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23/11/2016

Le système de santé en Russie

Le système de santé en Russie

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François Fillon compte supprimer 500000 fonctionnaires, va-t-il viser la fonction publique hospitalière et s'inspirer du système de santé à deux vitesses de son "ami" Vladimir Poutine ?

Depuis 2010, l'assurance maladie est obligatoire. Mesure libérale si il en est, elle a permis de décharger l'état d'une partie des coûts de santé. Cependant, cette mesure n'a pas été suivie de réformes structurelles. L'espérance de vie stagne, ce qui, de l'aveu même de Poutine, est une "une honte". De fait, si les salaires de médecins (notamment dans l'oblast de Moscou) ont été revalorisé, cela ne s'est pas accompagné d'investissements sur l'équipement. Car dans ce domaine, comme dans d'autres, le régime Poutine a hérité des réformes de l'ère Eltsine. A-t-il changé la teneur de ces réformes ? Si la gratuité des soins médicaux subsiste et figure dans la Constitution, les prémices de son démantèlement apparaissent en 1998. Depuis, et à aucun moment, le processus n'a été remis en cause. Au contraire, il a été accéléré. Le programme de développement socio-économique datant de 2002 prévoyait une extension du secteur privé. A partir de 2005, l'accès aux médicaments gratuits a été supprimé pour une trentaine de millions de Russes. Les compensations, ridiculement basses, pourtant garanties par le gouvernement fédéral, s'élèvent à 8$ par personne et par mois...

La proportion de fonds publics qui sont alloués à la santé représente seulement 7% en 2014 du produit intérieur brut, contre 10% en Europe de l’Ouest, alors même que plusieurs problèmes prennent des proportions ahurissantes. A titre de comparaison, la France est à 11%, alors que des pays comme l'Equateur ou le Chili émargent dans les mêmes proportions que la Russie (source: http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SH.XPD.TOTL.ZS)

Si la consommation excessive d'alcool s'apparente à un suicide à petit feu, un autre problème sanitaire atteint une ampleur inquiétante: les morts du Sida. On meurt 40 fois plus du sida en Russie qu'en France, pour une population 2,1 fois supérieur. Environ 1 millions de personnes sont touchées par la maladie (source: http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SH.XPD.TOTL.ZS). Évidemment, cela reste des données officielles... Pourquoi une telle épidémie alors que le Sida recule dans la majeure partie des pays développés ? Tout simplement à cause de la toxicomanie et les pratiques sexuelles à risque.

Car oui, en Russie, l'avortement est un moyen de contraception normal, au contraire du préservatif, avec tous les risques que cela implique. En effet, la Russie est l'un des pays les plus libéraux en la matière, on y avorte 2 fois plus qu'aux Etats-Unis !! (source: https://fr.rbth.com/chroniques/2013/03/29/les_femmes_russ...). Sur 1000 femmes en âge de procréer, on compte 50 avortements en Russie contre 20 aux Etats-Unis. Sur la toxicomanie, difficile d'avoir des chiffres fiables tant les autorités veulent minimiser le problème, mais nous pouvons apprendre dans un article de RBTH que 8 millions de russes subissent une cure de désintoxication chaque année (https://fr.rbth.com/ps/2013/03/14/la_mortalite_liee_aux_d...).

Sur ces deux problèmes, la Russie aurait besoin d'une politique réaliste et résolue, plutôt que de cacher ces problèmes sous le tapis. Problèmes qui, évidement, ont un impact important sur la démographie et l'économie du pays.

Oui le système de santé est sous tension. En témoigne les manifestations dans les différents hôpitaux en octobre 2015 que se sont bien gardés de relater Russia Today. Un programme de modernisation prévoyait en effet la suppression de 14000 postes... À Moscou seulement, près de 9500 employés médicaux ont perdu leur emploi en 2014. À l’échelle nationale, ce chiffre est estimé à environ 90.000 travailleurs. Encore une fois, l'impact sur la mortalité est conséquente, d’après la Chambre d’audit de la Fédération de Russie, 18.000 décès survenus à l’hôpital auraient un lien avec les réductions de personnel. Le ministère de la Santé a même proposé à un moment de créer des "médecins Skype" afin de remplacer les milliers de postes. En conséquence, les consultations ne durent que 5 minutes maximum par patient, alors qu'une consultation en gynécologie, n'excède pas 15 minutes, paperasserie comprise. (http://www.equaltimes.org/russie-medecins-et-patients-au?...)

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D’ailleurs, les élites ne s’y trompent pas. Lorsque la maitresse de Poutine doit accoucher, elle le fait en… Suisse. (https://www.letemps.ch/suisse/2015/03/13/dulcinee-vladimi...)

En conclusion, si la constitution russe garantit l'accès gratuit aux soins médicaux pour tous, dans les faits, on frise la galéjade. Il y a, en réalité, deux accès aux soins:

- les cliniques privées pour les classes supérieures

- les files d'attente et les hôpitaux vétustes pour les autres.

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Dans un pays où le salaire minimum est de 130€ par mois, réclamer la souscription à une assurance maladie est une gageure. L'objectif du programme de modernisation voulant porter l'espérance de vie à 75ans en 2020 semble un vœu pieu... D'un autre coté, une centaine milliardaires détiennent 30% du pays. On est loin de l'image d'anti-libéralisme... Nombreux sont ceux qui vont se faire soigner à l'étranger, comme les retraités qui travaillent pour payer leurs traitement. Est-ce ce genre de modèle que l'on veut vraiment? Il n'est pas question de l'OTAN, des Etats-Unis et de géopolitique ici....

Ben / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

Note : l'auteur de l'article, Français, a vécu en Russie et en Ukraine.

Commentaires

Qu'en est-il chez les gentils Ukrainiens ?

Écrit par : KGB | 24/11/2016

Répondre à ce commentaire

Aucune idée mais surement très mal à cause des grands méchants Russes pas gentils ^^

Écrit par : Tchiiip | 30/11/2016

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