Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

04/01/2014

Entretien avec Francis Cousin par Scriptoblog


Source: Scriptoblog

10/12/2013

Conférence: "Crise ou offensive du capital?" le 14/12/13 dans le Nord

crise off flyer.jpg

Le 14 décembre 2013, le Cercle Non Conforme et Terre et Peuple organisent dans le Nord (59) à partir de 18h30 une conférence ayant pour thème: Crise ou offensive du capital?
Nos invités seront Roberto Fiorini, secrétaire général de Terre et Peuple, grand connaisseur des questions socio-économiques, et Xavier Eman, journaliste non-conforme et militant associatif.

Ils aborderont autant les aspects théoriques que pratiques de cette question.
 
A la suite de la conférence est organisé un repas chaud (entrée, plat, dessert, boisson).
Pour vous inscrire envoyez IMPÉRATIVEMENT un mail à reservation.cnc[at]gmail.com avec vos coordonnées pour signaler votre inscription, connaître l'adresse de paiement et obtenir le lieu.

Réservation OBLIGATOIRE pour les repas avant le 11 décembre!
Le Cercle Non Conforme

20/11/2013

La soumission par le crédit...

L’ensemble du système politique ainsi que l’intégralité du personnel qu’il emploie, d’un bout à l’autre de l’échiquier « idéologique », n’ont d’autre finalité que la défense et la prorogation du règne de la marchandise. Il ne s’agit nullement là d’une affirmation polémique mais d’un froid constat qu’il faut être aveugle et sourd pour encore contester. L’évidence de ce fait est d’ailleurs démontrée par la position centrale occupée par le dogme de la croissance dans la totalité des programmes proposés par les différentes composantes du spectre politique français et, plus largement, occidental. Vous pouvez chercher, parmi les groupements politiques « officiels », c’est-à-dire ayant accès à l’espace public et aux instances de représentation via les médias, il n’y a pas la moindre exception. Même les prétendus « radicaux » gauchistes et anti-capitalistes – dont on peut mesurer le degré de subversion à l’aune du nombre de leurs invitations télévisées et autres dimanches après-midi passés en compagnie du très transgressif Michel Drucker – ne parlent que de « réappropriation », de « meilleure distribution » et de « répartition plus juste » des fruits de la croissance, sans jamais remettre en cause le principe même de celle-ci..

Bref, au-delà de divergences cosmétiques à visées électoralistes, tout le monde est d’accord pour communier dans la vénération de la même Loi : point de salut, de bonheur ni d’avenir sans croissance, c’est à dire sans augmentation infinie de la production annuelle de biens et de services. Ce bel unanimisme se révèle d’ailleurs de manière particulièrement flagrante lorsqu’il s’agit de moquer ou de conspuer avec toute la morgue qui sied aux prétendus « réalistes » les tenants de la « décroissance », théorie « fumeuse » voir « fascisante » qui a l’improbable audace d’évoquer les limites physiques et écologiques de notre environnement et ose suggérer que l’accomplissement humain ne se réalise peut-être pas exclusivement au travers de l’entassement d’objets et de la fuite en avant techno-scientiste. Contre ces olibrius et leurs blasphèmes envers les divinités mercantiles, c’est la mobilisation générale, des Verts à l’Ump en passant par le PCF et le les « centristes ».

«  Der Kauf macht frei ! » Fermez le ban.

Pour garantir l’immuabilité de cette domination, le système politico-marchand (pléonasme) a trouvé un moyen autrement plus sûr et efficace que l’antique knout ou la police spéciale : le crédit.

Après avoir mis un terme définitif à la lutte des classes en transformant tous les travailleurs en apprentis bourgeois aux « potentialités » consommatrices infinies, le crédit a en effet progressivement métamorphosé l’ensemble de la population en un vaste conglomérat d’ilotes captifs et dépendants, terrorisés par les banques, les fins de mois, les échéances, les huissiers…

Le chômage est évidemment toujours une situation délicate et difficile, mais pour l’homme endetté, bardé de crédits, c’est une perspective absolument dramatique et terrifiante qui peut le mener rapidement à la plus extrême précarité. De ce fait il est généralement prêt, pour conserver son emploi synonyme de possibilité de remboursement, à toutes les acceptations, toutes les résignations, voire toutes les reptations et toutes les compromissions. L’homme du crédit est un homme soumis, un homme vaincu, enfermé dans la cage de fer des traites et des taux d’intérêts, un homme qui ne bougera jamais le petit doigt pour remettre en cause un système qui peut l’écraser en un instant.

En 2008, les ménages français avaient un taux d’endettement approchant les 90% de leurs revenus annuels disponibles (135% de ces mêmes revenus pour les ménages américains). Plus d’un quart de cet endettement est destiné à la consommation de biens et services « non vitaux » tels que du matériel hifi, vidéo ou des séjours de vacances.

Parallèlement, la spéculation ayant fait exploser les prix de l’immobilier, l’accession à la propriété de son domicile devient de plus en plus délicate, exigeant des emprunts aux montants toujours plus considérables et à la durée exponentielle pouvant atteindre les 40 voir 45 ans (50 ans même en Espagne et au Portugal).

Cette double tendance aboutit à la pathétique situation d’hommes et de femmes couverts de gadgets mais ne possédant pas même un toit, un foyer qui est pourtant la première étape de l’autonomie, l’élément constitutif à la fois de la liberté et d’un possible engagement dans la cité. Car contrairement à ce que continuent à professer certains groupement anticapitalistes d’extrême gauche, souvent au nom d’une lecture un peu hâtive et simpliste de Proudhon, la propriété privée individuelle, spécialement de son domicile, n’est ni « le vol », ni la première étape de l’embourgeoisement capitaliste. Bien au contraire, la propriété de son habitat est un socle et une protection pour l’individu face à la perpétuelle fluidité et instabilité des marchandises et des capitaux. C’est le camp de base protégeant les humbles contre cette précarité, cette « angoisse du terme » - si parfaitement décrite par Céline-, cette permanente épée de Damoclès dont use le capital marchand pour s’assurer de la docilité et de l’apathie des peuples. Des cohortes de SDF accrocs à la carte de crédit et aux loisirs virtuels, voilà le matériel « humain » idéal dont rêve le système marchand et qu’il est malheureusement bel en bien en train d’obtenir.

Source: Zentropa

09/10/2013

Paul Lafargue, La religion du Capital, 1887

 Paul Lafargue, La religion du Capital, 1887

lafargue religion capital.jpegPaul Lafargue publie en 1887 un ouvrage humoristique intitulé « La religion du capital » où l’auteur invente un Congrès de la bourgeoisie capitaliste se tenant à Londres et décidant de l’instauration d’un Dieu de la Modernité, le Dieu du Capital avec son credo, ses prières, ses élus, … et qui remplacerait les anciens dieux et les anciennes croyances.

L’ouvrage se divise en plusieurs parties qui fondent une sorte de dogme du capitalisme. Remarquablement bien mené, à l’instar du Droit à la paresse, l’auteur se montre une nouvelle fois visionnaire. En peu de pages et peu de mots, Paul Lafargue présente dans cet ouvrage toute la logique qui sous-tend le capitalisme.

Dans un premier temps, les représentants des différentes nations, de même que le Légat du Pape et le cocardier revanchard Déroulède sont réunis pour échanger au sein de ce Congrès fictif ou nous pouvons lire page 12 « Pourquoi […] ne remplacerions-nous pas les vertus théologales par les vertus libérales, la Foi, l’Espérance et la Charité par la Liberté, l’Egalité et la Fraternité ? ». Le ton est donné, l’auteur n’est pas vraiment un adepte de la « République »… L’époux de Laura Marx délivre toute sa maîtrise de l’écrit dans un deuxième chapitre qui consiste en un question/réponse sur la religion du Capital où un salarié fictif explique en quoi consiste la religion du Capital (privation, etc…). Vient ensuite dans un troisième chapitre le sermon de la courtisane, texte inventé et superbement bien tourné, où l’auteur pointe du doigt le rôle central joué par le sexe dans le système capitaliste. Enfin, dans les trois derniers chapitres, il imagine des textes qui fondent les dogmes de la religion du Capital : L’Ecclesiaste ou le livre du capitalisme, Prières capitalistes qui proclame l’adoration de l’or et les Lamentations de Job Rothschild, le capitaliste.

Au-delà de la traditionnelle dénonciation du capitalisme sur des questions socio-économiques, classique dans la pensée socialiste et particulièrement la pensée marxiste, Paul Lafargue démontre que le capitalisme implique une révolution anthropologique et un projet global de société. Comme dans le Droit à la presse, il montre le rôle joué par le positivisme d’Auguste Comte. Ces quelques remarques sont d’ailleurs très intéressantes car nos soit disant communistes et socialistes « officiels » n’ont absolument rien en commun avec la pensée de Paul Lafargue mais bien plus avec celle d’Auguste Comte. Jugez-en de vous-même :

« La courtisane appartient au troisième sexe ; elle laisse à la femme vulgaire la sale et pénible besogne d’enfanter l’humanité. » p.37. Vous avez bien lu « le troisième sexe », ça ne vous rappelle rien ? Cette phrase est accompagnée de la note de bas de page suivante : « Les rédacteurs du sermon* se sont inspirés de la pensée d’Auguste Comte. Le fondateur du positivisme prédisait la formation d’une race supérieure de femmes, débarrassées de la gestation et de la parturition. La courtisane réalise en effet l’idéal du bourgeois philosophe. » C’est on ne peut plus limpide… Plus loin il poursuit : « Le Dieu-Capital apporte au monde une morale nouvelle ; il proclame le dogme de la Liberté humaine : sachez que l’on n’obtient la liberté qu’en conquérant le droit de se vendre. Libérez-vous de l’esclavage conjugal, en vous vendant. » p.38 Après cela, toujours des volontaires pour nous expliquer que le socialisme est à l’origine du mariage gay et du gender ? Ne serait-ce pas plutôt le libéralisme, le capitalisme et les positivistes de tout poil qui sont derrière ces projets de destruction de la femme, de la famille et qui placent la marchandisation du corps au cœur de leur projet de société ?

Un autre élément parmi d’autres évoqués dans le livre a suscité mon intérêt. Paul Lafargue explique par deux fois que le capitalisme est universel et que le projet du Dieu Capital est intrinsèquement globaliste.

Ainsi nous pouvons lire page 10 : « Le Capital ne connaît ni patrie, ni frontière, ni couleur, ni races, ni âges, ni sexes ; il est le Dieu international, le Dieu universel, il courbera sous sa loi tous les enfants des hommes ! » puis page 48 « Il s’élève au dessus des vaines démarcations qui parquent les mortels dans une patrie ou dans un parti ; avant d’être russe ou polonais, français ou prussien, anglais ou irlandais, blanc ou noir, l’élu est exploiteur. […] L’or a une couleur ; mais devant lui, les opinions des capitalistes n’ont point de couleur. » Là encore, bien qu’il adresse par une brève remarque au début de l’ouvrage un « tacle » au patriote Déroulède, nulle trace de sans-frontiérisme chez le gendre de Marx…

Mais ce ne sont pas les seuls passages croustillants de ce livre, après avoir brocardé les « Droits de l’homme » dans le Droit à la paresse, Paul Lafargue s’attaque aussi plus fortement au système électoral et démontre même que le suffrage universel est encore plus profitable aux capitalistes ! Sur la même base il démontre que c’est pour servir les intérêts du Capital que des humanitaristes comme Victor Hugo ont dénoncé la peine de mort…

Nul besoin d’écrire des ouvrages long pour faire comprendre que le système capitaliste est nuisible à nos sociétés et dépasse très largement la question socio-économique. Les tenants et les aboutissements du capitalisme sont très bien exposés ici. La  lecture de La religion du Capital me semble encore plus fondamentale que celle du Droit à la paresse. Paul Lafargue est un auteur qui se révèle très fin dans ses analyses et qui appréhende l’ensemble des influences du capitalisme et de la Modernité.

Jean

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

19/09/2013

Le business du commerce équitable

Le business du commerce équitable - ARTE - 06/08/13


Cliquez ICI

Source: ARTE

Note du C.N.C: Nous ne sommes pas les hébergeurs de la video.

23/08/2013

Chronique de livre: Paul Lafargue, Le Droit à la paresse, 1880 - 1883

 Paul Lafargue, Le droit à la paresse, 1880

droit paresse.jpgPaul Lafargue est un auteur socialiste marxiste plutôt méconnu qui n’est rien de moins que le gendre de Karl Marx. Il est membre de la 1ere Internationale à partir de 1866 et participe également à la Commune de Paris en 1871. Co-fondateur du Parti Ouvrier en 1880 avec Jules Guesde, il est incarcéré en 1883. C’est à cette période qu’il rédige son plus célèbre pamphlet Le Droit à la Paresse. Il deviendra par la suite député du Nord de 1891 à 1893.

L’ouvrage est réédité en 2009 par Gérard Filoche qui anime une revue nommée « Démocratie & Socialisme », mensuel de la gauche du PS. Celui-ci adjoint des considérations personnelles dénuées d’intérêts en préambule de l’ouvrage où il bat en brèche les conceptions de Christine Lagarde et du gouvernement de Nicolas Sarkozy sur le travail. En revanche l’article de Jean Zin, philosophe et militant écologiste sur le travail à la fin de l’ouvrage donne quelques pistes intéressantes. Ce qui n’est pas étonnant pour un homme visiblement inspiré par Jacques Ellul.

Revenons à nos moutons.

Paul Lafargue cherche dans son ouvrage à démontrer l’absurdité de la « valeur travail ». Le propos est dynamique et bien mené. L’auteur puise autant dans le passé, en s‘appuyant sur le mépris du travail des anciens Grecs et Romains, que dans son analyse de la démence capitaliste du XIXe siècle. Il brocarde toutes les catégories de la population, le prolétariat, qui est responsable d’après lui de son propre malheur, les économistes et autres zélateurs du capitalisme, l’armée qui n’a pour fonction que de réprimer les révoltes dans le sang, l’Église qui par sa morale encourage au travail car l’homme doit souffrir sur Terre, les usuriers (très explicitement reliés à une certaine communauté) qui font de l’argent sur le dos des patrons emprunteurs et des salariés qui triment. Il s’insurge sur le travail des enfants et sur le fait que le travail dans la société capitaliste ait contribué à faire dégénérer le peuple, jadis vigoureux.

« Nous avons aujourd’hui les filles et les femmes de fabrique, chétives, fleurs aux pâles couleurs, au sang sans rutilance, à l’estomac délabré, aux membres alanguis ! » pp. 38-39

Paul Lafargue pointe la fuite en avant du capitalisme, obligé de conquérir des marchés partout dans le monde ou encore de dégrader la qualité des produits pour contraindre à la consommation (ce qu’on appelle aujourd’hui l’obsolescence programmée). Il se fait aussi très critique à l’égard de la « religion du progrès » et des « Droit de l’homme » qui sont pour lui liés au capitalisme et à la bourgeoisie (ce en quoi je suis totalement d’accord). Il s‘interroge aussi sur la technique, qu’on perçoit à la fois source de problèmes, quand elle devient la matrice de la production industrielle capitaliste mais aussi possible solution pour permettre aux ouvriers de ne travailler que 3h par jour et de faire « bombance » le reste du temps. La société communiste utopiste de Paul Lafargue est une société où l’on travaille peu, où l’on produit ce qui est nécessaire et où les hommes peuvent profiter de la vie (selon une expression consacrée). On pourrait tout à fait envisager une société où les robots auraient la même fonction que les esclaves de l’antiquité et permettraient à une majorité de la population de se dégager du travail. Encore faut-il se dégager du mirage de la surconsommation…

Ce pamphlet s’appuie aussi sur des considérations d’auteurs et démontre que même la réduction du travail a été une volonté des capitalistes…

Il est assez court (une cinquantaine de pages) et très intéressant autant du point de vue de la critique du capitalisme (certaines intuitions et remarques de Paul Lafargue sont toujours d’actualités), que pour plonger dans l’histoire des idées et des sociétés de l’Europe de la fin du XIXeme siècle.

Jean

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.