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17/03/2016

Kyiv et Moscou, la main dans la main

Kyiv et Moscou, la main dans la main

La répression à l’encontre du Régiment Azov dans les prisons édifiées à Yalta

En dépit de l’attentisme quasi-général de l’armée régulière ukrainienne, le régiment à destination spéciale Azov a repris en force l’action sur le terrain depuis environ deux semaines [NDLR : mi-février], réduisant en miettes les espoirs russo-américains de l’acceptation tiède et passive d’une trêve hautement désavantageuse, particulièrement en regard des conquêtes territoriales obtenues sur le terrain par les soldats ukrainiens.

Dans la vidéo référencée ci-après, Andriy Biletskyi, commandant d’Azov, militant national-révolutionnaire historique, plusieurs fois détenu et persécuté par le régime d’occupation anti-ukrainien, explique la tactique opérationnelle qui a permis de développer l’offensive (https://www.youtube.com/watch?v=J_gc30Kp0Zs).

En optant pour une action soudaine et rapide, Azov a mis au pied du mur aussi bien le gouvernement de Kyiv que les séparatistes.
En août dernier, en effet, les représentants du gouvernement ukrainien, d’une part, et ceux des entités séparatistes (« République populaire de Donetsk » et « République populaire de Louhansk »), d’autre part, s’étaient mis d’accord sur un plan de démilitarisation du village de Chyrokyne. Biletskyi et les dirigeants militaires du régiment, forts du soutien de l’opinion publique ukrainienne, protestèrent immédiatement contre cet accord inique pour l’Ukraine et proposèrent Debaltseve comme centre de démilitarisation. Chyrokyne se trouve en effet dans une position idéale pour qui veut frapper les centres militaires « azoviens ». Des hauteurs, il est en effet possible pour les séparatistes de bombarder Marioupol -conquise, il y a un an, par les soldats de Biletskyi, au prix de pertes importantes- ainsi que d’autres zones à l’évidence stratégique pour Azov, comme on a pu effectivement le vérifier ces derniers mois.

C’est dans ce contexte qu’a été conçue l’offensive actuelle du bataillon national-révolutionnaire ukrainien, qui est pour l’instant victorieuse sur toute la ligne et a reçu l’approbation de la société civile ukrainienne.

Pour Azov, cette offensive n’est pourtant qu’une partie d’un plan stratégique visant à la reconquête de la Crimée elle-même.

Depuis des mois, et ce n’est pas par hasard, Azov, avec d’autres mouvements nationaux-révolutionnaires ukrainiens, a organisé des défenses fixes aux frontières avec la Crimée, en protestation contre le gouvernement de Kyiv, qui continue à entretenir des relations économiques et politiques avec la puissance russe, occupante et impérialiste ; dans le même temps, des manifestants ont empêché l’entrée en Crimée de camions transportant en principe des médicaments et denrées alimentaires en provenance de Russie, et ont bloqué des voitures qui s’apprêtaient à entrer à Simferopol et transportaient des séparatistes, alors que ceux-ci auraient dû être détenus, pour cause de massacres de la population civile ukrainienne. Il convient également de noter que les Ukrainiens sont particulièrement opprimés et maltraités dans la Crimée sous occupation russe.

C’est ainsi que, la semaine dernière, le SBU (Services de Sécurité de l’Ukraine, issus de l’ex-KGB - NDT) a arrêté Stanislav Krasnov, chef de la branche criméenne d’Azov. L’accusation retenue contre lui est totalement fantaisiste, puisque l’on parle carrément de collaboration avec le FSB poutiniste !

Stanislav, né à Simferopol, a été un volontaire du bataillon OUN, constamment en première ligne contre l’envahisseur durant la bataille de Pisky, dans la région du Donetsk.

En même temps que Stanislav, on a également arrêté sa fiancée, Oksana, militante de longue date dans le camp national-révolutionnaire ukrainien et également présente dans toutes les manifestations de protestation en faveur de la Crimée ukrainienne.

Le 28 février, le Corps Civil d’Azov a organisé une journée de soutien à Stanislav et Oksana, et, bien entendu, de dénonciation des actions du SBU.
Sur les murs du tribunal ont fleuri des inscriptions comme : « SBU trahison ! », flanquées du trident ukrainien ou de l’emblème adopté par Azov qui rappelle à certains la rune du loup, symbole d’identité sacrale et d’une communauté de soldats qui, pour le régiment, lutte et se sacrifie quotidiennement (nombreux sont en effet, les camarades volontaires de chaque pays d’Europe, dont énormément de citoyens russes, à être tombés sur le front ).
Biletskyi s’est également dépensé en première ligne pour obtenir la libération immédiate de deux militants.

Des messages et actes de solidarité concrète sont venus et continuent d’affluer de tous les milieux nationaux-révolutionnaires européens, de la Russie à l’Espagne.

Federico Martino

(traduit de l’italien par Yves G. pour le CNC et publié initialement par sur le site NoReporter.org, animé par Gabriele Adinolfi, le 3 mars 2016).

Lien vers l’article original : http://www.noreporter.org/index.php?option=com_content&view=article&id=24028:kiev-e-mosca-mano-nella-mano&catid=6:conflitti&Itemid=16

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