormer.

the tudors 1.JPG

« Vous pensez connaître l'Histoire, mais vous ne connaissez que la fin, pour en atteindre le cœur, il faut la reprendre au début ». Cette antienne précède chaque épisode de la fascinante série télévisée « Les Tudors ». A rebours de cette assertion, la critique cinématographique a abondamment mis en lumière certaines libertés prises avec l’Histoire par les scénaristes, à commencer par la chronologie ou le physique des personnages.

Ces libertés procèdent d’une volonté de romancer et donc de rendre attractive la série : les Tudors, c’est certes une fresque historique, mais retranscrite avec un parti-pris esthétique évident. Pari tenu. Tout est beau dans les Tudors : les décors et les costumes sont somptueux ; la musique, composée par Trevor Morris, est captivante ; quant au casting, il est de loin la plus grande réussite de ce chef d’œuvre.

On retrouve notamment des acteurs émérites comme Sam Neill, qui joue un Cardinal Wolsey énergique et Peter O’Toole, dans le rôle d’un Pape Paul III volontaire, cynique mais finalement impuissant. On salue également la très belle performance de Jonathan Rhys Meyers, aussi charismatique qu’inquiétant dans le rôle d’Henri VIII. Et enfin, nous arrivons au cœur du sujet : Natalie Dormer, dans le rôle d’Anne Boleyn.

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Cette jeune actrice constitue le véritable choc, la révélation, pour tout dire le « cœur nucléaire » de la série. En quelques mots, l’émotion esthétique. Dans le rôle qu’elle interprète, sa relation torride avec le Roi, sur fond de rivalités, de trahisons et de cruautés en tout genre, permet à Natalie Dormer de s’affirmer comme l’une des plus grandes actrices de notre époque. Les Tudors sont en quelque sorte un écrin dans lequel Natalie Dormer est le joyau inestimable. Lorsqu’Anne Boleyn est exécutée à la fin de la deuxième saison, avec une intensité dramatique encore plus prégnante que le suicide du Cardinal Wolsey dans la première, on atteint le sublime. Et l’on regrette que la série ne s’arrête pas là, conscient que les deux saisons suivantes ne pourront pas atteindre les mêmes cimes.

Car pour l’esthète, c’est la fin, c’est-à-dire un nouveau commencement : la quête perpétuelle de beauté doit de nouveau reprendre. C’est pour toute l’éternité que Tantale est supplicié. Quelle production artistique, culturelle, pourra de nouveau étancher – provisoirement – cette soif intarissable ?

Une réponse nous est donnée dans une autre série – Game of Thrones – où Natalie Dormer apparait à partir de la deuxième saison. L’actrice y joue cette fois le rôle de Margaery Tyrell, une femme brillante elle-aussi, appelée à un destin exceptionnel, et qui se donne les moyens de ses ambitions. Et pour l’esthète, l’occasion de lui vouer une nouvelle fois le culte qu’elle mérite…

Jacques Daniel

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26/08/2012

Chronique de film : Kids Return de Takeshi Kitano (Japon, 1996)

Chronique de film :

Kids Return de Takeshi Kitano (Japon, 1996)

KidsReturnJapanese.jpgTakeshi Kitano est un réalisateur japonais assez connu pour ses films de yakusas dans lesquels il joue la plupart du temps : Violent Cop (1989), Sonatine (1993), Hana-Bi (1997) ou encore le récent Outrage (2011). Films violents et pessimistes, ils ont fait la renommée du japonais qui a pourtant, dans ses réalisations, traité d’autres sujets.

Dans Kids Return, datant de 1996, Kitano prend comme sujet la jeunesse japonaise. Le film se concentre autour de deux lycéens, Shinji et Masaru. Ceux-ci sèchent les cours, font des bêtises et ne semblent avoir aucun but dans la vie hormis glander. Shinji, assez paisible, est pourtant bien différent de Masaru. Ce dernier se la joue « petite frappe », rackette d’autres lycéens mais finit fatalement par trouver plus fort que lui. Il se met donc à la boxe et abandonne totalement le lycée. Shinji finit lui aussi par rentrer dans le club de boxe du quartier mené par des entraîneurs exigeants.

Masaru, qui fait de la boxe de manière impulsive, est irrespectueux de la discipline et des autres. Il quittera rapidement l’entraînement après avoir perdu un match contre son ami, Shinji, qu’il voyait comme un faible. Fasciné par les yakusas de son quartier, il devient l’un des leurs. Shinji, pendant ce temps, persévère dans la boxe et devient, à force de travail, de discipline et de respect pour ses entraîneurs, un excellent boxeur. Il enchaîne les victoires lors des compétitions, à la différence de ses camarades qui, eux, ne respectent pas les impératifs du sport. Shinji est devenu une étoile montante de la boxe mais se laisse peu à peu entraîner par la facilité et par de mauvaises fréquentations ; il perd la discipline nécessaire au maintien de son niveau. Il est vaincu lors d’un combat très important et abandonne la boxe. Masaru, de son côté, est devenu une figure respectée chez les yakusas. Malheureusement pour lui, son irrespect de la hiérarchie et des anciens pousse son clan à l’exclure et à le punir en lui infligeant une sacrée correction…

Si le film suit avant tout les deux personnages cités plus haut, il s’attache à d’autres exemples qui permettent à Kitano de donner de la jeunesse japonaise une image très pessimiste. Ces jeunes sont perdus, n’ont pas de but dans la vie ou, s’ils en trouvent un, sont incapables de faire les efforts suffisants pour le suivre. Le message est le suivant : la vie est dure et on n’obtient rien sans rien. Persévérer malgré les difficultés est toujours récompensé mais encore faut-il avoir la volonté nécessaire pour cela ; décider par soi-même et ne pas se laisser entraîner vers le bas. Cette jeunesse japonaise a perdu la rigueur traditionnelle : elle vit à la légère, est faible, ne persévère pas devant les épreuves et ne respecte pas les anciens. Elle dépérit et est donc vouée à l’échec si elle ne se prend pas en main… N’y-a-t-il donc pas des ressemblances avec celle d’Europe ?

Film très différent des autres œuvres de Kitano, Kids Return est effectivement moins aguicheur au premier abord car il est plus simple et plus intimiste. Il est toutefois une œuvre intéressante qui donne à réfléchir. Le film est de plus pourvu d’une musique superbe de Joe Hisaichi.

Rüdiger

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03/08/2012

"Ip Man 2: Le Retour du Grand Maître", un film de Yip Wai Shun (Hong Kong, 2010)

Ip Man 2: Le Retour du Grand Maître

ip_man_2.jpg"Ip Man 2: Le Retour du Grand Maître" est le deuxième volet cinématographique que consacre le réalisateur hongkongais Yip Wai Shun au sujet du grand maître d’arts martiaux chinois Ip Man.

Alors que le premier volet se déroulait dans la ville natale du maître, à Foshan, les événements tragiques de la Seconde Guerre mondiale et l'avènement de la Chine communiste, obligent Ip Man à partir pour Hong Kong.

La construction du deuxième film est globalement la même que dans le premier. D'abord Ip Man est seul et inconnu, puis il devra faire ses preuves face à d'autres maîtres d'arts martiaux chinois et en dernier lieu il affrontera un ennemi étranger pour sauver l'honneur des arts martiaux chinois et au-delà de ça des traditions chinoises. Cet ennemi, nous le connaissons bien, c'est l'Anglais, qui incarne ici la figure de l'Occident arrogant.

Alors que Ip Man 1 se plaçait dans une atmosphère assez sombre, en raison de l'occupation japonaise, ici c'est plutôt une atmosphère de chaos qui règne à Hong Kong. Les Anglais laissant les différentes triades honkongaises régler leurs différents entre-elles tant que cela ne nuit pas à leurs intérêts. Ce qui est au fond, la preuve d'une bonne compréhension du système de domination occidental.

Le personnage d'Ip Man nous livre ici encore une facette de sa personnalité, refusant le conflit, il tente de démontrer que les arts martiaux chinois ne sont pas là pour régler de futiles bagarres de rue mais qu'ils s'inscrivent dans une longue tradition et s'accompagnent aussi d'une philosophie. Ainsi Ip Man tente une nouvelle fois de faire règner l'ordre et l'harmonie.


Nous comprenons vite que pour le réalisateur, le facteur de chaos au sein de la société hongkongaise c'est l'occidental. Yip Wai Shun dépeind ainsi différentes figures qui se veulent profondément détestables, le fonctionnaire britannique ou le collaborateur hongkongais. Le summum étant bien sûr le boxeur anglais, bellâtre musclé et arrogant, cherchant à humilier les chinois.

La confrontation entre la boxe anglaise, reposant sur la puissance physique et le Wing Chun, qui n'en suppose que peu, apparaît d'ailleurs totalement au désaventage des chinois. Mais c'est par le combat, l'humilité et la dignité que Ip Man et avec lui la population chinoise, gagnent le respect des adversaires. Yip Wai Shun nous livre en filigranne un message. Plutôt que de se confondre en jérémiades, c'est en puisant dans les valeurs ancestrales, dans la philosophie et dans le combat qu'on peut se faire respecter.

Fort de son nouveau succès, Ip Man jouit alors d'une immense réputation, c'est ainsi qu'à la fin du film, se présente à lui un jeune garçon déterminé à devenir un maître en arts martiaux, Lee Jun Fan, autrement connu sous le nom de Bruce Lee. Ainsi le film nous rappelle que Ip man fut le maître de Bruce Lee et que Bruce Lee commença son apprentissage avec le Wing Chun. La légende laisse place à la légende. 

  •     Ip Man 2: Le Retour du Grand Maître
  •     Réalisation : Yip wai-Shun
  •     Scénario : Edmond Wong
  •     Acteur principal: Donnie Yen
  •     Pays d'origine : Hong Kong
  •     Genre : Action, Biographie, Histoire
  •     Durée : 108 minutes
  •     Date de sortie : 2010

Jean

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02/08/2012

"Ip Man: La Légende du Grand Maître", un film de Yip Wai Shun (Hong Kong, 2008)

 Ip Man : La Légende du Grand Maître

ip man 1.jpg"Ip Man : La Légende du Grand Maître" est le premier volet cinématographique que consacre le réalisateur hongkongais Yip Wai Shun au grand maître d’arts martiaux chinois Ip Man.

L’action se déroule en 1938 à Foshan, ville du sud de la Chine, où Ip Man est né en 1893. Cette ville est un centre important des arts martiaux chinois et en particulier du Wing Chun Kung Fu, une boxe du sud de la Chine qui utilise essentiellement les poings.

Ip Man, interprété par l’excellent Donnie Yen,  vit dans sa propriété avec sa famille et cache ses talents au plus grand nombre, préférant s’entraîner en secret et donner des leçons à l’abri des regards aux autres maîtres de la ville. Jusqu’au jour où, contraint par les événements, il devra d’abord défendre l’honneur de sa ville face à un maître de Chan Quan, une boxe du nord de la Chine qui utilise surtout les pieds, puis lors de l’occupation japonaise contre un général maître en karaté qui découvre ses talents.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser au premier abord, ce film n’est pas un simple prétexte à mettre en scène des combats improbables entre différentes disciplines. Bien au contraire, Yip Wai Shun s’est attaché à donner de la profondeur à Ip Man, par exemple en insistant sur son rôle comme chef de famille, où il semble négliger son épouse et son fils, mais se révèle finalement prêt à sacrifier sa vie pour eux. Ip Man n'est donc pas une machine, mais bien un homme, avec ses faiblesses et ses forces.

Certains y verront aussi une volonté du réalisateur de faire d’Ip Man un héros national. L’occupation japonaise y est dépeinte comme cruelle et un fond de nationalisme chinois transparaît clairement. C’est d’ailleurs de cette façon que le trailer présente le film, mais à mon humble avis, celui-ci ne lui rend vraiment pas justice…


Cependant le trailer met en lumière la très bonne mise en scène chorégraphique des combats et le film apparaît aussi comme un plaidoyer pour le Wing Chun Kung Fu, boxe chinoise développée par une moniale Shaolin au XVIIe siècle, et qui nécessite peu de force physique mais beaucoup de technique et de maîtrise de soi. Yip Wai Shun consacre d'ailleurs certaines scènes du film aux séances d'entraînement d'Ip Man.

Le film rend hommage à un homme d’exception dont la maîtrise du combat égale l’humilité.

"Ip Man: La Légende du Grand Maître" peut intéresser un public très varié que l’on soit passionné d’arts martiaux, adepte du cinéma hongkongais ou qu’on ait simplement envie de regarder un film d’action.

 

  •     Titre: "Ip Man : La Légende du Grand Maître"
  •     Réalisation : Yip Wai Shun
  •     Scénario : Edmond Wong
  •     Acteur principal: Donnie Yen
  •     Pays d'origine : Hong Kong
  •     Genre : Action, Biographie, Histoire
  •     Durée : 105 minutes
  •     Date de sortie : 2008
  •     Suite : Ip Man 2 (sortie en 2010)

Note: Ne pas confondre avec le film "Ip Man: La légende est née".

Jean

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