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23/11/2015

Chronique musicale: Tsjuder "Antiliv"

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Tsjuder, Antiliv

(Season of Mist, 2015)

Il fut une époque, dans les années quatre-vingt-dix, où la Norvège attirait tous les regards. Les groupes de sa scène Black metal envahissaient le monde tels des raids vikings, et toute une génération se mit à rêver de fjords. Vingt-cinq ans plus tard le constat est bien différent. Les pontes qui donnèrent au Black metal Norvégien ses lettres de noblesse ne sont plus ou presque. Certains font quelques concerts de charité pour faire plaisir aux fans, d’autres font dans la bande-son pour jeu de plateau. Taake qui, jusqu’à présent, avait su maintenir la flamme intacte, s’est planté en beauté avec son dernier album. Mais voilà que Tsjuder, sans doute lassé du discours « décliniste » ambiant, arrive au bon moment pour corriger nos jugements hâtifs et botter des culs!

Ce trio de Berserkers venu de la capitale norvégienne n’est pas né de la dernière pluie et nous présente, avec Antiliv, son sixième album. Composé de Nag à la basse et au chant, de Draugluin à la guitare et d’Antichristian derrière les fûts, Tsjuder ne fait pas vraiment dans la finesse ; la musique du groupe pilonne méchamment ! Reconnu coupable d’avoir sorti l’un des albums de Black metal norvégien les plus bourrins qu’il soit en 2004, Desert Northern Hell, véritable suppositoire sonique, le groupe rivalise sans problème avec un Marduk. Mais là où Marduk détruit tout sur son passage tel un panzer, Tsjuder, quant à lui, la joue différemment. Plus hargneux et vicieux que massif, le propos est excessif, comme possédé en quelque sorte. Qu’ils aient un côté parfois « thrash » ou « rock n’roll » les riffs de Draugluin visent directement la jugulaire. Acérés et sans pitié, ces derniers, à l’instar de la voix de gargouille de Nag, font partie du style du groupe. Ajoutez par-dessus la batterie démentielle d’Antichristian et vous comprendrez enfin le sens du mot barbarie. Mais attention : Antiliv n’en est pas pour autant un album monotone. Tsjuder sait varier les plaisirs avec des passages plus plombés mais aussi alterner des rythmes ou tempos différents à l’image du titre éponyme. Aussi, un soin particulier a été apporté aux arrangements vocaux comme sur « Djevelens Mesterverk » par exemple, ce qui est un vrai plus et met l’emphase sur le côté démoniaque de la musique. Le tout est d’une efficacité exemplaire et la messe est dite en à peine quarante-cinq minutes.


Eh bien, que retenir de ce brulot ? Déjà que Tsjuder n’a pas dévié d’un iota de la formule qui a fait son succès. Oui, il n’y a aucune prise de risque sur cet album dont le maître mot est efficacité; cependant est-ce un défaut ? La réponse est non, trois fois non ! Antiliv passe comme papa dans maman ! La sauvagerie de ce sixième opus ne restera peut-être pas dans les annales du groupe (détrôner son grand frère évoqué plus haut est un sacré challenge !) mais ravira à coup sûr les fans. Ce Antiliv a un gout de « reviens-y » et c’est avec joie que l’on réalise qu’il se passe encore des choses en Norvège.

Donatien / C.N.C.

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18/11/2015

Chronique cinéma: The green inferno d'Eli Roth

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THE GREEN INFERNO

Un film d'Eli Roth (2015)

L’anthropophagie et surtout le cannibalisme ont toujours fasciné les hommes. Interdit indépassable, cette pratique fut «naturellement » exploitée par le cinéma d’horreur. Le film Cannibal Holocaust (1980) de l’italien Ruggero Deodato, véritable électrochoc graphique, traumatisa des générations entières de cinéphiles dont Eli Roth. Nouveau chouchou du cinéma d’horreur, responsable des films Cabin Fever et Hostel et grand fan devant l’éternel de Cannibal Holocaust, le sieur Roth nous livre sa vision du film d’exploitation cannibale avec The Green Inferno.

Justine (Lorenza Izzo), étudiante à l’université de Columbia, a la chance d’être mignonne et d’avoir un papa avocat aux Nations Unies. Un jour, alors qu’elle papote avec sa tête-à-claque de copine, elle remarque Alejandro (Ariel Levy), le chef d’une petite bande d’activistes et tombe aussitôt sous son charme. Dans le but de se rapprocher de ce dernier, Justine va participer à un voyage au Pérou organisé par Alejandro dans le but de dénoncer les pratiques d’une société pétrolière, société qui menace d’anéantir une tribu locale de la forêt amazonienne. Armés de leurs smartphones et diffusant les images en « direct live » les jeunes activistes réussissent leur coup en évitant le drame de justesse. Dans l’avion qui les ramène à la civilisation, le ton est à la fête et à l’euphorie quand, soudain, l’un des moteurs explose. Le crash est violent et plusieurs membres de l’équipage y laissent leur peau. C’est en cherchant un téléphone équipé d’un GPS que les survivants sont attaqués et neutralisés grâce à des flèches tranquillisantes. Ils se réveillent sur des embarcations et réalisent qu’ils ont été faits prisonniers par des autochtones. Une fois arrivé dans leur village, les décorations macabres et les restes humains font comprendre aux survivants qu’ils sont détenus par une tribu cannibale…


The green Inferno était très attendu. Les bandes-annonces et un marketing savamment orchestré avaient su mettre l’eau à la bouche à des légions d’amateurs de sévices corporels et autres torrents d’hémoglobine. Il faut noter qu’Eli Roth avait marqué le genre horrifique grâce à un Hostel qui sut se hisser en fer-de-lance du genre « torture porn » ; par conséquence l’équation Eli Roth + thématique cannibale ne pouvait pas décevoir, pire, elle ne devait pas décevoir. Et c’est bien là le drame de ce film : Eli Roth, bien que sans doute animé des meilleurs intentions, ne se montre pas à la hauteur et échoue misérablement. Ceci à cause d’un rythme inégal, d’une prévisibilité et d’une niaiserie vomitives et insupportables, de situations ridicules et d’un manque de gore et de torture inacceptables pour le genre. La première partie du film, celle qui se passe avant l’arrivée de la fine équipe au Pérou, est juste affligeante de déjà-vu, de clichés pubères et d’ennui. C’est un supplice pour les yeux et les oreilles. On passe enfin la seconde une fois dans la forêt amazonienne mais on roulera au pas jusqu’à la fin telle une voiture sans permis. La seule séquence vraiment gore et sadique du film ne casse pas trois pattes à un canard ; on est juste peiné pour le pauvre gars qui s’est fait « friendzoné » par Justine pendant tout le début du film et qui finit dans un four ! (On vous rassure il ne fonctionne pas au gaz). Le thème des mutilations sexuelles faites aux femmes, présent en filigrane durant tout le film, laisserait envisager une séquence insoutenable mais peine perdue aussi. Les promesses se dégonflent les unes après les autres. On atteint le summum du risible avec quelques séquences qui tombent comme un cheveu sur la soupe ou/et qui sont intrinsèquement débiles. Comment ne pas éclater de rire lorsque l’un des captifs, une belle blonde aux yeux bleus, est victime d’une bruyante chiasse explosive semant la terreur parmi ses petits camarades ? Le spectateur ne sait pas s’il doit rire ou pleurer devant ce condensé de connerie humaine saupoudré de bidoche…

The Green Inferno est un échec. Malgré quelques critiques sous-jacentes qui ne sont pas dénués de sens (la relation à la technologie, la naïveté de l’homme occidental vis-à-vis de cultures fantasmées, etc) et le code couleur intéressant (le vert de la forêt, l’héroïne peinte en blanc et les indigènes peints en rouge), l’ambiance est trop lisse, trop américaine. La tribu anthropophage a beau être flippante à sa façon, l’atmosphère du film n’est ni anxiogène, ni macabre et le tout manque cruellement de gore. Le fan « die-hard » des meilleurs films du genre ou le fan des œuvres d’Eli Roth doit éviter cette chabbat-daube (étron) à tout prix !

Donatien/CNC

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08/11/2015

Bardèche et l'Europe de G. Feltin-Tracol à nouveau disponible!

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05/11/2015

Chronique musicale: Division Germania "2003-2006"

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Division Germania - 2003-2006

(Das Zeughaus, 2015)

 

La vivacité de la scène musicale allemande n’est plus à démontrer et je m’en suis souvent fait le relai en ces pages. Aucune germanolatrie excessive mais un simple constat : les militants allemands ont fait de leur musique une réelle arme. Arme qui dérange sacrément les autorités de leur pays qui interdisent à tour de bras les œuvres les plus politiquement incorrectes et poursuivent en justice les principales figures de cette résistance musicale (à l’image de Lunikoff ou de Daniel « Gigi » Giese, le chanteur de Stahlgewitter). Regorgeant d’excellents musiciens, de labels solides et d’idées novatrices, la scène allemande est à des années-lumière de la scène française. Celle-ci ne lui est malheureusement comparable ni en qualité (hormis Frakass que nous avions interviewé et quelques rares autres), ni en sérieux et encore moins en impact réel. Voyez d’ailleurs ce que j’écrivais sur la question dans l’article : La musique natio est-elle réellement une arme ?

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Parlons maintenant de Division Germania, l’un des grands noms du RAC allemand. Le groupe s’est fait plutôt discret pour diverses raisons depuis 2009, date de son dernier album : Manifest. Excellent en live, Division Germania a heureusement continué à se produire en concert (comme ce sera le cas le 28 novembre en Italie). Pour patienter jusqu’à la sortie du prochain album, les Allemands ont eu la bonne idée de compiler 20 titres provenant de leurs trois premiers albums, tous interdits outre-Rhin. Leur œuvre maitresse, l’album Nemesis (2006), se trouve par exemple en grande partie sur 2003-2006 mais seuls 8 titres sur les 12 originels y sont présents.


C’est avec plaisir que l’on se replonge dans les premières années d’un groupe qui avait, dès 2003, établi de sérieuses bases musicales dans un style où il n’est pas toujours évident de se démarquer. Sens de la mélodie, compositions solides, influences Heavy Metal, on a affaire ici à un RAC carré et moderne dans la plus pure tradition allemande. Fabrication germanique oblige, les vocaux sont très graves et mis en avant… c’est l’aspect militaire ! On ne prend pas le nom Division Germania pour rien ! Je préfère le dire avant d’entendre les complaintes de camarades aux oreilles trop délicates… qui devraient toutefois laisser une chance à une formation qui le mérite amplement !

Rüdiger/C.N.C.

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01/11/2015

Clip: The Brains - "Out in the dark" (vidéo officielle)



Tiré de l'album Out in the Dark sorti chez Stomp Records le 30/10/2015

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11:00 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)

31/10/2015

7 films à voir ou à revoir sur la Parodie

La parodie est très certainement l'art le plus difficile de la comédie. En plus de provoquer l'hilarité, le cinéma parodique a pour objectif d'utiliser un cadre précis pour mieux s'en moquer. Ainsi, l'humour parodique ne se pratique-t-il pas comme une finalité en soi mais se met au service de la dénonciation des travers de faits, de personnages, de périodes historiques ou de comportements sociaux. C'est dire si les possibilités de furieuses moqueries sont vastes. Genre à part au sein de la production cinématographique, le cinéma parodique fait se côtoyer le pire et le meilleur. Parmi le meilleur, la parodie autorise une réflexion acerbe et profonde sur le sujet traité. Aldous Huxley n'écrivait-il pas que "Parodies et caricatures sont les plus pénétrantes des critiques" ? Les vikings, l'évolution des sociétés humaines, Hitler, l'antisémitisme, le cinéma, le sexe, la lutte des classes..., voilà bien des sujets qui en prennent pour leur grade au travers de ces sept films.

 

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ERIK LE VIKING

Titre original : Erik the Viking

Film anglais de Terry Jones (1989)

Erik est un jeune chef viking. Il assassine bientôt la jeune femme dont il était amoureux. Touché par la grâce de sa belle, Erik prend tardivement conscience de la violence perpétuelle des tribus vikings, dont les raids sont basés sur la rapine, le viol et la violence. Après avoir consulté Freya, il décide de convertir ses hommes à plus de civilité et les mène en quête d'un cor suspendu sur l'île d'Hy-Brasil. Selon la prophétie de Freya, le puissant souffle du cor réveillera les dieux. Alors seulement prendra fin le temps du Ragnarök. Mais on n'efface pas aussi simplement les mauvais penchants des intrépides guerriers vikings....

Ancien des Monty Python tout juste séparés avec lesquels il prend ses libertés cinématographiques, Jones poursuit en solo son exploration de l'absurde. En solo donc et avec brio ! Les initiés ne manqueront pas d'apprécier les nombreux clins d'œil aux Sagas islandaises et à l'univers mental des Scandinaves. Les premières dizaines de minutes sont absolument truculentes, au détriment des dernières, il est vrai, plus poussives. Bon, ça ne vaut pas Monty Python, sacré Graal ou La Vie de Brian mais l'ensemble reste de très bonne facture. Et d'ailleurs, la comparaison est sans fondement, Erik le Viking n'est pas un Monty Python !

 

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LA FOLLE HISTOIRE DU MONDE

Titre original : Mel Brooks' History of the world, Part one

Film américain de Mel Brooks (1981)

A l'aube de notre ère historique, une des tablettes glisse des mains de Moïse descendant le Sinaï. Cette maladresse déterminera l'évolution de la civilisation judéo-chrétienne en réduisant le nombre de Commandements de quinze à dix. A Rome, le gai luron Néron et l'impératrice Nympho entreprennent d'organiser une orgie à laquelle ils convient le philosophe Comicus. Quelques siècles plus tard, l'Inquisition espagnole que dirige Torquemada autorise la torture des musulmans et des juifs par des moines. Par bonheur, tout se termine en chansons. Quant à la Révolution française, le contraste est saisissant entre le Tiers-Etat parisien réduit à manger de la viande de rats tandis que Louis XVI batifole dans les fastes de son palais. Le roi échange bientôt sa place avec un valet...

Mel Brooks revisite par l'absurde l'histoire de l'humanité divisée en quatre épisodes. Coutumier du cinéma parodique, Brooks ne fait aucunement l'économie de son éventail d'anachronismes, de jeux de mots et autres gags scabreux pour ne pas dire scatologiques. Evidemment, il est inutile de chercher toute finesse et toute logique. Le film reste néanmoins politiquement correct et ne se risque pas à provoquer le spectateur. D'aucuns trouveront cette réalisation consternante. D'autres s'en délecteront. Assez drôle !

 

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MON FUHRER

Titre original : Mein Führer, die wirklich wahrste Wahrheit über Adolf Hitler

Film allemand de Dani Levy (2007)

Fin 1944, le Führer va de mal en pis. Cette foutue guerre, il va la perdre ! Adolf Hitler sombre progressivement dans une profonde dépression. Son Ministre de la propagande Joseph Goebbels tente de lui redonner toute sa vaillante fougue et souhaite l'organisation d'une nouvelle grand messe berlinoise lors de laquelle il haranguera le peuple allemand. Un coach sera nécessaire à remettre Hitler en forme. Goebbels se souvient du juif Adolf Grünbaum, ancien professeur de théâtre du jeune Hitler. Bientôt sorti du camp de Sachsenhausen, Grünbaum entreprend de faire remonter la pente au Führer par le truchement d'exercices de respiration et de thérapies psychologiques. La victoire finale du Troisième Reich est à ce prix...

Pierre Desproges disait : "On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui". Passé inaperçu en France, le film fit scandale Outre-Rhin. Il est vrai que Levy campe assez mal son héros, impuissant, dépressif et complexé certes mais également touchant de bougonnerie, fragile, empathique... La réalisation se veut sans conteste une charge contre le régime national-socialiste mais les maladresses du cinéaste suffirent à déclencher la polémique qui perçut le film comme une bonne comédie... mais sur l'homme le plus honni de l'Histoire. Cela n'était pourtant pas la première fois depuis Charlie Chaplin et Ernst Lubitsch mais Hitler est un homme qui déchaînera toujours toutes les colères. Et le film en lui-même dans tout ça ? Quelques gags ne parviennent pas à relever l'ensemble qui s'avère pataud.

 

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OSS 117 - RIO NE REPOND PLUS

Film français de Michel Hazanavicius (2009)

De tous les agents secrets français, Hubert Bonnisseur de la Bath, alias OSS 117, est sans conteste le plus doué de la profession. En cette année 1967, c'est à Gstaad, en Suisse, que l'agent se repose plus ou moins paisiblement. De légers démêlés avec des gangsters chinois troublent sa douce quiétude. C'est alors qu'OSS 117 se voit confier une mission des plus périlleuses. Un microfilm contenant une liste d'anciens collaborateurs français, voilà un document hautement compromettant pour la République gaullienne. Epaulé de la jolie Dolorès, lieutenant-colonel du Mossad, Hubert débarque à Rio, sur les traces du maître-chanteur et ancien dignitaire  nazi von Zimmel. Mais l'agent secret est loin de s'imaginer que les chinois refusent d'en rester là et élaborent un plan pour l'éliminer définitivement...

Hilarant du début à la fin ! Inspiré des romans de Jean Bruce, ce deuxième opus des aventures d'OSS 117 est toujours aussi réussi. Une mise en scène enlevée et rythmée, des décors sublimes conjugués à des couleurs chatoyantes et un savoureux mélange des genres cinématographiques qui enlève l'exclusivité de l'exercice à Quentin Tarantino ! Et le héros évidemment, monstre d'immobilisme dans une société en pleine mutation. Franchouillard, réactionnaire et machiste, OSS ajoute la corde sensible de l'antisémitisme à son arc. Toujours aussi maladroit et pétri d'images d'Epinal sur les Juifs, OSS ferait passer Joseph Goebbels pour un perdreau de l'année ! Trop politiquement incorrect OSS 117 six années plus tard ? Jean Dujardin et le réalisateur s'accordent à dire que les tensions ethniques qui secouent l'Europe empêchent toute troisième réalisation.

 

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LA PARTY

Titre original : The Party

Film américain de Blake Edwards (1968)

Hrundi V. Bakshi est un cascadeur indien. Il est aux portes de la gloire lorsqu'il est engagé à Hollywood pour interpréter un soldat indigène dans un remake d'un célèbre film américain, Gunga Din. Mais le nouveau venu fait rater quantité de prises et se révèle d'une maladresse folle, au point de détruire complètement la forteresse, décor le plus coûteux du film. Hors de lui, Divot, le producteur du film, demande au patron du studio, Fred Clutterbuck, à ce que le nom de Bakshi soit inscrit sur une liste noire d'acteurs de seconde zone à ne plus faire travailler. Mais en réalité, c'est sur la liste d'invités de la fête annuelle du studio que Clutterbuck inscrit par erreur le comédien débutant. Au cours de la fête, Bakshi, tout heureux de se retrouver parmi les plus célèbres divinités hollywoodiennes, se révèle aussi gaffeur sur un plateau qu'en soirée...

Géniale satyre des mondanités hollywoodiennes par le réalisateur de la Panthère rose. Peter Sellers est tout simplement extraordinaire en acteur débutant raté. Un film psychédélique, dans la droite ligne des Laurel et Hardy ou du cinéma de Jacques Tati, illustré par des gags en cascade s'amoncelant à un rythme intrépide. Et la réalisation est, en outre, remarquable. Peu sensibles à l'autodérision, les milieux du cinéma avaient accueilli le film à sa sortie de la façon la plus froide. Il est d'ailleurs retombé dans un oubli quasi-total aujourd'hui. A consommer sans modération puisqu'il n'est pas interdit de se détendre parfois.

 

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THE ROCKY HORROR PICTURE SHOW

Film américain de Jim Sharman (1975)

S'ils sont bien fiancés, Janet et Brad se révèlent coincés sur de nombreuses questions. L'orage gronde cette nuit-là lorsque l'un des pneus de leur véhicule crève et que le couple est obligé de se réfugier dans un mystérieux château. A l'intérieur de la grandiose demeure, les occupants se livrent à d'étranges expériences. Sous la férule de Frank N. Furter, scientifique transsexuel en chef de sa lointaine contrée transylvanienne, l'assistance s'apprête à donner naissance à Rocky. Rocky dont la vocation est de s'apparenter à l'homme idéal avec ses cheveux blonds, son teint halé et... son slip en or. Les orgies se succèdent tandis que les fiancés se retrouvent isolés dans le château, irrésistiblement attirés par la débauche...

Issu d'un spectacle londonien, le film de Sharman n'est ni un film de science-fiction, ni un film d'épouvante, encore moins une mauvaise série B. Difficile de critiquer ce film qui est véritablement un chef-d'œuvre de parodie qui pastiche un peu tout cela en même temps qu'il multiplie les clins d'œil à de nombreux autres films, de Nosferatu au Magicien d'Oz en passant par Stanley Kubrick. Le cocktail qui en résulte est absolument loufoque, excentriquement déjanté, génialement grotesque. La bande son est juste fantastique. Les qualificatifs d'excellence manquent pour louer l'une des comédies musicales les plus cultes de l'histoire du cinéma. Et comme tous les meilleurs films cultes, il fit un flop lors de sa sortie.

 

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TOUCHE PAS A LA FEMME BLANCHE

Titre original : Non toccare la donna bianca

Film franco-italien de Marco Ferreri (1974)

25 juin 1876, bataille de Little Big Horn. Les Indiens, menés par Sitting Bull, se montrent de plus en plus menaçants pour les troupes américaines. A la tête de ses hommes, le général Custer veut regrouper les indigènes résistant aux persécutions en vue de les exterminer, avant que leurs velléités ne deviennent ingérables. Peu avant la bagarre, Marie-Hélène de Boismonfrais, belle jeune femme entièrement vêtue de blanc, est séduite par l'intrépide général. La pure jeune femme est interdite à Mitch, l'éclaireur indien de Custer. C'est Buffalo Bill, éternel rival de Custer, qui entend bien jouer les trublions au sein de cette société progressiste conquérante au sein de laquelle hommes d'affaires et hommes politiques, certains de la victoire de Custer, négocient de juteuses affaires...

Tout en anachronisme que cette réalisation de Ferreri qui se veut une parodie de western en même temps qu'une féroce satire sociale. En lieu et place des vastes étendues prairiales du Montana, c'est en réalité dans le quartier parisien environnant les pavillons Baltard, en plein cœur des Halles, que le général Custer poursuit le génocide des autochtones du Nouveau continent. Remarquable satire parodique et politique, l'œuvre se veut tout autant une dénonciation du génocide indien que de la réorganisation sociale de l'urbanisme du centre-ville parisien qui relègue les classes populaires dans la périphérie. Le capitalisme naissant n'est pas exempt non plus de vives critiques. Ce décalage historique et géographique ne manquera pas de déplaire à certains grincheux. C'est pourtant tout l'intérêt du film.

Virgile / C.N.C.

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