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07/09/2016

Chronique de livre: Greg Johnson "Le Nationalisme Blanc, interrogations et définitions"

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Greg Johnson, Le Nationalisme Blanc, interrogations et définitions

(Akribéia, 2016)

Y a-t-il une Amérique que nous pourrions aimer ? La réponse est oui. L’Amérique profonde, héritière de la culture sudiste (dans ce qu’elle a donné de meilleur bien sûr). L’Amérique du deuxième amendement de la Constitution évidemment, celle qui garantit à tout citoyen américain de pouvoir porter des armes. Certains films, certaines séries valent le détour, et que dire du rock n’roll ! Politiquement, les choses se gâtent nettement. Certes le phénomène Trump risque de rabattre les cartes mais qu’en est-il des sphères néo-droitières et identitaires (« ethnonationalistes » dirait-on chez les anglo-saxons) ? Loin des clichés à la American History X, des gens sérieux tel que Greg Johnson travaillent sans relâche à la défense d’une vision du monde que nous partageons de part et d’autre de l’océan atlantique.

Greg Johnson est le responsable des éditions Counter-currents et du site du même nom. Titulaire d’un doctorat en philosophie, il a à son actif plusieurs ouvrages tels que Confessions of a Reluctant Hater (2010), Truth, Justice & a Nice White Country (2016) ou encore New Right versus Old Right & Other Essays, traduit sous le titre Le Nationalisme Blanc, interrogations et définitions et édité par les éditions Akribeia. Le présent recueil a pour but de : « promouvoir une « nouvelle-droite américaine, que je [l’auteur] conçois comme un mouvement plus particulièrement métapolitique, visant à poser les fondements intellectuels et culturels d’une vraie politique nationaliste blanche en Amérique du Nord, afin que nous puissions finalement établir un foyer ou des foyers blanc(s) sur ce continent ». Le terme de « nouvelle-droite » n’est évidemment pas anodin car Johnson est fortement influencé par la Nouvelle Droite française, Alain de Benoist et Guillaume Faye en tête. Viennent s’ajouter des influences plus « classiques » telles Julius Evola, René Guénon, Savitri Devi, Aristote et des compatriotes comme Kevin MacDonald ou William Pierce.

La défense de la race blanche est au cœur de la démarche de l’auteur dont le leitmotiv tient en une phrase : « Notre nation est notre race ». Greg Johnson croit que la préservation de notre race – ici sur le continent nord-américain – est une cause acceptable car foncièrement morale. C’est un argument, ou plutôt un angle d’approche, assez original pour nous autres européens (de France). On peut retrouver ce genre d’argument dans la critique qu’émet Arthur Kemp, auteur de Bâtir le foyer blanc, lorsque ce dernier affirme dans son livre Qu'est ce que l’Ethnonationalisme (chroniqué ici) que le racisme est une faute morale. Un autre sujet au cœur du recueil de Johnson est le développement d’un mouvement métapolitique, cette fameuse « Nouvelle-Droite Américaine », dont le but serait la formation d’une communauté où les meilleurs éléments auraient pour fonction de faire pencher l’opinion du côté du nationalisme blanc. Si Greg Johnson se positionne le plus souvent pour quelque chose, il n’hésite pas à se positionner contre. Ainsi il ne faut pas s’étonner de le voir critiquer une certaine communauté organisée très influente aux Etats-Unis, à l’instar de la France d’ailleurs. Parmi les essais figurant dans ce recueil, certains traitent de l’héritage pesant d’Adolf Hitler et du régime national-socialiste, et bien sûr, de la sacro-sainte Shoa. Sont évoqués également les rapports entre élitisme et populisme, la figure de Carl Schmitt, etc. Mais le plus intéressant reste cette autocritique sans concessions du milieu « ethnonationaliste » blanc américain. Johnson tape là où ça fait mal : « […] les troubles de la personnalité comme le narcissisme et les maladies mentales comme la dépression et la bipolarité sont surreprésentés dans nos rangs. […] je souhaite simplement observer que même si le nationalisme blanc est, en théorie, anti-égalitaire et élitiste, en pratique les nationalistes blancs ont tendance à ménager et même à promouvoir des individus qui sont mentalement et physiquement déficients et malsains ». A bons entendeurs…

Le Nationalisme Blanc, interrogations et définitions est l’une de ces lectures qui, sans être vraiment révolutionnaire par son contenu, demeure plaisante, tout en ayant le mérite de rappeler certains fondamentaux. Il faut, bien entendu, garder à l’esprit que cet essai s’adresse à la base à un public nord-américain. Néanmoins, les luttes contre l’Europe de Merkel d’un côté et contre les Etats-Unis d’Obama de l’autre sont sensiblement les mêmes. Nous avons donc, nous « ethnonationalistes » nord-américains et européens, à apprendre de nos expériences communes.

Donatien / C.N.C.

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