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22/05/2016

Chronique de comics : Fight Club 2

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 Fight Club 2 : une suite surprenante pour l’œuvre culte !

Bonne nouvelle pour les uns, scandale pour les autres : Fight Club est de retour ! Sur un scénario de Chuck Palahniuk, auteur du roman original Fight Club, Tyler Durden et consorts reviennent dans un Comics sobrement intitulé Fight Club 2, les dessins sont signés Cameron Stewart.

Contexte

Si, comme moi, vous connaissez l’adaptation cinématographique sortie en 1999 par cœur mais n’avez pas lu l’œuvre originale, sachez qu’il y a quelques différences notoires entre les deux versions.

La fin du film change radicalement de celle du roman. Dans le long métrage de David Fincher, le personnage aux troubles de la personnalité (qui s’appelle Jack et est interprété par Edward Norton) tue son alter-égo psychopate Tyler Durden (joué par Brad Pitt) en se mettant une balle dans la tête, qui supprime son double et lui redonne la maîtrise des événements. Il assiste cependant à la réalisation du plan de Tyler Durden et regarde depuis le dernier étage d’un gratte-ciel l’effondrement des bâtiments symbolisant le pouvoir économique du pays, main dans la main avec son amante Marla. On imagine alors que le « projet chaos » est un succès et que le monde a basculé. Dans le roman, le héros est anonyme. Après s'être tiré une balle dans la tête, il se retrouve dans ce qu'il croit être le paradis, mais semble être en hôpital psychiatrique...

C’est donc la fin du roman qu’il faut considérer avant d’entamer la lecture de Fight Club 2.

L'histoire (sans spoiler)

On retrouve le narrateur (qui se fait désormais appeler Sebastian) dix ans après les faits relatés dans Fight Club. Il est marié à Marla, a un fils, une vie rangée et monotone qu’il supporte en ingurgitant divers antidépresseurs et médicaments. Lassée par la situation, Marla trafique les gélules de son mari. Lorsqu’il s’endort ou que les effets de ses médicaments s’estompent, Tyler Durden réapparaît, « baise Marla », et poursuit son objectif de toujours : l’instauration du chaos, mais cette fois à l’échelle mondiale. L’homme n’a pas chômé depuis dix ans, et est à l’origine de divers conflits, massacres et catastrophes à travers le globe.

Son fils suit son chemin, prépare des explosifs et semble parfois possédé. Kidnappé dans une obscure histoire d'incendie, l'enfant est au cœur de révélations choquantes faites par Tyler à Sebastian.

Après le kidnapping, Sebastian et Marla vont tout faire pour retrouver leur fils et se débarrasser de Tyler, avec l'aide de compagnons de route particuliers...

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Critique (avec spoilers)

Comme on pouvait l’attendre, Chuck Palahniuk insère de nombreuses références à l’histoire originale dans cette suite. On retrouve des lieux et des personnages secondaires bien connus. Les fight clubs clandestins font également leur retour, avec des bagarres plus violentes que jamais. Quelques éléments sont maladroitement introduits, sortant d'on ne sait où, et l'alliance de Sebastian et Marla avec une armée d'enfants malades ne (me) convainc pas.

Les enjeux ne sont plus les mêmes que dans le premier opus : Tyler Durden n’est plus l’échappatoire de Sebastian permettant à ce dernier d’accomplir tous ces fantasmes et ses désirs. Il s’en prend désormais au monde entier et cherche ni plus ni moins à l’anéantir pour rebâtir un monde nouveau où il pourra dominer en compagnie des hommes qu’il a façonné. Les critiques du monde moderne, de la marchandisation et de la mondialisation, si elles sont encore présentes, le sont de manières plus diffuses voire anecdotiques et parleront moins à notre génération en manque de repères que le premier Fight Club (certains diront sans doute « le vrai Fight Club»).

 

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L’intrigue autour du fils de Sebastian et les révélations faites par Tyler sur sa présence de longue date dans la famille sont à mon sens les principales réussites de cette suite, elles donnent de la profondeur à l'histoire et un réel intérêt à ce Fight Club 2.

C’est toutefois à la conclusion du Comics que l’auteur prend une direction aussi originale qu’inattendue, qui devrait faire débat. Il s’incorpore à l’histoire en brisant le quatrième mur, mais ce n’est pas comme on le voit habituellement le personnage de fiction qui met un pied dans la réalité, mais un personnage réel (l’auteur en personne) qui rejoint la fiction.

Il se met donc en scène en train d’imaginer le destin de ses personnages, et cherche un moyen d’éliminer Tyler Durden et la menace qu’il représente. Il trouve une solution, et va plus loin encore en incluant les lecteurs, qu’il présente comme déçus par cette conclusion et l’incitent à la modifier. Il ose également la provocation et l’autodérision, en montrant les fans de Fight Club comme des fans du film et non de son roman.

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 Chuck Palahniuk vous réserve des surprises

La scène finale, que je me garderai de raconter pour les futurs lecteurs éventuels, achève en apothéose cette conclusion délirante.

Comme vous l’aurez compris, Fight Club 2 surprend, ne tombe pas dans la facilité, et finalement, ne se prend pas au sérieux.

Je le vois comme un accompagnement du premier livre (ou du film) plus que comme une véritable suite, il n'est pas indispensable mais ne me semble pas être une insulte au Fight Club que nous connaissions, même s'il aura sans doute son lot de détracteurs.

Infos pratiques: Fight Club 2, 264 pages, édité en français par les éditions Super 8. vendu 25 euros en librairie.

Marceau /C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

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