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10/09/2016

7 films à voir ou à revoir sur le Gestaporn

Le premier, Wilhelm Reich, médecin psychanalyste autrichien, avait, dès 1933 dans son ouvrage La Psychologie de masse du fascisme, établi un lien entre les fascismes et la sexualisation du désir organique insatisfait des masses, faisant tendre ces dernières vers l'autoritarisme. Aussi, Reich écrivait-il que "Le désir inconscient de bonheur sexuel et de pureté sexuelle, s'ajoutant à la peur simultanée de la sexualité normale et à l'horreur de la sexualité perverse, ont résultat l'antisémitisme sadique fasciste. " Alors frigides, frustrées, coincées que ces dizaines de millions d'hommes et de femmes qui épousèrent les théories de l'Homme nouveau ? Déjà peu débattues dans les années 1930, les théories de Reich sombrent bientôt dans l'oubli. Remilitarisation de la Rhénanie, rapprochement de l'Allemagne et de l'Italie, constitution d'un bloc contre les forces de l'Axe, poursuite de la percée japonaise en Mandchourie, le conflit mondial se profile inévitablement dont la Guerre d'Espagne constitue le hors-d'œuvre. 1945, le monde panse ses plaies béantes et l'heure n'est plus aux discussions frivoles... 1976, un film sorti sur les écrans fait l'effet d'une bombe. Pier Paolo Pasolini vient de commettre son chef-d'œuvre, Salò ou les 120 journées de Sodome. Epousant partiellement les vues de Reich, Pasolini entend dénoncer le fascisme italien par la mise en image de sévices et tortures psychologiques et sexuels dont le régime abusait secrètement selon le génial cinéaste. Nombre de réalisateurs érotiques italiens, au talent plus modeste que ceux-là, flairent la juteuse rentabilité et se lancent dans la réalisation de films pour adultes alliant sexe, violence et fascisme. Le Gestaporn est né ! Plus connu sous le nom de Nazisploitation, ce sous-genre du cinéma érotique va connaître ses heures de gloire de 1976 à 1978. Certains réalisateurs s'étaient bien essayés au genre dès les années 1960 mais sans parvenir à créer une mode cinématographique. Ainsi de Werner Klingler, dès 1961, avec Les Fiancées d'Hitler, mais encore Lee Frost en 1969 avec Love Camp 7 et Ilsa, la louve des S.S. de Don Edmonds qui devance Salò de quelques mois. En tout, un peu plus d'une vingtaine de films, majoritairement produits par la société Eurociné en Italie, France et aux Etats-Unis, dans lesquels le national-socialisme sert surtout de prétexte à la présentation d'irréprochables poitrines en même temps que les réalisateurs rivalisent pour montrer au spectateur voyeur les scènes de tortures les plus obscènes. Films à petit budget, il n'était pas rare que plusieurs réalisations soient tournées en même temps afin que soient mieux supportés les coûteux frais de location d'uniformes et engins militaires. Lorsque les mêmes acteurs jouent des rôles similaires dans plusieurs films produits simultanément, il n'est guère étonnant que les cinéastes se soient parfois emmêlés les bobines. Et lorsque ces films ressortaient sur les écrans quelques mois plus tard sous un autre nom, là, c'est au tour du spectateur de s'emmêler les pellicules. Il n'est pas rare qu'un spectateur achète un billet pour un film déjà visionné quelques mois plus tôt! Voilà qui apprendra à celui soucieux de tendre à l'exhaustivité du genre. Bien évidemment, d'aucuns ne manquèrent pas de considérer l'érotisme nazi comme moralement douteux, et ce, au sein même du monde du cinéma B, pourtant avare de commentaires sur le mauvais goût... De là à considérer que les cinéastes de Gestaporn aient voulu faire l'apologie des régimes fascistes, il y a un grand pas de l'oie... Certains Etats refusent d'ailleurs toujours la distribution de ces films. Il est certain que le Gestaporn ne ravira pas les nostalgiques et doit être regardé comme un objet de curiosité...

 

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BORDEL S.S.

Film français de José Bénazéraf (1978)

A Paris pendant l'Occupation, une maison de tolérance de haute tenue devient le lieu de débauche de prédilection d'officiers S.S. Les prostituées entendent bien jouer un rôle supérieur au simple écartement de cuisses. Usant de la confidence sur l'oreiller, les filles renseignent secrètement la Résistance. La situation devient désespérée sur le front de l'Est tandis que les craintes de l'ouverture d'un nouveau front après un débarquement allié se précisent. Les sujets d'indiscrétion ne manquent pas. Wilhem est l'un de ces soldats parmi les plus imprudents et fidèles de la maison. Epris de la belle Amélia, la fille de joie mène le jeune officier également par le bout du nez. Wilhem devine bien que sa galante dame répète aux ennemis du Reich ses confessions. Mais il est amoureux...

Brigitte Lahaie, alors brune, dans un rôle, évidemment déshabillé et à l'aube de sa carrière dans ce moyen métrage réalisé par l'un des pontes du film pornographique français. Le film ne tomba pas dans l'oubli grâce à la future carrière de la star du X français des décennies 1970 et 1980 bien qu'elle ne tienne pas encore le haut de l'affiche. Evidemment, les dialogues sont rares et les scènes explicites sont privilégiées. La réalisation de Bénazéraf réserve néanmoins quelques passages intéressants notamment dans la structuration psychologique étonnamment mesurée des personnages masculins. Des efforts sont également consentis à la mise en scène et au déroulement de l'intrigue. Cela est plutôt rare pour ce type cinématographique. La bande son est également satisfaisante. A réserver aux amateurs avertis du genre...

 

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LE CAMP DES FILLES PERDUES

Titre original : Lager SSadis Kastrat Kommandantur

Film italien de Sergio Garrone (1976)

Retenues dans un camp de prisonniers à la fin de la Seconde Guerre mondiale, des jolies jeunes femmes subissent d'ignobles sévices. Tandis que certaines sont destinées à devenir prostituées ou génitrices d'enfants aryens, d'autres sont vouées à toutes sortes d'expériences. Le commandant du camp et colonel S.S. von Kleiben fut jadis castré par une jeune fille qu'il venait de violer. Cherchant à se faire greffer un nouveau sexe, Kleiben sélectionne ceux de ses plus beaux officiers. Soucieux de s'assurer de la valeur sexuelle du membre, le commandant teste les éventuels donneurs sur les prisonnières qui, de plus en plus nombreuses, emplissent le camp....

Egalement sorti sous le titre Horreurs nazies mais encore Sadisme S.S. L'évocation des camps de concentration dans lesquels les prisonnières servent d'esclaves sexuelles ou sont l'objet d'expérimentations terrifiantes dont on peine à comprendre la finalité sont des thèmes phares du genre. S'il s'agissait de condamner les exactions nazies tel que Garrone s'en targue, la dénonciation est bien mince et s'efface rapidement devant le spectacle dénudé et lubrique. Le réalisateur satisfait surtout la volonté voyeuriste du spectateur. Et le film ne recule devant aucun plan sanglant et sexuel dès les premières minutes. L'histoire est invraisemblable mais évidemment, là n'était pas l'objectif. Pas très original, on devine un film avec un budget famélique réalisé à la va-vite.

 

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LA DERNIERE ORGIE DU TROISIEME REICH

Titre original : L'Ultima orgia del Terzo Reich

Film italien de Cesare Canevari (1976)

Un homme au volant de son véhicule écoute à la radio le déroulement d'un procès pour crime de guerre. C'est dans les ruines d'un camp concentrationnaire qu'il retrouve une femme. Ils font l'amour. Flash-back. Lisa est une jolie jeune femme blonde. Mais parce qu'elle est juive, Lisa Cohen est envoyée dans un camp de concentration dirigé d'une main de fer par le commandant S.S. Conrad von Starker. La prisonnière, responsable de l'extermination de l'ensemble de sa famille, se résigne à sa propre mort. Contre toute attente, Starker tombe éperdument amoureux de la jeune juive et se refuse à assister à la mort prématurée de Lisa. Au moins pour quelques temps. Car le sadique Starker entend bien tuer à petit feu, en la torturant tant physiquement que psychologiquement, la jeune femme qui semble endurer la souffrance au-delà de tout entendement...

Bourreaux S.S., Des Filles pour le bourreau, La Séquestrée des S.S., faites votre choix ! Et encore, nous ne les citerons pas tous. Canevari prend le pari de compliquer l'intrigue en racontant l'histoire de Lisa en flash-back. Reprenant les codes du mythique Portier de nuit de Liliana Cavani, Canevari joue la carte de l'immoralité jusqu'au bout. Le couple qui s'unit dans le camp en ruines est bien sûr l'ancien commandant et la prisonnière juive qui témoignera d'ailleurs en faveur de son bourreau au tribunal et lui fera éviter la condamnation à mort. Suggérant plus qu'il ne montre, la réalisation comporte quelques séquences d'anthologie alliant sadomasochisme, anthropophagie, torture, infanticide, scatophagie et autres. Beaucoup d'autres... D'un érotisme moindre et plus sombre et froid que les autres films de Gestaporn, le scénario peut exprimer une intrigue mieux ficelée. La mise en scène et le jeu des acteurs sont également soignés. Louables intentions qui ne parviennent pas à masquer de lourdes faiblesse et une forte platitude.

 

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ELSA FRAULEIN S.S.

Film français de Patrice Rhomm (1976)

L'année 1943, les troupes du Reich ont le moral au plus bas. Afin de revigorer ses officiers supérieurs, Adolf Hitler, conseillé par le Major Müller, entreprend d'envoyer sur le front un train pourvu d'armes particulières. Point de mitrailleuses ou de pièces d'artillerie mais de jolies jeunes femmes destinées au repos des guerriers. La colonel S.S. Elsa Ackermann est la commandante du convoi et poursuit, en réalité, une toute autre mission. Dans son train truffé de micros, la Fraulein S.S. s'assure de la vigueur combattante des officiers en plus de les satisfaire sexuellement. Ceux qui manifestent quelque lassitude ou sentiment défaitiste et complotiste sont éliminés inexorablement. Tandis que le train s'apprête à pénétrer le territoire français, la Résistance entend détruire le convoi à tout prix. Liselotte Richter, l'une des filles de joie, renseigne d'ailleurs les rebelles. De la traitresse tombe amoureux Franz Holbach, interprète du convoi d'origine alsacienne et ancien amant d'Elsa. Revenu du front soviétique, Franz n'est guère plus le national-socialiste convaincu qu'il fut...

Huis clos ferroviaire opposant une maquerelle national-socialiste fanatique à son ancien amant revenu de son idéal en même temps que de l'horreur du front. Erotisme et violence font bon ménage à l'aide d'un scénario relativement travaillé, en tout cas bien plus que dans les autres films de Nazisploitation. Il n'évite pourtant pas les lourdeurs et longueurs. On regrettera presque qu'il s'agisse d'un film érotique tant l'idée scénaristique est séduisante. Les scènes dénudées, pourtant moins nombreuses, nuisent bien évidemment à une parfaite exploration du scénario. Certains considéreront que Rhomm défend malgré lui une certaine vision apologétique et jusqu'au-boutiste du national-socialisme. Elsa Fraulein reprend le même thème que Train spécial pour Hitler d'Alain Payet, en tournage simultanément, et auquel il est infiniment supérieur. Quelques risibles incohérences néanmoins inhérentes au genre. Charmantes en revanche que Patrizia Longo et Malisa Longo en Elsa Fraulein qui fait passer l'envie de rester accroché aux Porte Mantaux...

 

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ILSA, LA LOUVE DES S.S.

Titre original : Ilsa, she wolf of the SS

Film américain de Don Edmonds (1975)

Lentement mais inexorablement, la défaite du Reich se dessine. L'officier S.S. Ilsa est la diabolique gardienne d'un camp de concentration mixte isolé dans la campagne allemande. Ilsa sélectionne impitoyablement les dernières arrivées. Certaines travailleront jusqu'à l'épuisement fatal. Pour les autres, ne souffrant aucune pitié, elle soumet ses détenues aux expériences pseudo-médicales les plus ignobles. Son objectif ? Démontrer scientifiquement que les femmes supportent la douleur plus facilement que le sexe opposé. Sur tous les fronts, les armées allemandes refluent tandis que les renforts manquent cruellement. En démontrant la puissance d'endurance des femmes en matière de souffrances, rien ne devrait s'opposer à ce qu'elles prennent aussi le chemin de la première ligne de front pour sauver le Reich. Les hommes ne sont pas logés à meilleure enseigne. Sont ainsi émasculés ceux incapables de satisfaire les pulsions et fantasmes de la Louve...

Après Elsa, Ilsa endosse l'uniforme de la S.S. sadique et brutale qui prend un malin plaisir à torturer et exercer sa domination sexuelle. Anti-Emmanuelle, elles figurent de curieuse représentations d'un univers tortionnaire pourtant largement masculin. Certainement, est-on autorisé de penser qu'Ilsa tire son prénom d'Ilse Koch, célèbre pour sa cruauté, et épouse de Karl Koch, premier commandant du camp de Buchenwald. En revendiquant les honneurs de la guerre pour les femmes, Ilsa fait même montre d'un certain féminisme et demeure partisane de la guerre totale chère à Joseph Goebbels. Preuve, s'il en est besoin, de la maigreur des budgets consentis à ces réalisations, les décors d'Ilsa sont ceux utilisés par un soldat allemand peu prompt à émoustiller notre louve en la personne de Papa Schulz... Bref, on rit plus que nous ne sommes effrayés ou choqués. Il est le premier film d'une tétralogie au sein de laquelle même le grand Jésus Franco s'est compromis.

 

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NATHALIE DANS L'ENFER NAZI

Film français d'Alain Payet (1977)

En pleine Seconde Guerre mondiale, un officier allemand est assassiné par des partisans dans un village soviétique et tous les habitants arrêtés en représailles. Parmi eux, Nathalie Baksova est une jeune médecin ukrainienne antifasciste. La Résistance parvient à intriguer en favorisant son transfert à la forteresse de Stillberg en Pologne et lui confier une mission de la plus haute importance. La jeune femme est chargée, par son chef Vassili, d'y retrouver la trace d'une espionne anglaise prénommée Ingrid Vassering. Détenue à la forteresse qui tient lieu de bordel, Nathalie subit les avances de Helga Horst, la directrice des lieux, aussi tyrannique que sadique. C'est au contraire dans les bras du bel officier allemand Erik Müller que Nathalie s'abandonne. La Résistance, elle, prépare l'offensive finale pour s'emparer du château. Avec l'aide de Müller, Nathalie doit veiller à se préserver de la tyrannie de Helga...

Egalement sorti sous le titre Nathalie rescapée de l'enfer. La forteresse place l'intrigue, enfin l'intrigue..., dans un conte de Roméo et Juliette transposé en plein camp de concentration avec la jolie et vaillante princesse antifasciste Nathalie confrontée à une vilaine sorcière nazie et sauvée par le prince charmant nazi Müller. D'un érotisme soft, d'une violence également atténuée par rapport aux productions transalpines, la réalisation de Payet reprend tous les codes du genre et tous les poncifs aussi. C'est kitsch au possible et parfois réussi. Affirmons néanmoins qu'il s'agit là de l'un des meilleurs du genre. La scène d'ouverture qui figure des combats entre soldats allemands et partisans soviétiques a au moins le mérite de recueillir le minimum de crédibilité nécessaire. Et on y retrouve Patrizia Gori !

 

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SALON KITTY

Film franco-italo-allemand de Tinto Brass (1976)

La Seconde Guerre mondiale embrase l'Europe depuis quelques mois. Les autorités du Reich manifestent le souhait de gérer intégralement le Salon de Madame Kitty, le plus cossu des bordels berlinois. Plus que satisfaire la libido des dignitaires fréquentant les lieux, les services de sécurité du régime voient une excellente occasion d'espionner ambassadeurs étrangers, financiers, hommes d'affaires et autres officiers allemands succombant aux charmes des plantureuses teutonnes. Chargé de diriger secrètement le salon, Helmut Wallenberg, capitaine S.S. arriviste, s'emploie à sélectionner les plus jolies filles convaincues de la grandeur du national-socialisme. Les prostituées militantes remplissent leur mission à la perfection et la surveillance est couronnée de succès. En tombant amoureuse d'un officier de la Luftwaffe hostile au Führer, Margharita se compromet. Sa trahison rejaillit sur toutes les autres filles...

Réalisateur de films à petit budget jusqu'alors, Brass prend une toute autre envergure lorsque sort son Kitty, deux ans avant son chef-d'œuvre Caligula. Pasolini est entre temps passé par-là... Long-métrage bénéficiant de moyens conséquents, Brass reconstitue à la perfection le décor du Berlin des années 1940. Excellant dans la démesure dépravatrice, Brass offre une hallucinante scène de partouze à but pédagogique et militant mais n'en disons rien de plus. Maîtrisant sa mise en scène et un goût certain pour le décorum, Brass fut suspecté de se vouloir un héritier décadent de Leni Riefenstahl par une certaine bien-pensance outrée de tant de provocation. Accusation bien entendu à tort. Dominant tout le casting, Helmut Berger est impeccable dans son rôle d'officier parvenu. D'un érotisme assez osé et battant en brèche tous les tabous, l'on apprend que le sexe mène aussi à la trahison. Ce salon sent le souffre! Le fleuron du genre malgré quelques longueurs dans sa deuxième partie.

Virgile / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

 

Commentaires

j'ai aime le film..vu par hasard..il ya deux ans..,j'aimerais le revoir,mais je n'obtiens pas l'acces.
IL S'AGIT DE BORDEL SS

Écrit par : SILVIAD | 15/01/2017

j'ai aime le film..vu par hasard..il ya deux ans..,j'aimerais le revoir,mais je n'obtiens pas l'acces.
IL S'AGIT DE BORDEL SS

Écrit par : SILVIAD | 15/01/2017

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