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09/11/2016

Une nouvelle révolution atlantique ?

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 Une nouvelle révolution atlantique ?

 
La victoire de Trump s'inscrit dans une dynamique d'ensemble de l'Occident que nous allons tenter de décrypter.

Les « révolutions atlantiques »

A la suite de Jacques Godechot auteur de La Grande Nation en 1956, de Robert R. Palmer avec The Age of Democratic Revolution en 1959 et 1964 puis des Atlantic Studies s'affirme le concept de « révolutions atlantiques ». Il s'agit d'une approche globale des mouvements d'idées et des révolutions de la deuxième moitié du XVIIIeme siècle qui permet d'appréhender les bouleversements aux Amériques et en Europe comme un phénomène commun.

En effet, outre les Lumières, véritable phénomène européen qui s'exporte aux Etats-Unis notamment via Jefferson (ambassadeur en France sous Louis XVI), le monde occidental subit de nombreux bouleversements autour de 1780/1790. Les deux principales révolutions, américaine (1774-1783) et française (1789-1799) auxquelles on peut ajouter celle des Caraïbes dès 1791 puis d'autres révolutions, inachevées, en Belgique (1786-1791) ou en Pologne (1791-1794) ou même l'échec aux Provinces-Unies de la révolte contre le Stadhouter (1783 – 1787).

Aux Etats-Unis et en France, les deux révolutions ont une certaine proximité. Elles mobilisent toutes les deux une symbolique et des préoccupations issues de l'Antiquité gréco-romaine comme l'affirmation du citoyen, idéal du propriétaire terrien (1) qui doit être un soldat et un acteur de la vie publique. Toutes deux excluent les femmes de la citoyenneté. Le député montagnard Amar proclamera même devant la Convention le 30 octobre 1793 : « En général, les femmes sont peu capables de conceptions sérieuses. [...] Nous croyons donc qu'une femme ne doit pas sortir de sa famille pour s'immiscer dans les affaires du gouvernement. ». Plus tard, Bonaparte, dans le Code Civil, placera le père au centre du foyer et les femmes seront considérées comme mineures. Les Noirs aux Etats-Unis et les étrangers en France, terre d'invention de la « nation », sont aussi exclus de la citoyenneté.

Si, dans le monde protestant, les révolutions sont plutôt lockienne (de John Locke) ou hobbesienne (de Hobbes) et centrées sur les libertés individuelles, en France celle-ci sera plutôt rousseauiste et centrée sur les libertés collectives. De là le fédéralisme d'un côté et le jacobinisme de l'autre.

On le comprend, depuis les Grandes Découvertes initiées par les Portugais puis par les Espagnols, l'Europe a basculé vers l'Atlantique et cette « mer occidentale » est le théâtre sur lequel s'est joué une partie de notre histoire comme l'atteste l'exemple des « révolutions atlantiques ».

Du 9 novembre au 9 novembre

Le 9 novembre 1989, les habitants de Berlin-est font une brèche puis franchissent le mur de Berlin. C'est alors un vent de liberté qui souffle en Occident et, avec la fin de l'URSS en 1991, c'est la fin du bloc de l'est et du communisme dont il subsiste toutefois quelques scories comme en Corée du Nord ou quelques nostalgies comme en Russie. Fukuyama publie en 1992 La fin de l'histoire ou le dernier homme. L'idée d'un monde en paix, unifié et uniformisé par le libre-échange sous le regard paternaliste des Etats-Unis fait alors son chemin.

Oui mais voilà, la mondialisation heureuse est en réalité depuis 25 ans un cauchemar qui n'a profité qu'aux 1% les plus riches et à une caste d'oligarques et d'apparatchiks qui a su s'entendre avec ces 1%. Le reste ? Ils n'ont plus que la consommation et la société du spectacle pour seul horizon. Endettement, chômage, délocalisation, précarisation, violence, communautarisme, terrorisme, sans oublier le basculement vers le Pacifique, le quotidien des sociétés occidentales s'est profondément dégradé depuis 1991 et l'influence des puissances occidentales a progressivement diminué. Le chaos multiethnique sous fond d'économies arasées par la finance et les pays asiatiques.

A l'international, si quelques puissances émergentes tirent leur épingle du jeu c'est au détriment des conditions de travail, de l'environnement ou des populations autochtones comme les nombreuses populations amérindiennes menacées en Amérique du sud ou les minorités ethno-confessionnelles décimées au Moyen-orient (Chrétiens, Yezidis). Les conflits pour les ressources n'ont fait que s'accroître pour nourrir la bête de la consommation et enrichir quelques privilégiés occasionnant des guerres à répétition en particulier au Moyen-Orient mais aussi en Afrique. Aujourd'hui, la mer de Chine est un territoire explosif du fait des prétentions chinoises.

L'idéologie mondialiste s'est diffusée partout via les médias, le cinéma et la terreur politique : aux Etats-Unis, un propos jugé offensif peut vous valoir une diffusion publique sur Youtube par un.e cinglé.e qui prétend défendre les « minorités » ethniques et sexuelles. Le politiquement correct est omniprésent, les grosses entreprises pratiquent la discrimination positive, vous pouvez être traqué chez vous ou sur votre lieu de travail si vous refusez l'utopie multiculturelle de la mondialisation heureuse.

Voila ce que le peuple des Etats-Unis a envoyé valser le 9 novembre 2016.

Une nouvelle révolution atlantique ?

Après la constitution du groupe de Visegrad, la victoire volée au FPÖ en Autriche, les hauts scores du Front National, le Brexit, voilà que les Etats-Unis portent Trump à la plus haute fonction sur un programme assez clair : rendre l'Amérique grande à nouveau. Comment ? Et bien en s'attaquant à la finance, à l'immigration illégale ou au terrorisme islamiste. Le fera-t-il ? Difficile à dire. Mais ce n'est pas important, comme au XVIIIème siècle, car malgré les différences évidentes entre l'Europe et l'Amérique, l'Occident bat en rythme autour des mêmes préoccupations. Cocus de la mondialisation, menacés dans leur identité, les classes moyennes et populaires blanches, pour la plupart, ont entamé un processus de reprise en main du pouvoir, de rejet de l'oligarchie, de la défense de leurs pays d'un même pas. Le FPÖ, le FN, le Brexit ou Trump sont autant un symptôme qu'un baromètre, à l'instar de ce que fut le « printemps-arabe » dans l'ère civilisationnelle arabo-islamique.

Si Christophe Guilluy parlait de « France périphérique », on pourrait désormais parler « d'Occident périphérique » tant les cartes électorales se ressemblent. Les grandes métropoles multiethniques et les territoires gagnants de la mondialisation soutiennent systématiquement les candidats du Système (Vienne, Paris, Londres, New-York, Los Angeles, etc...) là où les territoires des périphéries et des marges voient leur électorat soutenir massivement les candidats « anti-Système » ou anti-establishment. Même un milliardaire comme Trump car il représente le capitalisme entrepreneurial national et non le capitalisme financier international. Si ce phénomène était isolé à la seule France, on pourrait en tirer des conclusions nationales, mais aujourd'hui, ce n'est plus possible. La victoire de Trump, c'est la victoire des « petits blancs » de l'Amérique oubliée. La victoire de ceux qui en ont marre de subir la culpabilisation en plus du déclassement et de la criminalité.

Dans les années 60 les Occidentaux battaient en rythme autour de la libération des mœurs, du rock n' roll ou des revendications politiques contre la guerre du Vietnam, désormais ils ont des inquiétudes en lien avec les différentes formes d’insécurités : économique, sociale, culturelle ou identitaire. N'en déplaise aux anti-occidentalistes et aux anti-américains primaires, l'Occident fonctionne comme un organisme. Aujourd'hui c'est un organisme qui se défend. La victoire de Trump est donc bien plus significative pour nous que la main mise de Poutine sur la Russie. Pourquoi ? Car Poutine est dans la tradition russe de l'impérialisme tsariste d'origine eurasiatique là où Trump porte une contestation de la mondialisation dans son cœur, les Etats-Unis. La Russie a une histoire très différente de l'Occident sur le plan politique et son rythme lui est propre. L'Angleterre, les Etats-Unis ou la France sont des piliers de la civilisation occidentale (telle que déterminée par Huntington). La victoire de Trump valide donc au moins symboliquement nos orientations récentes sur la Russie et l'Occident.

L'imprévu dans l'histoire ?

Dominique Venner était un passionné de l'histoire des Etats-Unis et il avait bien vu qu'il existait deux Amériques. Mais peut-on pour autant affirmer que l'imprévu dans l'histoire vient de l'élection de Trump ?

Le développement du numérique a beaucoup contribué à ce phénomène, au même titre que l'imprimerie avait pu favoriser le développement de la Réforme au XVIeme siècle qui était un mouvement d'émancipation de Rome assez classique chez les populations germano-nordiques. Perçu comme un moyen de connecter l'humanité, internet a au contraire accentué le phénomène de tribalisation en regroupant les utilisateurs par groupes d'intérêts. Les mouvements patriotes, identitaires et populistes ont su tirer profit d'internet qui permet de contourner la presse officielle, acquise à la mondialisation, par le biais des medias de réinformation. L'imprévu dans l'histoire porte peut-être un nom : Julian Assange. Les révélations de Wikileaks ont grandement aidé Trump, bien qu'évidemment aucun média traditionnel n'en ait parlé. Cela vient en tout cas appuyer une idée que j'ai depuis longtemps et qui déplaira à une partie de notre lectorat, les hackers sont plus utiles que des bataillons de militants impuissants. La victoire de Trump scellera par exemple probablement le sort du TAFTA, ce que n'aurait permis aucun collage d'affiche et aucune manifestation.

La victoire de Trump illustre un phénomène assez récurent : l'homme qui porte les aspirations de son époque et bénéficie des nouvelles méthodes de communication. Même si cela pourra paraître caricatural, reconnaissons que l'excommunication de Luther ne l'a jamais empêché d'impulser la Réforme, car il pouvait s'appuyer sur la création de l'imprimerie dans des territoires qui lui étaient favorables. De la même façon, les mandats d'arrêts contre Julian Assange n'ont pas pu empêcher l’œuvre de Wikileaks. La « nouvelle opinion publique occidentale » est désormais une réalité et elle a peut-être conquis la première puissance mondiale. Il ne s'agit pas ici de voir Trump comme le héraut d'une révolution quelconque, mais d'analyser le phénomène comme un événement de l'histoire immédiate dans le temps long historique.

Une question se pose désormais : la France sera-t-elle à la hauteur de son histoire dès 2017 ?

Jean / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

Relire notre article : Trump sans l'aimer ?

Notes :

1 Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, article 2 : « le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression. »

Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, article 17 : « la propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé [...]»

Commentaires

bonsoir et merci pour tes articles.tres intéressant!

Écrit par : BECKERS | 09/11/2016

Que l'on se réjouisse de l'élection de Trump au pouvoir d'accord. mais de là à renouer avec ce vieux serpent de mer occidentaliste non! Si vous avez effectivement raison de souligner la spécificité du modèle civilisationnel russe et de le distinguer du modèle européen, je ne vois pas en quoi l'"american way of life" serait plus proche du notre. S'il est vrai que depuis 1945, la colonisation culturelle dont nous avons été victime a profondément imprégné l'imaginaire de de nos compatriote cela n'en rend que plus impérieuse la nécessité de nous "décoloniser" mentalement. Vous avez à ce titre tout à fait raison de souligner l'importance de la Réforme protestante dans le logiciel intellectuel occidentaliste : cela nous conforte dans l'idée de son caractère étranger. La France est une vieille nation catholique dont l'imaginaire politique est incompatible avec l'individualisme libéral issu du protestantisme. Pour nous, le pouvoir est issu d'une verticalité transcendante et se diffuse de haut en bas vers une société organique constituant le corps de la Nation dont le Chef est l'âme et non d'un quelconque accord entre des individus indivis et dont la prétendu rationalité garantirait la justesse.
Par ailleurs, comment comparer une nation de vieille mémoire telle que la France avec ce pays né d'hier que sont les USA? Un pays sans histoire, sans mythes, sans racines à part quelques images méprisables de cow boys à chemise à frange et autre capitaine d'industrie triomphants.
il est assez drôle de voir le glissement de militants qui commencent par rappeler de manière opportune le credo classique de notre mouvance "ni Washington ni Moscou" par russophobie finir par embrasser corps et âme la cause de l'oncle Sam, inspiré en cela par leur dévotion irrationnelle pour la cause ukrainienne. Comme quoi, quelque runes du loup et autres bannières frappées du soleil noir auront pesé de plus de poids dans les positionnements politiques actuels que des années de publications de travaux critiques anticapitalistes, nationalistes dans notre mouvance. Mais après tout, rien de bien neuf dans tout cela : d'autre vous ont précédé dans cette voie, les Faye et autre Del valle. Triste

Écrit par : EVS | 10/11/2016

Il s'agit d'une approche historique, pas idéologique.

Nous avons des liens historiques avec l'Amérique, c'est un fait, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire, c'est aussi un fait historique.

Que l'occident sous sa forme européenne ou etats-uniienne soient différents, ok, et d'ailleurs c'est écrit dans l'article, et dans d'autres articles aussi, mais il ne s'agit pas non plus de deux mondes complètement étrangers, faut pas pousser.

Tout ce qui a façonné l'Amérique vient d'Europe, c'est donc aussi une autre facette de notre identité, là aussi, que ça vous plaise ou non. L'esprit pionnier, c'est aussi un truc typiquement européen par exemple. Ce sont des européens qui découvrent le monde et vont dans l'espace, pas les autres !

Quant à la Réforme, j'en parle sur le plan historique et non pas idéologique. Je fais un parallèle entre l'imprimerie et internet. La Réforme, est un fait historique aussi. les conditions de sa réussite sont connues. On refait pas le match.

L'Europe c'est l'archéofuturisme (vu que vous citez Faye), c'est la tradition ET la modernité, c'est pas une vision fixiste de l'identité.

Plus j'avance dans le temps moins je supporte ces approches idéologiques où dès qu'on essaye d'écrire des articles un peu sérieux et avec un peu de distance, on a droit aux sempiternels réflexes idéologico-dialectiques des militants.

Les milieux militants passent leur temps à gloser sur "le bon vieux temps" à rechercher la "pureté soit disant perdue "de la civilisation. "ah mais on est catholique", "ah mais les protestants c'est pas bien" et bla bla bla, et 1789 bla bla bla.

Mais c'est totalement improductif. Ca fait parti de notre héritage, point. Notre seul objectif c'est d'exister encore demain.

Ne prenez pas mal mon message. :-)

Écrit par : JB | 10/11/2016

Je ne prend pas mal votre message d'autant plus que vous avez pris la peine de le ponctuer d'un smiley qui m'a l'air parfaitement bienveillant.
pour le reste, permettez-moi quelque éléments de réponse.
D'abord, vous affirmez proposer là une approche strictement "historique" et non "idéologique" du problème que vous traitez. Ce n'est pas ce qui apparaît, tant vous semblez au contraire insister sur votre volonté de précisément pousser le lecteur de rompre avec avec un certain paradigme (continentalo-neo-droitier pour aller vite) et adopter le vôtre (occidentalo-thalassocratique). Vous défendez donc, sinon une idéologie, un point de vue politique particulier.
Pour appuyer ce propos, vous arguez des liens historiques que nous avons avons avec l'Amérique. C'est "un fait" nous dites vous. Donc "deal with it".
L'argument du fait fait parti des plus faibles. C'est aussi un fait que l'Europe est largement colonisée par des peuplades exotiques. Si l'on suit l'argument du "c'est un fait, deal with it", il faudrait alors reléguer au placard toute volonté de retrouver une Europe européenne que ce soit par la remigration ou n'importe quel autre moyen. En gros faire du E&R. Je ne suis pas sûr que ce soit votre point de vue.
Il existe effectivement des liens très forts entre les USA et l'Europe mais n’empêche, sinon de les rompre, de les "distendre". D'autant plus que cette domination qu'ils exercent sur nous est très récente.

"Tout ce qui a façonné l'Amérique vient d'Europe". J'ajouterais : ces pires éléments! Certes une part de notre identité, mais la plus mauvaise! Le libéralisme, le capitalisme, l'idéologie des Droits de l'Homme, les Lumières, le communisme etc. sont aussi des inventions européennes et donc une part de notre identité. Faudrait-il les endosser à ce titre? Je ne le crois pas.
Pour ce qui est de la Réforme, loin de moi l'idée de refaire le match, l'Histoire ne repassant pas les plats comme disait l'autre. Je ne vois cependant pas en quoi cela m'interdirait d'en faire la critique et, comme pour toute erreur aux conséquences funestes, d'en espérer la déroute voire de militer pour.
Encore une fois, si les héros de l'Insurrection de Budapest (par exemple) avait raisonné de cette manière, le communisme régnerait encore en Hongrie!
"Ok les rouges ont gagnés, c'est un fait, on ne refait pas le match."
Vous prétendez vous lasser des "approches idéologiques où dès qu'on essaye d'écrire des articles un peu sérieux et avec un peu de distance, on a droit aux sempiternels réflexes idéologico-dialectiques des militants." Mais enfin, ce que vous proposez à vos lecteur EST idéologique. Votre texte n'est pas neutre. Aucun texte ne l'est d'ailleurs à part un annuaire téléphonique. Et ce n'est pas parce que l'avis d'un contradicteur éventuel diverge avec le votre qu'il n'est pas "sérieux" ni "distancié".
Enfin, vous vous trompez lorsque vous affirmez que l'insistance sur notre héritage spirituel et culturel serait "totalement improductif". Car si notre objectif est effectivement "d'exister encore demain", je ne vois pas comment cela serait possible sans précisément le maintien de notre spécificité. A moins que vous n'envisagiez notre permanence que sous aspect biologico-racial...

Écrit par : EVS | 15/11/2016

En fait quand je parle de fait, je m'en tiens au très classique principe qui consiste à partir du réel, à partir du concret et non des abstractions théoriques.

Ensuite, je propose une lecture, qui ne peut pas être 100% Vraie, je vous l'accorde, mais qui ne cherche pas à faire rentrer les faits dans les cases de l'idéologie. Ne vous en déplaise peut-être.

Écrit par : JB | 15/11/2016

@EVS : pour avoir passé un temps dans l'alt-right, la NRx, etc... Je peux vous assurer que les américains nous sont plus proches que vous ne le pensez, plus proches que les grecs, les polonais ou les portugais, notamment ceux d'héritage sudiste. On peut leur reconnaître un travail plus efficace que le notre, qui, mises à part quelques exceptions comme le CNC, consiste à aller gueuler quand il y a une nouvelle mosquée. Ils font sûrement l'erreur de mettre trop d'espoirs dans Trump au risque d'être absorbé par le "Système" (peu importe ce que l'on entend par là). L'homme blanc a mille raisons quotidiennes d'enfiler la ceinture d'explosifs, mais personne ne le fait, leur but actuel est donc d'effectuer un "basculement culturel" en se servant de Trump comme catalyseur.

@JB : Si par réel vous entendez quelque chose qui n'a rien à voir avec le monde des humains, vous avez juste, dans les cas contraire, vous être irréaliste.

Note : je suis encore très jeune et j'ai beaucoup à apprendre, si ce que j'écris est complètement idiot, je veux bien vous croire.

Écrit par : Godomar | 15/11/2016

Je n'ai pas très bien compris votre remarque finale Godomar, mais je partage votre analyse du dessus, l'occident des deux rives de l'Atlantique est touché par le même mal (post-modernisme, culpabilisation, haine de soi, etc...). Et la révolution culturelle qui doit s'opérer est la même.

Par conséquent, et malgré ce qui peut nous distinguer des Etats-Unis, la révolution culturelle ne pourra vaincre que si elle est portée des deux côtés de l'Atlantique. On voit bien que le "bloc de l'est" a été moins touché que les pays soient pro-russe ou anti-russes, ils sont tous patriotes et conservateurs (sauf quelques zozos libéraux mais qui ne vont pas survivre à la prochaine décennie comme on le voit dans le groupe de Visegrad).

Pour revenir à nos moutons, si nous avons été aussi malmené dans notre identité, c'est bien parce que les mondialistes ont mis le grappin sur les Etats-Unis. Ce n'est pas négligeable si ils perdent une pièce essentielle de leur puzzle...

Écrit par : JB | 15/11/2016

Une question plus ou moins hors sujet : vous proposiez dans un article précédent une "union latine", mais, si notre objectif est effectivement le fait d'exister encore demain, qu'en est-il de la composante germanique en France ? Je me sens personnellement plus proche des habitants du Rhin et de la Grande Île que des habitants de Marseille, bien que nous appartenons au même ensemble territorial et que nous parlons la même langue.

Il y a aussi deux problèmes avec les idées d'imperium européen et d'union entre plusieurs pays (pour lesquelles je fus autrefois partisan). Le premier étant qu'à l'époque où l'Europe était 100% blanche, cela ne nous empêchait pas de nous foutre joyeusement sur la gueule. Le deuxième problème est que le métissage intra-européen risque de détruire les ethnies au profit d'un blanc générique, tout comme aux États-Unis où le peuple fondateur WASP est en voie d'extinction. Si rien ne vient de la Grèce depuis les derniers jours de l'Empire Byzantin c'est certainement parce que le peuple fondateur n'existe plus. Julius Evola indique l'esprit ET le corps, l'un sans l'autre est échec. Le lien avec la première question est : qu'est-ce qu'une France sans les francs ? À quel moment l'idée de pureté devient hubris ?

Écrit par : Godomar | 10/11/2016

Donald catapulté "président" est-il l'incarnation d'une dynamique ou d'une "révolution" en devenir ? Je n'en suis pas convaincu. Pas du tout. Il s'agit d'abord de la défaite d'une autre "incarnation". Celle-là, parfaite, du Système, de l'establishment. Jusqu'à la caricature. Donald, lui, est un idéal-type. Celui de l'affairiste un peu brutal et grande gueule. Un Américain figé dans le moule qui l'a vu naitre. La vulgarité assumée, le capitalisme "vieil école" en bandoulière, inculte et fier, avec ce qu'il faut de gouaille (et de ce gros bon sens un peu pataud) pour attirer à lui une majorité de Blancs de souche européenne en voie d'extinction rapide. Son élection est la conséquence d'une réaction ou de la conjonction de multiples "réactions".

Naturellement, ceux que l'on a coutume de désigner par le "Système", les "bien-pensants", les oligarchies, les "castes", la "nouvelle classe", etc. etc. mordent enfin la poussière, malgré leurs énormes moyens d'influence et de manipulation. Nous sommes nombreux à nous en réjouir. Cela signifie qu'un peuple peut ne pas être seulement constitué de jouisseurs décérébrés et malléables. Mais Donald sera t-il seulement à la hauteur de ce qu'il semble incarner pour cette "autre Amérique" ? Cette Amérique européenne (par le sang et la race) que l'on croyait définitivement abâtardie ? Je ne le crois pas. Donald est un Ronald qui n'aurait jamais tourné dans un mauvais western. Le "bizness" et Jérusalem en proches conseillers. Répétons le, une fois encore, bien que cela puisse passer pour du "catéchisme" aux pragmatiques autoproclamés, l'Amérique mondialiste est l'antithèse de l'Europe.

Au fond, la joie (bien réelle) de certains d'entre nous, après l'annonce des résultats, est pathétique.C'est un peu comme s'il fallait applaudir chaque déclarations d'un métèque sous prétexte que sa lucidité tranche avec l'aveuglement et la mollesse de la majeure partie des indigènes. C'est le "syndrome Zemmour" à l'échelle atlantique, en quelque sorte. Le syndrome Trump est du même tonneau.

Écrit par : Aryosophe | 11/11/2016

Vous avez raison de pointer les limites de Trump.

Pour le reste, entre-soi idéologique et sinistrose comme seul horizon.

Écrit par : JB | 13/11/2016

Article très intéressant.
En tout cas une chose est sure, l'élection de Trump est une très mauvaise nouvelle pour le monde musulman quand on connait les bonnes relations qu'il a avec la Russie et Israël.

Écrit par : Tchiiip | 11/11/2016

Moi, je n'espère qu'une chose, que Trump soit le Gorbatchev américain.

Écrit par : Mandrin | 13/11/2016

Malgré toutes les incertitudes qui planent sur la présidence de Donald Trump (destitution, assassinat, etc), et le fait que l'American Way of Life soit très éloigné de la culture européenne continentale, il me semble que la victoire de Trump a été préférable à celle de sa rivale, non? Ne serait-ce qu'en raison du fait qu'elle constitue un "mouvement". Un mouvement qui ne se limite pas à un parti.
D'autre part, et l'auteur de l'article le souligne bien, ce qui vient des Etats-Unis nous est beaucoup plus perméable que ce qui vient de Russie (ce n'est pas le lieu pour en discuter du bien-fondé, mais c'est un fait). Une des raisons pourrait être que les USA ont absorbé une grande quantité de migrants catholiques et que leur langue est l'anglais, tandis que la Russie est "enfermée"- protégée? - par l'Orthodoxie et que l'alphabet de sa langue nous est foncièrement étranger.

Écrit par : Cougar | 14/11/2016

Si par "entre-soi idéologique", vous prétendez pouvoir réduire chacun de mes commentaires au seul "catéchisme" nationaliste/identitaire/néo-droitier/racialiste" (rayez la mention inutile), je ne vous cache pas, pour ma part, considérer votre insistance à dénoncer comme "contre-productifs" ce que appelez, non sans condescendance, les "sempiternels réflexes idéologico-dialectiques des militants", comme une posture. Nul doute, avec le temps, que prendre "un peu de distance" vous conduira, inévitablement, à prendre vos distances avec ces mêmes militants. De ceux qui font encore aujourd'hui ce que l'on appelle la mouvance. Si, par contre, il s'agit d'en découdre avec la muséologie fascisante, les discours figées dans l'ambre, les radoteurs de la vieille extrême-droite marginalisée, etc. etc. si nos ennemis politiques ne s'en préoccupaient pas déjà, sans doute cela pourrait-il être utile. Mais cela ne l'est pas ! Notre devoir est de combattre. Et ce n'est pas une formule ! il faut donc militer, plus que jamais, nos "sempiternels réflexes" en guise de cartouchières.

Quant à la sinistrose comme horizon... L'optimisme est une qualité que je n'ai aucun mal à laisser aux naïfs. Ce que vous n'êtes probablement pas car dans le cas contraire vous participeriez sans doute à la primaire de la "droite" avec l'enthousiasme d'un étudiant libéral...

Écrit par : Aryosophe | 15/11/2016

J'ai été nourri aux mamelles de la ND. Je connais tout cela par cœur.

Ce que vous appelez "combat" consiste à s'enfermer dans sa forteresse à mon humble avis, à se préserver du monde. Ce n'est pas ma définition du combat.

Écrit par : JB | 15/11/2016

Ce qui ressort principalement de tout ça, c'est que la fascination qu'exerce le bataillon Azov sur certains militants du milieu aura suffit pour leur donner envie de bazarder tout leur bagage idéologiques ND pour embrasser le néo-conservatisme atlantiste. Bon, seulement d'un point vue "géopolitique" pour l'instant mais il faut bien commencer quelque part. Nous attendons maintenant les professions de foi capitalistes (parce que le communisme et la ligne Philippot c'est quand même de la merde!) et prosionistes (parce que c'est quand même les musulmans qui font chier en priorité, et puis Israël c'est un Etat identitaire au moins!) qui en saurait tarder, par "pragmatisme". Comme quoi, il en faut parfois peu pour virer casaque : deux trois soleils noirs par-ci par-là et hop! le tour est joué!
J'ai malheureusement peur que ce genre de revirement fasse long feu avec la (probable) nouvelle orientation de la Maison Blanche....

Écrit par : EVS | 16/11/2016

Bien au contraire, le soutient à Azov est totalement dans la ligne orthodoxe du "nationalisme européen" et de la troisième voie entre capitalisme et socialisme.

Le néo-conservatisme n'a strictement rien à voir avec la définition que vous semblez en donner. Les néo-con étaient du côté d'Hillary Clinton et il n'y a pas le moindre rapport entre les néo-cons et la ligne d'Azov, totalement fidèle à l'esprit corps-franc et européen.

Écrit par : JB | 16/11/2016

Pour ce qui est de sa fidélité à l'esprit des corps francs et son inspiration "terceriste" je ne peux vous donner tort. Loin de moi l'idée de dénigrer le travail accompli et l'engagement exemplaire des militants nationalistes ukrainiens. Bien au contraire. Pour ce qui est de leur "nationalisme européen", j'avais plutôt l'impression que leur projet se limitait à la fondation d'un intermarium qui ne nous concerne somme toute que d'assez loin...
Enfin, je n'ai jamais dit que la doctrine azov pouvait se ranger dans la catégorie neoconservatisme, ce qui serait effectivement absurde. Ce que je dis en revanche, c'est que les bataillons de combat ukrainiens étaient soutenus (directement ou indirectement) par les neoconservateurs américains, ceux-ci voyaint en eux la première ligne de leur entreprise de containement de la Russie. Ce qui me permets de supputer que si Trump rompt effectivement avec la ligne neocon (qui était effectivement celle de clinton) comme il le prétend pour adopter une position moins hostile vis-à-vis de la Russie, le gouvernement ukrainien et à-travers lui les bataillons engagés dans les zones de conflits risquent de perdre un soutien de poids.

Écrit par : EVS | 16/11/2016

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