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11/03/2015

Concert: Eternal Bleeding, Terrorsphära & Painful Awakening (Allemagne, 14.03)

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18:49 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

10/03/2015

Chronique d'album: Rory Gallagher - Irish Tour 74'

 Irish Tour ’74 – Rory Gallagher

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Voilà un musicien extraordinaire.

Né en 1948 à Ballyshannon en Irlande, et décédé à 47 ans des suites de complications après une transplantation de foie, Rory Gallagher incarne, entre 1966 et 1995, un blues rock d’une rare énergie.

Très prolifique à la fin des années 1960 avec son groupe Taste, il se produit à travers le monde dans les années 1970 avec son Rory Gallagher Band, livrant dix albums, sur les 14 que comptent sa discographie (Capo Records, Diffusion BMG/RCA), dont deux albums live, le Live in Europe en mai 1972 et l’Irish Tour ‘74 en juillet 1974.

C’est sur ce dernier album que nous allons nous attarder.

Autour de l’IrishTour74 et des années 1973 et 1974

Avant de rentrer dans cet excellent live, il convient de s’intéresser un peu plus en détail au contexte de cette tournée et de l’enregistrement de l’album live.

Comme nous l’avons précisé un peu plus haut, Gallagher joue et tourne déjà depuis un peu moins de dix ans. Il a déjà une certaine renommée, notamment due à son passé dans le groupe Taste (à découvrir avec son album sorti en 1972 : Live at the Isle of Wight de 1970).

Tattoo6xi.jpgLes années 1973 et 1974 sont assez riches d’évènements pour Gallagher. Déjà, les concerts de l’Irish Tour démarre non pas en janvier 1974 mais dès le mois de décembre 1973. Cette année là, il enregistre son album Tatoo qui contient quelques uns de ses plus grands classiques, « Tatoo’d Laday », « Cradle Rock » et « A Million Miles Away », titres que l’on retrouvera l’année d’après dans ses tournées.

L’année 1973 est aussi l’année où il a l’occasion de revoir l’un de ses musiciens préférés, Jerry Lee Lewis, à l’occasion d’une tournée commune aux Etats-Unis, du côté de Los Angeles, sans doute en avril. Lors de ce concert auquel Rory avait été personnellement invité par l’artiste, la présence de John Lennon et de Yoko Ono perturbe le bon déroulement du live, et pousse Jerry Lee Lewis à arrêter son concert avant la fin, de colère. Il faudra compter sur l’entremise de Rory pour que Lennon et Lewis se réconcilie suite à ce qui fut considéré comme un malentendu (Lewis pensant que Lennon était venu pour lui voler la vedette et le critiquer, alors que ce dernier était venu pour voir celui qu’il considérait comme le roi du rock and roll). Cet événement est intéressant dans la mesure où il met en avant la gentillesse et l’humilité de Gallagher, ici pour régler des malentendus et soutenir des collègues et amis en galère).

A ce titre, il semble important de souligner que, quelque soit l’artiste qui ait pu croiser la route de Rory, qu’il soit anonyme ou mondialement connu, on retrouve ce même constat : Gallagher était un mec d’une rare simplicité, d’une gentillesse sans borne.

Bref.

Cette année 1973 se poursuit à travers une tournée aux Etats Unis, et quelques dates en Allemagne et en Angleterre.

dvd rory.jpgLa tournée en Irlande débute en décembre 1973 et a pour origine la réalisation d’un documentaire pour la télévision. Elle a lieu dans un pays coupé en deux et en proie à de fortes tensions. Indépendamment des prises de position politico-religieuse qui secouent le pays, Gallagher choisit de jouer à Dublin comme à Belfast, afin d’apaiser les tensions et d’offrir du plaisir aux oreilles de tous les Irlandais.

Les musiciens qui entourent Rory Gallagher dans cette tournée (et qui le suivent depuis quelques temps déjà, et pour quelques années encore) sont le batteur Rod de’Ath, le bassiste Gerry McAvoy et le claviériste Lou Martin.

Les morceaux choisis pendant la tournée varient d’une ville à l’autre. On peut tout de même noter la présence d’un « noyau dur » de morceaux présents sur quasiment tous les lieux où il a joué : « Cradle Rock », « Tatoo’d Lady », « Walk on Hot Coals », « In Your Town », « Too Much Alcool », « A Million Miles Away », « Messin With The Kids », « As The Crow Flies ».

La récente sortie (octobre 2014) d’un coffret spécial Irish Tour ’74 réunissant pas moins de sept CD nous offre l’ensemble des morceaux joués pendant cette tournée. On y repère des titres inédits, comme « Maritime » (en entier !), « I Want You », « Banker’s Blues » par exemple.

Le lecteur curieux et/ou renseigné aura sans doute remarqué que beaucoup de titres sont en fait des reprises ou des hommes de blues ou de rock des années 1950 à 1970, notamment des musiciens tels que Muddy Watters (« I Wonder Who »), J. B. Hutto (« Too Much Alcohol »), Tony Joe White (« As The Crow Flies ») et Rosco Gordon (« Just a Little Bit »).

En outre, la setlist présentée dans l’album live sorti en juillet 1974 comporte les titres suivants :

1. Cradle Rock

2. I Wonder Who

3. Tatto’d Lady

4. Too Much Alcohol

5. As the Crow Flies

6. A Million Miles Away

7. Walk on Hot Coals

8. Who’s That Coming ?

9. Stompin’ Ground (After Hours)

10. Just a Little Bit

L’ensemble des titres a été enregistré lors des concerts donnés à l’Ulster Hall de Belfast, au Carlton Cinema de Dublin, au City Hall de Cork grâce au studio mobile de Ronnie Lane du groupe Faces, ex-Small Faces. Deux morceaux de jam session (morceaux 9 et 10), effectués en studio, complètent l’album. Le film a été réalisé par Tony Palmer et fut diffusé en Irlande, en Grande-Bretagne et en Europe. Il a reçu un bon accueil et souligne l’enthousiasme suscité par le public irlandais. Certaines versions en CD remplacent « Just a Little Bit » par un extrait de « Maritime ».

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Cette année 1974 démarre donc sur les chapeaux de roues. Après sa tournée en Irlande, Rory Gallagher reste quelques jours à Cork avant de s’envoler pour sa tournée au Japon, où il reprendra l’essentiel des titres joués dans la tournée qu’il vient de conclure. Après la Japon, il poursuivra son tour du monde avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

C’est dans l’intervalle qui sépare l’Irish Tour ’74 à la Japan Tour que Gallagher se voit proposer de remplacer le guitariste des Rolling Stones, Mick Taylor. La presse l’annonce déjà comme le 5ème membre du groupe. Mais, on connaît bien les médiats et leur habitude de parler et de créer les évènements avant même qu’ils aient lieu. Gallagher refuse poliment la proposition, malgré un aller-retour express aux Pays Bas pour rencontrer Mike Jagger et surtout Keith Richards… qui s’avèrera « indisponible » au moment de l’entretien prévu entre 3 et 5 heures du matin (comprendre en fait qu’il était ivre mort et incapable de communiquer). Ne voulant pas décevoir ses fans Japonais, Rory quitte l’hôtel où logeaient les R. S. et s’envole au Japon. En réalité, Rory refuse de vendre son âme au profit d’une carrière musicale. Bill Wyman, guitariste et bassiste des R. S. à l’époque, dira de Rory qu’il est « le dernier gardien de la foi. »

De retour de ses tournées au Japon, en Australie et en Nouvelle-Zélande, Gallagher entame sa première tournée en France… tournée qui se révèle être un véritable fiasco car en mai 1974, la France est encore sous le choc de la mort de Pompidou et du changement du président de République. Les salles de concert sont à moitié pleines. Il finit l’année en tournant dans d’autres pays d’Europe, comme l’Allemagne ou la Belgique qu’il affectionne plus particulièrement.

En moyenne, Rory Gallagher effectuait entre 200 et 300 dates par an. Une telle passion et un tel dévouement méritent largement d’être souligné, d’autant qu’ils seront responsables d’un état de santé physique et psychologique déclinant, et du choix de ne pas fonder de famille.

Sources :

- COGHE Jean-Noël, Rory Gallagher, Le Castor Astral, 2010, pages 60 et suivantes.

- http://www.jerry-lee-lewis.com/forum/viewtopic.php?f=30&a...

- http://www.setlist.fm/setlists/rory-gallagher-3d6ad73.htm...

- www.wikipedia.fr

Impressions sur l’album live Irish Tour ‘74

Pour ce qui concerne les impressions de ce magistral live, je me suis basé sur la liste des morceaux sortis en juillet 1974, mentionnée un peu plus haut.

Cet album live commence par un « Hello, Ladies and Gentlemen… Rory Gallagher !! », annoncé au micro par le maître de salle… Et dans les secondes qui suivent, le riff d’intro de « Cradle Rock » est arraché des applaudissements. Le ton est donné. Ce live sera électrique.

Ce premier morceau est une ode au rock’n’roll. Les riffs sont énergiques et rapides. Rory montre ses talents de guitariste à travers les ponts et autres solos incisifs. La basse de MacAvoy et la batterie de De’Ath apportent une rythmique soutenue au morceau. Et rapidement, l’oreille perçoit le soutien de Lou Martin au clavier. Le tout exprime clairement ce que sera ce live : du rock, de l’énergie, des riffs et de solos endiablés, ponctués de quelques trémolos bien sentis. Et cette voix de Rory, inimitable, qui donne son identité à ces musiques.

C’est d’ailleurs cette voix qui annonce à la fin du morceau les autres membres du groupe.

Ça y est, c’est parti.

Le second morceau démarre là aussi avec un petit riff, plus aigu, plus raffiné. On sent bien la Fender et les harmoniques « faits mains » dont Rory a le secret. C’est « I Wonder Who ». Après une intro ‘bluesy’ d’une bonne minute 50, la rythmique démarre au son de la basse qui donne la mesure blues-rock du morceau. Celui-ci est une de ces réinterprétations de Muddy Watters qui dépassent l’original. Rory et son band nous livrent ici une chanson d’une précision monstre, rythmée et entrecoupée comme il se doit pour qu’on ne s’ennuie pas. On notera d’ailleurs le petit solo de Lou Martin, vers 5min30, qui permet de souffler avant de repartir pour un duel « voix-guitare » de Gallagher, qui ne laisse pas insensible.

A la fin du morceau, après presque 8 minutes, on en redemande encore.

Et c’est par « Tatoo’d Lady » qu’on est gratifié. Morceau plus classique pour quiconque connaît la discographie de Gallagher, il n’en demeure pas moins un nouveau morceau découvert l’année précédente avec l’album Tattoo. Ce titre est classique parce qu’il condense ce qui fait la magie de ce live : une voix blues, des riffs simples et efficaces, des solos au clavier qui leurs font échos, et un rythme entraînant. Si on devait trouver une autre raison à la présence de ce morceau que celle du plaisir de l’écoute, ce serait sans doute pour emporter les quelques rares auditeurs qui n’étaient pas encore rentrés dans la vague d’énergie apportée par ces quatre musiciens.

Le quatrième titre est l’excellent « Too Much Alcohol ». Un de mes morceaux préférés. Simple et sans surprise d’apparence, il se révèle être une ode à la bonne beuverie. Il est vrai qu’on n’avait pas encore mentionné le fond des musiques de Gallagher, les thèmes abordés par les paroles. Il est indéniable qu’on n’a pas à faire à des chansons « à texte ». On est dans les années 1970 face à un blues-rocker qui hérite du blues-rock des décennies antérieures. Alors quoi ? Et bien, c’est le blues de l’homme blanc : de l’alcool, des déceptions amoureuses et le quotidien. Reprise directe de J. B. Hutto, « Too Much Alcohol » est une chanson qui prendre le thème de la surconsommation d’alcool assumée, où le but est de monter en « pourcentage », jusqu’à atteindre le fatidique 100% de taux d’alcoolémie. Repris en chœur avec la foule, ce morceau monte en puissance, à mesure que Rory crie « Pick up ! Pick up ! A jug of alcohol ! », et compte 90%, 95%, 96%, 97%, etc. Du pur plaisir. Le seul regret, c’est de ne pas avoir pu vivre ce live et compter avec le reste du public qui, à l’image de la dernière phrase du morceau, « won’t feel no pain at all. »

Après autant d’émotions et d’énergie dépensées, Rory Gallagher pose la guitare électrique et prend sa guitare acoustique et son harmonica pour nous livrer un « As The Crow Flies » acoustique en solo, tout en blues. Un régal.

Le sixième morceau n’est autre que « A Millions Miles Away ». Création originale de Rory Gallagher, ce morceau est une pépite d’une rare profondeur. Je pourrais en parler pendant des heures de ce morceau. De la ligne de basse qui est fantastique. Des solos guitares tantôt incisifs, tantôt envoûtants. De Lou Martin qui nous bouleverse tout au long de ces vagues de sons sur lesquelles nous errons, secoués, ballotés, à la dérive. Si nous disions précédemment que l’écriture de Gallagher manquait parfois de profondeur, c’était sans compter l’ambiance extraordinaire de la musique qui englobe les paroles de toutes les chansons, mais aussi et surtout de ce titre précis qui offre d’une façon toute poétique le thème de la solitude qui minait en profondeur l’esprit de Rory. A mes yeux, cette version live pulvérise intégralement la version studio, qui semble bien fade après cette prouesse.


« A Millions Miles Away » - Extrait du DVD

Le septième morceau, « Walk on Hot Coals », est là pour ramener le radeau du public qui s’était laissé emporter par le vent du précédent morceau. Retour de l’énergie, retour des riffs percutants et rapides. C’est aussi le morceau sur lequel Rory nous prouve, s’il le fallait encore, toute sa maîtrise technique de la guitare, notamment par l’utilisation du potentiomètre de volume sonore de sa Stratocaster (légèrement modifiée il est vrai). A partir de la cinquième minute de cette longue musique, jouant avec les harmoniques et la montée progressive du son, il génère des phrases poignantes qui, en douceur, tranquillement, montent en crescendo. Un vrai délice.

En ayant encore sous la caboche, Rory Gallagher entame paisiblement « Who’s That Coming ». Morceau d’anthologie où il montre cette fois-ci sa maîtrise du bottleneck, et où il laisse s’exprimer les autres membres du groupe. A la fin de ce long moment, on entend le public chanter « Nice one Rory, nice one son, let’s have another one ». Le live aurait pu s’arrêter là. D’ailleurs, il s’arrête d’une certaine façon avec cette chanson.

Mais, l’album contient deux autres chansons, « Back on My Stompin’ Ground (After Hours) » et « Just a Little Bit » enregistrées en studio. Des morceaux de grande qualité mais… qui n’offrent pas le charme du live précédent. J’avoue en tout cas une préférence pour « Just a Little Bit. »

Au terme de l’écoute de ce live, force est de reconnaître tout le génie et la créativité de Rory Gallagher. L’Irish Tour ’74 est un grand classique du blues-rock des années 1970. Pour ceux qui ont eu la chance de voir le documentaire, ou de voir des morceaux live sur Youtube, vous avez pu noter le dévouement que porte Rory tout au long de sa prestation. Les yeux fermés presque tout le temps, à 200% dans sa musique, son look de bucheron, sa générosité et son humilité reconnues, il ressemblerait presque à un Jésus du blues-rock.

Un très grand artiste.

Aristide / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

07/03/2015

7 films à voir ou à revoir sur le thème du Rock

Genre musical apparu aux Etats-Unis dans les années 50, le rock n'roll a très rapidement essaimé un nombre de sous-cultures impressionnantes. Avec bonheur, le cinéma indépendant s'est emparé de quelques-uns de ces thèmes pour livrer de magnifiques et électriques pépites.

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ABSOLUTE BEGINNERS

Film anglais de Julien Temple (1985)

Londres, en 1958, voit éclore une nouvelle jeunesse bercée par les rythmes électriques du rock n'roll tandis que des tensions raciales entre autochtones et la communauté noire secouent les quartiers populaires. Dans ce contexte, un jeune photographe, Colin, tombe amoureux de Crepe Suzette, dessinatrice de mode, dont la seule obsession est sa carrière. C'est d'ailleurs un grand couturier qu'elle choisira d'épouser. Colin, lui, est bientôt engagé par Vendice Partners, remarquablement interprété par David Bowie. Autour de ce trio, les violences racistes redoublent...

Si le début de l'œuvre peut paraître laborieuse et constituer un fade clip musical, tout bascule lorsque les amourettes cèdent leur place à l'évocation de la société multiraciste anglaise, sur fond de morceaux de rock, de Teddies et de Vespa.

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CONTROL

Film anglais d'Anton Corbijn (2007)

Ian Curtis grandit dans une banlieue grise de Manchester. Pour affronter l'ennui que lui procure son poste à l'agence pour l'emploi locale, il fonde le futur mythique groupe Joy Division. Son ascension ne le préserve nullement d'un profond tiraillement entre sa vie de famille, l'amour qu'il ressent pour une jeune journaliste belge, et sa célébrité naissante. Incapable de faire face à ses tourments, de plus en plus rongé par l'épilepsie, Ian choisit de se suicider le 18 mai 1980, alors que le groupe s'apprêtait à s'envoler pour les Etats-Unis afin d'y mener une tournée qui s'annonçait triomphale. Il n'avait que 23 ans...

Sublimé par une puissante pellicule en noir et blanc, Anton Corbijn livre ici une formidable biographie  d'une icône de la génération Thatcher, morte sans savoir que Joy Division allait modeler à jamais le romantisme du rock.

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9 SONGS

Film anglais de Michael Winterbottom (2005)

Automne 2003 dans la capitale anglaise, Lisa, jeune étudiante américaine, se rend au concert du groupe Black Rebel Motorcycle Club à la Brixton Academy. A la rencontre de Matt, c'est le coup de foudre immédiat. S'amorce alors une relation passionnée et torride qui durera une année et demi...

Curieux moyen-métrage de 69 minutes dressant le tableau d'une relation amoureuse sulfureuse dans lequel les scènes pornographiques alternent avec des images inédites de concert de Primal Scream, Franz Ferdinand, Von Bondies, Dandy Warhols et autres ténors de la scène rock.

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PINK FLOYD, THE WALL

Film anglo-américain d'Alan Parker (1982)

Pink est une star de rock à la personnalité tourmentée. Enfermé dans une chambre d'hôtel, il voit défiler ses souvenirs de gloire et se fabrique un mur protecteur derrière lequel il pense pouvoir se protéger des anciennes brimades de ses professeurs, de la disparition de son père, de sa mère castratrice et de sa femme qui le quitte pour un autre homme. Mais Pink étouffe bientôt de sa solitude et sombre, aidé par une puissante consommation de drogue, aux portes de la folie...

Construit sur un rythme rapide et ne comportant presque aucun dialogue, cette œuvre mythique s'appuie sur le double album du groupe et offre une critique acerbe de l'univers uniformisateur de l'école et de l'attitude fanatique des foules. De nombreuses références à l'esthétisme fasciste émaillent le film.

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QUADROPHENIA

Film anglais de Franc Roddam (1979)

Jimmy est un mod londonien, en révolte ouverte contre la société thatchérienne. Jimmy exècre par dessus tout les rockers, ennemis héréditaires des mods, et fait régulièrement le coup de poing. Mais Jimmy se brouille progressivement avec tous ses amis. Quant à la fille dont il était tombé amoureux, elle s'envole dans les bras d'un autre. Brighton, célèbre pour ses bagarres entre mods et rockers, l'appelle bientôt de manière irrésistible. Il y fait la rencontre de son idole, L'As, merveilleusement interprété par Sting, dont la rencontre l'avait subjugué. Brillamment looké et charismatique, L'As officie en tant que groom dans un hôtel. Déçu par la profession servile de son héros, Jimmy décide de lui voler son scooter...

Inspiré de l'opéra-rock des Who, Quadrophenia demeure un film mythique de la culture skinhead. Rock, sexe, drogue et bagarres entre mods et rockers, une formidable plongée dans les tribus urbaines de l'Angleterre des 60'.

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RUDE BOY

Film anglais de Jack Hazan et David Mingay (1980)

Ray Gange est un fan inconditionnel du groupe punk The Clash. Agressif et turbulent, Ray quitte son emploi dans un sex-shop de Soho et est engagé par son groupe favori comme roadie lors d'une tournée qu'effectue le groupe en 1978...

Film à forte composante documentaire, Rude boy reprend en grande partie les premiers succès du groupe en live, de "I fought the Law" à "London's Burning" enpassant par "White Riot". Le film présente également des scènes tournées lors du concert Rock against Racism de Victoria Park.

 

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24 HOUR PARTY PEOPLE

Film anglais de Michael Winterbottom (2001)

4 juin 1976 à Manchester, les Sex Pistols ne connaissent pas encore la gloire et se produisent dans une salle sordide désertée par le public. Parmi les rares spectateurs, Tony Wilson, présentateur d'une émission musicale à la télévision. Flairant l'émergence d'une révolution musicale, il fonde avec quelques amis le label Factory Records. Un label indépendant qui va lancer sur scène des groupes que le monde entier va bientôt écouter. La folie du "Mad Chester" est née...

Reprenant un titre des Happy Mondays, 24 Hour Party People retrace l'ensemble de la scène rock mancunienne de 1977 à 1997. Joy Division, New Order, Happy Mondays... un film absolument mythique!

Virgile / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source

05/03/2015

Chronique de série : Steins;Gate

 Chronique : Steins;Gate

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Populaire au Japon, le roman interactif (ou Visual Novel) est peu connu en France. On pourrait le définir comme un hybride entre le livre (audio), la bande dessinée et le jeu vidéo*. La principale action est de défiler le texte pour avancer l’histoire, mais des interactions ponctuelles peuvent faire évoluer le scénario dans un sens ou dans un autre. Certaines de ces étrangetés deviennent tellement populaires qu'ils se dérivent sous plusieurs formes (mangas, séries, films, théâtre, …) et s'exportent du pays du soleil levant. Steins;Gate appartient à cette catégorie et nous allons parler de la série animée suivant la « Vraie fin » du jeu (qui en compte 6 au total). Elle rencontra le succès et des critiques très (très) positives depuis sa sortie, en 2011, qui la place souvent à la tête des meilleurs feuilletons japonais jamais créés.**

L’histoire se déroule dans le quartier otaku*** de Tokyo en 2010. Elle se centre sur Okabe Rintaro, un étudiant excentrique, s’autoproclamant être un scientifique fou du nom d’Hououin Kyouma (littéralement phœnix du temple - Vérité maléfique) qui combat l’ «Organisation». Lui et ses amis vont être amenés à travailler sur un micro-onde pouvant altérer l’espace-temps. Sans être découverts, ils doivent faire marcher la machine afin de contrer les plans d’une énigmatique entité.

Le but d’un bon récit est de parvenir à acquérir l’implication du spectateur. Pour y parvenir il faut un monde peuplé de personnages donnant envie de s’y immerger. Steins;Gate opte pour la proximité avec le public en choisissant la culture populaire d’internet et les gens qui la consomment. Les protagonistes sont donc tous des produits du XXIe siècle, en plus loufoques. Okabe en est un bon exemple ainsi que ses amis comme Daru le « nerd » pervers ou Mayuri la confectionneuse de « cosplays ». Je vous rassure même s’ils semblent tous caricaturaux au premier abord, ils se révèlent tous profonds par la suite. Cependant, la série ne s’ancre pas seulement dans le quotidien, elle s’y échappe. L’exotisme, vecteur de fascination, provient ici du thème du voyage dans le temps qui anime et guide la narration. Si celui-ci a été maintes fois traité, il apporte céans son lot d’idées personnelles qui construisent intelligemment l’intrigue. En outre, l’œuvre laisse une grande place au mystère, lequel incite à aller plus loin. Nous sommes par conséquent, dans un cadre à la fois étranger et familier (entrevu dès le premier épisode).

On pourrait diviser la série en deux. La première partie met plus l’accent sur le côté comédie grâce à l’absurdité des situations et des dialogues. De nombreux d’éléments superficiels au premier coup d’œil la ponctue, ils auront leur importance plus tard. Une mise en tension progressive se dessine au fur et à mesure des épisodes jusqu’à une rupture scénaristique. Après celle-ci, nous basculons dans une deuxième partie beaucoup plus dramatique, sérieuse et sombre. Ce déroulement donne beaucoup de sens à l’ensemble. Persévérez donc si le début vous rebute.

Toute bonne création est révélatrice sur son époque et approfondit notre compréhension du monde. Que l’on vous rassure, Steins;Gate n’est pas du vide calibré exclusivement pour divertir, une piqûre de rappel sur la dégénérescence du festivus festivus contemporain. Si le feuilleton s’échappe du réel, c’est seulement afin de mieux nous éclairer sur celui-ci. Il retranscrit de façon saisissante le rapport de la post-modernité au réel et au temps. Il aborde (plus ou moins directement) également de nombreuses questions existentielles intemporelles à travers la nécrose (méta)physique du héros. Là où Steins;Gate impressionne, c’est qu’il ne sacrifie aucunement l’histoire en faisant cela.

Le studio White Fox, qui a réalisé l’adaptation du « Visual Novel », a réussi un tour de force. Il a raccourci habilement 25 heures de lectures**** en 24 épisodes de 22 minutes sans en trahir l’essence. Néanmoins, dans la seconde de partie certains passages auraient mérité d’être plus développés afin de renforcer leurs impacts. Semblablement certaines scènes absentes auraient donné plus de profondeur et de noirceur à la série. Je pense notamment à une séquence particulièrement malsaine, uniquement présente dans le roman interactif. Je ne blâme pas la production pour cela, elle a jonglé avec les contraintes, toutefois des épisodes plus longs ou supplémentaires auraient été la bienvenue tout simplement. Au-delà de cela, il est judicieux d’éviter la comparaison avec le médium d’origine parce qu’ils ont tous les deux leurs limites respectives.***** La partie graphique de l’animé quant à elle tient la route, se voulant très propre. On voit parfois que des astuces de mise en scène ont été utilisées pour ne pas faire exploser le budget, mais elles savent rester discrètes. Pour finir, la bande originale contient des morceaux adaptés aux différentes situations et le thème musical « Gate of Steiner » mérite une écoute.

En guise de conclusion, je crois que ce qui a fait le succès de Steins;Gate est que derrière sa complexité apparente, se cache une histoire simple et sensée. Certains feraient bien d’en prendre de la graine au lieu de proposer des mauvaises productions, juste efficaces dans leur rôle de savon psychique.

PS : L’épisode spécial et le film qui sont respectivement l’épilogue et la suite de la série (du roman interactif aussi) valent le coup d’œil.

* : Pour les connaisseurs, on pourrait l’apparenter aux « livres dont vous êtes le héros »

** : Le Visual Novel (que l’auteur de ses lignes préfère à l’animé) n’existe qu’en anglais dans nos contrées, il aurait été inutile de le chroniquer.

*** : Otaku est un terme désignant une personne qui consacre une certaine partie de son temps à une activité d'intérieur comme les mangas, anime, les idoles japonaises, ou encore les jeux vidéo liés à la culture japonaise. (Source : wikipédia)

**** : si on ne compte que la Vraie fin.

***** : Par exemple, vous ne pouvez pas dans une série faire des choix et voir leurs conséquences, de même que vivre l’histoire à travers les yeux du héros, ni trop rentrer dans les détails, etc.

Valentin/C.N.C.

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24/02/2015

Nouvel album d'Evil "Ashes of Old" bientôt disponible!

11:00 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

23/02/2015

Chronique de livre: Saint-Loup "Götterdämmerung"

Saint-Loup « Götterdämmerung ; Rencontre avec la bête »

(Art et Histoire d’Europe, 1986 – Réédition l’Homme Libre, 2012)

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Il y a des livres parfois bien oubliés et qui méritent justement de ne pas l’être ; Götterdämmerung  est de ceux-là. C’est un témoignage capital sur la Seconde guerre mondiale et l’un des meilleurs ouvrages de Saint-Loup selon moi (deux de ses autres ouvrages sont recensés ici et ici). Ecrit en 1947 alors que l’auteur était en exil en Argentine -car condamné à mort par contumace en France-, ce livre fut publié en allemand peu après mais subit rapidement les foudres de la censure de l’Allemagne nouvellement « libérée ». Il fallut étrangement attendre les années 1980 pour l'édition française.

Götterdämmerung présente le témoignage autobiographique de l’écrivain maudit Marc Augier dit Saint-Loup (1906-1990) sur les années charnières 1944-1945 qu’il passa en Allemagne puis en Italie. Bien des aspects méconnus de la guerre derrière la ligne de front en Allemagne sont ici mis en lumière : la vie à Berlin, certains des mystères de « l’Ordre Noir », l’exil du gouvernement français à Sigmaringen, les derniers jours de l’Italie fasciste… Nous suivons ici le parcours atypique de Saint-Loup dans les derniers mois de cette guerre qui allait finir de mettre à genoux une Europe déjà bien affaiblie par les boucheries et les haines tenaces dues à la guerre 1914-1918… De nombreux faits et anecdotes ponctuent ce récit haletant où l’on croise nombre de grands noms : Céline, Rebatet, Mordrel, Déat, Krukenberg…

Saint-Loup a divisé son livre en cinq parties chronologiques qui reprennent les étapes de sa vie personnelle durant ces deux années. On le suit en premier lieu en 1944 à Berlin au milieu des bombardements alliés qui affectent profondément la capitale du Reich et sa population qui résiste héroïquement aux difficultés de la vie quotidienne par tous les moyens possibles (notamment le marché noir). Dans un second temps, on le retrouve en séjour au « monastère des hommes noirs » d’Hildesheim. Saint-Loup put pénétrer ce lieu très secret en vertu de son poste de rédacteur en chef du bulletin Devenir, organe de la Division SS Charlemagne. Il ne cache pas à quel point cette expérience fut formatrice pour lui car, dans ce monastère, il fit partie d’un centre de recherches pour la formation d’un gouvernement européen en cas de victoire du Reich. « Je n’ai rien oublié depuis Hildesheim » écrit-il… Livrant des informations rares sur cet Ordre Noir sur lequel on a écrit tant de sottises, il souligne par exemple à quel point les relations étaient tendues dans le NSDAP entre les pangermanistes purs et durs et les partisans d’une nouvelle Europe, majoritaires dans la SS (cette opposition et les tensions qu'elle a généré durant la guerre entre les acteurs tant politiques que militaires de l'Allemagne nationale-socialiste permet de comprendre bien des choses...). Ce chapitre est également l’occasion pour Saint-Loup de parler du fameux Hauptsturmführer Le Fauconnier (personnage clé de plusieurs de ses romans) qui assiste à la réduction en cendres de la ville médiévale d’Hildesheim sous les bombes au phosphore américaines… L’auteur, et c’est la matière du troisième chapitre, arrive ensuite à Sigmaringen où il retrouve tout le petit monde de la collaboration française rassemblé autour du « vieux maréchal »… Les deux derniers chapitres narrent quant à eux la fuite de Saint-Loup et de quelques camarades en Italie en 1945 alors que la défaite totale de l’Axe n’est plus qu’une question de temps. Il s’agit ici de passer incognito, de ne pas être débusqué comme « fasciste » ou « nazi » par les résistants italiens qui prennent part eux aussi à « la plus formidable persécution que le monde ait jamais connue ». Ce sont les derniers jours de Mussolini. L’ambiance est électrique et impitoyable. C’est la « rencontre avec la bête » de laquelle Marc Augier sortira sain et sauf mais qui l’obligera, comme tant de ceux qui avaient choisi le même camp que lui, à s’exiler...

Götterdämmerung est un ouvrage qui mérite d’être lu par tous ceux qui s’intéressent à la Seconde guerre mondiale et qui désirent découvrir le point de vue de l’un de nos plus grands écrivains. Cette lecture essentielle pourra également s’accompagner par deux autres témoignages qu’il écrivit sur cette période : J’ai vu l’Allemagne et les Partisans.

Rüdiger / C.N.C.

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