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17/04/2016

Chronique cinéma: Zootopie (le dernier Disney)

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Dimanche de Pâques en fin d'après-midi. Ma fiancée me convie au cinéma. A l'affiche: Zootopie des studios Disney. D'ordinaire, je ne me déplace plus dans les salles obscures pour voir dessins animés ou autres films d'animation. Question d'âge, sans doute. Ma fiancée est néanmoins plutôt partante, à l'image de nombreuses jeunes femmes, pour ces petits plongeons en arrière vers l'âge béni de l'enfance. De bonne grâce je me plie à l'exercice, surtout que c'est elle qui paie sa tournée.

Nous sommes ressortis, une centaine de minutes plus tard, dans un état profond de gêne, voire d’écœurement. Pour les parents tentés par l'expérience... je vous déconseille fortement d'emmener vos chères têtes blondes assister à cet exercice de grossière propagande!

Le problème ne réside pas dans la forme. Les images plaisantes et les passages comiques ne manquent pas, en soi. Le soucis vient du fond et du message véhiculé. Disney nous avait habitués à plus de finesse.

Une lapine, dont les parents cultivent des carottes, rêve de devenir flic à Zootopie, une cité gigantesque où toutes les espèces animales, "prédateurs" comme "proies", vivent en harmonie. Malgré les fortes réserves familiales et diverses difficultés, la lapine parvient à ses fins et devient flic. Vu qu'il s'agit de la première "proie" à intégrer les forces de police, notre petite lapine est évidemment postée à la circulation. Elle s'illustre néanmoins rapidement en mettant au jour un trafic de glaces à l'eau orchestré par un renard cynique. Elle et ce dernier vont finalement s'associer dans le but de résoudre une enquête bien plus poussée où se mêlent génétique et démographie... Le film se conclut par un concert de Shakira (incarnée ici par une gazelle) où l'ensemble de la population de Zootopie communie dans la joie, les lumières du show et la musique.

La cité de Zootopie incarne la méga-machine urbaine avec son kaléidoscope d'espèces évoluant dans un univers artificiel, festif et positiviste. Cet univers improbable, hautement flippant pour nombres des lecteurs du CNC, n'est aucunement remis en cause par le film. Bien au contraire. Cette société du "vivre ensemble" est même farouchement défendue, et ce d'une manière grossière. En effet, à Zootopie on peut devenir "ce que l'on veut" et ça, c'est vraiment trop cool!

Lutte contre les préjugés et les stéréotypes, plaidoirie pour le métissage et l'homosexualité, relativisation des "thèses essentialistes", éloge de l'homo festivus... Zootopie est un très beau coup. Le scénario et les clins d’œil plaisants ne sont que des prétextes visant à faire passer la pilule.

On est bien loin ici du propos tenu par la Reine des neiges qui semblait incarner un retour aux fondamentaux de Disney (princesses aux visages pâles et vieilles légendes européennes revisitées).

"Le racisme, ça commence par des mots"... Inutile de diffuser ces spots ridicules et coûteux sur toutes les antennes. Il aurait suffit de payer une place pour Zootopie à l'ensemble des gosses de France et de Navarre pour obtenir des résultats bien plus probants concernant la lutte contre les discriminations.

Jacques Thomas pour le C.N.C.

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