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22/07/2013

Lutte des classes

Lutte des classes

Il suffit de partir de 12e arrondissement pour se rendre dans le 7e avant de rejoindre le 18e pour constater les conséquences des inégalités sociales sur la beauté féminine. Il y a bien évidemment le facteur platement pragmatique de l'attirance féminine pour les ors et dorures et le goût des hommes riches pour les jolis objets, mais ceci ne joue finalement qu'un rôle d'appoint et est bien trop banal pour qu'on y revienne . Plus profonde est la façon dont la modestie sociale et la plus ou moins grande précarité économique abîment l'esthétique et le charme féminins. Mauvaise nourriture, maquillage bas de gamme, vêtement grossiers, métiers éprouvants, manque de soins dentaires... dans les HLM et les deux-pièces cuisine, les années comptent triple ou quadruple...

Et quand vient l'été, alors que les coquettes des rues bourgeoises affichent la rayonnante fraîcheur de leurs élégantes et suggestives tenues estivales, les filles à Bts et Cap se transforment en cagoles directement sorties des Marseillais à Cancun, toutes débordantes de leurs mini shorts fushia et exhibant des ongles de pieds peinturlurés agrippés à leurs tongs à paillettes.

Les nouvelles Fantines ne vendent plus leurs cheveux, elles les brûlent avec des colorations bon marché, elles ne négocient plus leurs dents mais les gâtent à coups de soda, d'alcool et de tabac (toutes choses vendues comme « libératrices », bien entendu). A défaut de bijoux et de parures, elles se couvrent le corps de tatouages qui affichent leur condition plus sûrement qu'un CV ou un prénom tiré d'une série américaine. Ce sont doublement des victimes, puisque, au lieu de se défendre et se consolider dans la simplicité, la pudeur et le naturel qui firent longtemps la dignité et la beauté des pauvres, elles se soumettent servilement, et même avec enthousiasme, à une propagande cosmético-vestimentaro-publicitaire qu'elles n'ont pas les moyens de suivre et dont elles ne peuvent incarner qu'une version caricaturale et grotesque les transformant peu à peu en mauvaises et piteuses copies des coruscants et clinquants épouvantails qu'on leur agite cyniquement sous le nez à longueurs de pages et d'écrans. Non contente de les maintenir dans la siccité économique, l'hyper-classe sa plaît à les humilier... On imagine sans difficulté la réunion des connards cokés en costumes Smalto ricanant à l'idée de la prochaine ridiculité qu'il vont parvenir à faire acheter en masse aux péquenaudes des bas quartiers... Ils ont déjà réussi à leur faire se mettre des os dans le nez, la porte de tous les possibles est donc largement ouverte.

On ne croise finalement pas moins de jolies filles dans les quartiers populaires mais ce sont des types de beauté dégradées, altérées, éreintées par une existence « low-cost », par les milles petites blessures et salissures qui constituent les journées des gens qui n'ont pas les moyens de ne s'occuper que d'eux-mêmes et pas le courage, ou les armes, pour rompre avec les modèles imposés par ceux qui l'ont.

Source: A moy que chault

13/07/2013

La multipolarité - Résumé des concepts utilisés (Alexandre Douguine)

La multipolarité - Résumé des concepts utilisés (Alexandre Douguine)

   La distinction faite entre l'expression « monde multipolaire » et une série des termes alternatifs ou similaires nous a permis d'exposer les grandes lignes du champ sémantique au sein duquel nous allons continuer à construire la théorie de la multipolarité. Jusqu'à ce point, nous avons seulement cherché à analyser ce que l'ordre mondial multipolaire n'était pas. Cette approche va nous permettre de distinguer positivement, par contraste, un certain nombre de ses composantes et caractéristiques, dans un premier temps de façon approximative :

   1 - Le monde multipolaire est une alternative radicale au monde unipolaire (qui dans les faits existe actuellement) en raison du fait qu'il défend l'existence d'un nombre restreint de centres indépendants et souverains de prise de décision stratégique global au niveau mondial.

   2 - Ces centres devraient être suffisamment qualifiés et indépendants financièrement et matériellement pour être en mesure de défendre physiquement leur souveraineté dans le cas d'une invasion directe d'un ennemi potentiel, possédant un niveau d'équipement équivalent à celui de la plus grand puissance existante aujourd'hui. Concrètement, ils devraient être capable de résister à l'hégémonie financière et militaro-stratégique des États-Unis et des pays de l'OTAN.

   3 - Ces centres de décision ne devraient pas avoir à accepter comme condition sine qua non, l'universalisme des normes et des valeurs et des standards occidentaux (démocratie, libéralisme, libre marché, parlementarisme, droits de l'homme, individualisme, cosmopolitisme, etc.) et devraient pouvoir être totalement indépendants de l'hégémonie intellectuelle et spirituelle de l'Occident.

   4 - Le monde multipolaire n'implique pas un retour au système bipolaire, car aujourd'hui, il n'y a pas une force unique, sur le plan stratégique ou idéologique, qui puisse à elle seule résister à l'hégémonie matérielle et spirituelle de l'Occident moderne et à son chef : les États-Unis. Il doit y avoir plus de deux pôles dans un monde multipolaire.

   5 - Le monde multipolaire considère avec circonspection la souveraineté des États-nations existants. Cette souveraineté présente un caractère purement juridique lorsqu'elle ne s'accompagne pas d'un potentiel de puissance suffisant, sur les plans stratégiques, économiques et politique. Au XXIème siècle, cette souveraineté formelle n'est plus toujours suffisante pour permettre à un État national de s'affranchir comme une entité véritablement  souveraine. Dans de telles circonstances, la souveraineté réelle ne peut être atteinte que par une combinaison, une coalition d'États. Le système westphalien, qui continue d'exister de jure, ne reflète plus les réalités du système de relations internationales et nécessite une révision.

   6 - La multipolarité n'est réductible ni à la non-polarité, ni au multilatérité, car elle ne confie le centre de la prise de décision (le pôle) ni à un gouvernement mondial, ni au club des États-Unis et leurs alliés démocratiques (« le monde occidental »), ni aux réseaux sub-étatiques d'ONG ou d'autres instances de la société civile. Elle considère que le pôle de décision doit être localisé quelque part ailleurs.

   Ces six points définissent un cadre conceptuel pour les développement ultérieurs et constituent un concentré des principales, caractéristiques de la multipolarité.

   Toutefois, bien que cette description nous rapproche de manière significative dans la compréhension de ce que peut être la multipolarité, elle est encore insuffisante pour être qualifié de théorie. A partir de cette délimitation initiale, nous allons pouvoir développer une théorie complète du monde multipolaire.

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Alexandre Douguine - « Pour une théorie du monde multipolaire » - Extrait du premier Chapitre "La multipolarité : définition des concepts utilisés" - p. 19 à 21

The Fourth Political Theory:
beyond left and right but against the center
www.4pt.su/fr

Source: L'Heure Asie

10/07/2013

Démocraties et bruits de bottes.

Démocraties et bruits de bottes.

Décidément, on ne peut plus se fier à rien ni à personne. Après la chute des dictatures fascistes et nazie, puis celles portées par les idéologies Marxistes. Après la fin des aventures putschistes militaires en Amérique du sud et ailleurs, les démocraties sont installées un peu partout dans le monde, garantissant normalement l’exercice des libertés élémentaires.

Le mot de démocratie a revêtu depuis longtemps un sens sacré. Il y a deux mondes, celui qui se réclame de la démocratie et celui qui ne s’en réclame pas. Ce dernier est irrémédiablement condamné comme hérétique voire sacrilège.

Au nom de la démocratie tout est bon, y compris la violation des accords internationaux. Et puis pour qu’une bonne démocratie fonctionne, il faut en déceler les ennemis partout dans le monde. Ce furent ces derniers temps les dictatures du Maghreb et du Moyen-Orient (enfin pas toutes quand-même comme dirait Tintin au Pays de l’Or noir) avec le fameux printemps arabe qui se répandit comme un incendie en pleine brousse par grand vent.

Bon, sur ce coup, la CIA commence à faire le bilan et elle se demande si elle n’a pas ouvert la boîte de Pandore, ce qui est une constante de cette agence (cf l’Afghanistan).

On ne sait plus à qui donner des armes, en Syrie par exemple. Ce qui fait que notre président normal, très volontariste il y a peu, se trouve soudain en retrait dans cette affaire. Diable c’est la faute de Washington, ils devraient être plus clairs et constants quand ils donnent des ordres. Enfin, l’avantage de se comporter en laquais des USA, est de ne pas avoir de vraies responsabilités, de s’en remettre aux vrais décideurs et de se contenter d’obéir. L’affaire de l’avion d’Evo Morales en est la toute dernière illustration.

Mais que voyons-nous ? La plus vaste démocratie du monde nous espionnerait, sans respecter les accords internationaux et singulièrement ceux très précis passés avec l’UE ? Snowden en dévoilant ce fait grave pouvait croire naïvement que les Etats européens prendraient son parti et l’accueilleraient les bras ouverts. Quel innocent, on est prêt à le livrer sans vergogne à la NSA en tremblant de peur devant les menaces terribles brandies par l’Oncle Sam.

Peu importe si l’on sait que, ce faisant, commencerait pour l’insolent un enfer qui ne s’arrêterait qu’à sa mort ; belle perspective pour un homme d’un peu plus de trente ans. Peu à peu, l’on découvre que les USA sont de plus en plus distraits en matière de protection des libertés et que les promesses d’ OBAMA sur Guantanamo et les lois soi-disant antiterroristes, mais réellement liberticides ont été maintenues. Serait-ce l’effet de l’ « Etat profond » dont parle Chauprade ?

Quoiqu’il en soit, on pratique là-bas la justice comme à « l’ouest du Pecos » aux temps héroïques, ce qui, il est vrai, rendait au moins les croque-morts heureux.

Nous savons, nous aussi, comment s’exerce cette même démocratie par chez nous, il suffit de demander à notre prisonnier politique Nicolas ce qu’il en pense.

Il semblerait que de plus en plus de magistrats soient mal à l’aise avec cette histoire de répression politique sans fondements juridiques.

Donc, cela voudrait dire que la démocratie qui ne correspondrait plus à la notion vertueuse d’Etat de droit, ne garantirait pas forcément l’exercice des libertés élémentaires et qu’elle pourrait même permettre la suppression de ces libertés au nom d’idéologies totalitaires qui se cacheraient derrière ce mot ?

Alors de deux choses l’une, ou bien la démocratie n’est qu’une idéologie à tendances totalitaires comme les autres, et n’implique pas la défense des libertés, ou bien nous ne sommes plus (l’avons-nous jamais été ?) en démocratie.

Dans la deuxième hypothèse, j’aimerais bien qu’on m’explique dans quelle type de société nous sommes. Quelle mission aux politiques est assignée, quelle est le rapport entre pouvoir et libertés ?

Car, à part « libérer sexuellement le pays », ce qui selon Aldous Huxley est le meilleur moyen d’abrutir un peuple poussé au matérialisme et à l’individualisme jouisseur, le priver de conscience et l’amener à devenir un consommateur obéissant aux injonctions consensuelles, nos gouvernements de droite ou de gauche enfilent les pantoufles du libéralisme et se soumettent sans barguigner au diktat des marchés.

L’Etat, qui est lui même un valet servile de la finance internationale, peut survivre. Mais en fait il ne s’agit même plus de l’Etat au sens originel, mais d’une faction captatrice du pouvoir, et quel pouvoir, visant à développer une stratégie contre ses rivaux, plutôt que de mener la barque nationale à bon port.

Ainsi disposant de quelques leviers bien pratiques comme la police et la justice, cette bande organisée en use et en abuse pour défendre ses intérêts particuliers. C’est comme ça qu’on entre en dictature sans s’en rendre compte.

Alors oui, on est peut-être en « démocratie », mais on voit aussi de plus en plus de CRS dans nos rues, de plus en plus de flics en civil dans nos manifestations et de plus en plus de répression judiciaire , non contre les délinquants, mais contre les contradicteurs du système.

Et ça c’est mauvais signe.

Olivier Perceval

Source: Action Française

06/07/2013

Repenser la prison

Repenser la prison

A l'occasion de « l'affaire Nicolas », les droitards découvrent avec horreur et affliction que les geôles françaises peuvent être insalubres et crasseuses. Shocking !

Des conditions de détention dont, bien sûr, ils se contrefoutaient il y à peine quelques mois, quand elles ne concernaient que des racailles, des malades, des « hooligans » et des écrivains révisionnistes...

Au contraire, ils n'étaient pas les derniers à se plaire à affirmer que les prisons ne « devaient pas être des colonies de vacances » et se scandaliser que quelques « fumeux gauchistes » se préoccupent du « bien-être » des prisonniers, ces hommes extraits du monde et qui n'existent plus pour personne.

« Oui, mais la différence c'est que Nicolas ne mérite pas son incarcération alors que les autres détenus, eux, la méritent ! » rétorquera-t-on sans doute. Certes, l'affirmation n'est évidemment pas fausse mais largement subjective et un peu rapide.

Tout d'abord, combien de détenus se trouvent – ou se sont trouvés-, pour une raison ou une autre, dans le même type de situation que Nicolas ? Et même en ne considérant que « ceux qui le méritent » (notion qui elle-même, sans tomber dans le relativisme ni le laxisme, devrait être méditée...), le fait de les laisser croupir dans des prisons indignes et surpeuplées est-il une solution non seulement « humaine » mais ne serait-ce que simplement efficace ? Ajouter la promiscuité, l'humiliation, l'inactivité et la violence à la privation de liberté permet-il d'envisager la détention comme autre chose qu'une gigantesque usine à récidive, ce qu'elle est aujourd'hui ? L'échec total du système carcéral français qui ne protège plus, ne dissuade plus et réinsère encore moins devrait nous pousser à nous pencher sur la question. Réinsertion, formation, éducation, peines alternatives, ne sont en effet pas des gros mots réservés à de niais utopistes à dreadlocks, mais des armes qui, intelligemment articulées avec la répression et des peines véritablement exemplaires, peuvent éviter à la France une dérive à l'américaine.

A moins de considérer que quiconque a commis un crime ou un délit est une personne irrécupérable pour la société qu'il convient donc de simplement « éradiquer » du paysage social, il apparaît urgent d'envisager une réforme ambitieuse et profonde du système judiciaro-carcéral. Si les solutions ne sont ni simples ni évidentes, ce sujet mérite en tout cas plus d'attention et de réflexion que l'habituel discours simpliste que lui accorde « la droite », dans l'acceptation la plus large du terme. Un programme politique digne de ce nom devrait s'y atteler.

Source: A moy que chault!

03/07/2013

Réfléchir et Agir #44: Notre socialisme identitaire

 

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    Au sommaire :

    Médias

    Mc Luhan, le prophète de la modernité

    Dossier : Face à la gauche et à la droite du capital, notre socialisme identitaire

    Renouons avec notre socialisme

    Notre tradition anticapitaliste et sociale

    Le capitalisme, un génocide culturel

    Entretien avec Pierre Jovanovic

    Entretien avec Roberto Fiorini

    Comment la gauche a trahi le monde du travail

    Débat : peut-on encore se dire socialiste ?

    Entretien avec Alain de Benoist

    Autour de quelques axes de travail


    Entretien

    Gérard de Villiers

    Hommage

    Dominique Venner

    Réflexion

    Giorgio Locchi, le mythe surhumaniste

    Littérature

    Giono, l'expèrience du Contadour

    Un livre est un fusil

    Jean-Yves Le Gallou : la tyrannie médiatique

    Cinéma

    Jess Franco, l'Ed Wood du bis européen

    Art  

    Quand Marinetti et les siens écrivaient le futur

02/07/2013

Belgique, je me marre..., par Michel Drac

Novembre 2007. La Belgique a 177 ans, ce qui est beaucoup pour un Etat sans nation. On raconte qu’elle va enfin officialiser sa disparition. Ce qui est la moindre des choses, pour un pays qui n’a de toute manière jamais existé. La seule vraie question, c’est : que va-t-on faire de la dette, l’énorme dette belge ? La Belgique risque donc de se survivre encore quelques temps, mais comme une simple structure de liquidation judiciaire.

Il y a des leçons à tirer de l’affaire belge.

La première leçon, c’est qu’un Etat, ça ne fait pas forcément une nation. L’Etat belge a existé 177 ans. Mais la nation belge n’est jamais née. Et partis comme ils sont, Wallons et Flamands pourraient de toute évidence coexister encore mille ans, qu’ils ne formeraient toujours pas une nation.

Pourquoi la Belgique a-t-elle échoué, là où la France, l’Allemagne ou la Suisse ont réussi ?

Première raison : parce qu’il n’y avait pas de majorité. En France, il y a eu historiquement, depuis très longtemps, un centre fort, beaucoup plus fort que ses périphéries. En Belgique, ni les Flamands ni les Wallons ne sont assez faibles pour capituler comme les Bretons ou les Provençaux durent s’y résoudre devant les Français d’oïl.

Deuxième raison : parce qu’il n’y a pas d’âme belge. La Belgique, historiquement, n’est qu’une tentative pour incarner la bourgeoisie. C’est bien pour ça que Baudelaire, l’aristocrate, s’est tellement moqué d’elle. La Belgique est née au Théâtre de la Monnaie – déjà, ça commençait bien. Un soir de 1830, on joue je ne sais plus quel opéra, à Bruxelles. Les bourgeois du coin profitent de l’air du ténor pour fomenter une émeute. C’est ainsi qu’en France, dans la bataille d’Hernani, on avait forgé la république des lettres. En Belgique, on s’imagina que cela permettait de créer une nation. Erreur fatale : en cette année 1830, la bourgeoisie belge, surtout francophone et totalement catholique, proclamait son indépendance d’avec la bourgeoisie calviniste hollandaise. On en déduisit que la nation belge était née : c’était idiot. La bourgeoisie belge pouvait bien mimer les révolutionnaires de 1789, il n’en sortirait aucune nation. La Belgique des bourgeois n’eut aucune âme à confisquer pour s’en remplir, ce ne fut jamais qu’une baudruche – un club de rentiers déguisé en pays. La Belgique, c’est ce que la France des thermidoriens eût été, si elle n’avait eu, pour se donner une substance, un millénaire d’idéal français. C'est-à-dire, très exactement : rien.

Troisième raison : parce qu’il n’y a pas d’identité belge, pas de substrat ethnique. On aura beau dire, on aura beau faire, aucun corps politique ne perdure, s’il n’est pas habité par une identité, qui rend ses membres plus proches entre eux, d’une manière ou d’une autre, qu’ils ne peuvent l’être des étrangers. C’est ce qui explique la sympathie paradoxale des identitaires français pour les identitaires flamands. Les Flamands ne comprennent pas pourquoi ils devraient former une nation avec des gens qui ne parlent pas la même langue qu’eux, qui n’ont pas la même conscience historique longue qu’eux, et qui n’ont pas les mêmes coutumes qu’eux. Ça tombe bien : les identitaires français pensent exactement la même chose des immigrés extra-européens qu’on leur donne maintenant comme compatriotes. Le principe identitaire est en train de défaire le principe national – ou du moins il conteste que le principe national puisse exister indépendamment de lui. C’est vrai à Anvers, et c’est vrai aussi à Dreux, à Nice ou à Strasbourg.

Quatrième raison : parce que la classe politique belge est corrompue. De la sordide affaire Dutroux aux errements du parti socialiste « wallon » (je mets des guillemets, on comprendra pourquoi en étudiant la composition ethnique dudit parti), le moins qu’on puisse dire, c’est que la politicaillerie belge ne sent pas la rose. La déconsidération des milieux politiciens, en Wallonie en particulier, a atteint outre Quiévrain des niveaux inédits sous nos latitudes européennes. C’est assez difficile à croire, mais en comparaison des Belges, nous sommes bien lotis sur ce plan.

La leçon à tirer de tout ceci, c’est décidément qu’un Etat, une superstructure juridique d’arbitrage socio-économique, le Léviathan de Hobbes en somme, eh bien ça ne peut pas fabriquer un pays. On peut à la rigueur se passer d’identité ethnique, comme en France, si l’on a une âme, un idéal, une identité spirituelle et culturelle en somme. On peut aussi se passer de communauté spirituelle, quand on possède un substrat ethnique – comme en Allemagne. Et l’on peut faire fonctionner un pays sans unité linguistique, comme en Suisse – à condition d’avoir une âme et un substrat ethnique. Mais quand on n’a ni unité linguistique, ni substrat ethnique, ni âme, c’est perdu d’avance. Ça se termine comme ça va se terminer en Belgique : quand le club de rentiers n’a plus personne pour le réunir, à part le syndic de faillite.

Mais, mais…

Dîtes-moi…

Une superstructure juridique inventée par la coalition des bourgeoisies.

Pas de majorité, mais une addition de minorités.

Pas d’unité linguistique.

Pas de substrat ethnique.

Pas d’âme.

C’est l’Europe de Bruxelles que nous décrivons, là, non ?

Michel Drac

Source: Scriptoblog