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04/01/2016

Chronique de livre : Guillaume Faye "Comprendre l'islam"

 

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Guillaume Faye "Comprendre l'Islam"

(Tatamis, 2015)

Le retour de l’Islam au premier plan de la scène mondiale est indéniablement l’un des événements majeurs du XXe et du XXIe siècles. Ce dernier est source de polémiques diverses, suscite rejet, parfois haine mais aussi l’inverse. D’un point de vue historique, les royaumes musulmans et l’empire Ottoman furent pendant de nombreux siècles l’ennemi (extérieur) de l’Europe, voyant cette dernière comme terre de conquête. Mais le voilà implanté chez nous depuis maintenant plusieurs décennies à cause des torrents migratoires se déversant sur notre continent ainsi que des politiques dites de « regroupement familial ». Ce phénomène, facilité par de nombreuses complicités, est considéré par certains comme un enrichissement culturel, par d'autres comme une invasion et même parfois comme une conquête, est-il à craindre ? A l’aulne des attentats du 7 janvier 2015 et de la tragédie du 13 novembre 2015, il est, à fortiori, légitime de se poser une telle question. Connaître et comprendre l’Islam s’impose donc comme une nécessité. Le dernier livre de Guillaume Faye qui s’appelle justement Comprendre l’Islam arrive ainsi à point nommé.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il est au préalable impératif d’apporter quelques précisions concernant quelques-unes des positions et idées défendues par l’auteur. En effet, Guillaume Faye qui fut autrefois, à l’instar d’un Alain de Benoist, l'une des locomotives du GRECE (Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne) est souvent considéré comme, au mieux, un provocateur, au pire un traitre. Au C.N.C. nous préférons mettre de côté les débats passionnels et passionnés pour nous concentrer sur les idées. Et bien que nous souscrivons à certaines d’entre elles, qui relèvent toutefois de l’évidence, d’autres nous posent déjà plus de problèmes. Comment en effet adhérer au libéralisme dorénavant et explicitement soutenu par l’auteur ? A ce titre il est d’ailleurs bon de préciser que Comprendre l’Islam est édité chez Tatamis, les éditions de Jean Robin, qui se définit justement comme un libéral-conservateur (sic). Concernant le positionnement de Guillaume Faye sur la Russie, le lecteur du C.N.C. ne sera pas surpris quant à notre exaspération envers sa « Russolâtrie » et nos doutes sur son concept d’ « Eurosibérie » (concept séduisant mais problématique développé dans son ouvrage L’Archéofuturisme, ouvrage stimulant et vivifiant au demeurant). Mais le point le plus problématique réside dans le philosémitisme pro-sioniste présumé de Faye. Et autant prévenir d’emblée que de ce côté-là les détracteurs de l’alter ego de « Skyman » ne vont pas être déçu à la lecture de ce livre !

Quant à nous, notre position est simple : nous essayons avant tout de prendre de la hauteur sur le sujet. Nous ne suivons pas la monomanie des antisémites carabinés qu'ils soient « nostalgiques » ou « réconciliés » et nous rejetons les partisans d’une quelconque alliance avec le Sionisme et Israël, tactique de plus en plus répandue en Europe et défendue par certains partis ou hommes politiques dans le spectre des droites, souvent poutinolâtres par ailleurs. Si le nombre de juifs à des postes influents ou la politique de l’Etat d’Israël ne sont certes pas les préoccupations prioritaires des Français, à l’inverse de l’immigration, du chômage ou de l’Islam, il convient toutefois de ne pas se voiler la face sur le sujet. Par conséquent, nous ne partageons pas du tout certaines affirmations développées par Guillaume Faye dans ce livre concernant les juifs, leur élite et Israël. Les points ayant été mis sur les « i », passons aux choses sérieuses.

Comprendre l’Islam s’articule autour d’une thèse centrale qui veut que l’Islam opère un basculement « archéofuturiste », c’est-à-dire à un retour de l’archaïque dans le présent sous des oripeaux modernes. C’est le cas par exemple de l’Etat Islamique qui combine à la fois l’horreur takfiriste et le sens du spectacle (mise en scène, production vidéographique de qualité, etc.). En revanche, son but est demeuré inchangé : La Loi d’Allah doit s’imposer sur terre dans un régime politico-religieux totalitaire (l’Islam ne reconnait pas la séparation temporelle/spirituelle), le Califat. Cette domination s’opère en trois temps :

1) Le « Dar al-Suhr » où le musulman n’est pas en position de conquête et se sert de la « taqiya » pour tromper son monde en attendant le moment propice pour agir.
2) Le « Dar al-Arb » qui est la conquête en cour (en terme de lutte armée ou démographique).
3) Le « Dar al-Islam » ou terre conquise par l’Islam et régie par la Charia.

Pour Guillaume Faye, le choc civilisationnel (Occident contre monde musulman), la colonisation de peuplement et ses corolaires (grand remplacement du substrat ethnique européen et islamisation culturelle) ainsi qu’un risque terroriste en constante augmentation incarnent indubitablement les dangers liés à l’Islam. Jusqu’ici, le lecteur n’apprendra pas grand-chose car, pour peu que l’on habite dans une ville de taille moyenne ou dans une grande ville, il suffit de sortir de chez soi pour s’en rendre compte très vite. De l’Islam, on n’apprend en définitive pas grand-chose. Aucune explication sur les différences entre Sunnisme, Chiisme ou Soufisme par exemple… Faye, qui se réclame pourtant d’une méthode et d’un esprit que l’on qualifiera de scientifique par facilité de langage, n’étaye quasiment jamais ses affirmations de citations du Coran. Un manque de rigueur se fait sentir tout au long de la lecture du livre accompagné par de nombreuses redites inutiles. N’espérez donc pas comprendre et connaitre l’Islam de façon sérieuse et documentée... Une fois la lecture de Comprendre l’Islam achevée, on réalise que le titre aurait dû être « Comprendre pourquoi Guillaume Faye n’aime pas l’Islam ». Alors oui, les arguments se tiennent et on tombera d’accord à plusieurs reprises avec lui... mais le lecteur voulant se documenter sur l’Islam sera extrêmement déçu. Pour tout dire, ce livre est centré autour de Guillaume Faye. D’une part car sa vision de l’Islam est purement subjective et sert de prérequis, au lieu d’avoir une analyse objective, détaillée et sérieuse suivie d’une critique argumentée. Ensuite, et c’est là où ça devient véritablement n’importe quoi, le lecteur assistant à un réglage de compte en bonne et due forme.

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La couverture de Comprendre l’Islam est quasiment la même que celle de Comprendre l’empire d’Alain Soral. A la vue des critiques à l’encontre du président d’Egalité & Réconciliation et de Dieudonné, on devine sans peine que ce mimétisme graphique est tout sauf un hommage. Par ailleurs, ces derniers ne sont pas les seuls à être durement écornés dans le livre. L’extrême-droite antisémite en prend pour son grade elle aussi. Et on arrive au gros problème de ce livre, à savoir le parti pris clairement et outrancièrement philosémite de Guillaume Faye qui confère parfois au ridicule. L’islam est comparé de manière récurrente au communisme mais surtout au nazisme. On découvre ainsi que Roger Cukierman, président du CRIF, est une source d’inspiration pour Guillaume Faye! Affirmer que l’Islam et le Nazisme seraient comparables mutatis mutandis tout en citant Carl Schmitt et sa conception de la désignation de l’ennemi tout au long de l’ouvrage est quand même sacrément cocasse ! Le sous-chapitre intitulé « Les juifs face à l’islamisation » aurait pu être écrit par Gilles-William Goldanel ou Meyer Habib. Pire, dans un sous-chapitre concernant la victimisation des palestiniens, Guillaume Faye va jusqu’à affirmer que : « les roquettes tirées sur les bourgs israéliens depuis les zones urbanisées de Gaza avaient pour unique but de faire réagir l’aviation et l’artillerie israéliennes dans l’espoir que, malgré toutes les précautions de Tsahal, des frappes collatérales fassent le plus grand nombre de victimes possibles ». Guillaume Faye oublie volontiers le nombre de résolutions de l’ONU bafouées par Israël mais peut-être que cette organisation de haute-autorité est un repère d’islamistes antisémites pratiquant la taqiya ?

Synthétisons: ce livre est à éviter d’urgence si vous souhaitez comprendre l’Islam. Il ne vous apportera rien de concret. On ne peut pas en dire de même de l’auteur qui aura surement droit à son stand au prochain salon du livre du B’naï B’rith. Comprendre l’Islam est une déception et apparait comme le crépuscule d’un auteur autrefois brillant, maintenant reconverti dans un néo-conservatisme russolâtre et philosémite. Le Μηδὲν ἄγαν (Medèn ágan), cette « juste mesure » opposée à l’hubris et invoquée par Guillaume Faye dans certaines de ses œuvres, est définitivement mort et enterré.

Donatien / C.N.C.

Note du C.N.C.: Toute reproduction éventuelle de ce contenu doit mentionner la source.

Commentaires

Piero San Giorgio, pourtant proche d'Alain Soral, semble avoir apprécié le livre.

Écrit par : Samuel D'Assenc | 04/01/2016

Bonjour Samuel D'Assenc,

Effectivement Piero San Giorgio a aimé le livre et je dois avouer que cela a pesé dans la balance (mais pas que) quant au choix de me le procurer.

Je suis parti d'un principe simple : je ne connais pas trop l'islam et je souhaite donc combler cette lacune. Piero San Giorgio a auparavant étudié le sujet, il le dit lui-même dans la vidéo. Par conséquent il a déjà un certain bagage et il souscris, je pense, à l'analyse politique que fait Faye.

Pour ce qui est d'Alain Soral et Piero San Giorgio, êtes-vous vraiment sûr qu'ils soient (toujours) proches ? J'en suis pas si sûr personnellement...

Écrit par : Donatien | 04/01/2016

Vous vous défendez d'être un monomaniaque antisémité "réconcilié" mais tout l'article est traversé par ce prisme là.

Écrit par : Antonin | 04/01/2016

C'est parce que le livre y consacre une part non négligeable. Il eut été préférable que le livre lui-même n'aborde cette question qu'à la marge et se concentre plus à expliquer la complexité de l'islam et la chronique aurait du coup eu une toute autre tonalité. La première guerre de l'islam est interne au monde musulman, ce qu'on ne dit pas assez.
Et c'est précisément parce qu'à l'instar du livre la chronique traite du rapport au sionisme et aux juifs que nous préférons mettre une mise au point comme quoi au final ce ne sont pas nos propres monomanies qui rejaillissent dans l'article, mais plutôt celles de l'auteur, dans une sorte de dialectique en miroir avec la vieille extrême-droite antisémite (dont il fut proche) et de la "dissidence".

Écrit par : Gardien du phare | 04/01/2016

Ah, Guillaume Faye... il semble vraiment alterner les bons (Archéofuturisme, Sexe et devoiement...) et les mauvais. Sa position vis-à-vis d'un certain groupe -éminemment contestable à mon point de vue- était déjà présente dans son livre La Nouvelle question juive.
Pour rester dans le double thème (ou le seul thème sémite), j'en profite pour recommander l'intéressant livre de Hanna Zakarias "Moïse à Mohammed ; l'islam, entreprise juive".

Écrit par : Edward | 07/01/2016

Le bon, en fait le "très bon" appartient au passé. Un passé lointain. "Contre l'économisme" ou mieux encore l'incontournable " Le Système à tuer les peuples". Faye était encore jeune et avait, probablement, toute sa tête ! C'était avant le pathétique Skyman, sa conversion au libéralisme le plus échevelé et l'émergence d'un philo-sémitisme somme toute bien peu compatible avec sa réputation d'essayiste "identitaire". N'en déplaise aux juids, zids et autres sectateurs du Bloch ou de la... LDJ.

En 1985, Faye plaidait encore pour un alliance euro-arabe. Il affirmait même que les Européens auraient intérêt à s'ouvrir à la culture arabe, qui pourrait - je le cite - contrebalancer la monomanie américanolâtre actuelle.

Mais c'était il y a 30 ans. La "culture arabe" n'a désormais plus besoin que les Européens s'ouvrent à elle pour s'imposer...

Écrit par : Aryosophe | 09/01/2016

Encore un pic contre Guillaume Faye...
Certains n'ont décidément pas grand chose à faire de mieux.
Petit et mesquin...
Votre prochaine cible : feu Dominique Venner ?

Écrit par : Bruno | 12/01/2016

Cher Bruno,

J'aimerai bien savoir en quoi cette chronique est "un pic contre Guillaume Faye" ? De plus serait-il, à l'instar du prophète de l'islam, inattaquable sous peine de fatwa ou d'être traité d'apostat ?

Cela aurait été petit et mesquin d'attaquer Faye sur certains des défauts qui touchent à sa personne; son passé chez Skyrock; ses démons personnels; etc. Les critiques développées dans la chronique sont uniquement basées sur les arguments que ce dernier avance dans son livre, sur le manque de sérieux quant à la documentation et ainsi de suite. Or c'est peut-être plutôt le prisme, l'angle d'attaque de cette critique (en l’occurrence la ligne du C.N.C. ) qui vous dérange ? C'est votre droit.

Quant à votre remarque sur Dominique Venner, je vous invite à vous renseigner sur les liens humains, doctrinaires et mémoriels entre le C.N.C. et, par extension, le Mouvement d'Action Sociale et ce dernier avant de vous emballer.

Écrit par : Donatien | 12/01/2016

Concernant le parcours passé, les défauts, les démons de Guillaume Faye (personne n'en a ?), je trouve étrange que vous, ainsi que certains de "la mouvance" focalisez toujours dessus alors que le parcours d'un Soral, pour ne citer que lui, somme toute assez similaire (Fréquentation show-biz et milieux interlopes, pigiste pour divers journaux, etc..), pourtant connu et dont se prévaut constamment l'intéressé, ne semble pas les gêner... Géométrie à deux variables donc ? Poser la question, c'est y répondre.
Ceci étant dit, évoquons maintenant vos trois principaux reproches concernant les positions de Faye, car contrairement à ce que vous affirmez, je ne m'emballe pas, je ne prône pas de fatwas, et j'ai bien lu votre texte.

L’ouvrage de Guillaume Faye doit être avant tout compris selon deux angles d’analyse, ce que vous semblez ignorer, à savoir qu’il s’agit d’un « texte de commande » soumis également un autre impératif, qui est d’éviter les poursuites judiciaires, ce qui n’a pas empêché un distributeur indélicat de rendre l’achat de cet ouvrage difficile en magasin, sans doute en raison du titre associé à un auteur supposé « sulfureux ». Cela explique largement pourquoi le ton de Guillaume est plus doux qu'à l'accoutumée, et que les audaces intellectuelles sont cette fois relativement restreintes.

1. Le libéralisme.
Indiscutablement Guillaume depuis quelques années défend un libéralisme de type « schumpeterien » contextuel. Je précise qu’il se place dans le cadre français face à un Etat obèse, parasitaire, de nature quasi-totalitaire, le dernier Etat soviétique d’Europe, à savoir l’Etat dit « français », qu'on peut appeler aussi « Etat parisien ». Un Etat qui ne redistribue plus les bénéfices des entreprises aux citoyens mais détourne l’impôt afin de favoriser l’allogénat de substitution.
Tout comme ces ouvriers en Europe et aux USA qui votent pour des libéraux par refus de voter pour des « progressistes » qui font les yeux de Chimène aux « substituants ». En outre, l'éditeur Jean Robin est effectivement connu comme étant un ultra-libéral patenté. Cette « convergence » est donc là encore contextuelle.
Ensuite, dans le cadre de la nation européenne (ou « Eurosibérie »), quel serait le modèle économique que prônerait alors Guillaume ? Sans doute un socialisme naumannien.

2. La fameuse « question ».
Pour un auteur qui dit ne pas être monomaniaque, je constate que, comme « Antonin », le sujet revient tout de même neuf fois, chez vous, étrange..
C’est effectivement le principal « reproche » fait à Guillaume depuis sa rupture avec Vial sur ce sujet. Il est étonnant que tous ces païens autoproclamés en soient encore à vivre dans la « culture du mépris » prônée par le christianisme dont ils prétendent s’être émancipés. En réalité, et c’est là toute l’analyse remarquable de Nietzsche à ce sujet, que Faye partage pleinement bien sûr, c’est une « morale du ressentiment » donc une forme tordue de jalousie à l’égard d’un peuple qui a su protéger mieux ses intérêts que d’autres.

Quant à l’alliance avec Israël, d’un point de vue géopolitique, elle peut se défendre à partir du moment où c’est une alliance d’égal à égal et qui ne soit pas dictée par un sentiment du culpabilité ou par une dette imaginaire. Guillaume n’a jamais prôné une quelconque soumission à l’égard de qui que ce soit (ce n'est en plus pas son genre...), mais de travailler en bonne intelligence.

A ce propos, les ouvrages et articles d'un William Goldnadel pourraient objectivement être écrits par n’importe quel nationaliste européen. On ne saurait lui reprocher par ailleurs de défendre les siens avant les autres, puisque procéder ainsi est la méthode « nationaliste » par excellence. Goldnadel est irréprochable. Seule son « origine confessionnelle » ne dérangera que les monomaniaques, et autres obsessionnels qui ne voient que par ce prisme.

Cette phobie incapacitante reposant sur des fantasmes nuit grandement à la cause identitaire européenne. Il suffisait de lire la prose de l’« Ariosophe » (et oui, en grec le "y" n’existe pas.) pour le constater aisément. Tout voir par ce prisme réducteur et déformant n’est pas faire preuve d’une grande qualité intellectuelle.

3. La russolâtrie.
La Russie est le dernier rempart de l’Europe, la probable dernière planche de salut pour notre continent, elle défend l'Europe, la civilisation européenne, y compris contre elle-même. Comme simple exemple, je vous renvoie à l'attitude de Poutine face au néo-califat erdoganoïde, et son double jeu, double jeu et fourberie que Poutine a parfaitement compris, à la différence d'un Hollande, Merkel, Juncker...
Les excités à « rune du loup », désormais idiots utiles de l’impérialisme américain en Europe de l’Est, ne sont pas des remparts, encore moins la dernière planche de salut. Poutine est bien entendu critiquable (voir sa façon désastreuse de gérer le cas de la Tchétchénie) mais il est important de procéder à cette critique de manière mesurée et surtout audible. Il est un fait qu'on le veuille ou non, que 85% des Russes plébiscitent Poutine et les 15% restants ne m’inspirent guère confiance (Si c'est pour cautionner « Dinguine » et ses fou-thèses eurasistes, le « bouffon citroné » Limonov, ou encore l'opposition russe dite « libérale » née sous l'ère Eltsine, non merci.). Ces derniers veulent sans doute faire partie d’une « société ouverte » à la française et côtoyer l’enrichissement migratoire (sic), le "mariage pour tous" qu’apprécient contre tout bon sens nombreux Parisiens.

Par ailleurs Poutine n’est pas éternel et la Russie ne vivra pas toujours sous sa plus ou moins bienveillante autorité.
Ménager la Russie est donc absolument nécessaire. Sans « idolâtrie » mais sans russophobie non plus. Et certainement pas en soutenant diverses crapules américanolâtres, et qui fricottent avec des islamistes, voire des Turkmènes Bozkürt du MHP turc, par pure haine et ressentiment là-encore, vis-à-vis de l'Ours russe.

Écrit par : Bruno | 12/01/2016

- Il est effectivement navrant de voir certaines personnes juger Faye sur son parcours personnel et professionnel et d'exonérer Alain Soral de la même critique par exemple. Cependant il est quand même toujours bon de connaitre les parcours de certains auteurs. Pour ce qui est des jugements de valeur...

- "L’ouvrage de Guillaume Faye doit être avant tout compris selon deux angles d’analyse, ce que vous semblez ignorer, à savoir qu’il s’agit d’un « texte de commande » soumis également un autre impératif, qui est d’éviter les poursuites judiciaires, , ce qui n’a pas empêché un distributeur indélicat de rendre l’achat de cet ouvrage difficile en magasin, sans doute en raison du titre associé à un auteur supposé « sulfureux ». Cela explique largement pourquoi le ton de Guillaume est plus doux qu'à l'accoutumée, et que les audaces intellectuelles sont cette fois relativement restreintes."

D'abord nous ne sommes pas sensé savoir qu'il s'agisse d'un livre "commandé", ce n'est précisé nul part. Ensuite, et vu la condamnation qu'il l'a ruiné il y a déjà plus d'une décennie, on imagine bien que Faye soit très prudent. Mais en aucun cas cette prudence justifie un manque d'audace. Mais ce livre a t-il comme but d'être audacieux ? Je ne pense pas.

1. Le libéralisme.

Voilà une mise au point (à l'image de son livre "la nouvelle question juive" sur un autre sujet sensible) qui serait la bienvenue de la part de Faye. On se doute bien que l'auteur est loin de soutenir un capitalisme financier devenu fou certes. Sa critique de l'état français se tient également. S'afficher avec Jean Robin et sortir son livre chez lui c'est sans doute envoyer un signal à consonnance négative. Des mesures tournées vers les artisans et les commerçants (réforme profonde du RSI par exemple) seraient intéressantes par exemple. Encore une fois un éclaircissement suivi pourquoi pas d'une argumentation seraient appréciables.


2. La fameuse « question »

Nous ne méprisons pas Faye et nous considérons que c'est son droit le plus stricte que d'être philosémite. Mais comparer à tout bout de champ l'islam et le nazisme tel Cukierman n'est pas non plus la meilleur façon de défendre "une alliance d’égal à égal et qui ne soit pas dictée par un sentiment du culpabilité ou par une dette imaginaire". La question est hélas épineuse dans nos milieux et il est difficile d'avoir une discussion/débat sain apparemment. Je n'ai pas encore lu son livre sur le judaïsme, mais le peu qui est développé dans "comprendre l'islam" n'est pas très rassurant (en plus d'être obséquieux selon moi).


3. La russolâtrie.

- "La Russie est le dernier rempart de l’Europe, la probable dernière planche de salut pour notre continent, elle défend l'Europe, la civilisation européenne, y compris contre elle-même. Comme simple exemple, je vous renvoie à l'attitude de Poutine face au néo-califat erdoganoïde, et son double jeu, double jeu et fourberie que Poutine a parfaitement compris, à la différence d'un Hollande, Merkel, Juncker..."

Dernier rempart de l'Europe? rien que ça. Vous devez vraiment avoir peu de foi en l'Europe. Hélas c'est pas la première fois que j'entend de tels propos et c'est d'autant plus triste de la part de quelqu'un qui cite (et qui a sans doute lu) Dominique Venner. Mais admettons... Autant je peux applaudir Poutine qui fait le boulot en Syrie autant son côté citoyen d'honneur de la City et les lois antifascistes m'incitent à la plus grande prudence vis-à-vis du personnage.

- "Les excités à « rune du loup », désormais idiots utiles de l’impérialisme américain en Europe de l’Est, ne sont pas des remparts, encore moins la dernière planche de salut. "

Parce que les pseudo nationalistes qui combattent cote à cote avec des antifas dans le Donbass et en Crimée ne sont pas non plus des idiots utiles servant un impérialisme libéral (Russe celui-ci)? Ces "excités" défendent un peuple, européen qui plus est, pris entre le marteau et l'enclume, dans un esprit rappelant parfois les corps francs (si cher à Venner). Mais les grands principes sont bien vite balayés quand il s'agit de "realpolitik" on dirait.

- "Poutine est bien entendu critiquable (voir sa façon désastreuse de gérer le cas de la Tchétchénie) mais il est important de procéder à cette critique de manière mesurée et surtout audible. Il est un fait qu'on le veuille ou non, que 85% des Russes plébiscitent Poutine et les 15% restants ne m’inspirent guère confiance (Si c'est pour cautionner « Dinguine » et ses fou-thèses eurasistes, le « bouffon citroné » Limonov, ou encore l'opposition russe dite « libérale » née sous l'ère Eltsine, non merci.). Ces derniers veulent sans doute faire partie d’une « société ouverte » à la française et côtoyer l’enrichissement migratoire (sic), le "mariage pour tous" qu’apprécient contre tout bon sens nombreux Parisiens."

Nous sommes plus ou moins d'accord pour la peine. J’ajouterai que Poutine a mal joué son coup en Ukraine et aurait pu sans doute sortir de cette affaire par le haut.

- "Par ailleurs Poutine n’est pas éternel et la Russie ne vivra pas toujours sous sa plus ou moins bienveillante autorité.
Ménager la Russie est donc absolument nécessaire. Sans « idolâtrie » mais sans russophobie non plus. Et certainement pas en soutenant diverses crapules américanolâtres, et qui fricottent avec des islamistes, voire des Turkmènes Bozkürt du MHP turc, par pure haine et ressentiment là-encore, vis-à-vis de l'Ours russe."

J'étais plus ou moins d'accord avec vous jusqu'à que vous nous sortiez le "point Chauprade" sur la fantasmagorique alliance "islamo-nazi" (c'est beau on dirait du Cukierman).

Écrit par : Donatien | 12/01/2016

Merci pour ce débat fort intéressant entre Donatien et Bruno sur des points fondamentaux.

Sur la Russie comme rempart de l'Europe (y compris contre elle-même), c'est surtout par le fait que s'y concentre un nombre considérable d'Européens dans un pays qui reste encore très peu touché par le "grand remplacement". Elle a donc un rôle considérable à jouer dans l'équation du sursaut identitaire. Même s'il ne faut pas désespérer du reste de l'Europe bien sûr, malgré la médiocrité des réponses politiques apportées, y compris par la "droite nationale".

Hugo disait que toute guerre entre Européens était une guerre civile, et c'est bien sûr le cas en Ukraine. Sur le principe, il conviendrait de rejeter dos à dos les partisans de l'ouest et de l'est, mais je me refuse à mettre Russie et USA sur le même plan, comme du temps de la guerre froide. La doctrine Brzezinski 2.0 qui consiste à rejeter la Russie, un pays européen, en Asie, et qui rappelle la démarche nazie d'ailleurs (même si c'est sur des bases idéologiques exactement opposées), doit être combattue comme doivent être combattus aussi tous les idiots utiles qui font son jeu.

Quant à ne pas encenser les allumés du style Potkin ("Belov"), Demouchkine ou les vestiges de la mouvance "Barkachov", je pense honnêtement que Poutine a eu raison de les neutraliser politiquement. Et qu'il y aurait tout à perdre à prendre modèle sur ces énergumènes.

Quant à la question "épineuse", elle ne l'est que par le sectarisme de certains qui ne sont pas justement les "philo" mais les "anti". Mais j'évite pour ma part d'aborder ce sujet, alors que Faye a fait le choix contraire, car il n'y a que des coups à prendre sans aucune bénéfice à court terme à recevoir.

Il y aurait toutefois du sens à une alliance mais sur une logique "gagnant/gagnant". Malheureusement, l'idée même est odieuse et insupportable aux yeux de certains esprits pour des raisons d'ordre irrationnelle. Il est vrai que leur phobie est considérablement encouragée par une certaine élite médiatique déconnectée du réel qui lui donne du crédit par les réactions qu'elle provoque.

Cordialement.

Écrit par : Thomas F. | 12/01/2016

"Cette phobie incapacitante reposant sur des fantasmes nuit grandement à la cause identitaire européenne. Il suffisait de lire la prose de l’« Ariosophe » (et oui, en grec le "y" n’existe pas.) pour le constater aisément. Tout voir par ce prisme réducteur et déformant n’est pas faire preuve d’une grande qualité intellectuelle."

C'est dans Ostara I, 82 (1915), p. 3, que l'on a pu trouver la première mention du néologisme "Ariosophe". Les traducteurs français de l'étude d'envergure publiée sur le sujet par le Dr Goodrick-Clarke ont choisi de l'orthographier différemment. Ariosophe" est ainsi devenu - sans surprise- "Aryosophe" ou, plus rarement, "Aryosophiste". Comme Goldnadel, selon l'un des imprésarios de l'inénarrable Skyman, feu Lanz von Liebenfels est également irréprochable...

Pour le reste, je ne crois pas utile de disserter longuement sur les conséquences d'une trahison. Tout a déjà été dit, il est donc inutile d'y revenir. Sinon pour rappeler que les plus vieux ennemis de l'Europe et de sa civilisation ont toujours fait l'objet de l'attention constante de la "droite radicale" sur le continent. Non par ressentiment (je n'ai jamais lu explication plus ridicule), non par simple phobie, non pas parce que de Drumont à Ryssen, les plus "éclairés" (ou les mieux informés) d'entre nous seraient des "obsessionnels" ou des "monomaniaques". Non, rien de tout cela. En revanche, nous pouvons mesurer l'abattage de ce "petit peuple sûr de lui et dominateur" pour qui le mondialisme (et ses nombreux visages) est un outil de domination. Réducteur ? Nous pouvons toujours rappeler que Marcel Proust fut un grand écrivain, sans doute l'un des plus talentueux...

Écrit par : Aryosophe | 15/01/2016

@Ariosophe (Avec un "i", je persiste, et je me contrefous des fou-thèses ésotériques "modernes", et autre savoir "réservé aux initiés" si chers à une nébuleuse radicale groupusculaire. Plotin, le néo-pythagorisme, et autres cultes de "mystères cachés", c'est bon pour les catacombes du IV siècle. Je vous rappellerai simplement que ce qui fait la simplicité du paganisme européen, c'est son exotérisme. Pas l'ésotérisme.).
La judéophobie est décidément une religion pour certains. Vous le prouvez.
S'il existe une religion de la Shoah, il y a aussi ce que j'appelle "la mouvance sataniste" de cette religion. Que vous incarnez parfaitement.
Par ailleurs citer comme exemple un mythomane comme Ryssen, véritable boulet, donne une assez bonne indication sur le niveau de crédibilité qu'il faut vous porter....

Écrit par : Bruno | 15/01/2016

La langue grecque doit être respectée. En grec, c'est "arios, aria (féminin") ou éventuellement en grec classique "arios" peut être remplacé par "ariênos". Le premier désignait les Iraniens, le second les Indiens.

Les "ariosophes" étaient souvent d'anciens chrétiens qui transposaient leurs croyances en mode "pseudo-païen". Tout cela était très éloigné de l'antique paganisme. Nietzsche fustigera avec habileté ces "païens" de papier remplis de la "morale du ressentiment" et de la "culture du mépris" liées à l'opposition entre le vetus I. et le verus I (l'Eglise) et propres au christianisme (et sous une autre forme à l'islam).

Pourtant, c'est la Lituanie païenne qui fut tolérante au moyen-âge quand le reste de l'Europe chrétienne persécutait tout ce qui n'était pas chrétien (païens, chrétiens hétérodoxes, judéens, athées...).

Cette phobie d'essence chrétienne, alimentée certes par les actions d'une minorité qui porte préjudice à l'ensemble du groupe, et par les numéros de génuflexion grotesques et contre-productifs d'une classe politique pathétique, n'est pas un des remèdes à la décadence de l'Europe mais un symptôme de la dite décadence.

Écrit par : Thomas F. | 15/01/2016

Bruno et Thomas F, ou, plus vraisemblablement, BrunoThomas F,

Inutile de vous "enflammer" (ne voyez là aucune allusion aux "heures les plus sombres de notre Histoire", etc. etc.), vous avez raison sur le "i" d'ariosophe et cela vous fait au moins un point commun avec Lanz von liebenfels, créateur du concept et, accessoirement, du néologisme. Une parfaite illustration du "restons ferme sur les principes", en quelque sorte. Cependant, l'usage, y compris dans les publications universitaires, occulte la règle. Hélas...

C'est Taguieff, dans "La nouvelle judéophobie", qui opère un distinguo entre antisémitisme et judéophobie. Si cette distinction est justifiée, on peut difficilement ne pas observer combien la confusion, dans la nébuleuse nationaliste/identitaire, y est grande à ce sujet. Alors que l'antisémitisme participe du discours différentialiste/racialiste, la judéophobie (ou anti-judaïsme), quant à elle, et l'inénarrable Soral ne s'y est pas trompé, participe de cet anti-sionisme très en vogue chez les Sémites arabo-musulmans et passé de l'extrême-gauche à la droite radicale via Freda, Thiriart et consorts.

Nonobstant la confusion (et les inévitables syncrétismes) évoqué plus haut, je ne me reconnais nullement dans votre définition de la "judéophobie". Quant au crédit qu'il faudrait ne pas m'accorder, je laisse les lecteurs en juger vous concernant. Je suis certain que l'utilisation de la formule "mouvance sataniste" les y aidera bien plus facilement que mes dénégations.

Sur les "aryosophes". Votre argumentation est celle, peu ou prou, de Christopher Gérard ou du groupe Libération païenne. Mais pour les néo-völkischer, dont je suis, si l'antiquité païenne ne fut, en effet, que très rarement antisémite (au sens moderne du terme), l'intolérance religieuse des Juifs (un attribut, parmi d'autres, de l'esprit sémitique) en fut l'un des incubateurs avec, naturellement, l'opposition irréductible entre judaïsme et christianisme. Précisément parce que le christianisme est moins le produit du judaïsme que de la civilisation hellénistique décadente.

Quoi qu'il en soit, le matériau syncrétique (entre christianisme débarrassé de sa gangue sémite, théosophie et "armanisme") constitué par l'aryosophie participa, malgré sa relative marginalité, du combat pour la race blanche ou, si vous préférez, du combat pour l'identité.

Écrit par : Aryosophe | 16/01/2016

Juste une chose préalable.
L'allégation selon laquelle Thomas et moi-même serions la même personne, est souvent le fruit d'esprits étroits, étroitesse qui semble être accentuée par l'usage intensif d'internet... Etant à bout d'arguments, face à la parfaite cohérence d'un discours répété par plusieurs personnes, usant d'une vieille tactique bien connue qui consiste à critiquer le messager, et non le message en lui-même, ils affirment alors en gros : "c'est le même individu"...
Cela confirme le niveau là encore...
Je laisse le soin au "taulier" de ce blog, de pouvoir simplement démentir cette affirmation, chose qui doit lui être très facile par les IP et les adresses email... Maintenant, j'ai la faiblesse de penser que la majorité des contributeurs de ce blog ont quand même passé l'âge de ces préoccupations qu'on retrouve plutôt habituellement chez des adolescents accrocs d'internet...
C'est bien la raison pour laquelle j'ai mis l'expression "mouvance sataniste" entre guillemets, une subtilité qui a du vous échapper, pour signifier que vous êtes aux obsédés de la Shoah ce que ce sont les groupuscules satanistes vis-à-vis des chrétiens : des "chrétiens inversés"...

Ceci étant, dit, après Guillaume Faye, vous critiquez cher "Ariosophe", Christopher Gérard. Voilà pourtant quelqu'un dont on peut saluer l'œuvre, consistant à faire connaitre les paganismes indo-européens dans leur expression les plus pures, les plus populaires, les plus IDENTITIAIRES, et donc débarrassés des oripeaux du christianisme qu'il soit pré ou post-Vatican II, mais aussi des fatras de l'ésotérisme moderne.
En outre dans une perspective de lutte contre le mondialisme, contre l'universalisme, qu'il soit libéral, marxiste, ou maintenant islamiste, je préfère quelqu'un , je préfère grandement, quelqu'un qui œuvre à avoir des contacts avec nos cousins indiens du RSS, plutôt qu'avec le Hezbollah (Et attention, je précise, j'ai bien écrit "cousins", et non "frères", comme le sont les vrais Iraniens zoroastriens. Le terme "frère", je le réserve aux Européens.).
Sur le Christianisme, on va faire court. Quelles étaient les origines de Jésus déjà (Si on se base sur la généalogie des Evangiles, et en supposant qu'ils aient une quelconque valeur historique, ce qui n'est pas le cas) ?
Et rappelez nous ce que veux dire le titre I.N.R.I. ? D'où venaient les apôtres ?
Donc affirmer que "le christianisme est moins le produit du judaïsme que de la civilisation hellénistique décadente", cela ne tient pas la route. C'était au départ une secte judéenne parmi d'autres. C'est ensuite Saül de Tarse qui l'a universalisé en le "dé-judaïsant" (en rendant caduques la conversion préalable au judaïsme, pour devenir ensuite chrétien).
Donc là encore, pourquoi accorder tant d'importance à une figure à savoir Rabbi Yeshua Bin Yossef Min Netzereth, tout en rendant responsable d'à peu près tous les maux de la terre, un peuple dont il est issu ? Il y a là un sérieux problème de cohérence.

Pour finir, on a compris le sens de votre conclusion. Le "Christianisme positif" du programme en 25 points, on laisse ça aux nostalgiques...

Écrit par : Bruno | 16/01/2016

Bruno ET Thomas F ou l'entité bicéphale affublée des patronymes Bruno et Thomas F (avouez, au fond, que cela n'a que peu d'importance, et, qu'ironiser sur votre presque parfaite - et télépathique - symbiose n'est en rien une affirmation),

Je ne crois pas utile d'insister sur votre obsession - le mot n'est pas trop fort car il ne s'agit pas là d'un simple tropisme - de ce que vous nommez "Shoah". Notre rejet de la "toxine sémitique" ne puise nullement sa praxis dans les réalisations du césarisme allemand et il n'y a guère que quelques esprits schématiques pour le penser. Bien sûr, sans doute peut-on y retrouver, ici et là, quelques représentations dégradées, en lambeaux, de notre racialisme pan-aryen, mais ce césarisme, hypertrophie de la deuxième fonction dumézilienne, n'est en rien son expression politique.

Nous ne partageons donc pas votre obsession. Pas même en mode inversé ou parodique.

Sur Christopher Gérard. Ou diable avez-vous lu ne serait-ce qu'un début de critique de son travail de réenchantement par la religion de nos pères ? Il n'est pas question de cela ni même de nos "cousins" très (très !) éloignés du sous-continent indien ! Vous vous égarez et vous prétendez me donner des leçons de cohérence...

Comme le rappelle Christopher Gérard (et vous même, si je ne m'abuse !), s'il n'existe pas de justification théologique de l'anti-judaïsme (ou judéophobie) dans la littérature païenne, de leur côté, les Juifs de l'époque exprimaient clairement leur mépris pour les Gentils et leurs cultes. L' Ancien Testament est explicite à ce sujet ! C'est la raison pour laquelle, abstraction faite de l'abattage de ce "petit peuple sûr de lui et dominateur" évoqué plus haut, nous nous opposons à la domination de l'esprit sémitique et à son "Molochisme".

Le slogan, certes un tantinet sommaire, mais il s'agit d'un slogan, après tout : "Ni keffieh, ni kippa !" vous aiderait-il à comprendre que ce qui vous obsède ne nous concerne pas ? Si vous êtes vous-même un auxiliaire - particulièrement zélé semble t-il - de l'entité sioniste, nous ne sommes pas, quant à nous, des compagnons de route du "Dhimmi-club" créé par Soral. Les conflits entre Sémites ne nous intéresse pas.

Brièvement, sur le christianisme. Vous n'ignorez sans doute pas que Paul arracha, en quelque sorte, le message chrétien aux juifs pour le transmettre aux "gentils" afin d'en universaliser la portée. Et ceci dans le chaos de l'Orient hellénistique. Quant au Jésus qui nous intéresse, le "Christ aryen", Bernard Marillier, notamment, en a dressé le profil résolument non sémite. Naturellement, l'aryosophie ou les spéculations de Marillier sont des outils. Des outils constitutifs de notre combat. Dés lors, nul besoin d'être nostalgique du "christianisme positif" ou du paganisme "reconstitué" pour abonder dans le sens de Saint-Loup lorsqu'il écrit que : "L’Europe doit […] être repensée à partir de la notion biologiquement fondée du sang, donc des races, et des impératifs telluriques, donc du sol."

Faye fut l'un des plus talentueux d'entre nous. Nous n'avons aucun mal à le reconnaitre, ses nombreux écrits en témoigne. Mais c'était avant que sa haine de l'islam - islam qui n'est guère plus que l'écume du problème - ne l'aveugle.

Écrit par : Arysophe | 16/01/2016

@ Ariosophe

[Bruno et moi-même sommes deux "camarades de combat" (orientation européiste identitaire) et il est donc logique que les discours de l'un comme l'autre aient une certaine ressemblance. Pourtant les différences stylistiques sont évidentes. Je suis intervenu suite au débat qu'il avait engagé avec vous.]

Un européen païen ne se définit pas par rapport à une religion importée et certainement pas par rapport au j-isme qui a en commun avec le paganisme d'être une religion ethno-nationale, tout comme le zoroastrisme et l'hindouisme par ailleurs. Il n'est donc en soi ni -phile ni -phobe. Toutefois, je constate politiquement que cette phobie est excessivement nocive à la cause qui m'importe, à savoir une Europe à nouveau européenne. Ma démarche est donc eurocentrée. Vous prétendez à votre façon avoir la même démarche, sauf que vous continuez de relayer une propagande médiocre née de cerveaux malades de la fin de l'empire romain (style Grégoire de Naziance ou Jean Chrysostome).

Quant aux païens cités dans l'ancien testament, ils étaient de même ethnie que les autres judéens. Le nom de "cananéen" les désignait tous avant que les yahwistes n'usent de ce terme que pour ceux d'entre eux demeurés fidèles à Baal et Ashtoreth. Le mot "cananéen" a fini par signifier "polythéiste".

Les mots les plus durs contre les païens gréco-romains (traités de "chiens" et de "porcs") se retrouvent notamment dans le Nouveau Testament et sont prêtés à ... Jésus en personne ("il ne faut pas donner des perles à des pourceaux"). Ils sont ignorés en revanche de l'ancien testament, écrit au VIIème siècle avant notre ère.

Quant à l'accusation de molochisme, le mot "moloch" vient du sémitique *malku qui signifie "le roi". Il désignait notamment à Carthage un dieu phénicien, Melech Baal, dont le vrai nom était Hadad ("le tonnant"). Cela concerne donc le polythéisme ouest-sémitique qui, tout en étant parfaitement étranger à la civilisation indo-européenne, n'avait rien de dominateur.

Marillier (qu'il demeure en paix en Elysion) n'a jamais affirmé que Jésus était un européen. Mais que le Christ d'Amiens, représentation apollinienne, avait des traits forcément européens. Pour le reste, pure divagation que de vouloir extraire de son peuple le dit Jésus, qui n'a jamais prétendu fonder une église universelle, comme vous le dites à votre manière en évoquant Paul, en lui prêtant des traits de dieu solaire qui lui ont été associés à partir de l'apostasie de Constantin (autre j-phobe, comme par hasard).

L'empereur Julien a au contraire voulu "refermer l'abîme" en tenant une alliance audacieuse que vous refusez pour de bien mauvaises raisons, prônant la fausse égalité ni-ni classique des NR, qui est simplement une façon de botter en touche pour conserver cette "vieille haine" sans être accusé pour autant de faire le jeu des "autres". Cela ne trompe pas et en tout cas cela ne me trompe pas.

Ce que je dis, et ce qu'à sa manière Bruno a dit, c'est que cette haine est issue en ligne directe de la christianisation, et qu'elle était inconnue du monde païen, à l'exception d'un petit groupe égyptien autour de Manéthon, au nom de la querelle millénaire Kemet/Canaan.

Un païen ne saurait tenir que le discours de Julien et certainement pas celui de Jean Chrysostome. C'est aussi simple que ça. Un païen tolère les religions "exotiques" dans la mesure où elles ne sont pas prosélytes et qu'elles sont liées à une tradition nationale spécifique défendue par ses "porteurs naturels".

Une religion ethno-nationale n'est jamais une menace. Seules les religions universelles sèment la mort comme la nuée d'orage porte la foudre.

Écrit par : Thomas F. | 16/01/2016

Sur ce, ayant dit ce qu'il me semblait bon d'énoncer, et ne voulant pas davantage troubler ce très bon blog, pour ma part, j'arrête le débat ici. Je lirai bien sûr les éventuelles réponses d'Aryosophe ou de Bruno si ces derniers pensent nécessaire d'avoir le dernier mot.

Écrit par : Thomas F. | 16/01/2016

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