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16/05/2015

7 films à voir ou à revoir sur le Cinéma

Communément appelé 7ème art, le cinéma apparaît à la toute fin du 19ème siècle lorsque les frères Lumière mettent au point une machine permettant l'enregistrement d'images photographiques en mouvement, en vue d'être projetées en public. Très rapidement, le cinématographe va se muer en une véritable industrie en France et dans l'ensemble des pays industrialisés. L'essor de l'art filmé muet connaît une ascension prodigieuse et les améliorations techniques se succèdent à une vitesse folle, notamment sous l'impulsion du réalisateur américain David Wark Griffith, père du chef-d'œuvre Naissance d'une nation. La couleur et la bande sonore apparaissent quelques décennies plus tard. Que de chemin parcouru en un peu plus d'un siècle quand on songe aux effets spéciaux permettant aujourd'hui toutes les audaces. Les plus curieux ou les plus nostalgiques de cette période mal connue de l'essor du cinéma se délecteront de la lecture de l'Histoire du cinéma de Maurice Bardèche et Robert Brasillach. Corporatisme oblige, plusieurs réalisateurs se sont bien évidemment essayés, et de la plus belle manière, au cinéma sur le cinéma.

 

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BOULEVARD DU CREPUSCULE

Titre original : Sunset Boulevard

Film américain de Billy Wilder (1950)

Le cadavre d'un homme assassiné flotte dans une piscine. Flashback... Ancienne gloire du cinéma muet, Norma Desmond mène une existence recluse dans sa villa de Beverly Hills en compagnie de Max, qui fut aussi son metteur en scène et mari. Un scénariste criblé de dettes, Joe Gillis, pénètre dans la luxueuse propriété de la star après une course-poursuite et se voit proposé par celle-ci l'écriture du scénario du film Salomé, qui inaugurera son grand retour à l'écran. Joe accepte de se mettre à la tâche et s'installe dans la propriété, autant séduit qu'effrayé des caprices et extravagances de l'ancienne star. Tandis que Norma, en proie à de sombres délires paranoïaques débarque au beau milieu des studios d'Hollywood pour convaincre Cecil B. De Mille d'en faire de nouveau son égérie, Joe commence à prendre ses distances avec la diva déchue et annonce à Norma son intention de la quitter...

Fascinante que cette réalisation narrant les amours contrariées d'un gigolo raté et d'une star défaite ! Art cruel que le cinéma qui fait passer de l'éclat des tapis rouges à l'oubli à la vitesse de l'éclair. La réalisation de Wilders fait preuve d'une audace incroyable accompagnée d'une insolente liberté de ton peu commune au sortir de la Seconde Guerre mondiale. A travers le portrait de Norma, c'est l'irrésistible pouvoir d'attraction de l'univers hollywoodien, autant que sa décadence, qui favorisent le regard acerbe du réalisateur sur un art qui, tel un monstre, échappe parfois à ses maîtres. A voir impérativement !

 

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CINEMA PARADISO

Titre original : Nuovo cinema paradiso

Film italo-français de Giuseppe Tornatore (1988)

Rome à la fin de la décennie 1980. Le célèbre cinéaste Salvatore Di Vitta apprend au téléphone la mort de son vieil ami Alfredo. Avec le souvenir de son cher ami disparu, c'est l'évocation de toute son enfance, quarante années plus tôt, qui resurgit. Son village natal lové dans un petit coin de Sicile, à une époque où Salvatore était surnommé Toto et partageait son temps entre sa qualité d'enfant de chœur à l'office et la cabine de projection de la salle de cinéma paroissiale, en attendant le retour de son père parti combattre dans les steppes russes. C'est son ami défunt, le bourru Alfredo, qui régnait en maître sur les projections, censurant les œuvres et tentant de préserver l'enfant de l'impudeur de cet art diabolique. Mais rien n'y fait et ce sera bientôt à Toto d'assurer la rôle de projectionniste après que l'incendie du cinéma fasse perdre la vue à Alfredo...

Tornatore livre ici une tendre et nostalgique évocation des vieilles salles de cinéma ; à une époque ou celles-ci n'étaient pas climatisées ni se semblaient perdues dans l'immensité de parkings de centres commerciaux. Si le film n'est parfois pas exempt d'une certaine mièvrerie, Tornatore rend hommage à un monde rural mourant et son organisation sociale que l'on souhaiterait voir demeurer immuable. L'auteur nous invite ici à une certaine forme de résistance contre la modernité. Qui aime le cinéma ne manquera pas de s'incarner dans la figure de Toto.

 

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LE FANTOME D'HENRI LANGLOIS

Documentaire français de Jacques Richard (2004)

Né en 1914, Henri Langlois est aujourd'hui un nom totalement méconnu pour qui n'est pas un cinéphile averti. Et pourtant, pionnier de la conservation et de la restauration des œuvres cinématographiques, Langlois compte parmi les fondateurs de la Cinémathèque française en 1936. " Moi, je suis la brebis galeuse de la famille. J'aimais trop le cinéma. ", se plaisait-il à dire de lui. Aussi, est-ce grâce à cette brebis qu'il nous est encore permis d'admirer le cinéma du premiers tiers du 20ème siècle. En 1968, André Malraux, Ministre de la culture, entreprend de destituer Langlois, taxé de manque de rigueur, de la direction de la Cinémathèque, provoquant un formidable tollé dans le microcosme du 7ème art...

Certes un peu élitiste et réservé aux passionnés de cinéma, le documentaire de Jacques Richard s'appuie sur une solide base de témoignages d'amis et collègues, extraits de films et documents filmés pour rendre hommage à la personnalité de Langlois. L'évocation de Langlois par sa compagne Mary Meerson apparaît, en revanche, comme trop longue et de moindre intérêt. Un portrait néanmoins souvent drôle et parfois émouvant.

 

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GLORY TO THE FILMMAKER !

Titre original : Kantoku Banzai !

Film japonais de Takeshi Kitano (2007)

Un mannequin grandeur nature en plastique est l'objet d'examens sophistiqués. Il est le miroir expiatoire et schizophrène de Takeshi Kitano. Réaliser le film ultime qui ravira tous les cinéphiles du monde entier ! Tel est l'objectif du réalisateur Kitano. Campé dans son propre rôle et trimbalant partout son double plastifié, il entrevoit tous les genres possibles pour conduire son projet au mieux afin de redonner un second souffle à sa carrière usée. Mais ses plans sont contrariés par une interminable succession d'évènements imprévisibles prêts à changer la face du monde. Désormais, pour Kitano, il s'agit non seulement de terminer son œuvre mais également de sauver l'ensemble de l'humanité...

Comment mieux concir et critiquer ce long-métrage plus proche de l'œuvre expérimentale que de la fiction ? Kitano, reconnu comme un cinéaste majeur, surprend avec ce regard humoristique sur sa carrière et le cinéma nippon. Si certaines séquences tiennent tout simplement du génie, la réalisation peut apparaître à de nombreuses reprises loufoque, pour ne pas dire brouillonne. Originale en tout cas. De même, il se peut que les subtilités de l'humour japonais échappent au spectateur occidental. Kitano prend le pari insensé de mélanger dans un même film des genres aussi divers que le mélodrame, le film d'horreur et de science-fiction tout en reprenant les marqueurs identitaires du cinéma nippon, film yakuza, samouraï et théâtre nô. On objectera néanmoins qu'à la différence de Quentin Tarantino, Kitano, lui, a décidé de ne pas se prendre au sérieux...

 

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GOOD MORNING BABYLONE

Titre original : Good morning Babilonia

Film italien de Paolo et Vittorio Taviani (1987)

La Toscane en 1913. Pour Nicola et Andrea Bonano, c'est décidé ! C'est de l'autre côté de l'Atlantique qu'ils iront chercher fortune pour sauver la vieille entreprise familiale. Mais la harassante succession des métiers saisonniers renforcent leurs désillusions jusqu'à ce jour de 1914 où le hasard les mène en Californie. C'est là que le réalisateur David Wark Griffith engage deux maîtres-maçons italiens pour la réalisation des décors de son prochain tournage, Intolérance. Déterminés à ne pas laisser passer cette occasion inespérée, les deux frères usurpent la place des artisans. La supercherie découverte, ils sont bientôt renvoyés avant de croiser la route de deux figurantes, Edna et Mabel, qui poussent les jeunes hommes à réaliser une monumentale sculpture en carton-pâte d'un éléphant. Griffith, impressionné par le réalisme de ce décor moins coûteux que la pierre, réembauche les jeunes émigrés. La fin du rêve américain semble s'éloigner, pensent-ils...

Les frères Taviani se montrèrent de longs mois durant réticents à l'idée d'entreprendre la réalisation de cette brillante œuvre. Qu'il eût été dommage que le soin en soit laissé à d'autres tant ils livrent une splendide chronique de l'Amérique du début du 20ème siècle. Mêlant habilement la fiction à la réalité et au monde du cinéma par le truchement du tournage de l'un des chefs-d'œuvre de Griffith, père de la naissance d'une nation cinématographique, un film mené de mains de maîtres entre rire, lyrisme onirique et émotion. Une ode à la beauté du cinéma. 

 

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LA NUIT AMERICAINE

Film français de François Truffaut (1973)

A Nice, aux studios de la Victorine, Ferrand, réalisateur modeste mais reconnu, s'affaire à la réalisation de son nouveau mélodrame. Alphonse, jeune acteur immature, entame une aventure avec la star du film, Julie Baker, après avoir rompu avec sa petite amie Liliane, stagiaire-script. Le tournage est bientôt ralenti par la dépression de Julie. Sur le même plateau, deux anciennes gloires, Alexandre, ayant sombré dans l'alcoolisme et Séverine se retrouvent avec émotion. Curieux quatuor qui crée bien des soucis à Ferrand. Alexandre meurt bientôt tragiquement dans un accident automobile. Le scénario est contraint d'être modifié...

Le synopsis peut apparaître bien brouillon au regard de ce fatras d'acteurs capricieux et décadents. La raison en est que c'est justement le cinéma qui constitue le véritable personnage principal de ce film au sein d'un film. Truffaut livre ici un regard passionné et ne manquant pas d'acerbité sur les métiers de réalisateur et d'acteur dont il campe magnifiquement les portraits psychologiques. On ne sait d'ailleurs plus très bien où se situe la frontière entre la fiction et le documentaire sur le tournage d'un long-métrage. Une brillante réalisation qui doit ne pas se réserver qu'aux cinéphiles avertis.

 

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LA PRISON

Titre original : Fängelse

Film suédois d'Ingmar Bergman (1948)

" Notre monde est l'enfer et le diable dirige tout ". Paul est un ancien professeur de mathématiques récemment sorti d'un asile d'aliénés. Il pénètre dans un studio de cinéma et suggère à Martin, jeune réalisateur autrefois son élève, de réaliser un film sur l'enfer. Non l'Enfer tel que décrit dans la Bible mais l'enfer du quotidien. Martin est enchanté de l'idée et se met immédiatement à la rédaction du scénario. Brigitte-Caroline est bientôt pressentie pour tenir le rôle. De son côté, Thomas, ami de Martin, est un homme faible, porté sur la bouteille et dépressif chronique, malgré qu'il soit comblé d'un heureux mariage avec sa charmante femme. Après une tentative de suicide ratée, Thomas tombe amoureux de Brigitte-Caroline que son ami, Peter, contraint à se prostituer...

Autant un film métaphysique qu'une œuvre portant sur le cinéma, la réalisation de Bergman interroge sur une définition séculière de l'enfer. Un enfer, possiblement présent dans l'au-delà mais inévitablement tangible dans la vie quotidienne. Sixième long-métrage du réalisateur, La Prison confirme les thèmes de prédilection du cinéma bergmanien : le couple face à la solitude, la dureté de la vie, la mort. Un brillant film noir et désespéré qui impose Bergman parmi les maîtres du 7ème art.

Virgile / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source

 

14/05/2015

Chronique de livre: Charles Robin "La gauche du capital"

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Charles Robin, La gauche du capital, libéralisme culturel et idéologie du marché

Krisis, 2014

Dernièrement, on a beaucoup entendu parler de Charles Robin dans nos sphères, que ce soit dans Eléments ou lors de la récente et passionnante émission de Méridien Zéro (émission 214 du 26 décembre 2014 ; voir ici) qui était consacrée au présent essai et m’a convaincu de l’acheter et de le lire. Charles Robin est un jeune enseignant de l’Université Paul Valéry de Montpellier dont les travaux s’inspirent et complètent ceux de Jean-Claude Michéa sur le libéralisme en tant que « double pensée ». L’auteur démontre dans La gauche du capital que le libéralisme est loin de n’être qu’un projet économique mais constitue, au contraire, un « programme philosophique global », ce qui n’est jamais mentionné par l’extrême-gauche qui, par ses positionnements idéologiques, se fait le complice numéro un de la domination capitaliste qu’elle pense combattre.

Pour comprendre le libéralisme et son emprise sur nos sociétés, l’auteur nous convie à décortiquer ses origines philosophiques qui sont avant tout politiques et s’enracinent dans les Lumières du XVIIIème siècle. Les idées d’alors font de plus en plus de place à l’individu et à ses aspirations personnelles (dont le bonheur et la liberté). L’homme doit devenir libre de vivre selon ses valeurs et ses conceptions du vrai, du beau, du bien sans devoir rendre de compte à l’Etat sur ses choix de vie. L’Etat n’a plus à montrer l’exemple ni à imposer ses normes, il doit respecter les conceptions de tous les individus. Il devient « axiologiquement neutre ». S’il s’avise de vouloir décider à la place de son sujet, il nie celui-ci et porte atteinte à sa liberté, qui est fondamentale et lui sert à s’affranchir de toute dépendance et de « l’état de tutelle » pour reprendre Kant. On le constate ici : la philosophie libérale place la liberté individuelle au-dessus de toutes les formes de conventions sociales, de toutes les formes de « grands signifiants » (morale, religion, identité, valeurs…). De cette liberté personnelle et politique découle logiquement la liberté économique, bien souvent considérée à tort comme le seul apanage du capitalisme…  La philosophie libérale du XVIIIème siècle considère logiquement l’intérêt individuel comme clé de voute de son système de valeurs. Chaque homme est, selon elle, foncièrement égoïste et recherche son intérêt et la satisfaction de ses désirs avant tout. Cela ne devrait pas vraiment faciliter les choses de base mais, miracle !, les libéraux, à l’instar d’Adam Smith ou plus tard de John Stuart Mill, estiment que la recherche par chacun de son intérêt particulier concourt à l’intérêt général et donc au bonheur du plus grand nombre ! Il est donc évident pour ce courant de pensée d’avoir le marché le plus ouvert possible car chacun pourra y poursuivre son intérêt propre et satisfaire ses désirs. Le commerce mènerait ainsi à la paix et « aux mœurs douces », en conséquence à un monde idéal de joie, de bonheur personnel et de prospérité. Les entraves et les barrières au marché, à la croissance doivent donc être écartées pour atteindre cet idéal étranger à la limite et à la frontière. Et ces barrières au commerce sont ? Les sociétés enracinées et traditionnelles, les Etats forts et indépendants, les systèmes de valeurs, les religions, l’autorité familiale…  On comprend donc aisément que libéralisme politique et libéralisme social et économique travaillent de concert et se nourrissent l’un l’autre et permettent la domination capitaliste totale que nous connaissons. Michéa résume d’ailleurs la situation avec une grande clarté : « il apparaît évident que l’accumulation du capital (ou « croissance ») ne pourrait se poursuivre très longtemps si elle devait s’accommoder en permanence de l’austérité religieuse, du culte des valeurs familiales, de l’indifférence à la mode ou de l’idéal patriotique ». On suivra donc allégrement Charles Robin dans son analyse de la doctrine libérale comme source des plus profondes mutations que connaît notre époque.

L’auteur s’attache à retrouver les conséquences de cette philosophie libérale dans le monde moderne et, en premier lieu, dans le discours d’extrême gauche qui avalise, comme on le sait, toutes les « avancées » sociales et sociétales possibles, ne comprenant pas qu’elles sont une condition incontournable pour l’extension infinie du système libéral (qui serait, selon elle, caractérisé uniquement par la liberté économique et le marché ouvert). Cette extrême-gauche moderne milite en effet, sous l’égide de la sacro-sainte liberté, pour l’abrogation de toutes les barrières idéologiques (religion, autorité, structure familiale, identités…) et soutient toutes les transgressions possibles et imaginables (sexuelles notamment) en vertu du combat pour les droits individuels de chacun (homosexuels, féministes et immigrés en tête !). Olivier Besancenot ne dit d’ailleurs pas autre chose, en témoigne cette citation psychédélique : « les révolutionnaires se sont toujours battus pour l’épanouissement individuel »... C’est d’ailleurs pour cela que Mai 68 est, pour eux, un élément phare de leur mythologie. Beuglant qu’il fallait « jouir sans entraves », ils se faisaient les alliés de poids d’un changement sociétal total guidé par l’édification des valeurs du capitalisme moderne. L’individu devant se soustraire de toute norme culturelle ou morale, il devient prêt à répondre à ses envies et à ses pulsions, celles-ci étant de plus en plus guidées par l’idée de transgression à tous niveaux… Transgressions dont le marché offre toujours une version « consommable ». Il suffit de regarder autour de nous pour vérifier toute la véracité de la chose ou d’aller voir ce que dit Charles Robin à propos de la manière dont on considère le sex-toy au NPA de Besancenot ! Désormais, tous les désirs de l’individu sont dirigés vers le marché, celui-ci n’existe que par ce qu’il consomme. Il est l’homo œconomicus parfait, sans attache, nomade (comme le veut Attali !), seul au milieu de tous, affranchi de toute communauté qui aurait brimé ses désirs. Il peut même jouer le provocateur ou le révolutionnaires comme la plupart des militants d’extrême-gauche qui se trouvent bien résumés dans leur pseudo-combat par cette phrase de Michel Clouscard : « Consommer, c’est s’émanciper ; transgresser, c’est être libre ; jouir, c’est être révolutionnaire ». L’extrême-gauche a comme idéologie première la recherche de l’intérêt individuel et participe ainsi activement à la domination du capital. La situation est d’ailleurs bien représentée par la couverture de l’ouvrage où les deux personnages, le capitaliste et le gauchiste, l’air satisfait, se partagent quasiment tout l’espace disponible (en noir) et ne laissent que peu de marge de manœuvre (le blanc) à ceux qui les combattent et qui devront, pour être efficaces, apporter une réponse globale et radicale à l’idéologie libérale. Cet essai fondamental de Charles Robin devrait les y aider de par sa richesse et l’étendue de la réflexion qui y est proposée et que je n’ai fait ici que survoler.

Rüdiger / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

10/05/2015

Gigi & Die Braunen Stadtmusikanten "Was von Meinungsfreiheit bleibt" Digi CD

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"Was von Meinungsfreiheit bleibt" est une compilation de 18 titres provenant des deuxième et troisième albums de Gigi, interdits par la censure en Allemagne. Tous les titres non indexés figurent sur le CD.

Disponible ici.

Exposition: Clairvaux. L’aventure cistercienne (Troyes, 05.06-15.11)

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Une exposition inédite sur l’abbaye de Clairvaux, du 5 juin au 15 novembre 2015, réunit pour la première fois, à l’Hôtel-Dieu-le-Comte (Troyes), plus de 150 pièces d’archives dispersées à la Révolution.

Pilotée par un comité scientifique composé de spécialistes de l’histoire cistercienne, l’exposition invite à découvrir, à travers des documents originaux, manuscrits et objets rares, l’évolution de l’abbaye de sa fondation à sa transformation en prison, sa filiation et son rayonnement européen.

Axes historiques de l’exposition
L’exposition s’articule autour de trois périodes marquantes de l’histoire de l’abbaye :

Aux origines de Clairvaux (1098-1153) revient sur la création de l’ordre cistercien, la fondation de l’abbaye de Clairvaux et la personnalité de saint Bernard ;
Clairvaux, de la mort de saint Bernard à la guerre de Cent Ans (XIIe-XIIIe siècle) présente l’essor politique, économique et culturel de l’abbaye ;
Temps de crises, temps de réformes (XIVe-XVIIIe siècle) retrace les transformations successives de Clairvaux au gré des guerres, épidémies et reconstructions, jusqu’à sa vente par l’État à la Révolution.

09/05/2015

Chronique de livre: Gabriele Adinolfi "L’Europe"

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Gabriele Adinolfi, L’Europe

Les bouquins de Synthèse Nationale, 2015

 « L’Europe est une nécessité absolue, mais elle ne se fera jamais si elle n’est pas d’abord une identité consciente et combattante, à la hauteur du Mythe qu’elle représente. » Militant exemplaire au parcours tumultueux, penseur politique actif et auteur de plusieurs ouvrages, dont un abécédaire remarquable et remarqué, Pensées corsaires : abécédaire de lutte et de victoire (Éditions du Lore, 2008), Gabriele Adinolfi est l’un de ces hommes dont l’idéal se résume en un mot : l’Europe. Pour lui, l’Europe est un projet politique vital face au bloc occidental et au triumvirat Washington – City de Londres – Tel-Aviv, comme autrefois face au bloc soviétique. L’Europe comme projet est toujours d’actualité dans un monde globalisé d’où émergent de nouvelles menaces. Parmi elles, notamment, la monté des « BRICS », ce groupe de pays constitué du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud. A l’heure où certains voient en l’Europe un frein, voire un problème, incarné par un conglomérat de technocrates et de porteurs de valises, Gabriele Adinolfi affirme, envers et contre tout, la nécessité d’une troisième voie. L’Europe Puissance, « nation des patries » (selon une formule du MSI), devant  être « l’Imperium», le pilier central qui incarne l’axe vertical qui relie le tellurique et le céleste ; en un mot la solution.

Gabriele Adinolfi commence par faire le lien entre passé et présent en inspectant, entre autre, de façon critique, la notion d’avant-garde. Le recul métaphysique évolien est, selon l’auteur, une condition sine qua non pour résister aux assauts mortifères du monde actuel. S’ensuit la genèse et un historique, en quelque sorte, du concept d’Europe Nation. L’influence de Jean Thiriart et surtout de Pierre Drieu La Rochelle y est omniprésente (l’ouvrage leur est dédicacé). « La grande Europe », dont les racines remontent au début du XXe siècle, est bien plus qu’un concept intellectuel, elle est le support de notre destin et de notre identité. C’est pourquoi un chapitre est consacré à l’identité européenne. Ce sentiment d’appartenance à un socle identitaire remonte pour Gabriele Adinolfi à la célèbre bataille des Thermopyles. A travers d’autres exemples, on réalise alors à quel point cette notion d’identité est centrale et va au-delà de la dimension ethnique prônée comme un absolu par beaucoup trop de militants ; l’identité relève davantage des concepts de « race de l’âme » et de « race de l’esprit » chers à Evola, et aussi de l’axe vertical qu’est le pôle viril, dont les symboles sont le sceptre, l’épée, la lance ou le faisceau. Avant de vouloir une nouvelle Europe, il faut d’abord l’incarner soi-même. L’Union européenne est bien entendu passée au crible: l’auteur renvoie dos à dos européistes et eurosceptiques. Il analyse de nombreux lieux communs, comme l’influence maçonnique et américaine sur l’UE ou le rôle de l’Allemagne que certains considèrent comme responsable de tous nos malheurs. Après cette critique vient naturellement le temps des propositions. D’ordres économique, structurel ou militaire, elles sont le point de départ de la reprise d’une souveraineté salvatrice.

N’étant ni un livre « programme » ni une diatribe assenant des coups de marteau à l’aveugle,  L’Europe de Gabriele Adinolfi est une synthèse – trop courte diront certains. L’auteur y réaffirme avec un point de vue différent, peut-être plus posé, voire serein, ce que les militants nationalistes révolutionnaires paneuropéens ont toujours appelé de leurs vœux : une Europe Nation, une Europe Puissance et une Europe politique. Malgré une traduction parfois hasardeuse, cette brochure demeure indispensable pour tous nationalistes « alter-européens ». Faisant le lien entre passé, présent et futur, cet ouvrage vous invite à une seule chose : prendre le témoin et brandir l’étendard de l’Europe, la « nation de nos patries ».

« Les masses ne peuvent s’ébranler pour la défense de l’Europe que si le mythe d’Europe et le mythe du socialisme se sont clairement unis et si cette union se manifeste par des actes décisifs. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. » disait Pierre Drieu La Rochelle dans un article de mars 1944...

Donatien / C.N.C.

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02/05/2015

7 films à voir ou à revoir sur les Gangsters Made in France

"Si tu restes dans l'ombre, tu n'approcheras jamais le Soleil." Nombre de philosophes ou d'écrivains pourraient se voir attribuer la paternité de cette citation. Les plus enhardis évoqueraient même peut-être Nietzsche. Point de philosophe au marteau pourtant mais Jacques Mesrine, ancien ennemi public n°1. Il est des êtres qui franchissent un jour le point de non retour et dont la course vers le Soleil devient l'objectif ultime d'une vie placée sous le sceau de la violence au service de leur propre cause. Tel Icare, ils s'y brûlent irrémédiablement les ailes. Gangsters, truands, voyous, bandits, malfaiteurs, brigands, malandrins, margoulins, criminels, escrocs... L'imaginaire collectif regorge de synonymes pour qualifier ces desperados bravant la loi et le Contrat social. Bénéficiant d'un véritable pouvoir d'attraction, pour qui a toujours préféré dans son enfance endosser le costume du hors-la-loi que celui du policier, le cinéma en fait bien évidemment un thème majeur. Qu'il fut bien compliqué d'en extraire sept !

 

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A BOUT DE SOUFFLE

Film français de Jean-Luc Godard (1959)

A Marseille, Michel Poiccard, jeune voyou insolent et nonchalant, vole une voiture. Prenant la route de Paris par la Nationale 7, il abat un policier qui souhaitait le contrôler. Parvenant dans la capitale, le bandit se réfugie chez Patricia, une jeune américaine dont il est amoureux. Poiccard se sait évidemment recherché et l'étau ne tarde pas à se resserrer autour de lui. Il renoue ses contacts avec la canaille parisienne pour récupérer de l'argent qui lui est dû et entrevoit de fuir à Rome. La veille de son départ, interrogée par l'inspecteur Vital, Patricia consent à dénoncer la planque du voyou afin de garder son passeport...

Inspiré par François Truffaut, A bout de souffle constitue l'un des films-clés de la Nouvelle Vague française et bouleverse radicalement la narration cinématographique traditionnelle. Dialogues à la limite de l'improvisation, caméra à l'épaule, sautes d'images, citations, digressions, faux raccords..., la réalisation inaugure une véritable révolution esthétique que d'aucuns trouveront surfaite. Adulé par certains, honni par d'autres, un film qui ne laisse personne indifférent. Le jeune Belmondo colle parfaitement au héros et Jean Seberg, disparue trop tôt, est si belle.

 

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LES EGOUTS DU PARADIS

Film français de José Giovanni (1979)

Ancien d'Indochine, fasciste et partisan de l'Algérie française, le dandy Albert Spaggiari s'ennuie ferme dans son petit magasin de développement photographique. Ses retrouvailles avec un ancien compagnon le font renouer avec la vie aventureuse et dangereuse. Entouré d'une solide équipe, Spaggiari élabore durant trois mois l'élaboration de ce qui deviendra le "Casse du siècle". Le 17 juillet 1976, après avoir creusé un tunnel depuis un collecteur d'égouts, Spaggiari et son équipe parviennent à pénétrer dans la salle des coffres de la Société Générale de Nice et repartent avec un butin estimé à cinquante millions de francs. Arrêté, le procès se tient le 10 mars 1977. Sautant par une fenêtre du palais de justice, Spaggiari s'enfuit à moto...

Fidèle adaptation de l'autobiographie éponyme du roi des gangsters français. S'il ne compte pas parmi les plus grands réalisateurs français mais trop injustement oublié, Giovanni était tout disposé à retranscrire l'affaire. Giovanni, de son vrai nom Joseph Damiani, eut lui-même une existence tumultueuse. Ancien collaborateur pendant la Seconde Guerre mndiale, converti au crime, il fut condamné à mort et finalement gracié. Malgré une certaine maigreur budgétaire, Giovanni livre une œuvre habile, aidée en cela par les dialogues signés Audiard. Un film sans grande prétention mais très fidèle à l'esprit du propriétaire de la bergerie des Oies sauvages. Certes, on eût pu trouver un acteur plus crédible que Francis Huster qui se demande parfois dans quel calvaire s'est-il embarqué. Un film néanmoins supérieur à la réalisation de Jean-Paul Rouve.

 

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MESRINE

Film français d'André Génovès (1983)

L'année 1962 sonne le glas de la Guerre d'Algérie. Jacques Mesrine retrouve une vie trop rangée à son goût. Il multiplie les petits délits pour gagner de l'argent. Gagnant de l'assurance, Mesrine s'attaque désormais à de plus grosses cibles. Le casino de Deauville est attaqué et un milliardaire enlevé. Arrêté, l'homme aux 39 crimes et délits est détenu à la prison de la Santé dont il est le premier à parvenir à s'échapper. Consacré par les médias "Ennemi public n°1" et traqué par toutes les polices, le fugitif dénonce les conditions de détention des quartiers haute sécurité en même temps qu'il donne de curieux rendez-vous aux journalistes et policiers. Cela fait dix-huit mois que Mesrine est en cavale, bientôt accompagné de Sylvia Jeanjacquot. Il se murmure pourtant que le couple n'est pas loin de Paris. Sa voiture entame en effet la Porte de Clignancourt. Nous sommes le 2 novembre 1979...

Le film fut flingué par la critique. Beaucoup de lacunes, il est vrai, pour ce Mesrine. De nombreuses faiblesses dans la réalisation qui se contente de juxtaposer les méfaits du truand sans parvenir à déterminer le profil psychologique de celui qui terrorisa la France. Le réalisateur prend également quelques largesses avec l'autobiographie de Mesrine. Ainsi, la scène lors de laquelle il abat le journaliste du journal Minute est d'une parfaite incohérence. Concernant les acteurs, seul Nicolas Silberg, d'une froideur glaçante, est conquérant dans le rôle principal. Les autres... Bref, on espérait beaucoup mieux. Et pourtant, il sonne plus authentique que la récente double réalisation de Jean-François Richet.

 

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MON PERE, FRANCIS LE BELGE

Téléfilm français de Frédéric Balekdjian (2010)

27 septembre 2000, Francis Vanverberghe, alias Francis le Belge, grande figure du milieu du banditisme en France, meurt assassiné dans un bar PMU parisien à proximité de l'avenue des Champs Elysées. Les médias font écho de la disparition du dernier parrain marseillais, impliqué dans nombre de trafics allant du proxénétisme aux stupéfiants. Doté d'un fort charisme, Francis le Belge parvint au cours de se vie houleuse à parfaitement scinder ses trafics et sa vie familiale. Dès 2005, sa fille, Sylvie Borel, avait entrepris de coucher sur papier la vie de son père, dont la disparition signe la mort d'un certain gangstérisme à la française dans la cité phocéenne...

Il est des téléfilms qui mériteraient une diffusion cinématographique. Assurément, la réalisation de Balkedjian appartient-elle à cette catégorie. Démarrant et se terminant avec l'évocation de l'assassinat du caïd, le téléfilm multiplie les ruptures de temps afin de mieux cerner la biographie du Belge à travers les yeux de sa fille. Au-delà du gangster, c'est ainsi à sa vie maritale et parentale que le téléspectateur est confronté ; offrant ainsi un point de vue original et féminin sur un milieu dans lequel les femmes ne tiennent que peu de place.

 

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SANS ARME, NI HAINE, NI VIOLENCE

Film français de Jean-Paul Rouve (2008)

19 juillet 1976, Albert Spaggiari, entouré d'une équipe de choc, pénètre la salle des coffres de la Société Générale de Nice et réalise le casse du siècle. Arrêté, il se paye le luxe d'une évasion spectaculaire et disparait. Multipliant les provocations, Spaggiari se joue des services de recherche en accordant plusieurs interviews. Un journaliste de Paris Match, Vincent Goumard, parvient à l'approcher plusieurs jours en Amérique latine. Doté d'une certaine mégalomanie, Spaggiari ne résiste pas à l'envie d'alimenter le culte de sa légende en autorisant l'interview du journaliste. De forts liens d'amitié se tissent entre les deux hommes. Mais ce que Spaggiari ignore, c'est que le journaliste est en réalité animé de l'envie de le piéger et faciliter son arrestation. Faut pas rire avec les barbares. Avec Spaggiari non plus...

Le titre du film fait écho à la signature de Spaggiari sur les murs de la banque niçoise. A la différence du film de Giovanni, Rouve s'attache moins à l'évocation du casse qu'au portrait du gangster fasciste. Beau parleur comme Cyrano de Bergerac, dandy comme Arsène Lupin, l'ex Robin des Bois ne manque pas de dresser un portrait attachant du héros pour qui on devine une certaine tendresse à son égard de la part du réalisateur. Le film est à voir mais, bien que ne manquant pas de moyens, on ne parvient pas vraiment à entrer dedans. D'aucuns préfèreront la biographie de José Giovanni.

 

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LES TONTONS FLINGUEURS

Film français de Georges Lautner (1963)

Fernand Naudin est un ancien gangster reconverti dans le négoce de matériaux de travaux publics à Montauban. Fernand mène une vie rangée, bientôt dérangée par la nouvelle irruption dans sa vie de Louis, surnommé Le Mexicain, truand notoire de retour à Paris. Louis, mourant, sollicite Fernand à son chevet afin de lui confier la gestion de ses affaires et l'éducation de sa fille Patricia. D'autres que Fernand s'imaginaient parfaitement succéder au patron Louis à la destinée du tripot, de la distillerie clandestine et de la maison close. La querelle est inévitable malgré la neutralité du notaire de Louis, Maître Folace. Les frères Volfoni, et d'autres trublions, sont bien décidés à utiliser tous les moyens pour capter l'héritage du Mexicain...

"Alors ! Il dort le gros con ? Ben il dormira mieux quand il aura pris ça dans la gueule !" Qui n'a jamais vu Les Tontons flingueurs ? Il était néanmoins inconcevable de ne pas faire figurer ce film culte dans la sélection. Culte ? Et pourtant ! Flingué par la critique totalement acquise à la Nouvelle Vague et de plus en plus allergique aux films populaires, Les Tontons ne fut pas l'immense succès populaire dont il peut se targuer aujourd'hui. Grâce soit rendue à Lautner et Audiard, le film est bien évidemment hilarant. Les acteurs rivalisent tous avec un extrême brio et une gouaille qui font mouche à chaque dialogue. Inutile d'en dire plus semble-t-il ! Ventura, Blier, Francis Blanche ou Jean Lefebvre, choisissez votre flingueur !

 

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TRUANDS

Film français de Frédéric Schœndœrffer (2007)

Proxénétisme, racket, trafic de stupéfiants et de voitures, braquages, faux billets..., les "talents" du quinquagénaire Claude Corti sont multiples dans le Paris contemporain. Corti est l'un des plus grands noms du banditisme ; prenant sa commission sur tous les trafics traversant sa sphère d'influence maintenue au moyen de toutes les violences requises. A plus forte raison pour contenir les menaces que font régner la bande de Larbi et Hicham. Auprès de Corti, le trentenaire Franck, jeune loup soucieux de son indépendance, efficace et doté d'une forte intelligence. Traqué par la police, Corti tombe pour une stupide affaire de cartes grises et effectue un séjour à l'ombre de trois ans. Suffisamment pour que son empire s'ébranle. La patte de Franck peut ne pas être très éloignée de sa déchéance...

Si Frédéric ne filme pas la guerre, il semble devenir le digne héritier de son père Pierre Schœndœrffer. Sa peinture du milieu parisien est glaçante de cruauté et de sauvagerie. Ces flingueurs là n'ont rien de sympathiques. On peut regretter l'inégalité entre les acteurs. Si certains passent en effet au travers, Philippe Caubère est, quant à lui, juste hallucinant. A voir donc, ne serait-ce que pour l'évocation quasi-chirurgicale du milieu opérée par le réalisateur.

Virgile / C.N.C.

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