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16/11/2014

Walking Dead

J'avoue avoir de plus en plus de mal avec la propagande en faveur de la dite « famille traditionnelle européenne » qui se répand, notamment sur les réseaux sociaux, à grand coups d'images de parents et d'enfants (nombreux) aussi blonds qu'hilares marchant dans des champs de fleurs ou joyeusement réunis autour d'un grand feu irradiant leurs visages satisfaits et confiants. Des cohortes de pub Herta faisant face à l'ignominie des dégénérés en tenue de cuir défilant à la Gay Pride un plumet dans le fondement. Depuis que je suis en âge de raison, où à peu près, c'est pourtant une toute autre vision de la « famille traditionnelle » qui s'est imposée à mes yeux. Je ne crois pas à la validité des images d'Epinal, ni à l'intérêt d'opposer un mensonge à une forfaiture. Il faut combattre le mariage homosexuel parce qu'il est la voie d'accès à l'adoption, à la PMA, la GPA, à la marchandisation du corps et de l'humain, à la financiarisation de la maternité, au triomphe du désir individuel sur l'intérêt général, à la négation des filiations naturelles. Mais la défense de la « famille traditionnelle », arrêtons les fantasmes et mauvaises plaisanteries ! On ne défend pas un cadavre, on ne fait pas d'un souvenir un fondement, ni d'une exception une alternative.

Déjà dans mes classes de primaire, qui remontent désormais presque à Mathusalem, la moitié de mes camarades étaient enfants de divorcés. Et je me souviens aussi, plus tard, de ces copines qui avaient des sœurs qui auraient pu être leurs filles parce que papa avait décidé de « refaire sa vie » avec sa secrétaire . Mères de 5 enfants abandonnées, violences conjugales, ennui, médicamentation et psys à tous les étages, hypocrisie sociale, adultère, 1 mariage sur 3 qui ne dépasse pas les 5 ans, 45% de taux de divorce, grands donneurs de leçon de morale incapables de tenir leur bite ... la voilà la « famille hétéro traditionnelle »... Sans compter que 40% des inscrits sur Meetic sont déjà en couple ou mariés, que les sites comme Gleeden se multiplient et prospèrent, que les pères de famille se branlent en webcam sur chatroulette. Je connais même des amis qui dormaient sur le canapé du salon pendant que leur femme se faisait sauter par leur nouvel amant dans la chambre après avoir couché leur fils dans la pièce d'à côté. Soyons réalistes, cessons de nous leurrer, ne tombons pas dans cette vision « bisounours » que nous reprochons tant à nos adversaires sur d'autres sujets. La « famille traditionnelle » est morte et enterrée, ne survivant que dans des ghettos souvent très artificiels, et elle n'a pas attendu les revendications LGBT pour cela. Individualisme, égoïsme, hédonisme, relativisme et psychologisme en sont venus à bout bien avant le premier amendement sur le Pacs.

Il n'y a plus rien à sauver ou à conserver, il faut reconstruire et réinventer.

X. Eman

Source: A moy que chault!

06/11/2014

Echec de LMPT, victoire des « zadistes » : la force de la violence (J.Y. Le Gallou)

Echec de LMPT, victoire des « zadistes » : la force de la violence

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La Manif pour tous a fait descendre dans la rue des centaines de milliers de personnes. C’est une formidable réussite sociétale : à terme, la génération 2013 remplacera la génération 68. Mais c’est un échec politique. En interdisant à leurs troupes, le 24 mars 2013, de descendre sur les Champs-Élysées (et en condamnant ceux qui s’y sont retrouvés), les dirigeants de LMPT ont permis le vote de la loi Taubira. En se félicitant de l’absence de tout incident le 5 octobre 2014 (et en collaborant avec la préfecture de police contre les « trublions » possibles), les dirigeants de LMPT ont donné quitus au gouvernement pour ses mauvaises actions ; tout en lui donnant un feu vert pour démanteler le principe d’universalité des allocations familiales. En deux ans, jamais autant de mesures antifamiliales n’ont été adoptées.

Les « zadistes », les occupants illégaux de terrains menacés par des projets d’aménagement, sont moins propres sur eux que les manifestants LMPT et beaucoup moins nombreux : quelques centaines d’activistes, quelques milliers de manifestants à Sivens, quelques dizaines de milliers à Notre-Dame-des-Landes.

Mais leurs violences ont débouché. À l’arrêt du projet d’aéroport après l’action des « casseurs » à Nantes. À la suspension du barrage dans le Tarn après la mort de Rémi Fraisse, dans le cadre d’une action pourtant normale de rétablissement de l’ordre par la gendarmerie. Je me réjouis, pour ma part, de ces retraits : en luttant contre l’artificialisation infinie des sols français, les « zadistes » défendent de facto nos paysages et notre patrimoine, et par là même …l’identité de la France. Comme les « terroristes » corses l’ont fait en retardant le bétonnage de leur île.

Reste que c’est deux poids, deux mesures. Une action bon enfant contre le « mariage gay » devient aux yeux des médias un « débordement violent de l’extrême droite ». Et il devient interdit de contester l’application de la loi Taubira : « une loi de la République » que maires UMP et FN mettent en œuvre scrupuleusement. En revanche, les actions infiniment plus violentes des « zadistes » bénéficient de l’indulgence des médias. Et José Bové les justifie au nom de la « désobéissance civique ». Un terme qui n’est pas sans force et qui rappelle Antigone. D’autant qu’aujourd’hui la démocratie dite « représentative » a été détournée par les lobbys.

La conclusion est sans appel. À l’aube du XXIe siècle, la violence illégale, mais parfois légitime, reste un acteur majeur des décisions politiques. On ne fait pas d’omelette sans casser d’œufs.

Jean-Yves Le Gallou

Source: Boulevard Voltaire

05/11/2014

Ecologie politique et combats locaux

 Ecologie politique et combats locaux

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Le décès de Rémi Fraisse survenu dimanche 26 octobre lors d'affrontements avec la gendarmerie mobile sur la zone d'opposition au barrage de Sivens a provoqué récemment quelques remous au sein de la mouvance dite « d'extrême-droite ». Encore faudrait-il s'entendre sur la définition de cette formule. Pour ma part, je ne me suis jamais senti de « droite » et encore moins « d'extrême-droite ». Mais là n'est pas l'essentiel. Il est officiellement admis à l'heure où j'écris ces lignes que le jeune étudiant toulousain de 21 ans est décédé du jet d'une grenade offensive sur le haut du dos. « Les examens réalisés sur le sac à dos de Rémi Fraisse ne mettent en évidence aucune substance, sinon le TNT présent dans la grenade utilisée par la gendarmerie », a affirmé à l'AFP une source proche du dossier. « C'est donc bien l'explosion de la grenade qui a causé la mort de Rémi Fraisse », a précisé cette source. 1 Il est intéressant de noter dans cette affaire que le gendarme incriminé ne fait pour le moment l'objet d'aucunes poursuites. « J'estime qu'il n'y a pas de faute intentionnelle volontaire », a annoncé laconiquement le directeur général de la gendarmerie nationale, Denis Favier. Certes ! Reste alors à déterminer pourquoi les forces de l'ordre ont donné trois versions très différentes de leur interprétation des faits.

A l'annonce de ce drame, les réseaux sociaux se sont enflammés. Dans nos cercles proches, les commentaires les plus navrants ont pu être appréciés. Certains ont tenu à marquer leur absence de « pitié pour ce jeune mort, aucune sympathie pour ces punks à chiens a dreadlocks. ». D'autres ont carrément comparé avec cynisme le combat qui se livre à Sivens «  avec les raves ou on tombe toujours sur un teufeur HS quand on déblaie les ordures après la teuf... ».

Et la vérité dans tout ça ? « Rémi n’avait aucune implication dans des mouvements politiques organisés, sinon ses activités de botaniste dans l’association France Nature Environnement. Il participait à la protection de la nature dans la région toulousaine » écrivent ses amis. «  Rémi est venu à Sivens le samedi 25 octobre presque par hasard. Ce n’était pas un militant, encore moins un activiste. Mais il s’intéressait à la protection de l’environnement, se sentait concerné par ce combat. Comme il connaissait d’autres personnes qui y allaient, il a voulu s’y rendre aussi pour afficher un soutien pacifique » témoigne Anna2.

La réalité est parfois dure à entendre lorsqu'on est intimement persuadé que tout manifestant écologiste est nécessairement un gauchiste crasseux et drogué. La réalité justement, c'est que la mouvance identitaire a abandonné le combat local et enraciné pour parader dans d'inutiles manifestations en agitant de petits drapeaux roses. Qui peut croire sérieusement au pouvoir révolutionnaire de Frigid Barjot ? L'action n'est pas vide de sens mais reste symbolique. « On ne fait pas la révolution avec la« France tranquille » des pousseurs de poussettes et des gens bien élevés » a écrit Alain de Benoist3.

Si la gauche libérale a très bien su utiliser le combat culturel en son temps , les écologistes radicaux ont bien compris aujourd'hui que le combat se livre sur le terrain face aux forces de l'ordre si besoin est. Ils ont bien intégré que lorsqu’on s’attaque à l’ordre en place (qui n’est le plus souvent qu’un désordre établi), les forces de l’ordre sont des forces ennemies (Alain de Benoist). 

La lecture des vidéos prisent à Notre-Dame-des-Landes ou à Sivens témoigne d'un courage indéniable et d'une organisation intéressante. Les manifestations de Nantes et Toulouse du 1er novembre éclairent ce que peut être une action concertée. Ces images démontrent surtout qu'il n'est pas nécessaire d'être un bodybuilder de garage pour faire reculer des gendarmes mobiles. Des gens ordinaires le peuvent tout autant. Il existe une pathologie déviante de la mouvance identitaire à croire au « petit matin » et à la milice armée salvatrice. Seuls les idiots utiles du système y croient encore. Pire, a-t-on vu récemment des groupes identitaires affronter les forces de l'ordre autrement que par simple goût de la violence ? Il nous faut abandonner une bonne fois pour toute le fatras des « néo » et le décorum qui va avec.

S'ingénier à jouer aux stratèges en chambre et au « petit géopoliticien amusant » croyant résoudre le conflit Russo-Ukrainien ne nous servira pas plus. Ceux qui rêvent de faire des stages en Ukraine ne valent guère mieux que les djihadistes en route pour la Syrie. Pire, ils se trompent de combat et d'époque. La lutte doit se mener ici et maintenant. L'écologie radicale et le mouvement de la décroissance s'intègrent parfaitement aux enjeux identitaires. Par son soucis de relocaliser, de redistribuer et de retrouver le sens des limites, l'écologie politique est d'essence profondément ethno-culturelle. Si nous n'intégrons pas aujourd'hui ces nouveaux paradigmes, nous sommes voués à disparaître avec le capitalisme que nous combattons. L'enjeu n'est pas de faire renaître un fascisme « immense et rouge » mais d'inventer la démocratie écologique locale de demain.

Les zadistes ont démontré que l'action de terrain enracinée peut porter ses fruits. Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes semblent abandonné alors que celui du barrage de Sivens paraît prendre le même chemin.

Au risque de me répéter, il se trouve parmi les zadistes des militants pour qui le capitalisme mondialisé est l'ennemi numéro un et avec qui nous pourrions sans aucun doute définir des convergences de luttes. Il nous faut à cette fin rejoindre des combats écologiques locaux. Reste à définir lesquels, sous quelle bannière et de quelles manières les intégrer. C'est tout l'enjeu des mois à venir.

Guillaume le Carbonel/C.N.C

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

 1Le Figaro, édition du 31.10.14

 2Site Reporterre, Les proches de Rémi Fraisse témoignent, GRÉGOIRE SOUCHAY.

 3Site Boulevard Voltaire, ITW du 15.07.2013

La Décroissance #114: "Non à la barbarie !"

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04/11/2014

Conférence: Lucien Cerise " Ingénierie sociale du conflit identitaire"


Conférence organisée par le Cercle de l'Esprit Rebelle (réseau MAS) à Toulouse

01/11/2014

Chronique de livre: Georges Feltin-Tracol, En liberté surveillée (Réquisitoire contre un système liberticide)

De la Servitude universelle

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L'émergence, dans la France chloroformée par des lustres d'endoctrinement, de discours émollients, et de délires idéologiques, d'un mouvement contestataire protéiforme, qui se décline par des manifestations impressionnantes, des opérations spectaculaires de dénonciation, des actes de résistance, a encouragé la prise de parole de Français, longtemps tenus de se taire et de souffrir en silence.
George Feltin-Tracol est l'un de ceux-là. Il nous propose régulièrement des analyses pertinentes sur notre monde, passe au peigne fin, si l'on ose dire, la question du contrôle de la société par les puissances étatiques, financières, médiatiques, dont l'objectif est d'instaurer un État mondial de tonalité totalitaire. Son ouvrage, En Liberté surveillée, remarquablement documenté, se veut, en même temps, une chronique des prémisses d'une « mise au pas » de la société française par un régime qui n'a plus aucune espèce d'inhibition « démocratique ». Les résistances multiformes, que tout le monde a en mémoire, et qui témoignent de la richesse plurielle (terme adéquat, cette fois!) de la lutte populaire, par exemple les manifestations contre les spectacles blasphématoires « Piss Christ », « Golgota picnic », l'affaire de Tarnac, le « cas » Dieudonné, la « Manif pour tous », ont pour réponses  les emprisonnements politiques, la censure, la brutale répression policière, les manipulations. La sphère politique est empoisonnée par l'idéologie nihiliste, les « nouvelles sacralités », qui suscitent des « phobies », lesquelles arment le bras de la « Justice », sans compter la vidéo-survillance, qui contrôle les routes et les rues, la novlangue, qui formate les consciences, l'endoctrinement scolaire, le néo-puritanisme, expression extrême de la clitocratie triomphante, dont l’égérie est la Suède, matrice du totalitarisme postmoderne dévirilisant, infantilisant, Grande Nursery dont Big Mother est la maquerelle fouettarde. Ces liens tressés par des Lilliputiens doctrinaires, liens dont le plus puissant, en ce moment, est incarné par le communautarisme, pendant symétrique d'un individualisme consumériste, sont destinés à étouffer notre identité... Ainsi cette entreprise liberticide évoque-t-elle la mise en place d'un despotisme nouveau, plus complexe, plus subtil, plus savant que les anciennes tyrannies, qui n'étaient que des ateliers artisanaux à côté de lui.


L'analyse ne se limite pas à une recension de notre servitude organisée, mais aussi à ses causes. La description de l' « État profond » est d'un intérêt capital : il s'agit en effet d'une « structure de gouvernement à la fois invisible et continue », qui gère réellement la société, tandis que les institutions apparentes, souvent élues, « représentatives », ne sont là que pour exécuter, ou amuser la galerie.

George Feltrin-Tracol, En liberté surveillée (Réquisitoire contre un système liberticide), Éditions Les Bouquins de Synthèse nationale, 23€

Claude Bourrinet

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.