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10/03/2016

Chronique de livre : Philippe Baillet "Le parti de la vie"

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Philippe Baillet, Le parti de la vie ; Clercs et guerriers d’Europe et d’Asie

Akribéia, 2015

 

Le nom de Philippe Baillet ne vous est peut-être pas inconnu : il est le traducteur français de Julius Evola mais également l’auteur de nombre d’articles et de quatre autres livres. Le parti de la vie se compose justement de huit de ses études, certaines déjà publiées, d’autres considérablement enrichies par rapport à leur première version. Deux d’entre elles (sur Yukio Mishima et Giorgio Locchi dont un texte inédit en français se trouve d’ailleurs en annexe) sont inédites.

Ces articles ont été rassemblés à dessein et explorent plusieurs aspects de ce que l’auteur nomme "le parti de la vie". Il le désigne comme suit : « ce vaste mouvement historique européen dont Nietzsche fut tout à la fois le fondateur, le penseur inaugural et, parfois, le poète. Il englobe donc l’œuvre de Nietzsche lui-même et tout ce qui s’inscrit vraiment dans sa postérité, dont notamment le phénomène national-socialiste [et] le fascisme historique ». L’ombre du philosophe au marteau plane donc plus que toute autre sur cet ouvrage.

Dans une préface éclairante, Philippe Baillet explique le but de son livre : donner les traits fondamentaux d’une vision du monde, d’une Weltanschauung, qui, à la suite de Nietzsche, se veut un rejet de ce monde moderne « voué au culte de la marchandise, à la fabrication de l’artifice et à l’attrait pour le difforme ». Face à des Européens affaiblis et perdant peu à peu leurs instincts essentiels, engoncés dans leurs pseudo-valeurs égalitaristes et humanistes, Le parti de la vie se veut un plaidoyer en faveur des éternelles lois de la vie, de la sélection, de la perfection, en un mot : de l’esthétisme.

Fort d’une culture et d’une érudition impressionnantes, l’auteur revient en détail sur plusieurs grandes figures chez qui l’on retrouve des qualités essentielles. L’historien italien du phénomène fasciste Renzo de Felice est par exemple loué, non pour ses opinions politiques mais pour la probité philologique de son œuvre, « signe de grande santé intellectuelle ». Plus loin, c’est Abel Bonnard en tant que « poète de l’ordre » et ennemi acharné de la laideur et de l’individualisme qui voit son œuvre (en particulier Les Modérés datant de 1936) décryptée par Baillet. Celui-ci analyse les aspirations profondes des figures qu’il présente et souligne ce qu’elles peuvent apporter à notre vision du monde. Ainsi Mishima et son « dépassement de l’individualité ». Comme l’indique le sous-titre du Parti de la vie, l’Asie tient une place réelle dans l’ouvrage en ce sens que les enseignements de sa pensée traditionnelle peuvent nous aiguillonner, nous Européens, vers la prise de conscience des impasses de l’intellectualisme. Des similitudes existent et il est souligné par exemple que, chez Lao-Tseu comme chez Nietzsche, on perçoit ce fil directeur qu’est la vitalité, fruit d’une « vision biocentrique de la vie ».

Alors que de nombreux mythes entachent la connaissance et la réelle compréhension du fascisme et du national-socialisme, Philippe Baillet revient sur plusieurs d’entre eux. Il met en lumière bien des faits méconnus ou incompris mais pourtant lourds de sens. La partie de l’ouvrage consacrée à Giorgio Locchi est, à cet égard, révélatrice. Même s’il est oublié aujourd’hui, Locchi demeure une référence fondamentale pour son analyse du phénomène fasciste en Europe. Pour lui, le phénomène fasciste, interprété de manière plus philosophique qu’historique, est « la première manifestation politique d’un phénomène culturel et spirituel : [le]« surhumanisme ». » Fruit d’une vision du monde où le mythe est primordial, on y retrouve, comme chez Nietzsche, cette idée de « sélection voulue, systématique et appliquée ». Par ailleurs, Locchi insiste sur l’origine nietzschéenne du système de valeurs du phénomène fasciste (donc de la Révolution Conservatrice et, par incidence, du National-Socialisme où se retrouve le « même univers de pensée »). Ce système de valeurs basé sur le surhumanisme et l’homme nouveau est singulièrement opposé à celui de l’égalitarisme qui comprend « le christianisme en tant que projet mondain, la démocratie, le libéralisme, le socialisme, le communisme. »

En à peine plus de 200 pages, Philippe Baillet remplit le but assigné à cet ouvrage : fournir des cartouches intellectuelles à notre vision du monde. Son livre est riche et, surtout, il est à méditer en ces temps incertains. Face au spectre des « guerres raciales et civilisationnelles, entrecroisées avec des guerres civiles » qui nous attendent, nous devons impérativement nous préparer avec une doctrine claire nous permettant de nous affirmer en tant qu’héritiers de la tradition européenne. Ce livre nous y aidera.

Rüdiger / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

 

Commentaires

J'ai découvert cet auteur avec son libre sur "Pour la contre révolution blanche". J'avais trouvé le livre lumineux!

Je ne le connaissais que comme le traducteur du "Baron".


Comme vous, j'ai été saisi par l'érudition de l'auteur et sa vision fort peu politiquement correcte. Tout cela sans provocation inutile.

Depuis je chine les différents articles ou ouvrages auxquels il a participés. Ses textes sont clairs sans ce besoin contemporain de distancier tous les auteurs assimilés à la KR comme étant peu fascisants voire carrément antifascistes.

Sale manie développée par De Benoist et consorts qui se plaisent à systématiquement rappeler qu'ils auraient été persécutés par lesi vilains fascistes/nazis. Comme si le fait d'en parler les rendaient strictement réductibles à "l'extrême droite nauséabonde".

A ce sujet un article de PB sur le courant Volkisch dans le n°20 de tabou est particulièrement intéressant et dans la veine des textes de Locchi justement repris dans le bouquin chroniqué.

Enfin j'ai vu que l'auteur préparait un livres sur les nationalistes blancs américains....je l'attends avec impatience. Il faut dire que les éditions akribeia sortent de fort beaux ouvrages.

Écrit par : DolFusa | 10/03/2016

Merci pour votre commentaire.

Je vous suis totalement sur "De Benoist et consorts".

Vous faites bien de mentionner la revue Tabou et la qualité des éditions Akribéia. Le Parti de la vie en témoigne bien.

Pour information, nous avions également chroniqué "Le faisceau, la croix gammée et le croissant" de Stefano Fabei.

http://cerclenonconforme.hautetfort.com/archive/2013/01/14/chronique-de-livre-stefano-fabei-le-faisceau-la-croix-gammee.html

Écrit par : Rüdiger | 10/03/2016

Merci pour cette utile note de lecture.

J'ai découvert Philippe Baillet, il y a deux ou trois décades, dans la bibliothèque d'un camarade évolien. Elle était notamment constituée par plusieurs numéros des revues "Totalité", "Politica Hermetica", "Les Deux Etendards", "Nouvelle Ecole", etc.

Si le traditionalisme intégral dont Philippe Baillet était alors l'une des plumes les plus alertes ne satisfaisait pas pleinement le jeune nationaliste paneuropéen (type "Europe-Action") que j'étais alors (et que je suis toujours mais avec quelques années de plus), il n'en est plus de même aujourd'hui. C'est que le réel impose aux plus éveillés d'entre nous, le devoir de réactiver des notions depuis trop longtemps maintenues dans l'ambre.

Dans son livre précédent, "Pour la contre-révolution blanche", Philippe Baillet écrit que "... notre seule chance de survie est liée à l’apparition d’un nouveau type humain de race blanche dans les guerres civilisationnelles et ethniques qui s’annoncent". On ne saurait mieux dire. L'essentiel de la "doctrine" est dans ces quelques mots. Entre déterminisme psychophysiologique et mystique. Nous devons travailler pour ce que Julius Evola, dans un texte publié par la revue "Totalité" en octobre 1985, avait appelé "restauration de l'Occident dans l'esprit aryen originel". Nous devons donc entretenir ce qu'il y a de "vérité supérieure" dans la race et dans la mystique de la race.

Cet ouvrage, tout comme "La contre-révolution blanche" publié en 2010, comme celui de Georges Feltin-Tracol, n'est donc pas seulement ce que j'appelle une "soute à munitions", il est aussi (comme d'ailleurs toute la "pensée traditionnelle") une boussole. Une boussole dans la grisaille fabriquée par le "monde moderne".

Écrit par : Aryosophe | 11/03/2016

Les commentaires sont fermés.