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10/08/2012

Pussy Riot : pourquoi une telle médiatisation? par Alexandre Latsa

Pussy Riot : pourquoi une telle médiatisation?

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La presse étrangère s’est passionnée pour un fait divers pourtant relativement sans importance : le dit procès des Pussy Riot. Reprenons les faits. Le 21 février 2012, 3 jeunes femmes encagoulées et déguisées envahissent la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou avec guitares et matériel sonores, et y entament une sorte de prière sous forme de chanson, blasphématoire et grossière (Avec des paroles telles que "Sainte Marie mère de Dieu, deviens féministe" ou encore "merde, merde, merde du Seigneur"), politiquement dirigée contre le candidat à l’élection présidentielle Vladimir Poutine, mais également contre le patriarche orthodoxe accusé de "croire en Poutine plus qu’en dieu". Les jeunes femmes sont rapidement interpellées, arrêtées et déférées devant un tribunal qui ordonne leur mise en détention préventive en attendant leur procès, qui a lieu actuellement. L’église orthodoxe a de son côté  réagi en organisant une grande manifestation autour de cette même cathédrale en avril dernier, manifestation dédiée à "a correction de ceux qui souillent les lieux sacrés et la réputation de l’Eglise" et a laquelle ont pris part des dizaines de milliers de fideles pour afficher leur soutien à l’église et au patriarche.


Le main Stream médiatique a largement surmédiatisé cette affaire. Pour certains la Russie "retournerait au moyen âge", quand d’autres estiment que le pouvoir "durcit sa répression" qui serait dirigée contre la « société civile qui se mobilise». Enfin la majorité des commentateurs ont estimé que les 3 jeunes femmes seraient en prison à cause de leur "prière anti-Poutine". Le groupe Pussy Riot s’est créé en 2011 quand il a semblé clair à ces jeunes femmes que la Russie manquait cruellement d’émancipation politique et sexuelle. L’une des trois jeunes femmes arrêtée, Nadezhda Tolokonnikova, est par ailleurs une militante active LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres). Les chansons du groupe traitent principalement des ravages de la routine dans la vie quotidienne, des conditions de travail difficiles pour les femmes et de la bonne façon de réprimer les hommes.

Si beaucoup de journalistes français présentent les jeunes filles comme les victimes d’une Russie quasi-totalitaire, il faut néanmoins rappeler que les Pussy Riot ont plusieurs fois durant les derniers mois organisé des actions "coup de poing" portant atteinte à l’ordre public (voir par exemple ici ou la). Pussy Riot n’est en outre pas seulement un groupe de rock, mais le volet musical d’un groupe anarchiste du nom de Voina (la guerre) et qui ces derniers mois a revendiqué de nombreuses actions que l’on peut ne pas trouver ni "drôles" ni "subversives". Parmi elles l’organisation d’une orgie sexuelle avec des femmes enceintes dans un musée (le nom de l’action étant une insulte violente adressée au président Medvedev), se montrer en public nu et couvert de cafards, se masturber avec une carcasse de poulet dans une épicerie et en sortir en marchant avec la carcasse enfoncée dans les parties génitales, l’attaque à l’urine sur des policiers ou encore de tenter d’embrasser sur la bouche des représentants de l’ordre du même sexe. Ajoutez à cela de dessiner à la peinture des penis géants sur les routes ou encore la destruction de véhicules de police.

Bien sur donc, celles-ci ne sont pas en détention provisoire et jugée pour des délits d’opinion, contrairement à ce que l’on peut être amené à croire en lisant la presse internationale, mais parce qu’elles font face à une accusation de hooliganisme, punie  jusqu’à 7 ans de prison en Russie. Les commentateurs français qui lèvent les yeux au ciel lorsqu’ils prononcent cette durée de peine feraient bien de relire le code pénal français, et surtout l’article 322-3-1 qui punit de sept ans de prison et 100.000 € d’amende la dégradation d’un bien culturel exposé dans un lieu de culte. A ce jour, si aucune dégradation n’a cependant été (à ce qu’il semble) constatée lors de leur intervention, il est plausible que les Pussy Riot soient condamnées pour dédommager "les profondes blessures morales infligées à des chrétiens orthodoxes" et ce malgré l’intervention en leur faveur de Vladimir Poutine. Mais surtout et probablement à titre d’exemple pour créer un précédent destiné à ne pas déstabiliser la société russe. La Russie est un pays multiconfessionnel, pluriculturel, et qui sort de relatives tensions interreligieuses et intercommunautaires à la dislocation de l’Union-Soviétique. C’est un pays encore aujourd’hui victime du terrorisme fondamentaliste et qui maintient assez habilement et une cohabitation entre des groupes religieux et ethniques très variés, sur un territoire gigantesque. Plus que cela, au sortir de presqu’un siècle de dictature athéiste, le renouveau de la foi est quelque chose de particulièrement sensible.

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Leur procès qui a débuté le 30 juillet 2012, passionne sans doute plus les commentateurs étrangers que russes. De nombreuses figures de la société civile et de l’intelligentsia libérale russe ont manifesté leur soutien aux Pussy Riot, tout comme l’internationale du Show-bizness, allant des stars de musique internationalement connues comme Madonna, Sting, Patty Smith ou encore des acteurs américains comme Danny de Vito. En face, l’église orthodoxe fait relativement front unique, le porte-parole du patriarcat (le très conservateur Vsevolod Tchapline) affirmant même que les jeunes femmes avaient commis un "crime pire qu’un meurtre" et devaient être "punies". Le département d’état américain, via le porte-parole de la diplomatie américaine Patrick Ventrell, a enfin lui déclaré que du point de vue des États-Unis, l'affaire Pussy Riot était politiquement motivée et que Washington la considérait comme un harcèlement de l'opposition. Récemment c’est donc le président russe Vladimir Poutine lui-même est lui-même intervenu, appelant à la clémence et jugeant que les Pussy Riot avaient obtenu ce qu’elles souhaitaient, à savoir un battage médiatique fort. Ce faisant, il coupe l’herbe sous le pied à ceux qui ont affirmé que les Pussy Riot étaient enfermées pour des raisons politiques, car elles s’en seraient prises à lui via les paroles de leurs chansons. Mais malgré l’énorme battage médiatique qui est consacré à ce procès, seuls 15% des Russes sondés à ce sujet souhaitent que ces dernières soient amnistiées.

Je reste donc perplexe face a cette affaire et doute par ailleurs très sincèrement que nombre de commentateurs puissent trouver "drôle et subversive" une action similaire dans une mosquée, une synagogue ou un temple bouddhiste, notamment en France. On peut du reste se demander ce qui pousse des gens quels qu’ils soient à aller importuner des croyants quels qu’ils soient et porter atteinte à l’intégrité de lieux de cultes quels qu’ils soient.

Preuve de l’utilité certainement unique de leur action, un journaliste au pseudo de Dick Riot accompagne désormais chaque événement politique de l’opposition en tentant de discuter et de poser des questions, le visage vêtu d’une cagoule noire, tout comme les Pussy Riot. Visiblement, les leaders de l’opposition interrogés, qui soutiennent pourtant tous très activement les Pussy Riot, n’apprécient guère la plaisanterie (voir ici).

Deux poids deux mesures ?

Alexandre Latsa

Note: Alexandre Latsa est un journaliste français qui vit en Russie et anime le site DISSONANCE, destiné à donner un "autre regard sur la Russie". Il collabore également avec l'Institut de Relations Internationales et Stratégique (IRIS), l'institut Eurasia-Riviesta, et participe à diverses autres publications.

Source: Ria Novosti

Le Cercle Non Conforme est rassuré de voir qu'il existe encore des journalistes français sérieux sur cette planète.

11:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0)

08/08/2012

La merveilleuse histoire de Zahia

La merveilleuse histoire de Zahia

zahia7.jpgVous souvenez-vous de Zahia ? J’imagine que non. Votre collègue au bureau s’en rappelle certainement, il suffit de regarder la TV ou de feuilleter Elle. C’est pourtant pas sorcier. 
Zahia, c’est un symbole fort de la société moderne et de l’état de pourrissement d’icelle. Un conte de fées moderne qui part de la prostitution et qui aboutit à la célébrité et au show-biz.

Rappel des faits : en 2010, on fait tout un foin dans les medias autour du sinistre Franck Ribéry, le footballeur français à la beauté légendaire. Celui-ci  est alors inquiété pour une affaire de mœurs. Il a en effet payé les services d’une prostituée mineure au moment des faits, la fameuse Zahia. Passons sur les développements.

Du jour au lendemain, on ne parle plus que de cette Zahia Dehar. Elle est mineure, sexy, est née en Algérie, se prostitue alors qu’elle n’est pas majeure et en plus elle a couché avec une icône de la société française. Bref, elle a le CV parfait pour les médias qui lui font une promotion incroyable, c’est la célébrité du jour au lendemain ! Triste époque. N’importe quelle société saine aurait relégué notre jeune « travailleuse du sexe » dans les poubelles de l’actualité. Mais ce serait bien mal connaître la nôtre…

zahia-entrevue.jpgGrâce à cette célébrité bien pitoyablement obtenue, Zahia perce dans la mode, est photographiée par l’immense Karl Lagersfeld, lance une gamme de lingerie féminine et fait maintenant partie des « people ». Et vous en entendrez parler de Zahia, croyez-moi. L’actrice Isabelle Adjani aurait d’ailleurs l’intention de produire un documentaire sur Zahia… Et oui, un documentaire. Et il aura plus de succès qu’un documentaire traitant de telle ou telle question culturelle. Ca n’intéresse pas ça. Non. On préfère voir le cul de Zahia et savoir quelle robe elle a porté lors du dernier dîner organisé par Stéphane Bern. Avec un peu de chance, on saura avec qui elle couche… D’ailleurs, le Parisien n’hésite pas à faire un article  sur ce fantasme vivant car celle-ci a publié trois photos « sexy » sur son twitter. Imaginez donc, ces photos de la déesse ont mis « le feu à Twitter ». Information capitale qui permettra comme tant d’autres de dévier l’attention du chaland et d’éviter de parler de ce qui importe vraiment.

Mesdames, ou plutôt Mesdemoiselles, les médias veulent vous montrer avec l’histoire de Zahia qu’il ne faut pas avoir peur des expériences et que la prostitution a quand même du bon. Mais oui ! Si Zahia ne s’était pas prostituée, elle n’aurait pas ce destin exceptionnel ! On commence prostituée, on finit « people » dans le monde de la mode. En 2 ou 3 ans. En voilà de l’ascension sociale (et un bel exemple d’intégration réussie !!) ! Zahia, qui n’est arrivée en France qu’à l’âge de 10 ans (oui, elle a la nationalité française, mauvaises langues) est maintenant  une icône de la féminité du monde moderne, aidée en cela par la perte générale des valeurs et par l’un de ses plus puissants vecteurs : le système médiatique.

Rüdiger

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14/07/2012

Méridien Zéro #105 : Diabolisation, nouvelle inquisition, pensée unique ...

Emission dirigée par monsieur PGL accompagné de Jean-Louis Roumegace, Georges Feltin-Tracol et Lord Tesla à la technique. Méridien Zéro recevait Robert Ménard, journaliste (I-télé, Sud Radio), fondateur de Reporters sans frontières, directeur de la rédaction de la revue Médias, Pascal Esseyric et Patrick Péhèle pour la sortie du N° 144 d'Eléments.

NB : Certains auditeurs auront remarqué que Méridien Zéro avait initialement programmé la conférence de Pascal Lassalle sur la Russie, conférence organisée par le Cercle Non Conforme. Mais l'opportunité a été donnée à l'équipe de MZ de réunir voilà quelques jours sur un même plateau Robert Ménard et nos camarades de la rédaction d'Eléments. La diffusion de la conférence sur la Russie est donc déplacée à la semaine prochaine.

pensée unique, éléments, robert ménard,

          

13/07/2012

Condamnation de "Zippo" à deux ans et huit mois: une sentence honteuse qui assassine la justice.

Condamnation de "Zippo" à deux ans et huit mois: une sentence honteuse qui assassine la justice.

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  Deux ans et huit mois de réclusion, c’est la condamnation qui a été prononcée à l’encontre d’Alberto Palladino, responsable de CasaPound Italie du 4e arrondissement de la Ville de Rome et candidat aux élections municipales, à l’issue du procès qui le voyait être accusé d’une agression présumée contre des représentants du Parti Démocratique (gauche socialiste). L’accusation avait pour sa part demandé 3 ans et 10 mois de réclusion. ” La condamnation d’Alberto Palladino - affirme CasaPound Italie - est une honte qui assassine la justice. De plus, c’est une absurdité juridique et la démonstration que, dans ce pays, la vérité est une chose relative, à évaluer sur la base de celui qui la soutient. Ainsi, pour quelques magistrats comme ceux d’Aoste, CasaPound n’a pas le droit de défendre son honneur en Tribunal, et pour d’autres les affirmations d’un représentant du Pd, sans aucune preuve matérielle pour les étayer, valent plus de mille alibis. On arrive ainsi au paradoxe juridique absolu dans lequel une accusation sans preuves vaut plus qu’une défense circonstanciée soutenue par plusieurs témoignages ”. Alberto Palladino a été arrêté le 30 novembre dernier à l’aéroport de Fiumicino, au retour d’un voyage humanitaire en Birmanie, entre les flashs des photographes et une descente spectaculaire des carabiniers: l’accusation est d’avoir attaqué des représentants du Parti Démocrate dans la nuit du 3 novembre dans un quartier où le Pd côtoie quotidiennement les membres des centres sociaux qui ont utilisé toutes les armes possibles pour chasser CasaPound du bâtiment qu’il y occupait pour loger des familles démunis.. Le chef du groupe du Pd de ce quartier est Paolo Marchionne, depuis des années l’adversaire direct de Palladino, et c’est lui qui est à l’origine de la dénonciation, basée sur sa seule parole, sans preuve ni éléments matériels. En effet, les carabiniers arrivés sur les lieux de l’agression présumée, n’ont trouvé ni les fameux agresseurs ni aucune arme que les « victimes » prétendent avoir vues. Pour cet incident et du fait de cette dénonciation, Alberto Palladino est privé de sa liberté depuis plus de 7 mois. Après un mois d’enfermement derrière les barreaux, dont sept jours en isolement, les arrêts domiciliaires lui ont été accordés, situation dans laquelle il lui est interdit de communiquer avec le monde extérieur à l’exception des membres de la famille. Alberto est un garçon de 24 ans, un étudiant engagé depuis des années dans le travail social en tant militant de CasaPound Italie et comme volontaire de la « Communita Solidarista Popoli » au service du peuple Karen. L’accusation ne repose que sur les déclarations de Marchionne, qui soutient l’avoir reconnu pendant l’agression – aucun autre des « agresseurs » n’a été identifié et aucune preuve matérielle n’a été apportée -.

http://zentropa.info/

05/07/2012

Méridien Zéro #104: Panorama actu: la France "normale"...

Ce dimanche le Lieutenant Sturm et PGL animent un Panorama Actu.

Au programme : Le bilan des premières semaines de la présidence Hollande, les élections législatives, la crise européenne, la Syrie ...

A la baguette technique : Lord Tesla

Hollande, crise européenne, élections législatives, Syrie

09/06/2012

Les camarades d'Occitanie fêtent Litha!

 

Les Rebelles fêtent Litha!

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