Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

17/05/2016

La Révolution sera verte ! ou le salut par la terre : Perspectives

revolutionverte2.jpg

La Révolution sera verte ! ou le salut par la terre

Perspectives (2ème partie)

Notre premier article avait pour but de présenter plusieurs modèles actuels -notamment Cuba-pouvant nous apporter quelques clés sur les bienfaits apportés par un retour à la terre dans une optique révolutionnaire (par rapport aux chimères de la production-consommation mondialiste actuelle). Cette seconde partie présentera plusieurs idées susceptibles de concourir à une réflexion sur le besoin impérieux d'une Révolution verte dans un pays comme la France. Il va sans dire que les pistes de réflexion qui suivent ne prétendent pas apporter la solution à tous les maux dont nous souffrons.

Indépendance et nouveau modèle

En premier lieu, nous avions souligné à quel point le renouveau dans la manière de cultiver (l'agriculture urbaine, dont le développement apparaît essentiel dans notre époque d'urbanisation à outrance) et la recherche de la qualité semblaient fondamentales. Nous devons nous adapter à un monde qui a changé. En effet, l'agriculture n'est plus ce qu'elle a toujours été... Cela fait des décennies que les manières de produire et de consommer ont été cadrées par une course effrénée au rendement, au profit, au business. On a industrialisé l'agriculture comme pour mieux la vider de son essence. L'agriculteur actuel est pris à la gorge par une cohorte de parasites mondialistes (UE, Monsanto etc) qui n'ont comme seul dessein que de l'asservir dans des buts marchands où toute morale est absente. Résultat : le suicide de tant de ces travailleurs de la terre dont le nombre ne cesse de décroître avec les années (environ 900.000 aujourd'hui alors qu'ils étaient encore 4 millions il y a 50 ans). Le constat est tristement simple : aujourd'hui, tout est maltraité, trafiqué, transformé, empoisonné, nié : la terre, les graines, les animaux, les hommes.

Pour nous, il est donc urgent de repenser le mode (mais surtout la manière) de production afin de nous affranchir au plus vite de la tutelle mortifère que le Système nous impose également sur ce sujet primordial. Il en va de notre survie. Le XXIe siècle sera celui de la surpopulation démentielle -il l'est déjà- mais nous n'avons encore rien vu. Les Européens doivent retourner à la terre s'ils veulent perdurer et ne pas laisser les rennes de leur destin à ceux qui veulent les voir crever (par idéologie ou profit).

Les modèles présentés dans la première partie de l'article montrent que tout est encore possible. Cuba, grâce à ses centaines de milliers d'exploitations agricoles urbaines (crées en seulement 20 ans!) est en route vers l'autonomie alimentaire ! Face aux dangers actuels et futurs, un Etat sage serait celui qui chercherait à s'affranchir de la tutelle mondialiste des marchés et à recouvrer son autonomie, donc sa souveraineté. Ceci est une évidence.

Afin de faire face à toutes sortes de problèmes liés aux approvisionnements et pour ne plus dépendre de la grande distribution (la seule à proposer, aujourd'hui, des réserves de nourriture pour quelques jours), on a vu comment des villes telles que Lisbonne ont entamé des programmes d'indépendance alimentaire. Si toutes les villes d'importance sont capables de subvenir, elles-mêmes, aux besoins de leurs habitants et si elles peuvent en outre réagir rapidement à tout souci alimentaire non prévu, le pari est gagné : elles sont autonomes. Et si elles le sont, c'est parce qu'inévitablement, elles ont favorisé la production (et donc la consommation) locale. Elles ont fait travailler leurs terres et donc leur région. Ville et campagne deviennent complémentaires et non antagonistes. Le lien est rebâti.

Quels gains pour la société ?

Le retour à la terre est un projet révolutionnaire par son aspect éminemment inactuel. Ne vivons-nous pas en une époque où l'on considère peu ou mal l'agriculteur, son travail, son mode de vie ? Ne raille-t-on pas le « bouseux », le « ringard », l' « arriéré » entre une collation au Starbucks et un tweet sur la dernière émission de Hanouna ? La politique agricole de la France et ceux qui la mènent (ou la soutiennent) nous confirment bien cette impression. Et tous les zombies du Système également. Allez demander à un « homo festivus » ce qu'il en pense de la terre et de l'agriculture. Vous serez servis...

Cette haine de la terre et, finalement, de tout ce qu'elle représente (le lien avec la nature, la vie, les racines...) a participé au meurtre des sociétés traditionnelles ou de ce qu'il en restait. L'homme de l'époque de la Révolution industrielle a quitté la terre, le village et la communauté pour aller travailler dans des villes grises où il a perdu, peu à peu, son âme. Lui et les générations qui ont suivi ont été gagnés par toutes les tares du monde moderne : perte d'identité et de toute spiritualité, individualisme, parasitisme... Pour imager et simplifier, on pourrait dire que nos sociétés doivent devenir plus vertes et moins grises (le gris représentant ici à merveille le monde libéral et cosmopolite).

Plus de trois quarts des français vivant en ville, il est impérieux qu'ils soient les cibles de la Révolution verte... d'où l'agriculture urbaine qui présente, en plus de tout ce que l'on a évoqué plus haut, un bon nombre de perspectives intéressantes :

  1. Tout le monde peut, en principe, participer. Jeunes et moins jeunes ; chômeurs, « actifs » ou retraités... Par ce biais, les gens peuvent, grâce au travail commun, se connaître, se côtoyer, recréer des liens, s'entraider. Voilà un bon moyen pour lutter contre l'hyper-individualisme qui a pourri la vie de nos « sociétés » qui n'en sont plus réellement. Nous sommes arrivés à une situation si critique d'atomisation du corps social qu'il faut urgemment penser aux manières de recréer de la communauté. Travailler la terre peut, en conséquence, permettre un certain réenracinement pour bien des personnes.

  2. L'adage dit qu'il n'y a de richesse que d'hommes... Effectivement, des bras, nous n'en manquons pas ! Chômeurs, retraités ou bonnes volontés peuvent servir un objectif commun. Et que dire des millions d'assistés ne faisant strictement rien et dégénérant de génération en génération ? On pourrait enfin les mettre au travail et les revaloriser en tant que personnes et en tant que membres de la communauté. On les soustrait à la télé et on les oblige à donner, chaque semaine, un peu de leur temps pour cultiver dans leur quartier ou dans leur ville. Finies les aides sans contrepartie qui tombent de la naissance à la mort ! Tu veux être aidé ? D'accord, mais tu fais ta part du boulot et tu cesses d'être un parasite pour tout le monde. En plus, tu pourras bénéficier du fruit de ton travail en nature. Cela t'aidera à sortir de ta totale dépendance vis à vis de l'Etat. N'oublions pas non plus que l'oisiveté est la mère de tous les vices. Il faut donc réoccuper des millions de personnes. Là encore, la terre nous semble être un moyen des plus sains pour faire sortir de l'impasse une partie de notre population. La richesse qui sera créée à cette occasion sera multiforme : personnelle, communautaire, nationale.

  3. Dans une époque de technique, il serait stupide de la rejeter. Si elle est bien utilisée, elle permettra des innovations dans les cultures, une meilleure production, une augmentation de la qualité et des pratiques. Les gens qui travailleront ensemble apprendront les uns des autres. Assistés de quelques spécialistes (comme à Cuba), des cultivateurs novices peuvent rapidement faire des merveilles.

  4. Les possibilités sont, pour ainsi dire, infinies. Les villes ont des tas de terres inutilisées ou pouvant être valorisées par une activité agricole. Nous renvoyons une fois encore à notre premier article. Cultiver permet de se réapproprier l'espace proche et de ne plus être un étranger dans son propre environnement.

  1. Il convient de choisir un système d'exploitation qui bénéficie d'abord à ceux qui travaillent la terre (paiement du travail en nature, constitution de coopératives...). Cependant, les gens des alentours doivent pouvoir venir se ravitailler à bas coût en produits de qualité. L'argent ainsi récolté pourra permettre d'amortir les coûts mais aussi d'innover si besoin est.

  2. Le changement apporté pourrait modifier en profondeur les habitudes et les modes de vie urbains. Il permettra aux jeunes et aux générations suivantes de ne plus être coupés de la terre nourricière et de pouvoir se débrouiller seuls grâce à ce qu'ils auront appris.

Beaucoup de modalités seraient à discuter mais les quelques pistes que nous présentons méritent, selon nous, réflexion. Elles peuvent être retravaillées, corrigées et complétées.

Il y a cependant fort à parier que des initiatives telles que celles que nous avons présentées vont continuer à se développer partout en Europe. Il ne faut pas laisser à nos ennemis le bénéfice de monopoliser la question. Nous devons y réfléchir mais également agir quand il le faut et ne pas hésiter à soutenir et participer aux initiatives de bon sens. Le sujet traité ici bouleverse les clivages politiques et peut plaire à tout le monde. Ce type de projet est des plus rassembleurs... cela tombe bien, c'est une des clefs pour bâtir un futur meilleur pour notre peuple !

Rüdiger et Ann / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

28/04/2016

La Révolution sera verte ! ou le salut par la terre

 

La Révolution sera verte ! ou le salut par la terre (1ère partie)

C'est dans les périodes de crise qu'il est fondamental de revenir à l'essence des choses. Pour nous, Européens, la société moderne post-industrielle menace d'être notre tombeau et ce, malgré les indéniables réussites technologiques dont elle est la source. Dans une optique archéofuturiste, il convient certes de les utiliser intelligemment mais surtout de les coupler avec un retour plus prononcé à la terre, à cette terre qui contient nos racines mais également les germes d'un renouveau salvateur pour notre race (et les autres... bien que leur sort nous importe évidemment bien moins que la nôtre).

Face à un monde devenu fou, nous devons réfléchir à notre rapport à la terre et avant tout, à une autre façon de l'appréhender. Nous refusons que l'agriculture désincarnée, chimique et déracinée soit notre horizon. En conséquence, nous partirons de l'étude de quelques réussites actuelles (qui occuperont la première partie de cet article) pour tenter de mieux réfléchir à des idées pouvant participer à une future Révolution verte, condition nécessaire à la survie de la France et de l'Europe à moyen et long terme (thème de la seconde partie).

Partie 1 : Inspirations actuelles

cuba.jpg

Le modèle cubain

Cela fait une vingtaine d'années maintenant que l'île de Cuba connaît une véritable Révolution verte et il convient d'analyser cette réussite préalablement à toute autre. Comment a-t-elle été possible ? Par l'agriculture urbaine et biologique.

Début des années 1990 : Cuba se retrouve isolée de par la disparition de l'URSS et souffre des effets de l'embargo américain. La population a faim mais ne se laisse pas mourir. Rapidement, elle réoccupe le moindre espace cultivable dans les villes (même les toits des immeubles!). Chaque lopin de terre est mis à contribution que ce soit pour la culture ou l'élevage. La population dans son ensemble participe à ce mouvement agro-écologique de grande ampleur dont les paysans sont la base. L'Etat cubain met en outre de grandes quantités de terres à la disposition de ceux qui veulent les cultiver et fait le pari du localisme et de l'agriculture biologique.

Cuba compte aujourd'hui près de 400.000 exploitations agricoles urbaines (produisant 1,5 millions de tonnes de légumes chaque année) qui ont bouleversé les habitudes et les modes de vie car elles impliquent l'ensemble de la population dans un effort commun :

« Universitaires, chercheurs, agronomes sont mis à contribution pour diffuser les techniques de l’agroécologie. Un réseau de boutiques vend semences et outils de jardinage à bas prix, prodiguant également aux clients des conseils d’experts. Et dans toutes les villes du pays, on enseigne l’agriculture biologique par la pratique, sur le terrain. »

« Aujourd’hui, la main-d’œuvre agricole a été multipliée par dix. D’anciens militaires, fonctionnaires et employés se sont convertis ou reconvertis à l’agriculture, car nombre d’entre eux avaient été paysans auparavant. »

« Chaque école cultive son potager, les administrations ont leur propre jardin, fournissant les légumes aux cantines des employés. »

Les résultats de la Révolution verte cubaine sont sans appel : outre l'aspect écologique (baisse de la pollution, qualité des produits consommés, biodiversité), la population a bénéficié dans son ensemble de ses bienfaits : créations d'emploi, hausse du niveau de vie et de la santé... Par ailleurs, le localisme étant encouragé, la centralisation s'est faite plus discrète car on laisse:

« davantage de marge de manœuvre aux initiatives individuelles et collectives autogérées. (...) Dans les villes, ce principe a permis de promouvoir la production dans le quartier, par le quartier, pour le quartier, en encourageant la participation de milliers de personnes désireuses de rejoindre l’initiative. »

Le pays est en marche vers l'autonomie alimentaire car il produit aujourd'hui plus de 70% de ses besoins. De plus, selon les critères de l’ONU, « le pays a un indice de développement humain élevé et une faible empreinte écologique sur la planète ».

« Si demain les importations de nourriture devaient s’arrêter, les habitants seraient beaucoup moins en péril que ceux d’un pays comme la France, qui dispose seulement de quelques jours de réserves dans ses supermarchés » conclut l'article nous ayant servi de base d'informations.

Cuba est, certes, un pays éloigné de nous mais son exemple nous permet de saisir les bienfaits d'une telle démarche : localisme favorisé, bénéfices pour la population et marche vers l'autosuffisance (et donc vers davantage de souveraineté vis à vis de l'extérieur!). Rien à redire!

lisbonne.jpg

Deux exemples européens : Lisbonne et Albi

A une échelle moindre, bien d'autres initiatives mériteraient que l'on s'y attarde. Certaines villes ont ainsi développé des modèles intéressants de retour à la terre. La capitale portugaise en est certainement le fer de lance en Europe depuis une petite dizaine d'années.

A Lisbonne, « la municipalité a réagi à la crise en faisant le pari que l’agriculture urbaine pouvait avoir un rôle social ». Plusieurs hectares d'espaces verts ont été transformés en potagers urbains dont les parcelles ont été attribuées sur critères sociaux. 500 familles en ont déjà bénéficié et l'objectif de la ville est de doubler ce chiffre d'ici 2017. Les chômeurs sont prioritaires dans l'obtention des parcelles, ce qui leur permet de compléter leurs revenus et de nourrir sainement leur famille. Ils peuvent en outre bénéficier de formations à l'agriculture biologique.

Duarte Mata, initiateur du projet et qui espérerait « faire vivre les gens au rythme des saisons, de la nature », en décrit les avantages :

« Ce plan (d'agriculture urbaine) souligne combien l’agriculture urbaine est importante pour une ville, principalement à cause de sa dépendance aux légumes frais, de la montée des cours internationaux, et du revenu supplémentaire que cela apporte aux familles. Un autre facteur (…) est que cela permet de faire face aux éventuelles pénuries alimentaires. (…) Vous ne savez jamais ce qui peut arriver – événements soudains, catastrophes naturelles ou guerres. »

A Lisbonne, on ne compte d'ailleurs pas s'arrêter en si bon chemin : « une ferme urbaine (…) devrait voir le jour. Six hectares de maraîchage seront consacrés à la formation des chômeurs. La production sera vendue sur le marché local. »

En France, la ville d'Albi a elle aussi décidé de se lancer dans une démarche intelligente dont l'objectif est de parvenir à l'auto-suffisance alimentaire d'ici 2020. Il s'agit par ailleurs de sécuriser les approvisionnements de la ville en cas de crise alimentaire car seuls 5 jours de nourriture seraient assurés à l'heure actuelle... Rappelons-nous de ce qui était dit plus haut sur Cuba par rapport à la France...

Proximité et qualité sont recherchées. La volonté de faire travailler la campagne albigeoise est clairement affirmée. De plus, la mairie utilise des terres pour y installer des néo-maraîchers moyennant un loyer très modique (70 euros par hectare et par an). La seule condition étant de faire exclusivement du bio et de vendre en circuit court. Les premiers résultats semblent encourageants et 7 emplois auraient été crées pour le moment.

Le plus intéressant reste à venir car, à Albi aussi, les idées ne manquent pas. Sont prévues la réhabilitation des jardins ouvriers et des potagers délaissés par les personnes âgées (sur la base du volontariat) mais également l'utilisation du surplus de la production de la ville afin d'approvisionner les cantines et les autres équipements municipaux. Albi espère que l' « émulation positive » jouera en sa faveur et qu'agriculteurs et supermarchés parviendront à s'entendre pour favoriser la production locale.

On retrouve, dans les démarches adoptées par les deux villes dont nous venons de parler, bien des éléments qui répondent à ce qui a été développé avec succès à Cuba. La recherche de la qualité de notre alimentation est, en effet, primordiale en cette époque du tout-chimique. Anticiper les problèmes tels que les pénuries alimentaires montre une réflexion pragmatique sur le monde de demain, ce qui est le bienvenu dans notre époque de courte-vue et de « j'en foutisme ». L'aspect localiste des choses ne peut, en plus, que nous séduire. De même que la fréquentation de la terre qui permettra une réelle désintoxication de ceux qui seront retournés à elle. Pour finir, le gain social est non négligeable : création d'emplois et de liens sociaux plus forts dans une époque d'ultra-individualisme, aide aux personnes à faible revenu etc. Concluons avec cette phrase d'un élu albigeois :

«Les gens retrouvent l'essence des choses: la vocation nourricière de la terre. Une partie de la population a de faibles revenus, mais du temps libre. »

L'essentiel est là... et la seconde partie de notre article se basera sur cette idée pour entamer une réflexion plus poussée (et radicale) sur les gains que pourrait avoir une Révolution verte à grande échelle dans un pays comme le nôtre.

Rüdiger et Ann / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

 

19/03/2016

La Décroissance #127 : "Pétrole en solde ?"

la decroissance 127.jpg

28/02/2016

Compte-rendu de la conférence-débat avec Audrey Jougla : "Profession : animal de laboratoire"

Compte-rendu de la conférence-débat avec Audrey Jougla : "Profession : animal de laboratoire"

a. joungla.jpg

Vendredi 26 février, l’association La Griffe organisait à Clermont-Ferrand une conférence-débat en compagnie d’Audrey Jougla, auteur de Profession : animal de laboratoire. C’est dans une salle encore trop clairsemée et au public hétéroclite, que cette jeune femme pétillante prend la parole. Son apparente gentillesse ne sera pas de trop pour aborder un sujet hautement délicat…

Audrey Jougla a voulu connaître la réalité de la vivisection, notamment en France. Une réalité difficile à appréhender car on ne rentre pas dans ce genre de laboratoire comme ça : un « brevet d’expérimentation animale » (sic) est nécessaire pour pouvoir pénétrer dans ce Pandémonium. On estime à 11,5 millions le nombre d’animaux de laboratoire dans l’Union Européenne et à 2,2 millions pour la France seule. Parmi les espèces fréquemment utilisées on retrouve les souris et autres rongeurs, les reptiles, les poissons, les oiseaux, des carnivores comme les renards par exemple, mais aussi les vaches, les chiens et les chats. Seuls les grands singes sont protégés pour des raisons « morales » de par la ressemblance avec l’homme (merci Darwin !). Les types de tests pratiqués sur les animaux se divisent en quatre types distincts :

1) Les tests dans le cadre de l’enseignement.
2) Les tests de toxicologie comme les tests de nocivité pour l’homme (46% en France).
3) Les tests dits de « recherche fondamentale » (neurosciences, psycho-chimie, psychiatrie).
4) Les tests dits de « recherche appliquée » qui découlent de la « recherche fondamentale ».

a. jougla bis.jpgAprès une mise au point statistique en guise d’introduction, Audrey Jougla aborde de manière didactique dix préjugés sur l’expérimentation animale. C’est l’occasion d’apprendre des choses parfois glaçantes. Tout d’abord il faut savoir que des alternatives à ces pratiques barbares existent bel et bien : protocoles ex vivo, in silico, 3D in vitro, organes par puces et micro-organes. Malgré tout, ces méthodes alternatives ne sont pas mises en avant, les firmes et laboratoires privilégiant l’expérimentation animale car cette dernière est subventionnée ! Certaines personnes s’imaginent (naïvement ?) que ces animaux sont bien traités. Ceci est un non-sens absolu ! Test de nocivité (ingestion de produit de la marque Destop dans l’œsophage de chiens !), animaux rendu fous, malades et vivant dans des conditions épouvantables où la froideur des néons remplace la lumière du soleil qu’ils ne voient jamais, sans parler du bruit incessant. Le rapport avec le personnel est quant à lui compliqué. Au-delà des cas de sadisme, le personnel doit prodiguer des soins mais également des sévices via les expérimentations, position schizophrène intenable qui fait que l’homme et l’animal sont tous deux confrontés à une indicible violence. Ces expérimentations semblent légitimes bien que cruelles aux yeux de certains, notamment lorsqu’il s’agit d’utiliser des organismes vivant, pourtant aucun résultat tangible ne prouve leur efficacité…

Ensuite vient le tour des questions que l’on ne pose pas concernant l’expérimentation animale. Encore une fois on découvre des faits troublants. Firmes pharmaceutiques et autres laboratoires justifient ces expérimentations en mettant en avant la recherche sur les cancers pédiatriques par exemple. Cette méthode abjecte, qu’on pourrait appeler « méthode Aylan », consiste en une espèce de chantage émotionnel. Elle est également malhonnête car ce type de cancer n’est en réalité pas rentable pour les firmes et les laboratoires qui préfèrent investir dans d’autres champs d’action. L’image des expérimentations animales véhiculées par les médias (la fameuse souris blanche, la seringue) et les entreprises concernées sont en total décalage avec la réalité. D’ailleurs Audrey Jougla affirme qu’il est très compliqué de pourvoir s’exprimer sur le sujet dans les médias (vous pouvez cependant retrouver un entretien donné par cette dernière à TV Libertés ici : https://www.youtube.com/watch?v=oRryw39uN5A. Vous l’aurez compris, c’est la rentabilité et la maximisation des profits qui priment et nullement quelconque forme de philanthropie. A l’instar des essais cliniques sur l’homme, les résultats des expérimentations animales pourraient être mutualisées ce qui pourrait alléger une partie de ces souffrances mais la course aux brevets et la compétitivité condamnent définitivement cette option.

Cet univers est dominé par une hypocrisie dégoûtante. Pourquoi les tests sur les grands singes sont-ils interdits, du fait d’une « ressemblance avec l’espèce humaine, et pas les autres ? Les similitudes entre les souffrances psychologiques humaines et animales sont avérées, au même titre que la sensibilité des animaux. Si cela n’est pas le cas comment justifier les expériences de privation de sommeil, de privation maternelle, de dépression, d’aliénation mentale ou NBC (Nucléaire Bactériologique et Chimique) ? En termes d’hypocrisie la législation pratique le « double standard » : votre chat sera votre animal domestique mais un chat de laboratoire sera du matériel expérimental, bien qu’il puisse, dans l’absolu, s’agir du même animal ! Audrey Jougla affirme, pour l’avoir vu de ses propres yeux, que l’on retrouve les mêmes golden retrievers du Téléthon à la fois sur le plateau télé et dans ces laboratoires. Comment ne pas être eugéniste et hygiéniste après ça !? Ici règne le chantage émotionnel. Qu’est-ce donc que la souffrance d’un enfant face à celle d’un animal ? Quel procédé dégueulasse. La question de la souffrance animale dans les laboratoires relève également d’un présupposé que les hommes seraient supérieurs aux animaux. Que cela soit vrai ou non, rien ne justifie de futiles souffrances à des êtres vivants, doués de sensibilités comme vous et moi. Et si c’était vous, vos parents, vos enfants les cobayes de laboratoire ?

En conclusion, cette conférence bien que dépourvue d’images choc est très perturbante. Nous devons reconnaître à Audrey Jougla un courage et une force intérieure certaine du fait de son travail de terrain, au contact direct de la souffrance évoquée lors de cette conférence. D’ailleurs il est par moment difficile pour la jeune femme et certaines personnes du public de retenir leurs émotions, certaines anecdotes étant particulièrement odieuses... Pourtant Audrey Jougla est convaincu qu’à terme l’expérimentation animale est vouée à disparaître. Espérons-le !

De notre point de vue, il est évident que la souffrance animale liée aux expérimentations scientifiques est un énième symptôme d’un monde malade, bouffé de l’intérieur par cette idéologie mortifère qu’incarnent le libéralisme et son corollaire l’idéologie du progrès. Il est vrai que l’exploitation animale a de tout temps existé, bien que dans des proportions variées. Hors nous atteignons ici le paroxysme de l’exploitation animale via sa chosification extrême, passant de « l’animal outil/animal objet positif » (les chevaux de trait par exemple) à « l’animal matière/sujet négatif » où son identité d’être vivant douée de sensibilité lui est niée. Au même titre que l’exploitation de la nature, via le productivisme et « l’agrobusiness » hors-sol (auquel nous devons opposer le localisme et la logique de circuit-court), la cause animale doit être au centre de notre vision du monde et défendue dans un cadre d’écologie profonde enracinée.

Publier des slogans « Love animals/hate antifa » c’est bien gentil mais cela n’apporte rien. Commençons par bien nous occuper de nos animaux domestiques et d’éduquer nos enfants et la jeunesse en général. C’est aussi essayer d’utiliser les produits de marques qui ne pratiquent pas d’expérimentations animales (L’arbre Vert, Rainett, Lush), d’adapter son mode vie, de sensibiliser autour de soi, de soutenir et de militer bénévolement dans des associations comme celle de Brigitte Bardot, etc. La cause animale n’appartient à personne et surtout pas aux gauchistes en sarouel !

Donatien / C.N.C

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

03/11/2015

[Revue de presse] La Décroissance n°103 -octobre 2015

[Revue de presse] La Décroissance n°103 -octobre 2015

 

journal123_gd.jpgRéférence connue des lecteurs du Cercle Non Conforme, le mensuel La Décroissance, une fois de plus, ne mâche pas ses mots contre les tenants de la croissance, surtout quand elle est mâtinée d'écologie, et de développement durable. Et ce dès la Une, où le mensuel s'attaque au grand rassemblement mondial et médiatique qu'est la COP 21, qui doit se tenir à Paris. La Décroissance l'intitule « La COP des malfaiteurs »... Et plusieurs articles continuent cette attaque en règle. Dès les pages 2 et 3 avec l'article intitulé « L'écologie, bouée de sauvetage du système ». L'article, qui n'est vraiment pas tendre, indique que ce sont « les coupables [qui] font la morale ». « Pour cette caste qui se caractérise par l'enflure, le sauvetage de la planète constitue à cet égard une extraordinaire aubaine. La COP 21 devient une sorte de concours d'indécence mondiale des pompiers-pyromanes. » « A cette fin, un service d'ordre féroce est et sera assuré avec zèle par les grands médias et les journalistes. » La suite de l'article attaque même la politique étrangère de la France depuis Sarkozy et BHL, continué par Fabius et Hollande, vu comme des fauteurs de guerre...

Le journal en profite pour attaquer ses habituels têtes de Turc, comme Yann Arthus-Bertrand, appellé « gremlins de l'écologie » (pages 5-6).

Mais surtout ce numéro se singularise par une attaque en règle de la gauche, y compris de l'extrême gauche du système (Mélenchon ou le NPA). Mélenchon et le Front de Gauche subissent le feu de La Décroissance dans l'article « Pour un regroupement de groupies ? » (page 5). Article qui critique vertement l'appel aux classes moyennes que ferait selon son auteur Mélenchon et le Front de Gauche : « Mélenchon n'imagine pas que la rupture – que par ailleurs il préconise – avec la logique de la domination capitaliste, implique une autre stratégie que le rassemblement d'une classe moyenne complètement inféodée au système » Dans la suite de l'article, l'auteur reproche à Mélenchon de ne pas rendre les classes populaires « visibles ». Toujours dans l'attaque de la gauche, pages 6 et 7, à lire l'entretien « Les intellectuels de gauche ont été les instigateurs de cette défection des classes populaires » dont les termes rappellent un article d'« Eléments » expliquant comment cinéma et comiques depuis les années 70 se moquent ouvertement des classes populaires. Certains termes de l'entretien évoquent directement la « common decency » chère à Orwell et développée en France par Jean-Claude Michéa. Cette importance accordée aux classes populaires se retrouve également dans l'article « Ecologie et climat : l'enjeu des classes populaires » (page 11).

Moment très savoureux, la bande-dessinée pages 10 et 11 « Nana la décroissante » qui tombe à bras raccourcis sur le site confusionnisme.info, site délirant de gauchistes qui jouent les flics de la pensée.

Ensuite un débat de haute tenue est à lire et à étudier pages 14 et 15 « Vers une guerre entre bioconservateurs et bioprogressistes ? ». Avec parmi les intervenants le philosophe Fabrice Hadjadj, qui est membre de la revue « Limite » dont la sortie est évoquée avec quelques pointes d'ironie par Vincent Cheynet page 14.

A noter pour finir que La Décroissance recommande d'acheter les hors série du journal Le Point « Eloge de la vie simple »...

Une nouvelle fois, La Décroissance s'inscrit dans les revues indispensables.

Arnaud /C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

 

11/09/2015

Méridien Zéro #245 : "Laudato Si' : vers une conversion écologique ?"

Ce soir, Méridien Zéro vous propose un aperçu sur Academia Christiana, que l'on peut qualifier d'université d'été catholique. Au menu, une discussion autour de la dernière encyclique du Pape, Laudato Si', et une découverte de l'université d'été avec certains participants. Pour ce faire, Jean Terroir du Cercle Non Conforme, assisté d'Arnaud Naudin, a réuni une assemblée de choix : Victor Aubert, organisateur, Julien Langella, co-organisateur et auteur de l'ouvrage La jeunesse au pouvoir paru aux Éditions du Rubicon, Pierre Saint-Servant de Présent, Guillaume Le Carbonel (Cercle Non Conforme / Rébellion) et Tanguy du groupe Francs-Tireurs Patriotes (FTP). Vous aurez également l'occasion d'entendre le témoignage et les réflexions de Diane, Pauline, Mayeul, Pierre-Antoine et Julien qui ont participé à l'édition 2015.
 
A la technique, Lyderic.

flyer-emission_11-09-2015.jpg